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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Chambre 2 - 21/02/2035
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 1 Avr - 18:43
Interprété par Elizabeth Evans, James Everett et Ivy Lockhart.

Je me réveillais en nage, sortant d’un énième sursaut provoqué par un de ces cauchemars qui hantaient chacune de mes nuits. Le souffle haletant, dans l’épaisse et fraîche obscurité de ma chambre, je cherchais à reprendre pied dans la réalité, commençant déjà par être rassurée de sentir mes mains et mon derrière s’enfoncer dans le matelas du mon plumard. Déglutissant difficilement pour ravaler mes angoisses nocturnes, je me passais une main sur mon front poisseux de sueur, avant de ressentir la même moiteur faire coller mes vêtements à ma peau. Encore légèrement tremblante et fébrile de ces souvenirs oniriques et anarchiques, il me fallut quelques minutes pour retrouver ma pleine contenance et m’assurer de toujours bien être dans la même chambre que j’occupais depuis quelques jours désormais.

A tâtons, j’avais cherché dans un réflexe à allumer la lampe qui trônait sur le chevet juste à mes côtés, avant de me rendre compte, d’une part que c’était idiot et inutile, et d’autre part que la lampe ne se trouvait plus à sa place. Le temps que mes rétines ne s’accoutument à la très faible luminosité lunaire qui filtrait par l’unique fenêtre de ma piaule, je finis par pencher mon visage par dessus le rebord du lit, à la recherche de la silhouette floue de la lampe. Et elle se trouvait là, sur le sol, renversée en compagnie de quelques autres objets. Des stylos, ma boîte de conserve d’entraînement, des babioles diverses qui s’étaient éparpillés n'importe comment.

Puis je l’avais senti avant de la voir, la mince trace tiède qui roulait le long de mes lèvres pour venir perler à la pointe de mon menton. Portant mes doigts à mon nez, je retenais un juron en sentant le contact chaud et poisseux du sang qui en coulait avant de me pincer les narines. Quelques gouttes ocres avaient par ailleurs dessiné des traces sombres sur le tee-shirt gris clair qui me servait de pyjama lorsque je m’étais abruptement redressée en position assise.

“P'tain de…” avais-je marmonné dans un souffle nasillard et exaspéré, chassant la couette qui me recouvrait au pied du matelas d’un battement de jambes.

La fraîcheur nocturne ne manqua d’ailleurs pas de me saisir au travers du tissu de mes vêtements humides de sueur, mon jogging en coton noir et mon tee-shirt, m’arrachant un léger frisson et me collant une envie de pisser quasi-instantanée. Je “sautais” donc au bas du lit dans un grognement d’inconfort râleur en sentant mon pied se poser sur l’un des stylos avant de me diriger vers la sortie de ma chambre, boitillant légèrement tout en forçant sur mes prunelles pour tâcher de distinguer au mieux le sol possiblement encombré de merdouilles éparpillées.

Gagnant la salle de bain juxtaposée à ma chambre, je soulageais mon besoin pressant avant de finalement me diriger vers le petit lavabo, usant de la bouteille d’eau laissée ici tant pour évacuer et nettoyer les toilettes que pour ensuite me rincer les mains et passer un coup de flotte sur mon visage encore bouffi de sommeil. Puis je restais durant de longues secondes, les deux mains posées sur le rebord du lavabo, à contempler mon reflet dans la petite glace trônant au-dessus. Les yeux encore marqués de lourdes cernes, les pommettes saillantes de ma maigreur plus prononcée depuis ma morsure, les cheveux en bataille, un épi récalcitrant sur le sommet du crâne, bref… pas la forme, même si le repos pris au cours des derniers jours avait fini par atténuer les stigmates de mon calvaire.

De mon index encore humide, j’achevais de nettoyer les quelques traînées de sang sous mes narines et à la commissure de mes lèvres avant de m’essuyer la tronche puis les mains avec un morceau de serviette de bain. Enfin, je défaisais de ma main droite le morceau de tissu noué autour de ma nécrose, prenant encore quelques gouttes d’eau pour la nettoyer à la jonction entre la peau saine et celle noircie dans une grimace de dégoût. Puis je refaisais ce bandage de fortune, véritable cache-misère fabriqué la veille avec un morceau de drap déchiré, histoire d’éviter d’imposer cette horreur à la vue de tous, à commencer par moi-même. J’achevais ma petite pérégrination nocturne en avalant quelques gorgées d’eau avant de regagner ma chambre, toujours plus frissonnante de froid et désireuse de regagner la chaleur de mes draps.

Déblayant le passage de ses obstacles de quelques coups de pieds, je me vautrais de nouveau sur le matelas moelleux et m’enroulais comme un gros nem dans la couette rafraîchie, me laissant gagner par un bâillement en enfonçant ma tête dans l’oreiller, attendant que le sommeil ne me rattrape en contemplant la surface abstraite du plafond.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 2 Avr - 14:29
La soirée n'avait pas été de tout repos, après leur retour risqué mais heureux de s'être retrouvés les uns les autres, ajoutant le drame de la mort de Jian et une nouvelle dispute, ou ce qui s'avérait être un désaccord entendu et lunatique, ces retrouvailles inespérées avaient laissé à James un sentiment mitigé mais positif, car il avait tout de même pu retrouver le groupe et par-dessus tout, sa sirène d'ébène qu'il avait craint de perdre et qu'il ne voulait maintenant plus quitter.

Il ne savait rien de cette maison mais après avoir dit à Elizabeth qu'il avait quelque chose à lui montrer, laissant planer le mystère, il n'avait qu'un objectif : retrouver celle qu'il avait cru voir, dont l'image semblait si éloignée maintenant, aux souvenirs de cette soirée de chaos et de souffrance, qu'il n'était plus sûr de rien. Cependant à présent qu'ils étaient réunis, c'était sa première pensée, sa première volonté, son unique objectif. Ivy était-elle vraiment vivante ? Avait-il vu clair ou est-ce que cela n'avait été qu'une hallucination dont il n'aurait même pas pu expliquer la cause et la finalité.
Il n'avait pas put parler avec Ivy, hormis cet échange radio bref, dans l'urgence et encore plus incertain. Poussant la porte d'entrée, il arriva en face d'escaliers, ce qui apparaissait être un salon à sa gauche et un couloir à l'utilité indéfinie de prime abord à sa droite. Ses pensées submergées par le visage d'Ivy et de savoir qu'il pourrait peut-être atténuer encore la douleur de son amour en lui permettant de retrouver son amie qui lui était devenue sans doute plus cher et proche encore qu'à lui, il regarda de chaque coté, prit une décision et se tourna vers Elizabeth, lui soumettant son souhait en la gratifiant d'un sourire affectueux :

