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[CS, A, 2] Un accord profitable - 23/03/35
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Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Lun 6 Juin - 20:14
Son oreille était concentrée sur le brouhaha de l'étage inférieur, qui gagnait en intensité et qui lui confirmait que même si sa diversion avait pu être utile, elle avait bel et bien rajouté du boucan qui pourrait attirer plus de morts, plus de danger tandis qu'ils étaient enfermés dans cet endroit. Le regard dans le vague, il fut hâtivement happé de ses pensées pour poser ses yeux gris-bleus sur sa panthère, qui lui exposait un plan direct et simple à assimiler. Une fenêtre qui donnait sur un toit plat ? Voilà qui était parfait pour leur donner une occasion de se sortir de cette quasi-impasse qui l'aurait assurément été sans l'aide de l'architecture de cette maison abandonnée et puante, en revanche le fait qu'elle ai entendu des aboiements n'était pas pour les aider. Un chat qui était peut-être déjà sorti en rameutant tout un tas de morts-vivants, un chien dans le coin qui n'en ferait sans doute pas moins et l'idée que les deux se rejoignent pour assurer un spectacle tout en vacarme n'était pas de bon augure.

Il fallait agir vite et filer d'ici avant que ça ne tourne au cul de sac. Acquiesçant sans trouver utile d'ajouter quoi que ce soit, il fixa quelques instants le regard plein d'envies et de promesses de sa compagne et esquissa un léger sourire flatté avant de venir lui arracher ses lèvres - pour imager - d'un baiser bref car pressé par le temps, mais répondant aux promesses de sa tueuse, avant de se diriger vers la fenêtre en veillant à ce que son arme soit bien rangée dans son holster et bouclée, autant ne pas le perdre dans quelques risibles cascades de débutant. Le robuste mâle vint tirer la poignée de la fenêtre pour l'ouvrir en grand et se pencha pour scruter l'extérieur d'un coté puis de l'autre, et enfin en dessous d'eux, localisant prestement le fameux toit en prenant un instant pour évaluer la distance et peut-être la solidité, même si dans ce cas-là ce n'était que pure spéculation doublée d'une visibilité quasi-nulle à cause du brouillard. Tant pis, ils n'avaient pas le luxe d'attendre que les occupants de la maison, dont les bruits étaient de plus en plus proches, s'ennuient de cet endroit pour qu'eux deux puissent sortir par la grande porte. Il fallait filer, par le seul accès acceptable, soit fort dangereux mais pas suicidaire : ce toit.

Il se redressa et tourna le regard vers Eileen en dressant un sourcil sceptique.

« Descendre par là hein ? Il faudrait que l'on se décide à arrêter de se mettre dans des situations impossibles, un jour ou l'autre, ça va nous attirer des ennuis. » Il ramena son observation à l'extérieur et prit une inspiration avant de se lancer à lui-même. « Aller, ça doit pas être aussi compliqué que ça en a l'air. »

Peureux ? Non, certes un peu craintif car mourir en passant au travers du toit pour tomber dans les bras d'un groupe de rôdeurs serait une mort bien injuste après toutes les épreuves que le couple avait affronté, il était surtout lucide. Duncan n'avait jamais été très agile, il avait toujours misé sur son charisme, sa force mentale et ses aptitudes au combat et à la chasse pour se démarquer et s'il avait l'avantage certain d'une confiance absolue en lui-même et ses capacités, il se vantait surtout de maîtriser ce qu'il maîtrisait aussi bien qu'il maîtrisait ce qu'il ne maîtrisait pas. Une phrase étrange ? Plutôt d'une logique foudroyante, l'une des règles majeures en survie : connaître ses forces et s'y tenir, avoir conscience de ses faiblesses et feindre qu'elles n'existent pas, sans risquer de démonstration impromptue auprès des autres. Eileen n'était pas les autres, elle le connaissait par coeur et il la connaissait tout autant, c'était là une autre règle de survie indispensable : avoir une foi absolue en son ou sa partenaire et ne rien lui cacher, pour que le duo fonctionne envers et contre tous.

Le robuste mâle enjamba la fenêtre en se tenant précautionneusement au rebord, prenant le temps de glisser ses jambes pour descendre le plus possible avant de lâcher prise et aller rencontrer ce fameux toit de garage. Sa panthère s'en sortira certainement mieux que lui et la stratégie froide voudrait qu'elle passe la première pour profiter de ses talents en cas de risque, mais il s'y refusait car aussi accroché qu'il pouvait l'être à préserver sa propre vie, il était plus accroché à préserver la sienne, un engagement qu'il avait pris à leur mariage et qui avait déjà été en vigueur officieusement avant cela. Quand il fut à peu près sûr d'être le plus proche du toit et que ses muscles commençaient à tirer concrètement, il lâcha prise et plia les genoux en tombant, atterrissant quelques courts mètres plus bas sur le toit en faisant vibrer intelligiblement son métal abîmé par le temps.

Au moins il n'était pas passé au travers ni ne s'était foulé une cheville en récupérant son propre poids, ceci dit aussi peu agile qu'il était, c'était le moins que l'on pouvait espérer à moins d'être vraiment maladroit vu l'absence totale de folie dans ce saut basique. S'assurant de son équilibre, il brandit les bras de chaque coté et se redressa lentement avant de faire un pas devant lui, puis un autre, redoutant que le toit ne cède sans que cela n'arrive. Une bonne nouvelle, il ne finirait pas au milieu d'une bande de charognards pour le moment. Il baissa les bras et se retourna pour observer Eileen faire à son tour, maintenant qu'elle avait pu voir que le moins bon des deux s'en était bien sorti. Pas question de tenter de lui fournir un soutien quelconque, ce serait risquer de la gêner plus qu'autre chose, elle savait mieux que lui ce qu'elle faisait dans cette situation et il ne serait qu'un problème dans l'équation.

C'est pourquoi il s'intéressa à retirer son arme de son holster maintenant ses pieds affirmés sur le métal et s'avança près du rebord, s’accroupissant pour essayer de distinguer quelconque forme qui pourrait les attendre juste en-dessous et à sa surprise, rien. Le félin avait-il décidé de rester à l'intérieur pour attirer les rôdeurs plutôt dans la maison, histoire de se venger ? Était-il déjà parti à l'opposé ou avait-il réussi à filer par l'entrée principale ? Il n'en savait foutrement rien pour ne pas être omniscient malheureusement, mais pas le temps de traîner sur la question, la chance semblait leur sourire aujourd'hui. Ce pouvait être un piège et des charognards leur tomberait dessus dans le brouillard mais c'était un risque à prendre, de toute façon plus ils traînaient dans le coin, plus il y aura de mordeurs.

Le temps que sa dulcinée l'ait rejoint, il lui fit signe de sa main libre de le laisser passer devant à nouveau, puis cette fois ne s'aida que d'une main pour se laisser tomber sur la terre ferme d'un mouvement plus assuré, certain sauf cas soudain et exceptionnel que l'herbe du jardin ne s'ouvrirait pas sous ses pieds. Sa réception fut moins approximative, ployant les genoux à nouveau pour ne pas se froisser un muscle, il se redressa après un instant de flottement et brandit son arme devant lui, puis à sa droite et sa gauche, appréhendant l'assaut furtif des morts qui erraient probablement autour d'eux. Il ne les entendaient pas encore, mais quelque chose lui disait qu'ils étaient là, quelque part.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mer 8 Juin - 1:29
Elle avait profité de son furtif baisé pour presser le bas de son corps contre lui, bassin contre bassin et n’avait qu’à peine eut le temps de coincer sa lèvre inférieure entre ses dents qu’il se défilait déjà hors de sa zone de proximité dangereuse. La pointe de sa langue continua néanmoins son mouvement sur le revers charnu de sa bouche tandis qu’elle fixait son regard sur les fesses de son ange érotique.
Elle sentait ses propres pulsations cardiaques remonter et battre sur sa zone temporale, comme à chaque fois que ses doigts, son regard, ou ses lèvres se portaient sur elle. Il y avait quelque chose de galvanisant en lui, qu’elle n’avait jamais su décrire, ni jamais su définir, sortant du carcan même de toute logique. Contrairement à n’importe qui qu’elle aurait pu approcher par le passé, elle n’éprouvait aucun besoin de le détruire. Il était resté, depuis le départ, son idéal complémentarité, et quiconque ne pourrait se vanter d’une telle consonance.

