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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Ce matin, un jardin – 19/03/35
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Johann Libert

Anonymous
Invité
Mer 13 Avr - 23:17
Interprété par Johann Libert et Elizabeth R. Evans

Je rêvais d’une clope et d’un café noir très chaud, pris ensemble, tranquillement, en profitant du lever du jour avant une longue et bonne journée de boulot. Mais non, tout ce que j’avais, c’était une tasse d’eau froide et un fond de boîte de conserve quelconque avant une journée qui allait être aussi vide, longue, pénible et frustrante que les précédentes. C’était toujours mieux que rien, on me dira. Je pourrais ne plus être là pour m’en plaindre. Certes.

L’ambiance avais du mal à redémarrer avec mes collègues de galère, on ne se demandait pas pourquoi après ces dernières semaines. Ils avaient fait le ménage, passablement, mais on voyait encore pas mal de rôdeurs dans la région. Enfin, on avait pu au moins reprendre un certain rythme sans avoir peur jour et nuit et surtout quitter l’étage de la maison. Un sacré bon coup au moral. Qui plus est, visiblement, Nelson et les siens avaient eu un paquet de nouvelles têtes entre temps. Ca allait permettre de passer à autre chose, ce qui n’était pas plus mal. Mais je me demandais quand même comment on allait faire pour nourrir tout ce beau monde, déjà qu’on était à la peine avant ça... J’en connaissais une qui allait rapidement être mise à forte contribution.

Pensant ainsi à tout et rien, je vins ouvrir la porte-fenêtre de la cuisine et restait là, épaule appuyée contre le cadre, tasse en main et bras croisés, à observer l’extérieur sans y chercher quoique ce soit de spécifique. Il devait être quoi, 7 ou 8 heure du matin d’après la luminosité. J’avais laissé tomber ma montre, planquée dans mon sac. Quel intérêt de savoir ce genre de chose encore ? C’était calme, à peine une brise fraîche, le ciel sans limite. De quoi apaiser n’importe qui. Le camp aussi était paisible, surtout de ce côté de la maison où il n’y avait pas grand-chose à y faire. Dans mon dos, j’entendais sans écouter un vague remue-ménage familier de gens allant et venant.

Je repensais à tout ce qui s’était passé, si vite, depuis mon arrivée parmi eux. A peine si j’avais eu le temps de souffler, tout s’enchaînant sans que j’aille la moindre prise sur les événements. Je me sentais… inutile et pas à ma place. Je repensais aux paroles de Jena. « Tu n’as aucune envie d’apprendre ». Apprendre… à faire quoi ? Survivre ? J’y avais échoué une première fois, après tout. Peut-être qu’elle avait raison. J’avais eu le temps d’y penser pendant ces semaines. Je n’y avais pas forcément mis du mien non plus. Mais avais-je seulement eu l’occasion de le faire ? Si on s’en sortait il fallait que je me donne un bon coup de pied au cul. C’est ce que je m’étais dit. Je n’avais pas la moindre envie qu’une pimbêche comme Jena continue de me faire la leçon.

Je n’étais visiblement pas le seul à profiter de ce début de matinée car je ne tardais pas à remarquer Elizabeth qui effectuait des allers-retours au petit pas de course au milieu de notre bout de jardin. Je la regardais faire un moment, immobile, sans savoir si elle m’avait repéré également. Je l’avais déjà vue courir ainsi au camp Jefferson, ça ne m’étonna pas de la voir revenir à ses habitudes. Je devrais sérieusement m’y remettre aussi, à un peu d’entraînement physique. J’avais tenu le coup les premières semaines en solo, et j'avais repris à la ferme, mais après… Encore une chose à ajouter sur ma liste.

Je ne voulais pas briser trop vite ce semblant de quiétude, mais en la voyant seule ainsi, je me disais que c’était l’occasion rêvée de profiter de faire d’une pierre deux coup. Ca faisait un moment que je voulais faire un peu plus ample connaissance avec elle, depuis la déchetterie en fait, et également, c’était vrai, mettre à profit ce que j’avais vu de ses connaissances pratiques. Et ces temps, c’était bien rare de la voir sans James. Finalement, je me décidais à la héler depuis ma position, cherchant ce qu’il me restait de bonne humeur pour en agrémenter mon ton de voix.

- Salut Liz ! Tu as finalement réussi à échapper à l’emprise de ton homme ?

J’attendais qu’elle réagisse. J’avais suffisamment élevé le ton pour être sûr qu’elle m’entende, j’espérais juste qu’elle daignerait s’arrêter et ne se contenterais pas de me saluer en continuant son footing. Quoiqu’elle fasse, d’ailleurs, j’enchaînerais après quelques secondes.

- Je peux te voler quelques minutes de ton temps ?

Je n'avais pas bougé d'un iota en attendant de voir quelle serait sa réponse. J’espérais qu'elle serait ouverte à la discussion, sans en être certain.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Jeu 14 Avr - 14:50
Chaque fois qu’elle courrait, c’était comme une douche de l’intérieur, libérant son esprit, déliant son corps. Plus le temps passait, et plus elle retrouvait ses capacités d’antan, ou du moins s’en rapprochait car il restait fort à faire. Au final, et contrairement à ce qu’elle avait craint à son réveil et retour à la vie, ce n’était pas un réel réapprentissage, mais une sorte de rééducation. Si elle était réellement partie de zéro, elle n’aurait pas retrouvé cette forme qu’elle avait mis des années à acquérir en si peu de temps. Peut-être que ce n'était qu'une sortie de coma, après tout.

Courir lui libérait l’esprit. Aussi loin que remontait ses souvenirs, il avait toujours été gangréné par des pensées parasites, existentielles, omniprésentes. Elle avait toujours souffert de troubles du sommeil, nommées dyssomnies par les médecins spécialistes auquel elle a longtemps eu affaire, lié au facteur psychogène, et si les récents événements avaient légèrement atténués ce phénomène, elle n’en restait pas moins à l’heure actuelle toujours au même stade. Ce n’était que lorsqu’elle se mettait à courir que ses pensées finissaient par se libérer, complètement. Il n’y avait pas que sa respiration ou la pression de ses pieds sur le sol, il y avait tout le travail de ses muscles, du haut de ses cuisses jusqu’aux chevilles, mais aussi son ventre, ses bras, sa nuque. Le gonflement de ses poumons, l'inspiration par le nez et l'expiration par la bouche, en même temps que tout le travail lié à cette simple respiration. Elle pouvait le faire pendant des heures, elle l’avait déjà fait avant l’apocalypse.