« Ne bouge pas, c'est une surprise. »

Une surprise qui pourrait être le meilleur événement de la soirée, sans négatif ni larmes, ni besoin de calmer les choses, juste de l'affection et s'il faut des larmes de bonheur pour un peu moins de mal être. Il s'engagea rapidement dans le salon, son sac à dos secoué à chaque pas ferme qu'il effectuait, toujours chargé sur son dos et son fusil à pompe installé par-dessus, sans compter son étouffant gilet pare-balles où le talkie-walkie était coincé, autant dire qu'il avait hâte de libérer son corps et son esprit de tout ce poids qui symbolisait leur situation dramatique en dépit du miracle. Il s'empressa de faire le tour du salon, de la cuisine à laquelle il jeta un oeil puis s'engouffra dans le garde-manger sans toquer ni se questionner, découvrant une à une les pièces de cette maison étrangère. Rien ne se profilait, pas une présence même autre que celle qu'il cherchait. Il revint sur ses pas, passant de nouveau devant Elizabeth avant de pousser la porte du couloir et ouvrir sèchement la première porte, une salle de bain sans âme, de même que ce qui s'avérait être une buanderie qu'il referma aussitôt, puis un débarras où il ne s'attarda qu'à peine plus pour en vérifier une quelconque présence. Tout le rez-de-chaussé, s'il n'en avait rien raté, semblait vide.

Se mettant à douter de plus en plus, il se raisonna tout de même à l'idée qu'il n'avait pas encore vu de chambre et qu'il n'y avait pas de raison, puisque la maison possédait un étage, que son amie ne dorme dans un débarras. Il revint auprès d'Elizabeth lui dit à la hâte.

« C'est peut-être là-haut, viens. »

Il prit sa main à nouveau et l'entraîna presque contre sa volonté, toujours plus pressé d'avoir le coeur net et craignant d'infliger une nouvelle déception à Elizabeth, il grimpa à la course les escaliers jusqu'à l'étage, ce qui tira un peu plus sur le peu d'énergie qu'il avait encore, le souffle s'accélérant et malgré cela, il ne diminua pas le rythme en se dirigeant aussitôt vers la première porte qu'il ouvrit : un dressing inhabité. Il ne prit pas la peine de refermer la porte, n'ayant pas lâché la main de sa bien aimée avant d'atteindre la porte de gauche si celle-ci n'avait pas cherché à s'en défaire, il laissa la belle brune sur le palier et ouvrit la chambre pour s'y engouffrer, faisant le tour pour venir voir de près le lit qui finalement, ne réconfortait personne. C'était un fait très clair, cet espoir fou de revoir son amie qu'il avait cru morte, imaginé tant de fois errante sans âme dans Snyder, et autant de fois la rencontrer dans cet état avec l'obligation déchirante de mettre fin à sa damnation, balayait tout principe de politesse ou de mesure.

Cela tournait à cent à l'heure dans sa tête et il ressortit de la chambre avec une irritation naissante, sachant pertinemment que s'il avait halluciné, si ça n'avait été qu'un mauvais tour de son esprit, il ne pourrait cette fois pas retenir la profonde colère qu'il avait contenu. Il attrapa la main d'Elizabeth au passage une nouvelle fois, perdu dans ses pensées et sa concentration sur cet objectif, il n'avait pas répondu si celle-ci l'avait interpellé jusque là, ne laissant entendre qu'un « une minute, juste une minute » distrait par la suite, plusieurs fois si elle l'avait interpellé à plusieurs reprises.
Il poussa sèchement la porte intermédiaire, une salle de bain, cette maison se moquait-elle de lui ? Il continua et ouvrit plus sèchement encore la porte suivante qui alla se cogner contre le mur dans l'élan, involontairement mais James perdait patience. Une chambre à nouveau, ceci dit cette fois, il crut percevoir quelque chose sur le lit... des courbes, par-dessous une couette et peut-être une tête également. Il entra à l'intérieur et se persuada bien vite qu'il y avait quelqu'un sur ce lit, pas bien grand, ni d'une carrure imposante, ce corps semblait plutôt être celui d'une adolescente au premier regard.

« Ivy ? » Murmura t-il presque avec un ton plein d'espoir et de sentiments harassants qui ne demandaient qu'à en sortir, ses yeux déjà éprouvés se mettant aussitôt à rougir sous le poids de l'émotion à l'idée que c'était peut-être elle qui était là, que ce serait bien elle et en vie, qu'elle n'était pas morte et qu'il n'avait pas halluciné. « Ivy... c'est toi ? »

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Lun 4 Avr - 21:52
La fatigue et la lassitude des derniers moments l’assaillaient, forçant Elizabeth à se masser la nuque en espérant faire rouler quelques nerfs sous ses doigts pour que le poids même de sa propre tête ne lui inflige plus de douleur. Elle se rendit compte à cet instant qu’elle avait laissé son sac à l’arrière de la voiture, mais comme James lui avait assuré n’en avoir que pour peu de temps, elle aurait tôt fait de s’occuper de ses affaires, et de la voiture dès qu’ils auraient finit.

Debout face au vide d’un salon plongé dans le noir, elle dû forcer sur la rétine de ses yeux pour tenter de discerner quelque chose. Après les phares des véhicules à l’extérieur, la transition été assez difficile à encaisser, surtout pour son état de fatigue.
La main toujours derrière la nuque, elle la laissa tomber le long de son gilet, entreprenant de défaire les sangles qui la maintenait en place, juste histoire de pouvoir respirer plus librement. Porter des plaques de métal sous une couche épaisse de tissu, pouvait se montrer pratique dans l’absolue, mais était à l’heure actuel devenu complètement inutile.

Elle se remémorait les quatre jours passés sur ce toit, à tourner en rond, observant les alentours, cherchant une sortie, un passage, qui leur aurait permis de s’échapper plus vite de leur volière. Elle repensait au froid, qui même s’il n’avait pas eu raison de sa santé, l’avait saisi jusqu’aux os, un peu trop habituée à rester au chaud en plein hiver, devant un feu crépitant dans son âtre et une tasse de chocolat chaud bien corsé, enroulée dans un plaid doux et confortable. Elle avait même retouché à cette cigarette, alors que plusieurs années en arrière, elle avait juré devant tous les saints ne plus jamais y toucher, confiant cette parole à l’homme le plus proche qu’elle avait connu, avant de rencontrer James. Durant ces quatre jours, à s’imaginer ses retrouvailles, la manière dont elle se présenterait à lui, l’air de rien peut-être histoire de mieux faire passer la pilule et rendre le côté de la chose moins dramatique, lui s’était retrouvé coincé dans un appartement à quelques mètres d’elle, le cœur compressé de ne pas savoir si elle avait survécu, devant affronter monstres et hommes, seul, livré à ses seuls démons.

