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[CS, A, EXP] Dérouillons-nous les jambes - 20/03/35
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 11 Avr - 23:58
Au cours de ma réponse, plus que longue, à la question de Melody, j’avais senti sa main venir chercher la mienne. J’appréciais ce contact humain, surtout vis-à-vis de Melody qui était l’une des personnes que j’appréciais le plus ici. Même si nous nous étions rapprochés depuis les dernières semaines, j’avais toujours du mal avec ce contact humain, en particulier envers la brune qui semblait toujours conserver une certaine barrière émotionnelle autour d’elle, qui s’isolait du groupe. Malgré tout cela, j’avais l’impression qu’elle changeait, et surtout depuis que son frère était revenu. Je le concevais totalement, retrouver un être aussi cher et aussi proche avec tout ce que nous avions traversé était quelque chose d’inouï, pour ne pas dire de quasiment inconcevable. J’étais assez jaloux au final, mais cela ne m’empêchait pas d’être heureux pour elle. Après tout ce qu’elle avait fait, tout ce qu’elle avait traversé, elle le méritait.

J’avais légèrement la tête vers Melody au contact de sa main, pour plonger mes yeux sombres dans les émeraudes, laissant un léger sourire se dessiner sur mes lèvres à l’intention de la chasseuse qui était d’un grand réconfort en cet instant. Sentant un léger coup d’épaule de la part de la chasseuse après qu’elle m’ait répondu, elle aussi, avec un sourire, je ne pouvais que la remercier de m’avoir aidé à rendre ce moment, qui était assez difficile pour moi, un peu plus léger. Dans un simple murmure à l’intention de la brune, je lui délivrais ce que je devais lui dire, un simple remerciement pour elle, mais un grand réconfort pour moi.

« Merci Melody. »

Sur ce simple souffle, la jeune femme commença à me parler d’elle, mais aussi de son frère, qui était arrivé au campement depuis peu. Sa vie, qui elle était, ce qu’elle avait fait tout du long, je ne pouvais que l’écouter attentivement. Elle parlait beaucoup de son frère, ils devaient sans aucun doute être très proches. C’était une vraie chance qu’elle l’ait retrouvé. Malgré tout, elle semblait avoir un certain détachement sur son passé, son histoire, comme si elle avait fait son deuil. Je l’avais fait moi aussi, ou du moins, c’était ce que pensais à ce moment-là. Elle avait sans aucun doute perdu bien plus que moi, en même temps, elle avait une famille. Elle avait aussi perdu des gens après. Seth par exemple, mais elle était arrivée à passer au-dessus de ça. C’était quelqu’un de fort, je le savais. Juste après avoir terminé de parler, je ne pus m’empêcher de lui dire ce que je pensais d’elle, pour détendre l’atmosphère, même si son haussement d’épaules tendait à me dire qu’elle n’en avait pas besoin.

« Bizarrement, ça ne m’étonne pas que tu étais une garde-chasse ! »

Mais cette phrase avait sans doute été perdue dans le vent, alors que je la voyais faire un demi-tour éclair, pour je ne sais quelle raison, du moins, je n’en savais rien avant de me retourner pour pouvoir voir le petit louveteau arriver au pas de course vers sa maitresse. Je ne pouvais que sourire en voyant ce spectacle, je sentais que cette sortie allait se passer très bien. Nous étions trois à partir, et nous serions trois à rentrer.

Il y avait des cadavres, bien trop de cadavres pour les prendre de front. Je gardais toujours ce souvenir de la forêt, où j’avais été abandonné par les autres mais aussi par moi-même. Est-ce que j’allais être abandonné une autre fois ? Certainement pas par Melody, surtout que c’est elle qui souhaitait sortir. Non, pas Melody, c’était la seule personne à qui je faisais réellement confiance. Elle n’allait pas me laisser ici, j’en avais la conviction. Une profonde conviction. Nous devions prendre le moins de risques possibles, contourner les morts semblait être une bonne idée, du moins, la moins risquée. Mais pour favoriser la prudence, je n’avais aucune intention de m’approcher du secteur ultra dangereux selon les dires de la brune. Perdre du temps, mais avoir plus de chances de survie était ce que je choisissais.

« On va contourner par le Nord. On perdra peut-être plus de temps, mais je préfère largement faire un premier tour d’horizon pour avoir une vue d’ensemble. Connaitre les issues, les menaces, et surtout, je n’ai pas envie de prendre des risques en passant à côté de la zone dangereuse, je préfère perdre un peu de temps et être sûr que tout se passe bien pour nous. Cela te convient ? »


J’attendrai qu’elle me réponde avant de commencer par m’avancer vers les maisons, contournant légèrement par le Nord, jusqu’à ne voir plus aucun cadavre ambulant, jusqu’à ce qu’ils soient tous cachés par les différents murs des maisons, à l’exception de trois d’entre eux. Ces trois étaient visibles de notre position, nous nous trouvions juste à côté du mur orienté côté Nord de la première maison. Une grosse maison, bien plus que celle que nous avions comme campement de fortune. Pourquoi ne pas déménager ici ? Alors que je m’avançais de plus en plus du mur, ne voyant rien d’autre que les trois cadavres ambulants qui étaient bien trop loin pour nous entendre, mais qui auraient pu nous voir si nous étions trop imprudents. C’était pour cette raison que je me collais au mur, dos au mur, yeux tournés vers Melody, observant qu’elle me suivait bel et bien. Une fois que je m’en étais assuré, je m’avançais jusqu’à la première fenêtre. Trois barreaux en acier, tordus de façon esthétique bloquaient l’accès à cette petite vitre qui était toujours trop petite pour laisser passer un homme. Une fenêtre légèrement opaque était entrouverte et laissait apercevoir une salle de bain. Assez petite pour une si grande maison, mais étrangement, elle était en excellent état, et les deux lavabos du côté droit étaient intacts, même si il y avait du sang dans celui de droite, il fallait être honnête, la femme de ménage n’était pas trop mauvaise. Sur le côté gauche, l’on pouvait voir une baignoire blanche, en parfait état encore. Franchement, si la maison était en aussi bon état que cette pièce, il faudrait considérer l’idée de venir emménager ici. Malgré toutes ces bonnes choses, il n’y avait à priori rien d’utile dans cette pièce qui ne laissait aucun aperçu sur le reste de la maison à cause de sa porte en bois fermée.

Détournant le regard de la fenêtre ouverte qui nous était impossible de traverser à cause des barreaux, mais aussi de la trop petite taille de celle-ci, je continuais à avancer le long du mur. J’arrivais sur une porte en bois massif, avec en son milieu, une grande plaque de verre légèrement opaque, un peu comme celle de la salle de bain, mais il y avait ici différentes barres de fer ou d’acier tordues, à fonction décoratives devant la vitre. J’approchais mon regard de la vitre, mais fus déçu de ne rien pouvoir discerner si ce n’était deux murs à droite et à gauche. Cette porte devait mener sur un couloir, qui menait lui-même sur la salle de bain. Je voyais néanmoins à travers le verre, une sorte de petite poignée, plus haut que celle de la porte, cette petite poignée semblait avoir pour but d’ouvrir la plaque de verre opaque pour pouvoir passer un bras dehors ou autre. Intéressant. Je ne risquais pas à ouvrir la porte, du moins, pas pour tout suite. Je levais légèrement ma main droite en direction de Melody, la paume ouverte, lui intimant de ne pas bouger, sans un mot. Je voulais vérifier le reste des fenêtres.

En continuant mon avancée, j’arrivais sur une autre fenêtre, cette fois, de taille à faire passer un homme entier, mais elle était fermée, mais je pouvais voir à travers, la vitre était totalement translucide. Cette vue me laissait voir une chambre, un bureau dans le coin à gauche, du côté du mur où je me trouvais, rendant impossible de pouvoir y décerner quelconque détail supplémentaire. Dans le coin de droite, que je ne pouvais pas bien voir non plus, je pouvais voir une sorte de dressing, ou une grosse armoire. En tout cas, c’était un gros meuble que les gosses de riches utilisaient pour ranger leurs fringues. Mais ce qui attirait le plus mon attention, c’était sans aucun doute ce que je voyais juste en face de moi. Deux grands lits, l’un sur l’autre relié par une échelle, ils avaient leurs draps et la pièce était propre. Cette maison n’avait pas l’air en si mauvais état que ça, au contraire, très bien entretenue. La famille qui habitait ici avait dû fuir à temps, laissant cette maison en excellent état.