Elle finit par le rejoindre aux abords de la fenêtre, le voyant mesurer la distance toute relative, qui le séparait du rebord de la fenêtre au fameux toit plat du garage attenant. C’était toujours beau de le voir si humain, si imparfait, hésitant presque méfiant, qu’il en gagnait en pureté, son mâle rude, sauvage et vigoureux.

« Le seul ennui que tu dois craindre mon Hercule, c’est moi. » Affirma-t-elle d’un ton parfaitement linéaire tandis qu’elle ne prenait pas même la peine de redresser son visage pour le regarder dans les yeux, accentuant les présages de sa cruelle ironie.

Son épaule gauche – l’autre étant invalide – trouva repos contre le mur près de la fenêtre patientant qu’il se glisse dans l’encadrement ouvert, les bras se croisant sur sa poitrine. Fuir, courir, s’évader, ça n’avait jamais été un problème pour elle d’un point de vue psychologique, mais son corps réclamait un bon et long repos. Elle était loin d’être matérialiste, mais certains conforts vitaux tiraient un peu trop sur la corde de sa tolérance. Un jour ou l’autre, quelqu’un devra payer la décharge de sa frustration accumulée, et elle préférait autant que ce ne soit pas Duncan.
Depuis combien de jours, ou de semaines, avaient-ils quitté le précédant refuge ? Bien trop, sans aucun doute au témoin de ses pensées qui restaient figés sur une idée bien trop fixe.
Tout le long de la descente du grand brun, le regard d’Eileen avait parcouru l’étendue de l'horizon qui se révélait à elle : c’était dire peu en réalité. Le brouillard s’était-il épaissit depuis qu’ils étaient entrés dans cette baraque ou la hauteur donnait une dimension et une perspective très différente ? Toujours était-il qu’elle ne discernait pas grand-chose. Dans sa contemplation attentive, elle avait cru percevoir une ombre, un mouvement, une masse assez grande et sombre, mais plus elle forçait sur ses rétines, et plus cette vision lui laissait croire au travail de son imagination.
Pour l’instant, la plaine arrière lui paraissait dégagée, et elle espérait que cette purée de pois ait un égal impact sur l’orientation des monstres en contre-bas.

Dès que son fidèle et dévoué mari se fut assez éloigné pour lui permettre sa propre descente, elle quitta le confort relatif, et reposant, du mur contre lequel elle s’était appuyé pour enjamber à son tour l’encadrement de PVC de la fenêtre de cette chambre, qu’elle abandonnait sans regret ni regard en arrière.

Elle se laissa glisser hors de la maison sans même une once d’hésitation, mais sa réception ne fut pas aussi souple qu’elle l’aurait voulu et pour cause : la construction inégale de cette annexe ne permettait pas une meilleure arrivée. Sans tarder néanmoins sur l’affaire, ni sur l’inter palier qui leur avait servi pour rejoindre finalement le plancher des vaches, elle suivit simplement Duncan dès qu’il fut réceptionné en contrebas, de la même manière que lui.
Ses appuis et sa stabilité retrouvé, elle resserra son emprise sur son fusil, canon relevé, prêt à faire feu si le danger venait à les menacer trop brutalement. Et il fallait s’attendre à tout et surtout n’importe quoi dans cet environnement. Elle distinguait un arbre, peut-être deux, un peu plus loin sur leur gauche, mais rien de franc, et surtout rien qui paraissait mobile aux premiers abords. Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Seul le temps serait capable de répondre à cette question, aussi devaient-ils bouger.
Dans son dos, le grand mur du garage n’offrait aucune fenêtre sur ce qui aurait pu se trouver à l’intérieur, mais sur sa droite, un peu plus loin que l’arrête du mur de l’édifice qui leur avait servi de palier, une forme assez importante métallique attira son attention.
S’ils n’avaient pas encore décidé de la direction qu’ils allaient prendre ensuite, risquant de se perdre dans le brouillard et de s’égarer au milieu de nulle part, sans refuge, sans repaire, une bien meilleure alternative se dessinait finalement sous le regard de la brune aux yeux bleus.

« Hey, viens voir. » Interpella-t-elle avant d’avoir commencé à faire quelques pas dans la direction de ce qu’elle avait supposé comme un véhicule.

Le flanc arrière droite avait percuté le mur du garage, mais pas à une vitesse excessive d’un premier coup d’œil, et l’engin avait continué sa course en se déportant sur la droite, offrant à la carcasse une série de rayure assez profonde.
Avec une grande chance, ce qu’ils n’avaient pas possédé jusque-là, la caravane était encore en état de fonctionner. Si le ciel pouvait bien lui accorder une faveur, ce serait celle-ci.
Le hic, car il y en avait bien un, était qu’une série de râle s’élevèrent de l’autre côté de l’extension de maison, à égale distance de la divine providence par rapport à eux. L’un d’eux d’ailleurs, et sans doute l’ex-propriétaire, se trouvait encore à l’intérieur.
Les quelques pas qu’Eileen avait effectué dans la direction du véhicule avait permis d’en révéler la présence, et sans aucun doute que Duncan l’avait également remarqué.

« C’est quitte ou double. Tu te sens l’âme d’un gambler ? » Avait-elle simplement demandé d’un léger murmure à l’intention de son époux en relevant légèrement le canon de son arme.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 13 Juin - 21:18
Pas à pas, le canadien s'avançait dans la plaine, tentant autant que possible de garder un cap droit, il se stoppa à plusieurs reprises lorsque, finalement, le chemin d'un mort venait clairement obstruer le sien. Ainsi, à quatre reprises, le jeune homme, qui ne trouvait pas le moindre repos à avancer avec l'arme à l'épaule, gaspilla une demi-douzaine de balles.

A chaque fois, bien que supposés silencieux, les tirs résonnèrent dans la zone, désorientant les geignards qui déambulait tout autour de lui, dans la brume, mue par le souvenir de sa course effréné pour les attirer loin de la maison qu'ils désiraient assiéger. Malheureusement, si désorienter les lointains marcheurs était un avantage indéniable, faire changer de direction ceux qui, à l'évidence, allaient pouvoir être évités, c'était un pari risqué, mais pas moins risqué que de laisser gémir un de ceux qui l'avaient vu et donc le laisser rallier ses compagnons affamés.

Quoi qu'il en soit, son fusil d'assaut bien entamé, ce qu'il redoutait lui tomba finalement dessus, une superbe meute d'une quinzaine d'individus. A cet instant, le pauvre chien qui suivait Samuel avec une conviction de moins en moins aveugle, se sentit visiblement pousser un ultime besoin de protection envers son maitre et, plus menaçant que jamais, se dressa comme un rempart avant d'aboyer férocement contre les morts.

Hélas pour le duo, loin d'avoir le moindre effet positif, il ne fallut que quelques secondes pour que les aboiements ne soient secondés par des appels au festin, tout autour d'eux. Initialement pris par une micro-seconde de peur panique, le canadien se reprit finalement, bien conscient que sans cette intervention de son féroce protecteur, il aurait put continuer à cavaler des heures, essayant d'échapper à l'inévitable... Qui n'aurait plus eu qu'à le cueillir, hors d'haleine, incapable de répliquer. Non, si il avait une chance de faire une percée, c'était maintenant ou jamais.

Ainsi, l'arme toujours levée et sachant disposer de trente et un coups mais d'une quantité bien insuffisante de temps pour viser correctement, il daigna esquisser un sourire sans joie, tout ceci commençait bien trop à ressembler au grand carnage de la route 186.