Lorsque sa peine revint à elle comme une charge de cavalerie, et qu’elle eut besoin de sentir cet homme si aimé près d’elle, son absence la marqua de plein fouet. Elle s’était tenu debout à l'entrée du salon sans vraiment savoir ce qu’elle y faisait, ni ce qu’elle allait pouvoir faire, immobile, plongée dans ses pensées et son épuisement, elle n’avait pas remarqué que James s’était éclipsé, obéissant bêtement à sa demande comme s’il avait été formulé directement à son subconscient.

Seule au milieu de nul-part, au milieu de l’inconnu, elle murmura d’un ton à peine perceptible, tandis que ses yeux le cherchaient plus activement :

« James ? »

Elle l’entendit revenir d’un couloir à sa droite alors qu’elle voyait maintenant nettement les marches d’un escalier se profiler presque devant elle.
Sans vraiment comprendre de quoi il parlait, il l’entraina à sa suite vers l’étage, sans lui laisser l’occasion de parler. Que cherchait-il ? Que voulait-il lui montrer ? Pourquoi cet air si dramatique qu'elle voyait dans son regard ?
Mille et une pensées traversèrent ses esprits, parmi lesquels les plus farfelues, les plus impossibles. C’était idiot mais la première qui lui vint en tête était porté sur ses appréhensions : est-ce qu’il cherchait une chambre pour continuer leur baiser de tout à l’heure ? En dépit de tout ce qu’elle avait imaginé,cette solution parmi tant d'autre, elle ne se sentait pas encore prête pour ça, pas avant de lui avoir parlé, pas avant qu’elle lui ai révélé ce qu’elle était vraiment.

« Attends… je… »

Mais il passa devant elle en ne lui prêtant qu’une simple et brève attention trop obnubilé par sa quête dont elle ignorait encore l’objectif.

« James ! » Insista-t-elle, ne l’entendant qu’à peine répondre de patienter quelques minutes encore tout en lui attrapant la main en l’entrainant à nouveau dans sa folie.

Tombant sur ce qui semblait être une salle de bain, assez mal agencée de son humble avis, le bruit sourd d’une autre porte cognant contre un mur la fit presque sursauter alors qu’elle constatait l’agacement de plus en plus perceptible de son compagnon.
Elle entrouvrit les lèvres pour essayer de le contenir, capter son attention pour arriver à lui faire retrouver son calme, mais il parla le premier et non pas à son attention.
Quel nom avait-il prononcé ? Est-ce qu’il était saoul, ou un truc du genre ? Ou alors carrément devenu fou ? Elle n’avait pas senti l’alcool lorsqu’elle avait fondu sur ses lèvres quelques instants plus tôt, et elle ne voulait pas croire non plus qu’il ait cédé à quelque forme de folie, bien que son attitude le laissait tout à penser. Une farce ? Peu probable. Une hallucination ? Plus plausible.

Elle chercha une explication logique à son comportement et à ses mots, reprenant d’une voix qu’elle espérait douce, murmurant pour ne pas déranger la personne qui se trouvait dans la pièce.

« James ? Qu’est-ce que tu fais ? Ivy … elle n’est plus là. Tu le sais… . Tu dois-être fatigué… viens. »

Elle tira légèrement sur sa main, espérant une réaction vis-à-vis d’elle.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 5 Avr - 0:24
Des bruits de pas, lourds et légèrement précipités, me parvinrent depuis le couloir alors que je cherchais désespérément le sommeil en cette heure assez tardive. Je marmonnais d’inconfort à l’adresse du responsable, me demandant mentalement s’il pouvait pas faire preuve d’un peu de discrétion dans son martèlement pédestre , juste avant qu’un autre boucan ne me surprenne. Avec une certaine violence, le battant de la porte de ma piaule n’eut pas le temps de grincer sur ses gonds en s’ouvrant qu’il frappait déjà le pan de mur attenant. Un claquement sec et sonore, qui m’arracha un sursaut sous ma couette alors que l’on m’appela dans un murmure. Quel genre d’idiot pouvait bien murmurer mon nom juste après avoir éclaté ma porte contre un mur ? Probablement le genre d’idiot que je désirais revoir ardemment.

Je me retournais sous ma couette, toujours fourrée dans les replis de celle-ci, en cherchant à distinguer, dans la pénombre de la nuit et l’abstrait de ma myopie les traits de celui dont j’avais cru reconnaître la voix. A nouveau il m’appela, le ton empli d’un espoir qu’il n’était pas bien difficile de déceler. Mes yeux s’écarquillèrent comme des soucoupes quand je posais enfin un nom et un visage sur cette voix mâle et pourtant murmurée. Une surprise qui me gagna et me figea durant une fraction de seconde. Un laps de temps aussi court qu’intense, ma peau se trouvant parcourue d’une décharge électrique, de la base de ma nuque jusqu’à la pointe de mes pieds.

“Oh putain…” avais-je soufflé une première fois, en me redressant sur un coude, encore à moitié avachie sur le matelas. “Oh putain !!” m’étais-je écriée ensuite de ma voix légèrement éraillée par le sommeil, sans aucune considération pour le reste de la maisonnée.

J’avais battu des jambes pour chasser la couette bien loin de moi, m’extrayant de celle-ci dans un geste brusque et instinctif, comme soumise à la panique des matins où l’on oublie le réveil. Mon cœur bondit dans ma poitrine tout comme je bondis hors du plumard, manquant de me vautrer sur le sol dans quelques pas déséquilibrés de précipitation. Car oui, je m’étais précipité vers le médecin, sans aucune retenue, ni aucun complexe. Moi qui avais tant espéré, imaginé, désiré ces retrouvailles. Enfin je pouvais y succomber sans qu’elles ne soient interrompues par des bandits, des hordes de cadavres ou des clochards à la gâchette facile.