Il n’y avait pas d’autres frontières de ce côté-là de la maison, mais j’avançais jusqu’au coin du mur, pour observer un peu plus loin. Toujours en frôlant le mur, je laissais dépasser le bout de mon crâne, laissant le loisir à mes yeux de pouvoir observer ce nouveau pan de mur, pan de mur que je n’observais pas longtemps car quelques cadavres se trouvaient là, tout prêt, une dizaine de mètres, quinze au maximum. Je rentrais la tête rapidement avant de faire demi-tour en longeant le long du mur, j’avais toujours ma machette à la main, prêt à me défendre si on s’en prenait à nous. Je m’approchais de Melody qui était resté à côté de la porte, hochant la tête alors que j’étais juste à côté d’elle avant de lui jeter un léger murmure.

« Je n’ai rien vu d’anormal, et la maison a l’air en excellent état, je rentre en premier, tu me couvres ? »

J’attendrai la réponse de Melody avant de laisser ma main attraper la poignée en métal de cette porte d’entrée avant de la pousser légèrement. Elle n'était pas verrouillée. Je l’entrouvris légèrement, pour laisser passer ma tête, afin de risquer un regard dans ce couloir que je distinguais avec netteté à présent. J’étais en plein lieu inconnu, mais je me sentais confiant. Je poussais légèrement la porte, sans l’ouvrir complètement cependant. Risquant un pied en avant, puis un autre, j’avançais en silence, dans le plus grand silence, la machette levée dans la main droite. Je n’avais fait que deux pas que j’entendis un bruit métallique venant de derrière moi tout en sentant qu’on tirait légèrement sur mon dos. Je retournais légèrement la tête alors que j’entendais la porte de claquer brutalement. Que s’était-il passé ? Alors que je terminais de me tourner d’un coup rapide, surpris plus par ce bruit claquant que par le reste, j’avais devant moi une jeune femme, environ mon âge, rousse qui avait dans sa main droite la machette qui se trouvait auparavant dans son étui, dans mon dos. Elle s’était cachée derrière la porte et avait attendu que je rentre pour prendre mon arme et m’enfermer ici ! J’étais seul ici, face à cette femme qui avait volé mon arme de secours, et qui avait donné un grand coup avec sa lame… Ma lame. Un coup horizontal, à destination de ma tête, ou plutôt, de ma gorge, un coup rapide, précis.

Je voyais la Mort arriver vers moi telle une furie, rien ne pouvait l’arrêter, l’adrénaline injectée dans mes veines, cette sensation de puissance qui m’envahissait m’avait poussé à rejeter ma tête en arrière. Cambrant mon dos pour reculer au mieux mon buste afin que ce coup qui disposait d’une grande allonge ne m’atteigne pas. Un cheveu, c’était à un cheveu que je devais la vie. J’avais senti le souffle de la lame, qui bien heureusement, m’avait raté in extremis, ou plutôt, que j’avais esquivé in extremis.

« La Reine est ton esclave, elle est celle qui doit leur faire relâcher les chaines. Tue-moi ce monstre ! »

C’était sur ces mots que j’avais senti une impulsion venant de mon crâne, une décharge électrique qui parcourait mon corps. Alors que la jeune femme rousse face à moi avait relancé un assaut, elle avait sauté dans les airs, se trouvaient à une vingtaine de centimètres du sol alors que la lame de sa machette était pointé vers le plafond, prêt à me frapper. Mais il n’en fût rien, elle ne tombait plus, ni ne bougeait, je voyais ses mouvements ralentis, exactement comme le mort qui avait essayé de me mordre, elle était au ralenti. Mais cette fois, c’était bien plus pour me sauver, c’était pour vaincre. Je donnais un coup d’estoc avec ma machette que j’avais dans ma main droite. Juste au niveau de la gorge. Je pouvais voir ses yeux s’agrandir de peur et de douleur, lentement alors que je l’avais déjà transpercée. Tout était allé très vite, mais je n’avais pas fini. Je posais ma main gauche sur ma main droite, afin de donner plus de force à mon mouvement qui voulait faire remonter ma machette vers la tête de cette jeune femme aux cheveux de rouille.

« Tu leur fera lâcher les chaînes. Instaure la terreur dans leur cœur ! »

Alors que je poussais au plus fort vers le haut ma lame bien affûtée, je ne pouvais que voir mon passage en elle. Traversée comme du beurre, ma lame grimpa jusqu'à la mâchoire de cette femme juste avant que je n'enfonce mon arme dans sa tête pour que la pointe de ma lame ressorte à l'arrière de son crâne. Voilà ce qui arrivait quand on me défiait.

Elle était morte effrayée, et son sang volaient dans les airs, alors que ma lame bien affûtée résidait quelques millimètres en dessous de sa bouche, le tout au ralenti pour une seconde de plus, puis tout ce sang qui finissait sa course en retrouvant une vitesse normale, il volait ici et là, à tapisser les murs qui étaient parfaitement blanc. Du sang étalé partout, sang qui venait de gicler sur mon t-shirt et sur tout mon visage. Tout cela n’avait duré que cinq secondes, en cinq secondes j’avais détruit cette femme, son esprit m’avait été asservi, son corps reposait ici à mes pieds, alors que je venais de retirer ma lame de son cadavre encore chaud.

« Une chaîne de moins à supporter Jordan. Laisse la Reine te les enlever, toute, une par une. La Reine est notre esclave. »

Ce n’était pas ma voix que j’avais entendu, pas celle qui me conseillait, non, c’était celle d’une femme, une femme que je connaissais, une femme qui avait perdu son nom et son visage. Quelqu’un qui m’était cher, mais dont je ne savais plus rien. A cet instant, je souriais, non pas de plaisir pour avoir vaincu quelqu’un qui avait souhaité me tuer, et faire du mal à ceux que j’aimais, mais parce qu’un poids m’était levé. Tout cela n’avait duré qu’une poignée de secondes, cinq, ou six tout au plus.

Mais c’était à cette dernière seconde que j’avais senti une légère douleur dans mon dos, juste au dessus de ma fesse droite. Une douleur heureusement atténuée par l’adrénaline encore présente dans mes veines, car en tournant légèrement la tête vers ma droite, je pouvais voir que j’avais une moitié de bouteille plantée dans le bas de mon dos, à moitié dans ma fesse droite, à moitié à la base de mon dos. Je n’avais pas crié, ni hurlé, pourtant, j’entendais un cri. C’était celui de cette femme, une autre. Celle-ci était plus âgée, la quarantaine, brune, et elle m’avait planté cette bouteille dans le corps, elle avait hurlé. De rage ? De peine ? Aucune idée. Je savais juste que j’étais tombé à genoux et que j’avais lâché ma machette qui venait de tomber à terre. Ma vision devenait trouble, elle s’assombrissait. Peut être que le choc était trop fort pour moi, je n'étais pas arrivé à rester debout, ni même à garder mon arme dans ma main et encore moins à garder une vision claire. J’avais l’impression que cette femme venait de se baisser en passant légèrement devant moi. Était-elle en train de prendre ma machette dans la main ?

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 12 Avr - 19:53
Melody avait entendu la remarque de Jordan concernant son métier d'avant et elle y aurait volontiers répondu si son attention n'avait pas été prise par un louveteau en approche. De quoi la distraire assez pour qu'elle oublie d'en parler avant de reprendre leur avancée. Elle avait volontiers laissé Jordan décidé du chemin qu'il avait envie de suivre pour éviter les dizaines de zombies leur barrant la route. Optant pour un léger contournement par le nord avant de pouvoir aller voir plus loin ce qu'il se passe, la brune acquiesce avant qu'ils ne se mettent en route.

