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[CS, A, EXP] Dérouillons-nous les jambes - 20/03/35
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 18 Avr - 0:35
Peu importait si mes yeux restaient fermés ou ouverts, le résultat restait le même. Des ténèbres imperturbables m'entouraient, m'avalaient, un noir intense que je connaissais bien jusque là. Le noir de mes songes, celui qui m'avalait chaque nuit sans pour autant me donner la moindre possibilité de m'enfuir, me retenant par les horreurs que je voyais chaque nuit, un noir de cauchemar. C'en était presque aussi effrayant que notre réalité, que ma réalité. J'arrivais cependant à trouver un certain réconfort à rester ici, plongé dans l'uniformité de mes ténèbres, je me replongeais dans le passé, celui dont je n'arrivais pas à me souvenir, celui qui me permettait de me considérer comme un humain, d'un homme qui avait et qui avait été aimé. Mon passé, celui dans lequel j'aurai voulu rester pour le restant de mes jours, avec ma vie, chaotique mais que j'appréciais plus que tout autre chose. Je me souvenais de cette noirceur, celle qui obstruait mon esprit et qui me rappelait ma première existence, sous une forme bien sombre, bien angoissante, mais qui m'avait permis de me remémorer certaines personnes que je craignais d'oublier. J'aimais ce mal qui m'enfantait, qui me façonnait, qui faisait de moi ce que j'étais à présent. Un homme qui connaissait sa voie, et qui arriverait à son but, peu importait le chemin qu'il emprunterait, j'étais prêt à le faire. A vivre tout en avançant, en m'approchant de plus en plus de mon but qui devenait de plus en plus limpide au cours des jours, ce que je faisais à cet instant-ci. J'avançais tout droit, malgré les infaillibles ténèbres qui ne souhaitaient que m'avaler à chaque pas que je faisais.

J'entendais mes pas résonner sur le sol que je foulais. Je reconnais ce claquement de mes semelles sur le sol, c'était les chaussures que je portais à l'enterrement de ma mère, et ce bruit était celui que je faisais lorsque je marchais sur le parquet de notre maison pour chercher la plus belle de ses robes pour l'en habiller. C'était comme ça que revenaient mes souvenirs perdus, sous leur forme la plus perverse et la plus sombre. Les souvenirs les plus difficiles remontaient à la surface, m'exposant la réalité des choses aussi dure était elle. Je n'avais pas ralenti, marchant dans cette obscurité imperturbable sans peur, uniquement avec la curiosité de savoir ce qui se trouvait au delà de tout cela, bien que je savais que ce ne serait guère ragoûtant, mais rien de cette nouvelle vie m'était désirable, et l'obscurité de mon inconscience restait toujours un meilleur refuge que le carrelage de cette maison où je m'étais retrouvé allongé, sans connaissance, au milieu de ces cadavres tout en baignant dans un marais sanglant.

« Mesdames et Messieurs, je vous présente ce soir, le Gala des Gens Heureux ! »

Une voix que je ne reconnaissais pas, qui avait surgie de je ne sais où, d'un certain endroit au milieu de cette obscurité, que personne ne pourrait trouver, et certainement pas moi qui errait ici comme un âme détachée de son enveloppe physique, cherchant quoi que ce soit, n'importe quoi pour se rattacher à ce qu'il lui restait de réalité. Exactement comme ce que j'étais en train de faire, j'essayais de me rattaché à ma réalité, pas la réalité non, mais bel et bien ma réalité, avec mon passé, mon histoire, mes souvenirs et mes émotions perdues depuis ce jour-là, depuis ce jour où l'irréparable était arrivé. Ce jour-ci où j'avais perdu le peu de choses qu'il me restait, ma vie, mes amis, mon humanité. A la suite de cette annonce faite par cet homme inconnu, j'avais entendu ce bruit que nous entendions lorsqu'un projecteur s'allumait pour illuminer la scène, qui était rapidement suivi par un rai de lumière. Mais ici, ce n'était pas vers la scène qu'était dirigé cette lumière, mais vers moi. Je me voyais être au centre de cette omniprésente obscurité, je ne voyais rien au delà de ce cercle lumineux dont j'étais le centre. Je ne paniquais pas, je savais par dessus tout que tout cela n'était pas réel, uniquement le fruit de mon imagination et de mon inconscience. Uniquement le fruit de mon sixième sens qui se révélait à moi pour me montrer le meilleur chemin à prendre, pour me donner la meilleure solution à chaque fois que le doute s'installait en moi.

Un autre projecteur s'était allumé, le même bruit, le même halo lumineux qui était porté une dizaine de mètres devant moi, illuminant un homme que je reconnaissais sans aucun doute. Moi. Il reflétait mon image, exactement le même costume qu'il possédait dans cette chapelle, les mêmes chaussures que je portais ce jour-là, le jour de l'enterrement. Il était moi et j'étais lui. Il faisait intégralement parti de moi, sa voix, ses conseils, ses sauvetages, ses excès de colère étaient miens, il était ma conscience. Que ce soit dans cette chapelle, que ce soit en me noyant aux abords de cet immeuble, il avait réussi à me pardonner, à m'aider, à me donner le courage de me battre quotidiennement contre ce monde qui nous était encore inconnu. Il se trouvait sur une scène, il était surélevé par rapport à moi, c'était à cet instant que je me demandais si ma conscience avait une place bien plus importante que moi-même dans ma réalité ? Est-ce que c'était moi qui lui donnait toute cette importance en l’idolâtrant ? Quoi qu'il en était, sans lui je n'aurai pas pu arriver jusqu'ici, ici qui semblait être ma dernière demeure. Même si rester ici signifiait abandonner, je n'arrivais pas à cesser d'y penser. Une mort définitive, plus de souffrances, plus de questions, plus de sang à verser, plus d'espoir inutiles, plus de larmes, plus de pertes... Je me laissais emporter par le désespoir alors que tout mon être me hurlait de me battre, de ne jamais abandonner, mais j'arrivais pas à stopper ces pensées, celles qui m'exhibaient la fin de toute ces souffrances de la manière la plus simple qui existait.

