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[CS, A, 2] Un accord profitable - 23/03/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Ven 15 Avr - 22:42







Un accord profitable
Interprété par Duncan Waltz, Eileen Waltz et Samuel Freeman

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Ven 15 Avr - 23:11
En ce début de journée, un doux brouillard persistait depuis le petit matin, parsemant Snyder et ses environs d'un voile brumeux qui s'associait à un soleil absent, des nuages gris innombrables venus en conquérants dans le vaste ciel au-dessus des hommes. En bordure de la petite ville texane, la zone résidentielle n'échappait pas à la faible température, à peine onze degrés ce qui, pour un texan particulièrement, n'était pas ce que l'on pouvait appeler une fraîcheur agréable. Dans la grande rue, séparant d'importantes propriétés de chaque coté et qui elles-mêmes étaient composées de grandes maisons éloignées les unes des autres par des jardins, cours et autres annexes de terrain, des cadavres erraient tout du long de ladite rue, une quinzaines éparpillés et s'isolant naturellement - quoi que tout cela pouvait difficilement s'affirmer comme naturel, n'ayant aucune conscience de leurs semblables ni de rien d'autre que leur besoin, ou envie qui sait, de chair fraîche humaine ou animale.

Et l'appel de la chair s'annonçait justement, quand un coup de feu retenti, pulvérisant le calme des lieux aussi bien que le crâne d'une de ces créatures errantes, dont l'hémoglobine agglutinée et pourrissante au sein d'un crâne peut-être majoritairement à l'abandon de toute forme d'activité, gicla par l'arrière et se répandit sur le sol, suivant le chemin de la balle qui était ressortie pour se perdre dans l'environnement. Le monstre s'effondra et ses semblables, qui l'avaient ignoré jusque là, se retournèrent sans être perturbés par cette mise à mort, plus intéressés par l'origine du bruit qui avait gêné leur tranquillité. Son origine ne tarda pas à débouler par le jardin d'une des résidences, l'ayant traversé depuis la plaine pour marteler le bitume de la rue de ses bottes avant de s'arrêter à peu près en son milieu.

Grand, robuste, vêtu d'une chemise brune dont les manches étaient repliées aux coudes et ouverte à deux boutons pour ne pas oppresser le cou de cet homme, un grand sac à dos pratiquement vide trônait dans son dos de ses bretelles resserrées à ses épaules pour ne pas s'agiter plus que cela dans l'empressement, un holster en cuir semi-rigide sous l'aisselle gauche et dans sa main droite, le Glock 18 C meurtrier qui avait libéré le rôdeur de sa condition maudite. Ses yeux gris et leurs fonds bleutés parcourant la rue et ses environs rapidement pour en décrire la composition, sa respiration accélérée, audible par les efforts dus à sa course effrénée qu'il n'avait ralenti que pour ajuster son tir, sa lisse crinière châtain foncé lui tombant sur les épaules s'était davantage éparpillée de nombreuses mèches dont certaines vinrent voiler son visage quand il avait mouvé son regard à la recherche d'une nouvelle direction à suivre, d'un lieu à rejoindre pour semer la douzaine de morts qui les avaient suivi, lui et sa compagne sur ses talons.

La fraîcheur de ce matin équilibrait la chaleur importante de son corps et sa coupure superficielle à sa joue droite, peu grande mais bien visible, le brûlait quelque peu à cet endroit sensible, ce qui ne le démoralisa pas bien au contraire, entretenant son attention vivace et lui donnant un coup de fouet par la douleur, un élan de nerf qui lui était utile dans une situation aussi tendue que celle-ci. Il devait faire vite, ne pas donner l'occasion aux morts de les encercler et plus encore, de les approcher. De chaque coté, des rôdeurs leur barraient la route et allaient immédiatement se greffer au nombre de leurs poursuivants, sans compter le risque d'en voir de nouveaux sortir des habitations et de l'abri des terrains, derrière eux la douzaine d'autres ne semblaient pas décidés à abandonner leur lente mais assurée chasse et devant lui, à une quinzaine de mètres, deux morts s'étaient retournés et lui dévoilaient toutes leurs dents en projetant des plaintes qu'il ne connaissait que trop bien maintenant, la plainte des enfers qui s'extirpait de leurs gorges en décomposition et qui avait rythmé des mois de survie constante.

Il ne perdit pas un instant de plus et lança à sa partenaire de sa voix grave mais convaincue, le ton ferme et les propos, aussi concis que limpides :

« Vers l'intérieur, couvre-moi. »

Il n'avait tourné qu'un bref instant la tête vers l'arrière avant de dresser son arme d'une poigne solide, joignant son autre main en appui alors que les deux morts s'avançaient presque à l'unisson. L'arme était déjà brandie quand il ramena son regard sévère, dénué de toute hésitation, il visa tout d'abord celui de droite. Sa prise était sûre, le champs de tir dégagé, l'axe oeil-canon-rôdeur parfait, il était certain de lui, certain de sa réussite et il appuya sur la détente, le canon rugissant en générant une vibration qui parcouru les os de ses mains jusqu'aux avant-bras et ses yeux ne clignèrent qu'un très court instant.

La balle, d'une rapidité bien au-delà de la conscience et de la vision, avait déjà arraché un morceau de la boite crânienne de la créature et elle-même, compressée par le choc ultra-violent, projeta des micro-éclats dans le cerveau qu'elle déchira sur son chemin avant d'y finir sa course écrasée. La bête, instantanément et définitivement morte sans aucune réaction la précédant, commençait à ployer les genoux dont toute commande avait disparu pour s'effondrer comme une poupée désarticulée sur le sol, quand l'homme braqua son arme une seconde après vers la gauche et le deuxième rôdeur pour tirer à nouveau. Les mêmes vibrations, la même lancée destructrice qui fit éclater un oeil comme on éclate un œuf semi-dur à coup de marteau, projetant sa matière organique en miettes et liquides, puis le rôdeur s'écroula à son tour sur le dos, le cerveau percé et stoppé du peu d'activité qu'il possédait encore.

La voie dégagée vers une maison à la porte grande ouverte, Duncan reprit sa course vers celle-ci, rangeant son arme dans le holster dans la foulée pour libérer ses mains et se dépêcha de s'engouffrer sous les grognements des autres monstres qui s'avançaient tout autour, menaçant comme anticipé de les encercler et les écraser par le nombre. Il saisit la porte en entrant et se retourna aussitôt, patientant que sa compagne soit entrée à son tour quoi qu'elle eut à faire avant de refermer sèchement la porte, car il ne comptait pas la laisser derrière lui. A la vie à la mort, ils avançaient ensemble, s'arrêtaient ensemble, dominaient ou subissaient ensemble et survivaient, ensemble. Dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé ou la maladie et aujourd'hui, dans la fuite ou dans l'affrontement, ainsi s'étaient-ils engagés, mari et femme, par les liens sacrés du mariage et de l'apocalypse.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mar 19 Avr - 23:52
Le bruit du caoutchouc dur de ses semelles cognaient contre l’asphalte tandis qu’elle remontait l’allée formée des quelques corps pourris gisant dans l’éternité, condamnés au retour en enfer par l’Expiateur. Tel l’archange Mickaël guerroyant contre Satan, le grand dragon, et ses démons, les morts revenus sur terre, l’Ailé usait de son pouvoir dominateur, crachant le feu libérateur. Elle suivait les pas du céleste qui l’avait conduit tout droit dans ce quartier, sillonnant parmi les gangrènes diaboliques, se démenant pour leur survie dans l'Apocalypse.
 