Devant quitter la route qu'ils suivent jusque là et qui est plein Est pour remonter un peu vers le Nord en suivant la route qui sert de démarcation entre les deux quartiers. Avant qu'ils ne tombent sur un chemin repartant vers l'Est, les faisant passer quasiment le long du lieu Public s'avérant être bel et bien un immense parc dans lequel les gens devaient se réunir les week-end pour diverses activités en extérieur. À peu près à la moitié de la délimitation du parc, ils peuvent piquer plein Sud à travers la plaine aride pour rejoindre leur route de départ au niveau d'une maison se trouvant assez isolée des autres et presque à la lisière du secteur . Cela devait être une belle propriété autrefois comme le monde les façades qui se dévoilent petit à petit. La brune étant restée aussi silencieuse que possible dans cet environnement beaucoup trop urbain pour qu'elle y soit à l'aise, le louveteau sur les talons et son arbalète en main, elle ne saurait dire combien de temps il leur a fallu pour effectuer ce contournement. Surtout qu'elle guettait les alentours attentivement, se contentant de mettre un pied devant l'autre en gardant la silhouette de Jordan dans son champ de vision périphérique.

Une attention de chaque instant se voulant bien plus fatigante qu'en environnement forestier pour la brune, les muscles de ses cuisses commençant à la tirailler de cette relativement longue marche après des semaines entières de presque inactivité. Enfin ils parviennent à la maison visée, Melody laissant Jordan repérer les lieux, elle se contente de le suivre et de répondre à ses signaux. Le laissant partir en éclaireur pour observer au mieux possible les lieux, elle s'appuie contre le mur de la baraque, non sans continuer à surveiller leurs arrières ayant aperçu plusieurs silhouettes de zombies dans les parages. Elle progresse avec lui en silence jusqu'à se stopper à une porte, voyant Jordan lui demander d'attendre, un hochement de tête et l'affaire est réglée. Certes elle n'est pas rassurée de le laisser prendre la tête ainsi mais ne lui a t-elle pas dit un peu plus tôt qu'elle lui fait confiance et lui qu'elle peut vraiment le faire ? Elle se mordille la lèvre pendant l'absence du jeune homme, son regard émeraude se reportant sur Croc-Blanc pour constater avec soulagement que le jeune animal a l'air de pouvoir encore tenir le coup pour la potentielle visite de la maison puis la route de retour.

Jordan de retour près d'elle lui annonce le verdict, rien d'anormal, elle esquisse un sourire en retour. Il faut dire que le concept de normalité a grandement changé depuis quelques mois avant de lui lâcher un "Oui" dans un souffle quand il lui demande de le couvrir. Il ouvre doucement la porte faisant en sorte qu'elle ne s'ouvre pas en grand sans doute pour éviter qu'elle ne frappe contre un mur si elle n'a pas de buttée, il entre lentement un pas puis deux. Melody est derrière lui l'arbalète dressée visant au delà de Jordan pour parer à ce qui pourrait lui foncer dessus, bien qu'elle ne distingue rien d'autre que les murs assez larges d'un couloir. Un vestibule peut-être ? Toujours est-il que le jeune homme dépasse le débattement de la porte, elle va pouvoir le suivre. Melody esquisse un pas avant quand la porte d'entrée se referme brutalement à en faire tinter le métal du cadre de la plaque de verre opaque qu'elle porte en son centre. Heureusement que ces vitres là sont bardées de filaments métalliques ou autre joyeuseté les empêchant de péter au moindre choc.

Melody se précipite sur la porte pour la rouvrir, ce n'est pas normal quelque chose cloche, la main sur la poignée elle la baisse, la porte résiste. Le pêne s'est-il cassé, est-ce que quelque chose ou quelqu'un l'empêche de la rouvrir, elle ne sait pas mais elle le sent de plus en plus mal. La brune passe la lanière de son arbalète à son épaule pour libérer ses deux mains et ainsi se pendre à la poignée avant d'essayer de pousser la porte de l'épaule droite en même temps. De longues secondes passent avant que la porte ne cède et ne s'ouvre en grand venant butter dans quelque chose derrière elle, manquant également de peu de faire basculer Melody en avant qui se rattrape comme elle le peut au mur dans la maison tout en faisant deux pas rapides en avant.

La suite s'enchaîne à vitesse grand V, Melody se redresse pour voir le corps d'une femme terminer de s'effondrer sur le sol du sang giclant de partout, voir aussi une autre femme se ruer sur Jordan et le frapper avec quelque chose en hurlant. Jordan qui tombe à genoux en lâchant sa machette et cette même femme essayant de se pencher pour ramasser l'arme blanche. Une seule solution s'impose à elle devant le danger alors qu'elle mettra trop de temps à prendre l'arme de jet à son épaule, une solution découlant de l'instinct et non de la réflexion. Elle l'implore, se focalisant sur sa cible, elle la ressent cette impulsion électrique qui lui parcoure le corps et le crâne, cette sensation de vide total qui la projette hors du temps et de son espace lui faisant entrevoir un autre monde. Du moins c'est la sensation qu'elle en a.

La femme se penche de plus en plus se méfiant malgré tout des réactions du jeune homme mais poussée par la nécessité de faire vite, elle qui n'a pas du manquer le bruit de la porte. Trop tard la machette décolle du sol propulsée par une main invisible à la vitesse d'une balle de base-ball lancée à pleine puissance, la précision n'est pas au rendez-vous alors que le tranchant de la lame loupe de peu la gorge, la trachée pour venir découper les chairs à côté là ou passe la carotide la tranchant net. La lame ne semble plus être contrôlée sa trajectoire dévie et elle part en tournant sur elle même percuter un des murs avant de retomber inerte sur le sol.

La brune voit la lame faire, le sang jaillir, les gargouillis s'échappant de la gorge de la femme alors qu'elle porte les mains à son cou en s'effondrant sur le sol. Melody perd le contrôle de son pouvoir alors qu'un réflexe la fait se pencher en avant pour vomir, elle titube en avant aussi bien par le choc de cette vision que le mal de tête qui vient lui vriller les tempes. Un genou sur le sol, elle tremble, elle doit se relever et aller aux côtés de Jordan. Elle parvient à se redresser, filant en avant pour retomber en ayant glissé sur le sang de la femme qui agonise et ce vide de sa vie sur le sol et qu'elle doit dépasser. Il n'y a plus que de la bile dans son estomac. La brune se redresse non sans déraper avant de pouvoir se ruer en avant et se laisser tomber à côté de Jordan.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mar 12 Avr - 23:24
Je venais de me faire transpercer par cette femme, la moitié de cette bouteille plantée dans la bas mon dos, pour ne pas dire dans ma fesse droite. Je n’avais pas poussé de cri, je n’avais presque pas ressenti la douleur, juste un vertige me bousculant vers l’avant, me forçant à relâcher tous mes muscles, me laissant tomber à genoux. Tentant malgré tout de bouger tant bien que mal, je ne pouvais rien faire si ce n’était espérer, espérer que cela serait rapide et sans douleur. Je voyais quelques étoiles, un vertige, la vision oscillait entre cette vue d’étoiles et l’obscurité. Je me sentais défaillir. Alors que mon buste commença à tomber vers l’avant, vers cette femme égorgée qui baignait dans son sang, j’avais pu apercevoir du coin de l’œil cette autre femme. Elle, qui m’avait attaqué avec cette bouteille venait de passer à côté de moi pour attraper ma machette qui venait juste de tomber au sol.