Plus loin, l'autre duo, sans doute bien plus chanceux que lui, et ce grâce à lui, ne manqueraient pas de percevoir le son des nombreuses rafales traversant l'endroit sans sembler avoir d'origine. Rafales finalement suivies de deux coups de feux distincts entrecoupés de furieux aboiements, et enfin, un grand cri perçant, lourd, avant le silence ou, tout du moins, le silence que puisse offrir les morts rôdant aux alentours, plus que jamais attiré vers le lieu du massacre si ils n'avaient pas eu le malheur d'être préalablement attiré par l'autre couple se battant pour sa propre survie.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Ven 17 Juin - 1:28
Ce fichu brouillard ne semblait pas disposé à se faire moins oppressif, dans son champs de vision très et trop restreint, il n'y voyait pas grand chose et ça ne l'incitait pas à la confiance. A chaque pas, il redoutait de voir débouler une de ces créatures, son imagination gambadant vers toutes sortes de situations soudaines et le laissant s'attendre au pire. Vraiment au pire, car il avait beaucoup d'imagination en terme de drames, de morts et de souffrances, elle ne lui faisait pas défaut aujourd'hui, au contraire, elle était en pleine forme. C'est la voix de sa femme qui le sortit de sa concentration excessive et de sa marche stratégique, pas après pas et l'oeil dans l'axe du canon, bien qu'il ne savait guère vers où aller. Elle l'incitait à la rejoindre de son intonation froide et plate, à l'apparence si neutre qu'elle paraîtrait vide à n'importe qui sauf Duncan bien entendu. Il connaissait sa vipère noire par coeur, il savait entrevoir et saisir les invisibles nuances de son ton, les vibrations de sa voix, tout ce que les autres ne pouvaient percevoir et comprendre et c'est ce qui le rendait unique en soi. Une bien plaisante possession que de connaître sa moitié comme personne.

Suivant la direction prise par Eileen, il finit par voir ce qu'elle voyait, ce qu'elle avait aperçu à travers le voile brumeux, cette imposante forme métallique, ce véhicule abandonné qui avait perdu son tête à tête contre le mur du garage. Des rayures, quelques bosses, rien qui ne tende à conclure que cette carcasse soit hors d'usage. Il en fit le tour, percevant assez vite les bruitages incompréhensibles de la créature enfermée à l'intérieur, la petite échelle qu'il avait repéré au début, la forme rectangulaire générale du véhicule qui se déformait à l'avant en grimpant de taille et la présence de vitres plus grandes que celles que l'on voit classiquement sur les outils de transport, si bien qu'elles ressemblaient davantage à des fenêtres, permirent à Duncan de mettre assez vite un nom sur ce qu'il regardait : un camping-car. Pour le coup, ça tombait vraiment à pic, si ce truc fonctionnait, il pourrait presque en remercier le bon dieu, sauf qu'il n'y croyait pas ce qui ferait de ce remerciement plus de l'ironie qu'autre chose. Son amante en profita pour lui poser une question qui, il n'en doutait pas, n'attendait qu'une réponse positive qu'il lui donna sans traîner :

« J'ai toujours su que je finirais par voler, je suis fait pour ça. »

Une réponse pleine d'humour malgré son ton sérieux, car jouant sur le double-sens évident du mot. Un empressement le prit, celui d'avoir le coeur net sur la possibilité de s'en servir, ce qui comprenait deux questions majeures : les clés se trouvaient-elles toujours dedans ? Et mettons qu'ils les trouvent, cette boite allait-elle démarrer ? Il siffla alors légèrement pour interpeller Eileen des fois qu'elle ne le regardait pas et lui fit signe de venir coté gauche du véhicule qu'il venait contourner. L'entrée se trouvait à l'opposé, mais si elle devait être ouverte, il ne voulait pas être surpris, aussi longeait-il l'engin en ne s'arrêtant que pour jeter un coup d'oeil par l'une des fenêtres, ce qui nécessitait de se redresser sur la pointe de ses pieds, observant le mort-vivant qui habitait leur potentiel futur moyen de transport errer tristement à l'intérieur, allant vers l'arrière sans prêter attention à quoi ou qui que ce soit, comme absent. Il retrouva ses appuis et lança un regard en direction de son aimée, s'assurant qu'elle soit avec lui avant de continuer, jambes fléchies et les deux mains venant empoigner son arme chargée jusqu'à arriver à l'avant. Ses yeux balayaient la zone dans tous les sens - dans la limite de son champs de vision - et appréhendaient la moindre forme, la moindre silhouette tout comme ses oreilles restaient à l'affût du moindre bruit suspect, du moindre bruit tout court même.

Il arriva dans l'angle et marqua un léger arrêt, percevant au loin des aboiements furieux d'une bête qui était assurément un chien, c'était reconnaissable même pour les néophytes du sujet, et d'autres bruits étranges sur lesquels il n'arrivait pas à mettre d'origine. Ce qui était certain, c'est qu'il y avait de l'action pas loin et la première pensée qui vint à l'homme était : le chien est-il seul, ou accompagné ?  Peu importe pour le moment, il se redressa rapidement debout en sortant de sa couverture pour pointer son arme devant lui, l'avant du camping-car pleinement visible - sans compter le brouillard - il n'y avait rien à priori. Il baissa son arme et se mordilla les lèvres en passant le regard du véhicule à sa compagne pour venir se pencher quelque peu et lui murmurer, évitant au mieux que sa voix ne se fasse entendre par des indésirables :

« Ok, on agit prudemment mais rapidement. On fait le tour, j'ouvre si c'est fermé et je m'occupe du propriétaire. Tu couvres mes arrières, une fois que c'est réglé je le sors si c'est pas déjà fait qu'il pourrisse dehors, je vérifie ce qu'il a sur lui, ensuite on fonce à l'intérieur et on s'enferme. Restera a miser sur... merde ! »

Un râle survint presque dans son dos et le fit réagir au quart de tour, se retournant en braquant son arme pour voir une silhouette sortir du brouillard à quelques pas de lui, titubant. Ni une ni deux, il ne prit pas la peine de confirmer avec certitude que c'était un non-mort et tira. Le coup de feu déchira le silence de leur petit coin en mille éclats, comme la balle déchira l'oeil droit de la bête en perforant toute la partie droite de son crâne, happant une moitié de cerveau au passage juste ce qu'il fallait pour neutraliser sans ambiguïté le monstre. Il, plutôt elle, s'effondra non loin de ses pieds et ce vacarme eu l'effet boule de neige : les bruits de fond à travers le brouillard, assez discrets jusqu'ici, doublèrent de volume et cette fois il n'y avait aucun doute sur l'importante présence de cadavres ambulants, quand une deuxième silhouette put se distinguer à une distance plus éloignée sur sa gauche pendant qu'il se mettait à regarder partout, sa paranoïa reprenant le dessus. Il se tourna brusquement sans faiblir la prise de son Glock en reculant de pas hâtifs. Il pressa la détente une seconde fois et la destination de la balle fut beaucoup moins évidente, mais rapidement il constatait que le charognard avançait toujours. Pas le temps de traîner, il localisa Eileen du regard qui était probablement elle aussi aux prises des morts et lui lança, à bon ton ou plus fort si elle était en train de tirer :

« Faut se tirer ! »

A peine le temps de finir, il arrivait à l'angle opposé du véhicule et se tournait vers l'entrée du camping-car, se retrouvant presque nez à nez avec le propriétaire défunt de l'engin qui était finalement bel et bien ouvert. D'un geste réflexe, il dressa l'arme et pressa une troisième fois la détente à l'instinct, le coup perfora la mâchoire et déstabilisa la bête qui perdit l'équilibre et tomba au sol, mais elle se remit à bouger un instant après. Grognant des injures, il se lança vers elle et brandit sa botte en l'abattant de toutes ses forces sur son visage fragilisé par le précédent tir, frappant et frappant encore jusqu'à ce que les restes morcelés de la mâchoire et son nez ne s'enfoncent dans son crâne, frappant encore en éclaboussant son bas de jean d'une substance noirâtre et immonde jusqu'à ce que le visage et le reste de la tête soient complètement détruits, le cerveau écrabouillé par la manoeuvre ultra-violente. Il fallut une bonne douzaine de coups de botte joint de grognements énervés pour que Duncan soit sûr de la mort définitive du monstre et puisse s'arrêter, reculant prestement contre la façade du camping-car en reprenant son souffle. Il n'aurait pourtant pas le droit à un temps mort : sortant de l'arrière du camping-car, une nouvelle silhouette plus frêle et correspondant un ancien être vivant encore mineur se montrait, cherchant à émettre une sorte de cri qui se terminait plus comme un gargouillement.

« Bordel ! » Se crachait-il à lui-même. Comment avaient-ils pu être surpris aussi vite par toutes ces saloperies ? En même temps c'était couru d'avance, tout paraissait trop tranquille malgré l'occupation qu'ils savaient déjà conséquente sans la voir. L'homme se jeta accroupi sur le corps du rôdeur à qui il venait de défoncer le crâne et se mit à fouiller ses poches sur le coté et à l'arrière à la recherche de clés ou d'autre chose de planqué, n'ayant pas de scrupule et plus tellement de dégoût pour ce tas de chair faisandé. Tout ce qu'il trouva dans ces foutues poches, c'était une lampe-torche dynamo. Un rapide regard vers le monstre à droite de plus en plus près et il se releva en courant vers la porte du camping-car, dressant au dernier moment son Glock pour viser approximativement en direction du gamin défunt et tira juste avant de disparaître derrière la porte ouverte, qu'il ne tardera pas à fermer aussitôt Eileen passée puisqu'elle était censée le couvrir. Il était certain que son tir avait raté, ils feront avec tant pis.