Contrairement à ses habitudes du camp Jefferson, le périmètre était beaucoup moins étendu et la zone beaucoup plus dangereuse, ne lui permettant pas de pouvoir s’exercer comme elle l’aurait souhaité. Au lieu d’un tour, large, elle s’était contenté de brefs aller-retour dans le jardin, du puit sjusqu’à la limite du bâtiment annexe, laissant les traces de ses pas dans la pelouse sauvage et non entretenue depuis des lustres, comme un chemin creusé dans le sol, chaque fois plus plat à mesure qu'elle progressait.
Trois semaines passés pratiquement sans avoir pu tenir son petit rituel du matin, et la forme était loin d’être olympique.

A l’horizon, le soleil avait déjà germé, depuis peu cela dit, mais cela laissait clairement supposer de l’heure relativement matinal. Le soleil était au beau fixe et la température assez agréable pour ne pas greloter de froid. Une nouvelle journée qui s’annonçait riche, comme toutes les journées qui se suivaient depuis des mois, et pour la préparait, selon Elizabeth, il n’y avait rien de tel que de se vider l’esprit par une course sportive.

Tandis qu’elle amorçait le retour, elle aperçut du coin de l’œil la silhouette de Johann, épaule reposée contre l’encadrement de la porte-fenêtre menant à la cuisine. Elle se contenta alors de lui adresser un regard amical et un léger hochement de tête à son encontre, continuant sa course jusqu’au puit et à ses affaires laissées sur place en l’incarnation d’un verre d’eau, de son gros pull gris et d’une serviette éponge, avant de faire demi-tour et repartir de bon train. Ce n’est qu’au bout de quelques foulées que l’homme décida à l’abordé d’un ton avenant.
Profitant de l’occasion, Elizabeth cessa sa course sans pourtant s’arrêter en chemin, les mains posées de part et d’autre de sa taille. Elle était en sueur et le léger vent frais lui rappela se rappela à elle en quelques frissons.

«  Salut Johann. J’crois plutôt que c’est lui qui m’a échappé… et comme tu vois, je m’entraîne pour que ça n’arrive plus ! » Ironisa-t-elle en un léger sourire espacé de francs soupirs d’une respiration courte.

Voyant qu’il souhaitait lui parler, elle l’invita à la suivre vers le puits, le temps qu’elle retrouve convenablement son souffle et surtout qu’elle s’accorde quelques gouttes d’eau avant d’éponger son front, sa nuque et ses bras et se napper de son pull pour se maintenir au chaud le temps que l’effort redescende tout comme la température de son corps.

« Oui, j’t’écoute. » Avait-elle simplement déclaré entre deux gorgées d’eau. «  Un soucis ? »

Elle n’était pas réellement inquiète. Elle avait bien vu que le ton, et l’attitude ne laissait pas supposer à une situation d’urgence. Cependant elle ne pouvait qu’être curieuse des raisons qui l’avait poussé à venir l’aborder en si bon matin. Elle avait bien remarqué qu’après avoir passé de nombreux temps au chevet de Melody, et à s’être installé dans sa chambre, elle ne l’avait quasiment pas vu. Peut-être que la chasseresse avait trouvé un autre réconfort après la perte de Seth.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Ven 15 Avr - 23:26
Sa réplique concernant James, tout aussi second degré que ma question, me vît arborer un sourire franchement amusé. L’invitation à la rejoindre ne tarda pas à suivre et j’obtempérais avec plaisir, me redressais de mon poste d’observation et en deux pas, vint fouler les herbes folles qui avaient remplacés ce qui devait être autrefois une pelouse bien entretenue. Il faisait frais, juste bon pour être revigorant, mais pas assez pour avoir froid ; pas de quoi tout de même abandonner ma chemise, que je portais ouverte par-dessus mon éternel t-shirt. On était encore loin des grandes chaleurs, même si s’améliorerais sans cesse maintenant.

Lorsque j’arrivais vers elle, elle en était à user de sa serviette et s’éponger le front. Je la voyais en nage, pas très étonnant vu l’exercice auquel elle se prêtait.  En attendant qu’elle finisse, je m’appuyais moitié assis, moitié debout contre la margelle du puit avant d’y déposer la tasse vide, notant mentalement que j’aurais dû la laisser dans la maison. J’attendis sagement qu’elle ait enfilé son pull, je m’en serais voulu qu’elle prenne froid, ce qui aurait été d’autant plus bête qu’elle avait passé entre les gouttes lors de notre dernière pérégrination commune. Enfin, une fois que je fus sûr de son écoute, je me lançais en débutant par d’atroces banalités.

- Non non, aucun souci. En te voyant courir, je me disais que je devrais prendre exemple sur toi avant d’être complétement rouillé. C’est une bonne habitude que je devrais reprendre. Et puis, pour une fois que je peux te trouver seule, sans ton binôme… C’est assez rare pour être souligné. Tu m’excuseras d’en profiter.

Je lui offris un sourire en coin soulignant qu’on savait tous à quoi s’en tenir pour eux deux, tout en  laissant planer un double sens peu crédible sur la fin de ma phrase. Je laissais ensuite passer quelques longues secondes de silence de ma part, regardant devant moi l’horizon dégagé et recroisant les bras, juste une histoire de contenance. Elle devait trouver bizarre que je l’interrompe juste pour ça, mais je prenais le temps de réfléchir à comment tourner la suite dans mon esprit avant de continuer. Ca lui laissait largement le temps de réagir si elle le voulait.

Je ne savais pas ce qui me retenait d’y aller de but en blanc, direct. Sans doute quelque part l’espèce de puérilité de la demande que je m’apprêtais à faire. Malgré tout, je me sentais passablement ridicule d’en être réduit à ça. Enfin, je repris après un soupir de résignation. Je n’avais pas vraiment le choix. Pas si je voulais continuer à fonctionner avec ce groupe de tarés de la gâchette.

