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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Spécial] Il revenait, celui qui erre - 19/03/35
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Le Vagabond

Anonymous
Invité
Mer 20 Avr - 22:51
L'enchaînement de la situation parue anodine, au début tout du moins. Ayant finalement devancé Ivy, Melody était venue saluer le barbu qui répondit d'un petit sourire semi-forcé en levant sa main libre, dont il agita légèrement les doigts en signe de salut justement, sa façon de répondre à la jeune femme qui s'employait ensuite à parler à l'oreille du jeune homme, ce que le Vagabond ne chercha pas à interrompre. Pas plus qu'il ne fit la moindre remarque quand elle passa à coté de lui pour s'avancer dans la rue et s'en aller surveiller les alentours, se contentant de tourner la tête sur son passage et continuer au mieux de la capacité de son cou à se plier, scrutant la chasseresse de bas en haut tant qu'à faire, au final en coin.

Entre-temps, Ivy avait rejoint Jordan, plus ou moins et s'était adressée à l'homme encapuchonné, qui ramena son regard vers elle pour capter son petit sourire, étrange, auquel il répondit d'un plus large sourire tout à fait sincère de visu, visiblement ravi de la revoir. Il entrouvrait les lèvres pour répondre mais fut devancé par Jordan qui avait décidé d'apporter sa propre réponse à l'envolée lyrique, ironie oblige, du Vagabond. Interrompu, il ne rétorquait pas, se contentant encore de lui jeter à son tour un regard bavard, sur fond d'analyse de ses yeux le décrivant de son visage jusqu'à ses pieds quand il rejoignait Melody.

La chasseresse, en vérifiant les alentours, ne repérera malheureusement rien d'autre qu'une quinzaine de zombies à plusieurs centaines de mètres d'ici, errant entre les résidences et la rue, certains paraissant se diriger vers eux sans qu'elle ne puisse en avoir la certitude.

« Malheureusement non, je n'ai rien apporté de plus que mon agréable compagnie et des lèvres prêtes à saliver pour aboutir au marché que nous avions convenu. » Répondit-il tout de même en revenant, une nouvelle fois, vers la petite brune, le ton posé mais un brin sensiblement enjoué, presque imperceptiblement. « Quant à mon absence, vous comprendrez que je n'ai pas développé de don surnaturel. Donc voler, me rendre invisible ou me téléporter ne sont pas des aptitudes inscrites dans mon panel de compétences néanmoins fourni je vous l'accorde et j'en suis flatté. Difficile pour moi, de ce fait, de passer au travers de l'armée de touristes que vous avez eu, vous ne pensez pas ? J'avoue avoir craint ne trouver qu'un tas d'os rongés en arrivant ici, j'en suis à demi-soulagé, l'autre moitié l'est beaucoup moins. Mais que voulez-vous, je suis emplit de nuances et de contradictions, c'est ce qui fait mon charme. »

Sur cela, ce fut enfin à Samuel de faire son entrée et de rejoindre le groupe, le Vagabond ne tardant pas à s'y intéresser à son tour en lui lançant gaiement.

« Le voici donc qui arrive ! L'illustre chef en charge et leader apprécié de ses pairs ! Véritable source d'inspiration pour les un- »

Il fut coupé en plein élan théâtrale lorsque l'ex-manager pointa son arme aux pieds de l'encapuchonné pour appuyer sur la détente. Le coup de feu parti et hurla en un écho résonnant dans les environs lointains, si fort et soudain qu'il brisa toute forme de tranquillité dans la cour du campement de survivants. La balle perça quelque peu le bitume en projetant un peu de sa poussière et l'inconnu eu un mouvement de recul, tardif car après-coup en bondissant presque d'un pas vif vers l'arrière avant de se saisir de son fusil par sa seconde main d'un geste hâtif et le dresser près son épaule pour cibler le visage de Samuel, tandis que ce dernier, après recul du au coup de feu, pointait une demi-seconde avant son propre revolver vers le buste de son opposant, l’atmosphère passée du tendue à l'hostilité pure et dure, aucun d'eux deux ne put relancer ces élans violents et Samuel eut à peine le temps de lâcher sa réplique qu'un événement invisible survint : Ivy, d'un geste de ses mains, fit naître instantanément une force inévitable et non-palpable qui arracha le revolver de la main de Samuel et l'envoya s'écraser sur le bitume à quelques mètres, dans l'instant la même poigne surnaturelle arrachait le fusil AK-47 des mains du Vagabond pour lui destiner le même traitement, le choc plus rude sur le sol du à l'arme plus volumineuse.

Bien que surpris, l'homme barbu qui ne souriait plus, bien au contraire, observa brièvement son arme voler avant de braquer son regard sur Ivy, constatant ses mains et déduisant en évidence l'origine de ce qu'il avait déjà vu, dans cette caravane ce fameux jour de fuite. Les surprises ne s'arrêtent pas là pour les survivants, car une nouvelle détonation, dont l'écho bien plus grave et puissant se répercutait dans tout le quartier, provint de plusieurs centaines de mètres au nord. De cette détonation, un projectile de nouveau invisible tant il était rapide frappa le sol bétonné à trente centimètres des pieds de Samuel et y creusa un trou impressionnant, surtout pour une balle présumée - et même logiquement certaine, qui souleva et projeta de petits éclats et un tas de poussière sur les chaussures et bas de pantalon du chef de camp - notamment.

Si Melody pouvait déduire que le coup était probablement parti d'une maison éloignée, sur la droite de la rue, Samuel aura rapidement eu davantage d'informations grâce à son esprit de déduction relevant de l'instinct : la trajectoire de la balle, descendante, indique que le coup était parti d'une position élevée et en ligne parfaitement droite, assurément une maison de la partie droite de la rue et l'écho répercuté lui donnait l'approximation de la distance. Suite à cela, un coup d'oeil lui permettrait alors d'obtenir confirmation grâce à un détail presque imperceptible pour n'importe qui d'autre : un effet de lumière très discret et bref, comme le reflet au soleil d'un socle de verre, lui autorisait à déduire qu'un sniper se trouvait probablement sur le toit de la troisième maison coté droit, majoritairement caché par la structure de cheminée et utilisait sans aucun doute une lunette longue-portée. Le tir avait été précis, si il avait vraiment voulu viser le sol à proximité de Samuel, il ne pouvait s'agir que d'un professionnel maîtrisant ce type d'arme et de tir qui venait de faire une démonstration à but de dissuasion.

Le Vagabond ne put réprimer un rire irrité en se retournant, aucunement surpris par le dernier tir à contrario du reste et retrouvant une attitude nonchalante en balançant son bras d'un geste balayé.

« Et nous avons là un exemple parfait de notre chef local, encore moins apprécié qu'imaginé puisque ses propres hommes ne sont pas en accord avec ses décisions, et que je les comprends, une telle absence de bon sens relève du génie ! » Il grondait presque, finissant par revenir face à Samuel et à Ivy après avoir jeté un regard presque furtif vers Jordan et Melody. Ses yeux étaient noirs, sa mâchoire serrée dans une grimace globale plus irritée qu'il n'y paraissait encore, il semblait particulièrement contrarié. « Regarde-toi. Après avoir mis la vie de tout ton groupe en péril en les laissant à la merci de ses ennemis par la flemmardise à quitter ce maudit hôtel en ruines, après les avoir amené ici, dans cette coquette maison aussi bien défendue et protégée qu'un souk marocain, plongés dans le chaos comme vous l'êtes, tu as l'audace d'ouvrir le feu contre moi et de me menacer de mort, moi qui ai sauvé la vie d'Ivy ? Moi qui ai participé à sauver ton groupe quand il était plus faible qu'à son habitude ?! Moi sans qui vos pertes auraient été beaucoup plus lourdes et avec qui tu as conclu un marché plus que profitable pour des informations sans lesquelles vous serez tous crevés avant la fin du mois à venir ?! »

Emporté par une ardente colère, il s'avança de plusieurs pas en pointant d'un index accusateur et au regard méprisant l'ex-manager.

