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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Le Salon - 22/02/35
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James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 2 Avr - 19:19
Interprété par James Everett et Melody Campbell.


Le silence de ce lieu était un véritable gouffre d'apaisement après ces jours passés, donnant au barbu la sensation que les choses retrouvaient un sens et cessaient d'être uniquement motivées par le chaos. Au milieu du salon, le fessier trônant sur une chaise entourant la table, proche de l'entrée qui se situait alors sur sa droite et face à la cuisine, il avait la mine basse et les traits marqués par un sérieux des plus entiers, sans que l'ombre d'un sourire ne vienne titiller son visage. Ses sourcils plissés depuis un moment maintenant, il fixait, regard baissé, le livre de foi qu'il tenait d'une main, le pouce maintenant l'ouverture, ses yeux parcouraient lentement les lignes de l'ouvrage multi-millénaire, la sainte Bible avec laquelle il avait eu tant de conflits au cours de son existence tragique. Son autre main était posée sur la table, mollement, l'index caressant légèrement le verre à moitié rempli d'eau qu'il s'était fait une heure plus tôt, une bouteille plastique d'où venait le liquide à ses cotés.

Le jour ne devrait plus tarder à se lever et après sa garde avec Elizabeth, tous deux s'étaient installés dans la première chambre à gauche des escaliers, où il s'étaient défaits de leurs affaires, le tout mit en vrac dans une armoire avant de s'installer dans le lit avec sa compagne pour profiter de lui et d'elle encore davantage. Cela faisait des mois, sans compter ceux qui avaient été effacés de sa vie dans sa mort, qu'il n'avait pas dormit dans un lit et il aurait voulu en profiter, de ce nuage de confort assurément, d'autant plus qu'il était exténué, mais il n'avait pas réussi. Profitant d'un câlin tendre et soulageant son fardeau, passant du temps dans la tranquillité à regarder, embrasser et caresser sa bien aimée qu'il avait tant convoité il n'y avait pas si longtemps, et qu'il avait craint de perdre il y a moins d'une-demi journée, ils avaient fini dans les bras l'un de l'autre et sa douce s'était endormie, elle en avait bien eu besoin.
Mais lui, n'avait pas réussi, malgré l'épuisement, il était resté éveillé, ressassant ces jours de désespoir, cet appartement miteux qui avait été son refuge, le visage de l'homme qu'il avait tué avant de le rejoindre, et qui avait agonisé sous ses yeux, et cette attaque désastreuse avant encore, ce visage, celui d'une femme, qu'il avait pulvérisé d'un coup de fusil à pompe et dont il avait vu l'intérieur. Une horreur, un désastre et un sentiment, celui d'être un monstre. Bien que ces individus l'avaient mérité, pour avoir été criminels et mauvais, même s'il agirait de la même façon s'il fallait recommencer pour sa survie légitime et celle de son groupe, il ne pouvait pas s'empêcher de revoir ce visage en miettes, troué, ces yeux manquants et cette boite crânienne à vif. Nul doute que son esprit embellissait ce qu'il avait cru voir, une façon d'accroître le dégoût et la terreur, et tout cela l'avait maintenu éveillé.

Alors il avait fini par redescendre, muni du livre récupéré dans l'armoire, faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller sa sirène d'ébène, parcourant les mots du Seigneur avec l'impression d'en être si étranger, que l'échec et la damnation paraissaient à la fois la réalité et son avenir. Quelque part, il y cherchait à affronter ses crimes, mais aussi à y trouver la miséricorde du Très haut, le pardon, pour n'avoir été qu'un homme faible comme tout autre souhaitant survivre et avoir été impuissant à trouver une autre solution, que celle de la mort. Une mort, qui ne cessait de le poursuivre quoi qu'ils fassent.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 2 Avr - 22:39
Des ombres ; deux voix masculines qui se mêlent et s'entremêlent autour d'elle ; son bras tendu qui cherche à atteindre une de ces ombres ; leurs noms sur le bord de ses lèvres qui refusent de sortir et d'être prononcés à voix haute ; des flashs lumineux lui laissant entrevoir la dure réalité, finalité ; le carmin qui prend le pas sur tout le reste. Un sursaut, une inspiration, un réveil la laissant couverte de sueur et assise sur son lit, la pièce qui tangue autour d'elle alors que ses sens s'accrochent à ce qu'ils perçoivent pour la tirer de son cauchemar. Les griffes de la nuit encore solidement ancrées sur chaque chose, le voile de noirceur qui menace pourtant de se déchirer de toute part en laissant sa place aux couleurs, celles de la vie, d'une nouvelle vie dans un nouveau monde. Elle tremble mais pas de froid non d'une douleur psychique, en proie à ses démons personnels qui la hante jour et nuit, un mouvement de travers et la douleur physique vient s'en mêler.