Je sentais mon corps tomber sur le sol, gardant mes yeux grands ouvert cependant malgré ma vision qui devenait de plus en plus trouble, de moins en moins nette. La porte s’était ouverte, et j’avais pu voir Melody entrer sur cette macabre scène alors que mon visage venait de tomber sur le sol, ma joue gauche sur le carrelage froid qui commençait à s’imbiber du sang plus ou moins chaud de ma précédente victime. Je ne pouvais plus réfléchir, je n’arrivais plus à entendre quoi que ce soit, une sorte de bourdonnement monopolisait mon ouïe. L’adrénaline n’avait plus aucun impact sur mon corps, mes sens commençaient tous à défaillir un à un. J’inspirais lourdement et lentement, j’avais mal en respirant. Je ne pouvais plus bouger, je me sentais vide, totalement vide, plus aucune pensée me traversa l’esprit. Aucune crainte, aucun espoir, juste la vision de la scène qui se déroulait devant moi, scène que je voyais plus ou moins du fait de ma position sur le sol.

La chasseuse était là, je n’arrivais plus à rien discerner, que ce soit ses mouvements ou autre chose. Ma vision s’assombrissait de plus en plus, me laissant deviner que Melody n’était pas armée. Cependant, j’avais pu sentir le corps de la femme qui m’avait attaqué s’effondrer prêt de moi, c’était proche, très proche. Alors que mes yeux se fermèrent, je pouvais voir la belle brune se cambrer pour vider le contenu de son estomac sur le sol. Est-ce que cela avait fait naître une émotion ou une réaction quelconque chez moi ? Non. Je n’avais pas la force ni le pouvoir de faire quoi que ce soit, ni même de penser. Je laisser mes yeux se fermer alors que je reprenais une inspiration lente avec ma bouche, laissant la douleur causée par ma blessure s’accentuer et se propager dans tout mon dos, mais aussi dans ma cuisse droite.

A cette sensation, je serrais les dents, chose qui ne faisait qu’empirer ma douleur qui grandissait à chaque seconde. Une douleur trop forte pour moi, pour ma conscience, ma plongeant dans un état second, proche du rêve, où ma seule vision n’était qu’un cauchemar, bien plus pire que le résultat de notre triste vie. Je savais que je n’étais pas conscient, je ne ressentais plus rien, plus aucune douleur, plus aucune sensation de vent sur mon visage, je n’entendais plus rien non plus. Un vide. Un vide qui se voulait sombre, ne pouvant rien observer, ni même mon propre corps. Je n’entendis qu’une voix, une voix féminine qui m’avait adressé la parole juste avant que je ne tombe à terre. J’étais certain d’avoir déjà entendu cette voix dans le passé, mais je n’arrivais pas à me souvenir où, et surtout, je ne savais plus à qui elle appartenait.

« Libère toi de tes chaines. La Reine est ton esclave. »

Sur ces simples mots, j’avais pu voir apparaître devant moi cette scène macabre qu’était ma boucherie. Je voyais mon corps, suspendu en l’air, maintenu à l’aide de deux paires de menottes, une paire à chacun de mes poignets. Je me voyais pendu par les poignets grâce à ces bracelets entravant ma liberté. Mais ce n’était rien quand je baissais légèrement les yeux. Mon ventre était grand ouvert, laissant mes entrailles à découvert, à moitié sorties de mon ventre, mais autre chose en sortait, et ce n’était pas humain. Une quinzaine de chaines sortait de mon ventre, des chaines en acier, de longues chaines.

Je n’arrivais pas à avoir du dégout pour ce que je voyais, je ne pouvais pas, je n’arrivais plus à rien ressentir si ce n’était une grande détresse envers cet homme qui n’était rien d’autre que moi. Toutes ces chaines étaient tirées par des silhouettes sombres et impossibles à identifier. Sauf deux. Deux chaines pendaient dans le vide, sans que personne ne les tienne ou ne les tire, contrairement à tous les autres. Malgré tout cela, malgré cette horreur, j’avais senti la présence de deux être à mes côtés. Sur ma gauche, je pouvais apercevoir mon corps, en parfait état. En costume. Le même costume qu’il portait à la chapelle ensablée. Ma conscience qui m’avait sauvé la vie à des maintes reprises était ici, à mes côtés.

Alors qu’à ma droite, je pouvais observer une jeune femme, les cheveux châtains clairs, les yeux verts. Une jeune femme que je reconnaissais à cet instant. La fille du Patron. En robe noire, les cheveux parfaitement coiffés, elle se trouvait à ma droite. C’était sa voix que j’avais entendu auparavant. Alors qu’elle leva son bras, bras qui était tendu et qui se terminait par un index pointé sur les menottes qui retenaient mon corps, elles n’étaient accrochées à rien. Ce n’était qu’une silhouette féminine qui les retenait. Une seule qui me retenait de tomber contre presque quinze personnes qui me tiraient vers le fond.

« La Reine est ton esclave, mais tu resteras à tout jamais son sujet. Libère toi de tes chaines. L’homme n’est pas censé rester tel un animal captif. Libère toi. Libère nous. »

Ces mots, je ne les comprenais pas. Je devais en trouver le sens, tout ceci avait un lien avec ce que j’étais, j’en étais parfaitement convaincu. Je ne pouvais que rester en proie en mes interrogations, laissant un grand nombre de question m’assaillir alors que l’homme à ma gauche prenait la parole pour me parler. Alors que je me parlais.

« Tu seras guidé par ce que tu es pour devenir ce que tu dois être. Un Dieu ou une arme. Tu seras maitre de ton choix. »

Je reconnaissais ces mots, ceux qu’il m’avait donné auparavant, peu de temps après mon réveil, malgré sa mort, il était revenu, encore et encore. M’épaulant quand j’en avais besoin, me soutenant lorsque c’était nécessaire. Ma vie ne tenait qu’à un fil. Je le voyais devant moi. Ce macabre spectacle, ou la plèbe souhaitait me voir tomber alors que la Reine me soutenait. Est-ce que la Reine était la Mort que j’avais défiée ? Qu’est-ce que tout cela voulait dire ? Les questions fusaient dans mon esprit. Je ne pouvais plus revenir en arrière, pas après ce que j’avais vu. Je devais me relever, ne pas laisser le Mal m’emportait vers le fond.

Alors que j’ouvrais mes yeux, je pouvais voir le visage de Melody, elle était proche de moi. Je paniquais. Qu’est-ce qu’il s’était passé ? Je posais mes mains à plat sur le sol carrelé pour y sentir un liquide poisseux et légèrement chaud. Du sang. Alors que j’exerçais une pression sur mes avant-bras pour tenter de me redresser, je fus contraint de relâcher la pression d’un coup sec, laissant mon corps retomber dans cette mare de sang. La douleur que je ressentais dans le bas de mon dos et dans ma cuisse était trop forte pour me permettre de bouger. A chaque respiration que je faisais, la douleur s’intensifiait, m’obligeant à serrer les dents. Je sentais mon pouls s’accélérer, tandis que le stress montait en moi, je voyais trouble, mais ma vision commençait à s’améliorer. Je n’avais aucune intention de rester crever ici, pas après ce que je venais de voir.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mer 13 Avr - 14:22
Jordan s'est effondré sur le sol reposant sur le ventre, la joue posée dans une flaque de sang, ses émeraudes en identifient la source comme étant à la première femme morte malgré les larmes qui roulent sur ses joues embuant sa vision. La brune lui passe une main sur le front dans un mouvement presque maternel mais surtout inquiet tout en l'appelant d'une voix aussi tremblante que ne le sont ses mains.

- Jordan...Jordan ?! Répond moi...

Il a les yeux clos et ne semble pas réagir au son de sa voix, elle se redresse quelque peu pour venir mettre ses fesses sur ses talons avant de laisser son regard se promener sur le corps de Jordan. Son regard tombe sur le morceau de bouteille planté dans le bas du dos ou le haut de la fesse du jeune homme, du côté droit ça elle en est sûre pour l'emplacement exact par contre d'autant plus que son coeur fait un loupé dans sa poitrine et la laisse presque incapable de réfléchir...Tout ce qu'elle sait c'est que ce n'est pas bon du tout. Elle n'ose pas le toucher, elle ne souvient plus de ce qu'il faut faire ou non, ôter ou non la bouteille brisée alors qu'elle peut voir à travers le tissu des vêtements du jeune homme que la blessure saigne. Un éclair de lucidité lui traverse l'esprit, elle sait qui saura ce qu'il faut faire : James ! Encore faut-il qu'elle arrive à joindre le campement, que quelqu'un soit près du poste-radio et des registres à cette heure ci...