« Tu croyais vraiment que je viendrais me mettre à la merci d'une bande de franc-tireurs comme vous sans avoir de garantie ? Tu n'es qu'un pitbull édenté qui aboie par pure bêtise et je ne suis pas ton ami, ni un membre de ton groupe, je suis ton collaborateur, demeuré que tu es et ce que je fais et où je vais ne te regarde en rien, mais absent de toute jugeote n'as-tu donc pas vu que la zone toute entière était bloquée par des hordes de mort ?! Par ton geste, tu viens de rendre notre marché caduque - puisque tu ne peux m'être d'aucune aide - et d'attirer sans doute la moitié des charognards de ces lieux ! Un échec de plus, une incompétence toujours plus grande.

Entends les paroles sorties de ma bouche que je soupçonne bien plus propre que la tienne, à présent si tu veux mes informations, tu devras les acheter. Si tu refuses je m'en irais sur le champs et si tu me tues, mon protecteur t'emportera avec moi dans la tombe et peut-être même certains de tes amis présents, crois-moi ma mort ne le perturbera pas plus que la tienne. Les trois minutes filent et maintenant la balle est dans ton camp. Qu'en dis-tu, ô toi qui est si loin de tes prétentions que s'en est pathétique ? »


Il était différent, très différent des fois précédentes. Hargneux, plein de noirceur et de colère, il baissait sa main pour ne plus pointer Samuel, étirant nerveusement ses doigts le long de son corps et de ses deux mains en les frottant les uns contre les autres, comme l'expression de tout son ressentiment embelli par un sentiment de folie froide. Il ne s'adonnait plus à la subtilité ou à l'éloquence sur-pesée, ses mots étaient directs et ils étaient clairs.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Jeu 21 Avr - 18:53
Occupée à surveiller les alentours à la recherche d'un hypothétique signe lui laissant penser que le chasseur de son coeur se trouve quelque part dans les parages, la brune n'écoute que d'une oreille distraite la répartie de Jordan suivie de la phrase d'Ivy alors qu'elle rejoint le trio. Distraitement parce qu'elle ne repère rien de ce qu'elle pense et de ce qu'elle laisse croire par sa posture sur la défensive arme levée au cas où, rien d'autre que les silhouettes d'une quinzaine de zombies là bas au loin. Certaines silhouettes de rôdeurs lui laissant penser, à tort ou à raison, qu'ils avancent vers le campement de leur allure traînante. Au moins les trois derrière elle se contentent-ils de s’aiguillonner verbalement, son attention ne revenant sur eux et lui faisant tourner la tête qu'en entendant la réponse du Vagabond. Selon lui il n'a amené rien d'autre que lui et il semble qu'il est enfin décidé à avoir cette fameuse conversation censée contenir des révélations de la plus haute importance.

Une moue de scepticisme se pointe sur le visage de la brune en l'écoutant de bout en bout avant que le Vagabond ne se mette à parler à Samuel qu'elle peut voir arriver du coin de l'oeil et...Melody n'est pas sûre de l'enchaînement en cascade des événements qui se produisent alors. Sursautant bien malgré elle au coup de feu dont l'écho se répercute autour d'eux avant de se tourner vivement vers la source un Samuel qui reste à parler alors que le Vagabond le met en joue...Les deux armes qui volent des mains de leurs propriétaires et comme cela ne vient pas d'elle, la brune cherche du regard de qui cela peut provenir avant qu'un nouveau coup de feu qu'elle juge encore plus puissant ne se fasse entendre. Explosant le bitume la balle de ce nouveau tir se loge près des pieds de Samuel faisant voleter poussière et cailloux, provoquant chez elle un nouveau sursaut alors que ses émeraudes se fixent sur la marque au sol.

Si une certaine peur se loge en elle, sa première pensée va au projectile se demandant s'il était orné d'une croix chrétienne gravée au couteau comme celle qu'elle a en permanence dans sa poche de pantalon. Entrouvrant la bouche pour parler, elle se retient de justesse de le faire avant de faire un nouveau volte-face pour chercher visuellement de nouveaux renseignements sur le tireur. N'arrivant qu'à peine à définir une direction supposée comme origine du tir et encore vaguement juste de par les silhouettes des maisons au loin. Une immense frustration naissant en elle alors que la chasseresse se retrouve confrontée à une nouvelle dualité en elle. D'un côté elle cherche à se persuader que le tireur mystère n'est personne d'autre que Matthew entrain de couvrir le Vagabond et d'un autre côté elle ne peut pas s'empêcher de se dire qu'il s'agit d'un homme du Marchand protégeant un collègue ou pire encore son supérieur...

Que faire, comment agir ? Son premier réflexe serait de courir vers la direction supposée de Matthew, le rejoindre, pouvoir lui parler une nouvelle fois ne serait-ce que cinq minutes. Oui mais si ce n'est pas lui, elle sera morte avant de pouvoir faire dix mètres. Oui mais si c'est bel et bien Matthew et qu'elle loupe sa chance de le revoir. Oui mais si elle se rue là bas, elle risque d'entraîner un des autres à sa suite et cela serait catastrophique. Happée par ses pensées, elle ne revient à la réalité qu'en entendant le Vagabond dont le timbre de voix montre qu'il est en colère contre Samuel, elle l'écoute et une chose s'impose clairement à son esprit l'inconnu a raison. En agissant ainsi leur "chef" a fait une putain de connerie qui risque de ramener de nouveaux morts sur le campement, une magnifique erreur de jugement.

Sa propre colère monte en elle mêlée à la frustration qu'elle ressent et aux incertitudes concernant le tireur, Melody fusille Samuel du regard d'autant plus en entendant le Vagabond refuser de leur révéler ce qu'il devait leur communiquer si Samuel n'y met pas du sien. Bougeant de sa position elle se rapproche de l'arme du Vagabond qui est la plus proche d'elle tout en s'adressant à Ivy, car même si les deux femmes sont en froid, elle juge que la petite brunette sera la plus à même de comprendre les raisons de sa demande.

- Ivy, il a raison, il y a assez eu de coups de feu pour aujourd'hui, tu veux bien ramasser l'arme de Samuel et la garder pour le moment ?


Elle même s'arrêtant au dessus de l'arme du Vagabond, mettant un pied sur la lanière de l'AK 47 histoire qu'elle reste là ou elle est, c'est à dire au sol. Même s'il reste sans aucun doute d'autres armes à feu sur les deux. La brune essayant de prendre les choses dans l'ordre, d'abord garder désarmer les deux hommes en espérant de tout coeur éviter un nouveau tir en provenance du tireur embusqué si les deux n'ont que leurs mots et leurs poings pour s'en prendre l'un à l'autre. Elle s'adresse ensuite à Jordan tout en lui désignant une position dans le secteur A.

- Jordan, aide moi à surveiller les alentours il y a une quinzaine de rôdeurs par là bas et certains avaient l'air d'avancer vers nous.