Derrière l’homme se trouvait sa femme, petite, svelte, les pommettes saillantes, une maigreur certaine marquant les traits de son visage, le regard affûté habitué des géographies urbaines. L'un des pans de sa veste en cuir était déchiré par deux profondes entailles, ouvrant les rideaux faits de cuir grenat sur le spectacle de deux lignes carmins tranchant net sur sa peau blafarde. Mais ni la douleur de ces blessures, ni l’épuisement ne semblait marquer les traits de son visage, figé et vide de la moindre expression sinon celui d'un regard alerte. Si la sangle de son arme ceinturait son dos, de l’épaule droite jusqu’au flanc gauche, l’équipement à laquelle elle était rattaché, lui, trônait, menaçant entre les mains de sa propriétaire. Un large sac de randonnée en tissu tressautait dans son dos au rythme de ses foulées tout comme la sangle retenant une paire de jumelle accrochée à sa fine ceinture.
 
Pas après pas, elle reprenait son souffle de longues expirations, emplissant ses poumons de cet air chargé d’eau vaporeuse, son regard courant à gauche et à droite, à chacun des obstacles qui se dévoilaient à son regard, elle s’assurait qu’aucun démon n’intervienne dans leur progression. Cette petite ville aurait dû leur permettre de repartir sur de meilleures base, évitant de facto les ténèbres du centre-ville, mais fort était de constater que la périphérie n’était pas aussi sûr qu’ils ne l’avaient espéré.
Un simple regard en arrière lui attesta le résultat de leur effrénée course matinale ; si elle put dénombrer au moins quatre têtes à moins de cinquante mètres, sans doute qu’il y en avait davantage derrière le bloc serré qui les poursuivait. Pris en étau de par et d'autre, ils n'avaient guère d'autre choix que de se réfugier dans cette maison typique d'une bourgeoisie banlieusarde américaine, qui se dressait droit devant eux.

Son regard fini par se poser une simple fraction de seconde sur la silhouette dominante de son époux, acquiesçant alors à son injonction qu'elle s'empressa d'exécuter. Le temps ne se perdait ni en palabre, ni en négociation lorsqu'il s'agissait d'opérer face à l'ennemi ; le temps qu'ils avaient passé ensemble avant la fin du monde et depuis cette dernière avait forgé leur entente en une dualité complémentaire, leur sauvant jusqu'ici la vie à de très nombreuse reprise.
Renforçant le maintient de son arme contre son épaule droite, la femme aux cheveux d'ébènes évalua d'un vif regard la trajectoire menant à la maison désignée, et sans attendre pressa la détente.
Une rafale détonante s'extirpa du canon de son fusil, une salve de trois balles crachées par le feu divin qui vinrent se loger dans le corps d'un mort qui s'était approché d'un peu trop près de la porte d'entrée. Si son tir n'éradiqua pas sa cible, le pouvoir d'arrêt de son arme suffit à faire basculer la créature en arrière, son dos et son crane percutant le mur, avant de s'effondrer au sol, toujours "vivant", dévoilant contre le bois du revêtement les impacts des balles ayant traversé son corps décomposé.

Si le brouillard gênait sa vue, il n’était pas le seul facteur responsable de son demi-échec. La blessure à son bras directeur contrariait ses gestes, la poussant à rééquilibrer ses appuis.
Rapidement, son canon se déporta sur la gauche, vers la cible qu'elle jugeait alors la plus proche et à même d'enrayer les plans de son Expiateur, avant de presser à nouveau la queue de détente, projetant une nouvelle salve. Si la première balle tirée se logea au creux de la gorge du décharné, ne provoquant aucune lésion nécessaire à son définitif anéantissement, les deux suivantes se chargèrent de corriger le résultat, le renvoyant Ad Patres, crâne et cervelle volant en éclat.

Le grondement des démons dans son dos, plus près que nécessaire, lui rappelèrent qu'il était temps de ne plus traîner sur place. Son époux rendu en lieu sûr, elle s'y précipita à son tour juste avant que le claquement de la porte ne résonne à ses oreilles. Elle avait basculé son arme verticalement, canon vers le sol, le laissant pendre au bout de sa sangle qui le maintenait à elle, tandis qu'elle faisait rapidement un tour d'horizon.

Le salon était assez grand, occupé par deux larges canapés tout en cuir, escorté de ce qui fut jadis une table basse de verre avant qu'elle ne soit brisée en éclat, ainsi qu'une large télévision écran plat qui n'avait sans doute plus diffusé la moindre chaîne depuis des mois, bientôt une année entière. La pièce jouxtant celle dans laquelle ils avaient atterri n'était ni plus, ni moins qu'une salle à manger, desservie par une belle cuisine à l'américaine. Une aisance et un confort qui n'avait apporté nulle aide aux propriétaires des lieux dont l'homme, et la femme, n'avaient trouvé meilleur moyen pour en finir avant que la situation ne les condamne sans leur consentement, qu'en se pendant, haut et cours, en plein milieu du salon.
Ce n'était pourtant pas réellement ce spectacle qui fixa l'attention d'Eileen, mais plutôt les différentes vitres et fenêtre voilées de rideaux si léger que leur fonction se remettaient pleinement en question. Par chance, un escalier se présentait à eux tout de suite à leur gauche, menant à l'étage supérieur.

« Les vitres ne vont pas tenir, il faut qu'on monte. »

Si Duncan jugeait préférable de condamner la porte d'entrée avant de gagner le palier du dessus, elle accomplirait cette tâche immédiatement.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 21 Avr - 23:11
Ce matin là, Samuel s'était senti un besoin de solitude comme il en avait rarement eu, quoi que bien relative compte tenu de la sempiternelle présence de Snatch non loin de sa carcasse droite et raide. Ainsi, l'aube embrumée lui offrit la meilleure occasion qui soit, le bon moment pour s'éclipser sans rien dire à personne, en toute irresponsabilité et sans même pouvoir commettre la maladresse d'être aperçu par la sentinelle du matin comme les matinaux.

L'objectif officiel de cette sortie inopinée ? Aller pour trainer vers la baraque où ils avaient décrochés le pactole dans l'espoir fou que le propriétaire de tout cela ait même été assez prévoyant pour enterrer quelque chose d'intérêt. Si lui-même n'aurait sut découvrir quoi que ce soit, son compagnon avait, en revanche, une petite chance de débusquer quelque chose.

En y repensant, lors de leur razzia, il y avait beaucoup de zombies, ils sortaient en groupes importants, bref, le pauvre Am'Staff ne savait trop où donner de la tête et restait surtout collé à son maître, loin, si loin de ce genre d'initiative. Mais aujourd'hui, l'endroit serait sans doute calme, ils seraient seuls, en clair, ils avaient leurs chances, fort minces, mais pas pire que sa dernière excursion qui avait été totalement hors norme.

Les environs passablement difficiles à discerner, c'était bel et bien l'animal qui donnait le rythme à l'homme, sentant et entendant les geignards rôder de ci de là avant que le canadien n'ait put réellement discerner les silhouettes dans la purée de pois. Ainsi, en l'absence de montre et l'astre solaire se montrant passablement absent, le duo passa un temps un peu indéfini à déambuler dans le quartier tout en s'assurant de demeurer près de la route.