« Tu as ton libre arbitre, comme tu l'as dit, tu es un homme. Mais je vais te dire ce que je pense de tout ça, de ton hésitation. Quand tu étais en train de te noyer, tu as voulu vivre, ce jour-là, la situation n'était pas si différente qu'elle l'est aujourd'hui. » Il avait ouvert en grand les bras à cet instant-là, sa voix était forte, mais elle n'émettait aucune violence, elle voulait juste être portée à mes oreilles.

« On a tout perdu ! Absolument tout ! Maman, Stan, Elsa, tout le monde ! Que ce soit nos êtres chers ou bien nos connaissances, nos savoirs, tout cela nous a été enlevé ! Mais malgré tout, on a eu ce cadeau, on a eu cette chance, on a cette nouvelle vie, on a ces gens. Tu n'as pas réussi à protéger les tiens avant ta mort. Tu ne dois pas abandonner, tu dois te relever et te battre, encore et encore. Tant de choses nous tendent les bras, tant d'opportunités que nous ne pouvons pas refuser. Et ça, je sais que tu le sais, je sais que tu partage le même point de vue que moi. Ne te laisse pas abandonner à Elle, laisse-nous t'aider. » Sur ces mots, il me tendit sa main droite vers l'avant.

Tout ce qu'il m'avait dit était vrai. Peut-être que malgré tout ce que j'avais perdu, j'avais eu une autre chance. Une autre vie, d'autres camarades de galère avec lesquels il fallait que je continue à faire face à tout ça. L'abandon n'était pas une option, et c'était dans ces instants où je me félicitais d'avoir quelqu'un qui restait assez pragmatique pour me guider malgré mes périodes de doute. J'étais au pied du mur, la Faucheuse approchait à grands pas. Je n'allais pas la laisser me prendre encore une fois, certainement pas, j'avais fait mon choix. Rester du côté des forts, de ceux qui se relèvent quoi qu'il arrive. C'était ce que j'avais fait jusqu'à aujourd'hui, et c'était ce que continuerai à faire encore et encore. Malgré ces moments où j'étais grandement lunatique, il en ressortait cependant une chose qui se répétait encore et encore. Ma rage de vaincre. J'avais déjà vaincu la Mort elle-même, j'avais vaincu trois de ses rejetons, et quatre de ses résistants. Même si le doute avait par plusieurs fois embrumé mon esprit, j'avais toujours su traverser cette brume pour continuer sur le chemin que je devais suivre. J'étais assez fort pour me relever et pour continuer à le faire encore et encore. Je m'étais avancé de quelques pas, quittant le rayon de lumière du projecteur pour rejoindre cette main que je me tendais à moi-même.

J'étais prêt à traverser les ténèbres tout en quittant la lumière pour rejoindre ce qu'il me semblait être, la voie que j'avais choisi. Je ne souhaitais qu'une chose, attraper cette bouée de sauvetage pour ne plus avoir à rester seul, à me poser toutes ces questions. Il avait les réponses à chacune de mes interrogations, cet être qui n'était rien d'autre que moi-même me guidait dans cette obscurité. Un troisième projecteur s'alluma, illuminant à quelques mètres de moi qui me tendait la main. C'était elle. Elsa. Cette jeune femme dont je n'arrivais plus à me souvenir de son identité, elle avec qui j'avais été si proche après le départ de ma mère. Et dire que je n'arrivais plus à me remémorer son nom. Mais elle était là, vêtue d'un tailleur, les cheveux tirés en arrière, exactement comme elle était lorsque je l'avais revue quelques instants auparavant, au milieu de cette boucherie qu'était mon corps. Elle devait sans doute être morte elle aussi. C'était l'une des rares personnes que je connaissais à ne pas avoir d'informations sur sort, sauf quelques suppositions totalement infondées. Elle avait les mains au devant de son ventre, les doigts croisés quand elle prit la parole.

« Peu importe le chemin que tu choisis, tant qu'il te mène au même but, à notre survie, à nous tous. Ne laisse pas ton cœur s'obscurcir par des doutes, ne te laisse pas illusionner, c'est derrière la plus éclatante des lumières que se cache le plus sombre des royaumes. N'oublie jamais que la Reine est ton esclave, que quoi qu'il se passe, tu resteras devant à chaque instant. Aujourd'hui, c'est la loi du plus fort, les faibles ne doivent te servir que de piédestal, ils ne doivent pas être des obstacles. Les obstacles, on les franchi. Peu importe ce qu'il se passera, tu passeras avant les autres, la pitié et l'honneur ne sont plus des valeurs d'aujourd'hui. Tu ne dois que penser par la force. Le faible ne peut pas survivre dans ce monde, et tu n'es pas un faible. Peu importe les moyens, tu dois continuer à avancer. »

Elle avait terminé sa tirade en donnant sa main droite à mon moi qui lui avait tendu sa main gauche. M'exhibant le lien qui les unissait, qui nous unissait. Moi, ma conscience et ma raison. Plus de morale, plus de regrets, plus que mes intérêts. Cela paraissait odieux à première vue, mais n'était-ce pas ce que tout le monde faisait ? Ceux qui aidaient les autres ne le faisaient pas par pur intérêt ? L'individualisme brut, le plus pur qu'il soit, celui qui forçait les gens à s'entraider pour sauver leur peau ? Pour s'attirer leurs faveurs ? Sauver une vie pour que les autres soient redevables, s'attirer les faveurs des autres pour pouvoir gagner un peu de nourriture, toute ces bonnes actions n'étaient en aucun point altruistes. Elles étaient toutes calculées à l'avance. L'humanité était tombé alors que les morts se relevaient. L'homme était devenu un plus grand nuisible que le rat lui même. Ces parasites qui n'hésitaient pas à se dévorer entre eux dès qu'ils en avaient l'occasion. Nous ne valions pas mieux que ça. Mais peu importait ce qu'il se passait en ce monde, si cela pouvait m'aider à avancer, je n'aurai aucun scrupule à copier mes semblables pour pouvoir prolonger un peu plus mes jours en ce bas monde. La survie avait un prix, et j'étais prêt à le payer. Chaque acte avait son importance, chaque facteur aurait un poids dans chacune de mes décisions pour me maintenir en vie, encore et toujours plus longtemps.

