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Ils vinrent par cinq fois - 18/03/35
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Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Lun 4 Avr - 14:33
Interprété par Matt Campbell, Cassandra Johnson, Kaitlin Cooper, Armstrong Wyclif, Koda Kaminaka, Melody Campbell et Jena Higgins.


Il ronronnait, le moteur de la Ford F-150 du vieil homme. Installé en conducteur, celui-ci gardait les yeux généralement rivés sur la route qui défilait alors qu'ils venaient de s'éloigner de la ferme de kilomètres entiers vers le sud-est. Parfois, il jetait un coup d'oeil à son rétroviseur, bref mais attentif, pour vérifier l'état des trois individus assis à l'arrière, soient Cassandra, Kaitlin et Matt, et à d'autres, il jetait un coup d'oeil à Armstrong qu'il avait voulu devant, du fait de sa corpulence plus importante, question de place.

A l'extérieur, il pouvait voir Ricky, le jeune cowboy au chapeau bien vissé sur le crâne et attaché sous le menton pour qu'il ne s'envole pas au gré du vent, un vent qui soufflait à bien dix kilomètres à l'heure, pour un ciel ensoleillé avoisinant les quinze degrés en ce lundi dix-huit Mars. Prenant le vent de plein fouet, ce qui l'obligeait à plisser les yeux pour maintenir sa vue, il faisait gronder - le cul assis sur - sa Yamaha YZF-R1 noire, ou plutôt celle que Nelson avait retapée et lui avait confiée, avec derrière lui, Koda la jeune femme aux traits exotiques pour un endroit comme le Texas. Si du coté de Koda, le vrombissement important de la moto et le souffle du vent composaient tout ce qu'il y avait à retenir de son voyage en dehors de l'environnement, dans la voiture c'était plus tranquille.

Nelson, après environ dix minutes de route durant lesquelles il avait gardé le silence, finit par décrocher une main du volant pour allumer la radio sur une musique enregistrée qui commença pratiquement au milieu, Blue Moon d'un certain Dean Martin, chanteur que le vieux fermier affectionnait particulièrement et qui par cette musique, installait dans le véhicule une ambiance plus sereine et laissait s'insinuer une tranquillité d'autant plus bienfaisante en ce moment de tensions. Du moins c'était là son but. Car le groupe longea une longue route sur une totalité de dix kilomètres, plus ou moins, avant de se déporter sur la droite à proximité de la ville, poursuivant son chemin sans y entrer, restant à bonne distance par l'Ouest jusqu'à ce qu'une forêt soit en vue au loin.

Lorsqu'ils arrivèrent sur la pleine plaine, laissant la ville dans leur dos, ils tournèrent sur leur gauche, laissant de nouveau la ville en vue sur leur gauche également, qu'ils avaient donc contournée et grimpèrent sur une route qu'il n'empruntèrent pas, continuant de couper par la plaine en remontant sur leur droite, jusqu'à trouver une petite route de campagne qui les amena, au bout d'une nouvelle distance plus difficile à quantifier, à l'entrée d'une zone résidentielle éparse en extérieur de Snyder. C'est seulement là, retrouvant un accès bétonné plus agréable, que le fermier se décida à briser son silence très volontaire jusqu'ici, entendant de sa voix grave et fortement posée :

« Il y a certaines choses que vous devez savoir avant que nous arrivions. » Il marqua un bref temps avant de reprendre, ne quittant plus la route des yeux. « Ces gens, dont Melody, ont vécu la même chose que vous mais certains, voire la plupart, n'ont pas eu le même confort que vous avez eu, ni le temps de comprendre ce qu'il se passait, même parmi ceux tombés à ma ferme, je n'ai pas toujours été aussi avenant et compréhensif de ces apparitions inexplicables. Cela fait des mois maintenant qu'ils survivent en s'aidant les uns les autres, mais ne nous le cachons pas, beaucoup sont morts entre-temps, parfois très rapidement.

Ils ont du affronter des choses terribles, faire des choses très difficiles, je ne garantirais pas qu'ils soient avenants et qu'ils apprécient particulièrement de vous rencontrer mais quoi qu'il arrive, vous devrez être indulgents. Ce que vous partagez avec eux, vous donne une légitimité que vous ne trouverez pas ailleurs, vous et eux avez toutes les raisons de vous entraider et pour cela, il faudra savoir vous rendre utile, pas forcément indispensables mais utiles et leur montrer que vous avez votre place. Les morts, les vivants peu scrupuleux, la faim, la maladie... bien des choses sont pénibles à présent, s’accommoder d'un groupe en fait partie et pour cela, chaque concerné doit être conciliant. Le respect et l'écoute seront indispensables pour qu'un groupe soit fort dans les épreuves. Prenez compte de cela. »


A l'extérieur, Koda avait droit à quelques mots aussi, mais d'une voix qui se fit forte de la part du jeune homme qui tournera la tête plusieurs fois sur le coté pour mieux se faire entendre avec le bruit conséquent de la moto elle-même en plus du vent qui se déchaînait avec la vitesse.

« On va arriver ! Tu vas voir, beaucoup peuvent être très sympas mais s'ils se montrent pas super cool, le prend pas mal ! Un paquet d'entre eux ont pas eu un réveil aussi tranquille que celui que vous avez eu et depuis qu'ils sont là, ils en ont prit plein la gueule, beaucoup sont morts, la vie a vraiment pas été chouette avec eux ! Alors fais leur connaissance, pose toi et montre que t'es pas juste un boulet venu les emmerder ! Chacun a sa place pour peu qu'il se bouge le cul et tu verras qu'il vaut mieux être avec eux, même si c'est pas toujours la joie ! Vu que vous avez tous vécu à peu près la même chose, ça donne deux fois plus de raisons de se démerder ensemble qu'avec des gens qui comprendront pas ce que vous êtes et qui risquent de flipper sévère ! »

Peu après la fin de leurs discours très différemment formulés, le vieux Nelson et Ricky sur sa moto qui venaient sur son coté droit se mirent à freiner à l'approche d'une propriété qui se dressait droit devant eux et qui dénotait totalement avec l'idée que l'on pouvait se faire d'un camp de survivants : une propriété résidentielle composée d'une grande maison familiale de style commun, de son jardin, un garage et un petit bâtiment sans doute à usage d'écurie pour un animal il y a longtemps. L'on y voyait pas de protection particulière ni même de barrière ou de guet, la cour ouverte et accueillante, présentait déjà un véhicule contre le bâtiment de gauche et quand la Ford entra dans cette fameuse cour, ils purent distinguer une caravane coincée entre le garage et la maison sur la droite, ainsi que deux tentes entre le petit bâtiment et la maison, au-delà du véhicule sur la gauche de modèle Chrysler 200.

