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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Chambre 2 - 21/02/2035
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James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 15 Avr - 15:59
Elizabeth était partie s'installer sur le lit, épuisée et il ne pouvait que la comprendre. Ce qu'Ivy imita en lui prenant la main, le médecin se laissant faire pour venir s'installer à son tour sur le lit, appréciant quelque peu seulement le confort du lit car ce n'était pas ça qui atténuait le drame de la situation où se mêlait avec contradiction la joie de revoir son amie. Il posa les mains sur le matelas pour s'appuyer en portant ses yeux clairs vers la jeune femme à coté de lui, installée entre lui-même et sa compagne.

Il avait pas mal chaud, maintenant qu'il était à l'abri de la maison et en dépit du manque de chauffage, même de son absence, le gilet pare-balles combiné à sa veste de cuir et surtout, à ces moments de retrouvailles nourris d'étreintes, il sentait une goutte de sueur qui glissait le long de sa tempe, puis de sa pommette et s'engageait sur la route de son cou. Sa respiration était mitigée, entre le soulagement et une certaine crispation qui demeurait, et qui ne tarderait pas à s'intensifier à l'écoute des révélations d'Ivy. D'un coup, il se rendit compte que ce besoin d’éclaircissement n'était pas pour faire du bien à son amie, ou plutôt car il le savait tout de même, lui faisait du mal et il n'en avait pas pensé toute l'amplitude, prit dans ce torrent de réflexion et d'incompréhension chaotiques qui avaient exigé en lui des réponses. Pour cela, il sentit un noeud se former à son estomac, preuve physique de la culpabilité qui l'envahissait, d'imposer une telle discussion à un moment pareil, à croire qu'il était incapable de juste profiter de ces retrouvailles et partager un moment de bonheur, non, il fallait qu'il pousse les plus mauvais aspects du contexte en avant et qu'il gâche tout. Quel idiot se dit-il, de ne pas avoir fait l'impasse au moins pour quelques heures, et ce qu'elle lui dit, leur dit, empira ses remords qui devinrent des regrets.

Elle se mettait à trembler, à se sentir vraiment mal, à mesure qu'elle racontait ce qu'il s'était passé en ville, l'infection qui avait touché Takashi, son sacrifice qui malheureusement, n'avait pas suffit à la préserver et cette agonie seule, ce message, cet endroit où elle s'était réfugiée pour mourir... c'était horrible à penser. Il n'imaginait pas ce qu'elle avait enduré, malgré qu'il ait lui-même connu l'agonie, prétendre se mettre à sa place était honnêtement impossible et il ferma les yeux à mesure qu'elle continuait, submergé par un sentiment de peine et de navrance, à en expirer péniblement l'air de ses poumons. Sa main, presque d'instinct, vint se glisser sur celle d'Ivy afin d'y resserrer ses doigts pour qu'elle sente son soutien, à défaut de pouvoir lui apporter plus que cela.

Plus elle avançait, pire c'était. De la peine, il fut peu à peu touché par une profonde et irascible colère, de connaître les circonstances de sa mort, abandonnée dans une ruelle comme un déchet humain avant de se réveiller dans l'antre d'une chose qu'il ne pouvait considérer comme un homme, un monstre, un être abject et coupable qui avait fait subir à son amie des tortures terribles, un véritable enfer oui, alors qu'elle aurait du retrouver l'espoir d'avoir survécu. Comment avait-elle pu surmonter de telles souffrances ? Comment ne pas vouloir s'abandonner à sa colère et à la haine d'entendre de telles choses ? Si il avait pu, il aurait été avec elle mais il n'avait pas pu, comme il n'aurait pas pu préférer qu'aucun d'eux ne soit maltraité à ce point, parce qu'y échapper paraissait peine perdue à force de coups durs. Il doutait, il se questionnait profondément, sur le monde actuel et sur le chemin à prendre, quel choix faire entre devenir un homme de paix et d'espoir pour un monde meilleur, oeuvrer dans l'exemple et tenter d'apaiser la rage humaine par la lucidité et la conviction des valeurs en perdition, ou sombrer dans la survie la plus absolue et la vengeance, en devenant un monstre parmi les monstres sans limite ni demi-mesure, prêt à tout qu'importe les injustices.

« On te croit. » Répondit James presque aussitôt après qu'elle eut terminé, n'ayant aucun doute sur la question et lui faisant entendre toute la douceur dont il était capable, continuant de garder sa main serrée par la sienne en caressant sa peau du pouce. « Maintenant, tu le sais, nous le savons et nous ne laisserons plus personne derrière nous. A ce moment-là tu ne savais pas, Takashi s'est sacrifié pour vous, pour toi et si il ne l'avait pas fait, tu n'aurais peut-être pas pu revenir même si... enfin, c'est fini tout ça. Tu es avec nous à présent. On aurait voulu venir t'aider tout de suite mais on était coincés. »

Il s'engageait vers de plates excuses quand il s'arrêta, leva les yeux vers Elizabeth et plissa momentanément les lèvres en hésitant sur la manière d'aborder la réponse aux questions d'Ivy. Néanmoins, ne voulant pas imposer cela à sa compagne qui était suffisamment éreintée et parce qu'après avoir fait parler son amie, il lui devait bien ça, il reprit la parole et prit l'initiative dans un même temps.

