Haut de page
Bas de page



 

[Spécial] Il revenait, celui qui erre - 19/03/35
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Camp Hope :: Périmètre

Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Dim 10 Avr - 20:26
Interprété par Melody Campbell, Samuel Freeman, Ivy Lockhart et Jordan Getz.


Les doux rayons d'un soleil timide pointaient leur nez depuis l'horizon en cette journée de Mars, dernière de l'Hiver et veille de l'équinoxe de Printemps, un calme de circonstance enveloppait le camp Snatch, suite au siège indirect mené par les hordes des morts qui avaient envahi tout le secteur. Et si ceux-ci avaient fini par se disperser aux quatre vent, le secteur tout entier n'en était pas moins dangereux. C'est en cette journée, le danger majoritairement écarté pour le moment, qu'un individu bien peu mais assurément connu du groupe refit son apparition, puisqu'il était resté invisible depuis des semaines maintenant.

Cet individu, un homme encapuchonné, vêtu d'une veste longue de cuir et de bandelettes de tissu grises couvrant ses mains en grande partie noires de crasse, de terre, de cambouis et d'essence dont il en sortait une odeur très vivace, s'avançait dans la grande rue qui traversait les résidences du quartier Ouest, la démarche relativement tranquille et un peu nonchalante, mollassonne, il portait le regard de parts et d'autres, scrutant la présence des morts qui jusque là avaient erré en masse jusqu'à saturation de tout cet espace et qui, à présent, étaient plus discrets.

Par chance ou pour une autre raison moins approximative, il n'eut pas à user de l'arme à feu qu'il avait dans la main droite, une Ak-47 ayant déjà vécu, marquant son passé de quelques égratignures éparses sur sa crosse et son canon. Son regard en vint finalement à se reporter devant lui, décrivant à une cinquantaine de mètres la cour, maintenant plus encombrée de véhicules qu'à sa dernière visite, du camp Snatch.

Il ne cherchait pas à se cacher des habitants qui devaient sûrement s'y trouver, sauf changement contraint ou massacre avéré, poursuivant son approche sans montrer de geste craintif ou potentiellement hostile, le canon de l'arme en main à quelques centimètres du sol. Sa barbe hirsute et longue, brune, serait aisément reconnaissable à ceux qui l'avaient déjà vu, tout comme son apparence globale de survivant nomade et son manque d'hygiène apparent le préciserait. Car il était le Vagabond sans nom et aux vérités ombrageuses, il se doutait que l'accueil aurait peu de chance d'être chaleureux, quelque soit les circonstances et l'état de ce campement miséreux.

Il finit par arriver à une quinzaine de mètres de la cour et observa avec attention une présence quelconque qui pourrait éclaircir certaines de ses premières incertitudes à leur propos.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 11 Avr - 18:35
La journée est particulièrement douce, agréable et ensoleillée, un vrai baume au coeur quand on vient de passer trois semaines ou presque en étant quasiment tout le temps enfermé. Comment ne pas avoir envie d'en profiter, comment ne pas se sentir bien d'autant plus quand la journée de la veille a vu revenir l'être le plus cher qui soit sur cette terre, une partie d'elle même qui lui manquait plus que tout même si elle évitait d'y songer et d'en parler. Ne pas affronter les seules possibilités qui étaient réalistes pendant tout ce temps là, garder l'espoir coûte que coûte et cette espérance folle a fini par payer, de quoi presque lui faire croire que le Dieu chrétien pourrait exister finalement et qu'il a répondu à ses prières. Ils ne sont pas jumeaux et pourtant ils ont toujours été complices et fusionnels même les quelques fois pendant lesquelles ils ont été séparés. L'amour fraternel qui la rend profondément heureuse, qui la fait se sentir légère en cette journée et qui prend le pas sur tout le reste, la laissant faire abstraction de tout le reste, les ennuis des dernières semaines et même mois, les difficultés et leur cortège de sentiments et aussi l'absence de la seule autre personne à qui elle tient vraiment.

Les rayons de ce soleil printanier viennent jouer sur sa peau, installée assise sur le perron de la maison, à l'abri du vent elle a en posé sa veste restant en débardeur. Le fond d'un paquet de crackers posé à côté d'elle et dans lequel elle pioche de temps à autres pour grignoter plus qu'elle ne mange. De toute manière vu l'état des stocks, il n'y a pas matière à se montrer difficile, un n'importe quoi fait l'affaire du moment que ça cale plus ou moins l'estomac. Assise les jambes écartées, elle a posé entre son petit arsenal constitué au fil de ses sorties, son couteau de chasse outil indispensable pour pouvoir découper les proies qu'elle ramène de la chasse, ses couteaux à lancer qu'elle avait d'ailleurs dénicher dans le garage du lieu où ils vivent maintenant. Mais aussi son SIG Sauer que Jordan avait trouvé lors de leur sortie chasse avec James et dont elle avait déjà pu apprécier le maniement et qu'elle avait conservé du coup. Et enfin l'arme la plus importante qui soit pour elle son arbalète, une arme de jet comme une autre pour tout un chacun mais une arme avec toute une histoire, l'ancienne arme fétiche de Matthew, la seule de ses armes à être posée à côté d'elle et qui est bien évidemment chargée et prête à l'emploi au cas où.