L'un après l'autre, ils stoppèrent leurs véhicules côte à côte et Nelson fit taire le moteur d'un coup de clé, tandis que le cowboy faisait de même en y ajoutant le pied à redresser pour maintenir le deux roues sur place.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Lun 4 Avr - 19:55
Trois semaines infernales… Trois semaines durant lesquelles nous avions été les prisonniers des morts, durant lesquelles, sans nous infecter pour autant, ils nous avaient contaminé de leur faim insatiable. Il s’en était fallu de très peu pour que nous en réchappions, saufs. Quant à prétendre sains… Très personnellement, j’avais fondu comme neige au soleil, moi qui n’étais déjà pas bien épaisse à l’origine, tout comme mon moral et mes espoirs. Ce ne fut que lorsque les morts avaient fini par se disperser que je m’étais permise de penser à l’avenir de nouveau, à croire que la situation pouvait changer, la fortune nous sourire, même timidement.

Puis il avait fallu ressortir, nettoyer les alentours du périmètre de la maison des rôdeurs qui continuaient leur errance, avec toute la discrétion que me conférait le silencieux de mon arme ; remettre les choses un minimum en ordre, éviter à tout prix d’être de nouveau les victimes de cette horde, quand bien même rien ne pouvait l’arrêter. Notre situation se voulait plus que précaire, pour ne pas simplement dire désastreuse. Notre champ d’action, de plus en plus restreint, tout comme notre droit à l’erreur qui se révélait encore plus mince.

Le front en sueur, malgré la fraîcheur de l’air et le léger vent, je laissais reposer celui-ci sur le dos de mes mains croisées sur la queue du manche de pelle, reprenant mon souffle quelques instants au bord d’un large trou que j’avais commencé à creuser, quelques cadavres de rôdeurs déposés non loin et attendant d’être inhumés. Une tâche harassante, mais nécessaire pour éviter de laisser des cadavres pourrissants tout autour de notre demeure. Raison d’hygiène, raison de discrétion aussi. Des zombies morts révélaient nécessairement la présence d’être vivants, aptes à se défendre, aux alentours et nous n’avions pas besoin d’attirer l’intérêt des vivants en plus de celui des morts. Nous avions, j’estimais, bien assez d’emmerdes comme cela.

Une décision que j’avais prise de ma propre initiative, puisque je n’avais toujours pas reçu d’instructions particulières au sujet de mes occupations quotidiennes, ou des diverses tâches à réaliser. Et puis il fallait bien admettre qu’hormis buter des Z et pousser des gueulantes à qui venait me chatouiller, je ne prétendais guère à d’autres fonctions dans ce groupe.

Mais plus que le besoin de reprendre mon souffle entre deux pelletées, ce fut plutôt les vrombissements lointains de moteur résonnant à travers la plaine qui me poussa à abandonner ma tâche. Portant un regard inquiet et fortement soupçonneux en direction du bruit, il ne m’avait fallu guère plus de quelques secondes pour comprendre que ça venait vers nous. Bien rapidement, j’avais rejoint la baraque, avertissant qui voulait bien l’entendre que quelqu’un approchait avant d’aller m’emparer d’une arme plus menaçante dans le débarras.

Le temps de ressortir, ayant troqué la pelle contre un fusil à pompe, et j’avisais un pick-up ainsi qu’une moto garés dans la cour. Un homme âge au volant de la Ford, un bien plus jeune avec un chapeau de cow-boy descendant de moto, et toute une flopée de visages inconnus garnissant les sièges passagers. Ces inconnus ne s’étaient pas montrés menaçants, mais la méfiance que je portais envers eux n’en restait pas moins pleine et entière. Bien évidemment, je devinais, sans pour autant en être certaine, qu’il devait s’agir là du fameux Nelson, le fermier grossissant les rangs de nos effectifs de nouveaux ressuscités. Pour autant, j’espérais de tout coeur que ce n’était pas le cas, surtout en voyant tous ces visages inconnus, comme autant de nouvelles bouches à nourrir alors que nous venions de passer trois semaines à crever de faim.

Le fusil niché entre mes mains, le canon pointé vers le sol malgré que mon index droit ne soit situé qu’à quelques centimètres de la détente, la main gauche rivée contre la pompe d’armement, j’avais franchi le perron de la maison et fait quelques pas en direction de la Ford, le visage légèrement incliné sur la droite en détaillant le véhicule et ses occupants derrière les verres fumés de mes lunettes.

“Monsieur Wallace, je présume !?” avais-je fini par demander à l’intéressé d’un ton monotone, campée bien droite sur mes deux guibolles, le visage clairement fermé et assez peu avenant à leur encontre.

Matt Campbell

Anonymous
Invité
Lun 4 Avr - 23:22
Tout au long du trajet, l’aîné Campbell s’était voulu discret au possible, son regard émeraude se perdant dans le vague des paysages défilant par la fenêtre. En proie à ses pensées, son coeur battant la chamade à l’idée d’enfin pouvoir retrouver sa soeur après toutes ces semaines passées à n’avoir aucune nouvelle d’elle, il comptait les minutes et les kilomètres avec une impatience sans commune mesure. Même la musique calme et apaisante s’échappant du poste radio n’avait pu l’arracher à cette impatience, calmer sa fébrilité. L’archéologue pourtant si habitué à voyager et couvrir de grandes distances, parfois sur des routes bien plus désagréables et à bord de véhicules plus astreignant, n’en pouvait plus de compter les kilomètres qui le séparaient encore de Melody.