« Ce jour-là on s'était rendu à l'aéroport et on a voulu se planquer dans un avion à cause des morts, mais on est tombé sur un survivant... agressif disons. Ça c'est mal passé, on s'est retrouvés enfermés dans l'avion et c'est là qu'on a entendu le message, le tien, qui nous disait... » Il conserva les lèvres entre-ouvertes mais ne parvint pas à faire entendre les mots, le souvenir encore trop vivace pour en parler comme d'une banalité, même si elle était revenue maintenant et à dire vrai c'était d'une parfaite inutilité. « Après ça, on est restés bloqués deux jours à l'intérieur avant de pouvoir retrouver le camp et à partir de là, tout était différent. On a fait comme on a pu mais sans toi, on arrivait plus à avancer. Quelques temps après, Elizabeth, Jena et d'autres sont partis explorer un secteur, mais le soir ils n'étaient toujours pas revenus et j'envisageais d'aller en ville quand ils ont débarqué. Plusieurs hommes et femmes armés, qui nous ont tiré dessus. Tout est aller très vite et le temps qu'on reprenne nos esprits, Melody avait été enlevée, il y avait cette armée de morts qui venait, j'avais tué et toi tu étais là. »

Il lui sourit, sincèrement et affectueusement malgré que ses lèvres soient closes et son visage trop triste par le poids des événements, expirant un léger rire peiné en portant les yeux vers le sol devant lui.

« Je croyais devenir fou, être prit d'hallucinations. On est partis tout de suite et c'est bête mais, je n'ai même pas eu le temps de réaliser, j'ai vite douté, cru que c'était irréel et que je n'avais fait que t'imaginer. Ensuite je suis parti de mon coté, Samuel voulait que je m'assure que la ferme ne soit pas menacée par la migration de cette horde, tout du moins qu'une autre ne soit pas allée vers le nord. J'ai rejoins l'autre coté de Snyder pour en avoir le coeur net et j'ai appelé la ferme par talkie, j'ai pu les prévenir et ils m'ont rassuré sur le fait qu'ils allaient bien. C'est là que j'ai demandé à Clark de me guider, pour aller en ville. Je sais c'était suicidaire et irraisonné mais je ne pouvais pas vous rejoindre sans savoir où étaient les autres, où était Elizabeth. »

Marquant un temps à nouveau, il avait redressé un regard plein d'amour vers sa bien aimée, cherchant à se rassurer lui-même quelque part.

« Là-bas c'était encore pire qu'au camp. J'ai trouvé la Cadillac d'Elizabeth devant le centre commercial mais tout le coin était saturé de rôdeurs, jusque dans le complexe. J'avais perdu la communication avec Clark, j'ai essayé de m'approcher et j'ai finit piégé dans un bâtiment. Je suis tombé sur deux autres hommes armés, encore, et j'ai du tuer l'un d'eux... encore. Les quatre jours suivants ont été vraiment... enfin, j'étais dans un appartement, coincé pour la deuxième fois et l'autre type était cloîtré à l'étage au-dessus. J'ai compris à l'entendre que lui et d'autres types étaient venus pour les piéger, ils ont sûrement fait en sorte de leur tomber dessus tant qu'ils étaient isolés pour les faire tuer pendant qu'un autre groupe nous attaquait au camp. Cet autre homme s'est enfuit avant que je ne le fasse parler et après ça, je suis parti, la horde s'était dispersée, et j'ai eu la chance de tomber sur le groupe qui faisait de même. Sacrée chance même. On a finit par venir ici, Melody nous a guidé jusqu'au nouveau camp. A croire qu'on a réussi à ramener tout le monde au terme, hormis Jian et... Takashi. »

