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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

De l'obscurité nait la lumière - 18/03/35
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Mark Logan

Anonymous
Invité
Sam 9 Avr - 18:09
Interprété par Ivy Lockhart et Mark Logan

L'homme vient de passer trois semaines à devoir supporter la proximité des autres mais surtout des femmes du campement, étant le premier à se porter volontaire pour chaque sortie qu'ils ont pu effectuer. S'isolant des autres autant que possible le reste du temps à prier plus que d'habitude, n'hésitant pas à emprunter sa bible à James si celui-ci voulait bien le laisser faire, se plonger dans les Saintes Écritures quoi de mieux pour maîtriser les démons en lui. Ceux qui ne doivent surtout pas sortir et se laisser voir, ceux qui il le sait lui amèneront des ennuis dont il n'a pas besoin même si de son point de vue ils ne sont pas réellement un mal. Mark devant se forcer à se remémorer les sermons de son ami pasteur là bas dans sa petite ville, une des deux seules personnes dont l'ex mineur a réussi à se soucier un tant soit peu. Mais surtout le seul à pouvoir l'aider à contenir ses démons et espacer dans le temps leur sortie toujours plus violente à chaque fois. Depuis le temps il a trouvé une alternative à cela en se punissant physiquement mais même cela il n'aurait pu s'y adonner pendant ces trois semaines, trop de risques d'être surpris par n'importe qui.

Une autre raison l'aura poussé à se tenir aussi éloigné que possible des autres survivants ne les croisant que lorsqu'il ne pouvait faire autrement. Au milieu de toutes ces personnes bel et bien vivantes qu'il apprécie plus ou moins selon de qui il s'agit, un nouveau démon se tient, un démon ayant revêtu l'apparence de la petite brunette qu'il a dû abandonner dans cette ruelle il y a déjà des semaines. Démon dont il acquiert la certitude qu'il est une pure hallucination de son esprit à la construction bancale d'après le commun de mortels. Nul doute qu'il s'agit là d'une nouvelle épreuve que le Seigneur impose à son Enfant, nul doute qu'un jour ou l'autre il devra affronter l'hallucination lui faisant voir Ivy, se confronter à elle qui est une projection de sa conscience même s'il n'en connaît pas encore la raison. Mais il ne peut décemment pas le faire alors qu'il est coincé dans cette maison avec toutes ces personnes qui le prendront pour un fou s'il se met à parler tout seul devant eux.

Enfin arrive le jour où la horde des suppôts de Lucifer s'égraine à travers le secteur où ils vivent, se dispersant il ne sait où et dont il n'a pas envie de connaître leur lieu de rendez-vous. Tout ce qui compte c'est qu'il peut enfin sortir de cette maison et surtout mettre un peu plus de distance d'avec les autres. Jour béni doublement, son hallucination ne se montre pas lui laissant l'occasion de respirer tranquillement mais surtout de pouvoir mettre librement en place les différentes choses auxquelles il a réfléchis pendant son enfermement. Du moins commencer à mettre en place une chose qu'il trouve plus importante et urgente que les autres, à force d'examiner la maison et les ressources disponible sans parler du souvenir des emmerdes qu'ils auraient pu avoir en essayant de calfeutrer les ouvertures.

L'ex mineur ne perd pas de temps et part récupérer une boite à outils dans le stock de ressources, ouvrant cette dernière pour y dénicher un mètre pliable qui va lui servir immédiatement. Enfin presque, d'abord il entreprend de fouiller les différents meubles du rez de chaussée pour y découvrir ce qu'il cherche : un morceau de papier ainsi qu'un stylo. Mark faisant alors le tour de la maison pour prendre les mesures de chaque fenêtre ornant la façade hormis la baie vitrée qu'il sait d'avance ne pas pouvoir protéger aussi efficacement qu'il le faut. Notant précieusement chacun de ses relevés avant de mettre feuille et stylo dans une des poches arrière de son pantalon, il n'y a plus qu'à comme on dit !

C'est pas le tout mais maintenant il doit récupérer le bois stockés dans les ressources, d'ailleurs qui a eu l'idée débile d'aller coller du bois de récupération dans la maison et dans la pièce qui servait sans aucun doute de garde manger avant tout cela. Portant et déplaçant le bois pour l'installer dans la cour de la maison, il va pouvoir se mettre sérieusement au travail même si l'espèce de mini scie dans la boite à outils ne l'inspire pas vraiment pour la suite. Une légère brise finissant par se lever, il se rend compte qu'il ne sera pas à l'aise pour effectuer son travail surtout qu'en plus de cela il va avoir besoin d'un endroit ou il pourra surélever son bois. Bon cela n'est pas le plus important, il aurait fait avec les moyens du bord mais le vent l'emmerde profondément.

Avisant le petit bâtiment annexe qu'il a pu visiter avant que la horde ne débarque, il récupère le bois, faisant des allés et retours pour le déposer à l'abri. Et malgré qu'ils ne soient qu'en mars et la température encore un peu légère, oeuvrer ainsi lui a filer chaud et ce n'est pas terminé, son bois en place, il ôte sa veste puis son gilet pare-balles et enfin son tee-shirt pour finir torse nu. Son tatouage en forme de croix couvrant la moitié de son dos ainsi visible tout comme les nombreuses cicatrices couvrant son torse, marques de brûlures de cigarettes, traces laissant entendre que ce sont des coups de couteaux. L'homme s'apprête à ressortir son papier quand il capte enfin du bruit derrière lui, faisant volte face son regard marron se pose alors sur la moto garée mais surtout sur son hallucination d'Ivy penchée après la bécane et trifouillant l'engin.

"T'es quand même sacrément douée pour une hallucination..."

Puisqu'il est seul autant en profiter également pour taper la discute avec Ivy non sans se faire la remarque que son cerveau est vraiment tordu pour lui faire voir la petite brunette en mécanicienne...

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 9 Avr - 19:18
Cette horde avait pris tout son temps pour se disperser et enfin nous lâcher la grappe. Dès que la situation était redevenue plus gérable - j’avais laissé les plus combatifs de mes compagnons se charger de nettoyer la zone des rôdeurs avoisinants - je ne m’étais pas faite prier pour mettre le nez dehors et profiter du soleil et des températures redevenues bien plus confortables et printanières. Si j’avais passé un temps certain à simplement flâner en bordure de jardin, jusqu’à aller m’asseoir et simplement profiter du soleil adossée contre le mur ouest du petit bâtiment en bois, l’ennui me rattrapa assez rapidement. Après tout, je n’avais pas grand monde à qui parler alors que tous me paraissaient affairés à des choses qui me dépassaient presque toutes.