En espérant encore et toujours que les choses se passent comme elles doivent l'être pour que ça ne dérape pas plus que cela. Si jamais Ivy refuse de ramasser l'arme ou que Samuel essaye de la récupérer avant la petite brunette, Melody n'hésitera pas à user à son tour de son pouvoir pour faire venir l'arme du "chef" jusqu'à elle.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 22 Avr - 12:05
A mesure que le Vagabond m’avait répondu, mon sourire s’était quelque peu terni, laissant mes traits se grimer d’une moue plus curieuse, et légèrement rassurée de constater que oui, c’était bien le même et oui, j’allais enfin obtenir les informations pour lesquelles il était resté parmi nous. D’un geste de la main droite, légèrement relevée, je lui faisais presque signe de laisser tomber lorsqu’il évoqua les raisons de son absence. Comme si nous n’avions pas eu sous les yeux ces centaines de raisons massées sous nos fenêtres au cours des dernières semaines, inutile donc pour lui de s’expliquer à ce sujet, à moins que cela ne revêtisse une importance primordiale à ses yeux.

Mais je n’eus guère le temps d’y aller de ma propre répartie qu’il changea soudainement d’interlocuteur, prenant à partie Samuel de son habituel ton enjoué, ses mimiques exagérées et grandiloquentes, bref, à nouveau le Vagabond semblait vouloir se donner en spectacle. S’il n’avait pas une telle propension à jouer de ses mots pour torturer les esprits et se jouer des gens, nul doute que j’aurais pu l’apprécier bien plus grandement. D’expérience, j’avais toujours eu un faible pour les gens avec un grain.

A sa première réplique, je tournais mon attention vers Samuel, posant un sur lui un regard plus doux, accompagné d’un sourire bien plus tendre ; mais qui l’un comme l’autre furent de très courte durée. A la sensation plus que la vue même de son arme, son revolver tenu dans sa main gauche, mon visage était passé de l’affection à l’incrédulité la plus totale. Il n’allait pas…

“Hey ! Ne…” commençai-je à m’exclamer sans avoir le temps d’aller au bout de ma phrase, les yeux écarquillés et le bras gauche soudainement tendu, en vain, pour tenter de le retenir de geste d’agression du Canadien.

Le coup de feu partit et me coupa dans mon élan, me vrillant les tympans comme mon sens de perception à nouveau dans une pointe de déchirement fulgurant qui me scia l’esprit, comme à chaque fois avec ces putains de flingues. Une perturbation aussi brève qu’intense, un putain de coup de lame directement en plein milieu du cerveau qui fit presque instantanément basculer mon humeur de passablement joviale mais méfiante à carrément irascible. Dans un réflexe, d’un geste presque rageur, je balayais l’air devant moi d’un geste de la main, l’esprit entièrement focalisé sur les deux armes désormais dressées l’une contre l’autre, à l’instar de leurs porteurs, pour les envoyer valdinguer au loin, le plus loin que je le pouvais, que je le sentais, sans avoir à me soucier de l’art ou la manière pourvu que ces armes se retrouvent loin de ces esprits échauffés. Et tant qu’à parler d’esprit échauffé.

“Mais putain c’est… ” avais-je commencé à gueuler à l’encontre de Samuel. C’était bien évidemment sans compter après la seconde détonation, qui parvint à mes tympans d’ailleurs en même temps que j’entendis un éclat frapper le sol, à nouveau. Une nouvelle et sympathique seconde fulgurance en plein cerveau qui m’empêchait littéralement de sursauter de surprise, et pourtant j’avais senti mon cœur bondir contre ma poitrine, manquant un battement et mon souffle se coupant dans la même fraction de seconde. Une trouille viscérale nichée dans l’écrin cotonneux d’une incompréhension accablante, dont la voix nasillarde me hurlait de foutre le camp de tout ce bordel et les laisser se démerder entre eux. Une voix qui malheureusement ne portait guère loin dans mon esprit, étouffée par mon sixième sens mis à mal d’une part, et surtout par une seconde voix intérieure, plus tonitruante dont les notes plus graves, mélodieuses, le ton plus convaincant, m’intimait de rester ici, d’obtenir mes réponses.

Des réponses que j’avais crues voir m’échapper lorsque mon amant avait levé son arme à l’encontre du Vagabond, puis imposé ses conditions l’air de rien. Ce même Vagabond qui ricanait maintenant, très clairement irrité par l’acte du Canadien, et comment le blâmer. Et pourtant, son rire, ce tir, surgi de nulle part sans crier gare… Mes noisettes se portèrent droit vers l’impact de balle que je pouvais moi-même deviner dans le bitume, aux pieds de Samuel, avant de revenir se poser sur l’inconnu qui repartait de plus belle, sur un ton tout à fait différent cependant.

Le barbu y alla de sa diatribe vindicative à l’égard de Samuel, alors qu’il mettait sur la table des arguments ô combien recevables. Moi-même ressentais une profonde colère, allant bien au-delà de l’incompréhension du geste. Cet élan d’agressivité superflu, cette détonation allait rameuter tout le voisinage de morts-vivants, quelques jours à peine après qu’ils aient eu la gentillesse de lever les voiles. La différence majeure étant que si cette armée de morts revenaient sous nos fenêtres, nous crèverions certainement tous de faim, prisonniers de notre propre stupidité.

Mes prunelles passèrent d’un homme à l’autre, partagée entre la colère légitime du Vagabond et la prétention, l’assurance complètement déphasée de Samuel. Et pourtant je ne pouvais m’empêcher de chercher des excuses à mon amant, notre chef de camp, parce qu’en tant que tel, je devais aussi le soutenir dans l’adversité, quand bien même il pouvait faire une connerie. Qui n’en commettait pas ? De quel droit pouvais-je même me permettre de blâmer les autres quand j’endossais la responsabilité de l’attaque du mois dernier ? Je pouvais comprendre que Samuel puisse péter sa durite, intérieurement et sans en donner l’air. Son comportement des derniers jours, ces mots abrupts et les décisions unilatérales qu’il avait prises sans concertation, le fait que chacun prenait ses décisions dans son coin, parfois sans conséquences, ou au contraire désastreuses ; je n’osais imaginer la charge et les préoccupations que cela entraînait d’avoir en tête d’assurer la survie et la cohésion d’un groupement d’individualités comme le nôtre, et encore plus la frustration et la culpabilité à voir ces gens, les gens dont on avait la responsabilité de les assumer, les diriger, crever de faim à petit feu. Très clairement, j’aurais pas voulu être sa place, à aucun moment.

A mes yeux, personne dans le groupe n’avait de raison plus légitime de douter, de craquer et de péter les plombs au jour d’aujourd’hui. Je ne pouvais pas blâmer Samuel pour cela, seulement de n’avoir pas su choisir le moment pour le faire ; dans notre intimité, loin des yeux et des oreilles d’autres que nous. Au lieu de cela, il me donnait l’impression de toujours vouloir sauver la face, en toutes circonstances, comme si j’étais pas foutue finalement de lui apporter le soutien ou l’écoute dont il aurait pu avoir besoin. Et c’était en cela que j’avais maintenant une sacrée paire de glandes. Et d’autant plus que le Vagabond, dans son emportement verbal, refusait désormais de nous révéler les informations qu’il détenait.

Sans dire que je sentais mon monde s’écrouler, mon esprit s’affolait, s’alarmait de ne soudainement pas connaître les réponses, les faits et les raisons qu’il s’évertuait de démêler. Je serrais mes poings, le regard noir et le visage sûrement aussi contrarié que ne pouvait l’être le barbu encapuchonné. Un regard colérique que je braquais sur Melody lorsque celle-ci m’interpella en me demandant de ramasser le revolver de Samuel et le garder sur moi. Une demande qui paraissait logique, presque intelligente et sensée, mais que je n’exécuterai pas. Non pas parce que c’était Melody. Malgré l’antipathie et la méfiance que j’éprouvais envers elle, j’étais largement capable de passer au-delà de ça pour le “bien commun”. Et une menace continuait de peser sur le bien commun...