Sur ce qu'il considéra comme un récit suffisant, à défaut de pouvoir apporter autant de détails qu'Ivy, c'est à ce moment-là qu'il fut frappé par le bras de celle-ci, qui avait retiré sa main de son emprise pour dénouer le bandage un peu plus tôt, sans qu'il ne fasse attention dans la nuit à ce qu'il avait pu ou cru voir. Ses sourcils se plièrent vers ses yeux d'un froncement qui illustrait les sentiments qui le prenaient aussitôt, effaçant presque les autres émotions brutalement tandis qu'il scrutait sa peau noirâtre sur tout un morceau de l'avant-bras. D'un geste il attrapa sa main, ne trouvant de retenue qu'à ne pas mettre trop de poigne pour ne pas lui faire mal et redressa son avant-bras en se penchant afin de voir de plus près et distinguer clairement ce qui se présentait très réellement à ses yeux. Et la vision de cette nécrose le laissa... bouche-bée, si bien qu'il resta hébété à observer cette peau surplombant de la chair morte, n'y trouvant aucune explication apparentée à la logique ou ses connaissances en médecine. Ce qu'il voyait, à dire vrai, il ne le comprenait pas.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Sam 16 Avr - 22:53
Ils l’avaient tous deux rejoins sur le rebord de ce lit, sa tendre amie à ses côtés et son amant à l’opposé, lui laissant tout le loisir de retrouver la proximité de la jeune femme dès qu’elle eut fini de retirer ce gilet tactique trop grand pour elle. La veste avait échouée en plein milieu des draps, par-dessus le méli-mélo de tissu et de couette presque roulée en boule par le sursaut de sa nouvelle propriétaire.
Elle n'avait jamais été dérangée par le contact d'une autre femme, le seul type de proximité qu'elle supportait sans qu'aucune vive réaction ne vienne entachée son tableau noir. Elle n'en était pas pour autant attiré par la gente féminine, très paradoxalement, et à son plus grand désarrois d'ailleurs, cet état de fait lui aurait épargné bien des difficultés.

Sa main droite s’était glissée contre celle d’Ivy, son bras gauche encerclant sa taille par le dos pour retrouver cette intimité, plus agréable qu’avant, qu’elle avait l’instant plus tôt laissé échapper. Elle se souvenait de ce jour tragique de la mort de Calvin, où quelques instants avant, elle avait fait la promesse à cette si proche amie de ne plus la quitter. Une promesse qui était tombée en miette tandis qu’elle se laissait prendre au piège de ses propres sentiments pour James. Une promesse gâchée dont la culpabilité, même si atténuée par le retour béni de Dieu de l’infortunée, écorchait encore son cœur.

Et puis le long monologue de son histoire lui parvint aux oreilles. Redoutant plus qu’autre chose chacun des mots qui sortaient de sa bouche, sentant sous ses doigts la tension de ses muscles, les tremblements de son corps que même son contact ne pouvait contrôler. Sa voix, monocorde, était brisée par de très faible trémolo, qui rendait le récit plus traumatisant et dramatique. Ses poumons se compressaient chaque fois que son amie manquait de défaillir, à chaque sursaut de sa voix, ou reniflement.
Et lorsqu'elle entama la partie du récit évoquant son réveil, les sévices, les tortures, tant psychologiques que physiques, le nœud de son estomac remonta à sa gorge et elle dû lutter pour ne pas craquer, les perles salines noyant ses yeux, ses joues, ses lèvres, son menton, sa nuque. Elle se sentait si coupable de cette souffrance, si minable, qu’elle hésita même à se détacher d’elle, à la relâcher pour s’en éloigner, se sentant loin d’être méritante de son affection. Mais elle ne pouvait l'abandonner, elle sentait sous son étreinte que la brune avait besoin d'elle, de ce contact qu'elle lui offrait, et de son affection pour ne pas défaillir davantage. Les yeux clos, une appréhension de plus en plus grandissante monta jusqu’à ce que la tragique révélation de tout ce récit ne fasse écho dans ses réflexions, comme une évidence qu’elle n’avait mesuré qu’à la prononciation de défunts noms.

Jian… Jian avait été exécuté. Il avait été supprimé alors qu’il aurait pu se relever. Vivre à nouveau. Le mort qui avait croqué dans sa chaire avait été supprimé. Il n’aurait fallu qu’y croire, un simple instant, émettre la possibilité que cette infection ne lui soit pas fatale, se battre contre la raison. Il y avait maintenant un maelstrom de pensées qui jaillissaient en elle, si bien qu’elle ne sut plus vraiment à quel mot elle devait réagir plus qu’un autre. Elle en perdit sa respiration, son souffle coupé, chaque tentative lui donnant plus de mal à chaque fois.
Elle avait failli perdre son amie par sa faute, qui n’avait trouvé à son réveil qu’un tortionnaire sadique. Ils avaient exécuté un adolescent qui avait encore toutes ses chances de survie. Elle avait également risqué la vie de James à s’être retrouvé coincé dans ce Centre Commercial de malheur. Ils avaient tous deux péniblement pâti tandis qu’elle se lamentait, bien confortablement installé sur ce toit, à l’abri du danger, sans même avoir enduré les effets du froid trois nuits consécutives.

Et le couperet l’acheva littéralement lorsqu’elle contempla, à la réaction du médecin, sous la lueur d’une lune bien pâle, les blessures qu’elle portait à son bras.