Les différentes lames ont déjà eu le droit à son inspection en détail pour en vérifier l'usure et qu'aucune d'elle ne soit émoussée ou autre. Un cracker coincé entre ses lèvres, elle entreprend de démonter son arme à feu pour la nettoyer malgré que James l'ait fait pour elle il y a peu de temps, elle doit reprendre ses bonnes habitudes toute seule. Les minutes filent et progressivement l'arme se retrouve démontée puis remontée. La brune est entrain de vérifier que tout coulisse bien avant de remettre le chargeur en place puis de poser l'arme au sol. Récupérant un nouveau cracker dans le paquet avant de reporter son regard émeraude sur la cour, poussant un soupir de contentement quand ses yeux sont attirés par une silhouette.

Instinctivement elle ramasse son arbalète en laissant le biscuit salé tomber avant de se redresser d'un bond pour venir aligner son regard, l'arme de jet et l'intrus qui approche. Elle descend du perron pas à pas sans le perdre de vue, le laissant approcher avant de reconnaître l'inconnu, ce Vagabond qui a disparu juste avant qu'ils ne soient tous coincés dans la maison. Elle ne l'aime pas du tout et il serait si "facile" de lui tirer dessus là maintenant, se débarrasser de lui et de ses attitudes...Mais elle ne le peut pas, il est le seul à pouvoir joindre Matthew, le seul à pouvoir lui parler chose on ne peut plus frustrante par ailleurs et pourtant elle se décide à abaisser l'arme de jet avant de retourner s'installer sur le perron pour ranger ses affaires, les lames dans son sac, l'arme à feu dans son dos et l'arbalète à son épaule. Sans oublier d'avaler le reste de ses biscuits même si le retour du Vagabond lui a quelque peu coupé l'appétit.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 11 Avr - 22:46
Ma joue reposait sur la poitrine de Samuel. L’esprit à cheval entre sommeil et réveil, je me laissais bercer par le rythme lent de sa cage thoracique, appréciant d’écouter les battements de son cœur dans le silence relatif de la semie pénombre de la chambre. Le soleil devait sûrement déjà être bien haut dans le ciel alors que je me réveillais lentement. Une nuit écourtée, au sommeil décalé puisque je l’avais passée aux côtés du Canadien, préférant lui tenir compagnie durant sa patrouille nocturne que de pioncer en solitaire au milieu des draps.

Mon bras passé en travers de son torse, je laissais mes doigts courir lentement et distraitement sur sa peau, dessinant des lignes et arabesques imaginaires effleurées, mes noisettes encore collées de fatigue contemplant le visage hirsute de mon homme encore endormi. L’observer ainsi assoupi avait quelque chose de profondément apaisant. Prenant de lentes inspirations, je m’imprégnais de l’odeur de Samuel, typique, légèrement salée, nuancée des arômes de sueur froide de nos ébats qui avaient conclu cette nuit de patrouille côte-à-côte.

Ainsi lovée contre lui, je me contentais de laisser le temps passer, fluide et inconsistant, jusqu’au moment où il se sera réveillé. Peu importe d’ailleurs qu’il grogne, râle, sourit, reste impassible ou quoi que ce soit d’autre, j’aurais fini par glisser sur lui, venant m’installer à califourchon et amenant mes mains caresser ses joues hirsutes pour finalement me pencher sur lui, ma peau frémissante contre la sienne que je sentais plus chaude. Ma chevelure cascada en mèches désordonnées pour venir encadrer et chatouiller son visage alors que je venais l’embrasser tendrement, d’un simple et unique baiser, avant de relever légèrement le visage pour plonger mon regard dans le sien.

“Salut…” avais-je simplement soupiré dans un murmure, un sourire attendri sur les lèvres, une lueur malicieuse dans le regard. Un accueil matinal ponctué d’un gargouillement d’estomac parfaitement mal placé, me rappelant bien vite qu’en dépit de tout ce qu’on pouvait dire, croire ou penser ; non, on ne pouvait pas simplement vivre d’amour et d’eau fraîche. Une légère grimace de contrariété passa sur mon visage, suivie d’un plus long soupir échappé d’un coin de mes lèvres, faisant danser une mèche de mes cheveux.

La faim se rappelait à moi, probablement comme à nous tous alors que nos réserves de nourriture avaient fondus comme neige au soleil. Et ce n’étaient certainement pas les nouveaux venus de la veille qui nous aideraient à surmonter cette situation. Encore plus de bouches à nourrir, encore plus de monde à loger. Finalement, mon estomac gargouillant me força bien malgré moi à rompre l’étreinte et l’intimité de notre contact d’avec Samuel.  