“Surtout pas,” lui répondis-je avec une certaine assurance, la voix malgré tout tremblante et assez sèche de la colère qui me consumait. De la main gauche, je désignais le trou dans le bitume aux pieds de Samuel, puis désignais les alentours d’un geste circulaire. “Ya un type, quelque part, qui a visiblement l’image mais probablement pas le son, un doigt sur la gâchette. Que pensera-t-il s’il nous voit prendre les armes et laisser son ami sans défense ? Laisse-les par terre, je m’occupe de les garder.” J’avais tapoté ma tempe de mon index droit, de façon synchrone avec mes derniers mots, espérant bien lui faire comprendre par ce geste que j’avais une emprise sur elles.

Puis je reportais mon attention sur les deux hommes, à la fois curieuse et craintive de la poursuite de leur échange qui menaçait de tourner au vinaigre. Je restais aux aguets, toujours prête à me servir de mon don malgré le début de migraine qui ourdissait dans les profondeurs de ma caboche pour désarmer n’importe lequel d’entre eux qui souhaiterait engager de nouveau les hostilités, bien plus concentrée sur ma perception que la fois précédente ; en espérant quand même que l’un comme l’autre saurait rapidement redescendre en pression et cesserait de se lancer des ultimatum à la con, car il y en avait désormais un qui défilait lentement, implacablement, depuis ce stupide coup de feu : la marche des morts.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 25 Avr - 18:51
Un discours auquel je ne portais strictement plus aucune attention sortait de la bouche de cet homme. Je ne pouvais cesser de me demander, comment pouvait-il être encore en vie ? Personne n’avait voulu le faire taire auparavant ? Alors que je lui avais tourné le dos, je n’avais pas pu m’empêcher de prendre une grande inspiration en levant les yeux au ciel. Il m’insupportait au plus haut point. J’avais cependant relâché la pression sur le manche de ma machette après avoir fait quelques pas. Ce n’était plus à moi d’avoir à faire avec lui, et tant mieux. C’était ce que je pensais en voyant Samuel approcher. J’étais loin de me douter de ce qui se passerait ensuite.

Quelques mots s’étaient envolés de la bouche, palabres inutiles et futiles qui firent leur brin de chemin en entrant par une de mes oreilles avant de sortir par l’autre. Alors que je m’étais retourné pour observer la confrontation des deux hommes, j’avais sursauté lorsque le hurlement du canon était arrivé à mes oreilles. J’avais senti mon cœur battre bien plus rapidement, bien plus violement. Mes cheveux venaient de se dresser sur ma nuque et je venais de resserrer ma poigne sur ma machette. Je n’avais pas bougé, bien trop surpris parce qu’il venait de se passer pour faire quoi que ce soit, mais surtout, je restais là à essayer tant bien que mal d’observer la scène. Samuel relevait son arme tandis que l’autre l’empoignait. J’avais eu un mouvement de recul en observant la scène, laissant mon pied gauche chercher un point d’appui quelques centimètres à l’arrière de sa position initiale dans le but de me préparer à courir si jamais la situation s’envenimait.

Mais bien heureusement, les deux armes furent projetées au sol. Je balayais rapidement les différentes personnes présentes ici, peut-être que je souhaitais savoir qui était responsable de tout ça, m’arrêtant moins d’une seconde sur Ivy, me doutant grandement de son implication dans le désarmement de ces deux hommes en voyant la posture qu’elle tenait. Malgré tout, j’avais senti un certain frisson glissant le long de mon dos alors que j’entendais ce second coup de feu. Plus loin, plus fort, mon regard s’était rapidement porté sur l’impact qui se trouvait juste devant Samuel. Pas de sang, pas de trous dans le corps, juste sur le bitume. A cet instant, il m’était impossible de dire si la peur de revivre cette soirée m’envahissait ou bien si l’excitation montait en moi alors que la chair de poule se dessinait sur mes bras.

Il riait. Peut-être se forçait-il ou peut-être était-il nerveux, je m’en moquais, je n’arrivais pas à réfléchir, mon esprit était embrumé, aucun raisonnement logique n’arrivait à traverser ma tête, aucune idée lucide ne me parvenait. Je n’étais qu’un spectateur impuissant. Et je le savais. J’entendais à la suite le monologue de ce paria, enfin, plus ou moins bien, sans aucun doute à cause des bourdonnements qui venaient à mes oreilles. Du moins, c’était ce que j’entendais, des bourdonnements, mais en y faisant plus attention, ce n’était que des murmures qui me parvenaient à moi, sans qu’aucune bouche ne me les portes. Un nombre incalculable de murmures et de chuchotements qui se faisaient entendre au seul spectateur de cette scène, moi.

Seule l’attention que je portais aux mots déversés par le Vagabond me permettait de suivre le fil de l’action, du moins, à rattraper la discussion en cours de route. J’étais en train de perdre mes moyens. Paniquant à l’écoute de ces murmures qui se faisaient plus faibles uniquement lorsque je portais mon regard sur cet homme qui violait notre territoire pour écouter ses propos, je le sentais, je perdais mes moyens. Ma respiration se faisait de plus en plus rapide, la pression qu’exerçait ma main droite sur ma machette était devenue tellement forte que je sentais la poignée me rentrer dans la peau de ma paume. Je l’avais écouté, jusqu’à ne plus entendre ces murmures qui n’avaient durés que quelques secondes, se taisant alors qu’il venait de s’avancer vers Samuel. Cet homme était malsain, et comme il le disait, notre « chef » avait fait les mauvais choix, encore une fois. Il aurait dû viser la tête.

J’entendais d’une oreille distraite le rapide échange qui se passait entre Melody et Ivy. Oui, il fallait garder ces deux-là désarmés, la prochaine balle ne serait pas pour percer les pavés, mais pour les repeindre de notre sang, ça ne faisait aucun doute. J’étais effrayé à l’idée que l’on pouvait mourir d’une seconde à l’autre, d’une simple pression de doigt. Nos vies étaient devenues si misérables, si faibles, qu’un seul mouvement de doigt pouvait nous anéantir. J’avais jeté mon regard vers la chasseuse à l’écoute de mon nom. Je prenais pied, à nouveau. J’écoutais sa demande, je l’avais entendue, je l’avais comprise, j’étais sorti de ma torpeur. Elle avait raison, il fallait s’assurer que les morts ne viennent pas nous envahir encore une fois. Je ne répondais rien, hochant tout simplement la tête à sa demande alors que je me déplaçais vers la position qu’elle venait de pointer du doigt pour observer, scruter les environs, et si un de ces cadavres ambulants avait eu le loisir de s’approcher de trop près de notre position, je le signalerai à Melody. J’essayais du mieux que possible de rester calme, de chasser l’idée que j’étais en première ligne, que je serai sans doute l’un des premiers à me prendre une balle. Enfin, je passerai après Samuel si cela devait être le cas. Je m’efforçais de rester comme les autres, de ne pas céder à la panique, de ne pas céder à la peur qui me dévorait.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 25 Avr - 22:13
Les choses étaient allées bien vite. A peine avait-il fini de parler, de ce ton si calme et posé contrastant avec son geste, que son arme, comme celle que le Vagabond aurait bien utilisé pour se défendre et l'emporter dans l'échange de plombs, volèrent brusquement au sol. Sans aucun doute surpris mais n'en montrant rien, Samuel se contenta de rester là, la main ouverte sous la pression du revolver s'en étant allé.

Puis, lentement, il articula les doigts avant de laisser retomber son bras à l'instant même où un second tir allait résonner dans la zone, faisant éclater une portion de sol si proche des chaussures du canadien qu'il crut même en percevoir les vibrations, ce qui ne manqua pas de le pousser à un vif geste de recul à son tour. Clairement surpris mais bien trop engoncé dans son état d'esprit pour se laisser aller à de la peur et encore moins à de la panique, le chef de camp jeta un œil au sol, vers le creux offert par l'arrivée de la balle avant d'en remonter la trajectoire d'un ostensible mouvement de tête.