« Ne t’inquiète pas ! »  Avait-elle lancé si brusquement que son ton l’étonna elle-même. « James va te guérir… il va te soigner, pas vrai ? »

Elle jeta son regard sur le dénommé, les yeux larmoyants d’une supplique assumée et affichée. Elle attendait avec un espoir non dissimulé l’affirmatif de sa part, souhaitant de tout son cœur qu’il l’apaise de toute la peine qu’elle portait sur son cœur. Cela ne ramènerait ni Jian, ni Takashi, ni tous les autres morts qu’ils avaient abandonnés sous l’excuse de l’ignorance. Cela n’effacerait ni sa faute, ni les souffrances de son amie, mais ce maigre acte pourrait sans doute lui redonner foi. A quoi bon être revenu, avoir subi toutes ces choses, si c’était pour que quelque chose de néfaste ne la condamne à nouveau ?

Elle ignorait encore de quoi il s’agissait, mais au visage de James, à l’expression de son visage, elle comprenait que ce n’était vraiment pas bon.

Elle n’avait attendu qu’à peine deux, ou trois secondes peut-être, qu’elle insista à nouveau, tant son cœur se pressait d’effroi.

« James ? Tu peux la guérir ? Tu peux la soigner ? Dis-moi que tu peux ! »

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 18 Avr - 23:46
Ecouter le long récit de James, me relatant les épreuves qu’ils avaient dû eux-même traverser jusqu’à ce jour de nos retrouvailles, avait au moins eu le mérite d’occuper mes pensées et mon attention à tout autre chose que le ressassement perpétuel de mes souvenirs et la culpabilité qui me hantaient depuis presque une semaine désormais. Et pourtant, cela n’en atténuait en rien la douleur, d’apprendre, savoir et comprendre que ceux restés au campement comme ceux partis en ville furent les proies d’une attaque et d’une embuscade montée par la seule raison de ma présence parmi eux aujourd’hui : ma survie et la traîtrise qui en était la cause.

Mais ma plus grande surprise fut la réaction du médecin à la nécrose que je leur avais dévoilée, accompagnée des mots d’Elizabeth. Je ne pouvais que comprendre pleinement la surprise et l’horreur que cela devait être d’avoir un tel “machin dégueulasse” sous les yeux, peut-être accompagné d’un profond dégoût quant à ma nature désormais, voire d’une crainte que je ne sois infectée à nouveau et ne finisse par succomber d’ici quelques temps à la maladie. C’est tout du moins ainsi que j’interprétais les insistantes questions adressées à James par ma Liz’.

Presque aussitôt, j’avais porté ma main libre sur celle de James qui m’encerclait le poignet, avec une certaine fermeté malgré que mes doigts étaient tremblants, et que j’avais surtout voulu mon geste plus doux et moins maladroit.

“Non.” avais-je soufflé assez sèchement à l’homme dans un souffle encore éraillé de l’émotion. J’avais porté mon regard vers Elizabeth dans un premier temps, faisant l’effort d’esquisser un simulacre de sourire que j’espérais rassurant, avant de chercher avec plus d’intensité le regard de James de mes propres prunelles. Doucement, je secouais la tête pour lui intimer l’ordre muet - ou la supplique silencieuse - de ne rien en faire, ne pas user de son don ou de sa science sur ma nécrose.

“C’est inutile. T'fatigues pas inutilement,” poursuivis-je d’un ton un peu plus doux, tirant dans le même temps sur mon bras gauche pour tenter de le soustraire à sa prise. “C’est pas une blessure. C’est… comme une sorte de cicatrice. Ce n’est pas douloureux, ça ne s’étend pas, ce n’est même pas sensible au chaud, au froid, au contact, c’est... juste mort,” expliquai-je avec malgré tout de profonds trémolos incertains dans la voix, nuancés de crainte et de honte. Une incertitude que je tentais de rendre plus convaincante en répétant les “explications” données par mon bourreau à ce sujet.

“Le Libérateur m’a dit que c’était une sorte de dette… envers la Mort elle-même. Qu’à chaque fois que l’on revenait, elle en prenait un peu plus. Il… Il était comme nous… De ce que j’ai compris, il est mort lui aussi ; plusieurs fois a-t-il même dit, mais qu’un jour, il n’y aurait plus de retours. Cette horreur n’a pas bougé depuis que je suis revenue, ça ne fait même pas mal. J’ai… J’ai juste perdu quelques sensations et de la dextérité dans la main gauche. Donc, ça va aller, ne vous inquiétez pas de ça.” J’appuyais mon regard noisette un peu plus intensément dans celui du chirurgien. “Je sais à quel point c’est crevant de faire appel à son don, et vous avez besoin de repos…” Je détournais mon visage vers celui de ma Liz’, lui adressant un sourire plus franc et chaleureux, la joie de pouvoir contempler ses traits, sa chevelure ébène et les deux perles noires de son regard reprenant peu-à-peu le pas sur les douleurs et les difficultés de nos souvenirs partagés. “...tous les deux.”