M’arrachant à la couette pour mettre pieds à terre, je partais en quête de mon tee-shirt dans un premier temps, la fraîcheur relative de la chambre par rapport à la confortable chaleur de la couette me faisant frissonner. Je terminais de me vêtir complètement avant d’aller ouvrir la fenêtre et les volets dans un long bâillement, histoire d’estimer à peu près l’heure du jour et faire aérer la piaule avant que ça ne sente vraiment trop le phoque. En observant l’ombre de la maison s’étirer au pied de la façade, j’en conclus que nous devions avoisiner midi, peut-être même passé.

Mais ce n’était pas tant l’heure qui attirait mon attention que la silhouette abstraite progressant dans la cour depuis le perron, une arme dans les mains pointée vers une autre silhouette, encore moins distinguable à mes yeux et à cette distance. Je reconnaissais sans mal Melody comme étant la première silhouette, l’allure globale et typique de l’arme qu’elle tenait ne pouvant être qu’une arbalète, et je pensais l’autre machin flou au loin n’être qu’un énième putain de rôdeur qui traînait dans le coin et nous rendait visite chaque jour. Depuis la fenêtre, j’observais ce qui allait suivre avec curiosité, forçant sur mes paupières pour tenter de distinguer plus clairement la scène.

Étrangement, Melody baissa son arme sans pour autant que ce que je pensais être un rôdeur ne s’effondre au sol. Peut-être était-ce un mec du campement,  ou un autre survivant errant tombé au mauvais endroit au mauvais moment ? Je me dirigeais vers la petite table de nuit à côté du lit pour récupérer les jumelles à vision nocturne de Samuel déposées là, coupant la vision nocturne pour ensuite m’enquérir non sans curiosité de l’identité du gus braqué par la chasseresse. Des jumelles que je faillis échapper par dessus le rebord de la fenêtre - n’osant même pas imaginer le scandale en perspective qu’aurait déclenché cet accident - que j’avais reconnus les traits du Vagabond.

Après avoir disparu pendant des semaines, persuadée que j’étais qu’il nous l’avait bien mise à l’envers, le voilà qui revenait, avec toute sa nonchalance habituelle. Ce type avait l’art et la manière de se foutre de la gueule du monde et de se trouver là où on ne l’attendait pas. Baissant les jumelles, puis regagnant la table de chevet, je redéposais les précieuses binoculaires de mon amant à leur place en lui jetant un regard, qu’il fut encore couché ou debout.

“Sam !?” l’avais-je interpellé. “Tu vas pas le croire, mais ya le Vagabond devant la baraque…” Bon, j’exagérais… Après m’avoir vu revenir, cette nouvelle ne devait strictement rien avoir d’incroyable en soi. Par la suite, j’aurais fini de m’habiller complètement - ceinture, armes et godasses - avant de descendre moi-même dans la cour, bien curieuse de connaître la raison du retour de ce loustic.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mar 12 Avr - 22:17
Je pouvais sans nul doute dire que ces dernières semaines étaient les plus dures que j’avais passées depuis mon réveil. Peut-être que la faim nous tiraillait l’estomac, mais c’était surtout cette attente interminable qui nous tenait. La peur de finir dévoré par ces monstres était certainement ce qui avait ruiné le moral des troupes, mais pas pour moi. Même si je craignais de mourir à cause de ces monstres, ma plus grande peur venait des autres. De mourir pour leur laisser plus de nourriture, de mourir pour les nourrir tout simplement.

La fatigue m’avait ravagé, je n’avais que trop peu dormi durant ces semaines interminables, craignant de ne plus rien voir durant mon sommeil, mais surtout de m’abandonner à tous ces cauchemars qui me hantaient encore et encore. Ereinté, je profitais du fait que les cadavres avaient laissés la cour libre pour marcher lentement, encore et encore, en faisant le tour du périmètre. Une machette dans le dos, une autre dans la main droite, tendue vers le bas. Je préférais rester armé, si jamais il restait des cadavres dans le coin, j’étais prêt.

Mais pas à ça. Pas à voir cet homme revenir. Surtout pas lui. Ce paria était revenu. En vie. Je me serai fait une joie de lui rendre la liberté de son âme, s’il en avait une. Etrangement, la première fois que je l’avais rencontré, j’avais dû prendre une machette et je n’avais qu’une envie, c’était de lui fendre le crâne en deux. Aujourd’hui, je n’avais plus ma hache, mais deux machettes. Un signe du destin ? Je plissais le nez en le voyant. Pourquoi était-il revenu ? Pourquoi était-il encore en vie ? Et surtout, comment ? Est-ce qu’il avait senti cette attaque sans même nous prévenir ? Si c’était le cas, je ne donnais pas cher de sa peau.

Je m’étais arrêté, surpris un le voyant débarquer ici, mais je ne bougeais pas loin de la voiture qu’avaient rapportés les autres après leur périple au centre commercial. Au même moment où cet homme avait décidé de venir, en pleine attaque. Je commençais à avoir de plus en plus de doutes au sujet de ses intentions. Est-ce que se foutre de notre gueule à ce point-là était nous éviter de penser à l’éventualité d’une traîtrise ? Je ne pouvais pas arrêter de penser à toutes ces possibilités alors que je le revoyais.