Sans même prendre conscience de la présence d’Elizabeth derrière l’homme, je me laissais irradier de ce bonheur sans nom ni frontière, ni mesure, à peine et lamentablement exprimé par les larmes de joie et de soulagement qui m’étaient montées aux yeux pour déborder sur mes joues. Je sautais au cou du chirurgien après avoir couvert la maigre distance nous séparant, emportée par mon élan jovial sans considération aucune pour son état de fatigue, son encombrement ou même le fait de l’étouffer de mes bras serrés autour de sa nuque. Je ne pouvais pas en tenir compte et encore moins m’en excuser auprès de lui.

Ma joue écrasée contre la sienne, ma peau frottant contre sa barbe plus fournie que dans mes souvenirs, j’enlaçais l’homme avec poigne, sans même savoir si mes pieds touchaient encore le sol ou non. D’abondantes larmes roulant sur mes joues, finissant même probablement par glisser dans le cou de James, je laissais s’enfuir par leur biais toutes ces tensions et ces craintes qui n’avaient cessé de me nouer le ventre d‘une inquiétude sincère et véritable.

“Je l’savais p’tain, j’le savais… J’suis tell…”

Je m’arrêtais en plein milieu de ma phrase, mon regard brouillé de larmes venant de trouver le visage d’Elizabeth. Mon Elizabeth, ma Liz’, l’amie que j’avais autant déçue qu’appelée, vers qui s’étaient adressés mes derniers mots et elle était là désormais, devant moi, en chair et en os.

Je relâchais mon étreinte autour de James pour regagner le plancher des vaches. D’un geste rapide, je me pinçais fortement le bras pour m’assurer de ne rien rêver de toute cette scène, au risque de subir un bien désagréable réveil. Mais non, la magie ne disparaissait pas. Tout cela, c’était bien réel. Ils étaient bien là, près de moi.

Reculant de quelques pas afin de m’éloigner du barbu, je ne pouvais détacher mes noisettes imbibées de larmes de la silhouette d’Elizabeth, un sourire à la fois incrédule, hébété et radieux sur le visage. Je me sentais trembler comme une feuille en plein vent d’hiver, immobile, figée dans ma contemplation de ce doux visage que j’avais tant voulu revoir, qui avait nourri avec tant de gourmandise mes espérances les plus folles, dans les heures les plus sombres.

“Liz’ !? Ma Liz’ c’est bien toi !?” soufflai-je dans une rhétorique qui trahissait bien là tout l’imbroglio de mes sentiments et mes pensées, avant de finalement céder à cette pulsion électrisante qui m’avait saisi dès le premier instant, me jetant dans les bras de la merveilleuse brune avec autant d’affection que je n’avais de retenue.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mer 6 Avr - 14:45
Figé, plongé dans un état ombrageux entre la conscience et le rêve, il ne savait pas ce qu'il regardait mais était convaincu par ce qu'il voulait y voir. Cette silhouette, qui s'était retournée, laissant le médecin dans une attente extrêmement courte et pourtant, ces brefs instants parurent durer des minutes entières et il demeura sur place, ne réagissant pas vraiment à ce qu'Elizabeth lui disait bien qu'il aurait voulu trouver quelque chose à répondre. Et la voix parue, cette petite voix grave, rauque et un peu cassée dans ses souvenirs, qui semblait en miettes à ce moment là, mais la sonorité restait la même et ces mots si francs et grossiers, d'abord murmurés avant d'être criés, ils ne pouvaient que lui appartenir à elle.

Son coeur fit un bond brutal dans sa poitrine après s'être presque figé à son tour, une image qui ne devait sans doute pas refléter la réalité de son organe mais qui retranscrivait parfaitement ses sentiments. La silhouette qui se battit avec la couverture pour échapper à l'emprise du lit, qui en sortie maladroitement tout en courant, cette faible taille, cette minceur et ces traits juvéniles, ces cheveux lisses et bruns, tout y était, c'était elle, c'était vraiment elle qui venait se jeter dans ses bras et il en ressentit un bonheur tel qu'il lui fit mal à l'intérieur.
Il répondit presque mécaniquement en enlaçant de toutes ses forces la jeune femme, savourant la sensation tangible de sa joue contre la sienne et laissait sortir un douloureux soupir, ne pouvant non plus contenir les larmes venues se masser à ses yeux qui coulèrent pour plusieurs d'entre elles sur ses pommettes et tombèrent davantage à ses joues. Malgré tout son encombrement, même si cette étreinte n'était pas évidente à cause des couches de vêtements et du matériel envahissant son dos, il enserra ses bras dans le dos d'Ivy et soutenu ses hanches. Il se rendait compte comme elle était mince, une vrai brindille, plus que dans ses souvenirs il en avait l'impression. C'était amusant le genre de réflexions qui pouvaient venir à l'esprit dans de tels moments.

Ivy était vivante. Il l'avait tellement espéré depuis cette vision au camp dont il avait rapidement remis en cause la réalité et pouvoir la sentir, la toucher le comblait mais parallèlement, mais sans être vraiment rigide, il restait ironiquement stupéfait et continuait de se demander s'il ne devenait pas fou tout simplement, si ce n'était pas une création incroyablement réaliste de ses sens du fait d'un état traumatique sévère qu'il subissait en dépit de lui-même après tous les événements récents. Aussi quand elle se détacha de lui, la relâchant dans un même temps sans chercher à insister, les yeux encore plus rouges qu'avant l'étreinte et le visage un peu humide, il lui offrit un large sourire expirateur.

Son coeur battait si fort et ses pensées étaient tant gelées dans leur avancement, à moins qu'elle ne tournaient trop vite au contraire, qu'il se contentait de contempler sans trouver mot à dire la jeune femme, son amie. Ça persistait, cette sensation d'incertitude mais il y croyait de toute sa volonté, il se persuadait que c'était bien vrai parce que c'est ce qu'il voulait de toute son âme et c'est pourquoi il ne cligna même pas des yeux en la contemplant, afin de ne pas risquer de la voir disparaître et laisser assez de temps à sa conscience d'affirmer son existence à son regard.