Une affirmation que j’estimais être une vérité, de ce qu’ils m’avaient relaté de ces derniers jours ; mais aussi et surtout une manière de changer de sujet. Un sujet qui, je n’en doutais pas, reviendrait sur la table à nouveau, lorsqu’il faudra encore raconter cette histoire abracadabrantesque à tous ceux qui poseront la question. Une histoire que je devais encore conter à Samuel, plus qu’à n’importe qui, à condition qu’il finisse par venir me trouver. J’entrevoyais déjà les discussions interminables avec les uns et les autres, à tout reprendre à chaque fois depuis le début, sans parler de ce que ça pouvait impliquer pour mon avenir au sein du groupe. Bien assez de perspectives peu enchanteresses pour que je veuilles encore m’attarder sur cela sans profiter pleinement de ces retrouvailles, leur bonheur et leur légèreté.

Lentement, j’avais relâché la main de James après une dernière pression, souhaitant autant y transmettre un encouragement qu’un remerciement, pour porter ma main droite vers le visage d’Elizabeth, venant essuyer les larmes de sa joue, mon pouce caressant sa pommette, cherchant à laisser mes doigts courir le long de sa mâchoire pour glisser jusqu’au sommet de sa nuque si elle ne fuyait pas le geste. Mon regard se mouilla de nouveau de larmes plus abondantes, mon lèvres s’étirèrent d’un sourire affectueux, profondément affectueux, à peine écorné d’une pointe de tristesse.

“Tu as… raison,” bafouillai-je difficilement. “A l’école… Les horreurs que j’t’ai dites…” Je secouais très lentement la tête “...Non. On peut pas… dev’nir comme ça… Tu… Tu dois garder ça. Ton humanité… et la force de… la porter devant nous… Pour nous garder la tête, l’esprit... hors de l’eau… quand on sombrera. Parce qu’on finira par sombrer… sous les coups, et sous les doutes. Je... j’ai confiance en toi pour ça… En vous deux… plus que n’importe qui même, si en fait… J’vous connais pas vraiment…” avais-je fini par confesser sur une note plus légère, marquant là cet aveu d’une plaisanterie pourtant empreinte de vérité.

“Bleu…” soufflai-je ensuite au bout d’une poignée de secondes d’un silence que j’avais voulu contemplatif, à graver de nouveau les traits de leurs deux visages sur le fond de mes rétines, ma mémoire et mon cœur. “Ma couleur préférée… Parce que c’est la seule qui est vraie à mes yeux…” La question s’imposa d’ailleurs de savoir pourquoi je me mettais à sortir des conneries pareilles ?

James F. Everett

Anonymous
Invité
Jeu 21 Avr - 19:55
Cette nécrose, si tant est que ce soit cela, était très différente de tout ce qu'il avait déjà vu, ou tout ce qu'il se souvenait avoir déjà vu et ça l'inquiétait, car il ne parvenait pas à discerner quels risques cette chair entraînerait. Des maladies ? Des infections ? Autre chose d'inconnu ? Est-ce que ça allait se répandre ? Impossible à dire, il n'y avait pas les lésions que l'on observe dans les cas de nécrose, ni de signe que le mal gagnait du terrain. Ca semblait... statique ? Quoi qu'il en soit, la première chose qui lui vint en tête - et qu'Elizabeth n'avait pas tardé à lui demander, presque lui sommer sans qu'il ne lui réponde directement, prit dans la brutalité de la situation, c'était d'user de son pouvoir malgré la fatigue, si ce pouvoir était toujours là en dépit de ses crimes, pour effacer cette immondice du bras de son amie.

Tenant toujours son avant-bras d'une main, il amena l'autre au-dessus de la chair nécrosée et s'apprêtait à se concentrer sur son objectif immédiat quand Ivy le lui refusa, lâchant un « non » on ne peut plus clair, attirant les yeux bleus du chirurgien sur elle avec un froncement de sourcils caractéristique d'une grande incompréhension, sans qu'il n'ose répliquer cependant. Elle développa son refus, du moins en partie et il voulut s'y opposer, lui dire qu'il fallait tenter, qu'il pourrait l'en débarrasser peut-être, que ça pouvait être très dangereux de garder une chose pareille défigurant son bras, mais il n'était pas sûr alors de vouloir le faire.

Elle ne le souhaitait pas, elle était fatiguée, lui aussi, Elizabeth aussi, ils venaient de se retrouver et avaient tous besoin de décompresser, de profiter du soulagement que de telles retrouvailles avaient amené, contredire son choix risquait de la braquer et de ternir le bonheur - bien qu'il soit teinté de tragédie - de ce moment. Qui plus est, ils avaient eu assez d'émotions et de révélations sur ce qu'ils avaient tous les trois vécu, il ne pouvait pas insister sur cela, aussi gros que ça puisse être, maintenant. Le plus important était que son amie soit là, bien vivante, et si comme elle venait de l'affirmer, son pouvoir ne fonctionnait pas, ça risquait de broyer son moral et il ne le voulait pas. Il aura d'autres occasions de s'essayer à la débarrasser de son mal. Au lieu de ça, il laissait la jeune femme retirer son bras de sa main et en ramena les deux à ses cuisses, prenant appui en passant légèrement sa langue sur ses lèvres par sentiment de préoccupation et posait le regard sur le plancher de la chambre devant lui avant d'acquiescer plusieurs fois, lentement, aussi bien pour elle que pour lui-même.