Il avait passé presque trois semaines complètes au sein de cette ferme, parmi ces gens au demeurant fort sympathiques et bienveillants, mais qui n’avaient jamais caché vouloir se libérer de leurs présences à tous, depuis le premier jour. Et pourtant, cela s’était éternisé plus que de raison pour Matt. Il avait presque maudit chaque jour ces raisons incompréhensibles qui le retenait bien malgré lui dans cette ferme, même s’il n’avait pas rechigné à s’appliquer aux tâches demandées par les uns et les autres. Il s’était agi là pour l’homme de fuir le quotidien de ses pensées, inquiètes et tourmentées, à l’adresse de sa petite soeur ; et il n’y avait rien eu de mieux qu’un travail physique, éprouvant et difficile pour sa constitution amaigrie par des semaines de diète forcée que les délicieux repas de Pamela n’avaient que peu comblée. Du labeur et du repos, l’un se faisant le mérite du second.

Par ailleurs, il avait pris le temps de lire et réhabituer son esprit avec des choses familières qui lui avaient échappé les premiers jours. Une frustration des premiers temps assez vite amoindrie par le retour de ses habitudes, bien que beaucoup de son savoir semblait prendre un malin plaisir à continuer de lui échapper. Qu’étaient donc devenues ses connaissances, ses réflexions, sa logique ? Comment avait-il pu perdre tout cela et bien plus encore en sentant une certaine rudesse regagner ses doigts, ses articulations, son endurance même.

Mais le temps avait passé, et s’il s’était voulu toujours aussi avare en explications et en réponses, il était enfin venu le temps de retrouver sa seule famille, celle pour laquelle, il en avait à présent l’intime conviction, il était revenu d’entre les morts. Dès lors, et comme les jours précédents, il ne pouvait que se résoudre à attendre d’arriver au but.

Et enfin ce fut le cas. La Ford F-150 de Nelson commença à ralentir en pénétrant dans un quartier résidentiel bien isolé de la ville voisine, Snyder, dont il ne savait rien, pas même sa localisation précise au sein de cet etat qui l’avait vu naître. Matt avait écouté les propos du vieil homme, validant ceux-ci de quelques hochements de la tête demeurés silencieux. Des propos emplis de bon sens autant que d’un certain pragmatisme. Lui qui avait vu le monde se déliter petit-à-petit, les hommes tomber dans des travers que l’on croyait consigné dans les livres d’histoire, comment ne pas excuser la méfiance et les réserves de ces survivants ?

Puis le véhicule finit par atteindre sa destination. Le pick-up stoppé dans un jardin non entretenu, au devant d’une demeure familiale qui, entre ses murs, abritait sa soeur. Le coeur de l’aîné Campbell redoubla de rythme, son front se couvrit d’une légère pellicule moite de sueur en même temps que sa gorge se nouait d’appréhension. Nelson n’avait pas fini de redresser le frein à main que déjà Matt ouvrit la portière située à sa gauche, sautant hors du véhicule pour s’arrêter quelques pas plus loin. Il s’était figé à la vue d’une demoiselle à la chevelure blonde, aux mains armées et à l’allure peu avenante.

Bien que le fermier eut la présence d’esprit de les avertir juste avant qu’ils n’arrivent sur place, l’aîné Campbell ne s’était pour autant pas attendu à un tel accueil. Dévisageant cette inconnue, qui semblait porter une attention toute particulière au fermier, il leva légèrement les mains devant sa poitrine en un signe d’apaisement, la droite plus relevée que la gauche en guise de salut. Un sourire, poli et retenu illumina même son visage à la barbe naissante et drue. Pour le moment, il ne dirait rien, préférant laisser à Nelson, ou à Ricky, le soin de faire les présentations et les introduire au milieu de ces gens. Pour autant, ses émeraudes brillantes auraient rapidement quitté le visage de cette inconnue pour se porter sur la façade de la maison, puis les environs, à la recherche de la seule personne dont il désirait entendre la voix et voir le visage.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 5 Avr - 0:24
L'enfer avait déferlé sur eux pendant trois semaines, trois longues semaines pendant lesquelles la faim et la soif s'étaient faites sentir encore plus qu'à l'ordinaire. Trois semaines sans pouvoir chasser, ni apprendre à chasser à son louveteau qui lui s'en sortait pourtant mieux qu'elle. À force de copier l'Am' Staff de Samuel, Croc-Blanc avait réussi à prendre quelques rongeurs, pas assez pour se remplumer mais suffisamment pour rester en bon état général, proies qu'elle agrémentait de quelques morceaux de ci, de là de sa propre nourriture. Non pas qu'elle ne voulait pas dévorer entièrement sa maigre part qui ne la satisfaisait jamais totalement mais elle avait promis devant un certain chasseur qu'elle pourrait élever le bébé loup quoi qu'il arrive. Une promesse qu'elle s'était faite à elle même plus qu'à l'homme d'ailleurs. Trois semaines qui lui ont laissées tout le loisir de réfléchir encore et encore sur tout les sujets possible qui lui venaient en tête, son frère, Matthew, sa mort, son pouvoir, les autre survivants, etc. Trois semaines pendant lesquelles son bras avait fini par guérir, ne lui laissant aucune séquelle, enfin aucune rien n'est moins sûr, dès qu'elle essaye de manipuler son arbalète, elle a l'impression que son bras va défaillir. Un blocage purement mental tout comme la douleur résiduelle qu'elle peut ressentir par moment.