Une fois à l'intérieur, Duncan put une nouvelle fois respirer correctement, quelques instants, juste le temps à de nouveaux rôdeurs de venir s'accoler au camping-car en se mettant à frapper sur le métal et les fenêtres. Ces choses étaient de vraies plaies infatigables, aussi il se dépêcha de filer vers l'avant et surtout vers le coté conducteur en lançant à l'attention d'Eileen :

« Vérifie que la porte est bien fermée et fouille l'arrière pendant que je m'occupe de l'avant, tu seras un amour. »

Ils étaient dans une situation très périlleuse et chaque seconde comptait, l'intensité et le stress étaient au maximum, mais pas question de perdre les petites attentions qui faisaient son charme ou ne pas mettre sa dulcinée en confiance, il devait rester maître de la situation, quelque soit cette situation, le danger ou la gravité du moment, ce pour qu'elle continue de se fier à lui les yeux fermés et le voit comme elle l'a toujours vu jusqu'ici. Un roc, c'était une caractéristique primordiale à leur couple parce que dans celui-ci, il devait dominer sa tigresse. Cela pouvait paraître rabaissant à n'importe quelle féministe à deux ronds ou autre moralisateur-fragile hypocrite, mais ici ce mot prenait un tout autre sens. Il installa sans tarder son derrière sur le siège conducteur en posant Glock et lampe sur le tableau de bord, puis s'intéressa avant tout au démarreur. Bingo ! Si ce n'était pas une aubaine ça, les clés étaient toujours dessus. L'abruti qui conduisait cet engin, le mangeur de chair au crâne défoncé sans doute, avait du être blessé par un infecté avant de se mettre au volant et avait fini par perdre le contrôle du véhicule autant que de lui-même en terminant dans le mur après un virage raté. Il était probablement tombé inconscient aussitôt, ce qui explique qu'il n'ai pas redémarré pour se sortir du pétrin et avait du crevé entre-temps.

Une fin comme il n'en voulait pas, c'était sûr. Mais la veine était pour eux et les clés étaient toujours sur le contact, restait à vérifier que tout ça ne soit pas un bon gros troll sur la fin qui les pointeraient d'un doigt invisible en riant aux éclats. Il prit la clé en main sur le trousseau, la fit tourner et là... un vrombissement ! Un putain de fichu rugissement de moteur toujours en fonction qui n'avait attendu que d'être relancé pour se faire entendre et ça, on pouvait dire que la machine en avait sous le capot. Ça allait attirer encore plus de charognards, mais merde, ces monstres étaient déjà là et frappaient de plus en plus fort contre la carcasse qui résistait pourtant à leurs assauts, il pouvait les voir à travers la vitre de gauche, surtout un visage rongé et creusé, une horreur dont l'existence, ou ce qui s'en rapprochait, était inexplicable. Une main sur le volant, l'autre sur le levier de vitesse et il s'employa à entamer une marche arrière en faisant fi de tout ce qui pouvait se trouver à l'extérieur et au cul de l'engin.

« Bénie notre bonne étoile bébé, on se barre d'ici ! Dès qu'on trouvera un coin tranquille où se poser, je te donne ma parole qu'on ira faire connaissance avec les lits sauvagement. Ça va être le pied. »

Il n'en pensait pas moins. Un camping-car idéal dans leur situation, à la fois moyen de transport confortable et petit appartement douillet à déplacer quand ils le veulent moyennant un peu d'essence, rien de mieux pour faire la route tout en s'assurant un minimum et plus encore d'aise, plus un endroit de stockage pas dégueulasse. Dès qu'ils trouveront un moyen de renforcer ce nouvel habitacle, ce sera bien mieux que n'importe quel refuge solide et fixe bon à finir piégé par une horde, ou surpris par une bande de pillards. Il sentit à l'arrière que le véhicule percutait quelque chose, mais s'en fichait éperdument. Dès qu'il eut suffisamment reculé pour pouvoir manoeuvrer, voyant au travers du pare-brise et de sa hauteur pas moins d'une dizaine de monstres qui cherchaient ce qui n'était déjà plus à portée de leurs griffes, et sur le point de filer. Un coup de volant sur la gauche et il prit un peu de vitesse en allant percuter de plein fouet deux de ces monstres, en bousculant d'autres et il ne ralentit à aucun moment, poursuivant la manoeuvre pour passer sur le coté de la propriété afin de rejoindre la rue, pas question de tenter de slalomer à travers les jardins avec un tel manque de visibilité, ce qui serait de toute façon un vrai emmerdement.

A travers le brouillard, il pouvait percevoir les silhouettes errantes dans la rue et les alentours, à distance les unes des autres, telles des âmes en proie à la damnation éternelle à travers le voile sombre et infini de l'au-delà, un spectacle bien morose qui perturba quelque peu le conducteur, renvoyé à ses craintes profondes et secrètes sur la destination de sa propre âme et de celle de sa beauté noire à qui il comptait bien rester lié par-delà la mort. Il avait tourné sur la gauche et longeait la route à l'intérieur du quartier, évitant soigneusement de retourner vers la plaine sur la droite car elle n'avait rien à offrir que de se rabattre sur une ville en proie au chaos et à des dangers encore plus grands. Ils devaient tenter leur chance dans le coin et voir s'il y avait quelque chose à prendre dans toutes ces baraques. Son oeil n'avait pas manqué de remarquer que la jauge d'essence n'était pas encourageante : l'engin était sur réserve, ce qui signifiait qu'ils avaient intérêt à trouver rapidement de l'essence, sans doute en siphonnant des bagnoles ou en tombant miraculeusement sur un bidon plein.

Ils avaient entamé un bout de chemin quand Duncan se mit à froncer les sourcils avec plus de méfiance que de curiosité à l'approche de ce qui s'avérait être un groupement de rôdeurs qui semblaient encercler quelque chose, ou peut-être quelqu'un. Leur orientation était trop évidente, trop appuyée, ils ne faisaient pas qu'errer, ils étaient en chasse et avaient repéré quelque chose de suffisamment intéressant pour que l'attention de toutes ces créatures soit accaparée. Le camping-car ralenti doucement et s'immobilisa.

« Mon coeur, il se passe quelque chose par ici. »

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mar 21 Juin - 21:53
Le Camping-car se dessinant sous ses yeux apporta une certaine satisfaction à Eileen qui contemplait sa trouvaille comme le Saint-Graal apporté aux Chevaliers de la Table Ronde. Si ce bolide donnait toutes les promesses qu’il semblait afficher par sa simple présence, alors il sera la meilleure opportunité et la meilleure chance qu’ils n’aient jamais eu jusque lors.
Bien entendu, elle était consciente que cet engin n’allait pas faire leur fortune indéfiniment ni allait garantir l’intégralité de leur survie, mais il y contribuerait, tant sur le confort que le luxe d'un déplacement rapide et partiellement sécurisé, à condition de quelques ressources. Mais, et surtout, la promesse d’un lit tout ce qu’il y avait de plus confortable au regard des derniers lieux qui avaient servi à leur repos ces derniers temps. Si ce maudit camping-car trahissait ses promesses et ses espoirs qu’elle posait déjà dessus, il y avait fort à parier qu’elle n’en reste pas de marbre.

Laissant à son conjoint le loisir d’apprécier sa trouvaille et surtout de s’y intéresser, elle reportait son regard sur les environs. Elle ressentait une forte impression de malaise lié à cet environnement étouffant qui ne lui permettait de ne rien prévoir. Elle, si attaché à l’anticipation, aux calculs, aux plans et prévisions, se sentait démunie de tous ses moyens. La moindre ombre, le moindre reflet, et surtout fruit de son imagination devenait une source de tension pour elle. Progressant à reculons en estimant suivre la trajectoire de Duncan, particulièrement en retrait vis-à-vis de lui afin d'assurer une couverture certaine, c’est son sifflement qui finit par attirer son attention, la forçant à pivoter la tête vers celui qui venait de l’interpeller, et d’un mouvement rapide, rattrapa son retard en le rejoignant.
D’un tacite accord, sous la forme d’un unique et simple regard, elle continua à couvrir ses arrières tandis qu’il progressait le long du véhicule, l’attention toute portée sur ce dernier.