« Ok, c'est toi qui décide. Si à un moment donné tu veux que l'on essai mon don pour ça, ou pour soigner autre chose, tu peux compter sur moi Ivy. »

Il redressa le visage en lui adressant un doux sourire, sous-entendant, plus que d'essayer de soigner cette étrange nécrose, d'essayer également de soigner ses yeux pourquoi pas. Il y avait pensé au dernier moment, mais c'était une expérience qu'il n'avait pas tenté et si cette possibilité se révélait réalité, il imaginait à quel point ça pourrait la soulager. Mais il ne l'y contraindrait pas ni n'essaierait de la convaincre avec appui. Ce choix, comme tous les autres, était le sien et c'était à elle de décider quand et si elle voulait tenter l'expérience. En attendant, il perçut davantage le poids de la fatigue maintenant que toute forme de tension avait pratiquement disparu et vint se masser les yeux en soufflant discrètement, puis ajoutait finalement avec une certaine lassitude mêlée pourtant d'une certaine joie, le plaisir de l'avoir retrouvé qui était encore et toujours vivace et qui saurait améliorer son propre moral à présent.

« On a eu beaucoup d'émotions pour un seul jour et tu as besoin de repos. Je vais aller entamer la garde, j'ai eu la mauvaise idée de la promettre à Melody, pressé que j'étais de te retrouver. Elizabeth peut rester avec toi et me rejoindre plus tard, vous avez sans doute envie d'en profiter un peu quand même. Dors, remets-toi au mieux de tout ça et demain on en profitera à nouveau. Je suis vraiment heureux que tu sois là, Elizabeth et toi êtes celles qui comptez le plus pour moi aujourd'hui, promets-moi que si tu dois risquer ta vie à nouveau, tu le feras avec nous. »

Il esquissa un sourire un peu plus grand, signe qu'il tentait d'alléger la situation par une petite plaisanterie à double-sens, car il avait réellement l'envie de ne plus la laisser affronter le danger sans lui et sans Elizabeth. A présent et puisqu'ils ne pouvaient échapper à tous les risques de cet environnement chaotique, autant que ces risques soient pris ensemble, pour se soutenir et se protéger les uns les autres. Il avait une confiance entière en ces deux femmes, son amie et son aimée, et même si il ne pouvait pas se mettre à la place d'Ivy pour savoir ce qu'elle avait vécu, ou pour comprendre tout ce qu'elle répétait de ce qu'avait dit ce Libérateur, un mot qui n'avait pas échappé à son écoute et n'avait pas manqué de titiller sa réflexion, bien qu'il n'insista pas là-dessus non plus.

Qu'elle nomme ainsi son ravisseur, celui qui lui avait fait du mal qu'il ne pouvait visualiser et dont le chirurgien ne pouvait pourtant que réaliser la portée dans une certaine mesure, il se doutait qu'il avait fait plus que de la torturer, il lui avait dit des choses qu'elle paraissait tenir pour acquis, croire peut-être et c'était là très inquiétant et dangereux. C'est une discussion qu'ils devront avoir, un autre jour, quand elle aura décidé de venir vers lui, pour décrypter les séquelles de son esprit et mettre la main sur ce qui l'avait gangrené, elle qui utilisait un nom très révélateur pour désigner son récent geôlier, que ça en faisait froid dans le dos.