Ainsi, j’avais finis par me relever pour m’éclipser au monde extérieur, m’isolant dans le petit bâtiment de bois qui m’avait servi jusqu’à lors de coin tranquillité pour travailler à mes différents plans. Des plans de conception que je n’avais plus retoucher depuis des semaines, faute aux charognes gambadant dans la cour et à un Canadien dont je souffrais de plus en plus les absences. Mais parvenue à l’intérieur, mon regard tomba sur la petite moto-cross, garée dans un coin et reposant sur sa béquille. Je décidais de m’approcher de l’engin pour l’examiner, juste par curiosité jusqu’à ce que je remarque les traces de rayures sur ses plastiques et le petit réservoir, de même que les sillons ayant égratigné les tubulures du châssis. Une petite flaque s’était même formée sous le bloc moteur.

Intriguée, je m’étais accroupie, portant mes index et majeur gauches dans le liquide avant de le sentir, puis frotter les pulpes de mes doigts contre mon pouce pour en déterminer la viscosité et la nature. De l’essence, légèrement grasse. Cette moto avait eu un accident, à n’en pas douter. Rien de particulièrement violent selon moi, une bonne gaufre glissée sur quelques mètres, suffisamment pour faire remonter de l’huile et du carburant dans le filtre à air et laisser fuir l’excédent. Une constatation qui se mua en décision de savoir quoi faire pour occuper les prochaines heures.

Me redressant, je fis un tour complet de la bécane, découvrant que l’accident avait aussi mis à mal le système de freinage, rien qui ne nécessiterait un remplacement complet, mais un réajustement des mâchoires et des étriers, ainsi que le recalibrage des câbles. Un sentiment de confort s’empara peu à peu de moi, alors que je me sentais enfin utile à quelque chose de concret qui ne se limitait à buter du décérébré, tâche dans laquelle je ne valais pas pas grand chose en prime de cela. Chacun son rôle, chacun sa place.

Allant chercher ma caisse à outils, que j’avais laissée traîner dans le fond du bâtiment sur l’établi aux pieds de mon assemblage de feuille accrochées aux murs pour former un bien plus grand schéma, j’étais finalement revenue près de la motocross et commençais à démonter les différents éléments du système de freinage. Un petit boulot comme un autre, pour passer le temps et chasser bien loin mes idées noires constamment ressassées en boucle sans cela.

Cela devait bien faire deux bonnes heures que je bossais à démonter la moto, de nombreuses pièces se trouvant étalées tout autour de la carcasse de l’engin et de moi-même lorsque je finis par me rendre compte qu’un autre survivant faisait des allers-retours entre le monde extérieur et le petit bâtiment ; et je dus forcer sur mes yeux pour reconnaître la silhouette corpulente de Mark.

Je fronçais légèrement les sourcils en l’observant faire, il semblait rentrer des trucs que je distinguais vaguement comme des planches de bois, avant de finalement faire cogner - sciemment - la tête de la pince que je tenais en main contre une des tubulures du châssis de la moto, espérant attirer son attention. Je relevais le nez et la tête pour porter mon regard par-dessus le creux de la selle, le voyant finalement se retourner pour s’intéresser à moi. Ne m’avait-il pas remarqué depuis le temps qu’il entrait et sortait du bâtiment ?

Mais alors que j’allais le saluer poliment et le questionner sur la raison de sa présence et la nature de ce qu’il bricolait, il me lâcha une réplique complètement ubuesque. Bon, il y avait apparemment du compliment qui se cachait derrière, mais qu’est-ce que c’était que cette histoire d’hallucination ? Ça faisait deux semaines qu’on se côtoyait tous les jours, entassés dans cette baraque ?

Fronçant les sourcils bien plus franchement, mon visage se figeant dans une moue d’incompréhension et de réflexion, je restais silencieuse durant quelques secondes, les lèvres légèrement entrouvertes de béatitude avant d’arquer un sourcil surpris.

“Eeeuuuuuuuuuuh… Merci ?” me risquai-je à répondre après une longue hésitation. “J’ai mal compris ou t’as bien dit hallucination ?” lui demandai-je ensuite en posant sur lui un regard mêlé d’incrédulité et de soupçon, ne sachant pas s’il était sérieux ou si c’était juste un gros troll à l’humour particulier.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Sam 9 Avr - 22:25
"Ouep vraiment réaliste l'hallucination"

Ne pouvant s'empêcher de penser à cela en voyant la brunette froncer les sourcils d'incompréhension puis en la voyant faire une petite moue avant de la voir arquer un sourcil. Oui très réaliste et avec des réactions hyper bien faites, son esprit le surprendra toujours, il est vraiment capable d'imaginer de sacrés trucs quand même. Ce qu'elle lui dit alors le laisse perplexe, son tour venant d'arquer un sourcil en regardant la brunette, visiblement elle a envie de faire comme si elle ne savait pas de quoi il parle. Doit-il vraiment jouer le jeu et le lui expliquer ou se moquer d'elle et par extension de lui même ? Et si cela faisait partie de son épreuve et qu'il doive en passer par là pour la réussir, faire comme si tout cela est bien réel et exprimer à voix haute tout ce qui lui passe en tête. Peut-être qu'après il sera en paix avec lui même et surtout avec Dieu. Fort de cette réflexion, il approche de quelques mètres de son hallucination avant de lever sa main droite pour venir tapoter sa tempe droite.

"T'as très bien compris, ça fait quoi quinze jours, trois semaines que t'es là dedans. Tu croyais vraiment que je pouvais penser que tu es réelle ? Je sais très bien que tu es morte quand j'ai dû te laisser là bas dans cette ruelle, je ne vois pas comment tu pourrais être vraiment là."

Laissant retomber sa main droite le long de son corps, il approche un peu plus de son hallucination avant de poursuivre sur sa lancée.

"Je ne pouvais juste pas parler avec toi devant les autres, ils m'auraient prit pour un fou à parler dans le vide mais maintenant on peut le faire. Si je te vois c'est qu'il y a une raison alors dit moi ce que tu attend de ma part...Tu dois attendre que je te présente mes excuses pour ne pas t'avoir emmenée avec moi, mais je ne pouvais pas, pas sans y laisser ma vie. Je sais, c'est égoïste mais tu es morte là bas Ivy..."