Les aboiements reprirent de nouveau, presque furieusement, attirant le regard de la femme qui cherchait à sonder le brouillard vers l’arrière puis l’avant du camping-car. Rien d’assez proche ne pouvait lui permettre de savoir d’où provenait ce bruit, elle-même peu à l’aise dans cet environnement où elle perdait tous ses repères. Si une horde leur tombait dessus, ils n’auraient aucune échappatoire, et  dans tous les cas, pas vraiment le temps d’y réagir.
Les bruits mécaniques de son arme, la bandoulière balançant légèrement sur le corps métallique, et sa respiration marquée étaient les seuls sons qui persistaient dans l’environnement voisin au sien, hormis bien entendu les propres signes de présence de son bel ange aux yeux bleus.
Lorsqu’il revint à elle, lui accordant toute son attention, elle enregistra chacun de ses mots pour ne rien perdre de la stratégie qu’il mettait en place. C’était dans ses habitudes de le laisser diriger, prendre la main sur les plans, les objectifs ou autre appellation qu’on pouvait donner. En réalité, elle le laissait commander ses actions avec un certain plaisir de voir en lui la place dominatrice qu’il pouvait exercer sur elle, comme une muselière coutumière à un chien enragé. Pas de détours, pas de faux semblants, c’était ainsi qu’elle l’appréciait comme elle n’avait jamais apprécié quiconque.
Mais il ne put terminer sa phrase.

Une ombre se fit percevoir dans son dos sortant de l’angle mort du véhicule escorté d’un grondement bien caractéristique et avant même qu’elle ait pu y réagir, Duncan s’était déjà retourné, bloquant sa ligne de mire au moment où elle cherchait à redresser le canon de son arme dans la direction du charognard, ou de ce qu’elle supposait en être. Se décalant d’un pas sur le côté, elle put assister à la scène de son exécution, et par la même occasion, de l’alerte donnée à tous les autres qui se trouvaient à des centaines de mètres alentours. Il était assez impressionnant de constater à quel point l’humidité de l’air sous forme de brouillard propageait avantageusement le son et ce n’était pas à leur avantage. Comme pour répondre à l’appel, un chant morbide s’éleva dans les airs, témoignant de la véritable précarité du calme dans lequel ils avaient commencé à progresser depuis leur escapade par la fenêtre.

Les morts environnants ne tardèrent pas à manifester leur présence autrement que par leur gargarisme, tandis qu’une, puis deux ombres apparurent vers l’arrière du véhicule. Prenant part au combat, Eileen fixa son fusil d’assaut au creux de son épaule, alignant son œil directeur avec la mire, histoire d'accroître ses chances d’impact. Si la première créature qui se détacha du halo ambiant finit par tomber après la première salve de trois balles, elle douta avoir fait suffisamment mouche pour l’occire définitivement. Le manque de visibilité et la distance encore un peu trop grande par rapport à ce que son champs de vision lui permettait eurent raison de la seconde salve qui ne toucha pas l'autre cible, celle-ci continuant son inlassable progression dans leur direction. Elle s’apprêta à appuyer de nouveau sur la détente lorsque l’appel de son bellâtre l’en empêcha.
Abandonnant sa tentative et estimant qu’elle avait bien le temps de se replier vers lui, elle baissa son canon pour faire demi-tour et rejoindre un Duncan qui avait contourné le capot avant.
Protégeant ses arrières, le calcul fut assez rapidement fait : le nombre de silhouette qui se détachait d’eux dépasserait la capacité de son chargeur si elle continuait à tirer en rafale. Pour économiser ses balles, elle bascula le mode de tir en coup par coup, choisissant le plus rapidement possible la menace la plus proche d’eux.

Elle avait laissé son conjoint à son propre combat, après s’être assuré d’un simple coup d’œil que cela ne nécessitait aucune intervention de sa part car il fallait qu’elle reste concentrée sur la couverture pour ne pas se faire déborder.
Camping-car sur sa gauche et mur du garage sur sa droite, elle laissa les morts s’approcher un peu plus de sa position pour lui permettre de ne pas rater ses tirs, profitant du possible entonnoir que sa position géographique lui donnait. Elle avait déjà gaspillé assez de munition pour un résultat des plus décevants, elle ne pouvait recommencer.

Alors qu’elle se jugea prête à tirer, concentré sur les différents objectifs qui se découpaient devant elle, elle fut surprise par l’attaque d’un mort littéralement venu de terre. Une créature avait rampé sous le camping-car et avait surgit depuis en dessous pour venir happer les jambes de la femme. Ses griffes et doigts crochus arrachèrent un sangle d’une de ses boots bien que l'attaque ne put parvenir à la déséquilibrer. Saisie par cette espèce d’embuscade, elle félicita intérieurement son appui solide évitant de se faire projeter à terre.
D’un coup de pieds bien placé, elle écarta la menace qui gronda sous l’appel de la faim avant que d’un geste simple et fluide, elle ne braque le bout de son canon face à l’œil de la créature qui s’était mise sur le dos sous l’impulsion. Le globe oculaire voilé d’un blanc laiteux, privé de la moindre âme, explosa sous l’impact. Le tir avait transpercé la boite crânienne déjà décomposé de la femme décharnée, éparpillant son contenu sur le sol, le mêlant à la terre et la poussière tandis que le reste du corps tressautait, puis retombait.

Ce contretemps avait fait perdre de précieuses minutes à Eileen, et il fut fort heureux que la voie menant à leur sauf-conduit soit enfin libérée pour garantir son intégrité. Grimpant à l’intérieur du véhicule, elle échappa de justesse aux assauts menaçants d’autres morts sortit des abysses, ces derniers venant s’écraser contre la paroi métallique, faisant tanguer sur ses amortisseurs la cabine du camping-car.

« Saloperie. » Laissa-t-elle échapper en posant sa main gauche sur le cadre de la fenêtre fixée sur la porte, le regard portant à l’extérieur, soupirant néanmoins après les efforts.

Ils avaient failli y passer, c’était certain. Et la suite des événements ne dépendaient que de leur chance. Dans cet habitacle exiguë, il était peu probable qu’ils arrivent à y échapper si le véhicule était hors service.
La voix de Duncan la tira de sa contemplation tandis qu’elle releva légèrement le menton en sa direction en guise d’approbation.  

L’endroit n’était pas bien grand ni très propre, mais ça avait le mérite d’être très bien agencé. Directement à gauche de la porte se trouvait un petit placard qui compartimentait en même temps l’espace de conduite de l’espace de vie. Vide, en dehors d’un tournevis, d’un balai, d’une serpillière crasseuse et d’un eau avec un fond d’eau stagnante. Continuant sa visite, sur sa gauche vers l’arrière du véhicule, elle longea la table de repas pour ouvrir les placards du coin kitchenette.
Au moins s’ils n’arrivaient pas à faire décoller cet engin, ils pourraient fêter dignement leur trépas. Le rugissement du moteur tua dans l’œuf l’idée d’une possible célébration funèbre, laissant place à la perspective d’une nuit sauvage follement arrosé.

Une autre porte donna sur le réservoir à gaz de la cuisinière. Une cartouche, sans doute pleine. Là encore, pas de miracle. Assiettes en carton et gobelets, fourchettes et couteaux en plastique, quelques éponges, quelques emballage en carton vide, un couteau de cuisine qui pouvait éventuellement servir et … oh merveille, une bouteille d'alcool, de la liqueur à la cerise si elle en croyait l’étiquette, et surtout encore fermée.

« Ce soir, on boit, et complètement ivre, tu me baiseras très sauvagement. » Annonça-t-elle presque sur le ton de l’ordre en levant assez sa trouvaille pour qu'il l'observe à travers le rétroviseur.