J'étais toujours dans les ténèbres, face à ces deux personnes sorties de mon être, ma raison et ma conscience qui m'avaient donnés la voie à suivre, celle du survivant, de celui qui n'abandonnerait jamais. A cet instant-ci, je comprenais que ce n'était pas le Gala des Gens Heureux, mais mon Gala. Celui qui me faisait voir toutes les facettes de mon être, celui qui me rendait heureux de savoir qui j'avais en face de moi. Je n'avais aucun regret à être ce que j'étais devenu. Certains auraient pu définir ça comme un calculateur, un manipulateur ou encore un monstre, mais je faisais que recopier ce que faisaient tous les autres, je ne faisais qu'être humain.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 18 Avr - 14:17
Affalée sur le sol, ses fesses reposant sur le sol la brune triture nerveusement l'arbalète entre ses doigts alors qu'elle guette la maison, qu'elle guette la porte d'entrée pendant de très longues secondes jusqu'à voir la silhouette du médecin en jaillir. Un profond soulagement de le voir se ruer sur elle, James est bel et bien au campement, elle va pouvoir le supplier de l'aider et pourtant en même temps elle lit la peur sur le visage du barbu. Peur dont elle est sans nul doute possible à l'origine. Le médecin se laisse tomber, glisser jusqu'à elle pour lui redresser le menton et la forcer à le regarder. L'intense fatigue se lit sur son visage mais pas seulement, la peur qui si elle n'est plus au stade de panique reste bien présente, tout comme James peut voir qu'elle a pas mal pleuré également. Aux questions qu'il lui pose, elle le regarde comme si elle ne comprenait pas les faits avant de légèrement secouer la tête de droite à gauche.

- Pas moi non...Jordan...Pas mordu mais salement blessé...

Sa voix est mal assurée, ses yeux émeraude se fixent sur James même si elle a plutôt le regard perdu sur un point imaginaire, elle le voit sans le voir.

- Je voulais aller en reconnaissance du quartier 1 toute seule, tu comprend juste repérer les lieux et Jordan a voulu me suivre, il m'a promit de pas me ralentir, je lui ai cédé. Mais il a voulu visiter une des maisons malgré les dizaines de zombies présent dans les parages, on a contourné et il est entré. Tout s'est passé si vite, deux femmes l'ont attaqué, il en a tué une mais l'autre l'a blessé en lui plantant une bouteille brisée entre le bas du dos et la fesse du côté droit. J'ai du user de mon pouvoir pour la tuer...

À ces mots, elle lâche l'arbalète pour lever ses mains paumes vers le ciel en même temps que son regard se baisse dessus s'attendant à les voir couvertes du sang de cette femme. Et si ce n'est pas le cas, ses vêtements sont malgré tout ensanglantés. Ses longs cheveux venant tomber devant elle lui cachant pratiquement le visage mais au son de sa voix et à ses mains qui se mettent à trembler James pourra comprendre qu'elle est de nouveau sous l'emprise des larmes.

- Avant qu'elle ne tue Jordan...Je ne voulais pas mais j'ai pas eu le choix...C'était elle ou lui...Une boucherie c'est là bas, du sang partout...Jordan m'a supplié d'ôter le morceau de bouteille, je ne voulais pas mais je l'ai fait, il est tombé inconscient, le talkie marchait pas...Je l'ai laissé là bas mais il y a au moins une dizaine de zombies qui se dirigeait sur la maison. Je suis revenue ici, te chercher, tu es le seul à pouvoir l'aider...

La brune parvient à relever la tête vers le médecin, encore plus blanche que quelques instants avants, les larmes roulant sur ses joues pendant que sa voix se fait suppliante.

- James aide moi s'il te plait, on peut pas le laisser là bas, il n'y a que toi qui peut m'aider à le ramener...

Ce n'était certainement pas le moment de tout raconter à James même s'il n'a eu qu'un résumé de l'horreur s'étant abattu dans cette maison mais pour Melody il fallait que cela sorte. Inconsciemment elle avait besoin de dire les choses même si cela fait perdre quelques précieuses minutes. D'ailleurs quelques secondes après avoir terminé de parler, la brune essaye de se remettre sur ses jambes n'y parvenant que de justesse en serrant les mâchoires et encore elle a plus l'air d'un jeune enfant se tenant debout pour la première fois que de la fière chasseresse qu'elle est habituellement.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 18 Avr - 21:34







Poursuite de la Scène  









Éléments scénaristiques:
 

James F. Everett

Anonymous
Invité
Jeu 21 Avr - 0:56
A l'écoute de la chasseresse, James écarquilla davantage les yeux et devint livide, retirant sa main de son visage pour la laisser agir et lui-même se redresser en encaissant les nouvelles horrifiantes qu'elle lui apprenait. Jordan, gravement blessé par une bouteille en verre, frappé par une ou plusieurs femmes dans ce qui devait être un simple repérage, des zombies par dizaines, des vivants devenus morts, et le jeune homme qui était toujours là-bas à la merci des monstres et dans son état à cause de l'absence de réception au poste-radio. C'était surréaliste, un cauchemar venu de la plus profonde obscurité pour dévorer la lumière, tombant sur le ciel du médecin comme la misère sur le monde. Comment était-ce arrivé ? Pourquoi personne n'était au courant ? Pourquoi personne n'avait réceptionné l'appel à l'aide ? Pourquoi les choses avaient dérapé à ce point ? Il avait l'impression d'être tiré de son sommeil en pleine base militaire par l'assaut explosif d'une horde d'ennemis et de se retrouver jeté, désorienté, l'arme à la main au milieu d'un massacre, toute propension gardée et à sa petite échelle, mais l'effet était le même.

Il y avait des dizaines de questions qui lui venaient en tête, mêlant la surprise, l'incompréhension, l'indignation et la terreur des événements, c'était un vrai chaos et il ne pouvait même pas l'organiser. Il fallait prendre une décision tout de suite, dans l'empressement et se jeter dans un danger conséquent, pour espérer sauver un jeune homme qui semblait dans une position extrême. Prenant quelques instants en amenant sa main libre à son front et en fermant les yeux pour réfléchir, percevant ses tempes chauffer et la naissance de quelques gouttes de sueur perler, tandis que Melody se relevait tant bien que mal. Il voulait questionner, obtenir tous les détails de cette folle histoire et prendre un peu de temps pour s'organiser et établir un semblant de stratégie, mais chaque instant perdu rapprochait le jeune homme impulsif d'une mort certaine. Si il tardait à agir, il n'aurait aucun moyen de rattraper le drame qui s'en suivrait, il ne pouvait agir que d'une seule façon : dans l'urgence et la précipitation, même si il savait qu'il le paierait, c'était inévitable et il devait bien ça à Jordan pour le geste malheureux qu'il avait eu le soir de leur fuite du camp Jefferson.