Je sentais ma main droite se serrer de plus en plus sur le manche de ma machette. J’étais de plus en plus fébrile à l’idée de voir revenir cet homme. J’avais un très mauvais pressentiment en le voyant, je le sentais, et je le voyais. Il avait une sorte d’aura qui l’entourait, une aura qui instaurait chez moi un grand malaise. Allait-il venir vers nous avec un grand sourire encore une fois ? Cet homme me semblait de plus en plus malsain alors qu’il s’approchait de notre campement, armé comme il l’était.

Des murmures à peine inaudibles et incompréhensifs me virent aux oreilles. Malsain, c’était le mot le plus approprié à ce que j’entendais, mais surtout à ce que je voyais. Malgré tout cela, je devais y aller, m’en approcher, je le sentais. Et c’était bel et bien le cas, à chaque pas que je faisais en sa direction, je sentais ces murmures se taire au fur et à mesure. Peut-être que ce n’était que mes peurs qu’il fallait que je fasse taire finalement ? Quoi qu’il en était, je m’approchais du Vagabond, et même si j’arrivais à côté de lui, je n’engagerai pas la conversation, certainement pas.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 13 Avr - 21:51
Ces derniers temps, la situation avait été si tendue au camp que ses terreurs nocturnes s'en étaient momentanément évanouie, principalement par ce qu'il avait de moins en moins le gout de s'offrir une nuit de sommeil pour lui préférer une matinée de semi-repos après s'être esquinté les yeux autant que les pieds à faire sa ronde, encore et encore.

Mais cette fois, ce n'était pas tellement pareil, les patrouilles avaient été moins longues, moins mornes, moins ennuyantes, alors que le sommeil, lui, avait été plus réparateur que jamais. Malgré l'énorme stress qui recommençait à lui broyer les tripes, cette simple chambre de midinette que le couple occupait semblait avoir un effet plutôt positif sur lui, le sortant définitivement du mode de vie spartiate qu'il s'était imposé depuis sa première nuit au camp Jefferson.

Du tréfonds de ses rêves embrumés, incapables de composer la moindre merveille ou horreur, certaines sensations lui parvenaient sans qu'il ne puisse faire autrement qu'éprouver, sans réflexion ni pensée logique. Il avait passé beaucoup un bout de temps à s’imprégner des grognements et du parfum des morts pour développer le réflexe du réveil, mais ce qu'il se passait là était différent.

Ainsi, pendant de long instants, le jeune homme se laissera bel et bien chouchouter, par ce qu'il n'y a pas d'autres mots, avant d'arriver à émerger, doucement, plein d'un contentement non-simulé mais masquant également une surprise qui continuait à le tenailler malgré ces semaines à dormir côte à côte... Un étonnement qu'il s'expliquait de moins en moins mais qui restait là, tenace, comme pour l'avertir que quelque chose clochait.

Malgré tout, il se dégagea de ces étranges pensées aussi prestement qu'il se retrouva dominé par une Ivy visiblement aussi heureuse que lui de le voir se réveiller dans son lit. Un mouvement qu'il ne tenta même pas de stopper, abandonnant totalement ses faux-airs neutres ou sérieux pour esquisser un large sourire et braver les mèches de la brune pour rejoindre ses lèvres. Un petit peu de ce grand instant, au petit matin, difficile de croire qu'un homme puisse ne pas désirer cela, et c'est avec cette pensée candide que le canadien reposa la tête sur son oreiller.


"Salut", dit-il, le visage étiré par un sourire pour le moins indéfinissable, sans arrière pensée, positive ou négative, une simple expression d'un bonheur aussi simple que subtil. Un sourire qui ne s'effaça même pas devant les protestations intestinales de sa moitié à qui il prodigua le simple passage de sa main sur son ventre. Il n'y avait rien à dire, juste quelque gestes à prodiguer en guise de soutien.

Lorsque la jeune femme quitta finalement sa proximité, il s'étira longuement en faisant retentir les articulations de ses coudes et épaules, heureusement peu sonores, avant de se redresser en position assise pour observer son petit rituel du matin, et ce jusqu'à ce qu'elle ouvre les fenêtres, générant un léger frisson chez le chef de camp.

Bien conscient que malgré ses origines, il était loin d'être taillé pour les courants d'air frais sans sa peau nue, il sortis à son tour du lit pour commencer à s'habiller, faisant preuve d'une certaine célérité du fait qu'il commençait à avoir l'habitude d'enfiler les mêmes uniques fringues depuis son réveil à la ferme Wallace.

Quelle ne fut pas sa surprise d'être finalement interpellé par une Ivy visiblement abasourdie qui lui annonçait une nouvelle bien bizarre, assez même pour être carrément considérée comme inquiétante. Cependant, l'esprit vif même au saut du lit, il répondit derechef à la jolie brune, d'un ton calme et à un niveau sonore plus bas que la normale :


"Bien, descend lui tenir le crachoir un instant, c'est peut-être un piège. Fais attention que personne ne s'en prenne à lui, on ignore toujours à qui on a affaire."