Melody peine à dé-clipser le talkie de sa ceinture et à le mettre en marche. Un mélange entre panique, peur et sanglots se fait entendre de sa part dans le talkie une fois que les grésillements laisse filtrer le son de sa voix.

- Ici Melody pour le camp Snatch. J'ai besoin d'urgence de joindre James ou n'importe qui... Vous m'entendez ? À vous...


La brune attendra une minute ou deux avant de renouveler son message désespéré et à l'effet tout aussi incertain qu'une bouteille à la mer.

Finissant par voir Jordan revenir à lui ou du moins rouvrir les yeux, la chasseresse pousse un profond soupir de soulagement même si son soulagement risque de ne pas durer longtemps, au moins le jeune homme est-il encore conscient.

- Toi tu reste avec moi maintenant, je t'interdis de me refaire ça ! Parle moi, dit moi n'importe quoi !

Elle guette nerveusement aussi bien le talkie qu'une réponse du jeune homme.
Pendant tout ce temps là le troisième membre de cette excursion, à savoir le louveteau, a commencé par prendre peur et reculer avant de timidement revenir pour entrer dans la maison patte après patte progressant dans le couloir. Venant renifler le cadavre d'une humaine brune avant de poursuivre sa route, mettant les pattes dans le sang répandu au sol le rendant pistable par n'importe qui devant les empreintes de pattes ensanglantées qu'il laisse derrière lui. Venant pousser du museau sa mère adoptive qui semble ne se soucier que du grand humain étendu sur le sol. Croc-Blanc se met à renifler autour d'eux avançant une patte après l'autre toujours sans se redresser complètement et en gardant la queue entre les pattes même si ses oreilles sont dressées et tournent pour chercher le moindre son.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mer 13 Avr - 20:19
Je pouvais voir Melody à côté de moi, alors que ma vision redevenait plus ou moins claire, tout comme la douleur qui se propageait dans tout mon corps, dans ma jambe, mais surtout dans mon dos. Mes mains posées à plat sur le carrelage ensanglanté, je craignais de reperdre conscience sous le coup de la douleur si je bougeais encore. Mais il le fallait, nous ne pouvions plus rester ici, peut-être n’étaient-ils pas seuls, peut-être que les morts allaient finir par nous tomber dessus. Alors que je bougeais légèrement ma tête, je voyais la porte que nous avions empruntée encore ouverte. J’étais parvenu à entendre Melody qui paniquait, après tout, nous étions dans un bain de sang. Les morts allaient sans aucun doute arriver, l’odeur de cadavres allait sans doute les attirer. Elle semblait perdre ses moyens, me demandant de rester avec elle, de lui parler. Ma voix n’était qu’un simple murmure, mais je souriais, malgré la douleur, malgré ce bain de sang, je me sentais bien. Je n’allais pas mourir seul cette fois-ci. Cette sensation était un véritable soulagement pour moi.

« Il faut… fermer… la porte… Les morts… Dehors… »

Je posais mes avant-bras à plat sur le sol, fixant devant moi, en direction de la porte, où se trouvait le corps de la femme que je venais d’exécuter. Essayant de relever au mieux mon buste, chose qui fût plus que difficile. La souffrance que j’endurais à chacune de mes respirations qui devenaient de plus en plus bruyantes, de plus en plus rapides. Chaque fois que mes poumons s’emplissaient d’air, je sentais la douleur se propager dans tout mon dos, dans toute ma jambe. Alors que mes deux avant-bras étaient posés à plat sur le sol, je tentais de ramper plus ou moins vers l’avant, même si à chacune de mes avancés, la douleur devenait de moins en moins supportable, m’obligeant à serrer les dents et à fermer la bouche pour éviter d’hurler de douleur. Ne laissant que des grognements indistincts se faire entendre par Melody et le petit louveteau. Peut-être qu’ils entendaient aussi mes inspirations et expirations qui se faisaient de plus en plus forte, mes narines se gonflaient de plus en plus.

La douleur insoutenable avait pour effet de rendre ma vision de plus en plus trouble, ne me laissant plus le loisir de contempler mon œuvre, un massacre en plein vol. Alors que ma machette se trouvait à quelques centimètres de cette femme qui me l’avait volée. Je tentais toujours d’avancer alors que je rampais dans une mare de sang qui ne cessait de croitre de secondes en secondes. La douleur devenait de plus en plus effroyable, laissant une larme couler de mon œil droit, roulant sur ma joue rouge de sang. La Mort me tendait les bras, encore une fois. A cet instant, j’avais eu une seconde de doute. Une seule seconde sur le fait de me laisser aller pour ne plus souffrir, m’allonger et attendre de me faire faucher encore une fois. Une seule seconde qui m’avait empli de honte.

Qu’auraient dit cette femme et moi-même ?  Qu’aurait dit Stan ? Ils m’auraient craché dessus, et ils auraient eu raison. Aucun doute n’était permis. Je n’allais pas abandonner. Jamais. J’étais passé par tant d’épreuves, tant de sang avait été versé pour rester en vie, je n’allais pas m’arrêter là. Survivre encore et toujours. Cette nouvelle vie n’était pas plus pire que mes rêves. Je refusais de tomber dans un sommeil éternel. La chance de me réveiller n’allait certainement pas se reproduire encore une fois. J’avais continué à ramper lentement, du mieux que je le pouvais, imbibant mon t-shirt de tout le sang qui se trouvait ici.

J’avais de plus en plus de mal à avancer, alors que je me tenais sur mon coude gauche, je tendais mon bras vers ma machette au sol juste devant moi, machette vers laquelle je m’avançais depuis quelques instants. Alors que je tendais le bras droit vers ma machette au sol, mon avant-bras gauche glissa sur le côté, faisant tomber mon buste sur le sol et mon menton tapa brutalement contre le carrelage plein de sang, me faisant claquer les dents alors que par réflexe, j’avais essayé de soutenir mon buste en contractant les muscles de mon dos, ce qui n’avait eu qu’un seul effet, et même pas celui désiré. Je ressentais seulement cette douleur se propager dans tous mon dos. Alors que mon visage était sur le sol, sur ce carrelage plein de sang, je tendais mon bras gauche vers ma machette que je fis revenir vers moi pour la repasser dans ma main gauche.

Amenant ma main droite vers ma blessure, je m’approchais de la bouteille qui était plantée en moi. Je ne savais pas si je devais la retirer ou non, mais je ne pouvais plus garder ça là, ça me bloquait dans tous mes mouvements. Alors que mon index toucha le verre, ce simple contact emplissait mon corps d’une souffrance inégalable. Je sentais mon corps se faire assommer par la douleur. Elle était trop forte. Ma vision s’assombrissait. Je ne pourrai pas l’enlever. Il fallait que je reste conscient. Ma voix se voulait suppliante, je souffrais le martyr, c’était presque comparable au jour de ma mort.

« Melody… Enlèves-moi ça… Je t’en supplie… »

Melody Campbell

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Ven 15 Avr - 13:54
Melody le savait qu'elle aurait dû partir seule comme elle l'avait prévu, rien de tout cela ne serait arrivé, Jordan ne serait pas gravement blessé. Elle qui ne voulait que faire une reconnaissance des lieux, repérer le quartier pour s'assurer d'un passage vers la Zone de Chasse, elle aurait sans doute mit la journée à le faire mais elle aurait simplement fait le tour du quartier et rien de plus. Mais non il a fallu que Jordan débarque, il a fallu qu'il manque de faire louper le plan de la brune et il ne lui a pas tellement laissé le choix. Et bien sûr elle se sent responsable de ce qui arrive à Jordan quand bien même le jeune homme n'aurait peut-être jamais plié à son ordre de rester au campement. Elle aurait dû insister quitte à se faire détester en retour mais au moins il ne serait pas blessé à l'heure actuelle.