« Ok, ok ok... » Répétait-il nerveusement en rouvrant les yeux vers la femme devant lui, venant poser sa main sur son épaule pour concentrer un peu de son attention au moins étant donné l'état de choc dans lequel elle était, avant de se dépêcher d'établir la suite. « Va dans le garage, il y a la Cadillac d'Elizabeth, je vais chercher les clés et un kit de chirurgie pour Jordan, puis on fonce d'accord ? Reste avec moi, il faut que tu restes avec moi, je vais avoir besoin de toi pour qu'on se sorte de cette crise. Vas-y, je fais au plus vite ! »

Il avait terminé en faisant plusieurs pas en arrière, hâtif et se retourna pour courir vers la maison en rangeant son arme dans son dos dans la foulée. Rien n'était encore clair dans son esprit sauf une chose : ce n'était pas le moment de tergiverser ni vouloir remettre de l'ordre dans quoi que ce soit, il fallait se dépêcher et agir, ensuite, quand ce serait fait, ils pourront se poser et démêler cette histoire. Encore une fois, l'urgence de la situation allait se payer, que ce soit par la précipitation, ou par la situation farfelue et il le savait, si il décidait d'être juste survivant, il n'aurait qu'à empêcher ce départ et s'organiser avec le groupe pour décider d'intervenir ou pas et établir une véritable stratégie d'action, minutieuse, préparée et sécuritaire, mais en prenant cette décision pour se préserver, il perdrait Jordan sans le moindre doute et ce n'était pas l'homme qu'il voulait être. Il avait prit sa décision avant que la situation ne s'impose à lui, agir en tant que vivant, en tant qu'humain, que médecin et c'est ce qu'un médecin ferait et ce qu'il ne pouvait que faire, prendre tous les risques pour sauver une vie car la vie d'autrui était plus précieuse.

Retournant dans la maison ouverte, il grimpa pratiquement deux par deux les marches et fonça dans la chambre qu'il partageait avec sa bien-aimée, l'ouvrant à la volée pour vérifier si elle était présente : personne. Il entrait tout de même, comme poursuivit par une horde de morts et inspecta rapidement la table de chevet, le lit, l'armoire et enfin le buffet, quand il tomba sur une clé de voiture laissée sur ce dernier. Certainement la Cadillac, Elizabeth l'avait laissé là, ce qui n'était pas une si bonne nouvelle que ça, parce qu'il ne pourrait pas lui demander de venir avec lui sans savoir où elle était allée et Melody l'attendait, Jordan surtout, l'attendait impatiemment. Jurant entre ses lèvres, avec un grognement bien à lui, il repartit en courant, faisant claquer la porte de la chambre et dévalant les escaliers pour se rendre dans le garde-manger où se trouvaient toutes les ressources, dont le matériel médical. En entrant, sans égard pour la porte, il s'empressa de fouiller les lieux pour mettre la main sur le matériel de soin et s'employa ensuite à vérifier chaque kit qui s'y trouvait, tombant - bien heureusement - sur un kit plus fourni et évolué en équipement de chirurgie. Remerciant le ciel intérieurement d'avoir mit la main sur ce matériel qui lui serait indispensable, d'office conscient que son pouvoir même serait insuffisant, il repartit à grandes foulées, commençant à suer davantage et avoir la respiration qui s'emballait plus concrètement encore par tous ces efforts élancés.

Il finit par rejoindre la porte d'entrée et la claquait à son tour derrière lui, il ne faudrait pas qu'il permette à des rôdeurs de surprendre les habitants - assez de problèmes pour un jour, puis il balayait la cour du regard pour ne pas risquer d'être surpris en se ruant vers le garage. Il avait l'arme à la ceinture dans le dos, le kit dans une main et la clé dans l'autre, contraint par l'urgence et trop concentré sur son empressement et les besoins immédiats qu'il avait laissé tout le reste de l'équipement à l'intérieur, ça aussi un survivant pur et dur y aurait pensé tout de suite mais lui, il n'avait que la vision du jeune homme à l'agonie dans une marre de sang en tête, sans parler des morts-vivants qui étaient peut-être déjà sur lui. Le temps d'arriver au garage, il appuya sur la clé pour déverrouiller les portes et se pressa d'autant plus à rejoindre le coté conducteur, ouvrant la portière pour s'engouffrer à l'intérieur et laissant le temps à Melody de s'installer aussi pendant qu'il plaçait la clé dans le contact. Ce campement semblait s'enfoncer de plus en plus dans la folie et le chaos, il le ressentait de façon toujours plus lourde chaque jour et cette idée ne lui plaisait pas, ce n'était pas un environnement où il pourrait s'assurer de la survie d'Elizabeth, d'Ivy, ou encore de la sienne. S'ils revenaient sans trop de casse, il y aura du changement à prévoir, car la situation ne pouvait pas rester aussi alarmante.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Jeu 21 Avr - 15:51
Je m'étais avancé de quelques pas pour rejoindre ces deux personnes que je connaissais plus que bien, avançant dans cette nuit artificielle qu'était l'obscurité de mon âme, où les seuls rayons de lumières provenaient de ma conscience et de ma raison. J'avais fait deux pas, peut-être trois avant de devoir m'arrêter dans ma marche. Quelque chose m'était tombé dessus, du liquide, un liquide que je connaissais bien, du sang. Une grande quantité qui se déversait sur le sommet de mon crâne, coulant rapidement sur mes épaules, mon dos, mon torse, tout le long de mon corps jusqu'à ce que je l'entende couler sur sol, jusqu'à ce que j'entende ces gouttes tomber dans cette mare qui venait de se former à mes pieds.