Malgré cela, ils arrivèrent au lieu désiré avant que le jeune homme ne commence à sentir cette "quasi-solitude" dans toute sa dimension oppressante, encore grisé par cet ersatz de frisson de l'imprévu, sans la moindre pensée pour autrui, bref, d'égoïsme et de l'imprudence, mais les mauvais aspects ne tardèrent pas à pointer. En effet, en faisant la ronde autour de la propriété, tâchant tant bien que mal d'inciter son compagnon canin à garder la truffe au sol et essayer de faire abstraction des zombies qui, sommes toutes, n'allaient pas s'arrêter de les gêner simplement par ce qu'il l'avait décidé, l'aube idyllique fit place à la matinée d'anxiété.

Un peu paumé au milieu du secteur, dans un brouillard encore assez tenace malgré l'avancée vers le midi, sans avoir prévenu sa moitié ni la co-chef, sachant pertinemment qu'il y avait peu de chance qu'un opérateur radio glande à la caravane à cette heure et avec les morts salement éparpillés dans la zone, menaçant facilement de l'encercler, tout cela lui parut soudainement très stupide... Avant que cela ne ressemble carrément à un coup de pute du destin, lorsque des coups de feux retentirent, plus loin sur la route.

Si les premiers parurent somme toutes "banals", l’œuvre d'une arme légère qui, hélas, n'était plus suffisante même dans ce quartier, une rafale, claire, puissante, suscita chez Samuel une vive inquiétude qu'il n'avait ni la possibilité ni le besoin de cacher à son compagnon de route. Ainsi, derechef, le jeune homme empoigna fermement son fusil d'assaut, doté d'un silencieux mais dont il avait surtout troqué la lunette contre un viseur point rouge afin de faciliter sa visée à courte portée, cette dernière demeurant réduite à cause de la météo.

Autour du duo, l'appel du buffet suscita des mouvements, de ci de là, attirant des silhouettes titubantes dans la direction d'où le puissant bruit était venu. L'instant était décisif, clairement, les deux imprudents n'étaient pas la cible de ces tirs et peut-être même s'agissait-il de deux survivants se disputant sottement dix minutes de survie en attendant qu'une meute ne vienne les mettre d'accord. Hélas, dans le même temps, malgré le fait qu'il soit difficile à imaginer que l'on ait put le suivre et le guetter, la possibilité d'un piège ne devait jamais être écartée.

Pour le canadien, le choix s'imposa d'une manière plutôt étrange... Quoi que le fait de se lancer à bonne foulées relevait proprement de l'inconscience, focalisant immédiatement l'attention des affamés du coin sur le son mat de ses godasses frappant le bitume, il avait désespérément besoin d'agir, besoin de contrôler quelque chose, par lui-même et non en s'entourant de sa clique, laissant au passage le pauvre Snatch devant le fait accompli, ce qui le poussa à vivement vocaliser son désaccord tout en le talonnant,  ce qui n'allait pas manquer de les mettre tous deux encore plus en danger.

Enfin, il ne restait plus qu'à espérer que l'origine des tirs ne soit pas plus lointaines que prévue et que, dans sa sottise, le chef de camp n'allait pas lui-même se jeter dans la gueule du loup, ou pire, du cadavre.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Ven 22 Avr - 22:37
Le temps de quelques instants, il resta la main sur la porte à patienter qu'elle entre, ce qu'elle ne tarda pas à faire en le rejoignant à pleine course. Avec toute cette histoire, l'apocalypse, elle avait maigrit, lui aussi d'ailleurs, vivre dans le manque de denrées à cause de la fermeture express des commerces et des entreprises de production et de transformation avait très sérieusement et dangereusement diminué la possibilité de se nourrir à leur guise, car il avait eu tout le temps de s'en rendre compte, avant que la survie ne s'impose comme seul mode de vie, la nourriture avait toujours été à volonté dans ce pays riche autant que les autres de la même supériorité, et il ne s'était jamais posé la question de savoir si il parviendrait à trouver de quoi manger demain. Ça avait été si évident depuis sa naissance que lui comme le reste de la population n'avait jamais prit soin de considérer ce facteur comme précieux, on mangeait et on gaspillait, on se goinfrait sans penser aux conséquences parce qu'il n'y en avait pas, ou juste des conséquences sur le poids.

Maintenant, manger était un luxe qui n'était pas offert à tous et malgré tout, elle restait magnifique. Sa crinière d'ébène s'accordait si bien avec son regard bleu-glacial, car elle semblait si froide et pourtant si intense de tout son être. Mais il la connaissait, et il la connaissait même par coeur. Il avait eu tout loisir de la découvrir au cours de leurs années de mariage et même avant cela, comme les deux doigts de la main et les deux corps d'une même âme, s'étant mêlés et entremêlés par le corps et l'esprit de toutes les façons possibles et pourtant son désir était le même qu'au premier jour, dévorant, il avait envie d'elle à chaque instant même quand le sérieux l'imposait où qu'ils s'étaient déjà adonnés à l'acte, rien ne changeait ni ne diminuait cela sans que la réalité n'en soit perturbée par quelconque niaiserie.
Il en connaissait chaque courbe et chaque pensée, véritable connexion indestructible qui s'était toujours plus solidifiée jour après jour, des jours qu'il avait arrêté de compter et qui laissaient dans l'imaginatif un mur si haut et épais qu'une explosion volcanique ne suffirait pas à le perturber. Dans leur passion mutuelle, ils avaient parfois fréquenté des femmes pour pimenter leurs ébats et découvrir de nouvelles courbes, de nouveaux goûts, savourer un nombre sans cesse croissant de possibilités quitte à ce que ce soit au détriment de cette troisième personne, mais aucune n'avait jamais paru l'égaler en tout point, aussi bien dans les plaisirs charnels que dans l'art et la manière de vivre et de penser, d'abuser des bonnes comme des mauvaises choses sans concession ni limite et de profiter de chaque occasion, de chaque instant autorisé par l'existence.

Dès qu'elle eut franchi la porte, il la referma sèchement et regardait par le Judas pour constater que les morts s'avançaient en se regroupant progressivement dans la rue, droit vers la porte derrière laquelle ils s'étaient réfugiés. A l'écoute des mots tranchés de sa compagne, il rétorqua très vite.

« On s'arrête le temps de jeter un oeil à cette maison et que ça se calme mais on ne reste pas, si ces choses entrent et montent, elles nous coinceront. »

Tout en terminant, il se retournait pour observer le salon et prendre connaissance de ce qui le décorait, constatant avec une certaine amertume, à moins que ça ne soit du dégoût, les deux corps pendus au milieu du salon. A cela, il n'eut que deux pensées, la première qu'ils avaient bien fait de se tuer puisqu'ils avaient été si faibles et terrorisés pour en arriver là, la seconde que le fait d'avoir fait ça à deux ne manquait pas d'un certain... panache. Car c'est une chose à laquelle il pensait, mourir avec l'être aimé le cas échéant, puis il passa à autre chose car il s'en fichait pas mal au final, ce n'était pas les premiers corps qu'il voyait. Il ne jeta qu'un coup d'oeil à la cuisine qu'il savait ne pouvait rien lui apporter pour le moment avant de remarquer à sa gauche contre le mur et à quelques centimètres de la porte comme de la fenêtre à la suite, une grande et vieille horloge-pendule d'un bon mètre quatre vingt, réfléchissant très vite à la façon dont ils pourraient ralentir la progression des morts le temps de reprendre leur souffle et se retourner.