Mark termine de parler en s'approchant davantage jusqu'à être assez proche de l'hallucination pour avoir la certitude qu'elle est parfaite jusque dans les moindres détails alors qu'il peut regarder la cage thoracique de la damoiselle se soulever au rythme de sa respiration. Un profond soupir venant franchir ses lèvres alors qu'il la regarde comprenant alors et même s'il disait le contraire que laisser la petite brunette dans cette ruelle a été une erreur qui lui pèse sur la conscience. Comprenant que tout ce qu'il a pu se passer depuis ce jour là n'a fait que l'entraîner un peu plus dans l'obscurité loin de la lumière protectrice du Divin.

Tout cela allant même bien au delà de cet acte avec Ivy, remontant dans son passé jusqu'à ce jour avec sa mère, ce jour maudit où il a vu son père...Mark ne parvient même pas à terminer sa pensée, baissant les yeux vers le sol, son regard croise alors les nombreuses cicatrices qui ornent son torse et même son ventre. Non rien de tout cela n'est sa faute, il n'est responsable de rien du tout ! Il y a forcément une erreur quelque part. L'homme passe alors sa main sur son visage la faisant remonter sur son crâne et terminée dans sa nuque avant qu'il ne secoue la tête et ne relève les yeux vers son hallucination, il n'a pas le choix, il doit l'affronter et subir les reproches qu'elle va bien pouvoir lui adresser.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 10 Avr - 13:40
Plus Mark avait parlé, et plus j’avais senti grandir mon incompréhension, et la gêne de soudainement me trouver face à lui. Ce n’était pas une blague, il me prenait réellement pour une manifestation douteuse de son esprit, un ectoplasme monté de toute pièce pour lui pourrir la vie et le hanter d’avoir laissé mon cadavre dans cette ruelle. S’il avait voulu éviter de passer pour un fou devant les autres, c’était visiblement cramé en ce qui me concernait tandis que le dévisageai avec une incompréhension encore plus grande, si c’était possible. Il s’était d’ailleurs suffisamment rapproché pour que je le distingue de manière nette, et son visage, son regard, ne laissaient aucun doute quant au fait qu’il était parfaitement sérieux et convaincu de ma non-existence.

Relâchant les outils qui encombraient mes mains, je me redressais ensuite pour lui faire face, devant malgré tout lever le nez pour trouver son regard. D’un geste légèrement confus, je me passai une main sur le front puis la laissai courir dans ma chevelure, avant de la retirer d’un geste brusque en lâchant un “putain” bien senti, constatant les traces de cambouis noirâtre et graisseux qui souillaient mes doigts avant de reporter mes noisettes sur Mark.

Je le découvrais torse nu et, pire encore, bardé de cicatrices diverses et variées dont je ne voulais même pas connaître l’origine. Des scarifications dont la présence mirent quelques secondes à m’interpeller, là où nous autres ressuscités avions vu notre peau gommée de toute marque à notre réveil. Et si le problème de Mark, de me voir comme une farce de son esprit n’était pas le fait d’un désordre mental, mais de la simple ignorance ? Mes noisettes durent s’assombrir d’une lueur de compassion et d’empathie en croisant ses propres prunelles. Était-il possible qu’il ne sache pas qui nous étions ? Ce que nous étions et ce qui nous était arrivé ? Ça me paraissait totalement inconcevable en sachant que cela faisait plus d’un mois qu’il vivait dans le groupe. Si Mark était un homme “normal”, quelqu’un avait bien dû le mettre au courant quand même ? Juste par politesse, même s’il y avait là matière à ne pas y croire. J’avais beaucoup de mal à envisager qu’il ait pu rester dans l’ignorance, quand bien même ceci expliquerait sa réaction.

Des faits qu’il m’énonçait, qu’il rappelait à ma mémoire sans que cela ne me demande trop d’effort. En effet, j’étais morte dans cette ruelle, je lui avais demandé de me laisser là, me sachant condamnée et craignant sur le moment de risquer sa propre vie pour une cause perdue, poursuivis par les rôdeurs que nous étions. Une ruelle où il m’avait laissé, où il m’avait emmené après m’avoir sorti de cette chambre froide, qui avait été mon refuge et se destinait à devenir ma tombe. Une ruelle où j’étais morte, mais dans laquelle je n’étais pas revenue pourtant. Non, j’étais revenue une seconde fois, dans une cave lugubre, entre les mains du Libérateur. Ligotée, bâillonnée, avant même d’être revenue à la vie, j’étais prisonnière. Mon cadavre avait été fait prisonnier ; et aujourd’hui se tenait face à moi l’homme qui avait délivré ce cadavre, mon cadavre.

Un dilemme s’offrait dès lors à moi, alors que je dévisageai Mark dans un léger froncement de sourcils. Je pouvais sentir le doute et son cortège de soupçons s’insinuer de nouveau en moi, écorchant et lacérant ma volonté de mettre l’homme au parfum de la réalité de ses ongles acérés, m’intimant presque l’ordre de ne rien en faire, de le laisser errer un peu plus dans ses certitudes erronées pour obtenir des réponses, faire la lumière sur ce qui s’était passé entre le moment de ma mort et le celui de mon second réveil. Je pouvais d’ores et déjà ressentir une certaine culpabilité me saisir à simplement envisager une telle manœuvre, relevant de la manipulation de la réalité, voire de la torture mentale. Mais cette culpabilité se voulait bien dérisoire face aux doutes qui me rongeaient, la suspicion que je lui portais à nouveau. Et s’il n’était pas aussi innocent qu’il le prétendait ? Et si notre rencontre dans cette boucherie ne relevait pas du hasard ? Je devais le savoir.

D’un geste placide, presque désinvolte, j’avais glissé mes mains dans mes poches, laissant seulement mes pouces dépasser par dessus le tissu de mon jean. J’esquissais un petit sourire en coin, narquois, presque sardonique en le fixant plus intensément encore.

“Des excuses ne changeront rien à ce qu’il s’est passé, à ce que tu as fait. Je me moque de tes excuses tout comme je me moque des raisons qui t’ont poussé à abandonner mon corps là-bas,” avais-je commencé à répondre, d’un ton assez sec, presque insolent à son égard. “J’étais condamnée de toute manière, tout ce que je voulais, c’était reposer auprès des miens, ou au minimum ne pas revenir pour errer à l’état de cadavre ambulant pour l’éternité. Alors pourquoi n’as-tu rien fait pour m’épargner ce calvaire ? Qu’est-ce qui était si urgent pour que tu ne puisses pas trouver le temps de m’accorder le coup de grâce ? Je veux tout savoir de ce qu’il s’est passé entre ma mort et ton arrivée au campement, dans le détail, et alors peut-être que je consentirais à libérer ton esprit des chaînes ignorantes qui  nous entravent et nous lient.”