Se tenant aux meubles, le véhicule maintenant en route, après s'être débarrassé de son fusil pour le déposer sur la table sur sa droite, en compagnie de son sac à dos, elle poursuivit son inspection, les mains dégagées. Bientôt, ce quartier, cette ville, ne serait plus qu'un lointain souvenir.
Elle fit face à deux accès ouverts, agencés en V devant elle menant au reste des pièces. A droite, le lit deux places, coincé entre les parois qui offraient parfois quelques niches de rangement, et à gauche, la salle de bain, petite, étroite, mais il fallait l'avouer, qui donnait plus qu'envie de s'offrir une douche, même froide.

La chose la plus incroyable qu'elle découvrit lors de cette fouille sommaire était sur la couette du lit : deux taille-haies électriques, et cette découverte la laissa perplexe. Comment le propriétaire des lieux avaient-ils pu se retrouver à penser qu'emporter deux de ces appareils avec lui serait une idée magistrale ? Et surtout, dans quel but ? Sans vraiment s'attarder, elle bifurqua vers la salle de bain qui, quant à elle, accueillit une boite de premier secours fixée au mur, dans laquelle trônait sans surprise un kit de secours basique bien complet.

Son inspection rapide terminée, elle finit par rejoindre son compagnon de route et de vie, assis derrière le volant, transcendé par l’envie soudaine de venir grignoter des lèvres la peau de son cou à sa merci. Mais l’arrêt du véhicule la fit lever les yeux rapidement sur  l'extérieur, constatant d’elle-même les raisons de cette pause, cherchant à comprendre du regard ce qui avait poussé le rassemblement et surtout s'ils avaient moyens de forcer le passage. A coup sûr, ils seraient pris en tenaille entre ceux qui suivaient et ceux qui faisaient front.

Samuel Freeman

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Sam 25 Juin - 20:59
A peine quelques secondes s'étaient déroulées après l'arrêt du camping-car. Le groupe de mort, de plus en plus compact, avançait sans peine, n'ayant pas encore visiblement saturé l'espace qu'il visait, lorsque, finalement, un coup de feu diffus se fit à nouveau entendre et suffisamment proche pour être localisé dans la meute.

Derechef, les aboiements reprirent, toujours plus féroce à mesure que le groupe se rassemblait, jusqu'à ce que quelque chose d'incroyable ne se passe. Sans le moindre bruit, un bon tier du cercle de geignard fut balayé sur le sol, certains arrivant même à prendre quelques centimètres de hauteur pour réaliser ensuite de lourdes pirouettes dans la terre.

De cette percée salvatrice, l'improbable duo émergea non sans peine. Alors que le chien sautait par dessus certain cadavres et effectuait de rapides embardées pour prévenir tout contact avec les bras agités de ceux qui avait été étalés, Samuel trébucha à plusieurs reprises, envoyant ça et là des coups de pieds rageurs vers les membres qui se tendaient dans sa direction, il n'était clairement plus en bonne forme et semblait plus compter sur sa jambe droite comme appui.

Évidemment, enfin débarrassé du mur de chair en putréfaction, l'homme et le chien n'eurent pas grand mal à apercevoir le camping-car, heureusement suffisamment proche, et semblèrent visiblement s'en servir comme objectif puisqu'ils cavalèrent dans sa direction, le canidé réduisant son allure pour rester au côté de son maitre qui clopinait plus qu'autre chose.

De loin, Eileen et Duncan n'auront pas put manquer certaines détails, sa démarche, son revolver dans sa main gauche, le fusil d'assaut dont le canon dépassait dans son dos, mais c'est en le laissant s'approcher qu'ils pourront en distinguer un peu plus, comme des traces répugnantes, bien plus visibles sur les manches de sa chemise que son pare-balle à priori intact, ou son pantalon, maculé de traces rouges et noirâtres, un pantalon qui était salement déchiré au niveau de sa cuisse gauche, cette même jambe qu'il s'échinait à économiser.

Et si ils n'avaient pas daigné le stopper jusque là, en approchant à quelques mètres du camping-car, ils pourraient voir ces choses inquiétantes, les yeux rouges, le visage tuméfié, aussi trempé que sa chevelure dont il semblait manquer une touffe ou deux, et enfin, sa main droite, enfermée dans un gant, et pourtant ballante, le poignet collé contre son ventre, ou surtout la partie ventrale de son pare-balle, ce qui ne semblait pas épargner bien des mouvements au bout de son membre et n'aidait pas à lui faire esquisser un sourire sur ce visage déconfit.

Quoi qu'il en soit, si les deux autres survivants l'avait laissé approcher jusque là, il se déciderait enfin à réduire son rythme de mouvement et, bien conscient du fait d'être toujours poursuivi, pointerait son arme avec un certain flegme, non pas sur les zombies, mais dans le vide, ou plutôt, la brume, suivi d'un mouvement de tête vers l'engin motorisé dont l'autre duo avait les commandes.


"C'est un temps de saison vous croyez ? Ça vous dérange si je m'abrite ? J'ai oublié mon poncho et je m'enrhume vite."

De là à se demander si c'était de la clownerie ou si il se donnait un genre, cela restait à la discrétion des deux personnes à qui il s'adressait, avec un ton éreinté et essoufflé cela dit. Malgré tout cela, son petit cirque, son état déplorable, la menace gémissante dans son dos, le chien du revolver était tiré et même si il tâchait de ne pas le pointer vers le véhicule, il restait sur le qui-vive, peut-être prêt à se défendre... Peut-être prêt à prendre ce véhicule par la force pour s'enfuir... Peut-être désireux de ne pas juste entrainer son compagnon à quatre pattes dans cette horrible mort.

Duncan Waltz

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Mer 29 Juin - 20:12
Les mots lancés par sa compagne, appuyés par la bouteille qu'il percevait à travers le rétroviseur peu avant de s'arrêter, tirèrent un sourire à Duncan qui les confirmaient bien volontiers, lui qui avait plus que hâte de trouver un coin tranquille pour passer du bon temps et se reposer - dans un sens en tout cas.

« Si tu te crois capable de ne pas attirer tous les mordeurs aux alentours en te retenant de crier, on peut s'arranger. » Avait-il répliqué avec humour et assurance.

Puis le camping-car en vint à ralentir et à s'arrêter, mettant fin à son sourire aussi vite que sa méfiance reprit les commandes. D'abord cherchant à distinguer du mouvement dans le brouillard, il ne tardait pas à apercevoir plusieurs zombies rassemblés et dirigés vers un point précis dans l'inconnu, comme si quelque chose les avaient attiré sans ne qu'il soit possible de discerner ce qu'il en était. A la vue de ce petit rassemblement, qui pouvait être encore beaucoup plus grand, l'épais nuage blanchâtre cachant peut-être toute une horde, il s'apprêtait à redémarrer et passer une vitesse lorsqu'un événement surprenant attira son attention et provoqua un froncement de sourcils très prononcé par des yeux stupéfaits : le groupe de rôdeurs qu'il distinguait fut projeté au sol de façon extrêmement violente, étrange et inexplicable, à moins que quelque chose dans ce brouillard se servait d'une arme, qui sait pourquoi ces monstres s'étaient retrouvés ici.

Bien vite tous ces charognards furent cloués au sol et Duncan lança d'une évidence qui n'appelait aucune réponse particulière, ni aucune envie d'en savoir plus d'ailleurs :

« Il se passe quelque chose ici, on se casse. »

D'un pied sur une pédale et d'une main sur le levier de vitesse, il commença à reculer avec l'imposant camping-car qu'il ne pouvait malheureusement dégager aussi vite que s'il avait été à bord d'un bolide, au moins avait-il la satisfaction de savoir que lui et sa compagne n'étaient pas exposés à l'extérieur et à pied, c'était déjà ça. Dans la foulée, des aboiements s'entendirent à nouveau à travers les interstices des vitres et de leurs résonances, et avant qu'il n'ait terminé sa manœuvre, une silhouette arrivait presque au pas de course, rapide tout du moins. C'était la silhouette d'un homme accompagné du chien à l'origine sans doute de tous les aboiements qu'ils avaient pu entendre depuis la maison auparavant.

Il semblait bien s'agir d'un homme vivant, à moins que les rôdeurs se soient mis à courir mais il en doutait et la présence du chien ne tendait qu'à confirmer cette idée, il n'avait jamais vu un rôdeur avec un animal de compagnie sans vouloir le dévorer et sans que ce dernier ne s'emploie à le fuir. Pourtant ce type aurait presque eu l'air d'un charognard tant il était mal en point, certaines parties de son corps maculées de sang, boitant et se tenant l'estomac, mais outre ces détails qui ne donnèrent vie à aucune forme de curiosité ou de sympathie du conducteur, ce qui attira particulièrement son attention se trouvait dans le dos et la main de ce type : un fusil et surtout un revolver qu'il tenait.