Sur cette réflexion, il se redressa du lit, debout et se tourna vers Ivy pour venir se pencher et l'embrasser sur le front, faiblement et avec attention, des fois qu'elle ait une réaction brusque de refus même si elle l'avait prit dans ses bras un peu plus tôt. Il ne voulait pas la brusquer, d'aucune façon et il savait qu'à partir de maintenant, il lui faudra être attentif et soigneux dans sa manière de l'approcher, non pas comme un danger ou une bête de foire, mais au contraire comme une amie qui avait besoin de soutien et que l'on veille sur elle, sans ébranler son état moral et mental sans doute fragiles à présent. Qu'elle se remette, était tout ce qu'il souhaitait et c'est pour cela qu'un simple « bonne nuit » fut murmuré entre ses lèvres pour la saluer. Après quoi, adressant un regard affectueux et entendu à sa compagne, il se dirigea vers la porte de la chambre pour en sortir.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 22 Avr - 20:58
L’état de fatigue avancé d’Elizabeth la rendait plus que vulnérable sur le plan émotif. Elle venait de passer par de nombreuse phase, rebondissant à chaque instant sur de nouveaux sentiments. Soulagée, apeurée, heureuse, honteuse, coupable, triste, colérique, résignée. Un mal de crâne insidieux lui vrilla peu à peu ses tempes, et lorsqu’elle voulut insister, une appréhension certaine la prenant, son amie refusa tout type de soin pour palier à cette blessure, apportant une justification qui ne la rassura pas le moins du monde, bien au contraire. Comment pouvait-elle affirmer que tout allait bien alors que cette dette ressemblait un peu trop fort à l’aspect des rôdeurs ? Comment pouvait-elle donner crédit et confiance à un être aussi abject que ce Libérateur ?
Elle chercha à protester, mais le renoncement de James et le regard d’Ivy scella ses lèvres de la moindre parole, forçant son silence, plus triste que jamais. Ce regard semblait vouloir lui dire que c’était sa décision, que si elle jugeait qu’il en était ainsi, elle préférait qu’on n’insiste pas sur le sujet.
Les larmes continuaient de rouler sur ses joues sans qu’elle ne parvienne à s’en défaire, et surtout sans avoir la moindre volonté de le faire. Si les mots ne pouvaient sortir, elle exprimait sa peine d’une autre manière, malgré les gestes de son amie.

« Je serais là. » Confirma-t-elle à ses paroles, d’un sourire à la fois ému et triste. « Je ne te laisserais plus t’enfuir. Quoi qu’il arrive. »

Elle la serra à nouveau dans ses bras, inspirant profondément, gardant en mémoire ce qu’elle essayait de partager avec eux avant que James ne prenne à nouveau la parole. Elizabeth était restée plongé dans un long silence contemplatif, les bras toujours enlacé autours de son Ivy, une amie qu’elle n’aurait jamais espéré trouver ni dans ce monde, ni dans l’autre.
Elle ressentit néanmoins une légère pointe de jalousie qu’elle ne put taire lorsque le médecin déposa un baiser sur son front avant qu’il ne s’éclipse en lui portant un regard si doux que son cœur se déchira en deux : d’un côté elle crevait d’envie de le rejoindre, et de l’autre elle voulait encore rester auprès de la petite brune.

Pris d’une grande délicatesse, ses mains s’emparèrent du bras « blessé » de son amie, venant refaire le bandage autours de la grande tâche brune qui avait touché sa chaire, prenant le plus de précaution possible en dépit de son affirmation vis-à-vis de la douleur. Peut-être qu’elle déformait la réalité pour ne pas que ses amis ne s’inquiète, ce qu’elle comprendrait sans le cautionner, étant du mauvais côté de la barrière. Cela ne l’empêcha pas d’agir de cette manière, juste au cas où. Tout en effectuant ce geste, si la concernée la laissait faire, les yeux rivés sur ses doigts et son acte, elle finirait par murmurer, sur le ton de la confidence, d’une voix terriblement tendre.

« Tu sais… James et moi… » Elle laissa volontairement sa phrase en suspension, quelques secondes. Elle voulait que son amie le sache, et pas en l’apprenant bêtement au détour d’un couloir. Peut-être que les autres l’avaient déjà mise au courant, mais elle lui devait bien ça. « Quand on s’est retrouvé coincé dans l’avion, à l’aéroport, il s’est passé quelque chose de … vraiment très fort, entre lui et moi. »

Elle inspira profondément, relevant avant son visage vers elle dès qu’elle eut fini son pansement, pour fixer son regard dans ses prunelles noisette éclatant du reflet de lune.

« Nous n’avons entendu ton message radio que le lendemain… Alors, tu n’as pas à t’excuser, parce que ma culpabilité est sans doute plus grande que la tienne. Tu vivais l’horreur pendant que moi … je… »

Elle se pinça les lèvres, les mordants si forts qu’elles blanchirent rapidement, les sourcils plissés par le remord, avant qu’elle ne secoue la tête lentement.

« Chaque choix que nous prenons, chaque moment que nous passons, nous prenons des risques. Pour nous, pour nos proches. Ce monde est terrible, mais c’est sans doute lui qui a fait surgir la meilleure part d’humanité qu’il y avait en nous et que nous avions sans doute oublié. »

Elle profiterait des quelques dizaines de minutes que James lui aurait offert en compagnie de sa douce Ivy, à discuter de toutes les banalités possibles. De leur couleur préféré, ou de la crème glacée si elles le désiraient. Des banalités qui leur permettraient sans doute de rattraper le temps perdu, et de penser enfin à autre chose.
Et finalement, Elizabeth aura fini par laisser Ivy continuer de se reposer, retrouvant son James à l’extérieur, l’aidant à préparer leur veille et surtout, rattraper également le temps qu’ils avaient perdu ensemble.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 28 Avr - 0:57
Sans résistance, sans reculer, j’avais laissé le médecin barbu embrasser mon front avec délicatesse, si l’on omettait les quelques chatouillis picotant de ses poils drus, ne pouvant rien faire de mieux qu’esquisser un simple sourire satisfait de retrouver cette tendresse, cette inexplicable affection qui nous liait tous les trois. A son salut nocturne je n’avais répondu qu’un simple “merci” soufflé sur le même ton. Merci d’être revenus, d’être présents et d’avoir eu la délicatesse de ne pas me juger trop durement - ou simplement n’en avoir rien dit sur le moment. Merci aussi de prendre sur vos épaules fatiguées la charge de veiller sur le campement, sur nous, sur moi, avec la même humanité, le même altruisme qu’au premier jour.