Il fallut attendre qu'Ivy regarde Elizabeth et la nomme pour qu'il se ressaisisse en partie et détourne les yeux et le visage vers elle, très vite soucieux de guetter ses réactions pour qu'elle l'aide à réaliser qu'il n'était pas fou, qu'il n'était pas plongé à bras le corps dans une hallucination. A moins qu'Elizabeth soit une hallucination elle aussi ? Il ne savait plus où il en était, le choc était trop fort. Mais il la contempla à son tour quand Ivy se jeta dans ses bras, statufié sur place à appréhender ses expressions, son regard, ses mots, son intonation... en finalité, ses réactions encore une fois. Nul doute qu'après tout le barouf qu'il avait produit en quête de son amie, rester pétrifié maintenant qu'il obtenait ce qu'il avait tant désiré avait un coté ridicule mais voilà, il ne pouvait en être autrement.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Jeu 7 Avr - 11:48
Le temps suspendu son envole tandis que la silhouette allongée dans son lit bataillait de grand coup de pieds pour se défaire de l’entrave molletonné, escorté de quelques jurons qui résonnaient comme un écho révélateur aux oreilles d’Elizabeth. Elle sentait, par les pincements de son cœur qui l’assaillit rudement que quelque chose d’important, de fort, de primordial, était en train de se jouer dans cette pièce aussi sombre qu’étouffante, où seules les émanations d’un clair de lune voilé ne permettaient de discerner les contour de l’indécise révélation.

Si les lèvres closes durent s’entrouvrir pour tenter de capter l’oxygène d’une respiration qui devenait difficile, elle ne trouvait le courage d’accepter ce que son esprit martelait d’un cri assourdissant : « C’est elle, c’est bien elle. Ne reconnais-tu donc pas sa voix ? Ses gestes ? Son verbe ? »
Mais rien n’y faisait. La tétanie qui l’avait envahi, immobile et droite, tout près de l’encadrement de la porte de la salle de bain, retint en otage le moindre mot qui cherchait à s’échapper.

Elle n’y croyait pas vraiment, elle qui avait sauvegardé les restes et les vestiges de son existence par le simple héritage de ses affaires, d’une tente dressée comme un monument pour ne pas l’oublier, avec sans doute l’espoir si infime que tout ceci ne soit qu’une sombre farce. Que jamais ses deux prunelles sombre surmontées d’une paire de lunettes ne s’effacent définitivement de sa mémoire. Mais le temps avait vaincu son chagrin, la poussant à faire son deuil, en ne laissant que le filet indélébile des regrets et de la culpabilité. Elle avait décidé de laisser son âme en paix et de ne pas rester prisonnière de cette marque, d’en faire une force plus qu’une faiblesse, afin qu’elle puisse enfin profiter de vivre chaque jour.
Ce combat de longue haleine, épuisant, éreintant, n’avait-il été qu’une lutte acharnée qui n’en avait jamais valu la peine ?

Tout le temps où la jeune femme, de pleure et de sanglot, serrait dans ses bras un James bien trop ému pour oser une parole, comme une naufragée se raccrochant à une bouée au large, Elizabeth refusa d’y croire. C’était un rêve, ou un cauchemar, une illusion vicieuse et délicieuse.

« Non… non. Non. Non… c’est impossible. »

Et si c’était vrai ? Et si elle se tenait réellement là, elle et ses jurons, la fluette petite Ivy et son tempérament à la fois atypique et attachant ? Et si elle avait baissé les bras trop tôt, sans même avoir cherché à aller la sauver, l’aider, la soutenir ? Et si le message radio n’avait été qu’un faux, et Mark un menteur ? Il y avait un flot d’émotion qui émergeait en elle, un maelstrom de sentiment tous aussi contradictoire les uns que les autres, provoquant une tempête frénétique et forçant Elizabeth à trouver un appuis, une paroi qui retiendrait les tremblements de ses jambes et de ses bras.

La voix fantasmagorique du spectre tangible s’éleva à nouveau, appelant à la raison, l’interpellant comme une supplique, énonçant son nom. Ce n’est qu’au contact de ses bras, attestant la réalité pure et dure, la confrontant à tous ses souvenirs qu’elle finit par chavirer dans un océan de larmes.
Un peu trop brusquement pour être maîtrisé, dans la panique et la confusion, ses deux mains se posèrent de part et d’autre du visage d’Ivy, repoussant l’étreinte à bout de bras pour la voir de face, elle, ses yeux, ses joues, son existence entière.

« Un mois… c’était y’a un mois…tu avais … disparue. »


Il n’y avait pas vraiment de colère, ou de reproche dans sa voix, juste l’incompréhension, et le besoin d’être pleinement sûre, d’être certaine qu’elle ne se trompe pas. Elle retenait encore un peu sa respiration, au cas où, juste au cas où, avant de descendre ses mains qui emprisonnaient son visage pour attraper l’une des siennes, comme chaque fois qu’elle avait voulu se rassurer de sa présence… sur cette route vers Snyder, dans la forêt, perdues, ou près de cette école… et tant d’autres fois encore. Un geste si familier qui marquait toute une histoire.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 7 Avr - 14:03
J’avais pas vraiment eu le temps de m’éprendre de la silhouette d’Elizabeth, la serrer dans mes bras et m’approprier sa présence pleinement que la jeune femme m’avait presque repoussé, encadrant mon visage de ses mains fines comme si elle cherchait à démasquer une imposture, s’assurer de ma réalité toute tangible. Comment pouvais-je lui en vouloir ? Comment ne pas compatir à cette incompréhension qui flottait dans l’air, ce déchirement qui avait rendu ses mots légèrement hésitants ?

Je tremblais de tout mon être sous le débordement de mes émotions, fortes et sincère, animées d’une joie et d’un soulagement si intenses et purs qu’elles s’en trouvaient presque nauséeuse. Mes larmes avaient continué de couler de plus belle, éraillant ma voix, inondant mes joues pour rouler jusqu’à la base de mon cou, détrempant sûrement le col même de mon tee-shirt. Puis ma main laissée libre était venue se poser sur celles de ma Liz’, se joignant dans cette étreinte rassurante, attisée par ce besoin, ce désir de retrouver la douceur et la chaleur de ce lien amical et complice.

Je gloussais de quelques rires nerveux, aussi incrédules que niais, la gorge nouée par l’émotion alors que mes noisettes ne pouvaient se détacher de ce visage aux traits doux et fatigués que j’avais tant désiré revoir. Je resserrais d’autant plus ma poigne autour de ses mains, refusant de laisser fuir mon Elizabeth, de laisser un quelconque déni ou une quelconque incompréhension me l’arracher, rompre cet instant de bonheur si pur qu’il n’était pas dur de l’imaginer complètement irréel.

“Ce... C’était le cas… C’était vrai… Tout… Ce… Ça… C’est réel…” Je bégayais maladroitement pour essayer de répondre à ses incertitudes, mes mots butant contre mes lèvres comme mes pensées pouvaient le faire contre mon esprit, entrecoupés de souffles et de reniflements intempestifs.