Elle tâtonne sur la table de chevet pour localiser le verre qui y trône, ses doigts se referment dessus, à peine soulevé elle sait qu'il est vide. Elle se mordille la lèvre en cherchant à faire le vide dans son esprit pour ne garder en tête que le prochain geste à effectuer, peine perdue elle n'a plus qu'à se lever. Un grognement de douleur roule dans sa gorge, qu'elle ne cherche même pas à étouffer, le seul qu'elle pourrait déranger à un sommeil de plomb et le second n'est pas dans la chambre, elle ne sent pas sa présence près d'elle. La veille au soir, elle ne s'est pas déshabillée avant de s'affaler sur le matelas, nouvelle pensée désagréable qui la fait soupirer.

Lentement elle sort de la chambre après et traverse le couloir avant de descendre l'escalier pour localiser sa boule de poil roulée en boule près de la porte d'entrée. Elle passe dans le salon et se stoppe en voyant qu'elle n'est pas la seule réveillée, le médecin est là attablé à lire quelque chose, elle reprend son avancée dans la pièce le saluant malgré tout au passage.

- Salut James.

Elle passe dans la cuisine, déposant son verre vide sur le comptoir avant de le remplir d'un peu d'eau ramenée la veille par elle ne sait même pas qui. Avalant le verre d'eau comme si à lui seul il pouvait lui faire passer et ses pensées et la douleur dans son bras, avant de reporter son regard vers le salon et vers James. Une phrase se mettant à tourner dans sa tête en observant l'homme "Love me, hate me, say what you want about me. But I do what I have to do" alors qu'elle lui demanderait bien de regarder son bras et son épaule avoir l'avis d'un vrai médecin même si elle ne doute pas que toute vétérinaire qu'elle était Ana a du la soigner correctement. Mais elle ne sait pas comment l'aborder, ni même si elle le peut avec ce qu'il y a eu la veille.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 4 Avr - 20:56
Resté plongé dans sa lecture, il n'avait à aucun moment fait attention au louveteau dans l'entrée et n'en avait toujours pas conscience. En revanche, il ne manqua pas l'arrivée de Melody, levant les yeux pour la voir se stopper, sans doute surprise de le trouver ici et ils croisèrent leurs regards, avant qu'elle ne continue ce qu'elle était venue faire. A son mot de salut, il ne put s'empêcher d'avoir un léger sourire en coin un peu triste, rien de négatif au contraire. Maintenant qu'ils avaient eu tout le temps de se poser - à défaut de pouvoir tous se reposer, les tensions avaient chuté et les sentiments, ressentiments et autres reproches s'étaient estompés dans l'esprit du médecin, faisant l'impasse lui qui avait bien assez à faire avec les reproches qu'il s'infligeait continuellement.

« Salut Melody. » Répondit-il d'un ton extrêmement calme, la voix peu portée et sa sonorité, si elle était amicale avec la jeune femme, trahissait tout même son air triste.

Pourtant, il n'y avait vraiment rien de cela envers la chasseresse. Revenant à son chapitre, il n'y resta que quelques instants avant de retourner à Melody, l'observant se remplir un verre d'eau, pour ensuite à son tour regarder dans sa direction. Avait-elle la même idée en tête ? L'idée de vouloir se réconcilier et aplanir ce qui avait été, au final, une histoire de circonstances malheureuses. En croisant une nouvelle fois son regard, il indiqua le bouquin qu'il tenait d'une main des yeux avant de le redresser quelque peu pour lui présenter le titre sur une couverture en cuir marronné : HOLY BIBLE. De l'autre main, il continuait à passer l'index sur son propre verre d'eau sans grand intérêt, simple geste d'occupation.