Pendant que Ivy terminait de s'habiller, Samuel faisait de même, prenant plus de temps car devant s’arnacher d'un attirail plus lourd et plus complexe. Le seul point positif était qu'il pouvait laisser son sac dans la chambre. Ainsi, le pare-balle bien serré sur sa chemise, le fusil d'assaut ballottant contre son côté droit, son revolver dans la main gauche, sa paire de jumelles dans la main droite, il ne descendit pas.

Non, un type qui s'en allait et revenait comme ça, ce n'était clairement pas assez net pour qu'il vienne juste le voir en le pointant avec l'une de ses pétoires. Ils avaient trop souvent subit le désagrément de leurres divers et variés, il ne comptait pas foncer droit sur le Vagabond sans examiner les environs, et cela démarra par le côté Ouest en déboulant dans le dressing sans le moindre égard pour le lieux de repos des deux occupants qui, heureusement, se levaient plus tôt que lui.

Ainsi, posté à la fenêtre, les jumelles devant les yeux, il espérait bien voir si une bande de salopards à pied dans la plaine étaient en route pour leur ramener du plomb, ou terriblement pire, une nouvelle Horde qui les forceraient à décamper pour ne pas risquer de tous périr de faim dans leur "chez eux". Si ce Vagabond essayait de la leur faire à l'envers, clairement, il n'allait plus laisser faire, y'en avait marre là.

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Ven 15 Avr - 0:18
Quand il vit la silhouette du jeune homme apparaître, puis s'approcher de lui, machette tenue en main, il s'arrêta un instant pour l'observer très fixement, levant quelque peu le menton, avant de reprendre sa marche et venir le rejoindre, nonchalant, paisible et néanmoins attentif à chaque pied qu'il posait au sol, comme s'il était aux aguets d'un quelque chose d'insondable, tout en se donnant l'air de l'homme qui débarquait théâtralement là où on ne l'attendait plus, à moins que ce ne soit l'inverse et qu'il ait été trop attendu.

D'une façon ou d'une autre, qu'il surprenne ou pas du tout par son retour, ce n'était qu'un effet de présentation, une manière de marquer les esprits par sa présence ouverte au milieu de cette rue, cette démarche absente de toute crainte, même de prime abord - ou plus concrètement - condescendante, au point de se demander si il serait vraiment attristé ou choqué dans le cas où il serait frappé d'une balle, là, tout de suite et maintenant.

Lorsqu'il arriva à quelques pas du jeune homme, il s'arrêta à nouveau, gardant son fusil le long de son corps et d'une prise assez molle, comme si il ne portait là qu'un sac peu encombrant et non une arme capable de délivrer la mort, ou préserver la vie, la sienne en l'occurrence. Ses yeux, dont on retrouvait là l'intensité qui lui était propre, un regard serpentin, la vision brillante du prédateur qui se voulait ne pas en être mais qui ne pouvait le cacher ne serait-ce qu'à travers ses yeux. Il était seul, mais il se donnait l'allure de celui qui cachait une armée. L'un comme l'autre, aucun ne pipa mot pendant un moment, le Vagabond continuant de le détailler de bas en haut avant de finalement s'attarder sur son visage, puis il se décida après un temps à hausser les épaules, faiblement.

« Est-ce tout ? » Entendit-il avec un genre étonné, sa même voix douce et mélodieuse, dénotant avec son physique en général, très rustre et sauvage. « Vous venez à ma rencontre, arme à la main, et vous ne dites rien. Vous ne me demandez pas où est mon ami motard ? Ou un autre de mes amis, vous semblez très intéressé par mes amis. Non pas que j'y tienne, mais si cela peut vous faire décrocher un mot. »

Il tourna le visage quelque peu de profil sans le perdre des yeux, un très discret sourire en coin s'étirant, avant de braquer son attention derrière Jordan, repérant Melody au niveau du perron, puis il fut pris d'une soudaine idée, un éclaircissement, qui lui fit lever la main libre en claquant des doigts pour en affirmer l'instantanéité, son regard se baladant au hasard avant de revenir à Jordan et le désigner de l'index.

« Ça y est je sais. » Il laissa échapper un souffle étouffant une sorte de rire, coupant son élan en examinant le jeune homme. « Mowgli. »

Il ne s'arrêtait pas là en faisant claquer à son tour et de manière audible sa langue contre son palais.

« C'est à lui que vous me faites penser, le petit d'homme. Connaissez-vous ? Mais si, Le Livre de la jungle, avec ce petit humain chétif abandonné et vivant en sauvage, la proie de toutes les créatures qui, lorsqu'il n'est pas sauvé par ses amis risquant leur peau pour lui car il est trop faible, est sauvé par un coup de chance trop bien venu. Ah, la magie de Disney et la ponctualité de ses miracles... dommage que la vie ne soit pas aussi heureuse.

Pas de chance excessive, pas d'amis dévoués prêts à tout pour vous. Mais vous me faites penser à lui, étrangement. Mowgli, ça vous va bien, je vous vois déjà vous, la petite Ivy et la douce, si douce Melody, tous les trois contre le monde, de quoi rester en vie deux ou trois jours. Bien heureux que vous êtes, vous n'êtes pas trois. Et quand on parle du loup. »


Satisfait de sa tirade, il glissa le regard vers celle qui arrivait à son tour, sortie de la maison, ladite petite Ivy qu'il semblait ravi de revoir en esquissant un plus large sourire.