Puis James quitta la chambre, me laissant en compagnie de celle que j’avais désirée revoir le plus intensément, de la première seconde au dernier souffle ; du premier souffle au dernier songe. Toujours sans offrir de résistance, maintenant que la menace d’une perspective d’acharnement mystico-thérapeutique venait de franchir la porte, j’avais laissé ma Liz’ s’occuper de mon bras souillé, remettant le bandage en place avec bien plus d’aisance que je n’y étais jamais parvenue jusqu’à lors d’une seule main. Et moi qui me prétendais habile de mes doigts...

Puis vint l’instant de la confession, si sincère, si complice et transpirant pourtant d’une culpabilité si palpable que cela me faisait mal au cœur d’en être la cause. Ma main droite vint trouver l’avant-bras d’Elizabeth, dans une légère pression, à mi-chemin entre la caresse et le geste de soutien, alors que mon regard partait à la recherche du sien, une nouvelle fois. Je lui adressais un sourire bien plus affectueux encore, s’étirant au travers du cadre larmoyant des sillons salés qui n’avaient presque pas tari.

“Il était temps,” lui avais-je soufflé sur un ton espiègle, empli d’une légèreté qui devait d’autant plus détoner avec la gravité qu’elle semblait afficher, mon sourire s’illuminant d’une étincelle taquine. “J’suis vraiment heureuse pour toi, pour vous.”

Et je l’étais réellement, heureuse. En ce seul et unique instant qui ne s’éternisa malheureusement pas alors que je sentais déjà poindre une légère envie au plus profond de mes entrailles. Impossible de déterminer si cette jalousie se destinait plus particulièrement à James et Elizabeth, ou si c’était plus une sorte de constat d’ensemble, un schéma relationnel que j’enviais non pas parce qu’il existait, mais parce qu’il m’échappait avec toujours autant d’efficience. Une pensée que je m’efforçais de faire taire le plus rapidement possible tant je la sentais déjà gâcher notre instant, à ma Liz’ et moi.

Rien, je n’aurais rien voulu laisser sortir ou penser qui puisse ruiner ce moment aux débuts rendus déjà bien difficiles par les confessions et histoires de chacun. C’est pourquoi je n’avais rien ajouter de plus aux derniers propos de ma Liz’. A vrai dire, j’avais du mal à discerner s’ils se voulaient plutôt optimistes ou au contraire parfaitement fatalistes. Mais du peu que j’en comprenais, je n’y voyais là que l’expression de la bienveillance naturelle de la belle brune qui au passage, ne pouvait pas s’accorder avec meilleur que James. Ils étaient faits pour être ensemble, ça crevait les yeux, même les miens, aussi profanes que désastreux se trouvaient-ils.

Pour autant, je n’avais rien constaté de ce monde qui ait pu faire ressortir chez moi une quelconque once d’humanité à l’égard de quiconque. Ni dans cette école, et encore moins depuis mon retour d’entre les morts  ; et même bien avant tout ce merdier apocalyptique, je n’étais pas franchement le parangon de l’humanisme. D’un point de vue parfaitement extérieur, je serais probablement la première à penser qu’il fallait m’abandonner sur le bord de la route, pour ce que j’avais causé, pour ce que j’étais même. De sombres pensées, muées en certitudes, que je gardais enfouies bien profondément derrière cette épaisse chape de bonheur qui m’avait envahi au point de ne plus cesser de déborder, de larmes de joie comme de légèretés.

Ainsi, je n’avais accordé qu’un bref hochement de tête d’acquiescement à la jolie brune en guise de réponse à ses mots, avant de bifurquer vers une discussion plus légère, destinée à combler le temps perdu, rattraper le temps passé et partager de nouveaux souvenirs, de nouvelles bribes de vie qui n’avaient d’importantes que les sentiments qu’elles portaient, transcendaient parfois. Des légèretés, des phrases qui n’avaient pas vraiment de sens, de but, mais qui d’une certaine façon se voulaient révélatrice d’une vérité toute personnelle. J’en avais un peu plein le cul de chercher un sens à chaque chose, alors je savourais la présence de ma Liz’ comme une véritable échappatoire, une bouffée de fraîcheur que je n’avais plus pu inspirer depuis…

Fin du jeu.
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