J’avais poursuivi mon putain de mensonge d’un ton plus monocorde, bien que l’on pouvait y déceler une pointe de reproche ; tâchant de garder dissimulé derrière un visage impassible la colère et le léger malaise ressentis d’agir ainsi, à ce point bouffée de doutes que j’agissais comme la dernière des salopes à l’égard de Mark. Mais si c’était pour obtenir sa version, sa vérité, ses confessions ; alors le sacrifice moral en valait la peine.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Lun 11 Avr - 16:32
L'ex mineur regarde son hallucination avoir diverses réactions qu'il ne saisit pas dans les détails et dont il ne comprend pas pourquoi elles viennent marquer son visage si ce n'est pour continuer à faire celle qui ne sait pas qu'elle n'est qu'une projection de son esprit. Penchant légèrement la tête sur le côté quand elle vient se mettre du cambouis sur le front avant de jurer à voix haute, chose qui l'aurait peut-être amusé en temps normal mais pas présentement. Terminant par la surplomber de toute sa hauteur, elle qui est si petite et semble si fragile devant lui, un peu le même effet qu'Ivy lui avait fait quand il l'avait trouvé dans cette boucherie. À la différence près que cette fois, il ne ressent aucune pulsion à son égard signe s'il en est qu'elle ne peut pas être réelle. Il la regarde mettre les mains dans ses poches avant de déployer un nouveau panel d'expressions liées à des sentiments ou autres dont il ne se pensait même pas capable. Il secoue la tête, il doit cesser de penser ainsi et arriver à la considérer comme étant bel et bien existante s'il veut parvenir à la faire sortir de son crâne.

Son hallucination se met à parler d'un ton qu'il n'apprécie que peu pour lui cracher ses quatre vérités, ses poings se serrent en l'entendant avant que les muscles de ses jambes ne se mettent à trembler légèrement. Il a une envie folle de lui écraser son poing sur la figure pour la faire taire, pour ne pas rester à écouter ce qu'elle lui dit mais à quoi bon faire cela alors qu'il ne doute pas que son poing ne la toucherait même pas, qu'il passerait au travers d'elle...Ses épaules s'affaissent lorsqu'elle prononce sa dernière phrase, visiblement il n'a pas d'autres choix que d'en passer par là s'il veut se libérer d'elle comme elle vient de lui dire. Exceptionnellement un maelström de sentiments bien réels viennent se mêler sur son visage, sentiments remontant à loin dans son passé quand il était encore capable de raisonner comme tout un chacun, sentiments qu'il n'a pas apprit à se fabriquer au fil du temps mais qu'il avait oublié. Vulnérable à cet instant précis, l'enfant d'autrefois revient à la surface, l'incompréhension, la peur, le chagrin et de la douleur.

Ses poings se desserrent avant qu'il ne fasse deux pas en arrière pour ensuite tourner le dos à la damoiselle et repartir vers son tas de bois. Mark essaye de se redonner une contenance en venant sortir la feuille sur laquelle il a noté ses mesures, faisant mine de la regarder avant de la poser sur le bois. Peine perdue, rien n'y fait, les paroles d'Ivy tournent dans sa tête et le rongent pourtant il aurait cru que...Il fait volte-face pour affronter le démon sorti tout droit de sa tête, revenant vers elle tout en se mettant à parler.

"Tu vois j'aurais pensé que le Seigneur m'aurait envoyé quelqu'un d'autre pour me juger, mon père ou ma mère en fait...Je ne sais pas pourquoi Il t'a choisi toi enfin si j'entrevois la réponse..."

L'homme se stoppe à un mètre de la petite brunette avant qu'un nouveau soupir ne se fasse entendre suivi d'un grognement rauque quand il se laisse tomber à genoux, ses fesses reposant sur ses talons, il relève ses yeux sur Ivy tenant à la regarder alors qu'il reprend la parole.

"Tu te souviens de la horde qui nous suivait quand j'ai prit cette ruelle avec toi dans les bras ? Je t'ai déposé au sol le temps de tirer un conteneur poubelles se trouvant là pour les ralentir ne serait-ce qu'un peu. Je suis revenu vers toi, tu m'as supplié de te laisser là, tu m'as donné des indications pour trouver le campement là où tes amis devaient se trouver et moi je t'ai suppliée de tenir le coup qu'on allait y arriver...Tu étais là étendue sur le sol, je voulais m'assurer que tu ne puisses pas revenir, que tu ne puisses pas te relever comme tous ces charognards. Mais je ne pouvais pas te transpercer le crâne pas avant que tu ne sois revenue, demande moi de tuer autant de ces choses que tu veux mais pas un être humain pas comme ça, pas alors que tu n'essayais pas de me tuer. Je ne pouvais pas le faire, tout mais pas ça..."

À mesure qu'il avait parlé, le ton de sa voix s'était fait suppliant, il implorait l'hallucination de bien vouloir comprendre ses raisons, ses choix même s'ils ressemblent à ceux d'un lâche. L'homme déglutit rapidement avant de poursuivre son récit d'une voix mal assurée.

"Je n'ai pas pu attendre cet instant, la horde se faisait plus pressante et un moteur s'est mit à hurler en approche directe sur nous m'assourdissant à moitié, ces hommes quels qu'ils soient se sont mit à tirer sur les charognards. Les balles fusaient de partout, je n'aurais rien pu faire contre eux, je me suis relevé et je me suis enfuit, je ne sais même pas comment ils n'ont pas pu m'atteindre quand ils ont tirés sur moi. Si j'étais resté, je serais mort avec toi Ivy, je t'en prie pardonne moi..."

Terminant de parler, ses épaules s'affaissent à nouveau et son regard se reporte sur le sol guettant les nouveaux reproches qui ne devraient pas tarder à arriver.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 14 Avr - 11:13
Plus Mark parlait, se confessait et se confondait en excuses, et plus je sentais la gerbe me prendre au ventre. Je déglutissais, la retenais enfouie et tâchais de ne rien trahir de l’immense dégoût, le mépris que mon attitude à l’égard de l’homme m’inspirait. Mon comportement relevait de la torture mentale, purement et simplement, j’étais tout simplement abjecte avec celui qui m’avait sorti de cette chambre froide et qui pensait désormais souffrir d’une folie et d’une culpabilité au point de m’imaginer revenir le hanter. Mark n’était pas un dégénéré, c’était pas possible autrement… Et pourtant, ce n’était là qu’une hypothèse qui ne se basait que sur l’ignorance évidente de l’homme et les nombreuses cicatrices qui le recouvraient.