« On bloque la porte avant de monter, d'abord la pendule et ensuite un canapé. »

Il savait parfaitement qu'une barricade comme celle-ci ne tiendrait pas longtemps, surtout qu'il devait y en avoir quelque chose comme seize ou dix-sept bêtes dehors qui venaient s'agglutiner devant la maison, mais ils gagneraient à attirer les rôdeurs vers la porte par le boucan afin de mieux les gêner, car malgré tout et puisqu'ils ne savaient pas user correctement de leurs mains, ils ne pourront mettre qu'un temps conséquent à casser la porte et dégager, ou passer, ladite barricade. Sur ce bref et immédiat plan, il s'empressa de se placer de l'autre coté de la pendule et la poussa lui-seul pour la faire basculer, celle-ci allant s'effondrer devant la porte en entendant la cassure de sa petite vitre sur le plancher de bois. Après cela et devancé par son épouse qui n'aurait eu aucun mal à comprendre sa demande, il se lancera vers le canapé le plus proche du salon et tous deux le soulevèrent par le bout opposé, dans le but de le redresser debout et le faire ensuite basculer à l'envers, de quoi gagner un peu de terrain et rendre leur barricade plus difficile et fonctionnelle. Ceci fait dans un raffut de tous les diables mais ils n'étaient plus à ça près, ils purent pousser le canapé vers la porte d'entrée tout en le tournant à cent quatre vingt degrés pour qu'il soit parallèle au mur.

Peu après, le premier rôdeur ayant atteint la porte se fit entendre en frappant dessus avec ce qui pourrait s'apparenter à de la colère, si il ne les connaissaient pas assez pour savoir qu'ils n'avaient ni âme ni ressentiment, des coquilles vides et mus par des instincts primaires aussi bestiaux que stupides. Le temps d'atteindre le mur en emportant le tapis sur lequel avait partiellement reposé le canapé dans la foulée, facilitant la progression, le couple le cala contre la porte et dessus la pendule, puis replia le tapis pour le coincer contre le meuble. Une manière de s'assurer que l'aisance apportée par le revêtement de sol ne se retourne pas contre eux en facilitant la pousser des rôdeurs à leur tour.
Leur besogne achevée, il récupéra son Glock 18 C à son holster en s'orientant vers les escaliers, posant sa main libre sur la hanche de sa belle pour l'affection du geste autant que pour l'inciter à prendre les devants comme elle l'avait prévu à la base, restant sur ses talons en accordant un dernier regard vers le salon, il repéra la baie vitrée fermée au fond qui représentait un accès arrière non-sécurisé mais tant pis, le temps ne le permettait pas. Ils devaient maintenant grimper avec précaution pour ne pas être surpris par un monstre qui se serrait caché derrière ces escaliers, derrière une porte de l'étage ou pourquoi pas, sous un lit. Tout était possible, rien ne devait être laissé au hasard et il n'avait plus besoin de s'intéresser à l'entrée pour le moment, malgré l'intensité grimpante des râles et des coups portés qui se multiplièrent par ailleurs, signe que la petite horde s'y amassait. Restait à espérer que pour le moment, aucune de ces bêtes n'ait la jugeote de rejoindre une fenêtre, le boucan qu'ils avaient produit contre la porte devait y avoir contribué, normalement.

La main qui empoignait l'arme, redressée canon vers le plafond, coude replié pour se tenir prêt à un mouvement rapide sans mettre en danger sa bien aimée sur qui il laissait son autre main à demi sur sa fesse des fois qu'il faille se jeter devant elle sous l'impulsion d'une menace au corps à corps, il lui faisait confiance pour le reste, elle qui dirigeait la montée. Les rôles maintenant inversés car c'était à lui de la couvrir et surveiller ses arrières.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Dim 1 Mai - 0:35
Elle avait tiré d’un coup sec sur la sangle de son fusil pour faire remonter ce dernier dans son dos, le calant entre ses reins et le bas de son sac à dos afin de pouvoir user de ses mains sans être dérangé par cet élément encombrant. A sa réponse, elle n’avait qu’hoché la tête, non pas qu’elle se désintéressait de ce qu'il avait à dire, bien au contraire, mais elle n’était pas du genre à tergiverser ou de s’épandre en longueur dans des débats plus qu’inutile. Son silence n’était que le gage de son accord qu’elle escorta de ce mouvement de tête bref et intelligible.

A ces instructions, elle suivit du regard les deux éléments désignés, les deux se trouvant dans le salon, de part et d’autre des pieds cadavérique se balançant dans le vide en de petits ronds hasardeux. Elle ne releva pas même son regard sur leur visage, dénuée du moindre intérêt porté sur leur sort, leur mort, leur détresse qui avait pu les pousser à tel acte. La seule chose auquel elle prêta une réelle attention était à l’état de leur cheville, et leurs jambes : intactes. Une réflexion rapide avait amené la femme aux cheveux d’ébènes à apporter quelques conclusions à cette saugrenue situation. S’ils ne grognaient pas en l’instant, éveillés par le sang et la sueur, c’est qu’ils n’avaient pas été mordus. Et ils n'avaient pas été mangé, ni grignoté d'ailleurs. Potentiellement, cela la rassura sur cette maison et sur ce qui pourrait l’occuper. Certes elle continuerait à se montrer prudente, surtout si de nouvelles portes étaient ouvertes, mais elle pouvait se rassurer sur les dangers immédiats.

En un battement de cils, elle dépassait déjà avec une rapidité féline la grosse horloge ancienne qui avait cessé de battre la cadence pour se placer vers le côté le plus éloigné du grand sofa attendant que son Ailé ait fini la manœuvre et la rejoigne à ses côtés. D’un effort commun, le meuble bascula à la verticale, et se retrouva aussitôt ensuite en barricade contre le mur. La suite ne fut qu’une série d’acquiescement face à des demandes supplémentaires pour renforcer un peu plus leur barricade temporaire jusqu’à ce que son époux décide qu’il était temps de gagner l’étage supérieur. Elle ne sursauta, ni ne cilla aux assauts des forcenés contre la porte de bois. Il fallait dire que presque une année s’était écoulée depuis le début des événements tragiques, mais bien davantage depuis leur cavale. Certains sons étaient devenu si monnaie courante qu’ils n’apparaissaient plus qu’en tâche de fond. Un fond qu’ils écoutaient sans pour autant en être tourmenté.

Prenant l’ascendant sur l’ascension de l’escalier, elle récupéra son fusil de son dos, laissant la sangle glisser entre sa poitrine jusqu’à ce que le corps de ce dernier soit à nouveau entre ses deux mains. Chaque marche fut montée l’une après l’autre, avec une précaution infime sans que cela n’interfère face à l’urgence de la situation. Son regard balayait le palier supérieur où une lueur diffuse s’échappait d’une fenêtre inclinée sous la pente du toit. L’interpalier n’était pas bien grand, à peine de quoi servir de petit bureau d’appoint, ce que les anciens propriétaires ci-gisant pendu, avaient fait d’ailleurs.
Pourtant, avant même qu’elle n’atteigne la dernière marche, un léger bruit sourd mit l’ensemble de ses sens en alerte. Elle avait entendu un son, étouffé, comme un frottement, puis un second plus rapide. Les coups et les râles des monstres à l’extérieur ne favorisèrent pas une certitude à ce qu’elle venait de percevoir, mais dans le doute, elle préférait prévoir le pire. Elle s'était arrêté, une petite seconde, laissant son regard observer les lieux avec une minutieuse attention, pivotant ensuite la tête légèrement sur le côté sans quitter du regard la zone qui s'offrait devant elle.