Pensée, culpabilité qui monte en elle alors que Jordan parvient à lui murmurer quelque chose en souriant...Mais qu'est-ce qui lui prend de sourire ainsi ? Elle se penche légèrement vers lui pour entendre ce qu'il lui dit, la porte à fermer, les morts dehors. Son sang ne fait qu'un tour alors qu'elle percute du hurlement poussé par la femme un peu avant, les zombies ont du l'entendre, ils entendent tout même si elle ne sait pas comment, ils vont arriver. De quoi ajouter à sa panique, elle acquiesce en silence et se remet debout comme elle le peut alors que ses membres tremblent toujours, faisant demi-tour pour rejoindre la porte d'entrée.

Son regard vert se pose sur le cadavre de la femme qu'elle a du tuer, essayant cette fois de passer au dessus de la marre de sang sans la toucher mais c'est peine perdue, il y en a trop. L'odeur caractéristique du sang s'est répandu dans l'air lui emplissant la bouche, lui donnant l'impression de le goûter, elle en tousse dans un réflexe tandis que la nausée revient pour rien alors qu'elle a déjà l'estomac vide. La brune s'appuie au mur pour progresser vers la porte alors que ses jambes se déroberaient bien sous elle, sa vision devient encore plus floue devant le nouvel afflux de larmes. Elle parvient jusqu'à la porte d'entrée et l'empoigne avant de la fermer, les coupant du monde extérieur, une bonne et une mauvaise chose.

Aussi court soit-il, Melody doit maintenant faire le chemin inverse pour revenir auprès de Jordan. Une boucherie, un carnage sur le sol clair de la maison, Jordan qui rampe sur le sol pour attraper une de ses machettes mettant toujours plus de sang sur lui, deux femmes morts vidées de leur sang qui s'est répandu sur le sol. La chasseresse tousse encore alors que son estomac se contracte à nouveau, l'horreur devant ses yeux auquel elle a participé en tuant une des deux femmes lui ouvrant la gorge avec la machette. Quand bien même c'est son pouvoir qui a agit, quand bien même elle n'a pas touché la lame de sa main, elle a l'impression de l'avoir fait elle même, d'avoir trancher la carotide de ses mains. Melody se met à détester les armes blanches, trop sales beaucoup trop sales là ou une arme à feu ne fait que des trous même si cela n'empêche pas le sang de se répandre également suivant l'endroit touché. Une arme à feu fait un travail propre en comparaison, l'homme qu'elle a tué d'une balle dans la nuque ne lui a pas provoqué ce dégoût d'elle même qu'elle ressent en cet instant.

La brune revient à la hauteur de Jordan en titubant se laissant de nouveau tomber à genoux près de lui alors qu'il entreprend d'inspecter sa blessure. Elle va pour lui dire de ne pas y toucher quand il le fait et elle voit bien à ses expressions l'extrême douleur qui le saisit à ce contact, elle lui pose une main dans le haut du dos seul réconfort qu'elle peut lui apporter lui faire sentir qu'il n'est pas seul. Le plus gros du pic de douleur doit passer puisqu'il prend la parole pour venir supplier Melody de lui ôter la bouteille.

- Je...Je ne sais pas s'il faut, ça peut être pire...

L'air suppliant qu'il a, la douleur qu'elle peut lire dans ses yeux sont loin de la laisser indifférente pourtant elle hésite, elle ne sait pas ce qu'il faut faire, elle ne sait plus ce qu'elle doit faire, elle ne sait plus si elle a déjà vu cette situation en vraie et non dans un film. C'est si facile les films et donnent de mauvaises idées aux gens, ils pensent qu'ils peuvent rester conscient malgré leurs blessures. La réalité est tout autre, elle même tient elle a sombré dans l'inconscience à chaque fois qu'elle a prit une balle alors que dans les films les gus se relèvent et repartent au combat tranquillement. Et ce talkie qui reste désespérément silencieux si seulement elle pouvait avoir les conseils de James au moins ça, la brune essaye de renouveler son appel laissant filer une bonne minute pendant laquelle elle n'entend à nouveau que le vide.

Elle regarde Jordan, le talkie, Jordan, le talkie avant que des bruits sourds et mats ne se fassent entendre accompagnés de râles. La brune sursaute en écoutant cela, les zombies sont déjà là, ils ont dus se cogner dans une baie vitrée quelque part dans la maison et eux sont seuls. Le talkie, Jordan, un soupir de résignation sort de sa gorge.

- D'accord mais il y a presque cent pour cent de chances que tu t'évanouisses...Je ne peux pas te sortir de là toute seule, je vais retourner au campement chercher de l'aide si tu reviens à toi et ne me voit pas ne t'inquiète pas !


Sa mâchoire se crispe alors qu'elle dépose le talkie sur le sol avant d'approcher ses mains du jeune homme, lui demandant de ne pas bouger. Ses mains tremblent alors que dans le même mouvement elle s'empare de la bouteille brisée et la tire vivement en arrière en la gardant aussi droite qu'elle le peut.

Melody fait rouler au loin la bouteille ensanglantée, priant pour que ce qu'elle vient de faire n'empire pas les choses. Elle n'a plus une seconde à perdre alors que les zombies se tapent dans la vitre pour le moment. Quoi que fasse Jordan, qu'il hurle, qu'il tombe inconscient ou non, qu'il lui dise autre chose, elle l'écoutera mais ne s'arrêtera pas. Se relevant elle récupère le talkie qu'elle enfourne dans une poche de sa veste, retournant à la porte d'entrée, elle l'ouvre prudemment percevant un couinement familier dans son dos, elle encourage Croc-Blanc à la suivre avant de sortir tout aussi prudemment de la maison. Si elle peut se glisser dehors en relative tranquillité, le retour ne sera pas le même alors qu'elle peut voir une dizaine de silhouettes de zombies converger vers la maison

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Sam 16 Avr - 0:55
J'étais perdu, pourtant je savais exactement où je me trouvais. Perdu dans ma conscience, dans mes choix mais planté ici, dans ce bourbier artificiel que j'avais moi même créé, seulement un vaste marais sanglant où je pataugeait comme un nouveau né dans son bain. Mon arme dans la main gauche, cette machette vierge de toute trace d'hémoglobine que je conservais dans cette main, m'y accrochant comme si ma vie en dépendait, ce qui, en l’occurrence, était plus ou moins vrai. Mais elle était là, je la sentais, la Mort qui venait me chercher, qui m'attendait, elle ne ferait que suivre cette souffrance qui m'attaquait depuis tout à l'heure. Je n'abandonnerai pas, je ne m’abandonnerai pas à elle. J'allais me relever encore une fois, j'allais me battre encore et encore. La survie à tout prix.

Cette infâme douleur que me provoquait cette blessure devait s'arrêter. La brune hésitait. C'était plus que légitime, tout pouvait empirer, mais je ne pouvais pas rester dans cet état. Totalement inutile et dépendant, chose que je détestais au plus haut point. Cette position de faiblesse que je haïssais, d'inutilité qui me revenait dans la gueule exactement comme le jour de ma mort, ce jour où j'avais perdu bien plus que ma vie, tout comme le jour de l'attaque où je n'avais rien pu faire d'autre que de ma cacher. J'enrageais d'être là, cloué au sol à cause de cette blessure. J'enrageais d'avoir dit à Melody que je ne la ralentirai pas, je me détestais de l'avoir déçu, une fois de plus. J'avais tout simplement explosé en plein vol, une fois de plus, une fois de trop.

Fermer la porte nous donnait plus de temps pour réfléchir à quoi faire, et du temps, nous en avions plus que besoin dans cette situation totalement désespérée. J'avais l'impression que la chasseuse paniquait. Sa voix tremblante et sa main posée sur mon dos qui se voulait rassurante au possible ne faisaient qu’accroître la colère qui était dirigée contre moi-même. Être dans cette situation, voir Melody dans cet état, tout ça me révulsait. Il ne fallait pas qu'elle laisse cette bouteille là, elle devait l'enlever, et le plus vite possible. Cela ne pouvait pas être pire que ça, c'était impossible.