- En fait,  je me disais surtout que j’aurais besoin de quelqu’un pour me donner deux ou trois trucs sur comment ça marche avec une arme. La première et dernière fois que j'ai utilisé une arme, ça remonte à... pas mal de temps, beaucoup trop pour m'en souvenir. Et comme j’ai vu que tu as l’air de te démerder pas trop mal sur le sujet…


Je tournais mon regard vers elle, en biais, un peu comme un enfant qui ne sait pas trop s’il va se faire gronder ou féliciter.

- Juste les bases, pour pas être complétement perdu le jour où… Charger, armer, les systèmes de sécurités, comment prendre en main… Tu vois le genre ? Enfin, pas forcément maintenant, mais à l’occasion…

Je laissais planer mes derniers mots, sous entendant que c’était à elle de me proposer quand, si elle voulait entrer en matière bien sûr. Mais de ce que je connaissais d’elle, et c’était également pour ça que je m’étais adressé à Liz et pas à quelqu’un d’autre, je ne pensais pas qu’elle refuserait.

Dans le groupe je n’avais personne d’autres vers qui j’étais à la fois suffisamment proche, si on peut dire, et surtout dont je connaissais pour les avoir vues les compétences sur le sujet. Je n’aurais jamais osé faire la même demande à Jena, surtout pas elle ! Samuel, peut-être, de ce que j’avais vu de son barda, mais en tant que chef de groupe je n’aurais pas voulu encore lui demander ça en plus de sa charge. Melo se trainait toujours avec son arbalète et je n’en savais pas plus. Les nouveaux, comment dire… Je connaissais leur nom, et encore pas tous, c’était un début. Sans compter la sympathie instinctive que j’éprouvais à l'égard de Liz, vraiment, je ne voyais qu’elle.  

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mer 20 Avr - 16:27
Elizabeth écouta la première tirade de son vis-à-vis, étanchant simultanément sa soif par de petites gorgées d’eau, régulièrement prises, reposant le plat de sa main libre sur les pierres brutes de ce vieux puit plus décoratif que fonctionnel. Elle se sentit néanmoins un peu mal à l’aise lorsqu’il évoqua de manière dérobée sa relation avec James.
Si elle avait trouvé assez d’humour pour répondre à la première pique lancée à ce sujet, elle ne savait pas réellement comment considérer cette remarque, ni comment l’interpréter. Elle avait encore un mal fou à traduire les interactions sociales, surtout lorsqu’elles la concernaient, et de surcroît lorsqu’il était fait mention d’un acte tout à fait nouveau pour elle tel que sa relation avec le médecin du groupe. Etait-ce un reproche, ou une simple boutade ? Devait-elle rire ? Se sentir vexé ? Offusquée ? Ou flattée ? Elle n’en avait aucune idée.
 
Dire que James avait été le seul homme à avoir pu l’approcher aurait été mentir, mais elle était une novice avérée dans tout ce qui touchait l’aspect sentimental des choses, et la finalité qui les avait amené à s’étreindre intimement.
Aussi garda-t-elle simplement le silence à ce sujet, se contentant d’une simple phrase escorté d’un mince sourire, un peu maladroite, et présenté seulement pour combler ce qu’elle ne pouvait exprimer.
 
«  Pas de soucis. Te sens pas obligé d’attendre si tu as besoin de quelque chose. »
 
Elle attendit tandis qu’un nouveau silence se fit, intriguant d’autant plus la jeune femme sur ce que Johann avait à lui demander. Dans l’esprit d’Elizabeth, elle se demanda même un instant si justement cela ne concernait pas la propre relation de l’homme qu’il semblait avoir commencé avec Melody et s’il venait chercher quelque conseil. Dans ce cas-là, elle serait d’une réelle piètre aide, mais finalement, il finit par se justifier, ce qui provoqua un nouveau sourire, plus sincère cette fois-ci.
 
« C’est une bonne idée, je pense. » Finit-elle par lâcher en hochant plusieurs fois la tête. « Et on peut tout à fait faire ça maintenant si tu te sens prêt. S’il se passe quelque chose cet après-midi, tu seras prêt. »
 
Elle ne voulait pas l’effrayer par rapport aux armes, elle savait que ces engins pouvaient provoquer quelques antipathie à leurs égards, quelques frayeurs, voir même quelques phobies. L’expérience du centre commercial avait été une expérience assez particulière, où elle avait glissé de force cette arme à feu entre les mains du rouquin sans même prendre le temps de réellement lui expliquer comment elle fonctionnait. La situation l’avait exigée, et sans doute que l’adrénaline avait aidé à cette acceptation. Mais si Johann ne se sentait pas encore prêt à renouveler l’expérience, elle ne le forcerait pas à nouveau.
 
Elle ne savait pas vraiment quelle relation l’homme entretenait avec ces outils de destruction et de mort, quel vécu il aurait pu avoir avec ces dernières, ni quelles expériences il avait dû affronter car cela jouait énormément sur l’approche qu’elle pouvait donner à ses explicatifs, mais maintenant qu’elle avait accepté sa demande, l’invitant même à s’en charger immédiatement – le plus vite était sans doute au mieux – il n’aurait plus qu’à émettre son commentaire.
 
Si il acceptait, et seulement dans cette perspective, elle recuperation son arme tenu serré à l’arrière de son pantalon, entre sa ceinture et le tissu de son jean qui lui assurait un certain maintien à défaut de posséder un holster. Il était hors de question de quitter son arme, à fortiori lorsqu’elle se trouvait à l’extérieur de la maison qui n’était pour le moment pas sécurisée. Contrairement à la dernière fois que Johann l’avait vu, le VP70 était cette fois-ci équipé d’un silencieux, un long cylindre qui rajoutait au bout du canon un poids certain.