« Y’a du mouvement ici. » Déclara-t-elle le plus simplement du monde dans un murmure si léger qu’il se mêla aux chuintements qu’ils laissaient derrière eux.

Il y avait en tout quatre portes. Deux fermées directement face à eux donnant sans doute au regard de l’agencement architectural des lieux, sur les deux plus grandes pièces de cet étage. Les deux autres, situées une fois à droite et une fois à gauche, étaient quant à elles ouvertes. La disposition de celle immédiatement à droite ne permettait pas de savoir ce qu’elle desservait, mais la dernière laissait clairement entrevoir les carreaux bleu et blanc d’une salle de bain.

Tout était si propre qu’Eileen en fut même étonnée. Certes poussiéreux, mais la plupart du temps, des pillards avaient bien retourné chaque lieu, ne laissant derrière eux qu’un chaos indescriptible. Dans ce qu’elle voyait, tout était bien rangé, parfaitement ordonné, chaque chose à sa place. Personne ne s’était encore aventuré ici ? Si c'était le cas, alors ils pouvaient espérer avoir la chance de trouver quelque chose d'utile. Leurs derniers déboires ne leur avaient guère laissé de choix quand au matériel qu'ils avaient pu garder.
Elle ne s’attarda guère plus sur ce détail, parvenue enfin en haut, elle céda rapidement une place à Duncan pour qu’il puisse la rejoindre sans qu’elle ne le gêne.

Elle essaya de tendre l’oreille, mais le silence – tout du moins à cet étage – était revenu.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 2 Mai - 18:07
Le souffle aussi long que ses enjambées, le duo dévorait à bonne allure la distance qui les séparaient de la position du tout autre duo sans pour autant être certain de la position où ils pouvaient se trouver, une faille de plus dans ce super plan improvisé qui pouvait très bien l'amener jusqu'à l’extrémité Nord du secteur sans mettre la main sur qui que ce soit de vivant.

Pourtant, ils continuaient à gambader, ponctuant leur passage des lourde semelles claquant la route sous les grognements et aboiements constants d'un chien qui n'aimait pas du tout l'idée de se diriger droit vers une meute que le pauvre Samuel ne pouvait ni voir ni encore deviner. Au fond, tout autour d'eux, les gémissements et les râles des morts, heureusement éparses, se faisaient entendre, masquant passablement la concentration qui s'était faite non loin.

Malgré tout, Samuel avait eu la chance de pouvoir s'alimenter normalement cette semaine et c'est ce pourquoi il gardait le bon rythme sans la moindre lourdeur dans les jambes ni vilain point de côté pour le gêner. Une excellente chose qui parvint à le maintenir dans un état pour le moins optimiste, tout du moins suffisamment pour qu'il poursuive son chemin sans trop faire de cas des présences alentours rameutées par le boucan des deux inconnus ou par le sien.

Lorsque, finalement, l'homme et le chien approchèrent de la tanière improvisée du couple, c'est le second du duo qui se stoppa sec, redoublant d'avertissement sonore à l'adresse de son maître qui, plusieurs mètres plus en avant, put enfin voir se dessiner la silhouette de la bâtisse ainsi que tous les cadavres qui réclamaient leur ration de chair humaine. Certains en étaient encore à se frotter et cogner sur les issues ou le mur, cependant, d'autres semblaient s'être rapidement lassés en apprenant que l'apéritif canidé et l'entrée emballée dans du kevlar venaient d'être servies sur le bitume.

Pas tellement surpris mais plutôt embêté de voir que ce à quoi il s'attendait était bel et bien réel, le jeune homme se tint, là, environné par de furieux aboiements et les grognements des affamés. Comme à son habitude, mit en ébullition par son adrénaline, son cerveau carburait à pleine charge, cherchant la meilleure issue, le plan qui lui offrirait les meilleures chances de survie tout en atteignant son objectif, se débarrasser de la majorité des morts, bien trop nombreux pour qu'il puisse simplement s'en remettre sur les trente six balles de gros calibre qu'il portait, chargées dans ses deux armes.

Faisant fi du danger à mi-distance, le fusil d'assaut fermement serrés entre ses mains moites de l'humidité ambiante, il jeta un regard circulaire, s'assurant dès lors que ses poursuivants avaient été, eux, passablement distancés même si ils ne tarderaient pas à rattraper leur retard, puis mis un genoux à terre, se stabilisant pour viser la silhouette la plus proche qui avait abandonnée le siège. Loin d'être hors d'haleine et plus stable dans cette position, Samuel fit tant bien que mal abstraction d'un Snatch qui semblait aussi apeuré qu'en colère de se trouver dans cette situation, et visa cette tête qui se dessinait de mieux en mieux dans le brouillard.

Plusieurs secondes s'écoulèrent alors avant qu'un son diffus, comme un doux mais paradoxalement très puissant chuchotement, ne traverse le coin. Bien que pour faire s'écrouler une seule silhouette, il lui ait fallut se laisser d'autant approcher par plusieurs autres, l'ex-manager ne manqua pas d'esquisser un sourire tout en se redressant. Bien que ses chances soient variables, l'absence d'éclair lumineux à distinguer dans le brouillard ainsi que la diffusion plus douce du son dans l'air pourrait peut-être désorienter quelques morts, mais surtout, pour tous ceux qui n'avaient pas un contact visuel immédiat, c'était les diriger vers un bruit fantôme dont ils ne découvriraient jamais l'origine si il décampait vite fait bien fait.

Dans son dos, le pauvre Snatch s'était tut lorsque le coup de feu avait résonné tout en se gardant bien d'épargner aux morts ses grognements et sa posture défensive. Aussi, bien au fait que son compagnon de route, bien qu'extrêmement performant au combat, était loin d'être un stratège, le canadien se rapprocha prestement de lui, claquant vivement sa cuisse avant de lui faire signe d'aller vers le Sud-Ouest, ce qui les rapprochaient un tantinet du groupe qui les avaient en visu et risquait de permettre à d'autres, dans leur dos, de les entre-apercevoir, mais infiniment plus intelligent que de foncer tête baissée dans un brouillard qui pouvait très bien masquer plus qu'une meute, là, au Nord.

Ainsi se lancèrent-ils dans la plaine, le pas preste mais prudent, le jeune homme gardait son fusil bien calé contre son épaule, prêt à devoir faire feu en cas de mauvaise surprise tout en guettant du coin de l’œil les anciens assiégeants qui n'avaient, évidemment, que faire de leur brave compagnon tombé au champs d'honneur.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Mar 10 Mai - 20:18
Il grimpa les marches une à une derrière sa femme, jetant un coup d'oeil derrière lui et vers l'étage inférieur avant de revenir au devant. Il ne tarda pas à son tour à entendre une sorte de frottement, ou de grattement, s'entendre à l'étage. Difficile de pouvoir définir l'origine ou la position exacte mais cela les informait sur le fait que tout n'était pas fantomatique en haut. La main toujours apposée sur les formes plaisantes de son aimée, il attendit qu'elle soit bien arrivée en haut et qu'elle lui ait laissé de la place avant de s'engager à son tour en prenant position au niveau du bureau d'appoint, jetait à coup d'oeil à gauche pour discerner le décor de la salle de bain, puis à droite, ayant une vue plus élaborée qu'Eileen, et découvrait les contours d'un lit et le dessus dépassant de par son angle d'une table de nuit.