Là, les yeux plissés, il discerna le bref reflet que son immobilité n'aurait put causer, pour lui, la chose était claire, quelqu'un se trouvait là-haut et le braquait. Quelque part, il aurait apprécié lui reconnaitre la précision de son tir, mais pour l'heure, ses paupières ne firent que se relever, affichant clairement un regard froid, une indifférence clairement feinte mais qui ne manquerait pas de cacher l’imbroglio dans lequel son cerveau s'était mis.

Et puis, enfin, le Vagabond s'était mis à rire jaune. Derechef, Samuel cessa d'observer la position du sniper présumé pour reporter son attention sur l'odieux homme. Ce dernier, délaissant enfin les belles paroles acides et son ton mielleux, délivra enfin des mots vrais. Quoi qu'il en dise, ce n'était plus là les mots ou le ton de celui qui parle pour le plaisir mais bien celui qui parle pour vivre. Bien sur, pour les oreilles du canadien, tout ce qu'il lui crachait ne valait pas plus que son pesant de plomb, les cinq balles qui dormaient dans le barillet de son revolver, laissé au sol, sans même un regard.

Cependant, le puant eut au moins l'obligeance de démontrer certaines choses, de lâcher déjà certaines informations. Tout focalisé qu'il était sur chaque mot, chaque intonation, chaque geste, Samuel ne remarqua rien du regard de Melody, pas plus que le stress de Jordan et encore moins les pensées d'Ivy. Ce n'est que lorsque les deux femmes échangèrent finalement quelques mots dans le silence revenu qu'il repris conscience de la présence des protagonistes sans pour autant intervenir dans leur propre débat.

Samuel avait à répondre à ce sale type et continuer de s'en remettre à ses seuls alliés pour gérer le reste. Aujourd'hui, plus que jamais, si il devait être le bouc émissaire de tout ce qui va mal, puisque c'est ce que prétendait le Vagabond, autant qu'il retire tout le plaisir possible de cette charge, celle de jouer avec la Mort, sa mort, celle des autres... Mais pas pour autant jouer à l'aveuglette.

Aussi, malgré son cœur battant la chamade et le flux d'adrénaline dans son sang l'étourdissant jusqu'à une légère nausée, il préserva son masque de flegme et reprit la parole, sans haine ni colère, sans bonheur ni joie :


"J'ai licencié par bonté, par obligation et par plaisir, de même que j'ai accueilli des démissions éclairées, contraintes et larmoyantes, voila tout ce que j'ai retenu des "collaborateurs" dans ton genre. Sais-tu ce que ces gens n'ont pas fait ? Ils ne sont pas venu prendre ma place et ils n'ont pas fait ce qu'il fallait pour préserver la leur.

Tu prétends démissionner et demander des indemnités pour finir le travail que tu me dois. Ça ne fonctionne pas comme ça, l'ami, et tu le sais. Avec ce sniper, c'est dans ton camp qu'est la balle, cette balle n'a que deux destins, hurler pour me faire définitivement taire ou rester muette dans son canon.

Prends ma place ou reste à la tienne. Tu n'es pas venu pour faire un autre choix, quant à moi, j'ai déjà fait les miens. Ces choix, en tant que simple "collaborateur", tu n'as pas le droit de les juger, seulement de faire avec, jusqu'à licenciement, jusqu'à démission. Ceux qui me jugeront nous entourent et si ils tiennent à négocier à ma place, qu'ils s'expriment, je n'aurais pas besoin de plus de quelques jours pour me dégoter un tas de merde duquel je m'auto-proclamerai roi... Pas plus que quelques secondes pour retourner embrasser la Mort avec l'aide d'une balle bien placée.

En attendant cette prise de pouvoir, il te reste une minute pour me convaincre de t'en offrir des supplémentaires. Je ne peux peut-être pas effacer ton existence mais j'ignorerais très facilement ta présence."


Le discours d'un homme qui a déjà un pied dans la tombe, mais pas pour y entrer. Quoi que sa voix reste neutre et frise même la monotonie d'un discours retenu et récité avec toutes les difficultés du monde pour y mettre l'intonation, ses yeux ne cillaient pas, braqués sur le Vagabond pour y chercher le moindre indice, la moindre fissure dans sa propre carapace de psychopathe. Il avait sorti un pied de la tombe pour se réveiller à la ferme Wallace, peu lui importait à présent d'y retourner, que ce soit maintenant ou à la fin du mois. Foutu pour foutu, Samuel préférait quitter ce monde sans avoir à baisser son froc, et ça, nul n'aurait put en douter à l'instant.

Tout au plus pouvait-il ressentir un pincement pour les quelques survivants, Ivy la première, qu'il risquait de pousser indirectement dans leur propre caveau au passage. Un pincement qui n'aurait su se démarquer de l'immense satisfaction de se convaincre d'avoir le contrôle malgré le fait qu'il n'en ait presque pas, que ce soit sur le Vagabond, sur le sniper ou même sur les survivants qui ne manqueraient peut-être pas de saisir cette opportunité pour prononcer sa mort, ou son exil.

Au fond, serait-il si dérangeant de vagabonder vers la mort ? Au moins, cette fois, il pouvait être certain de ne pas partir seul, aussi indiscipliné que soit Snatch, d'ailleurs, où était-il Snatch à cette heure-là ? Sorti chasser sa bouffe ? Combien de temps allait-il mettre à regagner le camp après avoir entendu les coups de feux ? Samuel ne pouvait pas risquer que le chien ne s'enhardisse devant la lunette du tireur, aussi le canadien tendit l'oreille afin de s'assurer d'entendre venir et surtout d'intercepter l'animal si ce dernier arrivait avec une attitude agressive.

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Dim 1 Mai - 0:01
Le précédent coup de feu n'avait en effet pas été anodin, puisque de la quinzaine de rôdeurs dont certains avançaient potentiellement dans leur direction, sans doute sans intérêt particulier à l'origine, ils pouvaient à présent voir que les quinze morts s'étaient tous retournés et avançaient très assurément dans leur direction à présent, fatalement attirés par l'éclat hurlant.

Vers l'Est également, on pouvait voir plusieurs têtes, d'abord deux ou trois puis près d'une dizaine, qui se révélaient de parts et d'autres d'à peine plus de deux cent mètres d'eux. Qui sait combien d'autres créatures viendraient se joindre à ces discussions dans les minutes à venir ? Autant dire que la population de rôdeurs du quartier risquait de s'orienter sous peu vers la direction de ce coup de feu, qui mettait d'autant plus en situation délicate le campement sortant que très récemment de l'invasion.

Le Vagabond, n'ayant eut qu'un sourire narquois en restant face à Samuel qu'il fixait longuement, ne s'autorisa qu'à jeter un léger coup d'oeil sans tourner la tête sur le coté quand Melody passait dans son dos pour aller poser le pied sur la lanière de son fusil qui lui avait été soutiré par une force surnaturelle, ne trouvant pas lieu de commenter ses affirmations et demandes. Jusqu'au tour d'Ivy où il leva l'index et le majeur accolé vers elle en entendant :

« Bien vu. N'allons pas titiller mon invité, il est du genre... grognon et à expédier les choses de la vie. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour que notre discussion tourne court pour cause de mort sanglante, surtout la mienne. »

Quand ce fut au tour de Samuel de répliquer, Jordan demeuré silencieux, le nomade revint à lui et l'écouta en fronçant les sourcils, puis en redressant légèrement l'un des deux, venant joindre ses mains devant lui, son attention de nouveau figée sur le visage du canadien qui lui donnait une réponse le laissant un brin... pantois ? Toujours est-il et malgré l'approche lente mais sûre des rôdeurs, auxquels il ne faisait pas attention et ne cherchait pas à observer, qu'il lâcha un audible soupir avant de faire claquer sa langue sur son palais et rétorquer sur le ton de la déconsidération en ouvrant ses mains négligemment.