Et maintenant qu'ils peuvent tous de nouveau sortir en étant à peu près saufs, elle se doit de se réapproprier son arme de jet avant de repartir à la chasse et ce le plus vite possible étant donné le néant de leur stock de vivre. Rapidement la brune s'est trouvé une vieille souche contre le bâtiment annexe un peu sur l'arrière, inlassablement depuis une bonne heure elle arme l'arbalète, vise la souche, tire et recommence. Le démarrage a été difficile lui faisant manquer plusieurs fois le coeur invisible de cette cible improvisée, devant se stopper régulièrement pour secouer son bras et sa main afin d'en virer un fourmillement imaginaire et Ô combien désagréable. Pour autant sa persévérance termine par payer alors que de nouveau elle parvient à ficher ses carreaux là ou elle le souhaite, un sourire pointant enfin sur son visage alors qu'elle part une nouvelle fois récupérer les projectiles pour les remettre soit dans leur rangement soit sur l'arbalète. Elle réarme l'arbalète avant de lancer un coup d'oeil vers son louveteau venu se rouler en boule pour dormir à quelques pas derrière elle. Alignant son regard avec l'arme et la cible, elle s'apprête à tirer quand elle perçoit les ronronnements grandissants d'un moteur, de deux moteurs même.

Un sentiment d'inquiétude l'envahit en moins d'une seconde la poussant à vouloir se précipiter vers la cour de la maison pour voir de quoi il en retourne. Pourtant elle se stoppe avant même d'avoir fait un pas, prenant le temps de contrôler visuellement l'arbalète alors même qu'elle vient de la charger et la sait donc parfaitement apte à servir. Bougeant enfin, elle passe l'angle de l'annexe pour arriver entre la maison et l'annexe voyant Jena déjà prête à accueillir les nouveaux venus avec son arme à feu. Avant de porter son regard vers les véhicules et reconnaître Nelson et sa vieille Ford ainsi que Ricky avec une moto.

Son regard émeraude passant de l'un à l'autre, un sourire arrive sur son visage et elle se rapproche encore d'eux pour venir tout d'abord à la hauteur de Jena prête à la rassurer si besoin est. Melody se fige net en voyant une des personne venue avec le vieux fermier et le jeune cow-boy. Cette silhouette, ces mouvements, ce regard si similaire au sien. Ses yeux s'agrandissent de stupeur mêlée à un peu d'incrédulité, comment ne pas croire à une hallucination ? Rapidement elle ferme et rouvre les yeux en secouant la tête avant qu'enfin un son ne sorte de sa bouche.

- Matt...

La brune reste fixé sur cet homme, un pas puis deux en avant. L'arbalète glisse de ses mains pour finir sur le sol poussiéreux, oubliant toute retenue et sa raison qui la pousse à douter, Melody se rue sur l'homme jusqu'à finir sans doute un peu trop rapidement sur lui pour l'enlacer, le serrer contre elle, lui sautant à moitié dans les bras. Possiblement a l'en faire reculer, elle ne sait pas, elle s'en fout.

Geste mille fois répété, présence bien tangible contre elle, ses bras autour du corps de son frère aîné, il est là et bien là devant elle, contre elle. Elle a tellement rêvé de ce moment, elle l'a tellement souhaité, espéré. Levant ses émeraudes sur Matthew, ses yeux s'embuent de larmes de joie et de soulagement, pour contempler les traits de son visage voulant s'assurer une nouvelle fois que tout ceci est bien réel. Finissant par rebaisser la tête, posant son front contre le torse de son frère, son coeur battant la chamade, son souffle saccadé, une certaine forme de peur s'insinuant en elle à l'idée que son frère s'évapore. Elle se blottit contre lui sans plus bouger d'un millimètre.

Cassandra Johnson

Anonymous
Invité
Mar 5 Avr - 15:35
Ballotée par la voiture de Nelson et devant partager la banquette arrière du véhicule avec Matt et Kaitlin, mes pensées divaguent alors que mes azurs observent le paysage. Je songe à ces semaines qui viennent de passer, trois pour être précise, j'ai largement eu le temps de penser à ce qu'il m'est arrivé, nous est arrivé puisque mes compagnons d'infortune ont vécus la même chose que moi et je n'arrive toujours pas à y croire pleinement. Les travaux qu'ils nous ont fait faire font aussi partie de mes réflexions, moi qui n'ait jamais été porté sur les gros efforts physique j'ai été servie bien que je dois admettre que cela m'a fait du bien en m'empêchant de tout ressasser en boucle. D'ailleurs je n'ose même pas imaginer comment Matt a pu vivre les faits alors que j'avais terminé par apprendre l'existence de sa soeur dans le fameux campement qu'on doit rejoindre ce jour.

Je ne fais que peu attention à la musique qui remplit l'habitacle et que je ne trouve ni agréable, ni désagréable. Ne sortant de mes pensées qu'au moment où Nelson brise le silence pour nous expliquer deux ou trois petites choses. Et à vrai dire ce qui ressort du discours que le fermier nous tient est le fait qu'il me donne la sensation qu'il y a des clans, les personnes soit disant normales d'un côté et celles comme moi soit disant revenues d'entre les morts. De quoi me laisser encore plus douter de la véracité de toute cette histoire mais je n'ai pas le temps de revenir dessus ; et à peine celui de marquer mon écoute par un hochement de tête ; que notre conducteur freine doucement à l'approche d'une maison. Ainsi c'est donc cela le campement dans lequel je vais devoir vivre ? La baraque a tout d'une maison de banlieue ou il faisait bon vivre et pas vraiment d'un campement de fortune. Je réalise que je m'étais imaginé plein de choses fausses même s'il me reste encore à découvrir les fameux "ressuscités".

Nelson coupe le moteur, je le laisse descendre de l'engin motorisé, tout comme Matt qui décide de se dérouiller les jambes. Restant un peu en retrait, j'observe la jeune femme blonde venue à notre rencontre qui n'a pas l'air très heureuse de nous voir, ni même au courant de notre arrivée. Je peux voir une autre femme, une brune approcher à son tour avant de la voir se jeter au cou de Matt, il y a donc de fortes chances que ça soit la soeur en question. Laissant les deux à leur retrouvaille, je lève ma main droite pour esquisser un geste de salut envers la jeune femme blonde sans savoir si elle le verra, elle a l'air tellement absorbée par la contemplation de Nelson que rien n'est sûr. De mon côté, je ne me risque pas à lui adresser la parole préférant rester un peu en arrière à observer ce qui va pouvoir se passer, attendant également de pouvoir récupérer mes maigres affaires dans le coffre de la ford.