« Chambre à droite. » Clarifia t-il à voix basse.

A nouveau et plus distinctement, l'on entendit des grattements venir d'une des deux portes fermées, celle de droite, plus particulièrement de son bas, comme si quelque chose cherchait à creuser la porte en question pour en sortir par en-dessous. L'idée qu'il puisse s'agir d'un mangeur de chair fut la première à traverser son esprit, mais également celle qu'il pourrait s'agir d'un animal, surtout du fait avéré que ces grattements n'étaient que peu forts, ce qui était un élément très insuffisant bien sûr. Il fit signe à sa compagne d'un geste de tête de se diriger vers la chambre tandis qu'il s'orientait vers la salle de bain, venant frôler le mur et passer devant la fenêtre qui succédait au bureau en s'approchant de la pièce. Il ne se désintéressait pas de son épouse car n'étant pas loin, il avait aussi un angle plus ouvert sur la chambre et pouvait mieux en anticiper toute surprise qui s'y dévoilerait à l'entrée.

Le pas prudent, mesuré, il avançait un pied après l'autre en maintenant sa poigne ferme sur son arme qui était dirigée presque devant lui, visant un point vide à peu près au niveau d'un bassin. Il arriva tout de même rapidement à l'arche de la salle de bain et s'autorisa un nouveau coup d'oeil à droite vers la chambre maintenant qu'il en avait un champs de vision dégagé : rien. Qui soit en vie pleinement ou partiellement en tout cas. Une bibliothèque, des étagères, un meuble de rangement quelconque d'où l'on voyait dépasser des boites de jeux-vidéos, rien de bien étrange ou suspect à première vue. Il ramena son attention à la pièce qui lui était destinée et marqua un temps d'arrêt, portant l'écoute sans que rien ne se soit manifesté à son ouïe, contrairement à ses narines qui perçurent une odeur nauséabonde comme après un passage libérateur aux latrines d'un individu faisant fi de toute forme d'hygiène. Après quoi il se décida à se détacher d'un geste brusque du mur pour venir se mettre face à la porte en brandissant son arme.

En bas, un éclat survint, sonnant le décès d'une vitre qui n'avait pas su résister à l'assaut d'un ou plusieurs des morts-vivants, devant l'homme armé, rien qu'une pièce dépourvue de présence et dans son dos, les grattements reprenant de la porte close de laquelle vint s'ajouter un autre son qui mit fin à toute interrogation sur la nature du responsable : un miaulement, assez faible mais intelligible succédait aux grattements puis se répétait, comme si l'animal avait senti la présence des deux êtres humains et les appelaient à l'aide pour le sortir de sa prison de bois. Si il y donna un intérêt vivace sans se détourner de sa pièce, plongeant dans une brève réflexion, c'est l'appel insistant à la cassure d'une seconde vitre à l'étage inférieur qui le poussa à y détourner les yeux avant de lâcher d'une voix un peu plus levée et soucieuse :

« Il faut faire vite, prend ce que tu trouves d'utile dans la chambre, j'ai une idée. »

Une idée, un plan improvisé qui n'avait souffert d'aucune longévité de réflexion, venu en réalité très naturellement, un peu trop même, puisqu'il s'en fit la remarque intérieurement, mais cette idée s'était très vite figée dans son esprit comme l'opportunité du moment. Les morts avaient brisé les vitres et même si ils se mettaient à courir maintenant pour passer devant eux et filer hors de la maison, il était possible qu'ils soient déjà affairés à entrer à l'intérieur et le risque encore plus important était d'être de nouveau pris en chasse, une poursuite qui ne pouvait se rythmer une fois de plus que par l'effet boule de neige qui les avaient obligés à s'enfermer ici : des rôdeurs qui les avaient poursuivis, d'autres s'étaient greffés, et d'autres encore, car pressés par le danger et la hâte, impossible de tenter la furtivité ou faire une pause, c'était une course trop longue, un effort important que d'échapper aux morts. Comptant qu'ils avaient le choix entre une plaine totalement ouverte et une zone résidentielle certainement infestée et c'était indémêlable. Même si son plan était cruel, il était nécessaire et il arriva extrêmement vite à la conclusion que c'était la seule chose intelligente à tenter.

La suite arrêtée, il se dépêcha d'entrer sans plus aucune mesure et jeter un coup d'oeil de parts et d'autres des commodités puis dégageant le rideau de la baignoire, il ne trouvait pas grand chose, seulement de l'eau, en traces dans la baignoire et sur le siège des toilettes, son fond d'eau et son bord garnis d'excréments qui expliquaient l'odeur répugnante, mais sous-entendaient aussi par tous ces éléments que quelqu'un y avait fait un récent passage. Ce devait probablement être le propriétaire, ou le geôlier, du chat qui avait été laissé enfermé. Nul doute que la bête ne devait pas y être depuis bien longtemps pour être encore en vie. Une grimace s'étira des traits de l'homme dont quelques mèches de cheveux venaient se coller à son visage, rebuté par cette odeur mais contraint de s'en accommoder pour ne pas perdre de temps, il donna dos aux toilettes pour rejoindre le lavabo et plus particulièrement l'armoire à pharmacie caractérisée par son miroir au-dessus. Il l'ouvrit et il n'y trouva pas de petites étagères éparpillant des produits ou médicaments comme il s'y attendait, ou encore rien du tout, mais un Kit de secours basique proprement rangé avec une seule petite étagère le surplombant. Ce qui le surpris le plus n'était pas tant de voir cet ensemble médical bien installé et fermé, mais la pensée que celui qui était venu dégueulasser la salle de bain n'avait pas eu l'idée évidente de vérifier l'armoire et son contenu. A moins que ce soit lui - ou elle - qui ai déposé ce kit ici ? Mais dans quel but ? Ou bien avait-il ou elle du partir précipitamment ?

Une étrange question dont il n'aurait pas la réponse aujourd'hui et ne comptait pas s'en encombrer, ce n'était pas le moment. Il s'empressa de ranger son arme dans son holster et récupéra son sac à dos qu'il posa sur le lavabo et ouvrit, puis récupéra le kit et l'y plaça avant de s'intéresser au maigre contenu de l'étagère : du dentifrice, une brosse à dent rose bonbon et propre, sans doute l'ancienne propriété d'une adolescente ou femme un peu fantaisiste, de la crème pour le visage et du fil dentaire. Ne s'accordant qu'un très bref regard pour chacune de ces choses, il les balança dans son sac à dos sans cérémonie, enfin, il posa le regard sur le porte-serviette qui en présentait plusieurs étendues : une rose, une jaune et une bleu, la dernière plus grande que les autres et saisit celle-ci qu'il plia à l'arrachée et engouffra dans son sac à son tour pour le refermer. Un kit de soin et quelques outils d'hygiène, voilà qui devrait contenter sa belle et lui-même par la même occasion.