Elle le tendrait alors à Johann, espérant qu’il se souvienne de ce dont elle avait parlé plusieurs semaines avant, au Centre Commercial.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Dim 24 Avr - 17:52
Un instant, j’ai eu l’impression que je mettais Liz mal à l’aise en pointant du doigt leur relation, à elle et à James. Je me demandais pourquoi. Peut-être qu’elle était juste timide. Des gens pudiques, ça devait bien encore exister, malgré le fait que l’intimité devenait une notion obsolète. Peut-être craignait-elle de la jalousie de la part des autres. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien penser ? Que tous les hommes ne cherchaient forcément qu’à se taper tout ce qui se trouvait de féminin à leur portée et que je vivais mal de les voir en couple ? J’avais vraiment autre chose en tête que vouloir me trouver quelqu’un. Je dirais même que ce n’était pas sur ma liste de préoccupations actuelles. Mais au moins, constater que les relations humaines restaient les mêmes quel que soit l’environnement, ça, c’était rassurant. Amusant, même. On en était à la survie pure et dure et la jeune femme devant moi réagissait comme ma propre fille adolescente il y a si peu d’années quand on évoquait son copain devant elle, avec le même silence évocateur, la même maladresse. Terrain connu. Je ne relèverais plus le sujet, si j’y pensais la prochaine fois.

Ces pensées s’évaporèrent rapidement alors que je lui exposais ma demande. L’observant toujours pendant qu’elle me répondait, sa proposition fût une demi-surprise pour moi. Certes, le fait qu’elle accepte, je m’y attendais. Mais de suite ? Ca, sûrement pas. Elle me prit au dépourvu et si je ne répondis pas immédiatement, ce fût plus pour me laisser de temps de réorganiser mes idées que quoique ce soit d’autre. Je me redressais, me tournant debout face à Liz, passait les mains dans les poches arrières de mon jeans, la regardait quelques instants comme pour m’assurer qu’elle ne blaguait pas, puis lui offrit un sourire sincèrement ravi – et soulagé. Après les remarques de Jena, je crois que je commençais malgré moi à craindre d’être repoussé par les autres également. Le fait de la voir me proposer qu’on fasse ça directement me facilitait la vie, tout en me rassurant sur mon appartenance au groupe. En tout cas, pour une partie des gens. J’enjolivais ma réponse d’un ton optimiste et enthousiaste sur lequel je ne mentais pas.

- Ok, ça marche ! Si tu le sens tout de suite, ça me vas. Même si c’est pas une raison pour que ça parte en couille cet après-midi.

Je n’étais pas si pressé que ça à l’idée de devoir vraiment utiliser un flingue. Non, tout ça, c’était au cas où, si les circonstances du centre commercial devaient se reproduire, par exemple. J’en avais tiré la leçon, mais sûrement pas pour devenir un clone de Jena à défourailler à tout va. Je ne changerais certainement pas à ce point-là. Prudence est mère de sûreté, comme on dit. Nouveau monde, nouveaux compagnons, nouvelles règles. Fallait juste que je m’y adapte.

- Par contre, pour ce que je disais avant, la seule et unique fois où j’ai tiré avec une arme, je ne devais même pas avoir vingt ans, autant dire que ça ne compte plus.

Rapide calcul mental. J’avais 19 ans en fait. On faisait les cons avec des potes dans une usine désaffectée, ce n’est pas ce qui manquait dans notre ville, les friches industrielles. Detroit se cassait la gueule, les industries fermaient les unes après les autres, et ça ne s’est pas arrangé les années suivantes. On glandait toute la journée. Un des gars avait discrètement emprunté l’arme de son père et on avait passé l’après-midi à cibler les vitres, les citernes vides, tout ce qui nous faisait marrer. On avait juste été pas trop con pour éviter les poutres en métal et ce genre de conneries sur lesquelles les balles auraient risqué de ricocher. Au final, les flics avaient débarqués deux heures après, sans doute alertés par des passants. On avait filé en quatrième vitesse, escaladé la clôture abimée et c’était sans doute la seule fois de toute ma vie où ma vielle caisse de l’époque- une Ford Escort RS qui titrait 20 ans d’âge, avait démarré sans rechigner. Fin de l’anecdote. Pour moi, c’était hier. Mis à part que j’aurais bien été incapable de me souvenir de ce qu’il nous avait expliqué alors.

Les armes, je n’avais rien contre, dans le fond. C’était juste que je n’en avais jamais vu l’utilité et que j’en étais pas spécialement fan. Techniquement, c’était joli, mais trop petit, trop délicat à gérer. Je faisais dans la mécanique, pas dans l’horlogerie. Et puis dans mon boulot, ça faisait bien longtemps qu’on ne craignait plus les pirates routiers, si ça avait existé un jour. J’avais plus peur d’un accident que d’un braquage. Certains de mes collègues avaient une arme, un flingue, une batte de base-ball planquée dans la cabine, ou un chien. Moi, je comptais sur moi-même, un poing dans la gueule ça marchait tout aussi bien et ça faisait moins de dégâts qu’un coup de batte ou qu’une balle. Parce qu’avec ces conneries, on risquait encore le procès à tous les coups, même en état de légitime défense. Voilà pourquoi je n’avais jamais eu d’arme. Pas besoin et pas envie. Le problème, maintenant, c’est que les rôdeurs, eux, ils ne comprenaient que la manière forte et définitive. Et donc maintenant, je n’en avais pas plus envie, mais je risquais bien d’en avoir besoin.

Est-ce que j’avais besoin de m’épancher et de lui dire tout ça ? J’estimais que non. Qu’est-ce que ça pouvait bien changer, au final, qu’elle connaisse les tenants et aboutissements de mon ressenti ? Je préférerais donc éluder tout ce que j’avais en tête et résumer simplement. A moins qu’elle m’en demande plus, d’elle-même, par la suite.

- Et t’inquiète pas, je sais au moins dans quel sens ça se tient et j’ai encore pas trop peur de me tirer dans le pied. Je voudrais juste être indépendant et pas devoir poser des questions idiotes dans l’urgence. Pas comme dans le centre, si tu vois ce que je veux dire.

Moquerie légère qui ne visais que moi-même et qui ne lui était pas destiné. Après tout ça, je la vit aller chercher son arme dans son dos, arme qui manifestement ne la quittait pas, même pour faire son footing. Je n’avais même pas fait gaffe à ce détail alors que l’engin était pourtant visible. Maligne, la fille ; et prête à tout. J’admirais. Elle me le tendit. Je baissais les yeux et suivait le mouvement du regard ; je mis plusieurs secondes avant de me décider à bouger et non sans une certain appréhension mâtinée de curiosité, sortant les mains de mes poches, à venir prendre l’engin de mort en main droite. Je le reconnu pour être celui qu’elle m’avait enfilé de force en main lors de notre petite sortie, à part qu’il semblait avoir été pourvu de ce que j’imaginais être un silencieux. Sans être un fada des armes, j’avais vu assez de films pour ne pas imaginer autre chose. Alors que je le récupérais en le gardant pointé au sol dans une zone vide sur ma gauche, me tournant moi-même légèrement pour ne plus faire face à Liz et venant poser ma main gauche de l’autre côté de la crosse afin de la tenir à deux mains, j’essayais de me souvenir des très rapides instructions qu’elle m’avait alors lancées dans l’urgence un mois en arrière, tout en constatant que son équilibre était largement impacté par son nouveau prolongement.

- Tu lui as trouvé un silencieux, ou c’est autre chose ? Et arrête-moi si je dis trop de bêtises… Tu m’avais dit, viser, tirer, et pas hésiter à y aller assez fort. Y a pas un cran de sûreté ou quelque comme ça avant ? Va falloir y aller depuis le début.

L’appréhension de départ s’effaçait pour ne laisser qu’une curiosité somme toute très professionnelle. Après tout, une arme à feu, c’était de la mécanique. De précision à mes yeux, comme je le disais auparavant. Mais ça restait de la mécanique pure et dure. Même si sa finalité différait de ce que je faisais habituellement, je m’efforçais de ne penser qu’au côté technique. Savoir utiliser une arme était une chose qui ne m’effrayait pas. Pour ce qui était de le mettre en pratique, on verrait bien sur le moment. Actuellement, j'en étais encore au premier stade qui était de m'habituer à son poids et à l'avoir en main.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 29 Avr - 15:04
Elizabeth offrit un sourire léger aux plaisanteries de l’homme qui lui faisait face. Elle se méfiait plus que de raison des personnes qui paraissaient propre et sans histoire, à la conversation agréable et à l’humanité avérée, tout comme elle s’était méfiée aux premiers abords de James avant qu’elle ne cède petit à petit du terrain aux sentiments qu’il éprouvait pour elle, et vice versa. Johann était différent de James, mais ils avaient cette vérité commune qu’ils partageaient et qui mettait l’ex-psychologue dans une confiance relative.
 
Elle patienta qu’il s’empare de l’arme avant de croiser les bras autours de sa poitrine. Une confiance relative certes, mais ses vieux démons revenaient à elle pour lui rappeler de désagréables souvenirs imprimés en elle. Elle savait qu’elle ne pourrait jamais s’en défaire, et c’était déjà un exploit qu’elle soit parvenu à surmonter cela en compagnie du médecin de son cœur. Ne dit-on pas que l’amour a ses raisons que la raison ignore, après tout ? Gardant la sécurité de ses bras emmêlés, elle remonta sa main droite à son visage pour venir décaler quelques mèches collées à son front derrière son oreille, en dépit d’éternelle rebelles qui se replaçaient inlassablement sur ses tempes.
 
« Oui, c’est ça, c’est un silencieux. » Confia-t-elle d’un ton tout à fait léger et agréable. « Le VP70 est un peu spécial au niveau sécurité. La plupart des détentes sont très, très sensible, et la sécurité mécanique est déportée sur le côté. Il suffit que tu aies oublié de mettre la sécurité et le coup part par accident. Le VP70 est plus fiable à ce niveau-là. La queue de détente est tellement dure qu’il est impossible de la presser par erreur. Quand tu appuis, tu appuis franchement, et ça veut dire que tu es certains de ce que tu fais. C’est pour ça que ce mécanisme est plus sûr, plus fiable.
 
Le prix à payer pour cette sécurité, c’est la précision. Il faut savoir anticiper le mouvement de doigt que tu exerces sur l’arme en plus de son recul. Mais pour une sécurité optimale, tu ne places ton index sur la détente que quand tu es sûr de ton objectif. »

 
Elle hocha la tête à plusieurs reprises, assez confiance dans ses mots, se remémorant en même temps tout ce qu’elle avait pu apprendre à ce sujet à Quantico. Elle se revoyait à la place du rouquin, peu sûre d’elle, et encore moins dans quoi elle se lançait. Elle avait par la suite prit de nombreux cours. Avoir échoué par deux fois les examens avait forgé la théorie au point qu’elle était encore en mesure de ressortir ses cours au mot près.
Ce n’était pourtant pas l’image qu’elle voulait donner à Johann, ni à personne d’ailleurs. Elizabeth n’était pas une donneuse de leçon, encore moins une leader, ça prestance se mesurant à l’échelle miniature. C’était sans doute la raison pour laquelle ses explications étaient plus imagée que les cours imbuvable.
 
Décroisant les bras, elle mima de son index et son majeur une arme imaginaire avant de reprendre.
 
« D’un point de vue purement théorique, tu ne pointes ton arme que sur une cible que tu souhaites abattre ou détruire. Même pour une blague, pour rire, un allié ne doit jamais être face à ton canon. C’est d’autant plus vraie lors de déplacement en groupe. Si l’un de tes camarades passe devant toi, tu pointes ton arme vers le sol, ou une surface molle, pour éviter les rebonds, mais jamais tu ne les laisses passer devant ta mire.
 
Cette logique suit la deuxième règle : ce que ton canon regarde, c’est ce que ton œil regarde. A aucun moment ton arme ne doit sortir de ton champs de vision. Ne désaxe jamais ton œil de ton canon. En résumé, tu ne points ton arme que sur quelques chose que tu observes, sauf bien sûr si tu rentres dans le cadre de la première règle.
 
Faudrait pas que tu gardes tes yeux rivés sur le sol. »

 
Elle haussa les sourcils, une pointe d’humour dans la voix tandis qu’elle laissait Johann s’habituer au poids déséquilibré par le silencieux de l’arme qu’il tenait entre les mains.
 
« Viens. » Finit-elle par se décider après un certains temps de réflexion qui aurait pu laisser le loisir au l’homme de répondre ou rajouter un commentaire s’il le souhaitait.
 
Dans le même temps, elle attrapa sa serviette et les deux tasses en porcelaine avant de se diriger vers l’espace de jardin devant lesquels quelques tentes avaient été plantés. Cela les éloignait des bâtiments.
D’un geste de la main, elle demanda à Johann de rester sur place tandis qu’elle s’éloignait de plusieurs mètres en direction du Sud, aplatissant au passage les quelques herbes folles qui auraient pu la gêner. Après plusieurs pas, un peu plus d’une dizaine, elle s’arrêta, roula en boule la serviette pour en faire une masse informe, avant de la déposer au sol en l’aplatissant légèrement. De quoi donner un appuis à peu près stable pour les deux tasses qu’elle dépose ensuite dessus.
 
D’un rapide coup d’œil, elle s’assure qu’aucune présence gênante de soit à proximité, puis elle fait demi-tour, revenant non loin de Johann.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Jeu 5 Mai - 15:20
Tandis que dans ma main je soupesais l’arme, la voix calme et posée de Liz s’éleva pour débiter mes premières explications. Je m’efforçais d’y être le plus attentif possible, malgré ma vielle aversion pour tout ce qui était théorique. J’avais craint un instant qu’elle ne se lance dans des détails techniques qui m’auraient noyé sans nécessité et fût surpris en bien de ses mots, simples, précis et imagés. Je ne pouvais que la croire sur parole tandis qu’elle comparait son arme à d’autres systèmes pour ce qui était de la sécurité et, tout en évitant toujours ne serait-ce que de frôler la détente en gardant mon index sur le côté, je tournais l’arme sur le flanc pour en observer l’extérieur, puis la laissait retomber en même temps que mon bras, canon pointé au sol, pour pouvoir fixer mon interlocutrice sans craindre quoique ce soit qui pourrait découler d’une maladresse de ma part. Elle mima le geste de tirer et continua sur sa lancée tandis que je me gardais bien de l’interrompre, comme l’élève sage que je ne fus jamais en ma période scolaire. Mais là, j’avais beaucoup plus de respect pour ce professeur-ci que je n’en avais eu pour les précédents. Sa conclusion m’arracha sans difficulté un franc sourire à l’image du tireur rivant son regard sur le sol pendant ses déplacement, image cocasse si il en était. J’aimais bien sa manière de s’exprimer, avec légèreté et distance, sans donner l’impression de me prendre de haut. C’était hautement agréable, une simple passation de connaissance. Je me félicitais en mon for intérieur de m’être approchée d’elle, et non pas de Samuel ou de Jena dont je pressentais un tout autre style dans leur approche. Etonnamment, autant elle restait en arrière et était discrète au quotidien, autant je découvrais une femme sûre d’elle et aucunement timide, ce que j’avais pressenti et avait désormais la confirmation. De plus, elle savait mettre à l’aise les gens. C’en était presque dommage qu’elle n’ait pas plus de responsabilité dans le groupe, à mon avis. Comme elle avait l’air d’avoir fini pour l’instant, je me fendis d’un commentaire qui valait ce qu’il valait, mais au moins, restait dans le sens de l’atmosphère détendue qui s’était instaurée.

- Avec un prof comme toi, on ne risque pas de regarder au sol, je te rassure.

Elle tournerait ça de la manière dont son esprit le comprendrait. Pour ma part, c’était juste une pointe au second degré sans autre sous-entendus, et surtout pas une manière de draguer – qui aurait d’ailleurs été plutôt mauvaise. Ca n’attendait pas forcément de réponse, mais rien ne l’empêchait de rebondir dessus si elle voulait.
Je me rendis compte à ce moment que j’ignorais ce qu’elle faisait avant d’être embringuée dans la fin du monde, mais elle me tournait déjà le dos, les mains chargées, et s’éloignait. Je la suivis quelques pas en arrière et m’arrêtais à l’emplacement qu’elle me désigna. De là, je la vis placer les tasses et envisageait déjà ce qu’elle allait me faire faire. Pauvres tasses. Alors qu’elle revenait vers moi, je lui posais la question qui m’était venu en tête.

- Tiens, au fait, je sais même pas ce que tu faisais avant tout ça, tu sembles t’y connaître en arme. Tu tirais comme hobby ? Ou par métier ?

C'est vrai que malgré tout, parler de tout et rien n'était pas fréquent entre nous et je ne connaissais pas les gens avec qui pourtant je venais de partager un mois en commun. Autant débuter quelque part.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
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Mer 11 Mai - 18:03
Avant qu’elle ne prenne le chemin de leur stand de tir improvisé, Johann glissa un commentaire léger suite à sa dernière remarque, ce qui fit étirer les lèvres d’Elizabeth en un bref sourire mêlant surprise, amusement et gêne, qu’elle s’empressa de justifier d’une voix sincère et drôle.

« Ca, c’est seulement parce que mes propres instructeurs se sont tirés les cheveux à me le rabâcher milles et unes fois. »

Qu’importait où et à quel niveau l’homme avait voulu porter la flatterie, elle l’avait pris de la manière la plus simple possible sur son potentiel talent d’oratrice et de formatrice. Elle n’avait jamais eu l’occasion jusqu’ici d’apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit, n’ayant ni l’âme, ni la vocation à être celle qui donnait des leçons aux autres, sans doute par manque de confiance en elle. Elle avait parlé comme elle l’aurait fait à elle-même, en essayant d’imager le plus possible ses explications sans vraiment s’en rendre compte, et ça avait sans doute porté ses fruits.

Revenant d’installer les affaires à plusieurs dizaines de grands pas de là où Johann était resté, elle se plaça juste à sa droite, légèrement en retrait, certaine qu’il se doutait de ce qui l’attendait désormais. Les bras croisés, elle s’assura que rien n’était venu gêner son installation le temps de son retour, et qu’il était correctement fait d’un point de vu plus lointain avant de porter son attention sur lui.

Sa question arracha un « oh… » surpris, pris de cours par cet intérêt soudain sur un évènement passé auquel, il fallait l’avouer, elle n’avait plus prêté attention depuis de très nombreux jours.
Il fallait dire que son ancienne vie paraissait si lointaine et hors du temps que tout ce qui gravitait autours étaient presque irréel. Le passé, le pourquoi, le comment, le monde n’en avait plus vraiment besoin, se contentant du présent, des mots et des actes. Même le futur n’avait plus vraiment sa place dans l’apocalypse.

« Par métier. Enfin, ancien… » Elle laissa un léger silence planer tandis qu’elle cherchait la bonne manière d’amener la chose sans trop en faire. « Police municipale d’Albuquerque. Au bout de trois ans, et deux échecs, j’ai réussis à intégrer le Bureau Fédéral d’Investigation, au programme Crime. J’essayais de rejoindre le NCAVC, mais mon incompétence a finalement eu raison de mon destin. »

Elle haussa une épaule, légèrement pensive, en resserrant un peu plus ses bras contre son buste, ces derniers croisés. Elle finit par conclure d’u humour un peu maladroit :

« Heureusement que l’invasion des morts m’a donné une seconde chance de pouvoir mettre tout ça en application… en espérant que je ne me plante pas de nouveau. Pas vrai ? »

Jugeant elle-même sa dernière phrase assez borderline pour peu qu’elle ait affaire à quelqu’un qui n’appréciait pas ce genre de plaisanterie vis-à-vis de son vécu personnel, elle essaya de changer rapidement de sujet en recentrant le tout sur leur objectif du moment. Pour elle qui n’avait absolument rien perdu avec ce nouveau monde, hormis la vie qui lui avait été rendu d’ailleurs, mais aussi au regard de son passif et son caractère plus qu’associable, les relations humaines étaient toujours une épreuve à passer au moins aussi intense que si elle faisait face à un mort ambulant.
James et Ivy avaient eu sans doute le caractère assez facile pour arriver à la « dompter » mais elle ignorait encore jusqu’à quel point elle pouvait arriver à quelque chose à ce niveau-là.

« Vas-y, essaye de faire un ou deux tirs à l’instinct. Je te regarde, et j’essaye de te corriger ensuite. »

Johann Libert

Anonymous
Invité
Dim 22 Mai - 20:57
J’avais suivi des yeux la mise en place, me doutant bien de ce qui m’attendait, l’appréhendant néanmoins quelque peu, pas comme on pouvait craindre un examen mais plutôt comme quand sait que c’est un cap à passer et qu’après ça, ce sera différent. Ca ne me faisait pas peur, mais j’avais le sentiment que si j’apprenais à me défendre – à les défendre, au lieu de me contenter d’éviter le danger, j’entrerais définitivement dans ce monde, alors que jusqu’à présent je m’en sentais simple spectateur et non pas acteur. La différence était grande. Ca me forçait à prendre des responsabilités dont je ne voulais pas, comme un gosse qui refusait de grandir. Je savais aussi que je m’étais défilé trop longtemps et que ça, ça ne fonctionnait que quand j’étais seul, mais ici je n’étais plus mon seul et unique responsable. Somme toute, c’était une évolution logique.

Ma « professeure » revint et inspecta son oeuvre. Je crois que ma question pourtant basique sur sa vie la pris au dépourvu. C’est vrai qu’on ne parlait pas souvent d’avant et j’imaginais qu’elle n’avait pas forcément envie d’y penser. Chez certains, ça devait même être particulièrement douloureux. Moi, ça me réconfortait de me dire que j’avais eu une vie normale et somme toute pas trop mal, avant d’en arriver là. Je n’arrivais pas à déterminer ce qu’il en était pour elle. Ca semblait la troubler d’en parler, un peu comme si elle avait relégué ça au placard, il y a avait une sorte de timidité dans sa réaction également. Elle ne devait pas être très à l’aise en société. Mais j’étais pour le moins impressionné. Je ne me serais pas douté que ce petit bout de femme timide avait de telles ambitions – et arrive aussi loin. Je l’écoutais raconter tout en l’observant, mon regard posé sur elle, et c’est d’un air relativement sceptique quant à sa propre appréciation que je commentais à sa suite.

- Tu te sous-estime en te traitant d’incompétente, je trouve. Y a pas beaucoup de gens qui réussissent jusque-là, déjà. Si t’étais aussi incompétente que ça, tu serais même pas arrivé à intégrer la police. Tu penses pas ?

Je me détournais d’elle pour regarder vers les cibles improvisées qu’elle m’avait mises sous le nez. Une moue dubitative se fit jour sur mon visage tandis que mon esprit se tournais vers la suite des événements, puis  je me permis encore un commentaire suite à sa conclusion. Je lançais ces quelques mots sur un ton très sarcastique et complétement second degré, incapable de m’imaginer que ses paroles dénotaient d’autre chose que qu’un humour très noir vis-à-vis de notre situation. Ca me convenais bien, je fonctionnais passablement au second degré. C’était même indispensable à ma survie mentale.

- C’est clair, j’aurais jamais eu la chance d’avoir un instructeur de tir comme toi si on en était resté dans notre train-train d’avant. Si c’est pas une preuve que tes compétences sont mises au défi, ça !


Enfin, je portais ma pleine et entière concentration sur ce qu’elle attendait de moi, essayant de me remémorer tout ce que je pouvais savoir – ou penser savoir et tout ce qu’elle venait de m’expliquer. Faisant face aux cibles-tasses, j’inspirais à fond, écartais et décalais légèrement les pieds pour stabiliser ma position avant de lever le pistolet, tenant la crosse calée au creux de ma main droite, l’index restant sagement sur le côté de la détente tant que je ne me sentais pas en position, la main gauche venant affermir ma prise en étant posée par-dessus la poignée de ma main droite, plus crispé que je ne l’aurais voulu. J’essayais de me rappeler ses mots et ses actions sur le terrain. J’avais pu voir que son arme ne nécessitait pas de chargement manuel. Il devait être chargé et donc prêt à tirer – sinon elle me l’aurait notifié. Les tasses étaient posées sacrément bas, presque par terre, ça me forçait à abaisser et l’arme et mon champ de vision. Je mis quelques longues secondes avant de repérer, comprendre et tenter d’ajuster la visée de l’arme avec une des tasses. Je calmais ma respiration, étant somme toute bien plus nerveux que je n’aurais voulu et que je ne l’avouerais jamais. Je me fichais bien qu’on me regarde. C’était une affaire entre moi et ma conscience.

Enfin, quand je m’estimais suffisamment prêt, je portais mon index droit sur la détente, ne pensant plus à rien sinon à garder le viseur sur son objectif. Après deux longues inspirations - expirations, je pressais finalement  la détente, surpris par son effective dureté et par la force nécessaire à l’action. Le tir partit dans une sorte de gros « plop » caractéristique tandis que je faisais de mon mieux pour amortir le recul, l’accusant plus fortement que prévu dans mes bras tendus et jusqu’aux épaules tandis que je faisais par reflexe un léger pas en arrière, pas tant à cause du recul lui-même qu’en réaction à ma découverte de ces multiples sensations. Je ne perçus du résultat qu’un éclat d’herbe et de terre, bien plus à gauche et en avant des tasses, d’au moins trois bons mètres de côté et pas loin de deux en avant. Autant dire que c’était un sacré flop.

Après quelques jurons silencieux histoire de m’engueuler intérieurement,  je repris la position de tir sans attendre que Liz intervienne, prenais deux nouvelles respirations lentes, ajustait la hauteur de tir et ma position globale par rapport à mon résultat préalable et recommençait l’expérience, cette fois en détendant légèrement mes bras au niveau des coudes. Je pressentais déjà quelques courbatures musculaires pour le lendemain. Je ramenais l’index sur la détente et pressais à nouveau, avec cette fois en conscience le détail du mouvement à effectuer.  Si on parle de la chance du débutant, ça ne devait pas s’appliquer à moi car cette fois, même si c’était largement moins catastrophique que la précédente, la balle vint terminer sa course dans un coin du linge sur lesquels étaient posées les tasses, dérangeant sa mise en place.

- Ok, ça tient plus d’Homer Simpson que de Buffalo Bill. Mais au moins je me suis pas tiré dans le pied.


Je ne pouvais pas être déçu, puisque je n’avais pas d’attente précise. Je ne pouvais pas spécialement être content non plus. J’attendis le verdict de la pro, tenant le pistolet devant moi des deux mains toujours, mais pointé vers le sol.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 31 Mai - 17:54
C’était une maigre consolation que les mots de Johann dans le cœur de la brune. Oui, elle avait intégré la police, et avait réussis à intégrer une section de terrain au FBI après deux échecs… mais l’agent Langdon y était pour beaucoup. Il lui avait offert les moyens de pouvoir avancer dans sa vie, elle qui s’était borné dans cette direction sans en démordre malgré les avertissements de celui qu’elle avait considéré comme son véritable père plus que la malheureuse génétique en avait décidé, mais son entêtement avait eu satisfaction face à la raison.
Elle ne disait pas qu’elle avait gâché sa vie. Elle avait obtenu son Master en psychologie toute seule de ce qu’elle en savait, et avait trouvé un travail qui avait fini par lui convenir, mais elle regrettait beaucoup de chose.

« Ca, c’est certain. » Avait-elle simplement conclu d’un ton plutôt avenant, avant de le laisser commencer son exercice de tir.

Elle se contenta de se décaler légèrement derrière Johann avant qu’il ne commence pour avoir une meilleure vue de sa position mais surtout de sa ligne de tir. Elle prenait quelques notes mentales sur les points clés et les différentes techniques qu’elle-même avait acquis par l’expérience, ou tout du moins ce que son réveil d’entre les morts avaient laissé de cette expérience – et c’était assez maigre, à son plus grand damne. Les bras toujours croisés, elle attendit patiemment, sans émettre la moindre remarque, lui laissant le temps de se remémorer les gestes, ou de lui-même poser les questions s’il en avait.
Mais il resta silencieux, s’appliquant du mieux qu’il pouvait, en pressant la détente, par deux fois.

Elle n’avait pas eu besoin de se couvrir les oreilles, et il était sans doute préférable ainsi, grâce au silencieux équipé sur l’arme. Certes cela jouait sans aucun doute en déséquilibre pour le tireur, mais ils n’auraient pu faire autrement. Il n’était pas question de risquer une attaque, surtout au regard des événements passifs. La prochaine fois sans doute qu’ils choisiraient un autre lieu.

Elle retroussa légèrement la lèvre inférieure en observant les résultats de ses essais, d’un air plutôt satisfaite, et étonnée d’ailleurs. Sans doute s’était-elle attendu à pire ? Il fallait dire que Johann avait plutôt insisté sur le côté novice de la chose pour un pareil épilogue. Dès qu’il s’adressa à elle, en baissant le bout de son canon vers le sol, comme elle lui avait consigné à l’échange précédant, elle s’avança à son niveau.

« Ça prouve au moins que tu n’as pas peur des armes. Maintenant, c’est pas si mauvais que tu le penses… certes tu n’as pas touché de tasse, mais dis-toi que la tête de ces créatures est plus grosse qu’un gros mug. Ça te laisse de la marge. Surtout que tu avais le désavantage du silencieux, et de la sécurité-gâchette. Pour un premier tir, c’est vraiment pas mal. »

Elle garda le silence un bref instant, le temps de rassembler ses suggestions pour en faire quelque chose d’utile et de construit.

« Ta position est bonne. Si tu cherches un point de repère dis-toi que tes pieds doivent être éloigné à même distance que ta largeur d’épaule et vu que tu es droitier, pied gauche un pas en avant. Vise avec ton œil directeur et ferme l’autre. Si tu ne connais pas ton œil directeur, agit à l’instinct, c’est celui qui te sera le plus confortable. Pour la visée, concentre toi sur l’alignement de ton arme. La cible te paraîtra flou, mais ton objectif actuel n’est pas la grande précision du tir, juste de toucher ta cible. Tu tirs au moment où tu as fini d’expirer et avant de reprendre ta respiration. Ne cherche pas à la bloquer, juste saisit le moment où tu sens tes poumons vide. C’est là où tu seras le plus stable. »

Elle accordera un sourire à Johann s’il cherche à l’observer pendant son monologue, et rajoutera alors :

« Et surtout, ne cherche pas à retenir tous mes conseils d’un seul coup. Assimiles en un ou deux, fait tes tirs, habitue toi aux gestes puis progresse petit à petit. Une heure d’entrainement suffit souvent à corriger les imperfections de visée. »

Elle rajouta finalement, en passant une main sur sa nuque, ressentant la tension de son footing redescendre enfin.

« Et ensuite, on passera à l’étape supérieure. Mais pas aujourd’hui. »

Elle se tint attentive aux questions s’il en avait, et s’il se sentait prêt à tirer de nouveau, elle le laisserait faire, sans l’interrompre dans sa concentration, elle-même prêtant garde aux environs. Il serait mal venu de se laisser surprendre lors d’une séance de tir si prêt de leur refuge.
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