Je ne savais même pas quoi dire, ni par quoi commencer s’il y avait quelque chose à expliquer. La confrontation entre réalité et raison se voulait violente, alors je ramenais les mains de Liz’ vers moi, les plaquant contre ma poitrine dans une étreinte possessive en plongeant mes noisettes noyées de larmes dans ses prunelles sombres.

“J’suis là… J’suis là…” répétai-je de nombreuses fois dans une série de murmures qui se voulaient convaincants au possible, aussi bien pour elle que pour moi. “J’suis rev’nue… en… encore. J’sais pas pourquoi… ou comment... J’m’en fous… J’suis là… J’t’ai retrouvé...”

Je déglutis, puis baissai le visage pour amener mes lèvres embrasser le dos des mains de ma Liz’, m’imprégner encore un peu plus de la réalité de l’instant, le savourer pleinement de mes lèvres pressées sur sa peau. Une confession muette, un aveu de foi que je lui offrais, candide et précieuse.

“Tu m’as tellement manqué…” lui avouai-je finalement dans un autre murmure éraillé, débordant d’émotion.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 9 Avr - 19:47
Elle la voyait, ce n'était pas une hallucination, ni un fantasme. Elizabeth la voyait aussi bien que lui la voyait et l'idée même qu'Elizabeth soit une hallucination également s'estompa peu à peu, laissant le chirurgien croire sans plus davantage tout remettre en question. Ivy était vivante et pour une raison qui le dépassait totalement. Il en vint à se demander si ce message radio n'avait pas été la véritable hallucination, ou si cela avait été la voix de quelqu'un d'autre, ne se souvenant plus exactement de ce que ce message avait dit, ou ayant préféré en oublier le détail.

Elle lui donnait à présent de dos, face à Elizabeth et toutes deux eurent des retrouvailles dépassant ses espérances. Leurs gestes, leurs façons de se toucher, de se parler, apprenait à James que leur amitié allait bien au-delà de ce qu'il avait cru, à moins qu'elle se révélait tout simplement, aussi sûrement que sa relation avec Elizabeth se révélait. Il comprit que sa bien-aimée avait souffert encore plus qu'il ne l'avait imaginé, tout comme Ivy.

Toutes ces souffrances, toutes ces larmes et toute cette colère, s'achevait sous un torrent d'affection et de bonheur, et à les regarder, il eut un sourire illuminé, obtenant là la preuve que tout n'était pas fini, qu'il y avait de l'espoir en ce monde et que le Très Haut, dans sa grande miséricorde, avait pardonné les fautes de l'homme qu'il était en lui permettant par un procédé qui ne pouvait être que divin, de retrouver son amie et son amour. Cependant, réagissant en retard à certains mots d'Ivy, il fut prit d'un lourd doute : si tout avait été réel, si elle avait bien été blessée et infectée, agonisant trop loin, bien trop loin d'eux, comment était-elle revenue ? Etait-ce un nouveau retour à la vie qui ne s'expliquait pas ? Elle tendait à l'entendre en disant être revenue encore. S'était-elle réveillée au lieu - miraculeusement préservateur pour son corps - de sa nouvelle mort ou avait-elle été renvoyée ici-même directement par la volonté supérieure ?

Affilier cela à Dieu paraissait, en l'état, le plus plausible et logique ironiquement, car ni la science ni l'imagination n'expliquaient ce qu'ils avaient tous vécu et ce qu'Ivy semblait vivre, encore. Mais qu'est-ce qui pouvait bien en être à l'origine ? Se pourrait-il vraiment que le Père des cieux ait décidé de se manifester à nouveau après des siècles de potentiel silence au moment où l'humanité vivait ce qui se rapprochait le plus d'une extinction ? Il ne savait plus quoi en penser, mais ce qu'il savait était là, sous ses yeux et quelque soit le vice de la chose, si vice il y avait, Ivy était sauve.

N'interférant pas dans leurs belles retrouvailles, il soupira de joie à un pas d'elles et vint passer l'index d'une joue à l'autre pour essuyer les larmes qui s'étaient échappées, n'ayant finalement pas envie de pleurer, même de bonheur, il voulait au contraire célébrer cette conclusion triomphante, de quelle façon ils verront bien, mais avant cela, il ne pouvait s'empêcher de continuer à se questionner et c'est pourquoi il décida, après avoir ramené sa main le long de son corps, de se faire entendre en scrutant Ivy dans cet espace sombre d'une voix tout ce qui pouvait se faire de plus amicale et affective, mais tâchée de son incompréhension persistante :

« Je n'ai pas de mot pour décrire à quel point je suis heureux et soulagé de te voir, je le jure, je l'ai souhaité de tout mon coeur mais je n'arrive pas à réaliser et à comprendre. On a entendu ce message, le tien, par talkie-walkie qui disait que tu avais été infectée, que tu étais à l'agonie et... tu es là. Qu'est-ce que ça signifie ? Tu es revenue, mais qu'est-ce que ça peut bien impliquer ?

Je suis désolé Ivy, te de dire cela maintenant, je suis sous le choc et c'est un vrai bonheur, tout comme j'ai peur pour toi. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose après être revenue quand on y croyait plus, on ne veut plus te perdre. »

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Dim 10 Avr - 22:23
C’était bien elle, plus aucun doute possible, plus d’incertitude, la même, avec ses défauts et ses qualités. Dès l’instant où elle s’était emparée de ses mains et les avaient serré à la fois fortement et doucement, dès qu’elle avait senti du bout de ses doigts pressé contre sa poitrine le battement de son cœur, puissant et rapide, elle sut qu’elle tenait dans ses mains et devant ses yeux la vérité.

Venue presser ensuite ses lèvres sur sa peau, d’un baiser doux, chaud et humide, Elizabeth ne put maintenir la distance plus longtemps qu’elle avait elle-même imposée. Elle l’attira à nouveau à elle, comme un enfant le ferait d’un ours en peluche perdu depuis bien trop longtemps, la serrant de ses bras tremblants autours de sa maigre taille, frêle et chétive.
Plusieurs inspiration, mêlant soulagement et débordement d’émotion vinrent ponctuer le geste qui se voulait si pressant et impérieux qu’il ne laissait guère de choix à Ivy, sauf en cas de rude contestation. Elle plongeait son visage au creux de son cou, les cheveux de la brune venant chatouiller son nez qui respirait pleinement son odeur qu'elle connaissait désormais sans doute mieux que quiconque pour avoir partagé de très nombreux jours la même tente. Elle se rappelait des discussions légères qu'elles avaient pu avoir avant de trouver le sommeil, parlant des jours sombres et de la fatigue. Peut-être même des projets ou de leurs avis sur la situation, jusqu'à ce que s'impose à son esprit l'ultime et dernière image qui l'avait longtemps obsédé : la dernière fois qu'elle avait vu Ivy tandis qu'égoïstement elle l'avait tenue éloignée pour être seule avec James.
Un James avec qui elle s'était liée à l'instant même de la mort de son amie, dont elle s'était toujours sentie coupable.