Le temps de replacer son sac dans son dos et tirer son arme de nouveau, il sortit de la salle de bain en rabattant d'un geste la lunette des toilettes sans s'arrêter qui claqua et en fermant la porte de la salle de bain, de quoi éviter l'envie de vomir de par cette odeur persistante. Puis il se dirigea sans broncher vers la porte où le chat continuait de miauler, plus fort, aussi bien que des grognements étaient à présent perceptibles en bas et se mêlaient à des craquements boisés, signe étant qu'au moins l'une de ces bêtes était entrée sans aucune grâce à l'intérieur de la maison par l'une des fenêtres cassées, pour cause qu'aucun barouf n'avait trahi la mise à mal de leur barricade de fortune contre la porte principale. Il vint poser la main sur la poignée de la porte du chat et attendit que sa compagne ai finit son inspection et le rejoigne. C'est alors qu'il acquiesça dans sa direction et ouvrit ladite porte d'un geste sans garder la main sur la poignée avant de reculer au cas où le chat ne soit pas le seul prisonnier, cela paraissait peu probable mais soyons fous. La porte grinçante découvrit un placard où balais, papier-toilettes sur des étagères et serpillière avec son bac, entre autres produits ménagers, étaient entreposés.
Mais aussi le fameux chat, un félin noir ayant presque la forme d'un ballon tant il était rond, un peu joufflu, si l'on pouvait dire d'un chat qu'il était joufflu et des grands yeux sombres. La petite bête sortie presque aussitôt du placard où elle était enfermée mais ne s'empressa pas de courir, même, elle marchait mollement. Il était très possible, même si son enfermement était plutôt récent, que la bestiole soit sous-alimentée et assoiffée, faible en conséquence. Lui qui pensait qu'elle s'enfuirait aussitôt libérée, il vit plutôt le félin - ou la féline - avancer par ses quatre pattes en redoublant de miaulements, approchant les jambes de l'homme sans peur manifeste pour s'y arrêter, miauler de nouveau en levant la tête vers lui, puis se frotter en se cambrant. Était-ce du à son caractère et à une trop grande habitude des êtres humains corrects ? Ou à sa situation de détresse ? Toujours est-il que la bête fit demi-tour et se frotta plus vigoureusement à sa jambe.

On grognait plus fort en bas, c'était le moment de se décider. Il porta le regard vers les escaliers puis revint à la bestiole, l'observa un instant puis la repoussa sans considération de la jambe contre laquelle elle se frottait avant de lui coller un violent et cruel coup de botte au derrière en entendant un « fous le camp » qui fit couiner la pauvre bête, bel et bien apeurée pour le coup puisqu'elle fila au pas de course par la seule sortie possible : les escaliers. Il suivit des yeux la bestiole qui descendit avant de prendre le bras de sa compagne et l'inciter à venir avec lui dans la chambre, dont il referma la porte une fois tous deux à l'intérieur. Ils pourront percevoir les grognements plus portés et insistants des morts qui avaient peut-être déjà entamé les marches des escaliers, à moins qu'ils soient restés à l'étage inférieur, ou qu'ils soient encore aux fenêtres, cela ils ne pouvaient le savoir, mais qui avaient tout de même provoqué les grondements plus diffus du chat qui ne se laisserait pas attraper sauf accident. Deux possibilités : soit les morts avaient déjà encombré l'étage inférieur et obligeraient la bestiole à remonter pour les y balader dans l'espace central avant de leur filer entre les doigts par les escaliers de nouveau et finalement la baie vitrée restée ouverte en bas, soit elle y filerait aussitôt, dans tous les cas il espérait qu'elle soit cette diversion tombée du ciel qui attirerait les morts et leur éviterait de devoir se battre pour leur vie.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Ven 13 Mai - 11:37
Gardant son assurance et son aplomb imperturbable face à la situation, la femme murmura un simple « Ok » à la précision apportée par son conjoint bien qu’elle était dénuée de toute volonté de discrétion, les mots ayant franchi ses lèvres avec un certain détachement pour simplement répondre sur un ton équivalent à celui de son interlocuteur. Elle lui laissa d’ailleurs le loisir de continuer sa petite inspection de ce qui se présentait à eux tandis qu’elle déplaçait le bout de son canon vers la mezzanine surveillant les escaliers et surtout les premiers éléments de leur barricade de fortune contre lequel battaient de nombreux coups rythmés de complainte funèbre.
Les grattements se firent à nouveau entendre, juste dans son dos, ce qui la força à porter son attention par-dessus son épaule, en direction de la source du bruit. Ca ne ressemblait pas à un mouvement de démons revenu des enfers, où des coups, des râles ou des mouvements plus chaotiques auraient accompagné ce son assez fin. Mais la menace était potentiellement bloquée derrière une paroi de bois qu’elle cherchait à supprimer d’ailleurs par tous les moyens.

Elle put de cette manière capter l’indication de Duncan, acquiesçant à la demande avant de relever son arme, pointant sur le plafond avant de se diriger d’un pas rapide vers la porte légèrement entrebâillé. Se concentrant sur son objectif en ignorant tout simplement les grattements qui se firent plus frénétique aux mouvements de quelques pas à proximité de sa prison, elle aperçut également et rapidement les pieds d’un lit une place, dont la tête était apposée directement contre le mur de gauche aux côtés d’une table de chevet encombré de déchet d’emballage vide, le reste de la chambre se perdant sur la droite, hors de sa vue pour le moment.

En poussant la porte d’une main lente et prudente, les gongs de cette dernière grincèrent de manière assez aigüe poussant Eileen à finir son geste plus brusquement pour ne pas éterniser le bruit. Le fusil toujours callé contre son épaule, canon vers le haut, elle observa son nouvel environnement qui se présentait à elle.
Indéniablement, elle en arriva à la conclusion que cette pièce avait été occupée jadis par un adolescent, de type masculin, qui baignait dans le confort et le luxe que lui offrait ses parents en affichant clairement son côté rebelle face à l’autorité. Les murs étaient garnis de poster de groupe de hardcore métal, de photos issus d’un âge révolu illustrant des groupes d’amis dans leur délires alcoolisés, ou même de plusieurs impacts de poings gravés dans le plâtre du mur en témoin de quelques crises de colère ravageur.
Le contraste de ce lieu vis-à-vis du reste de la maison impeccablement rangée fut presque choquant. Sur le sol il ne restait à peine que quelques endroits épars pour distinguer le parquet, le reste étant recouvert d’une série de vêtements jetés en boule, froissé, de paires de chaussettes défraichies, de caleçon négligemment jeté contre une commode vomissant son contenu, et autres BD et boite de film laissée négligemment ouvert ci et là.
Il y avait une TV dernière génération installée face au lit au côté de laquelle se trouvait un bureau surmontée d’une paire d’écran, d’une clavier, et d’une série improbable de matériel et outil informatique qui dépassait pleinement la jeune femme, ainsi que de papiers, de sacs plastiques, cendriers remplit de cendre et de mégots. Ah, le cliché même de l’enfant unique, pourri gâté. Ce qui attira néanmoins son attention dans tout ce méli-mélo de bordel était la présence d’une colonne de vitrine derrière laquelle se trouvait une collection extraordinaire d’arme en tout genre, dont certains aux formes improbables mais dont tous avaient la particularité d’être de la pure camelote. Ce genre d’objet purement décoratif qui ne tiendrait ni sur la durée, ni sur l’épreuve.