Je ne savais pas ce qu'elle pensait, mais les râles des cadavres ambulants à l’extérieur l’avaient aidé à faire son choix, qui, à mon sens, était sans aucun doute le meilleur possible. Retirer cette bouteille de mon dos. Mais l'entendre dire qu'elle allait me laisser seul ici m'effraya au plus au point. Ma respiration s'accéléra. La brune ne m'abandonnerait pas, j'en étais sûr, absolument. Je baignais dans un bain de sang, ma respiration devenait de plus en plus rapide, j'avais peur. Peur de ce qui allait se passer, peur de la douleur, peur de perdre conscience mais aussi mes moyens. Elle allait chercher de l'aide, j'en étais sûr et certain. Je ne pouvais pas penser le contraire, surtout pas vis-à-vis de Melody.

Je serrai ma main autour du manche de ma machette tout en posant à plat ma main droite contre le carrelage écarlate, la sang était tiède. Est-ce que la froideur de la mort s'était emparée de la chaleur des entrailles de cette femme ? J'avais fait le vide dans mon esprit. Ce sang tout autour de moi, cette douleur qui refusait de s'arrêter, Melody qui s'apprêtait à retirer cette bouteille, ces cris cadavériques qui montaient à nos oreilles... Je faisais abstraction de tout cela à cet instant-ci pour remonter ma langue contre mon palais en serrant les dents. J'avais les yeux grands ouverts, la tête baissée pour que mon front touche le carrelage imbibé de sang.

J'avais senti la brune poser sa main sur la bouteille. Et je l'avais plus que bien senti, j'avais serré les dents suite à cette douleur jusqu'à pouvoir ressentir certaines de mes dents se mouvoir sous cette pression. Mon pouls s'était accéléré, ma respiration avait fait de même, et je pouvais sentir le sang taper contre mes tempes. J'avais renfermé mes mains en poing, l'un sur ma machette, l'autre dans le vide. Sentant que Melody retira d'un seul trait cette bouteille, je n'avais pu que subir cette atroce douleur en serrant les dents de plus belle, émettant un hurlement qui restait étouffé dans ma gorge alors que ma tête s'abaissant légèrement vers l'avant sous la douleur que m'avait provoquée Melody. Ma vision s'assombrissait, je me sentais défaillir. Malgré cette volonté de rester éveillé, de ne pas retomber dans un cauchemar qui pourrait ne plus jamais avoir de fin, je n'avais pu qu'une simple poignée de secondes à lutter alors que je sentais tous les muscles de mon corps se détendre avant de laisser mon esprit s'assombrir encore une fois, pour finir par rester allongé là, inconscient.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 16 Avr - 16:15
Melody lance un dernier regard derrière elle en direction de Jordan qui a sombré dans l'inconscience après la douleur qu'elle lui a infligée même si ce n'était pas du tout volontaire. Un murmure s'échappe de ses lèvres dans lequel elle lui promet de faire vite et de revenir avec de l'aide, promesse qu'il n'aurait de toute manière pas entendue même s'il était resté conscient. La brune referme la porte d'entrée derrière elle une fois qu'elle est sûre que son louveteau est également dehors, la retenant de claquer même si cela lui fait perdre de précieuses secondes. Espérant par ce geste empêcher la dizaine de zombies en approche de venir s'agglutiner à la porte ou pire encore d'entrer dans la maison. Rôdeurs qui l'ont peut-être ou non déjà vu faire, elle n'en sait rien et ne prend pas le temps de le savoir alors qu'elle se décolle de l'embrasure de la porte, se saisissant de son arbalète de ses deux mains avant de se mettre en route.

Elle profite de l'air frais pour s'en remplir les poumons avec de grandes inspirations, un peu trop rapidement alors qu'elle doit étouffer une brève toux avec son bras, mettant la manche de sa veste pressée sur sa bouche pour cela. Ce qui la ralentit plus qu'elle ne l'est déjà pour quelques instants après lesquels elle se met à courir à travers ce qui était autrefois le jardin bien entretenu de la propriété. Une vingtaine de mètres et elle doit déjà ralentir pour franchir le portail ouvert par lequel ils sont passés à l'aller et auquel elle n'avait pas prêté attention plus que cela. Ralentir non pas pour se repérer mais pour observer les environs, blêmissant un peu plus encore en constatant que de nouveaux zombies convergent vers la maison. Amer constat que de se dire que le retour est de plus en plus compromis et qu'elle risque de retrouver, qu'ils risquent de retrouver, la maison encerclée de rôdeurs à ne pas pouvoir rejoindre Jordan.

La brune doit absolument faire quelque chose pour éviter que la situation n'empire encore un peu plus du moins pour le jeune homme, sans vraiment réfléchir aux conséquences ni si elle pourra réellement y parvenir...Elle se met à faire de grands mouvements de ses bras pour attirer l'attention des rôdeurs se trouvant à une quarantaine de mètres d'elle, cinq rôdeurs pour être exact. Melody n'attend pas de savoir s'ils se mettent en branle dans sa direction pour faire volte face et partir en marchant le plus vie qu'elle peut. La trouille vissée au ventre et peut-être la mort aux fesses...

Cinquante, cent mètres de parcouru ? Elle n'en a aucune idée, tout ce qu'elle sait c'est qu'elle doit poursuivre sa route sans se retourner, sans regarder ce qu'il y a ou non derrière elle. Mettre un pied devant l'autre encore et encore, reprendre le même chemin qu'à l'aller et s'ils l'ont bien suivis arriver à semer les zombies derrière elle, derrière eux alors que Croc-Blanc trottine devant elle de cette démarche si caractéristique des loups. Il ne semble pas se soucier de qui pourrait les poursuivre mais est-il seulement en âge d'avoir déjà un instinct de survie vraiment développé pour cela ? Même cela elle n'en est pas sûre, elle a voulu le sauver du destin que lui réservait Matthew, elle a ses souvenirs d'adolescente pour lui dicter comment s'occuper de lui mais sans aucune certitude. Progresser à travers le quartier 1 est tout ce qui compte pour le moment pour pouvoir retourner au campement le plus vite possible même si elle reprend le détour fait à l'aller. Elle ne pouvait pas prendre le risque de tracer tout droit vu les zombies qui se trouvaient là quelques heures avant.

Enfin le quartier 2 se profile, elle touche presque à son but, son pas se ralentit manquant la faire trébucher dans le vide, elle ne peut pas prendre le risque de ne serait-ce se faire voir par des zombies et les entraîner jusqu'au camp alors qu'elle regarde enfin derrière elle pour ne rien trouver. Doit-elle s'en montrer soulagée ou non ? Impossible pour elle de le définir, les deux à la fois sans doute. Le campement se profile de plus en plus précis au fil des mètres jusqu'au moment ou elle arrive dans la cour. Elle est à bout de forces et les muscles de ses cuisses lui faisaient déjà mal, elle a l'impression qu'ils hurlent de douleur, l'implorant de s'arrêter et d'arrêter cette torture. Elle s'arrête presque au milieu de la cour, elle prend une profonde inspiration avant de hurler aussi fort qu'elle le peut.

- JAAAAAAAAMES ?!

Avant de se laisser tomber assise sur le sol, quelques minutes, juste quelques minutes de repos pour son corps avant de repartir d'une manière ou d'une autre. Quelques minutes avant de pouvoir se relever et partir à la recherche du médecin désiré s'il ne l'a pas entendu et ne vient pas voir ce qu'il se passe, il faut qu'elle le trouve, elle n'a pas d'autre choix que celui-ci.

Evènements

Anonymous
Invité
Sam 16 Avr - 19:34
Affalé dans une marre de sang à l'entrée de la maison et entouré par les cadavres frais des deux femmes, l'odeur du liquide biologique vital se diffusant à travers les pièces de cette habitation à l'abandon, Jordan est évanoui sous le poids insupportable d'une douleur atroce et ne se réveillera pas pour le moment.