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Mar 5 Avr - 22:36
Dix-neuf jours ! Dix-neuf jours à bosser. L’enfer du feignant. Les tâches qu’ils avaient du accomplir paraissaient ce qui s’approchait le plus du mot « travail » pour Koda. Les travaux de ferme étaient tellement éloignés de sa philosophie de vie… Les corvées dans la forêt, le travail dans les champs, autant de boulots qui imposaient le fait de se baisser régulièrement, chose pénible pour elle qui était plutôt grande et peu robuste du dos.
Le pire dans tout ça, c’est que les habitants de la ferme étaient bienveillants, généreux, serviables et que, par dessus tout, elle leur devait la vie. Du coup, le peu de fois où elle avait pu esquiver une corvée pour paresser dans un coin, le remord avait réussi à l’empêcher de savourer pleinement ce moment ! Elle avait fini par préférer le travail plutôt que de ruiner une bonne vieille après midi de flânerie sous le poids de la culpabilité. Quel gâchis.

Ainsi, elle inaugurait chacun de ses temps libre en se vautrant dans un fauteuil, bien à l’écart des autres. Alors, presque systématiquement, elle murmurait cette phrase pour elle même et elle se marrait doucement en regardant le plafond :

« Être un femme utile m’avait toujours parut quelque chose de bien hideux. »

C’était à peu près la seule chose qu’elle ait retenu de ses cours de littérature ; une citation d’un français, Charles Baudelaire. Remasterisée au féminin et sans doute sortie de son contexte, mais qui lui correspondait tellement. L’apologie de l’inutilité. Travailler dur lui faisait presque rendre plus précieux les moments où elle ne faisait rien. Presque, bien entendu. Il ne fallait pas penser que le travail représentait le moindre intérêt a ses yeux.
Durant ces dix-neuf jours, Koda était restée distante des autres ressuscités, se limitant aux formules de politesses sans jamais chercher la conversation. Elle était un peu sauvage et préférait qu’on la laisse tranquille. Elle avait davantage échangé avec Ricky, qu’elle trouvait sympa et avait gentiment taquiné Dakota à propos de Clark, mais juste une ou deux fois. Elle tenait a la vie. Un mois n’avait pas été de trop pour se remettre au pen-spinning. Elle se trouvait encore très loin du niveau qu’elle avait acquis après des années d’ennui scolaire à faire tourner des stylos entre ses doigts.
La moto de Ricky lui faisait secrètement envie, en tant qu’ancienne habituée du scooter. Ca devait vraiment avoir plus de pêche que la brèle qu’elle conduisait pour des livraisons, se disait-elle en  contemplant la grosse cylindrée.

On annonça le départ vers le camp Snatch. La perspective de pouvoir enfin changer d’air et  de quitter la ferme et ses corvées la réjouissait intérieurement, d’autant plus que Ricky lui proposa de s’asseoir à l’arrière de la Yamaha. Coup de bol, elle n’aurait pas à se retrouver dans l’habitacle de la Ford avec tous les autres.
Elle profita du trajet sur toute sa longueur, même avec le vent dans la figure et les tronçons de route plus cahoteux. Dommage que le tacot du père Wallace imposait le rythme et empêchait la moto de monter en régime dans les lignes droites. C’était agréable d’élargir soudainement son horizon au delà de la ferme, de voir le paysage défiler. Bah, ce serait peut être pire là où ils se rendaient mais tant pis. Elle n’aimait pas se projeter dans l’avenir, c’était trop fatiguant. Quand ils atteignirent un quartier résidentiel, Ricky lui donna la couleur de ce qui l’attendait à l’arrivée. Ces ressuscités là avaient l’air d’être des durs à cuire et ça l’angoissait un peu. Misère… Que la société s’effondre ou pas, la paresse restait un trait de caractère peu prisé.

« T’inquiète pas ! Je compte bien m’en prendre plein la tronche ! » plaisanta-t-elle pour tuer son inquiétude dans l’oeuf.

Le petit convoi ralentissait l’allure entre les résidences. Alors, ils parvinrent en vue d’une plus large bâtisse. Ca ne ressemblait pas vraiment à l’idée que s’était faite Koda du mot « campement ». C’était juste une grande maison ? Bizarre. Les deux véhicules pénètrerent la cour, déployant l’édifice dans ses trois dimensions. La Yamaha se stoppa derrière le pick-up de Nelson Wallace et Koda enjamba la selle pour mettre pied à terre. Alors, elle croisa ses doigts et étira les bras bien au dessus de sa tête en faisant craquer ses articulations.

« Merci pour la balade, cow-bo…. » Koda fut coupée dans sa phrase et écarquilla les yeux de stupeur à la vue du personnage qui s’approchait de Wallace.

Une sorte de réincarnation de Sarah Connor jetait des regards excessivement méfiants autour d’elle, semblant considérer toute personne comme capable de dégainer un lance roquette pour pulvériser le perron. C’était un peu exagéré mais c’est ce qui vint en premier à l’esprit de Koda. Elle se mit à mâchonner un chewing-gum imaginaire.

« Oulah, faut se détendre cocotte… » soupira-t-elle en considérant l’impressionnant calibre de l’inconnue, tout en finissant de s’étirer. Elle n’avait pas parlé distinctement mais suffisamment pour qu’on perçoive une remarque réprobatrice venant de sa part. Enfin, comme lorsqu’on fait une remarque à quelqu’un qui tient un fusil à pompe, quoi.

Armstrong Wyclif

Anonymous
Invité
Mer 6 Avr - 18:18
Ce qui devait s’annoncer comme une période de transition rapide à la ferme, histoire de reprendre des forces, s’avéra plus long que je ne l’avais imaginé. Le propriétaire de la ferme nous avait annoncé que nous ne pourrions pas rejoindre le campement immédiatement. Il nous proposa de nous offrir le gîte et le couvert en contrepartie de tâches à accomplir à la ferme. Cette contrepartie me convenait parfaitement, je n’avais rien d’autre à faire à part me remettre sur pied. Je dois bien avouer que ces tâches à la ferme m’ont permis de me remettre sur pied rapidement en reprenant goût à l’effort. Les jours passèrent, avec une certaine monotonie, il y avait toujours quelque chose à faire ce qui me permettait d’occuper mes journées relativement facilement. Mon activité préférée était de marcher entre midi et deux en compagnie du chien de Nelson qui était une très bonne compagnie, je dois admettre qu’il ne m’en fallait pas plus pour me sentir bien. J’aurai cependant voulu avoir aussi mon propre animal de compagnie. Au bout d’au moins deux semaines, je ne sais pas exactement, le propriétaire de la ferme vient nous annoncer qu’il était temps de partir.

Nelson m’invite à m’asseoir à bord de son pick-up, un Ford F-150 c’était un beau véhicule, je m’assieds à la place avant, sous les ordres du fermier. Ce que je fais sans rechigner, puisque ça m’arrange vu ma carrure je suis plus à l’aise à l’avant, et j’aurai certainement écrasé les filles à l’arrière même si la voiture de Nelson n’est pas une citadine. En y pensant j’aurai peut-être préféré être à côté de Cassandra ou de Kaitlin plutôt que du vieux fermier, mais cette place à l’avant du véhicule me permet d’admirer de la meilleure façon qui soit le paysage. Je suis tellement à l’aise dans la voiture que je me perds dans mes pensées en regardant ce paysage défiler sous mes yeux.

Je reprends mes esprits quand Nelson finit par allumer la radio, cette musique me rappelle malheureusement des mauvais souvenirs. Je n’avais pas vraiment pensé à ma fille et à mon épouse toute deux décédées depuis que j’étais revenue à la vie. Je ne les avais pas oubliées, je m’étais fait à l’idée que je ne les reverrais plus… mais cette musique ravive ce chagrin enfoui en moi que j’essaie de cacher aux autres. J’appuie ma tête contre la vitre, le cœur empli de douleur, en attendant que la musique se finisse. Le vieux fermier nous explique la situation du camp où nous allons être déposés, un peu à la manière d’Ana, son discours se veut moralisateur.

Juste après le discours de Nelson on arrive devant une propriété, pendant un moment je me pose la question de savoir si c’est vraiment là. Quand on me parlait d’un campement je m’attendais à tout sauf à une propriété. Peut-être que j’ai un peu trop fantasmé sur un campement avec des murailles ou je ne sais quoi mais loin de moi l’idée que cela pouvait être une propriété. C’est une maison tout ce qu’il y a plus de banal, elle me parait quand même assez petite pour pouvoir accueillir de nombreux survivants.

Une femme devant l’entrée de la maison avec un fusil en main s’adresse au fermier uniquement. J’en viens à me demander si c’est une coutume d’accueillir les gens de façon aussi hostile, entre mon réveil attaché et l’arrivée dans le camp ou je suis censé vivre avec cette femme et son fusil ça promet une nouvelle fois d’être joyeux. Puis une autre femme surgit, à l’inverse de sa camarade celle-ci commence à courir dans notre direction pour enlacer Matt. Il ne faut pas être devin pour savoir qu’il doit s’agir de sa sœur. Ce petit câlin entre frères et sœurs me rassure un peu, quant à la suite des événements. Cassandra sort sans dire un mot, elle décide de faire un petit geste amical, je décide de l’imiter histoire de faire quelque chose. Toutefois, si la plupart d’entre nous se contente d’un simple geste notre comparse Koda préfère lâcher une réponse plutôt osée. A sa place je n’aurai pas tenté le diable, chose que je n’ai pas fait d’ailleurs, avoir fait le malin avec Ana m’a suffi. Je décide de m’éloigner d’elle pour éviter quelconque tir raté de la part de la femme au fusil en réponse à la phrase de Koda.

Kaitlin Cooper

Anonymous
Invité
Mer 6 Avr - 20:09
Pfouaaa… 19 jours de travail intense ! C’était vraiment harassant que de contribuer à la vie de la ferme mais ça m’avait permis de retrouver une certaine vitalité étrangement, mes muscles devaient être endormis d’avoir passé autant de temps inactifs. J’avais pu récupérer complétement, et ce grâce à des exercices de yogas complémentaires. Cependant, ça m’avait permis de détendre efficacement tous mes muscles et avec des repas réguliers et un confort efficace j’étais à nouveau dans une forme relative et c'était assez agréable. Je retrouvais de ma combativité et je me voyais bien rester à la ferme où je m’accommodais bien de l’ambiance. Même si partager une chambre avec une femme aussi jolie avait été un réel supplice vu son indifférence pour les autres. Heureusement Armstrong me remontait un peu le moral avec ses blagues.

Matt au contraire m’inquiétait même si je comprenais son comportement et c’est pour cela que je fus soulagée quand Nelson nous emmena dans son véhicule en direction du campement où sa sœur devait être.

Je suis derrière entre Matt et Cassandra, heureusement que je n’ai pas trop repris de poids ! Nelson met la radio et une musique assez triste se diffuse ainsi, ça me fait penser aux tristes moments que j’ai déjà traversés depuis le début de l’épidémie…

Je vois Armstrong appuyer sa tête contre la vitre et avec le rétroviseur je peux observer son air profondément triste et je me souviens de ma rencontre avec lui lorsqu’il était fou de douleur et perdu au milieu d’un camp empli de zombies et que j’avais décidé de l’aider pour m’aider plus tard aussi en le retirant de sa léthargie douloureuse. Nous avons tous déjà beaucoup perdu, que nous reste-il encore à perdre ?

Nelson prend la parole et nous donne des informations sur ces survivants qui ont aussi beaucoup perdus, et je comprends son discours même s’il est moralisateur, sa volonté est de nous prévenir du danger de nous mettre à dos les prochains survivants. Puisque ceux-ci vivent des moments très difficiles et sont livrés à eux-mêmes, je me fais donc la promesse d’être à l’écoute et de respecter ces nouvelles connaissances puisque c’est dans mon intérêt d’être acceptée dans leur groupe.

Nous arrivons devant une maison d’un style très commun et pas du tout le campement rudimentaire que j’ai pu m’imaginer. Ce qui me réjouit car ça signifie que nous bénéficierons quand même d’un certain confort, mais à quel prix ?  

Je vois une jeune femme blonde sortir avec un fusil à pompe et nous regarder d’un air menaçant, j’appréhende donc la rencontre avec ce groupe tout d’un coup. Ensuite Nelson descend et puis Matt descend du véhicule, lorsqu’une jeune femme brune lui saute dans les bras. Je souris de toutes mes dents, car c’est surement sa sœur, la ressemblance est assez évidente et je sais que ça évitera à Matt de se lancer dans une quête dangereuse qu’elle soit en bonne santé et à ses côtés.

Ensuite Cassandra descend et fait un signe de main timide aux deux femmes. Puis encore dans la voiture, j’aperçois Koda qui descend de la moto et esquisse une remarque désapprobatrice à la femme au fusil, un tel culot, je n’en reviens pas ! C’est forcément qu’elle la connait pour oser lui parler comme cela…

Armstrong sort enfin mais il s’éloigne de l’asiatique et n’esquisse pas un mot ayant l’air un peu méfiant. Pour ma part je décide de me placer près de Koda pour égrener des informations. Je lui murmure donc d’une façon assez audible mais pas trop par peur de la femme au fusil.

- Tu connais cette femme ?

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Ven 8 Avr - 12:06
Après arrêt, Nelson vérifiait le tableau de bord de sa Ford, simple coup d'oeil de contrôle et Ricky veillait à ce que sa moto soit bien positionnée. Quelle ne fut pas leur surprise alors, de voir sortir de la maison la femme aux cheveux blonds équipée d'un fusil à pompe et loin de se montrer accueillante. Car bien que le fermier comme le cowboy avaient prévenu les nouvelles têtes du risque, ils ne s'étaient pas attendus à ce qu'une inconnue soit la première à venir à eux et se montre aussi hostile quand elle s'approcha de la Ford en interpellant Nelson d'un ton fort fermé.

Ricky lui, sentit très vite ses muscles se contracter sous la pression à voir une inconnue tenir un fusil et prête à s'en servir à proximité du vieil homme, amenant sa main dans son dos pour se prémunir du Smith & Wesson M10 qu'il avait emprunté à Clark en échange de son fusil Ruger 44 qu'il avait laissé entre les mains d'Ana à la ferme pour la surveillance, patientant que Koda soit descendue pou lui-même se défaire de la moto, gardant son arme près de la cuisse et l'index près de la détente, affichant une mine assez anxieuse sans pour autant dire ou menacer d'une quelconque façon Jena - dont il ne connaissait pas le nom. Nelson en revanche, garda les mains bien ancrées sur le volant et n'afficha aucune réaction sur son visage, se contentant de scruter la femme qui s'approchait et lui parlait en plissant quelque peu l'oeil, il demeurait fixé sur son dossier bien que les autres s'employaient à sortir de la voiture.

La suite alla très vite. Matt était sorti le premier et le temps que les autres en fassent de même, une Melody toute en joie et en émotion venait en courant se jeter dans les bras de son frère bien aimé, attirant le regard des deux hommes de la ferme malgré la menace potentielle grâce à ce visage familier en émoi, laissant un sourire aux lèvres closes de compassion et de satisfaction se dessiner sur le visage du vieil homme. Ricky relâchait un peu de sa prise sur son revolver en souriant plus franchement à son tour, vraiment heureux d'assister à ces belles retrouvailles, une situation qu'il avait secrètement connu il n'y a pas si longtemps.
Très vite cependant, le fermier revint à l'inconnue et finit par ouvrir la porte en expirant déjà de se redresser de son siège, sortant de la voiture en ne s'aidant que de la main droite visible sur la portière. Il porta un regard faussement intéressé vers le petit bâtiment et une fois debout, Jena put voir dépasser le fusil Ruger 44 qui avait été accolé à la portière conducteur, entre elle et le siège et dont ladite portière en question avait caché le geste du fermier qui s'en était discrètement saisit. De la main appuyée à la portière il la rabattit à son emplacement initial et prit à deux mains son fusil dont le canon restait dirigé vers le bâtiment à sa gauche.

« Vous présumez bien. » Répondit-il d'une voix posée en rapportant un regard analytique sur Jena. « Je ne me souviens pas vous avoir jamais vu, ni donné mon nom. Vous êtes ? »

Il n'était d'aucune façon menaçant, même très tranquille dans l'attitude, ne souhaitant guère solliciter de réaction vive de la part de cette femme et parallèlement, il ne se laissait pas impressionner par son comportement semi-hostile, les mains bien resserrées sur son fusil, l'index droit en long à quelque centimètres de la détente sans s'en approcher. Il marquait de ce fait la distance nécessaire entre eux, tout en se faisant très correct, voir un brin amical à son ton, pour la forme plus que pour le fond.

Ricky demeurait à coté de Koda, restant silencieux en passant le regard de Nelson à la femme avec une posture quelque peu de profil, il ne vint que de sa main libre défaire le noeud sous son menton qui maintenait son chapeau puisque ce n'était plus utile. Dans tous les cas, il restait très attentif à ce qui pouvait se passer, par précaution.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Ven 8 Avr - 16:36
Sans bouger de ma position ni rien relâcher de mon attention, j’avais observé tout le contingent de nouvelles têtes descendre du véhicule et de la moto, certains avec des gestes de salut à mon égard auxquels je ne répondais que d’un bref et léger hochement de tête avant que je ne reporte mon attention vers le vieil homme demeuré au volant de son pick-up. Malgré tout, je perdis quelque peu de ma contenance, arquant un sourcil intrigué en voyant Melody accourir depuis le petit bâtiment pour se jeter dans les bras de l’un des passagers, dans une étreinte que je ne pouvais que qualifier d’affective. Un mince sourire sincère étira mes lèvres à la vision de cet instant de bonheur, heureuse de voir la chasseuse connaître son moment de joie après toutes les épreuves que nous avions subies ; mais surtout légèrement emplie d’espoir que finalement, je parviendrais peut-être à retrouver les miens un jour, si le destin ou le truc responsable de la situation particulière de ces individus voulait bien me faire ce cadeau également.