+++++

En allant scruter l'ouest à l'aide de ses jumelles depuis la fenêtre du dressing, Samuel ne vit à priori rien se démarquer dans la vaste plaine. Ni voiture, ni salopards, ni davantage ou moins que cela. Un vide désertique que rien ne venait perturber de cette direction en cette journée doucement ensoleillée.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Ven 15 Avr - 19:22
La brune regarde le Vagabond approcher toujours plus près jusqu'à ce qu'il ne s'arrête, mastiquant en silence ses crackers elle reporte son regard émeraude sur la silhouette de Jordan qui approche de l'homme, sa machette en main. Il ne va tout de même pas se risquer à faire une connerie ? Oui, non elle ne saurait dire. Toujours est-il que Jordan reste silencieux du moins c'est l'impression qu'elle en a alors qu'elle ne voit pas ses lèvres remuer. Trop loin d'eux et trop près à la fois, si quoi que se soit se passe, elle ne pourra rien y faire de toute manière et est-ce qu'elle en aurait envie par ailleurs ? Non aucune envie pour autant elle garde en tête que l'inconnu est le seul lien avec Matthew même si...Elle pousse un soupir qui se mêle à une sorte de grognement, ce n'est pas le moment de penser à ceci, un jour viendra où mais pas maintenant.

Toujours est-il que même de loin elle surveille les mouvements des deux hommes jusqu'à voir le Vagabond la regarder avant d'en revenir à Jordan en levant une main ou plutôt un doigt dans sa direction. Elle n'entend rien de ce qui se dit, juste qu'une voix se fait entendre. Elle avale le crackers qu'elle a en bouche avant de fourrer le papier du paquet vide dans sa poche, bien placée pour savoir que le Vagabond a le chic pour dire des choses qui peuvent vous faire bondir et elle ne veut pas que cela arrive et que Jordan pète un plomb. Car il n'y a pas que le lien que l'inconnu a avec Matthew qui fait que pour l'instant il ne doit rien lui arriver à celui là. Melody se décide à descendre de son perron faisant glisser l'arbalète de son épaule à ses mains, l'arme dirigée vers le sol, elle peut voir le Vagabond tourner la tête vers elle ? Non, un bruit derrière elle lui fait tourner la tête pour voir apparaître Ivy, la dernière qu'elle aurait cru voir approcher du Vagabond volontairement étant donné la dernière fois. Manquait plus que ça, bien que la chasseresse se doute que d'autres risquent de débouler pour voir ce qu'il se passe.

Melody approche des deux hommes particulièrement de Jordan, lâchant un "Salut" à l'intention du Vagabond et ce par pure politesse d'usage avant de se tourner entièrement vers Jordan et se hissant sur la pointe des pieds pour venir murmurer à l'oreille du jeune homme afin que lui seul entende.

- Surtout ne te laisse pas avoir par ce qu'il peut bien te dire !

Se remettant à plat sur ses pieds, elle les dépasse de deux ou trois mètres pour se mettre à étudier les alentours proches, levant son arbalète comme si elle s'attendait à voir débouler un autre danger. Et bien que cela soit le cas, elle guette surtout un signe, un mouvement au plus loin qu'elle le peut. Elle le guette LUI, elle scrute le paysage en quête de la moindre chose pouvant lui laisser penser que Matthew est là quelque part, qu'il surveille le campement et le retour du Vagabond auprès d'eux. Bien qu'elle ne puisse pas s'empêcher de penser que l'enfoiré d'inconnu derrière elle était peut-être parti retrouver le Marchand ou Soulstrange à la place du chasseur. Si tant est qu'il ne soit pas un des deux bien entendu...

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 16 Avr - 15:09
Descendant les escaliers du premier étage vers le rez-de-chaussée, je ne pouvais m’empêcher de ressasser la dernière demande de Samuel dans une moue aussi inquiète qu’intriguée. C’est peut-être un piège ? Et il prenait la décision de m’y envoyer ? De la curiosité incompréhensive, je sentais ourdir un début de colère, légèrement justifié, à l’égard de mon amant et ses derniers mots. L’idée que cela puisse être un piège ne m’avait même pas effleuré l’esprit jusqu’à ce qu’il en fasse mention, et je me sentais soudainement bien moins encline à foutre les pieds dehors.

Néanmoins, le Vagabond possédait toujours mes réponses, et je ne voulais pas simplement lui tenir le crachoir, je voulais qu’il le remplisse. Peut-être revenait-il tout simplement honorer sa part du marché ? Peut-être venait-il nous entourlouper une seconde fois, à grand renfort de promesses enviables et de sous-entendus ? Ou alors il était juste là pour nous emmerder… Va savoir toi…

Quoi qu’il en était, je finis par quitter la baraque et descendre les quelques marches du perron, progressant dans la direction de la silhouette encapuchonnée et Melody. Mon regard ne tarda d’ailleurs pas à tomber sur une troisième silhouette, que je reconnaîtrais comme celle de Jordan après m’être encore approchée de quelques mètres. Je ne pouvais m’empêcher de penser, en voyant les personnes présentes, que la tension risquait de rapidement grimper de quelques crans.