« Alors tu n'es que ça. Un homme si profondément ancré dans son monde qu'il en a perdu de vue la réalité et qui continue de prétendre, toujours prétendre, sans jamais faire ses preuves, ne penses-tu pas ? Tu as tant de contradictions que cela me dépasse presque et pourtant je suis plutôt bon en la matière mais admettons. » Il baissa la tête de coté en étirant ses pommettes d'une légère grimace avant de relever le visage vers l'ouest. « Tu dis que la balle est dans mon camp, que je suis bien un collaborateur et donc que je n'ai pas à te juger mais paradoxalement tu me parles de démission, de licenciement, comme si je n'étais qu'un employé. Je ne sais pas ce qui est le plus dérangeant... »

Il revint vers lui en esquissant un sourire forcé aux lèvres closes puis prit un de ces faux-air de réflexion en levant les yeux au ciel, dont il avait le secret.

« Que tu sois à ce point à coté de tes pompes me concernant, à croire que j'ai un quelconque dû pour toi - je ne vais pas me répéter sur ce que j'ai fait et comment là où tu n'as rien fait pour moi, que je ne suis qu'un employé qui te doit un travail ou que sais-je toutes les autres âneries qui peuvent traverser ton esprit malade, ou d'imaginer ce qu'il doit en être de ces gens qui font partie du camp dont tu es censé être le leader. Un leader, voilà une nuance très importante, car bien que je ne sois pas expert en cheftain de camp ton rôle n'est-il pas censé être celui du guide voué à montrer l'exemple et à inspirer ses camarades vers une survie commune et forte ? Ou les considères-tu aussi comme tes employés qui te doivent leur existence comme le PDG d'une firme essentielle qui leur paie un salaire dont ils ne peuvent se passer pour vivre et survivre. Mais il y a un problème à cela. »

Il s'avança vers Samuel, de plusieurs pas, ne se montrant ni menaçant ni vif, très tranquille à l'opposé et en dépit de la situation extrêmement tendue dans laquelle tous se trouvaient, pour venir à un mètre à peine de lui et pouvoir mieux le fixer directement dans les yeux, lui faire profiter de son haleine d’égout qu'il avait insulté un peu plus tôt. Ses yeux étaient passés de l'irritation et la colère à une sorte d'indifférence, comme une nouvelle palette d'émotion, ou d'absence d'émotion, initiée brutalement, une comédie dont il se donnait la prétention et l'acte d'en saisir les subtilités.

« Tu n'es pas leur patron, tu ne leur donnes aucun salaire, à moi non plus d'ailleurs et c'est ce que j'exige maintenant, un paiement pour ce travail que tu crois acquis alors qu'il n'en est rien. Tu peux effacer mon existence, oh tu le peux... ce ne sera simplement pas sans conséquence aujourd'hui. C'est ainsi que la vie se rythme à présent plus qu'auparavant, un choix, des conséquences, chaque décision pour un prix et quand on pense qu'il n'y en a pas, un inspecteur des impôts alloué au destin finit toujours par frapper à notre porte. Mais si ce tas de merde - si je suis ton raisonnement - ne te convient plus au point que tu choisisses d'aller en quérir un autre, persuadé de pouvoir prendre le contrôle de tout ce que tu convoites car tous sont si risibles en comparaison de ton illustre grandeur, ne traîne pas à prendre ta décision avant que d'autres ne la prenne.

Car aujourd'hui la seule démission qui vaille, c'est la mort. Voilà que la minute est passée et que je ne t'ai pas convaincu car je n'en ai pas envie, voilà que je veux mon paiement et que je ne l'aurais pas car tu n'en as pas envie. Alors je vais m'en aller et nous assumerons cette décision commune qui scellera nos pertes, puisque je ne me satisferais pas d'une soumission à tes exigences sans contrepartie et je veux cette contrepartie, disons l'alcool de vos stocks et les clés du camion porteur abandonné dans votre ancien camp. Tu vois... tu n'es pas le seul à savoir des choses et à vouloir prendre l'ascendant, quelle qu’en soit l'absurdité, mais comptons que tes gens attendent des réponses à leurs questions. Décision. »


Son dernier mot, il l'appuya d'un souffle en dévoilant ses dents en bonne partie jaunâtres, une ultime sournoiserie provocatrice dont le canadien pourrait bien vouloir se débarrasser par la force ou autrement, par une décision.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 3 Mai - 14:59
Au moins sur les deux à qui elle vient de parler, elle peut compter sur Jordan qui se met à surveiller les alentours après avoir répondu à la brune d'un hochement de tête. Contrairement à Ivy qui commence à s'emballer vraisemblablement en colère, Melody se demandant si la binoclarde est énervée envers elle ou envers la situation elle même ? À moins que la colère ne dissimule autre chose, après tout la chasseresse est dans ce cas là, elle essaye de faire quelque chose, de garder la situation en contrôle alors qu'elle doit bien s'avouer qu'elle a peur de ce qui pourrait se passer. Peur de se tromper sur l'identité du tireur embusqué, qu'il ne soit pas Matthew et que les choses dérapent totalement. Bien sûr elle espère de tout coeur que c'est bien le beau brun déjà parce que elle, elle sait les liens entre le Vagabond et Matthew mais aussi parce qu'elle sait à quel point il est un excellent tireur sans compter qu'elle a une confiance aveugle envers lui.

- Son invité aurait déjà pu tous nous descendre d'autant plus qu'on est tous armés sauf que nous contrairement à Samuel on ne le menace pas. Mais soit si tu veux les garder assure toi d'abord que ton copain ne se mette pas à sortir son AK...

Oh oui Melody a bien compris l'allusion qu'a voulu faire Ivy par rapport à son pouvoir, se demandant d'ailleurs si la brunette n'aurait pas pile poil le même pouvoir que le sien mais ce n'est certainement pas le moment d'en parler. Tout comme la brune n'est intervenue qu'après la remarque du Vagabond et son "bien vu" pour bien montrer l'illogisme de leur propos à tout les deux alors que sa propre arbalète trône dans ses mains et que Jordan tient fermement sa machette. S'il n'était question que d'être armé, la réponse serait déjà arrivée par de nouvelles balles. Bien que s'il ne s'agit pas de Matthew l'autre a peut-être ordre de tous les abattre plus tard sur un signal ou autre chose dans ce genre là, ce qui est loin d'être rassurant.

La chasseresse s'apprête à user de son propre pouvoir pour amener l'arme de Samuel jusqu'à elle ou plutôt jusqu'à la AK du Vagabond quand son début de concentration est brisée par les propos que tient le "chef". Seriously il les prend vraiment tous pour ses employés dont il peut faire ce qu'il veut quand il veut ? Non mais il se croit où franchement ? Plus le temps passe et moins Samuel ressemble à un potentiel leader, il ferait mieux de prendre exemple sur l'aîné Jefferson lui au moins c'est un homme qu'on suit les yeux fermés. Que Samuel c'est on le fuit et surtout on fait l'inverse de ce qu'il veut. Oui c'est tout à fait ce que Melody ressent à cet instant : ne plus jamais écouter Samuel et le fuir. La brune sent sa colère revenir au galop et c'est d'un claquement de langue qu'elle l'exprime suivi d'un :

- Samuel tu fais n'importe quoi là !