« Baisse-toi ! » S'empressait-il d'ordonner à son épouse tout en basculant sur le coté droit, s'extirpant du siège à couvert avant de revenir et porter la main sous le tableau de bord pour stopper le véhicule et récupérer les clés.

Un réflexe qui ne pouvait être contesté à son sens, ni par quiconque ni par lui-même, avec un monstre de métal comme celui-ci, il aurait été impossible de dévier sa trajectoire et faire demi-tour, ou foncer dans le tas, sans s'exposer d'une façon ou d'une autre à des tirs de cet inconnu à travers le pare-brise. Qui que ce soit ce type, il était armé mais il était seul - sans compter la stupide bête qui l’accompagnait, eux étaient deux, en sécurité et tout aussi armés. Demeuré accroupi quelques instants, il se tourna vers le siège passager pour saisir son flingue, le remplaçant par les clés, et vérifia qu'il était toujours chargé. Une vérification qui aurait pu paraître inutile mais l'homme trop prudent qu'il était avait coutume de vérifier plusieurs fois son arme même s'il s'en était servi récemment, autant perdre du temps et être sûr de son coup que de risquer un oubli idiot ou un accident, on ne joue pas avec le danger à moins d'avoir peu de goût pour la vie. Lui comptait bien vivre encore un bon moment.

Il prit son temps pour se redresser et jeter un coup d'oeil rapide par la vitre passager pour localiser l'inconnu, avant de se déplacer vers l'arrière et se remettre debout pour s'approcher de la porte, dressant le canon vers le plafond en venant coller la paroi près de la porte. Entre les rôdeurs et son état vraisemblable, ce type était probablement déjà foutu, si en revanche ce devait être du cinéma - tout était bon pour tromper, cela justifiait de prendre ses précautions malgré tout. Il porta le regard vers Eileen et acquiesça dans sa direction sans tout de suite ouvrir la bouche, conservant le silence pour écouter et il eut de quoi quand ce type prit la parole à quelques mètres du camping-car. Il plaisantait, ou au reflet des pensées de Duncan, essayait de faire le malin, peut-être pensait-il sympathiser ainsi ou se donner un style, dans tous les cas il en entendait assez pour déduire que sa voix et sa forme ne suivaient pas la légèreté de ses mots, aussi revint-il à Eileen en dressant un sourcil de scepticisme et d'un certain mépris.

« Un guignol. Il a l'air d'être sur le point de vomir ses tripes et de crever la tête dedans. Il a des armes et il connaît peut-être le coin, on tente, tu pourras l'ouvrir en deux ensuite avec ton couteau tout neuf. Essaies de te poster à une fenêtre et passe ton arme en automatique. S'il fait mine de vouloir braquer son flingue vers nous, tues-le d'abord et son clebs ensuite. Je parlemente. »

Son ton s'avérait calme et maîtrisé, il n'avait pas vraiment de crainte face à ce type dont le temps était compté avant que les mordeurs ne se pointent, le danger s'éloignait rapidement pour eux-deux en revanche dès lors qu'ils étaient largement en position de force, il y avait peu de chances que l'arme du type perce la carcasse du camping-car et sauf si le clébard était capable de passer à travers la matière, il leur était encore plus inoffensif. C'est pourquoi, après une éventuelle rétorque d'Eileen, il déverrouilla la porte du camping-car et saisit la poignée pour l'ouvrir juste ce qu'il fallait afin que l'inconnu se rende compte qu'il avait ouvert en partie et que Duncan puisse lui voir le bout de bitume sous la marche et l'extérieur sur un angle de quarante cinq degrés environ. Renforçant l'élan de sa voix et y apportant toute la fermeté dont il disposait avec le calme déjà instauré, son charisme naturel faisant le travail, il rétorqua avec autorité à l'adresse de Samuel.

« Tu fais trois pas en avant et tu balances tes armes devant la porte du camping-car, ensuite on verra. Si ton clebs fait mine de s'approcher, il meurt. Si tu fais mine d'être menaçant, tu meurs. Tu respectes nos conditions ou tu restes dehors et tu crèves, tes armes on les aura d'une façon ou d'une autre. T'as vingt secondes pour te décider. »

Eileen Waltz

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Ven 1 Juil - 16:52
Placée entre le siège conducteur et le siège passager, toujours debout et légèrement en retrait vis-à-vis de son époux, son regard restait rivé sur les événements qui se déroulaient face à elle, au delà du pare-brise. Les sourcils froncés et les paupières plissées, elle se pencha légèrement en avant dans le but de percevoir quelque chose de réel sur une scène dont elle ne comprenait pas l’origine à travers le brouillard toujours aussi épais.
 
« Putain, c’est quoi ça ? » Jura-t-elle en constatant l’effondrement soudain des morts dans le groupe compact qu’ils avaient formé.
 
Il n’y avait eu pourtant aucune détonation, car ça avait l’allure d’un souffle de grenade, mais le silence mêlé au chant des morts continuaient de dominer les environs. Elle acquiesça à la phrase de Duncan, non pas pour donner son accord car il n’en avait pas besoin, mais plus pour partager son avis sur la question tandis que ses doigts s’enfonçaient un peu plus sur les deux sièges auquel elle se tenait, anticipant la manœuvre qui risquait de la faire tanguer.
Et puis les aboiements reprirent, tout proche, juste avant qu’une silhouette humaine et bien vivante ne se détache de la marée de mordeurs suivit de près par son compagnon canin.
 
A l’injonction, elle obéit sans tarder, remontant le court couloir du camping-car abaissée pour se saisir de son fusil d’assaut. Ce n’était pas la première fois qu’ils en croisaient, des morfales de la moindre occasion pour dépouiller de la moindre graine le pecnot du coin. Et à ce jeu-là, on ne pouvait pas dire qu’ils avaient été en reste, ayant leur propre par de saloperie dans le genre. Ce n’était certes pas le terrain idéale pour ce genre d’affrontement, mais ils étaient en position de force grâce au véhicule motorisé entre leur main. Le type était encerclé par une horde de crevard, et menacé par deux personnes, armées, et en pleine possession de leur moyen.
Pouvait-il en dire autant ?
 
Elle se redressa légèrement une fois son arme saisit, première main sur la gâchette et seconde sur la poignée avant, pour observer la direction du type et de son clebs. Ils avaient intérêt à ne pas traîner sur place s’ils voulaient avoir une chance de fuite sans être coupé par l’arrivée massive des mordeurs. Elle se demanda un instant si le type allait continuer son chemin sans leur prêter attention, mais non, il fut bien là, à leur réclamer asile d’une manière qu’elle estimait bien étrange. Pensait-il que l’humour allait dérider les humeurs ? Ils n’étaient pas nés de la dernière pluie, non pas eux, et si les phrases détentes pouvaient attraper dans leur filet quelques naïfs, il n’était pas tombé sur les bons pigeons.
 
L’échange de regard avec son compagnon dura qu’un bref instant, mais fut suffisamment expressif pour noter l’un l’autre ce qu’ils avaient communément en tête. Elle hocha la tête, en rajoutant d’un ton égale :
 
« Vérifie qu’il ait pas été mordu. »
 
Une évidence qu’elle voulut tout de même relever. Il n’y avait rien de pire qu’un type qui cherchait à se débattre en se sachant complètement foutu. Il n’y avait pas d’issu. Personne n’en avait jamais réchappé. Ce truc-là se rependait plus vite que la peste ou le sida, et déjà qu’elle ne supportait aucune maladie classique, une contamination signifierait pour elle une balle en pleine tête. Duncan était au courant, ça faisait partit du contrat. De leur contrat. Y’aurait pas à discuter, ni à chercher de compromis, d’excuse. C’était ainsi.

Elle finit par se relever complètement, ouvrant la fenêtre entre les deux éléments de cuisine juste au-dessus de l’évier comme lui avait demandé son Séraphin, pour faire dépasser juste assez du canon de son arme vers l’extérieur pour montrer au type sa présence. Elle chercha une position stable et le plus confortable possible pour s’assurer une excellente réactivité si les choses venaient à dégénérer. Le doigt sur la gâchette, l’œil dans aligné sur la mire, le canon pointait directement sur la tête du gaillard. Elle n’enclencha le mode rafale qu’à ce moment-là, le cliquetis caractéristique pouvant donner un effet stressant. Au moins, il pouvait être certain que l’individu à l’autre bout du fusil, s’il n’en voyait pas sa silhouette, se tenait prêt à tirer sans préavis.