Du sang, je pouvais sentir son goût alors que quelques gouttes s'étaient frayées un passage entre mes lèvres. Était-ce tout le sang que j'avais fait couler durant ma vie précédente et celle-ci ? Assez pour remplir le corps de quatre personnes ? Le sang commençait à imprégner mes vêtements, les rendant plus lourds, augmentant la difficulté que j'avais pour me déplacer. Tout ça n'était-il qu'une façon de me faire comprendre ce que j'avais fait de manière philosophique ? Mon esprit était-il aussi tordu que cela ? Sans aucun doute.

Malgré toute les interprétations possibles et inimaginables que l'on pouvait faire de tout cela, une seule me vint à l'esprit. Si je souhaitais rester entier, le sang devrait couler. S'il fallait que je reste en accord avec ma conscience et ma raison, il fallait que je salisse les mains, que je me défende et que je défende les miens. Peu importe ce que l'on pouvait penser, le sang était tiède. Il n'était pas chaud, pas le moins du monde, il était tiède. La chaleur de la vie s'en était allée, par quatre fois.

Je n'avais aucun regret, aucune envie de changer ce que j'avais fait jusque là. On m'avait vidé des litres de sang sur le corps, et je m'étais remis à avancer vers la lumière. Je n'accordais plus aucune importance à tout ce sang, il avait fait de moi ce que j'étais aujourd'hui, et j'étais en vie. Peut-être plus pour longtemps à première vue, moi qui baignais dans un bain de sang, inconscient, je me baladais dans les méandres de mon esprit. J'étais bien ici, du moins, mieux que là-bas, pataugeant inconsciemment dans tout ce sang.

J'étais arrivé dans cette lumière, celle qui illuminait ma conscience et ma raison, mais aussi mon être à présent. J'étais monté sur la scène, au milieu de toute cette obscurité, je restais ici, dans le seul coin de lumière possible. C'était donc ça le message. Sortir de l'obscurité ne pouvait se faire qu'au prix du sang, le sang des autres. J'aurai peut-être dû me demander si j'allais bien, si mon corps resté là-bas allait bien, si j'allais me relever un jour ou bien rester ici, prisonnier de mes songes.

J'aurai peut-être du aussi me demander si j'allais bien, mentalement, si tuer des gens sans éprouver le même remord, même au contraire, en éprouvant une certaine satisfaction était quelque chose de normal de nos jours. Les codes avaient changés, la morale aussi, j'imaginais sans aucun doute que mon humanité avait fait de même. Qu'elle s'en était allée. Ce questionnement sur mon état d'esprit envers les autres ne dura que peu de temps. J'étais en vie, peu importait le prix de ma survie, je l'avais payé, et s'il augmentait encore et encore, je n'arrêterai jamais de payer l'addition.

J'étais plus que déterminé à survivre, et c'était assez ironique dit comme ça, car j'étais flanqué dans cette maison, embrassant le carrelage ensanglanté que j'avais moi-même repeint, incapable du moindre mouvement, restant ici, dans mon inconscience à patienter, à attendre de me relever pour pouvoir continuer mon but qui ne serait à jamais inassouvi, survivre. Même si au fond de moi, j'avais des regrets à me dire que je devrai quitter cette douce prison qui me permettait de me remémorer mes souvenirs d'antan que j'avais perdu depuis mon réveil.

Elizabeth R. Evans

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Sam 23 Avr - 0:20
Combien de jour s'était-il écoulé depuis la perte de notion du temps ? Qui tenait encore réellement les comptes ? Est-ce que ça avait vraiment une importance maintenant qu’ils étaient livrés à eux-mêmes dans un monde dépourvu de structure ? Sans doute oui, car s’ils continuaient à vivre, s’ils continuaient à se battre c’était dans l’espoir qu’un jour, ils puissent rebâtir quelque chose de solide, édifié par le sang, les efforts, et l'amour. Peut-être que dans cent, ou deux cents ans, les morts seront toujours un problème à l’humanité, mais qu’ils auront appris à vivre avec. Ou alors ils auront trouvé un remède qui aura éradiqué la maladie, mais si c’était le cas, quelle place auraient-ils alors, eux, les contaminés ? Seraient-ils pourchassés comme des pestiférés ? Serviront-ils de rats de laboratoire ? Ou alors seront-ils soignés également ?

C’était énormément de questions que se posait Elizabeth, des interrogations qui n'avaient jamais cessé de la tourmenté depuis bien longtemps. Comme tous les matins, elle avait accompli son rituel sportif, espérant ainsi retrouver sa condition physique d’antan, et lui permettant d’évacuer ses pensées parasites, mais dès qu'elle s'arrêtait, tout revenait comme un raz de marrée. A la suite, elle avait été récupérer assez d’eau pour s’assurer une toilette convenable. Installée dans la salle de bain attenant à la chambre qu’elle occupait, portes verrouillées, elle s’était déshabillée et débarbouillée à la maigre lueur de la lumière du jour qui filtrait à travers les nouvelles barricades installées par Mark, à l’unique fenêtre de la pièce. Quelques interstices volontaires avaient été laissées afin de pouvoir continuer à vivre dans cette maison sans électricité, et cela jouait également beaucoup sur le moral de chacun. C'était sans doute nécessaire, mais elle doutait que cela ne les protège vraiment sur le long terme. Il leur fallait quelque chose de plus réel, de plus solide.

Assise nue sur le rebord de la baignoire, une bassine d’eau légèrement en équilibre en face d’elle, elle venait presser avec douceur et application une petite éponge en mousse synthétique, laissant ruisseler l’eau froide sur sa peau encore brûlante, tandis que ses pensées vagabondaient d’une théorie à une autre, d’un espoir à une déception.
Reprenant légèrement conscience de ses gestes, elle pressa contre elle le petit bout de savon que James avait trouvé tout en se disant qu’il serait temps d’en rapporter un nouveau avant qu’ils n’arrivent au terme de ce dernier. C’est à cet instant qu’elle entendit un certain remue-ménage dans la chambre d’à côté, la sienne plus précisément.
Intriguée, elle tendit l’oreille, reposant la bassine à l’intérieur de la baignoire inutilisée, se séchant rapidement à l'aide d'une serviette abandonnée non loin, avant de s’habiller tout aussi vite, récupérant en même temps le VP70 qui avait patiemment attendu sur le bord du lavabo en le plaçant dans son dos, puis se demandant réellement ce qu’il se passait. Mais le temps qu’elle accomplisse tout ceci, l’intrus qui avait ouvert tous les tiroirs et les portes de l’armoire avait disparu.

« James ? » Hasarda-t-elle d’une voix fine juste simultanément à des pas lourds dégringolant des escaliers.

Les sourcils froncés, son regard s’attarda sur le gilet tactique encore présent sur le lit, ainsi que le sac à dos du médecin déposé plus loin, près du chevet, du moins le devinait-elle par la faible lumière. Ses doigts se posèrent sur le canon du FN FNC à l’entrée de la chambre, grattant de l’ongle l’embouchure d’un air pensif et inquiète. Était-ce James ? Ou quelqu'un était entré fouiller dans leur petit sanctuaire ? Son appréhension grimpa davantage lorsque le bruit de la porte qui se ferme brusquement retentit dans la maison.
Attrapant son arme à pleine main, elle se dirige tout droit vers les escaliers, sans réellement se précipité, craignant de se faire des idées pour rien.

Et alors qu’elle ouvrit la porte pour jeter un coup d’œil à l’extérieur, elle entendit le vrombissement du moteur de sa Cadillac, avant d’en voir le capot dépasser légèrement pour aborder l’asphalte de la route qui se dégageait devant elle.

Pris dans un élan de stress, elle s’élança en courant tout droit vers le véhicule en criant un « James ! » retentissant, s’interposant ensuite juste devant le capot avant qu’il n’ait eu le temps d’accélérer, les mains tendues devant elle presque posée sur la tôle en symbole d'arrêt, son regard se fixant dans les yeux du conducteur, la surprise et l’incompréhension peint sur ses traits. Sans perdre de temps, si James lui avait fait le geste de venir, elle se serait glissée sur la banquette arrière, à la place du conducteur avant de s’enquérir d’une voix pressante et légèrement sèche.

« Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que vous faites ? »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 24 Avr - 14:02
La brune voyait les réactions de James sans parvenir à en ressentir quoi que se soit sous le coup trop engluée dans ses propres sentiments et la scène d'horreur qui défilait en boucle devant ses yeux. Debout les pieds écartés pour se donner plus de stabilité, elle est ailleurs oui, ne posant son regard émeraude sur le médecin qu'à la main posée sur son épaule. Devant faire un effort énorme pour l'écouter et surtout percuter de ce qu'il lui demande, acquiesçant d'un signe de tête là pour lui dire que oui elle est d'accord et que oui elle reste avec lui. De toute manière que pourrait-elle faire d'autre alors qu'elle a promit à Jordan de revenir avec de l'aide, elle ne risque pas de se défiler malgré qu'elle ne soit pas certaine d'arriver à encaisser les choses tout du long.

Le médecin s'éloigne lentement d'abord puis il part en courant vers la maison, Melody le suit du regard avant de cligner des yeux rapidement et à plusieurs reprises. James lui a dit quoi déjà ? Ah oui le garage et la Cadillac d'Elizabeth. Avisant son arbalète sur le sol, elle se penche pour la ramasser, les muscles de ses cuisses la maudissant de les faire travailler, avant de la remettre à son épaule. Elle se tourne pour se diriger vers le garage quand elle se rend compte que son louveteau est près d'elle sans doute ne l'a t-il pas quitté depuis qu'ils sont revenus au campement et visiblement il a l'intention de venir avec elle. Sauf que non, ce n'est pas possible, modifiant sa trajectoire, elle se dirige vers son camping-car qu'elle ouvre pour faire monter le bébé loup à l'intérieur avant de refermer la porte sur lui avec un "Soit sage, je reviens". Revenir mais pas seule non avec Jordan et avec James, il ne peut en être autrement !

Melody se rend ensuite au garage dont elle ouvre les portes en grand puisqu'il va falloir faire sortir la voiture de là dedans avant de s'appuyer contre la carrosserie de temps que James n'arrive. Et elle n'a qu'une minute ou deux à attendre avant que le bip caractéristique du déverrouillage des portières ne se fasse entendre, suivi par l'arrivée en trombe du médecin. Si lui rejoint le côté conducteur, la brune ouvre la portière passager se laissant tomber en glissant sur le siège plus qu'elle ne s'y assoit, posant son arme de jet sur ses genoux, la tête de l'arme vers la portière puisqu'elle est chargée avant de refermer la portière. Toujours présente sans l'être vraiment, sa tête se tourne vers James.

- Je sais que c'est de la folie d'aller le chercher mais même si...enfin tu vois, on peut pas le laisser là bas...si jamais ya une chance que...comme Ivy, on ne peut pas la lui ôter, on ne peut pas le laisser...

La chasseresse a la voix mal assurée et a coupé plus ou moins ses phrases n'arrivant pas à les exprimer plus clairement alors qu'elle ne peut s'empêcher au pire pour le jeune homme. Tout comme elle repense à ce que Ivy a vécu, un nouveau retour à la vie, se retrouvant enfermée avec ce Soulstrange tout comme Matthew l'a été aussi mais ce n'est pas à lui qu'elle pense c'est aux autres qui sont morts ou disparus comme Seth. Et s'il y avait eu chance qu'il soit revenu lui aussi et s'il s'était retrouvé lui aussi dans ce quelque part avec ce monstre de pyromane et si...Trop de si, d'incertitudes mais si elle ne peut pas changer le passé, elle peut essayer qu'il n'arrive pas la même chose à Jordan, le jeune homme ne peut pas rester seul ainsi à la merci des zombies et peut-être pire encore.

James la voiture démarrée commence à avancer quand une voix se fait entendre puis la silhouette d'Elizabeth se fait voir venant presque poser ses mains sur la tôle du capot de la Cadillac pour la faire se stopper. Heureusement qu'ils n'ont pas encore prit d'élan sinon ça finirait mal. Laissant l'autre brune monter dans la voiture sur la banquette arrière avant qu'elle ne s'informe de ce qu'il se passe, du pourquoi ils sortent la voiture ainsi. James ne lui a donc pas dit, il n'a pas prévenu sa dulcinée de ce qu'ils comptent faire ? N'en a t-il pas eu le temps ou ne voulait-il pas le faire pour ne pas qu'elle vienne avec eux ? Melody songe certes à cela sans parvenir à aller chercher plus loin et là encore elle perçoit l'inquiétude de Liz ou ce qu'elle prend pour de l'inquiétude sans arriver à ressentir de l'empathie pour l'autre brune. Elle est présente physiquement, tenant le choc comme elle le peut en faisant les choses mécaniquement pour le moment, ses propres angoisses prenant le pas sur tout le reste.

- Chercher Jordan...


Les deux seuls mots qu'elle arrive à prononcer, laissant le soin au médecin de développer les choses et d'expliquer à Liz ce qu'il se passe. Tout ce que Melody pourra faire c'est guider James à travers le quartier 2 puis le quartier 1 pour qu'ils trouvent la bonne maison.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 25 Avr - 20:54







Poursuite de la Scène  








Éléments scénaristiques:
 

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 30 Avr - 14:18
James démarra la voiture sans avancer encore, qui vrombissait sous la pression de ses manipulations, préparant la première tout en entendant les mots de Melody qui tentait, si c'était encore utile, de le convaincre, à moins que ce soit elle-même qu'elle cherche à convaincre. Le retour, second retour à la vie d'Ivy oui, c'était une raison supplémentaire de tenter le sauvetage, car ils semblaient avoir une chance inexplicable et contraire à la nature de revenir malgré la mort et ses coups. Aucun d'eux n'avait la moindre idée sur ce que cela impliquait et les propensions dans lesquelles cette nouvelle résurrection pouvait avoir lieu.

Il était évident, c'est ce qu'il se persuadait à penser, que cela impliquait des circonstances bien particulières et après tout, le peu de choses qu'ils avaient découvert les uns vis à vis des autres laissaient entendre qu'ils avaient tous été mordus ou griffés avant de mourir, que ce soit de ça ou d'autre chose, il y avait quelque chose en lien avec ce qui transformait les cadavres en chasseurs ambulants et ce quelque chose était aussi terrifiant qu'il rendait la vie moins cruelle, puisqu'Ivy était revenue, contre toute attente, ils l'avaient retrouvé. Pourtant Doug avait succombé lui, quand il fut griffé et agonisait dans la caravane, sans revenir, ça semblait ne pas faire l'unanimité. Parfois, le chirurgien se demandait encore si tout cela était la réalité et si il n'était pas trompé par l'au-delà ou par des hallucinations quelconques issues d'une non-vie étrange, quoi que ce ça puisse être, tant il y avait de fantastique à cette nouvelle vie. Oh certes, il n'y croyait plus vraiment et savait à présent qu'il était dans la réalité, bel et bien revenu, mais une petite part de lui était toujours noyée dans un doute incompréhensible et incompris.

« Je sais Melody. » Répliqua t-il alors à la suite en ne croisant que brièvement son regard perturbé, lui-même étant plongé sous pression. « On ne va pas abandonner Jordan, nous allons le ramener, nous allons faire notre possible pour le ramener. Tu peux me faire confiance, je ne vais pas l'abandonner et je ne t'abandonnerais pas non plus, il faut se reprendre et faire vite, pour Jordan. »

Sur ces mots, il appuya sur la pédale pour faire avancer le véhicule, assez lentement tout d'abord malgré l'urgence pour ne pas faire une fausse manipulation à la sortie du garage, d'autant plus qu'il fallait ensuite se frayer un chemin à la sortie en évitant de taper le camping-car. C'est au moment où la voiture s'extrayait entièrement du garage pour tourner qu'il vit la silhouette d'Elizabeth s'interposer devant la voiture, ayant manqué de peu de la percuter quand il commençait à accélérer, son coeur fit un grand bond dans sa poitrine, concentré qu'il était ne pas l'avoir vu sortir ni entendu l'interpeller avant.

Son regard se posa sur le visage de sa bien-aimée et si il appréciait quelque part de la voir là, puisque tous deux s'étaient promis de rester ensemble dorénavant et qu'il l'aurait bien conviée si l'urgence ne l'avait pas empêché de la chercher, une autre partie fut rappelée à l'ordre par sa peur, celle de la mise en danger qui impliquerait la femme qu'il voulait préserver plus que tout. Il n'avait pas le temps de débattre avec lui-même de ses engagements contredites par son instinct de préservation, pour elle, il fallait agir vite et partir, chaque seconde passée étant une seconde de trop pour le jeune homme blessé et entouré de morts, le danger était sans précédent et c'est pourquoi il le fit, ce fameux geste de venir à Elizabeth, s'efforçant de faire taire et assumer ses craintes pour elle car elle serait d'une grande utilité vu ce qui les attendaient probablement, James avait besoin d'elle et en l'occurrence, Jordan et Melody aussi avaient besoin d'elle, il devrait composer avec les deux facettes de son rapport à sa dulcinée quoi qu'il arrive.

Dès qu'elle fut entrée, il appuya plus vivement sur l'accélération et engagea le véhicule qui sortait de la cour pour tourner à droite, vers le Quartier 1 selon les cartes. Ses mains agrippant le volant pour le maintenir, veillant sur ses gestes et sa méthode de conduite en priant pour qu'aucun cadavre ne vienne se jeter sur leur capot - qui sait ce dont ils étaient capables après tout, il laissa à Melody le soin de répondre à Elizabeth mais la chasseresse resta bien avare en informations, sans doute trop perturbée et choquée et comment ne pas l'être en étant à sa place ? Lui-même qui n'avait pas été présent au moment des faits était submergé par un stress difficile à gérer, il fallait pourtant y parvenir.

« Il a été blessé. » Reprit-il à la suite de Melody en jetant un regard dans le rétroviseur, la sueur perlant à son front malgré qu'il tentait de rester le plus calme possible. « Melody et lui étaient partis en reconnaissance au Quartier 1, ils ont voulu fouiller une maison, deux femmes les ont attaqué et Jordan a reçu un tesson de bouteille qui a du se planter à hauteur du bassin. Melody a du revenir en le laissant là-bas puisque personne n'était au poste-radio pour chercher de l'aide, le gamin est resté dans la maison entouré de rôdeurs, ça ne va pas être facile mais on va le chercher. Il va falloir se tenir prêts à avoir les bonnes réactions, chaque seconde compte maintenant. »

Il avait jeté un nouveau regard au rétroviseur, plus appuyé à l'adresse d'Elizabeth. Il aurait pu ajouter qu'il ne semblait n'y avoir eu aucune coordination entre le duo de sortie et les gens du camp, peut-être même n'avaient-ils même pas été vus sortant du campement et c'était probable puisqu'il avait retrouvé Melody seule dans la cour et dans cet état lamentable, il aurait pu insister sur le fait que personne n'était au poste-radio pour assurer le suivi du petit groupe, ces choses et bien d'autres qui reflétaient l'incompétence de cette communauté à travailler de concert et cela à présent, il ne pouvait l'incomber qu'aux chefs, dont un était ici présent. Il ne voulait plus trouver d'excuse à qui que ce soit et la colère ressentie à cette situation désastreuse qui aurait pu être aisément évitée, ou relativisée au moins si des secours avaient pu être envoyés rapidement, était considérable.

Il ne voulait pas accabler Melody, aussi ne dit-il rien, ce serait cruel car ceux qui souffraient en ce moment étaient le pauvre Jordan à la merci de tous les maux là-bas et la chasseresse qui avait du le laisser pour espérer l'aider. Il se doutait tout de même que malgré son manque de propos, Elizabeth saurait comprendre ce qui se cachait derrière le choix de ses mots et son regard, parce que l'irritation, au-delà de la crainte, du stress et de l'appréhension, était palpable. Ce n'était pas de la haine, ni des reproches d'un homme sans faille, c'était simplement un sentiment de désolation parce que cette communauté, il voulait la voir survivre comme il voulait survivre, et cela devenait de plus en plus périlleux à mesure que le temps passait. Il en découlait une profonde peur qui ne pouvait être corrigée sans que la communauté se corrige, pour cela il était prêt à s'investir autant que nécessaire pour faire sa part, mais il verra cela plus tard, quand Jordan sera ramené sain et sauf.

La Cadillac fonçait à toute allure, le moteur tournant à plein régime et les vitesses rapidement passées pour aller au plus vite, ce qui leur permis de rejoindre en moins de deux minutes les abords du Quartier 1 sur indications de Melody, le chirurgien croisant dans la course deux rôdeurs en plein milieu de la route qu'il avait pratiquement évité en se déportant sur la droite, non sans bousculer l'un deux qui alla finir bêtement au sol visage dans le bitume, pour ne pas prendre le risque d'un coup de volant trop brusque ou porté qui pourrait sonner leur perte. Il n'était pas un as de la conduite et préférait ne pas jouer avec le diable, ils avaient bien assez de problèmes comme cela.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 6 Mai - 23:46
Omettant volontairement la ceinture, assise sur la banquette arrière en compagnie du seul équipement qu’elle avait emporté avec elle par réflexe sans avoir pensé au reste, Elizabeth fléchit les genoux pour se rapprocher un maximum du siège conducteur et écouter ce qu’ils avaient à leur dire vis-à-vis de leur fuite précipitée.
La première réplique lancée un peu comme un bout de viande si mince à un lion affamé la laissa littéralement sur sa faim tandis que son regard se portait sur l’autre femme assise côté siège passager. Ses sourcils se froncèrent à son attention, cherchant une explication rationnelle à ces comportements cachotiers avant que James ne prenne le relais et finisse par préciser.

Les lèvres scellées, elle alterna son regard tantôt sur les épaules et le côté du visage du médecin, tantôt sur le miroir du rétroviseur qui lui donner le détail de son regard qu’il observait également de temps à autre pendant son discours.
Dès qu’il fut terminé, ses yeux jonglèrent d’un protagoniste à l’autre, avant de se laisser tomber en arrière, dos contre le dossier, sa main droite enserrant le canon de son fusil avec une anxiété de plus en plus grandissante. Pourquoi personne n’était venu au poste radio ? Quelqu’un avait-il faillit à sa parole de le tenir ? Il était vrai que depuis le déménagement vers cette villa, aucune organisation n’avait été remis en place, laissant tout à chacun le choix de se sentir responsable de la sécurité des autres, ou non, mais elle n’arrivait pas à concevoir que quelqu’un ai pu déserter un poste qu’il avait dit tenir. A moins que…

Elle releva le visage à nouveau vers le rétroviseur, croisant les yeux bleus d’un James plutôt contrarié, ce qui sortit la brune de son mutisme, lâchant d’une voix légèrement dépassée :

« Je ne savais pas que vous étiez sorti … »

Est-ce que quelqu’un était au moins au courant d’ailleurs ? Si elle avait croisé quelqu’un dans la maison au matin, elle supposait que cette personne lui en aurait parlé si elle avait été au courant. Et James voulait accourir à la rescousse du pauvre garçon et se jeter dans la gueule des morts sans elle ? Est-ce qu’ils avaient pris la peine d’avertir quelqu’un d’autre cette fois-ci ? Elle finit par chasser toutes ces interrogations de son esprit, car si elle en croyait les paroles de son bien-aimé, la zone serait hautement dangereuse.

Elle inspira profondément, passant sa main dans ses cheveux pour refaire son chignon le plus serré possible avant de vérifier les deux magasins de ses armes. Si seulement elle avait pu se préparer, elle serait partit avec plus de moyen. Et si Jordan était déjà mort ? Est-ce que ça valait la peine de risquer leur vie ? Dans un flottement de pensée, elle se remémora les paroles d’Ivy. On ne pouvait plus s’excuser de l’ignorance… . S’il y avait un espoir, un maigre espoir, d’espérer un retour, l’ignorer serait être coupable de sa condamnation.

« Combien de rôdeur ? »
Avait-elle finit par demandé à l’unique détentrice de cette information, sans relever le regard des gestes qu’elle accomplissait avec ses armes.

Avaient-ils seulement idées dans quoi ils se lançaient ? Des dizaines ? Davantage ? Avaient-ils pensés à un plan ? Avaient-ils parlé stratégie ?

« Si la maison est entourée de rôdeur, il va falloir une diversion pour qu’on puisse intervenir. Le Klaxon de la voiture ? »

Elle avait lancé cela comme une idée, une suggestion, et son ton allait en ce sens. Qu’ils se lancent dans un sauvetage désespéré d’un blessé coincé dans une maison encerclée était une chose, mais qu’ils s’y lancent sans réfléchir en était une autre. Loin d’elle l’idée de leur attribuer cette bêtise, mais il était certain qu’ils leur faudrait un plan.
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