Mon attention se focalisa d’ailleurs sur mes deux compagnons de survie, voyant Melody se rapprocher très… intimement ? …de Jordan durant une fraction de seconde avant de s’éloigner ensuite du Vagabond. Je ne parvins plus à distinguer assez nettement ce qu’elle fit ensuite, mais je devinais par contre assez nettement la présence d’un long objet dans la main de Jordan. Probablement une arme, bien que j’espérais que ce ne soit pas le cas. Samuel m’avait demandé de veiller à ce que personne ne s’en prenne à lui - juste moi en plus, comme si j’étais taillée pour ça - mais je n’avais guère de moyen d’empêcher la situation de dégénérer, à l’exception d’un seul.

Ouvrant mon esprit à la perception de mon sixième sens tout en continuant d’approcher me trouvant à environ trois mètres de Jordan désormais, je ne pouvais m’empêcher de grimacer brièvement d’inconfort. Je tâchais de me concentrer sur les divers objets métalliques qui m’entouraient, percevant très clairement la machette de Jordan - ses deux machettes même - le lourd fusil de notre ami Vagabond, et à plus de distance encore, le flingue de Melody dans son dos, entre ses reins ; sans parler de mes propres lames glissées à ma ceinture. Il y avait ici plus d’armes que de vies à prendre, aussi je me tenais sur mes gardes, prête à user de mon don pour désarmer celui, celle ou ceux qui aurait l’idée folle d’essayer d’engager les hostilités envers un autre des membres présents. Sauf si bien évidemment ils se décidaient à se foutre sur la gueule avec leurs poings.

Portant mes noisettes sur le Vagabond, j’esquissais un mince sourire en coin, quelque peu forcé et exprimant assez mal la très légère mais bien présente satisfaction de le revoir malgré tout. Très rapidement, plissant les paupières et forçant sur ma vue, je le détaillais des pieds à la tête, m’attardant surtout sur ce qu’il aurait pu tenir en main avant de lâcher d’un ton assez ironique, se rapportant en partie aux derniers mots que nous avions échangés.

“J’espère que vous n’êtes pas revenu les mains vides ? Déjà que j’ai été déçue de ne même pas avoir droit à un petit mot d’adieu glissé sur l’oreiller…”

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Dim 17 Avr - 10:49
Il avait approché, alors que sa démarche se voulait provocante, j'avais serré de plus belle ma poigne sur le manche de ma machette, prêt à me défendre s'il osait lever son arme, mais il n'en faisait rien, il restait là, immobile et silencieux. Les murmures s'étaient totalement tûs alors que je n'étais plus qu'à quelques pas de lui. Dès que le son de ma voix me parvenait aux oreilles, j'avais eu envie de lui fendre le crâne en deux. Ses palabres futiles fonctionnaient, j'avais gardé la bouche fermée, mais ma machoire venait à se détacher, pour donner une impression de visage allongé tandis que mes yeux restaient rivés sur lui. Sa comparaison avec le petit Mowgli m'obligea à prendre une grande inspiration, il avait dépassé les bornes, et je lui aurai balancé un coup de machette en plein dans le crâne si je n'avais pas entendu Melody qui venait d'arriver.

Je l'entendais glisser un mot à cet homme pour ensuite venir me murmurer à l'oreille de ne pas me faire avoir. Oui, c'était tout ce qu'il voulait, me pousser à bout pour que je commette une erreur, ce que je n'allais pas faire, pas le moins du monde. Je restais de marbre face à lui jusqu'à ce qu'Ivy vienne à son tour pour prendre la parole. J'avais l'impression de ne pas être le seul ici à vouloir fracasser le crâne de cet homme.

Nous voulions des réponses, c'était la seule chose qui le maintenait en vie, et encore, de mon point de vue, ce n'était pas un argument valable. Intérieurement, je me réservais le premier coup de machette, celui qui ferait naître dans ses yeux l'effroi, celui qui ôterai tout espoir de son regard, celui qui prendrait sa vie tout simplement. Je fixais ses yeux alors que j'avançais légèrement mon visage vers lui pour lui répondre, à voix haute, il ne ferait aucun doute que Melody et Ivy entendraient ma réponse, mais je m'en moquais, et c'était peut-être l'effet recherché après tout ?

"Nous savons tous les deux comment termine Mowgli, mais surtout comment termine le serpent. Seulement cette fois, le petit d'homme a une machette bien aiguisée."