« La sainte Bible. » Entendit-il à nouveau, appuyant ses gestes avant de ramener l'ouvrage vers lui, le scrutant avec une réflexion profondément incertaine. « Le livre censé posséder toutes les vérités sur ce que nous sommes, ce que nous devons être et l'endroit vers lequel nous nous dirigeons. Je l'ai trouvé dans l'appartement où j'ai été coincé près du centre commercial. Cela faisait longtemps, il m'a aidé à ne pas péter les plombs pendant ces quatre jours. Mais... »

Il marqua un temps, ramena son regard bleuté et clair sur elle quelques instants, plissa les lèvres en mordillant l'inférieure les temps suivants avant finir par baisser la tête vers la table et y poser lourdement le bouquin en soupirant.

« Plus je le lis, plus je me sens éloigné de ce qu'il me dit. » Il changea de ton durant une partie de la suite, plus neutre, soutenant le fait qu'il récitait un passage en toute évidence avant de retrouver sa peine apparente. « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. Ça paraît si limpide, si facile et pourtant... depuis ce retour d'entre les morts, j'ai l'impression d'en être devenu incapable, de voir le mal partout. Chez moi, chez les autres, comme si une partie de moi était morte, la meilleur partie. C'est une torture au quotidien. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 4 Avr - 22:05
Topaze et émeraude se croisent malgré la pénombre régnant dans la demeure qui amoindri leur effet, leur propriétaire s'observant mutuellement avant qu'un premier geste ne dévie le regard porteur de l'émeraude vers le livre qui vient de se montrer. Fort heureusement le propriétaire de la topaze précise de quoi il s'agit, rendant concrète la vision de l'ouvrage qui sans cela serait resté un mystère malgré la courte distance les séparant. Elle repose son verre vide sur le comptoir de la cuisine avant de se décaler de derrière le meuble, se mouvant dans la pièce pour rejoindre l'homme présent. Le laissant parler sans l'interrompre, elle écoute la vision qu'il lui donne sur les saintes écritures, son regard passant du livre à celui qui le tient avant de doucement tirer une chaise de sous la table pour s'y asseoir. Ne se mettant ni trop près de lui pour ne pas gêner les deux périmètres de sécurité, ni trop loin pour ne pas le voir forcer sur sa voix alors que la maisonnée est encore endormie.

Il termine de parler, elle reporte son regard sur le livre avant qu'un soupir ne franchisse ses lèvres et si l'homme ne pouvait définir la sentiment porteur de ce souffle, il en aura peut-être la réponse en écoutant les paroles qui viennent ensuite.

- L'homme a toujours été ainsi, c'est une belle théorie qui pouvait encore être avant tout cela mais plus depuis le déclenchement de cette fin. On s'est toujours comporté comme des animaux mais encore plus depuis, oeil pour oeil, dent pour dent, plus de lois, plus d'ordre, plus de restriction. La nature reprend ses droits sur nous, Gaïa oeuvre pour nous ramener dans le droit chemin, sans doute trop tard. Ou alors Elle nous puni pour tout ce qu'on lui a fait.

Elle termine en haussant les épaules, prête à parier qu'il ne doit pas comprendre ce qu'elle vient de lui dire, peu de monde comprend la vision des choses qu'elle avait même avant cette apocalypse. Pourtant elle aussi croit bien en une entité supérieure mais pas celle communément admise par l'humanité, les religions elle ne veut tout simplement pas y croire alors qu'il y a tant d'exemples de guerres au nom d'une soit disant religion qui sert un Dieu. Mais ce n'est pas le principal alors qu'elle a l'impression que ça ne va toujours pas le faire.

- Par contre je ne suis pas d'accord, tu peux toujours aimer les uns et les autres, ce n'est juste plus aussi facile qu'avant alors qu'on doit maintenant se méfier de chaque inconnu, de chaque situation dans ce monde devenu une jungle. D'ailleurs, je suis désolée pour hier soir si je t'ai blessé ou peiné, ce n'était pas du tout le but voulu bien au contraire.


Elle qui aura laissé ses émeraudes sur le livre tout du long, les reporte enfin sur l'homme porteur des topazes, guettant ses réactions.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 5 Avr - 0:57
Le chirurgien lâcha un bref et peu convaincu rire mêlé d'un soupire, saisissant le verre d'eau qu'il amena près de ses lèvres en regardant devant lui avec un air morose.

« Ça ce n'est pas possible Melody. » Il se coupa la parole pour boire une faible gorgée d'eau, celle-ci passant difficilement à la vue de sa pomme d'Adam crispée et lente. « On ne peut pas aimer et à la fois se méfier de tout et tout le monde, ça ne peut être que malsain et au final... tout ce qu'il y a de plus faux, le genre de chose qui se terminent mal. »

Il reposa le verre qui cogna la table boisée, plissant le nez en reniflant légèrement, ce dernier commençant à piquer avec le manque de sommeil, avant de se passer la langue sur les lèvres avec retenue, se redressant davantage sur sa chaise pour poser les coudes sur la table et entourer le verre de ses bras. Il vint se pencher au-dessus sans plus s'y intéresser tandis que son regard arpentait l'émeraude de celui de Melody avec certitude dans le propos réaliste qu'il venait lui tenir.

« Que l'on soit face à une personne connue ou inconnue, que l'on croit en Gaïa, en Dieu ou en autre chose, au final, c'est juste nous avec nous-même. Ce que l'on veut devenir, où on veut aller, pourquoi on fait ce que l'on fait, quel intérêt on a à le faire. A quoi ça sert de vivre si c'est pour craindre tout ce qui existe, s'isoler des autres parce que l'on a peur de souffrir ou d'être tué. La loi de la jungle, c'est une loi comme une autre qui s'adopte, on l'a déjà transgressé, toutes les lois se transgressent.

Prendre les droits de la nature sur nous, croire que la nature est forcément fondée sur le nihilisme, c'est sans doute ce genre d'erreurs qui nous a valu d'en arriver là, en tout cas une partie. Je ne sais pas si c'est mérité à grande échelle, je n'aurais pas la prétention de le dire, mais je sais qu'il y a des personnes ici qui ne le méritent pas et même si j'ai du mal à aimer à nouveau, je vais tâcher d'essayer. Et on verra bien. J'ai été obligé de tuer des gens et j'ai vu une de ces personnes que je venais d'abattre agoniser sous mes yeux, et au final philosophie ou non, je sais seulement que je ne veux pas être juste un survivant, ça n'aurait pas de sens, survivre pour survivre, c'est comme manger juste pour se nourrir, sans l'intérêt des saveurs et du plaisir, la vie serait bien trop fade et... vide. »


Il avait passé le regard de Melody à la cuisine, dans le vague, clignant lentement des yeux par moments, sous l'effet de la fatigue, des fatigues, pressant ses lèvres en inspirant par les narines et glissant son regard pensif sur la table, il finit par revenir à la chasseresse mais s'attardait plutôt sur son bras en écharpe, signe d'une blessure qui mériterait peut-être qu'il use de ce don qui lui avait coûté si cher. Maintenant qu'il était là, lui et ce don, s'en servir devait sans doute s'imposer comme une évidence, faire profiter autrui comme il ne pouvait pas en profiter.

« Et je suis désolé moi aussi, je ne voulais pas te rejeter aussi durement. Ces retrouvailles n'étaient pas aussi heureuses qu'on l'aurait voulu. » Posant les yeux sur ceux de Melody puis de nouveau à son bras avec un inévitable intérêt, il fit signe du menton vers ce dernier. « Tu as été blessée. Tu veux que je regarde ça de plus près ? Je pourrais utiliser mon... pouvoir. Etant donné tout ce que ça nous a déjà coûté pour l'avoir, mieux vaut s'en servir quand il peut être utile. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 5 Avr - 11:06
Un bref rire secoue le médecin, la brune le regarde et l'écoute et ne le comprend pas, pourquoi dire que c'est impossible alors que...un nouveau soupir franchit ses lèvres, c'est peine perdue et pourtant elle sait qu'elle va malgré tout lui répondre et tenter de s'expliquer. Elle le laisse pourtant parler ne venant l'interrompre que lorsqu'il reporte son regard azur vers la cuisine avant de cligner des yeux. La fatigue sans doute, tout le monde l'est, la lassitude peut-être aussi en tout cas Melody l'est surtout avec la journée d'hier et la nuit qui ne la laisse pas en paix.

- Pourtant avant tout ça, tu n'aimais pas tout le monde, tu avais les personnes proches de toi que tu aimais et il y avait le reste du monde, de nos jours c'est pareil.

De nouveau elle hausse les épaules ce qui cette fois lui vaut un grognement de douleur, son épaule et son bras gauche n'aimant pas du tout qu'elle les sollicite même pour un petit geste anodin. James lui fait des excuses pour la veille avant de lui parler de ses blessures, par réflexe même s'il est inutile, elle reporte son regard un bref instant sur son bras avant lui répondre.

- Je veux bien que tu regarde oui même si Ana est venue hier matin pour vérifier mon état, pas que je n'ai pas confiance mais elle était vétérinaire avant. Quant à ton pouvoir, seulement si tu as dormi, je sais à quel point s'en servir est fatiguant.

La brune approche légèrement du barbu lui laissant ainsi tout le loisir de lui ausculter le bras et l'épaule. Ses pensées la travaillant c'est sur le ton de la confidence qu'elle reprend la parole.

- Mais peut-être que ma vision des choses n'est pas juste finalement, j'ai toujours été une solitaire à m'isoler des autres par choix, j'ai fini par ne plus compter que sur moi même. Enfin presque, il y avait...il y a mon frère aîné et il y avait mon mari et mes parents dans une moindre mesure. Je suis ainsi pas parce que je ne ressens rien, au contraire même, je ressens trop facilement les choses, les sentiments des autres que ça soit la joie, la colère ou la tristesse, pour me protéger oui sans doute et ne pas souffrir. Tellement de souffrance dans ce monde, de jugements et il n'y avait qu'avec Matt où je me sentais totalement moi même et libre de l'être.


Elle s'arrête de parler la gorge serrée à l'évocation de son frère, première fois d'ailleurs qu'elle se risque à parler de lui à quelqu'un depuis son réveil même si elle a évoqué son existence à Matthew il y a quelques jours de cela. Déglutissant avec difficulté, elle essaye de reprendre le fil de ses paroles ou plutôt de ses idées qui lui font changer de sujet.

- Tu n'as pas à t'excuser pour hier, j'aurais peut-être pas du te mettre sur le même pied d'égalité que Jena, pas de cette façon, je voulais juste éviter que les choses empirent si elle te répondait. Pour l'avoir vu faire, l'avoir subit surtout, elle est très cash et elle a le don pour frapper là où ça fait mal, pour titiller les gens à leur faire perdre le contrôle. Je suis partie peu après toi et Liz hier soir, j'ai juste entendu les éclats de voix mais elle s'est défoulée sur Johann je crois bien...

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 5 Avr - 20:24
James observa longuement Melody sans intervenir dans ses paroles, acquiesçant par moments. Oh il y aurait tant à discuter mais ce serait mentir que de dire qu'il avait la capacité mentale de le faire, d'organiser des idées ou de creuser des débats sur le sens des sentiments, de la proximité avec autrui et de la nécessité dans la survie, ce qui doit l'être et ce qui est prétexte. Il prit pour autant en compte tout ce qu'elle lui dit, notamment à propos d'un certain Matt dont il gravait le nom, sans savoir s'il s'agissait de son frère ou son mari, elle en tenait des mots très personnels et nul doute qu'elle souffrait encore de cette perte.

Perdre sa famille, ce devait être terrible à vivre, heureusement et malheureusement, il n'avait pas eu l'occasion de perdre de la famille, mais il avait perdu Jessica et si leur relation n'avait pas été tout à fait la même, il revoyait le visage angélique et affectueux de cette jeune femme avec qui il était parvenu à ne rien cacher de lui-même, partager des choses qu'il n'avait osé avant cela et ressentir un attachement sans borne. Sur tout cela, il ne pouvait que comprendre la brune et y adhérer, sans rien ajouter pour autant et là encore.

A son accord pour lui apporter quelques soins, ne prenant pas en considération en revanche le soucis qu'elle entendait vis à vis de lui et son état de fatigue, certain qu'elle lui refuserait cette bonne action s'il lui disait qu'il était épuisé, il se contenta d'opiner du chef avec un sourire en coin et de se lever de sa chaise pour s'approcher de Melody qui s'était légèrement avancée, la scrutant un instant pour s'assurer qu'elle n'aurait pas de mouvement instinctif de recul avant de lentement amener ses doigts jusqu'à son écharpe pour la défaire.

« Je me méfie de cette fille, Jena. » Répondit-il finalement sur le dernier sujet qu'elle avait abordé tout en s'intéressant à ce qu'il faisait, achevant de retirer l'écharpe sans oser toucher davantage ses vêtements, patientant qu'elle présente d'elle-même sa blessure sans risquer de brusquer d'aucune façon le processus. Il s'accroupit près d'elle en patientant, le regard  porté distraitement vers la cuisine pour ne pas la gêner jusqu'à ce qu'elle ai retiré son haut quand elle l'aurait décidé. « Elle n'est là que depuis trop peu de temps, elle n'a pas vécu ce que nous avons vécu et sa façon de vouloir s'imposer, se responsabiliser vis à vis de tout le monde et peut-être même commander, en se considérant la plus à même de s'en sortir qu'elle nous en donnerait des leçons, puisqu'elle paraissait certaine qu'elle tiendrait l'arme qui nous abattrait si nous devions y passer aussi, je n'aime pas ça.

Quand une personne veut trop en faire et trop vite de cette façon, marcher au rentre-dedans et se rendre indispensable coûte que coûte, ça cache généralement des intentions autrement moins honorables, même malsaines et dans tous les cas c'est arriviste. L'expérience a démontré que l'arrivisme est au bout du compte égoïste et souvent sans fond solide. Je doute qu'elle ai aucune considération pour les membres du groupe en l'état, le peu que j'en ai vu me laisse croire qu'elle nous voit comme des soldats à remettre dans le rang. Et encore une fois avec sa récente arrivée, c'est le genre de comportement très déplacé qui passera mal, très mal et c'est pour elle que je dis ça. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 5 Avr - 21:00
Melody laisse le médecin approcher d'elle sans réagir si ce n'est pour le regarder faire, sachant que si elle ne se tient pas tranquille la douleur va de nouveau se réveiller. Sans compter qu'elle va déranger James dans ce qu'il a à faire et qu'il n'a pas besoin d'avoir une patiente délicate ou difficile à soigner. Elle reste sans bouger le temps qu'il défasse l'écharpe puis l'ôte même si elle manque avoir un mauvais mouvement quand il lui donne son avis sur Jena. Quant à ses blessures, celle de son bras est visible facilement puisqu'elle porte un tee-shirt pour son épaule c'est autre chose, la manche de son haut toute courte soit-elle empêche James de la voir directement.

L'homme déportant le regard en continuant ses explications pendant qu'elle l'écoute et avant qu'il ait terminé, la brune ôte son tee-shirt, même si elle n'est pas pudique heureusement qu'elle avait réussi - après moult galère - à remettre son soutien-gorge. Prenant son haut, elle le plaque devant elle de sa main valide, non pas à cause de James qui pourrait la voir mais par prudence anticipée à l'idée que quelqu'un ne débarque dans le salon. Après tout il est médecin, il a en vu d'autre, ce n'est pas de lui dont elle a besoin de se cacher. Enfin le résultat est là, James va pouvoir examiner les deux blessures par balles et les sutures qu'Ana a faite avant de remettre un pansement sur chaque.

- En effet elle n'a pas vécu de résurrection comme nous, tu as sans doute raison mais je me dis aussi qu'elle ne sait peut-être pas quelle place occuper dans le groupe. Cela a dû être une horreur pour elle de survivre pendant tout ces mois, voir le monde s'écrouler un peu plus à chaque journée, plus que nous on a pu le voir.


En disant cela Melody montre à James à quel point elle a du mal à voir le mauvais côté de certaines personnes, ce qui peut être contradictoire avec la méfiance qu'elle montre envers les personnes. Mais qui explique en même temps pourquoi justement elle se montre méfiante, elle sait qu'elle peine à le faire en temps normal et donc elle exagère les faits pour se protéger de toute mauvaise surprise. Finissant par reporter son regard sur son bras puis sur James, c'est avec un léger sourire qu'elle lui demande.

- Alors c'est grave Docteur ?

Un moyen de changer de sujet à défaut de détendre l'atmosphère, bien que cette option reste valable, Melody trouve qu'elle a bien assez parlé d'elle comme cela. Mais aussi parce qu'il vaut mieux qu'elle arrête de parler de confiance, de méfiance surtout depuis qu'elle a revu Matthew  qui est sans doute encore plus parano qu'elle ne peut l'être et qui l'a -soyons franc- contaminée sur sa vision de choses. En même temps comment ne pas l'être alors qu'il y a un traître parmi eux et qu'il pourrait même s'agir du moins soupçonnable de tous, à savoir celui à côté d'elle : James.

James F. Everett

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Invité
Mer 6 Avr - 16:26
« Là est tout le problème. » Répliqua James à sa réponse. « Les gens ne sont pas tous mauvais ou excessifs par défaut, c'est le vécu qui les poussent à le devenir, la question c'est : jusqu'où le vécu excuse t-il nos choix et nos actes, quand ils nuisent aux autres. »

Ces mots ils ne les tenaient pas vis à vis de Jena en particulier, bien qu'elle avait été le sujet de conversation, mais d'une manière très générale et c'était aussi bien le cas pour les autres que pour eux-même, que pour lui-même. Ce qu'il avait fait, le hanterait sûrement pour le restant de ses jours mais au final, aurait-il pu faire autrement ? Quelles autres options avait-il eu hormis celle d'être tué ou pire, capturé ? Au fond, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander s'il n'aurait pas été en mesure de négocier avec ces agresseurs, de trouver un terrain d'entente aboutissant à la paix, s'ils s'étaient donné le temps de parler. Quand des hommes vous agressent, le premier instinct est de répliquer car la retenue dans un monde comme celui-ci n'était plus de mise. Pourtant à bien y regarder, les raisons qui poussaient à la violence ne relevaient pas toujours de la haine ou de la convoitise, parfois il pouvait s'agir d'une erreur, d'un quiproquo, d'une méprise, même dans des circonstances aussi extrêmes que celles qui régissaient à présent leur quotidien. De ce fait, faire le bon choix entre ce qui est juste et ce qui est nécessaire relève le plus souvent de l'impossible.

Melody semblait vouloir laisser le bénéfice du doute à Jena, montrer qu'elle voulait en voir le bon coté, ou auquel cas excuser son comportement, c'était là quelque chose qui s'imposait comme si contradictoire avec son manque de confiance clamé depuis le début, qu'il en venait à se demander si elle évoluait dans le bon sens ou si ses pensées reposaient réellement sur une contradiction qu'elle ne parvenait pas à démêler. Si la situation avait été plus légère, il aurait pu taquiner la chasseresse en affiliant ses contradictions à son esprit bien féminin, le genre de préjugé qui dans son cas était bon enfant et à bien des égards, comme la plupart des préjugés en réalité, se retrouvait tout aussi bien chez celui qui l'exprime que chez celle qui est concernée, car ce genre de paradoxe était aussi inhérent à l'homme qu'à la femme, que ce soit dit. Malheureusement la situation n'était pas légère et tandis qu'elle lui exposait ses blessures, il vint observer sa peau et les dégâts qu'il n'eut pas grand mal à attribuer à des balles projetées d'une arme à feu, faisant fi du reste de son corps.

Il se redressa un peu plus sur ses genoux et se rapprocha, se retrouvant alors à quelques centimètres de la brune tout en venant examiner attentivement l'état de ses blessures, il amena ses mains et posa légèrement quelques doigts autour de la plaie recousue de son épaule pour se faire une idée plus précise au toucher.

« Ça n'a pas l'air grave. » Répondit-il avant de faire une légère grimace. « Mais c'est loin d'être anodin, il faudra du temps et exclusivement du repos pour que ça cicatrise, avec l'attention régulière d'un médecin pour que ça puisse surtout se soigner correctement et même dans ce cas, tu pourrais avoir des séquelles mineures. Heureusement, je ne suis pas un médecin tout à fait ordinaire. »

Il avait terminé en laissant un doux sourire un poil amusé se dessiner sur ses lèvres, obtenant un certain réconfort et un bien-être à retrouver son statut de soigneur sollicité et apprécié, se rendant compte qu'au final, il n'avait jamais été aussi utile et efficace que dans ce domaine et au jour d'aujourd'hui - formulation répétitive inutilement certes - la vie lui avait donné un argument de poids sous la forme d'un don allant en ce sens, qu'il prenait conscience, n'avait pas considéré comme il aurait du. Il comptait bien se rattraper. Il passa à l'examen de la blessure au bras, qu'il conclut rapidement similaire mais prit son temps et en profitait pour revenir à leur première discussion.

« C'est louable de se dire que Jena a du souffrir et que dans un sens ce n'est pas sa faute, je le comprends et crois-moi je n'en pense pas moins, je ne dis pas non plus que ses intentions sont forcément mauvaises, mais... » Il soupira ostensiblement en marquant un temps. « On ne peut pas et se méfier des autres, et chercher leur bon coté. C'est très fataliste comme raisonnement je sais bien, malgré tout il faut faire un choix. Faire confiance aux autres, croire en eux et en ce qu'ils ont vécu, ou s'isoler et s'y refuser pour se protéger. Je ne sais pas encore de quel coté je me situe, j'aimerais pouvoir faire confiance simplement, croire que nous sommes encore assez bons pour ambitionner une existence paisible, dans l'entente et le respect mutuel. Il va me falloir du temps et de la réflexion. Quelque soit ce choix, j'ai bien conscience qu'il sera faillible et ça, c'est inévitable, c'est notre lot non ? »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mer 6 Avr - 20:18
Sacré question que James pose là et qui mériterait bien de la réflexion pour pouvoir y répondre, bien qu'elle soit assez similaire avec l'adage d'avant l'apocalypse : "La liberté des uns s'arrête là ou commence celle des autres". Enfin similaire dans l'idée parce que bien sûr en pratique cela n'est pas la même chose du tout mais en même temps Melody n'est pas persuadée que Jena puisse nuire aux autres hormis par ses paroles. Oui vraiment elle la voit comme cherchant sa place, chose que d'autres font aussi et avec lesquels cela ne passe pas du côté de Melody mais Jena a au moins le mérite de ne pas rester à pleurer sur son sort et elle participe activement à la vie du campement. Peut-être mal mais elle le fait. Oh bien sûr ce que vient de dire James peut s'appliquer à tout un chacun mais la brune n'a pas la force d'y songer pour le moment alors qu'elle est déjà repartie dans d'autres réflexions et des souvenirs pas si lointains que cela.

Au moins le fait que le médecin observe ses blessures l'empêche de réellement partir sur ses théories sans doute sans queue ni tête mais qu'elle ne peut s'empêcher de faire. Sa peau tressaillant légèrement quand il lui touche la peau si près de la blessure, devant se faire violence pour ne pas retirer son bras, anticiper une éventuelle douleur en faisant cela n'a jamais servi à rien même si cela relève plus du réflexe que du geste réfléchit. Répondant à sa tentative pour détendre l'ambiance d'une manière fort sérieuse, allant même jusqu'à avoir une petite grimace, elle hausse un sourcil avant de l'écouter livrer son verdict.

- Cela tombe bien que tu sois médecin alors, tu pourras me garder à l'oeil. Mais quand tu dis médecin pas ordinaire, tu fais référence à ton pouvoir ou à avant tout ça ?

Question légitime s'il en est après tout ils savent tous que James était médecin mais pas de quelle manière il exerçait, ni s'il avait une spécialisation. Enfin certains ou plutôt certaines les savent sans doute mais pas Melody. En tout cas elle apprécie de le voir se détendre en ayant dit cela avec un léger sourire même si cela ne dure pas et que James revient sur le sujet de Jena en ajoutant de nouvelles choses. Terminant sur une nouvelle question qui pourrait être rhétorique comme ayant besoin d'une réponse, la brune en a une petite moue alors que ce qu'il vient de dire fait écho en elle de bien des manières.

- C'est bien ça le problème, pour ma part je suis entre les deux, je voudrais essayer mais je m'en empêche en même temps. Je sais que tout ce que j'ai dit peut sembler contradictoire mais c'est justement à cause de ça et du fait que sans doute possible j'exagère la méfiance que je peux porter aux gens. Pour ne pas avoir de mauvaises surprises, pour ne pas souffrir.

Oui elle est dans un bon gros dilemme qu'elle aurait peu-être résolu en optant pour s'isoler si là encore Matthew n'était pas venu semer la zizanie dans ce qu'elle peu bien penser. Mais sans doute accorde t-elle trop d'intérêt aux paroles du beau chasseur qui voulait qu'elle cesse de se méfier des autres alors que lui ne pourrait pas le faire. Dès qu'elle aura l'occasion de le revoir et si elle n'a pas plus urgent, elle devra lui en reparler, lui demander certaines choses.
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