L’éclat de verre perçu en contrebas n’arracha qu’un bref regard jeté en arrière vers les escaliers avant de s’engager plus en avant dans ce capharnaüm humain, il fallait qu’elle fasse vite, appuyé par la demande orale de son époux. Elle alla prendre la peine d’ouvrir la porte vitrée après avoir progressé en poussant par plusieurs gestes de pieds les différents vêtements hors de son passage, histoire de ne pas négliger la sécurité de toute interaction spontanée face à un évènement hostile. Elle se saisit d’un couteau, négligemment jeté parmi le reste d’une collection poussiéreuse, dont l’esthétique abîmé et réaliste attira son attention. De tous les éléments présents dans cette vitrine, celui-ci était bien le seul qui en valait la peine. Un vrai couteau de combat, à l’étui en tissu légèrement abîmé et au filet légèrement émoussé et mal entretenue. Un outil de mort lente si elle le désirait, et elle le désirerait sans doute très vite. Elle trouvera le temps plus tard de rendre à l’objet son état d’origine, mais en attendant, elle fixa l’étui à un passant de sa ceinture.

Le reste de son exploration ne lui apporta qu’à peine plus. Les quelques emballages de friandises et paquets de chips qui traînaient chaotiquement un peu partout était tous aussi vides les uns que les autres, mais une bouteille de vodka bon marché couchée sur le flanc près du téléviseur était, elle, intacte parmi deux autres cadavres de bouteille. Une trouvaille qu’elle glissa rapidement dans l’une des poches sur le côté de son sac à dos. Cela pimenterait sans doute leur prochaine soirée intime. Tandis qu’elle progressait pour retourner dans la mezzanine, son regard se jeta rapidement par la fenêtre sans rideau qui offrait la lumière suffisante à cette pièce, ayant perçu un aboiement plutôt distinct de l’extérieur. Des aboiements à peine perceptibles sur ce versant de la maison et si proche de la fenêtre, mais caractéristique, qui ne permirent cependant pas à la femme de mettre une silhouette sur cet animal, l’extérieur toujours baigné dans un brouillard épais. Des aboiements qui se turent, laissant le silence et la complainte reprendre leur droit sur les environs. Elle put cependant remarquer le toit d’un garage jouxtant le mur de ce côté, large, et surtout à hauteur.

Elle finit par revenir sur ses pas vers la mezzanine, rejoignant Duncan qui venait de poser la main sur la poignée de la porte d’où sortait encore ces séries de grattements bien distinct. Rabaissant son arme devant elle après le geste entendu, prête à faire face à ce qui se trouvait juste derrière, elle se tint à une certaine distance légèrement décalé sur le côté, alignant l’organe de visée avec son œil.
Lorsque la boule de poil domestique fut libérée et le placard à balai dévoilé, Eileen pencha légèrement la tête sur le côté, presque déçue. Les miaulements diffus qui s’était échappé par la porte n’avait pas vraiment laissé de doute sur l’identité de l’animal, mais un grondement intérieur avait sans doute souhaité une présence également humaine.

Le coup de pied au cul que reçu l’animal régla la question rapidement de son destin tandis qu’il dévalait les escaliers à une vitesse fulgurante, et dont la course folle qui l’avait poussé à atterrir dans le salon continua de nombreuses secondes. Il était certain que l’animal tentait de fuir quelques morts qui étaient entré dans la maison, bousculant sur son passage de nombreux bibelots.
De retour dans la chambre qu'elle venait de visiter, incité par son conjoint, son regard se détourna très rapidement vers la fenêtre.

«  J’ai entendu des aboiements dehors, à l’opposé de la route. J’ai pas réussis à voir l’animal. » Confia-t-elle simplement en relevant ensuite ses yeux vers son ange noir. « Mais la fenêtre donne sur un toit plat. On peut profiter de ta diversion pour descendre par là.  »

Peut-être qu’il avait une autre idée en tête, mais avec ces nouveaux éléments, ils la reconsidéreraient. Ils devaient abandonner cette maison maintenant, mais il fallait prendre le chemin le moins risqué pour eux. Ils n’avaient pas cessé de fuir jusqu’à présent et l’épuisement de cette accumulation commençait par se faire ressentir, à l’image de la blessure à son épaule.
Ses yeux bleus profonds se posèrent sur Duncan, la proximité du danger bien réelle et pesante faisant monter en elle quelques tensions sexuelles depuis bien trop longtemps inassouvies et qui devront encore attendre à son grand damn.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 18 Mai - 17:06
Le pas preste s'étant finalement mué en pas prudent, Samuel continuait son petit périple, entouré de râles éparses et proférés dans des directions à priori aléatoires, sauf ceux des silhouettes qui ne manquaient pas de percevoir son pas lourd dans la terre et encore moins les grognement de l'animal légitimement apeuré et méfiant vis à vis du danger les entourant.

Peut-être parcourut-il cent ou cent cinquante mètres avant de se diriger plein Sud, continuant de battre le sol inégal en reprenant un rythme plus soutenu et en daignant enfin se contenter de conserver son fusil contre son ventre. Arrivé où il en était, le jeune homme pensait légitimement que la partie de la zone qu'il commençait à traverser n'était que peu dangereuse puisque, sur le chemin de l'aller, il ne lui semblait pas avoir perçu de mouvement de groupe, pas plus que de réaction très craintive de la part de Snatch... Pas plus qu'à présent.

Tout du moins, c'est ce qu'il croyait, cherchant à se convaincre alors même que le canidé commençait à montrer les premiers signes de danger, aboyant légèrement pour n'avoir qu'en retour l'indication de son sot de maître qui lui demandait seulement de continuer à faire silence et poursuivre. Ce n'est qu'après un bref instant de bon trot qu'il compris son erreur et que les cris d'avertissement de son seul ami présent le mirent devant l'évidence. Dans cette purée de pois, incapable de chercher ses repères habituels, pas même le soleil pâle dans le ciel, il avait finit par salement dévier et, à l'évidence, se rapprocher des maisons de l'Ouest du secteur... Et des meutes qui trainaient toujours un peu dans le coin depuis son excursion avec le recycleur, le disparu de cette semaine là.

Freinant prestement, il leva son arme et fut pris de doutes quant à la marche à suivre. Puisqu'il n'avait toujours aucun repères, il lui était impossible de cerner une direction claire, si ce n'est le fait que se retourner et aller en ligne droite avait toutes les chances de le ramener sur la route séparant les deux quartiers... Mais à quel prix ? Il avait laissé beaucoup de morts s'agglutiner là lors de son premier passage, il ne lui faudrait pas en espérer moins, même si ils avaient été attirés vers le lieu du coup de feu, soit l'endroit où les coups de feux avaient retentis sans qu'ils ne soient assez proches pour le voir et le suivre dans la plaine.

C'était là un sacré merdier, mais les bruits environnants lui conseillait bien une chose, c'était de ne pas rester immobile. Aussi, foutu pour foutu, il fit demi-tour et, l'arme levée, commença à guetter les premiers morts-vivants en avançant doucement vers eux. Quitte à ne pas savoir où aller, la trainée de chair en putréfaction qui le suivait à la trace lui indiqueraient sans doute la direction générale à suivre... Restait à espérer que ces derniers n'arrivent pas de tous côtés de ne le désoriente complètement.

Quant à Snatch ? De son côté, la pauvre bête se sentant en danger constant, elle demeurait concentrée sur toutes les menaces qu'elle entendait, voyait et sentait se déplacer dans les alentours. Pour peu que le canadien ait su parfaitement focaliser son attention sur sa demande, peut-être aurait-il su le guider dans le brouillard, mais pour cette fois, cela lui semblait exclus.
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