J'avais laissé flotter un sourire à l'encontre du Vagabond, sourire qui exhibait mes intentions auprès de lui, juste avant de me retourner vers Melody pour m'éloigner quelque peu de cet homme afin de le laisser répondre aux deux jeunes femmes qui se trouvaient là. Nous avions besoin de réponses, je refusais de devoir encore subir une attaque comme celle du camp Jefferson, j'étais prêt à beaucoup pour éviter cela, même à me retenir de lui fracasser le crâne.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 18 Avr - 11:49
Rien à l'Ouest, voila qui était une bonne nouvelle puisque c'était l'orientation préférée des idiots du Marchand pour aller au casse-pipe, il aurait été des plus logiques de les voir gambader à découvert jusqu'à se trouver dans l'alignement d'une lunette. Cependant, ce n'était pas assez pour Samuel qui commençait à sentir qu'il pouvait avoir affaire à un simple cinglé plein de charisme, sans aucun plan ni intelligence, un type qui n'a même pas une once d'esprit empirique, qui agit au hasard.

Le plus dangereux qui soit en somme.

Mais pour le coup, il ne pouvait pas laisser Ivy gérer ça toute seule en bas. Lui demander de temporiser la situation n'était déjà pas forcément très sympa, alors risquer de l'y abandonner de long instants avec cette foutu langue de vipère, c'était hors de question... Mais il restait trois côtés de l'horizon à vérifier.

Aussi, puisque l'axe le plus logique était vide, restait à vérifier en priorité l'axe le plus accessible, le Nord et sa route menant droit vers la 350, le chemin rêvé pour réalisé un raid rapide et massif. Si une attaque se préparait, soient ils étaient à portée de vue pour regarder le Vagabond faire son cinéma, soit ce dernier comptait sur un moyen de communication quelconque. Bref, le mieux était de faire d'une pierre deux coups.

Ainsi, dévalant rapidement, mais sans précipitation, la large escalier de la maison, il aboutit dans l'entrée ou il reprit un rythme de marche plus tranquille. La porte était restée ouverte, laissant entrer un léger courant d'air à peine plus frais que la température d'intérieur. Le revolver dans la main gauche, les jumelles dans la droite, Samuel émergea alors que se déroulait ce qui semblait être la fin d'un échange, bref mais sans doute tendu, entre ses survivants et cet inconnu. Continuerait-il longtemps à être la voix de la raison ?

Mettant finalement les pieds dehors, un simple coup d’œil droit vers le Nord le rassura, non pas sur la possibilité d'une attaque, mais sur le fait que personne ici, à priori, n'était encore assez obnubilé par cet odieux type pour qu'il fasse une diversion aussi efficace. A ce qu'il voyait, Melody semblait même avoir eu la même idée que lui, ce qui lui épargnerait la corvée d'avoir à scruter lui-même les alentours.

Finalement, il pouvait faire ce qu'il avait autrefois su faire mieux que personne dans tout le Sud du Texas, menacer les pourritures, suspectées ou avérées. De fait, il tira le chien de son revolver en arrivant au niveau de Ivy.

Là, il s'exprimerait de manière claire et neutre, bien conscient que n'importe quel ton était totalement inutile avec cet étrange type, seuls les mots parvenant jusqu'à sa compréhension. Les mots ainsi que les actes, car si ce satané crasseux comptait alors lui couper la parole, il n'aurait pas le moindre remord à pointer son canon autour de ses pieds pour tirer un coup de feu, quitte même à risquer de le blesser, avant de pointer son arme sur son buste et poursuivre son propre monologue.


"C'est une visite bien inattendue que tu nous fait là, l'ami. A priori, je constate que ni ton corps ni ta bouche n'a croisé de savon, alors pourvu que nous n'ayons pas à mettre de plomb dans cette tête barbue pour compenser ce manque d'hygiène, de corps et d'esprit.

Écoute bien l'ami, pour ces trois semaines d'absence, je t'accorde trois minutes pour l'expliquer, c'est large, c'est confortable, c'est pour cela que je peux te garantir que tu n'en abuseras pas. Il ne tiens qu'à toi d'en gagner d'autres pour peu que derrière toutes ces palabres, cette tête contienne la moindre information d'intérêt.

Pour l'heure, voici le top, trois minutes, parle l'ami, parle pour vivre car je n'ai plus la patience de te laisser parler pour le plaisir."


Car aussi fine que fut la brèche dans le moral du canadien, il lui semblait bien hors de question de laisser ce rigolo continuer à les empuantir de ses paroles empoisonnées, ce qu'il avait fait tout le temps qu'il avait stationné ici, ensemençant des graines pourries dont Samuel ne pouvait encore deviner clairement les porteurs, ni les fruits. Il lui fallait maintenant parler, ou mourir. Si cet homme n'avait pas prévu de parler, alors il fallait mettre fin à sa folie, maintenant... Et le chef de camp était sans doute l'homme le plus indiqué pour prendre la responsabilité de ce meurtre, quelle que soit la main qui prendrait la vie.

Quant aux autres survivants présents avec lui dans la cour, et pas les moindres d'entre eux, il semblait les considérer comme suffisamment au courant de la situation pour savoir quoi faire. Tout ceci était au delà des ordres qu'il put donner, il pouvait seulement s'en remettre à la confiance qu'il leur portait, et surtout leur possible approbation quant à sa "demande".
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: