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Ce matin, un jardin – 19/03/35
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Johann Libert

Anonymous
Invité
Dim 12 Juin - 14:31
Bizarrement, je n’étais ni étonné, ni spécialement content ou déçu du résultat de des deux tirs. J’étais un peu en mode « Tout ça pour ça ? ». Au final ça n’était pas plus compliqué que de lancer un caillou et je n’étais pas particulièrement doué dans ce domaine là non plus. Je m’attendais à ce que cela me laisse une impression un peu plus forte, le sentiment d’avoir fait un truc inédit. Mais au final, je ne me sentais pas plus émoustillé que si je venais de changer une roue, chose hautement banale. En soi c’était plutôt bon signe. Quant à savoir si j’allais pouvoir rester aussi zen face à une menace autrement plus dangereuse qu’une tasse en porcelaine, ça restait à voir et j’espérais toujours que je n’aurais pas à le savoir avant longtemps. Mais au moins, le premier pas était franchi.
Une fois l’arme baissée, je tournais mon regard vers ma prof et écoutais religieusement son verdict. Intérieurement, je ne pus m’empêcher de sourire en l’entendant me dire que ce n’était « pas si mauvais ». Manière gentille de dire qu’on peut toujours faire pire ; je ne pensais pas que c’était mauvais, je pensais juste qu’y avait du boulot avant que je touche une cible volontairement. Quant à m’encourager en me disant qu’une tête est plus grosse qu’un mug… Quelque chose comme 3 à 4 fois plus large, oui, ça restait bien trop petit à mon goût. Une image d’une balle filant au ralenti vers un front humain, tiré tout droit d’un quelconque film probablement, me vint en tête. Ca n’était pas pour m’encourager moralement non plus. Revenant au présent après avoir sans doute raté un ou deux mots de ce qu’elle disait, je l’entendis reprendre pour parler de ma position.
Je n’avais aucunement l’idée de quel était mon œil directeur et en fait, j’avais pas souvenir d’avoir jamais entendu parler de ça. Comme ça me travaillait l’esprit, je me remis en position de tir pour tester, fermant alternativement l’un et l’autre œil et tentant de faire le point avec la visée. Je constatais qu’instinctivement, j’avais tendance à fermer l’œil gauche et qu’en y réfléchissant, c’était aussi le plus confortable ; de plus, il me semblait bien que c’était de cette manière que j’étais le plus aligné cible – viseur. Ca devait donc être de ça qu’elle parlait. Je conclus donc que mon œil droit devait être le bon, ce qui me semblait logique vu que j’étais droitier. Je me demandais si l’inverse était possible, puis l’idée s’évanouit rapidement pour ne plus revenir. Liz continuais sur le côté respiration. La vache, ça commençais à faire beaucoup de chose à penser à la fois.
Je rabaissais l’arme et me tournais franchement vers elle, ce qui me valut un sourire. Ca lui allait bien. Ca faisait disparaitre l’impression de lassitude triste que j’avais l’impression de lui voir autrement. Et sa précision ultime sur le fait d’y aller pas à pas m’arracha cette fois à moi un véritable sourire et une légère exclamation de dépit. Certes, c’était plus facile à dire qu’à faire. Après tout ça, elle parût soudain accuser la fatigue et je m’en serais voulu de la retenir bien plus longtemps.

- Merci pour tout ça, j’te promets d’essayer de pas tout oublier d’un coup ! Laisse-moi juste tester tes conseils et je te laisse tranquille.

Je me remis en position, la laissant toujours dans mon dos, et me concentrais à nouveau sur les tasses. Cette fois, je passais en revue les diverses recommandations dont elle venait de me gratifier. Je réfléchis à ma position, m’embrouillais un peu avec la visée, fini par lâcher un long soupir pour évacuer le surplus de tension que cela impliquais, et quand j’eu l’impression de n’avoir rien oublié, passait le doigt sur la détente et pressais en expirant.

Le premier tir fît voler une motte d’herbe comme auparavant, bien en avant des tasses, à pas loin de 3 mètres devant le linge et trop à gauche. Je sentis que je me crispais tout entier de voir que je c’était pire qu’avant. Ok, j’étais donc toujours trop près ; je tentais donc de corriger ma visée en ce sens et refit feu après une 10aine de secondes de concentration.
Cette fois, la balle passa carrément très haut par-dessus les tasses sans que j’aie aucunement l’idée de savoir où elle était allée terminer sa course. Sans doute dans les herbes, ou dans un arbre quelconque, beaucoup plus loin. Pour couronner le tout, j’avais les mains tellement moites que la poignée glissa et que je dus resserrer ma prise sur la crosse en perdant complétement ma position, l’équilibre perturbé par le mouvement. En tout cas, c’était réussi sur un point : j’avais bien corrigé le fait de tirer trop bas.
En essayant de prendre acte de mes différents essais et de me souvenir de ma position exacte à chaque fois, j’en tentais un troisième en corrigeant à nouveau dans le sens que j’imaginais être le bon. Je repris la pose. Pour mon dernier essai, la balla alla se perdre dans les herbes quelque chose comme 3 mètre après les tasses, cette fois, et toujours trop à gauche. Au moins, j’étais régulier sur ce point.
Je baissais l’arme en gardant mon regard rivé quelques instants sur les tasses qui avaient l’air de se ficher de moi, là-bas sur leur motte de linge, avant de me retourner vers Liz et de lui tendre son arme, un air navré sur mon visage, comme un mauvais élève qui sais qu’il remet une copie raté à son prof.