Je laissais mon regard posé sur le sommet de son crâne lisse, alors qu’il s’était tu en baissant les yeux vers le sol. Réfléchissait-il ? Marquait-il une pause ou attendait-il que je reprenne, ou que j’absolve ses fautes qui n’en étaient pas ? Dans sa posture et ses propos, j’avais remarqué qu’il s’en référait au Seigneur. Était-il un croyant, ou juste un mec normal qui en appelait à Dieu de temps à autres, quand il errait dans l’incompréhension… Là encore je n’en savais rien.

De tout ce qu’il m’avait raconté, il n’y avait rien à blâmer, nullement et nulle part. J’étais très certainement la bien mieux placée ici pour comprendre ses raisons, son attitude et sa fuite. A sa place, j’aurais fait exactement pareil. Je n’aurai même pas pris le risque de me traîner un inconnu agonisant et infecté, et encore moins de sacrifier autre chose qu’un peu de mon temps avec lui jusqu’à ce qu’il clamse. Rien que pour cela, il méritait bien plus sa place dans ce campement que moi, là où je n’avais jamais rien fait pour me démarquer, pour mériter quoi que ce soit que de revenir au bon endroit, au bon moment, et de jouir de circonstances favorables. J’avais lentement mais fortement serrés les poings, jusqu’à me griffer les paumes de mes mains en sentant mon propre dégoût devenir de plus en plus intense, soutenue d’une colère plus grande encore.

Et au beau milieu de ces émotions ardentes de négativisme se frayait sournoisement un certain soulagement empli de certitudes. Mark avait parlé d’un véhicule rugissant, d’hommes débarqués de nulle part, droits sur nous, droit sur lui, ouvrant le feu sur les rôdeurs et loupant Mark d’une manière incroyablement maladroite et chanceuse. La chance, je n’y croyais plus depuis bien longtemps.

Par ses explications, j’entrevoyais soudainement un très bref rayon de lumière éclairant mon ignorance de ce qu’il s’était passé suite à mon trépas. Ces types qui avaient déboulés… C’étaient sûrement ceux du Libérateur… Ils devaient savoir, avoir eu les ordres ou les informations me concernant. C’était probablement ainsi que le Libérateur avait obtenu mon cadavre, la raison pour laquelle il l’avait ligoté dans ce caveau, en attendant que je revienne, ou pour voir si je le pouvais. Peut-être n’étaient-ce que ça, au final, ces os calcinés et ces cendres. Des tas d’individus infectés, trépassés, livrés au Libérateur mais qui n’étaient pas revenus autrement qu’à l’état de rôdeurs. Peut-être que le Libérateur n’était pas le monstre abject que je me figurais et craignais, mais le seul véritable sauveur, mon seul sauveur au final.

Mais le soulagement et les certitudes n’étaient pas du fait de la conception nouvelle que je me faisais du Libérateur, mais bel et bien de l’arrivée de ce véhicule, à l’endroit précis où je me trouvais, où Mark et moi nous trouvions. Il n’avait pas pu simplement débouler ici, au bon endroit et au bon moment simplement par hasard. Quelqu’un avait dû les y guider, et avec les soupçons que je faisais porter sur l’ensemble des hommes de Matthew, j’en voyais un qui se détachait tout particulièrement du lot. Clark et son Fox. Ça ne disculpait en rien tous les autres, ça le mettait juste un peu plus en avant, tout comme les craintes que j’avais fondées à propos de cette machine dès le départ.

Au moins avais-je désormais acquis la certitude que Mark n’était pas l’un d’entre eux, qu’il avait été sincère dès le départ et que notre rencontre n’était dû qu’au hasard, ou au Destin ? Peu importe. S’il me prenait pour une manifestation intérieure de son esprit, de ses remords, de sa culpabilité ou je-ne-savais-quelle personnification du jugement divin à la sauce Minos, roi de Crête ; il n’avait pas de raison de me mentir, de se mentir.

Le problème désormais, c’est qu’il allait falloir que je me dépêtre de mon propre mensonge, et que j’arrive à le convaincre de notre existence, notre réalité à tous, que je tienne ma promesse de le libérer des entraves de son ignorance. Et comme je ne pouvais pas me contenter de simplement disparaître puisque j’existais réellement.

“Mark…”
avais-je prononcé dans un souffle, d’un ton plus doux. “Je ne te pardonne pas, parce que tu n’as rien à te faire pardonner,” confessai-je ensuite en prenant un ton plus compatissant et amical. “Le problème, c’est que je ne sais pas comment te convaincre que ce que je vais te dire est vrai, parce que c’est juste complètement dingue, et… et que tu pourrais aisément penser, trouver, des raisons pour contrer chacun des arguments que je vais t’exposer. Tu vas te croire fou, pourrais penser que tout est faux, que rien n’est réel même, que tout est un tour de ton esprit, parce que la vérité est juste impossible à croire, même moi je n’y croirais pas si j’en étais pas la preuve vivante…”

Je marquais une légère pause, posant un regard à la fois craintif et désolé sur le pauvre homme, avant de reprendre.

“...parce que je suis vivante, vraiment. J’suis pas une hallucination, et tu perds pas la boule. Je pensais juste que tu étais comme moi, jusqu’à aujourd’hui, et vu que c’est apparemment pas le cas, j’suis étonnée que personne ici n’ait eu la décence de te mettre au courant de ce que nous sommes tous, vraiment.”

J’avais porté ma main gauche à proximité de ma ceinture, où se trouvaient glissé les différents couteaux de lancers, par simple mesure de précaution si jamais Mark venait à péter les plombs ; ce que je trouverai aisément compréhensible mais que je ne voulais pas non plus spécialement subir, surtout après m’être jouée de lui de la plus ignoble manière qui soit.

“J’ai bien été mordue par un infecté, mais pas à Snyder. Enfin, pas la première fois… La première fois, c’était en Août, et c’était du côté d’Austin. C’est là-bas que je suis morte pour la première fois, et c’est à Snyder que je suis revenue à la vie, à la ferme de Nelson Wallace, avec Samuel. Et tous les autres ici ont vécu la même chose. Samuel, Elizabeth, James, Melody… Tous ceux que Nelson ramène ici… On est tous des ressuscités… Tu pourras leur demander à tous, ou les faire venir ici. Tout le monde me verra aussi bien que toi, parce que je suis bien là, et... et que c'est plutôt à moi de te demander pardon.”