Pour autant elle ne peut pas aller bien plus loin alors que le Vagabond prend la parole pratiquement immédiatement. Ce mec elle ne le supporte pas, elle voudrait bien pouvoir lui loger un carreau entre les deux yeux et pourtant force est de constater que dans l'ensemble il parle juste. Exprimant à voix haute certaines faits qu'elle n'aurait pas pu évoquer mieux que cela. Entendant ensuite la proposition de paiement que l'inconnu fait à Samuel si ce n'était qu'elle elle sauterait dessus et accepterait, de l'alcool et les clés du porteur Mercedes en panne comment refuser cela ? Bien que si leur soit disant chef n'avait pas fait le con, il n'y aurait même pas besoin de cela...Un soupir de frustration sort de ses lèvres à cette constatation mais pas que.

S'il n'y avait pas encore une infime chance que le Vagabond parle, s'il n'y avait pas cette phrase de Matthew qui tourne en boucle dans sa tête "Il t'apprendra ce qu'il y a à savoir et je préfère ne pas en parler moi-même, je ne veux pas t'influencer.", s'il n'y avait pas les zombies errants plus loin qui peuvent leur tomber dessus. S'il n'y avait pas tout cela, elle les enverrait tous bouler là et se casserait ailleurs sur le champs, oui elle partirait sans doute en forêt pour se détendre et se vider l'esprit mais elle ne peut pas. Ou alors elle ferait mine de se casser pour mieux pouvoir essayer de rejoindre le tireur embusqué en avoir le coeur net. Non pour le moment elle se contente de rester à les écouter préférant même reporter son attention sur le secteur A et les emmerdes en approche en attendant de voir ce qui va se passer.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 8 Mai - 21:01
Plus les mots fusaient, s’échangeaient, et plus je restais sur le cul. C’est tout d’abord un regard littéralement effaré que je posais sur mon compagnon, refusant d’admettre la véracité de ses mots, encore plus que leur teneur alors qu’il semblait nous réduire à de simples employés, ou “collaborateurs” si l’on prenait le terme poli, le tout gentiment réduit à un tas de merde dont il s’estimait être roi. J’étais réellement médusée d’entendre cela, et ne put qu’approuver intérieurement la réplique de Melody à l’encontre de Samuel tandis que ma colère n’en finissait plus de grandir, désormais alimentée, en plus du reste, par une profonde amertume et un désarroi total. Depuis quand Samuel était-il devenu cet homme, cet être irraisonné, imprudent et complètement à côté de ses pompes, pour citer le vagabond qui venait de reprendre. A quoi pouvait-il bien jouer ?

Il semblait avoir complètement perdu de vue que les exigences du Vagabond et la situation de négoce dans laquelle nous nous trouvions était venue de son seul comportement de cow-boy arrogant, et si l’idée m’était d’abord venue de prendre la défense de mon amant, par simple conscience et solidarité affective, je ne pouvais en aucun tolérer d’être considérée à la hauteur d’une partie d’un tas de merde équivalent à n’importe quelle autre bouse. Et plus le Vagabond parlait, plus je le trouvais incroyablement lucide et réaliste, d’autant que les termes de sa proposition n’étaient en rien risqués pour nous. Mieux encore, il amenait sur la table des éléments de négociation qui pourraient valoir leur pesant de cacahuètes, d’autant que je ne pouvais manquer là la fenêtre que venait de laisser ouverte notre chef de camp.

D’un geste nerveux, je me passais une main dans la chevelure, laissant courir mon regard abstrait entre Samuel et le Vagabond, m’attardant sur ce dernier en craignant de le voir réellement partir et garder pour lui les précieuses informations, et peut-être avec elles les réponses que je désirais obtenir. Ainsi, et bien que je n’avais pas eu le désir de m’impliquer au-delà de la simple intervention pacificatrice - sauce casque bleu du pauvre - je me sentais peu à peu basculer de l’autre côté de mes travers orgueilleux, où je préférais encore prendre les choses en main à ma manière, en appliquant mes méthodes, pour obtenir mes résultats plutôt que de me fier aveuglément aux têtes bien pensantes et prétendument plus capables que moi.

D’ailleurs, je ne comprenais en rien la démarche ou la manœuvre de mon amant vis-à-vis du Vagabond et des informations qu’il détenait, dont nous avions apparemment tant besoin, raison pour laquelle je me sentais d’autant plus contrainte et furieuse d’avoir à agir. Pernicieusement, j’avais ressenti ce doute, cette méfiance revenir de plus belle, cherchant à justifier, éclaircir les raisons qui pouvaient retenir Samuel d’entendre les réponses qu’avait à livrer l’inconnu encapuchonné. Et avec lui, revenait cette hypothèse que je ne parvenais pas à cataloguer de profondément stupide et irréaliste, celle qui consistait à douter de la sincérité du Canadien, son allégeance réelle ; surtout étayée par le fait qu’il était resté seul une nuit entière dans cette école, avec les hommes du Marchand non loin qui avaient réussi à capturer Matthew, mais pas Samuel. Ce même Matthew que je soupçonnais très fortement d’être l’homme derrière la lunette qui nous avait dans sa mire.

Lentement, mon regard noisette se déporta depuis le Vagabond pour se focaliser pleinement sur Samuel, les sourcils froncés, une profonde méfiance se gravant d’autant plus sur les traits de mon visage alors que je me reculais de quelques pas, ressentant tant une absurde crainte qu’un certain dégoût. En proie aux plus forts, et probablement infondés, soupçons qui aveuglaient cependant ma lucidité, j’avais légèrement redressé la main droite, pointant celle-ci vers le revolver demeuré au sol et qui n’avait aucunement quitté mon esprit.

“Je… Ce… C’est toi…” avais-je murmuré en m’adressant à Samuel. “C’était toi !” avais-je répété plus distinctement, la peur et la colère rendant ma voix plus tremblante encore.

Puis, d’un geste rapide de mes index et majeur accolés se repliant, j’arrachais le revolver du sol pour le projeter, avec une certaine vitesse, en direction du crâne de Samuel afin de l’assommer.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 11 Mai - 16:02
Aux propos du Vagabond, la situation parut tellement burlesque aux yeux du jeune canadien qu'il daigna briser son masque pour esquisser un sourire en coin, sourire qui ne fit que s'élargir devant cette impression que son point de vue confirmait, ce clochard n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était ni de ce dont il parlait, le plus beau étant l'ultime provocation, cette haleine putride exhalant un ultimatum, une menace réclamant la déchéance de son autorité, sa soumission au bon vouloir d'un type qui prétendait mais jamais ne prouvait.

Préservant ce fin sourire qui transpirait la véracité de sa satisfaction, son regard se reporta sur une Melody qui, comme il s'y attendait, avait quelque chose à redire sur sa manière de "négocier" avec ce qu'il considérait comme un banal racketteur. Pourtant, il n'en perdit rien de son sourire, ce qui ne dura finalement pas, tout comme son idée de finalement répondre, lorsque Ivy elle-même s'exprima, d'un ton qui ne laissait aucun doute sur ses émotions quoi que le fond de ses mots demeure un épais mystère.

Quoi qu'il en soit, réactif, le chef de camp ne manqua pas d'apercevoir le geste de la jeune femme et, une fois la menace clairement identifiée et quoi que le timing demeure drôlement serré, Samuel recula alors d'un bond tout en levant son bras et en le repliant afin de former un bouclier entre le pesant objet et son crâne.

Si cette entreprise réussissait, lui épargnant donc de perdre connaissance et sans doute de devoir faire avec un joli traumatisme crânien, il rabaisserait son bras rapidement, jetant un coup d’œil à Ivy avant d'observer le puant, sans sourire mais en adoptant un ton aussi léger que provocateur :


"Rendez-vous sur mon tas de merde quand tu voudras remplir tes engagements envers ma personne, ce sera la maison avec une feuille d'érable gravée sur la porte."