Un sourire que je m’efforçais d’effacer bien rapidement en regardant le vieux mais colossal fermier s’extraire de son véhicule, révélant au final un fusil dans ses mains. De la même manière que je n’avais pas manqué l’attitude défensive et prévenante du jeune motard au chapeau de cow-boy armé d’un revolver. Rien qui ne me déstabilisait cependant, bien au contraire. Une totale absence de méfiance et de moyens de défense de leur part m’aurait d’autant plus fait douter de leurs bonnes intentions comme de leur bon sens.

D’ailleurs, j’avais cru percevoir quelques instants plus tôt une remarque provenant de la jeune asiatique aux côtés du cow-boy qui, si je n’en avais pas saisi les mots clairement, ne m’avait guère semblé engageante. Cependant, je tâchais de m’en tenir à mes résolutions prises au cours des jours précédents de ne pas rentrer dans le lard du premier venu ; quand bien même la réflexion s’imposa à moi de savoir si c’était une particularité ethnique que de ne pas savoir la boucler quand il le fallait, ou si c’était juste pas de bol avec Jian d’abord, puis celle-là ensuite ?

Ce n’est que lorsque le vieil homme confirma son identité que je consentis à relâcher un peu plus ma méfiance, passant mon fusil dans mon dos, sa sangle sur mon épaule gauche. Puis je relevais mes lunettes de soleil de sur mon nez pour les suspendre au col de mon débardeur avant de plaquer mes mains sur mes hanches, dans une posture qui se voulait assurée mais néanmoins ouverte. Je relevais légèrement le menton pour soutenir le regard de Nelson, bien plus grand que moi, esquissant un léger sourire un peu plus avenant à son égard avant de finalement lui rendre la politesse.

“Jena. Jena Higgins ; et en effet, nous n’avons pas eu le plaisir de nous rencontrer jusqu’à présent, même si votre réputation vous a précédé en ce qui me concerne,” répondis-je d’un ton plus posé et moins ferme, que je tâchais de rendre plus engageant. Dans ma droiture, mon attitude, mon ton plus doux, je tâchais de retrouver mes bonnes vieilles habitudes de communicante, puisque l’heure n’était plus à la méfiance.

“Excusez l’accueil un peu strict, Monsieur Wallace, mais personne n’a pris le soin de m’informer de votre arrivée ; et avec les évènements qui se sont déroulés dernièrement, je préfère rester sur mes gardes. Rien de personnel,” précisai-je en relevant brièvement ma main droite, paume ouverte face à lui.

“Pour résumer très simplement, nous venons de passer trois semaines, plutôt longues au demeurant, à vivre sous la menace d’une horde massive qui a finalement eu la délicatesse d’aller voir ailleurs il y a peu. Je suis certaine que vous comprendrez aisément mes craintes et mes réserves. Ce serait pour le moins fâcheux de la voir revenir ici, attirée par des ronflements de moteurs pour le moins bruyants ; aussi bien pour nous que pour vous. Le genre de détails qui pourrait mettre un terme à notre collaboration en même temps que nos existences,” avais-je poursuivi avec calme, sur ce même ton toujours plus doux et posé.

Finalement, j’adressais un sourire plus franc et avenant au vieil homme avant de hausser légèrement les épaules, laissant mon regard se promener sur les différents visages des personnes descendues du Ford et de la moto ; mes prunelles azurées s’attardèrent sur les traits de chacun d’entre eux durant quelques secondes, et encore davantage sur l’homme affectionné par Melody, pour enfin revenir se poser sur le fermier, lui laissant ainsi une ouverture s’il avait quelque chose à me répondre.

“Cinq nouvelles têtes, voire six avec le cow-boy ?” demandai-je dans une pure question rhétorique en arquant un sourcil étonné. “Quelles que soient l’origine ou la cause de ces ‘miracles’, on dirait que ça ne chôme pas ces derniers temps,” remarquai-je à mi-voix, autant pour moi-même que pour ceux à portée d’écoute. Puis j’embrassais du regard l’ensemble des protagonistes présents, leur adressant un sourire plus avenant que précédemment en glissant mes mains dans les poches de mon pantalon, dans une attitude plus détendue encore.

“Bienvenue au campement Snatch. Pour ceux qui n’auraient pas bien entendu la première fois, je m’appelle Jena. Mon rôle ici est d’assurer, en partie, la surveillance et la sécurité du campement et de ses proches alentours, et puisqu’il semble évident que nous allons avoir à passer quelques temps ensemble, le plus longtemps possible j’espère, je vous laisse le soin de vous présenter, à Melody notamment…” je désignais la concernée d’un geste engageant du bras droit “...qui est l’une des deux personnes en charge ici, aux côtés de Samuel. Malheureusement, ce dernier se trouve être accaparé ailleurs pour le moment. Peut-être viendra-t-il à votre rencontre plus tard.”

Je m’étais exprimée d’une voix claire et sereine, sincèrement plus avenante envers ces nouvelles têtes alors que mon accueil initial s’était voulu plutôt froid et suspicieux. Après tout, ils ne représentaient en rien la menace que je m’étais imaginée quelques instants plus tôt, avant que Nelson ne me confirme bien son identité. Puis je finis par reporter mon attention sur le fermier, baissant de nouveau le ton puisque je n’avais plus besoin de me faire entendre de tous.

“Et de votre côté, Monsieur Wallace ? Tout se passe bien, si l'on met de côté ces… résurrections imprévisibles ?” lui avais-je demandé par simple curiosité, hésitant quelque peu sur l’emploi des deux derniers mots.
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