Je me taisais, laissant ma phrase en suspens afin de permettre à Mark de digérer la nouvelle, et surtout voir quelle allait être sa réaction. Ma main gauche toujours à la même place, j’avais relevé la droite à hauteur de ma poitrine, paume tournée vers lui dans un geste d’apaisement, bien que j’étais moi-même livide et que je sentais mon corps trembler de crainte et de fébrilité.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Sam 16 Avr - 12:51
Les yeux rivés sur le sol Mark attend que son bourreau ne livre la sentence, à moins qu'elle ne s'énerve encore plus contre lui et elle aurait des raisons de le faire, après tout il l'a abandonné là bas. Et même s'il a essayé d'y retourner pour la délivrer de ses souffrances, pour lui éviter de finir en suppôt de Lucifer, cela ne change rien à la donne d'autant plus qu'il a échoué au final et n'a pas pu y retourner. Sans doute par lâcheté mais surtout fortement aidé par l'autre là qui joue les chef en herbe et lui a bien fait comprendre que si Mark fait un pas de travers cela ira mal, enfin c'est comme cela qu'il l'a prit en tout cas. Depuis l'épisode du centre commercial, il a aussi compris qu'ils sont sous surveillance d'un autre groupe qui veut leur peau même s'il ne sait pas pourquoi et du coup il se voit encore moins qu'avant partir seul dans Snyder pour essayer de retrouver Ivy. Oui, l'ex mineur n'a aucune envie de fournir à Samuel un seul prétexte tangible pour le virer du groupe, un groupe aux personnes tellement opposées que cela devient étrange qu'il fonctionne plus ou moins.

Mais un groupe quand même, des personnes bien vivantes qu'il est libre d'apprécier ou de haïr mais qui sont bien là. Un mois entier, cela faisait un mois qu'il n'avait croisé aucun être humain quand il est tombé sur la damoiselle dans cette boucherie, un mois sans pouvoir parler à quelqu'un, sans pouvoir se reposer sur quelqu'un. Il était à bout ce jour là, il s'en est bien rendu compte depuis mais il n'aurait pas pu continuer longtemps ainsi, épuisement physique et mental le lot de tout un chacun quand il doit être constamment sur ses gardes. Mark aurait fini par tomber d'une manière ou d'une autre et quelque part il chérit ce groupe bien plus que pour les belles s'y trouvant et même après les trois dernières semaines éprouvantes qu'ils viennent tous de vivre, ils étaient en groupe aucun n'était vraiment seul malgré ceux s'isolant plus ou moins comme il a pu le faire.

Son hallucination reprend la parole d'une voix qui se veut plus douce, Mark relève la tête et le regard vers elle avant qu'elle ne fasse tomber le couperet pour mieux le faire remonter derrière. Il ne comprend pas où elle veut en venir, elle ne lui pardonne pas parce qu'il n'y a rien à pardonner selon elle mais alors pourquoi est-elle là devant ses yeux, pourquoi est-elle revenu le hanter ? Est-ce possible que dans son coeur l'obscurité de Lucifer a remplacé la lumière du Divin ? Vivante mais qu'est-ce qu'elle veut dire par là et pourquoi il ne serait pas comme elle enfin comme elle était avant, il n'y a pas cinquante manière d'être, soit vivant, soit mort, soit un de ces charognards errant entre deux. Qu'est-ce que les autres auraient dû lui dire à lui ? Non vraiment il ne comprend pas où elle veut en venir, où Il veut en venir dans cette épreuve.

L'ex mineur voit la petite brunette porter la main à proximité de sa ceinture, son regard se pose dessus l'espace d'un instant alors qu'elle continu à parler lui sortant une histoire abracadabrante et tirée par les cheveux. Ses yeux marrons s'agrandissent sous la surprise qui vient le saisir où vient se mêler de l'incrédulité, il ne peut pas croire à une telle chose, ce n'est juste pas possible. Toujours à genoux sur le sol, il se redresse légèrement de par ses fesses quittant l'appui de ses talons et si sa main droite se porte sur la garde de son couteau de combat en réflexe, sa main gauche se lève pour s'approcher d'Ivy jusqu'à venir toucher la paume de la main droite de la damoiselle. Restant paume contre paume quelques secondes qui lui sont suffisante pour déjà constater que sa main ne passe pas au travers de la petite mais aussi pour sentir la tiédeur de leur peau l'une contre l'autre.

Il retire vivement sa main tout en se jetant en arrière pour finir les fesses à même le sol, ses mains venant se poser à plat derrière lui il se recule d'une mètre ou deux tout aussi vivement en bafouillant.

"Ce n'est pas possible, tu ne peux pas être réelle, personne ne peut revenir à la vie excepté le Christ, personne ne peut échapper à l'armée levée par Lucifer..."

Et pourtant il ne saurait dire pourquoi mais son hallucination, si tant est qu'elle en soit vraiment une, a réussi à ébranler ses certitudes et à le faire douter et cela se voit sur son visage alors qu'il frotte compulsivement la paume de sa gauche avec les doigts de la droite comme si le contact d'avec Ivy le démangeait.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 18 Avr - 23:48
Le contact de la main de Mark contre la mienne m’intrigua quelque peu. Outre la différence majeure de taille entre sa paluche et la mienne, qui ne me laissait vraiment rien présager de bon si l’homme réagissait violemment à ce que je venais de lui annoncer, ou de lui faire subir plus avant encore. Mais ce fut le retrait et la réaction qui suivit dans l’instant qui me laissa le plus perplexe, et me blessa d’ailleurs à la fois le plus, suscitant chez moi autant que de compassion à l’égard de la détresse de l’homme qu’une certaine colère à propos de la honte que je ressentais, de ce regard que je ne voulais voir chez personne, pour lequel je cachais le stigmate de ma morsure sous les tissus d’un bandage et de mes vêtements. Je ne voulais pas être vue comme “la curiosité” ou “le monstre” du groupe.