- Bon, c’est pas encore aujourd’hui que je ferais un carton, désolé pour les balles. Va falloir du boulot avant d’être tireur d’élite je crains.

Je la gratifiais d’un léger sourire de gratitude en guise de remerciement. J’attendis qu’elle me reprenne l’arme des mains.

- Je vais rechercher la « cible », t’occupe pas de ça.


Et sans plus attendre, je parcourus les quelques mètres nous séparant de son installation, récupérais les deux mugs en main gauche tandis que de la droite, je pris le linge et le secouais pour le dégager des herbes collées au tissu. Enfin, je revins vers elle en le lui tendant, gardant les tasses que j’avais l’intention de ramener à la cuisine.

- Tiens, c’est à toi je crois. En tout cas, merci pour la leçon, vraiment. Je vais te laisser filer, t’as l’air de l’avoir mérité !

Je n’avais pas l’intention d’abuser plus longtemps de sa gentillesse. Comme elle l’avait dit, chaque chose en son temps. Quant à moi, je retournerais après ça à une quelconque occupation, ça ne manquait pas.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mer 22 Juin - 17:41
D’un hochement de tête, elle acquiesça à ses mots, restant en retrait et observant le résultat des nouveaux essais de son « élève », le laissant faire sans l’interrompre, comme à son habitude. Elle doutait qu’il parvienne à accomplir quelque chose d’extraordinaire, ou seulement par chance. Il n’y avait jamais de véritable miracle aux premiers essais. Tout ce qu’elle espérait, c’était que ces échecs, qu’importait leur degrés, ne viennent pas décourager l’élan de volonté de Johann. Même si aux premiers abords elle ne le pensait pas être homme à baisser les bras aux nouvelles difficultés, bien au contraire, elle pouvait encore se tromper. Elle avait perdu nombreuses de ses facultés d’antan et ne les avait pas mis à l’épreuve depuis, faute de temps ou tout simplement de priorité.

Trois nouveaux tirs s’étouffèrent dans le gros cylindre en bout d’arme, finissant leur course dans le paysage presque désertique du Texas campagnard. Pas de surprise donc, mais il y avait quelque chose à en tirer. Alors qu’il se retourna vers elle, lui rendant son bien qu’elle saisit par la crosse en gardant le canon pointé vers le sol, elle secoua légèrement la tête, lui répondant sur un ton amical.

«  Il m’a fallu plusieurs mois. J’espère que tu pourras me battre. »

Le sous-entendu était assez clair : sans entrainement, il n’y arriverait sans doute jamais. Et sans application de ses conseils sur le terrain, face à un hostile, peut-être également que non. Elle l’observa s’éloigner en direction des cibles, gardant l’arme en poing, sans la ranger au passant de sa ceinture pour le moment, se contentant de ramasser les douilles au sol pour ne rien laisser trainer – sale habitude, sans doute – puis patienta le retour du rouquin.
Toujours en gardant le silence, elle récupéra les affaires qu’il lui tendait, avant de lever son regard brun vers son homologue lorsqu’il s’adressa à elle de nouveau.

Elle le gratifia alors d’un haussement d’épaule, non pas en signe d’indifférence, mais pour montrer qu’il n’y avait vraiment pas de quoi face à ses remerciements, puis elle finit par lui répondre en amorçant le chemin de la maison en sa compagnie :

« La prochaine sera bien différente, alors entraîne toi autant que tu puisses, et penses qu’une balle servant à s'entraîner ne sera jamais gâchée si l’expérimentation acquise te sauve un jour la vie, ou celle de l’un d’entre nous. On aura tous un jour besoin les uns des autres, et je serais maintenant plus rassurée de te voir dans un groupe avec une arme en main plutôt qu’un tournevis.

Quand tu te sentiras prêt à connaitre les secrets mécaniques d’une arme, viens me voir avec celle que tu auras choisis pour tes prochaines sorties. Si tu t’habitues dès le départ à un type d’arme, tu progresseras plus vite. Je crois qu’il y en a quelques-unes à l’armurerie.»


Avant qu’elle ne bifurque à ses propres occupations, elle lança sur un ton enjouée :

« Oh et, la tradition voudra que tu lui choisisses un petit nom ! »

[Fin du jeu]
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