De là, il vérifierait évidemment que Ivy n'avait pas d'autres choses à lui lancer, y compris ses poings, et ne manquerait pas de la repousser aussi vivement qu'il considèrerait son assaut injustifié, ce qui n'est pas peu dire pour le moment. Cependant, qu'il ait à faire cela ou pas, il ne manquerait pas de regarder Melody, crachant cette fois ses quelques mots d'un ton des plus acerbes :

"Est-ce que la "cheffe" de ce camp me suppose assez compétent pour m'occuper de la menace zombie où puis-je aller prendre mon petit déjeuner pendant qu'elle fait tout le travail ?"

Prétendre que cela lui avait écorché la gueule serait un euphémisme. Là ou le Vagabond ne semblait pas avoir réussi à susciter chez lui plus que de l'indifférence et de l'amusement, les réactions des deux femmes semblaient en revanche l'avoir profondément touché, et pas en bien. Cela semblait être au point que devoir jouer la comédie du passage de flambeau au pire moment, ce qu'il s'était tapé au camp Jefferson, semblait vraiment le blesser moralement, que ce soit à propos de son orgueil, ce que tout le monde lui attribuait comme seule motivation, où les autres émotions qui l'habitait à ce sujet, sentiments qu'il était finalement bien satisfait de ne pas mettre sur la table vu la manière de penser de ces gens, autour de lui.

Quoi qu'il en soit, il ne s'amusait plus du tout et même entendre un vif aboiement de Snatch, stoppé de lui-même à l'écart, près du coin de la maison, à côté de la tente de Jena et du camping car, ne réussit pas tellement à lui refiler la force d'oublier que ce sniper, tireur dont il fusilla la position du regard, lui trouerait surement le crâne si il faisait mine de rentrer dans la maison ou de s'en aller. A cet instant, il était bel et bien tout seul et son seul ami n'avait hélas aucun moyen de lui épargner cette mort-ci si elle décidait de le prendre.

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Sam 14 Mai - 14:36
En dépit des provocations du nomade, Samuel décidait de ne pas bouger d'un millimètre de sa position et l'homme à la capuche finit par se montrer passif et quelque peu irrité de voir les choses continuer à dériver. Il fit mine de regarder ailleurs tandis que Melody répliquait à Samuel, puis ce fut au tour d'Ivy qui elle, n'avait guère envie de se contenter de quelques mots qu'elle préférait lui envoyer une arme dans le dos. Une agression à laquelle le chef de camp - dont on ne savait plus vraiment s'il l'était - réagit d'un étonnamment juste instinct. Exposé par sa proximité au lancer d'arme et au bond de Samuel, le Vagabond recula brusquement et son visage plus encore jusqu'à s'éloigner de plusieurs pas, lâchant un souffle de perplexité car il fallait bien le dire, c'était plus qu'il ne pouvait en espérer, à moins qu'il pense tout le contraire et ne soit pas emballé par la tournure des choses, ou encore pouvait-il faire simplement semblant de réagir ainsi ?

Impossible de savoir ce qu'avait cet homme en tête, ni exactement ni vaguement, jouant sur la corde raide trop à ras pour décortiquer sa philosophie ou ce qu'il attendait vraiment, il était aussi possible qu'il n'attende rien et se contente de sa demande. De là Samuel répliquait, Snatch aboyait et la situation de se détendait pas, elle était même vouée à arriver au terme.

« Bon, ça suffit comme ça. » Lâcha soudainement le nomade en se détournant presque entièrement de Samuel.

Il se montrait en direction de la rue et regardait un point qui avait de bonnes chances d'être l'emplacement occupé par le sniper, ce qui fut vérifié quand un instant plus tard, l'homme leva grand le bras à son attention paume de la main ouverte vers ledit point. Que pouvait signifier ce geste ? Voilà une bonne question mais une chose était certaine, cela ne s'apparentait pas à un appel au tir et au sang, pour cause qu'il n'y eut aucune réaction du tireur invisible alors que le Vagabond revenait à sa posture initiale en posant les mains l'une sur l'autre, bras légèrement repliés, contre son bassin. Une position plus légère qu'il ponctua par un regard fuyant sur les divers protagonistes présents hormis Jordan qui n'avait pas bougé ni n'était intervenu dans tout cela.

L'environnement en revanche, n'avait guère l'envie de s'alléger car la quinzaine de rôdeurs sur la route dans le dos du nomade s'approchaient très vite, gonflés par quelques nouveaux morts-vivants se dévoilant depuis les cours, les jardins et les maisons en allant s'engager dans la rue à leur tour. A l'Est, la dizaine était devenue ou douzaine et la douzaine voyait encore des rôdeurs s'y rattacher également, appelés par le bruit hurlant des coups et du feu. Si ceux du nord étaient maintenant à moins de deux cent mètres, ceux de l'Est n'étaient pas à plus de cent cinquante mètres et le danger grossissait à vue d'oeil.

« Vous n'êtes pas décidés à avancer et je n'ai pas envie de rester ici à attendre pour rien que les mordeurs viennent nous cueillir. Quand vous serez décidés sur qui dirige ce camp et si vous voulez survivre, nous pourrons peut-être passer à la suite mais ne traînez pas trop. L'attaque du camp Jefferson n'était qu'une mise en scène, la prochaine fois que Soulstrange viendra pour vous - et il viendra - ce sera un bain de sang. Croyez ce que vous voulez à mon propos, je n'en ai rien a ciré et vous devriez en faire autant, parce que je ne suis pas une menace contrairement à notre ennemi commun. Vous l'avez visiblement rapidement oublié mais si je suis venu perdre mon temps avec vous en me mouillant comme je l'ai fait au motel, c'est en espérant que vous ayez le potentiel de m'aider à les affronter et qui sait idéalement à les mettre au moins à mal, mais force est de constater que l'on est très loin, très très loin de ça et que c'est à se demander pourquoi ils ne vous sont pas déjà tombés dessus. »

Il plissa les lèvres en dodelinant de la tête de droite à gauche avec un franc déplaisir et finit par poser la conclusion de son discours d'un ton ferme et froid en portant ses yeux sombres et intenses jouant en faveur d'un aspect de serpent sur Ivy, Samuel puis Melody.

« Dans six jours et à midi, si vous voulez en savoir plus sur vos ennemis et surtout sur vous, les deux sont liés, vous rejoindrez l'ancien camp Jefferson et plus particulièrement le convoité camion porteur dont vous aurez les clés et l'alcool que je demande en très maigre compensation. A ce moment-là vous comprendrez que toutes vos querelles et les coups durs vécus ne sont rien, totalement insignifiants, comparés à ce qui vous attend. Et que ma présence sera bien plus... précieuse, que vous ne voulez bien vous en convaincre sans aller plus loin qu'en surface. J'aurais un cadeau pour vous moi aussi, à cette occasion. Dans six jours et à midi, si vous ne venez pas, alors le Vagabond disparaîtra définitivement et vous, eh bien... »

Il n'achevait pas sa dernière phrase, la laissant en suspend avant de relâcher ses mains et se diriger vers Melody, venant s'arrêter devant elle.

« Votre pied je vous prie, nous n'avons pas beaucoup de temps, ils sont là et il est temps pour moi de filer. Je vous dis bonne chance pour vous en débarrasser, vous en aurez besoin. » Ponctuait-il d'un coup d'oeil appuyé vers les rôdeurs dans le dos de Melody.

Ceux du nord étaient maintenant à une centaine de mètres tout au plus, ceux de l'Est, très perceptible de leurs râles et grognements divers, gagnant en énergie à mesure qu'ils approchaient de leurs proies bels et bien repérées et désirées à présent, étaient à quelques dizaines de mètres.
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