La situation se voulait déjà bien assez lourde et difficile à supporter, la méfiance affreusement vicieuse et oppressante, je ne voulais pas en plus de cela devoir affronter des regards de dégoût, de crainte ou de haine de la part des autres. Sa remarque, balbutiée, probablement affolée ou emplie d’incompréhension, en tout cas d’une certain déni qu’il était aussi aisé à comprendre qu’identifier, ne fit que renforcer le profond dégoût dont je me blâmais, et l’énervement que je pouvais ressentir envers les autres pour ne pas avoir eu la décence de dire la vérité à Mark, toute insensée pouvait-elle être… A moins qu’ils ne l’aient fait et que c’était le chauve qui se voulait trop borné, trop incrédule pour en croire le moindre mot ? Quoiqu’il en était, je n’aimais pas du tout la position dans laquelle je me trouvais, bien malgré moi là encore, à devoir assumer le rôle de messagère de je-ne-savais-quoi ou qui.

Incarner dans un premier lieu l’espoir qu’on avait plus d’une “seconde chance” en réserve, et porter la culpabilité en fardeau d’en avoir privé certains ; l’expliquer aux autres et le prix qu’ils avaient dû payer pour sortir de cette ignorance jusque-là “bienheureuse”. Et voici que je devais me porter ambassadrice du royaume des morts non-morts bien vivants revenus de… putain ! J’étais la seule à pouvoir démontrer la vérité à Mark, de manière factuelle, juste parce que j’étais là.

Je posais sur l’homme un regard noisette profondément soucieux, sincère, en empathie avec son incrédulité face à la contradiction que je représentais pour sa Foi. Et moi qui ne croyais pas en l’existence d’un être Divin supérieur, du moins, pas un truc conscient et omniscient… J’étais aussi calée en physique que j’étais la dernière des piches en métaphysique. Et encore, pour ce qui était de la physique, mon retour d’entre les morts m’avait laissée un grand vide à combler de ce côté-ci. Alors je décidais de jouer la carte de la sensibilité, cherchant à rallier Mark à ma cause non plus en y allant de démonstrations purement factuelles et logiques, mais en lui offrant une main tendue, en transition et parallèles avec ces croyances. Après tout, s’il pensait que le Christ était revenu à la vie, pourquoi j’aurais pas eu le droit, moi ?

Lentement, j’avais redressé mes deux mains à hauteur de ma poitrine, les paumes tournées vers le sol cette fois-ci en geste d’apaisement. Je me trouvais profondément désireuse de ne pas aller trop chatouiller le bonhomme, ses croyances et ses idéaux qui avaient - et quelque part, ça me gonflait d’autant plus - le mérite d’apporter des réponses sensées à notre situation à tous. Après, la volonté Divine était désormais une explication aussi valable qu’une autre, et même moi, je n’avais d’autre choix que de l’admettre.

“J’ignore pourquoi ça m’arrive, pourquoi ça nous est arrivé...” avais-je doucement répondu, avec beaucoup de douceur bien que ma voix ne cessait de trembler légèrement d’appréhension. “Ça défie toutes les lois de la logique et de la raison, comme ces morts qui marchent ; mais peut-être qu’il s’agit juste de ça au final ? Une armée de morts levée par Lucifer, et de Dieu qui lève sa propre armée pour la combattre ?” Je haussais les épaules avec un certain fatalisme, secouant légèrement la tête de gauche à droite. “J’en sais rien… La seule certitude que j’ai, c’est que je suis bien vivante et que tu n’es ni un fou, ni un traître. Tout le monde ici te dira que je suis bien vivante, que c’est vraiment moi ; Samuel mieux que quiconque d’ailleurs.”

Puis je baissais le regard vers la moto en partie démontée, désignant celle-ci d’un geste du menton en ajoutant : “Et puis, si je n’existais pas, comment j’ferais pour démonter une moto ?”

Mark Logan

Anonymous
Invité
Mar 19 Avr - 14:35
"Tu étais un chérubin étincelant, le protecteur que j'avais établi ; tu étais sur la montagne sainte de Dieu, tu allais et venais au milieu des charbons ardents. Ta conduite fut parfaite depuis le jour de ta création, jusqu'à ce qu'on découvre en toi la perversité... tu t'es enorgueilli de ta beauté, tu as laissé ta splendeur corrompre ta sagesse. Je te précipite à terre, je te donne en spectacle aux rois."

Mark continu à se frotter la paume de la main avant de relever son regard vers la damoiselle, l'écoutant lui répondre en se lançant dans des suppositions auxquelles elle ne semble pas vraiment croire et qui pourtant font leur chemin dans l'esprit de l'homme. Il suit son regard quand elle le baisse vers la moto et lui demande comment elle pourrait la réparer si elle n'était pas réelle.

"Comment as-tu été précipité à terre, toi qui réduisais les nations, toi qui disais : Je monterai dans les cieux, je hausserai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, je serai comme le Très-Haut". Mais tu as dû descendre dans le séjour des morts au plus profond de la Fosse

Lucifer a été précipité en bas de la main même de son Père mais rien ne l'a empêché de remonter sur Terre avec sa cohorte de démons. Tu aurais suivi la même voie et Dieu t'en aurait ramené, il t'aurait choisie toi et les autres pour cela ?"


L'ex mineur se redresse le regard braqué sur la moto avant de s'en approcher pour s'intéresser aux outils et aux pièces de la bécane, se décidant enfin à répondre à la question de la petite brunette après s'être accroupi pour toucher les différents morceaux du puzzle de ses propres mains. Leurs contacts sur sa peau lui font penser que ceci est pourtant bien réel, comment une hallucination immatérielle pourrait toucher quelque chose dans cette réalité ?

"Parce que moi aussi je pourrais la réparer si je le veux, parce que tu savais avant moi que j'allais venir ici mais tu n'aurais pas dû pouvoir la toucher et encore moins la démonter..."


L'homme fronce les sourcils un bref instant avant de se remettre debout, ses pensées aussi décousues que peuvent l'être ses paroles lui font entrevoir de nombreuses possibilités. Encore une fois il invente tout et ne voit que ce qu'il veut bien voir mais surtout croire ou alors il se trompe sur toute la ligne et tout ce qu'il croyait jusque là le concernant, concernant le dessein du Seigneur pour son humble serviteur n'est que foutaise. Toujours est-il qu'Ivy peut être sûre qu'il est en proie à des questionnements et qu'il est profondément croyant, ses paroles le suggérant autant que la croix tatouée dans son dos et qui en prend une bonne partie alors qu'il se retourne une nouvelle fois pour s'éloigner d'elle et de la bécane. Retournant vers le bois qu'il a ramené là, il se signe en chemin avant de poser ses mains sur les planches, la tête baissée il regarde les noeuds du bois avant de reporter son regard sur certaines des cicatrices ornant son torse. Tout se mélange dans sa tête et s'il y avait une autre possibilité ? Mark se retourne et appui ses fesses sur le tas de bois.