« J’ai cru … j’ai… j’ai cru… »

Elle n’arrivait plus à prononcer les mots trop dramatiques, sans doute par crainte de tenter le diable de venir récupérer cette âme qu’il avait laissé s’échapper des enfers. Elle était là, elle la retenait de ses bras encerclés autours de ses épaules, pour répondre à sa dernière réplique par le geste. Sa disparition avait laissé un vide si immense, elle lui avait manqué, lourdement, péniblement. Elle savait désormais qu'elle non plus, plus jamais elle ne la quitterait, que les derniers événements pouvaient bien être un avertissement et qu'il était absolument impensable qu'elle ne profite pas de cette deuxième chance du destin.
C’était étrange à penser, de s’être attaché à ce point à une personne en si peu de temps, si peu de partage. Mais la situation avait changé, le monde avait changé, il les avait obligé à vivre chaque sentiment, chaque émotion, pleinement. A quoi cela servirait de vouloir vivre sur cette nouvelle terre, hostile et froide, si ce n’était pour ressentir chaque moment comme une pure beauté dès qu'ils se présenteraient ?

Lorsqu’elle entendit à nouveau la voix de James, si proche d’elle, elle leva son regard à son attention, prêtant son oreille à ce qu’il disait, laissant enfin son amie si proche et si chère lui échapper si elle le désirait pour répondre aux interrogations du médecin.

Elle en profita pour essuyer ses joues et ses yeux des perles nacrées qui s’étaient échappés et ruisselaient en abondance depuis quelques minutes déjà.

« James… » Laissa-t-elle échapper d’une voix douce et attendrie.

Elle avait peur que ses mots ne brusquent leur amie, mais il avait raison, dans le sens où elle-même se les posait maintenant qu’il avait lancé le sujet, et que son inquiétude grimpait à nouveau. Quelqu’un lui avait rendu son Ivy, mais sous quelle contrepartie ?
Elle sentit qu’ils feraient bien de s’installer pour la continuité de cette conversation, le poids de la fatigue, couplé à l’ascenseur émotionnel qu’elle venait de subir avaient coupé le peu de force qui lui restait dans les jambes.
Espérant que les deux autres la suivent dans sa démarche, maintenant que son regard, bien que fatigué et encore floue, s’était habitué à la pénombre de la chambre, elle rejoignit le lit un peu plus loin sur lequel la jeune Ivy dormait encore quelques instants plus tôt. Elle se laisserait glisser sur le matelas, assise, épuisée.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 12 Avr - 12:41
Attirée par belle brune, je me laissais posséder pleinement en en faisant tout autant. Ses bras enserrant ma taille comme les miens venaient se loger autour de son cou, une de mes mains venant à l’arrière de son crâne, se mêler à ses cheveux pour garder et prolonger cette étreinte tant attendue, tant désirée. Son visage si près du mien logé dans mon cou et les pointes de ses cheveux qui me chatouillaient, son parfum, la fraîcheur de sa peau. Je tenais enfin ma Liz’ près de moi, contre moi, si proche et si rassurante que sa seule présence suffisait à briser les dernières barrières émotionnelles dressées jusqu’à lors par les dernières bribes de doute. Non, je ne rêvais ni ne fantasmais pas.

Ainsi lovée, pour ne pas dire écrasée contre elle, entre ses bras, je me laissais pleinement déborder par les larmes et les émotions, ce soulagement qui semblait ne pas connaître de limite ; laissais libre cours à tout ce bonheur s’exprimant en rivières salées inondant mes joues, noyant de silence des mots futiles que je ne parvenais pas à exprimer tant le plus juste et fort d’entre eux ne serait qu’un euphémisme de ce que je ressentais vraiment. Je pleurais à chaude larmes, évacuant mes tensions et mes incertitudes, comme une gamine qui ne désirait trouver là que l’étreinte réconfortante et rassurante de ses parents.

Je m’imprégnais d’Elizabeth à nouveau, son corps, son odeur, sa chaleur, ses souffles ; savourant la douceur de chacun des souvenirs - légers ou plus solennels - de ce que nous avions vécu, partagé, aimé ou détesté, nos ententes comme nos désaccords, mais toujours - tout et toujours - liés par cet attachement profondément sincère. Seule la voix de James, ses mots, ses phrases et ses aveux d’incompréhension, parfaitement compréhensibles et pragmatiques, finirent par me ramener à la réalité du moment et à sa présence à lui aussi.

Lentement et à contre-cœur, je m’échappais de l’étreinte d’Elizabeth, mes mains ne pouvant s’empêcher de glisser le long de ses bras jusqu’au bouts de ses doigts, que j’effleurais dans une dernière tentative de la retenir, faire durer le contact le plus longtemps possible, l'irrationnelle peur collée au ventre de la voir soudainement disparaître, puis posais mes noisettes brouillées de larmes sur le médecin.

Je relevais le bas de mon tee-shirt pour le porter à mon visage, essuyant les larmes sur mes joues, mon menton et mes yeux, avant de hocher très lentement la tête à l’attention de James. Je lui devais bien ça. Je leur devais bien ça, et tellement plus encore. Observant ma Liz’ entrer dans la chambre, pour aller se poser sur le lit quelques secondes plus tard, je me décidais à l’imiter et surtout la rejoindre, ne voulant aucunement la perdre de vue. Ne voulant plus la perdre du tout même. J’aurais pris James par la main et l’aurais entraîné à ma suite si lui même n’avait pas pris l’initiative de rejoindre Liz’ sur le lit, puis je me serai assise sur le matelas, non sans un certain regain d’énergie et d’engouement, attendant ensuite que les deux soient prêts à écouter les quelques réponses que j’avais à leur donner, des explications dont la plupart m’échappaient encore.

“T’inquiète. Je… Je comprends,” avais-je fini par glisser au barbu, lui signifiant par là qu’il n’avait pas besoin d’être désolé de quoi que ce soit, et certainement pas de sa curiosité ou de son incompréhension. Puis je m’éclaircissais la gorge, chassant les quelques tremolos d’émotion avant de reprendre.