Dehors, la tentative d'attirer les morts-vivants de Melody n'en aura détourné que deux qui firent attention aux gestes, sans bruit, de la chasseresse aussitôt partie en courant vers son objectif qu'était le camp Snatch, à sept cents mètres d'ici, de quoi nécessiter environ cinq minutes à cette dernière, devant s'arrêter - ou passer à la marche - à plusieurs reprises par l'excès d'efforts car elle ne dispose pas de l'endurance nécessaire pour couvrir cette distance en une fois, allant toujours plus lentement à mesure qu'elle avance. Elle arrivera épuisée pour tenter de trouver du secours et ne pourra repartir en course à pied, si elle devait y retourner sans moyen de transport, cela ne pourra se faire que par une marche ralentie.

Loin du camp, presque au bout de ces cinq minutes, à force de coups portés par la quinzaine de monstres au compteur des conséquences sur les vitres de la maison, trois autres venus percuter la porte d'entrée, les sons de vitres brisées surgissent et des râles parviennent dans le salon, la cuisine et l'entrée en écho croisés de parts et d'autres.



Eléments scénaristiques:
 

James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 18 Avr - 0:25
Assis sur le lit de sa chambre, la fenêtre ouverte pour profiter de l'air frais qui en venait, James était occupé à nettoyer le gilet tactique qu'il avait troqué avec Elizabeth, soucieux l'un comme l'autre d'optimiser leurs équipements pour être plus efficaces à l'extérieur. Une entreprise complexe, car l'extérieur en question était un monde emplit de tristesse, de violence et de surprises dramatiques, le maîtriser était de l'ordre de l'impossible quant à s'y préparer, c'était un exercice si imparfait que cela rendait l'idée de base presque obsolète, pour quiconque manquait d'espoir en tout cas.
Dans le cas du chirurgien et si il ne s'était pas toujours montré très porté sur l'espérance, il avait aujourd'hui des arguments de taille à opposer au destin qui s'était continuellement amusé à transformer sa vie en drame, aussi bien avant qu'après la fin du monde. Ces arguments étaient logiques, clairs et dans son moi profond, limpides à considérer et le premier était déterminant : Elizabeth, cette femme - la femme - pour qui il éprouvait des sentiments dont il se pensait écarté pour le restant de ses jours à force de déceptions et d'échecs en tout genre, autant dans les relations elles-mêmes que dans sa vie personnelle. A chaque jour qui passait, il se rendait compte et découvrait à quel point il l'aimait, ce qui était source d'un si grand nombre de craintes et de questionnements qu'il lui faudrait du temps pour démêler tout ça, à savoir avant tout jusqu'où il serait capable de la protéger et la préserver, et de quelle manière il pourrait la tenir loin du danger sans lui être un problème.

Le deuxième argument était son amie, Ivy, qui avait tellement souffert jusqu'ici et pour qui la seconde renaissance avait été un calvaire, dont il ressentait encore après toutes ces semaines une profonde tristesse et une douleur qu'il ne voulait que partager avec elle. Elle méritait enfin un peu de tranquillité, de ne plus subir jour après jour la folie du monde et ce qu'il avait de plus horrible à apporter. Le troisième de ces arguments, était le devenir du camp et ce qu'il était en mesure de lui offrir, car ce qu'il savait faire de mieux au-delà de ce qu'il avait tenté de réaliser, restait son aptitude à soigner le corps et l'esprit - bien que dans ce second cas il n'avait pas encore mit à profit ce qu'il avait retrouvé, et à cela, son pouvoir s'avérait encore et toujours être un poids conséquent dans la balance. Après tout, s'il avait quelques capacités beaucoup améliorées depuis le début de tout ça, du moins depuis son retour à la vie, à combattre à mains nues ou à user d'une arme à feu pour se défendre, moins mais également d'une arme blanche, ces disciplines au combat n'avaient pour but que de contribuer à sa survie et à son efficacité pour aider et soigner les autres sur le terrain, pour la survie de ses alliés, et c'est là quelque chose qu'il avait eu du mal à comprendre, jusqu'aux meurtres terribles qu'il avait du commettre il y a peu et qui avaient éclairci toutes ces incertitudes vis à vis de lui-même et de son rôle dans tout ça.

Tuer, il n'aimait pas ça, plus que cela il en était révulsé, c'était contre sa nature et contre tout ce en quoi il croyait, car James n'était pas un survivant pur et dur, au sens où tout à chacun l'entendrait en tout cas, prêt à tout et au pire pour préserver son existence, ce n'était pas ce à quoi il aspirait. Puisqu'il aspirait en réalité à avoir et apporter de l'espoir dans cette avalanche de drames, un peu de justice et de bonheur quand tout s'effondrait autour d'eux, il en avait à présent la conviction profonde, il n'était pas fait pour la jungle sans foi ni loi, mais pour la civilisation, l'humanité et la liberté de vivre dans la paix et sans crainte constante. James était surtout un vivant et au final, même si sa vie entière avait été rythmée par cette indécision, ce conflit sublimé par une carrière prolongée de soldat à la fois médecin-chirurgien, entre le combat comme partie intégrante des conflits et la protection pour préserver la vie et la paix, il avait décidé que c'était de cette façon qu'il voulait vivre cette nouvelle vie, quitte à ce qu'elle prenne fin plus tôt, exister comme un bienfaiteur, et non comme un conquérant. C'était là le dernier argument qui le motivait, équilibrer les forces de l'humanité, à sa minuscule et risible échelle à travers les individus autour de lui, par une voix de raison et de compassion, justifiant sa réalité en établissant une zone de soin et de protection sous la forme d'une infirmerie solide pour ces gens.

Tandis qu'un chiffon humide et savonneux à la main, il frottait comme il pouvait quelques traces de sang qui en soi étaient assez peu visibles mais qui aux yeux du chirurgien étaient un cri de souffrance du ou des propriétaires passés, une image qu'il ne voulait pas donner de lui, il perçut son propre nom crié d'une impression presque lointaine mais en même temps certainement à proximité, par une voix s'infiltrant de la fenêtre ouverte qu'il ne pouvait que distinguer dans ce silence : Melody. Prit d'une sensation foudroyante d'appréhension intense et de crainte au déchirement qui avait appelé son nom, il jeta sèchement le gilet sur le lit et se redressa debout, attrapant d'un geste particulièrement stressé et hâtif son Desert eagle sur la table de chevet de la chambre avant de courir vers la porte qu'il ouvrit à la volée, puis fonça dans les escaliers.

Il lui fallut à peine une poignée de secondes pour les dévaler, presque deux par deux, sentant les battements de son coeur s'accélérer dans sa poitrine et frapper deux fois plus fort, lui hurlant de faire vite, très vite, le plus vite possible qu'il blessa presque le mur par la force de son geste dégageant la porte d'entrée à son tour, avant de s'élancer dans la cour où il vit la pauvre Melody assise, pour ne pas dire presque affalée sur le sol et exténuée, cela lui sautait aux yeux. Craignant qu'elle soit blessée ou mal en point, pire encore, qu'elle ait été griffée ou mordue par un de ces monstres l'ayant surprise dans le périmètre du camp, il arriva près d'elle en se laissant pratiquement glisser contre le sol sur les quelques centimètres les séparant encore, et posa sa main prestement mais avec délicatesse sous son menton pour pouvoir la regarder dans les yeux à des fin de déduction médicale en gardant le canon de son arme éloigné sur le coté.

Avant cela, il jeta un regard derrière elle pour vérifier la paix des lieux puis revint très vite à elle pour lui répondre enfin sur un ton de grande peur marquée sur son visage et dans ses yeux bien ouverts :

« Qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce qu'il se passe ?! Tu es blessée ? Quelqu'un t'a mordu ?! »

L'orientation de sa question avait été presque instinctive car il n'en avait aucun doute : qu'elle ai crié son nom, à lui et personne d'autre ne pouvait avoir de lien qu'avec une blessure ou un état physique grave, car c'était bien son rôle, celui du médecin.
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