"Et si en fait Dieu me mettait à l'épreuve depuis que je suis tout petit ? Qu'Il a posé ses yeux sur moi du jour où je suis devenu le cendrier vivant de mon père ? Qu'Il voulait que je m'endure pour me préparer à ce jour d'aujourd'hui où son Dessein m'est révélé, me laissant porter Ses marques...Si tout ceci est bien vrai alors tu dois porter toi aussi la Marque de Dieu sur ton corps ?"


Finissant par croiser les bras, l'ex mineur guette les réactions mais surtout la réponse de la damoiselle.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 21 Avr - 14:25
Je n’avais pas relevé le nez ni le regard des différentes pièces détachées lorsque Mark avait repris la parole. Les questions qu’il soulevait, au-travers de ses termes de croyants, avaient du mal à cheminer jusqu’à mon esprit sans nécessiter au préalable une transcription dans un vocabulaire qui m’était plus familier. Personnellement, toute maligne et intelligente que je me prétendais, les discours religieux, les allégories morales et les récits mystiques n’avaient jamais trouvé le moindre échos, la moindre résonance en moi. A mes yeux et mes oreilles, ce n’était qu’un charabia inextricable d’épopées et de leçons de vie dont je pouvais aisément me passer.

C’est pourquoi, à sa question, je ne pus que hausser les épaules dans une moue d’incertitude et d’ignorance. Je n’en savais rien. Ce n’était qu’une supposition parmi d’autres, et si Dieu - ou quoi que ce soit d’entité supérieure - était derrière tout cela, il n’avait pas laissé de carte de visite. Voyant par la suite l’homme s’accroupir et tripoter les pièces de la moto, me confiant qu’il aurait lui-même été capable de réparer la moto avant de partir dans des suppositions encore plus folles sur ma propre existence, les raisons de ma présence face à lui, j’eus juste envie de lui dire de ne pas foutre le merdier dans l’organisation de mes pièces détachées ; mais me contentais finalement de garder les lèvres closes. L’heure n’était pas à l’accabler d’autant plus alors qu’il avait vraiment l’air d’être perdu. Un sentiment que je trouvais parfaitement légitime.

J’avais relevé mes yeux lorsque le colosse se redressa, me dominant de plusieurs têtes avant de s’éloigner pour retourner vers son tas de bois. Dans son dos, je pus visualiser pleinement la croix tatouée couvrant une bonne partie de sa peau, ne me laissant presque aucun doute sur ses croyances et sa foi. Puis je m’accroupis à nouveau derrière le cadre de la bécane, remettant à leur place et dans le bon sens de manière presque maniaque les quelques pièces qu’il avait hypothétiquement pu déplacer. Je ne relevais le nez de ce puzzle que l’orsqu’il reprit la parole une nouvelle fois, partant de nouveau dans une sorte de délire explicatif, une persévérance à trouver un sens à ce qui n’en avait - pour l’instant - strictement aucun.

J’apprenais au-travers de ses mots d’ailleurs qu’il avait été la victime d’un père brutal ou violent, du moins très clairement sadique. Quel genre d’homme pouvait s’amuser à éteindre ses clopes sur le corps de son gamin ? Un taré. Un monstre. Y avait-il un message Divin à comprendre là-dedans, dans ce genre d’actes ? J’en doutais fortement, à moins que Dieu ne soit qu’un putain de sadique pour inspirer ainsi une quelconque ferveur chez un homme ? Remarque, Dieu et Ses volontés, c’était peut-être la bonne excuse toute choisie pour justifier tout et n’importe quoi ; et surtout ce qui pouvait dépasser la compréhension d’un enfant maltraité.

Quant à savoir si je portais la Marque de Dieu sur mon corps… C’en était une belle de colle qu’il me posait-là. Il y avait bien la nécrose sur mon avant-bras, mais ce n’était que le fruit de ma seconde morsure. A la première résurrection, j’avais littéralement fait peau neuve, comme les autres. Donc si Dieu il y avait, il semblait apprécier la virginité en toute chose…

D’un geste lent, j’avais gardé le silence durant de très longues secondes, relevant à peine le regard en direction de Mark que je ne distinguais déjà plus que comme une silhouette abstraite dans la semi-pénombre de cette espèce de grange recyclée avant de m’emparer d’une des mâchoires de frein pour la bidouiller distraitement entre mes doigts, replaçant ses pivots, goupilles et ressorts pour réussir à y glisser les garnitures.

“Je… Je sais pas trop quoi te répondre à vrai dire. Mon père n’a jamais levé la main sur moi,” racontai-je avec une pointe de mélancolie dans la voix. “Les rares cicatrices que je portais, je les devais à quelques gamelles à vélo, et une belle gaufre à moto. Mais à mon… réveil ? Retour ? … Le premier chez Nelson, plus rien, plus de cicatrice ; une peau lisse et gommée de toutes ces petites imperfections. Là encore, j’en sais rien, tout comme le fait de me réveiller ici près de quatre mois après ma mort, pourtant survenue en Août et à proximité d’Austin. Mes seuls souvenirs de cet étrange coma, ce sont des rêves complètement pétés dont je ne me rappelle presque rien, juste quelques images, des sortes de flash, assez flippantes, et des discours sauce prophétie de seconde zone,” avais-je poursuivi sur un ton assez monotone, comme si je parlais à voix haute, perdue dans mes propres pensées, plutôt qu’en pleine discussion ouverte.

Reportant mes noisettes en direction de Mark, à nouveau, un sourcil arqué avec une moue interrogative, je secouais doucement la tête, lui confiant ainsi que je n’avais guère plus à lui offrir. Puis je me redressais à nouveau, après avoir remonté une partie de l’étrier sur son disque de frein. Remontant ma manche jusqu’à mon coude gauche, j’avais ensuite ôté le morceau de tissu qui recouvrait ma seule cicatrice en date, et pas la moindre, pour finalement m’arrêter à quelques pas de l’homme, relevant mon avant-bras devant ma poitrine pour lui exposer le stigmate noirci de ma morsure.

“C’est tout ce qui me reste aujourd’hui, et ce n’est pas lié à mon premier retour, juste au second…” J’avais pincé les lèvres à la fin de ma petite remarque, cherchant son regard quelques instants avant de porter attention vers le bois empilé. Bois que je désignais de mon index droit pointé.

“C’est pour quoi faire tout ce bois ?”
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