“On est parti en ville avec Takashi. Je voulais trouver des pièces pour réparer le camion, alors on est parti à la station service que Liz’ et lui avaient visitée. Puis j’voulais aussi vérifier le WildLife machin-chose pour essayer de trouver des cordes, pour réparer l’arbalète de Melo. Pour un peu... apaiser ? ...les tensions entre nous. Mais, ya eu l’alarme de cette épave de bagnole qui s’est mise à retentir quand j’ai voulu la fouiller et ç’a rameuté tous les infectés du coin. On a essayé de s’enfuir, de se cacher, mais… Takashi a été infecté.”

J’essayais de raconter mon histoire d’un ton assez clair et suffisant monocorde pour ne pas le rendre plus complexe à suivre encore, mais l’émotion, la culpabilité et les remords recommençaient déjà à faire trembler ma voix. Nerveusement, je serrais et desserrais les poings, jouant avec mes doigts ou faisait tressauter mes genoux, ayant du mal à garder la tête levée, à soutenir les regards de James et d’Elizabeth dans l’épreuve que c’était pour moi de ressasser encore ces souvenirs, et la douleur qui y était associée. Et je n’avais même pas attaqué la partie “marrante” encore.

Puis je reprenais la suite de l’histoire, dans le détail. Comment le jeune homme avait choisi de se sacrifier pour faire diversion sur les morts qui nous encerclaient, mon petit périple au sein du WildLife Discovery et mes trouvailles, dont les cordes d’arbalète convoitées, ma rencontre avec ce rôdeur près de la sortie arrière et l’hypothèse émise à haute voix qu’ils pouvaient nous repérer juste à l’odeur, ma fuite au-travers du carambolage et finalement comment cet infecté sorti de nulle part avait réussi à m’avoir. Mon combat, sa mort, la découverte du camion de pompier et l’enregistrement du message radio ; puis le refuge que j’avais trouvé dans cette boucherie.

J’avais alors poursuivi, sans interruption. L’agonie dans la chambre froide, en compagnie de ce cadavre nommé Andrew. Le message vidéo enregistré sur le caméscope, les heures à espérer sottement que quelqu’un avait bien eu mon message, puis l’arrivée de Mark, notre fuite de ces hordes et mon trépas final dans cette ruelle.

Puis j’avais illustré mon réveil d’un simple claquement de doigts. Un retour à la conscience qui n’avait pas vu le temps passé réellement. Je repensais, racontais, toujours sans omettre le moindre détail ce qui m’était arrivé alors. Le caveau et les cadavres carbonisés, la venue du Libérateur - que je prenais le risque de nommer ainsi uniquement devant eux - sa nature et ses révélations sur ce second retour à la vie, mes doutes et mes pensées les plus complexes à ce moment précis sur la réalité de la chose, l’idée que j’avais réellement fini en Enfer, le véritable Enfer. Plus j’avançais dans le récit et plus ma voix se faisait basse, ma gorge nouée, mes membres tremblants, mes paroles chaotiques, hésitantes, la peur, la crainte, les doutes et la souffrance plus palpables à la surface de ma peau comme de mes mots.

La seule chose que je leur cachais sciemment étaient les mots du Libérateur à propos de Calvin, les doutes qu’il avait soulevés à ce moment-là et la folie qu’il avait distillée dans mon esprit. Une torture mentale accompagnée de son contingent de questions sans réponse que je ne voulais pas leur faire connaître, et encore moins leur faire subir. Je leur parlais de l’enfermement, de cette eau emplie d’une drogue bizarre et hallucinogène, les tentatives non concluantes de mettre fin à mes jours à plusieurs reprises, les heures innombrables à dépérir, entre une réalité affamée et des rêves aliénants.

Puis le retour du Libérateur, ce que je lui avais dit, révélé à ce moment-là ; puis comment je m’étais retrouvée dans cette bagnole, avec les types qui avaient tué Wolf, Melina et Harvey, comment le Vagabond avait fait le ménage et m’avait arraché à eux - je taisais bien évidemment le nom de Matthew - puis notre retour au campement, au milieu de cette folie. Les deux hommes que j’avais dû tuer, l’immense culpabilité qui me dévorait d’avoir pris ces deux vies, et celle plus immense encore d’avoir conduit ces hommes jusqu’au campement, d’être responsable de l’attaque, des vies perdues, des épreuves subies, simplement par lâcheté, par peur, par désir de les retrouver, tous et chacun.

Puis j’avais enfin par me taire, me contentant simplement, silencieusement de dénouer le bandage de fortune qui masquait mon avant-bras nécrosé, pour enfin leur montrer les chairs qui n’en étaient plus, et ce d’autant plus à James qu’à Elizabeth, dans un long soupir.

“Ce… c’est la vérité… Au...aussi dingue que…” Je balbutiais toujours autant, déglutissant à de nombreuses reprises, mes noisettes fixées sur cette morsure que je finis par soustraire à leur vue pour la redissimuler sous les bandages. “Doug… Takashi… On… On doit plus… On doit plus laisser quelqu’un derrière… Plus maintenant...” avais-je finalement déclaré. “On… On ne peut… plus s’excuser de l’ignorance maintenant…”

Puis j’avais redressé mes yeux humides vers leurs deux visages, cherchant leurs regards tour-à-tour, avec lenteur et appréhension, craignant d’y voir la honte, le dégoût, la colère ou n’importe quel autre sentiment de rejet et d’accablement à mon égard. Le regain d’énergie que j’avais trouvé dans les bras d’Elizabeth s’était largement dissipé au fur et à mesure que j’avais raconté mon histoire, et pire encore, ce qu’impliquait réellement ma présence parmi eux. Il ne me restait plus désormais qu’une immense fatigue, accablante, et la seule espérance que malgré tout, je ne ferais pas fuir ceux que je venais à peine de retrouver, que les actes commis en ce sens n’auraient pas les conséquences opposées.

“Je… Je suis… tellement, tellement, tellement désolée…” dus-je leur répéter pour la énième fois, avant de finalement laisser retomber mon regard sur mes pieds nus, essuyant de nouveau mes larmes de mon tee-shirt tâché de quelques gouttes de sang.

“Et… et vous ? Qu’est-ce qui vous est arrivé ?” avais-je fini par leur demander, malgré tout curieuse de savoir ce qui les avait retenu si longtemps loin du nouveau campement.
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