Samuel Freeman

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Mer 6 Juil - 18:34
Quoi qu'on puisse dire sur ce monde sans foi ni loi, Samuel ne cessait de s’étonner de tomber plus souvent sur  des gens raisonnables et réfléchis que sur quelques idiots à la cachette facile, c'en était venu à tel point qu'il aurait put même finir par se demander si entité quelconque était derrière cette espèce de veine éclairant son quotidien de malheur.

Ainsi, ne désirant pas contraindre ses nouvelles connaissances à devenir moins réfléchis, il persista à rester là, à attendre la réponse de ces inconnus qui n'avaient pas daignés l'abattre simplement ni mettre les gaz pour l'abandonner aux multiples meutes qui rappliquaient assurément à l'écoute de tout ce barouf qui durait maintenant depuis un bout de temps.

Lorsque, finalement, la porte s'ouvrit enfin pour qu'il se fasse braquer, d'abord par une première, puis par une seconde, par la fenêtre, il ne fit pas le moindre geste brusque, se contentant alors d'agiter doucement sa main armée vers Snatch afin de l'inciter à préserver son calme, ce qui n'était pas mince affaire étant donné l'encerclement complet dans lequel ils se trouvaient. Malgré la situation on ne peut plus critique, c'est un véritable tic d'amusement qui lui transperça la joue avant qu'il ne retrouve toute sa neutre contenance.

Quoi qu'il en soit, n'ayant pas une seconde à perdre et surtout pas vingt, il claudiqua brièvement en pointant ostensiblement le sol avec son revolver, ne se stoppant que pour ramener le chien à sa position initiale afin de pouvoir lancer l'arme au sol, entre eux et l'autre sacré duo, sans craindre que le coup ne parte bêtement et ne mette fin à une rencontre aussi intéressante. Ceci fait, c'était donc à son tour de se délier la langue et faire ce qu'il fallait de mieux, expliquer ce pourquoi les autres avaient besoin de lui.

Duncan et Eileen noterons cependant que là ou sa première réplique était on ne peut plus légère, son discours d'à présent sonnait bien plus lourd et sérieux, reflétant non pas le guignon qui attire l'attention mais le meneur qui tente de la retenir :


"Okay, ça fait moins de vingt secondes donc, à mon tour, je vais parler avec des chiffres. Je dispose de trois balles et je viens de les jeter par terre alors que j'ai valsé une dizaine de morts d'une simple pensée, on a donc deux minutes pour décarrer, si vous m'en laissez dix pour vous expliquer toutes les possibilités que je peux vous ouvrir, vous pourriez garantir votre survie pour deux mois, facile. En revanche, si vous ne m'écoutez pas, vous serez sans doute mort, d'une manière ou d'une autre, dans moins de dix jours. Ceci n'est pas une menace, c'est une promesse, la promesse d'un type plus arrogant et bien plus dangereux que la Horde qui risque de nous tomber dessus. Ce type, je l'ai fait mentir depuis plusieurs mois déjà... Et c'était un travail d'équipe."

Ne restait plus qu'à espérer que, aussi réfléchis que soient ces deux zozos, l'intellect puisse suivre... Vouloir tirer les autres vers le haut en débitant des discours alambiqués et pleins de messages implicites, ce serait dommage que cela lui soit fatal même si, quelque part, le canadien est convaincu que si il doit mourir bêtement, ce sera forcément à cause de ses initiatives qui vont toujours à l'encontre de sa prudence qui prends drôlement cher ces derniers temps.

Quoi qu'il en soit, pour l'heure, il restait là, appuyé sur une seule jambe, gardant sa main droite plaqué contre son pare-balle, et son regard... Ce regard fixe, rivé sur Duncan pour échapper à la tentation de jeter un coup d’œil en arrière pendant que sa main gauche, elle, continue de battre l'air afin de préserver la concentration de son compagnon canin et l'empêcher de relever le niveau de stress avec de violents aboiements.

Duncan Waltz

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Lun 11 Juil - 0:21
Son arme toujours en main, Duncan n'était pas encore sorti du camping-car et ne s'était pas dévoilé à Samuel, n'ayant qu'entrouvert la porte, il ne le voyait pas et se contentait de la façon dont il l'avait lui-même interpellé, patientant une réponse mais surtout la venue des armes qu'il avait exigé. Son regard se porta rapidement vers la fenêtre où sa femme s'était stationnée et mettait l'homme en joug. Finalement et après de longs instants, c'est un bruit métallique sur le bitume qui lui suggéra qu'une arme avait été potentiellement lancée, mais une seule et ce n'était pas devant la porte comme il l'avait exigé, ce qui poussa Duncan à fermer davantage son regard en serrant quelque peu les dents, n'appréciant pas ce qui s'apparentait franchement à un genre de ce type, dont les tendances étaient peut-être suicidaires s'il avait goût de jouer ainsi la provocation.

Puisque son épouse ne semblait pas ni ouvrir le feu, ni se mettre à couvert, il en déduisit que le type n'avait rien tenté et d'un geste, il poussa sèchement la porte qui s'ouvrit en grand, le dévoilant bel et bien tandis qu'il dressait aussitôt son arme prise à deux mains pour mettre en joug, à son tour, le type et son chien. D'un coup d'oeil, il repéra le revolver au sol, non loin, le chien resté aux cotés de son maître et le fusil qu'il voyait toujours dans son dos. Soit ce gars avait des problèmes d'écoute, soit il voulait montrer de la résistance, dans les deux cas, il ne savait pas encore qu'il était tombé sur un très mauvais public. Mais le pire restait à venir : voilà qu'il reprenait la parole, avec un ton plus sérieux ou ce qu'il voulait donner ainsi, leur lançant tour à tour une prétention complètement tirée par les cheveux, une tentative de les amadouer en leur promettant la solution à la survie - pour deux mois et finalement, des menaces de mort qui n'en étaient pas évidemment et l'existence d'un grand méchant loup. On peut dire que coté sens, on repassera.

A croire qu'il était vraiment persuadé qu'un discours aussi abrupt et insensé allait passer comme de la chantilly, comme ça. Duncan resta silencieux plusieurs instants en fixant très directement ce type, qui avait effectivement une bien sale mine et était clairement blessé étant donné l'état de son corps par de multiples endroits, la probabilité qu'il soit infecté, vu le nombre de rôdeurs qu'ils avaient croisé pour aucun vivant si ce n'est un chat qu'il doute capable d'infliger cela, très probable. Il finit par lâcher sa main d'appui de son arme, puis la baisser, lentement, assurant dans tous les cas d'un pistolet-mitrailleur prêt à faire feu, dans son dos et en sa compagne, il avait une foi infaillible, et puis que pouvait faire ce type ou son chien là, maintenant, avant qu'il n'ai le temps de la quinzaine de mètres qui les séparaient, de descendre le plus rapide des deux lui-même et que l'autre ne soit criblé de balles en parallèle ? Pas de risque qu'ils tentent le diable en voulant économiser des munitions, les coups seraient meurtriers.

« Hmhm. » Commençait-il à répondre, d'une mine franchement sceptique et assez indifférente. « Moi c'est Moïse, je peux ouvrir la mer en deux et je sais parler aux grillons. »

Il était passé très vite à la franche ironie mêlée de sarcasme à outrance, ce qui suggérait que le coup des zombies valsant par la pensée façon comics de super-héros ne semblait pas franchement persuader Duncan qui le confrontait.

« D'une tu dois être à moitié sourd, parce que je t'ai demandé tes deux armes et de me les envoyer devant la porte, déjà tu commences très mal, ensuite tu nous la joue grand sauveur de l'humanité qui a le pouvoir de faire danser les charognards et de nous sauver la vie - pourquoi pas, mais pour deux mois. Pourquoi deux mois ? Parce que, je suppose. Et ce type plus dangereux que ce qui a ravagé le monde, il risque de tomber du ciel ? C'est quoi son truc à lui ? Cracher du feu ou faire fondre les gens d'un regard ? »

Il prit une grande inspiration et hésita, se demandant s'il ne devait pas flinguer ce type tout de suite et ramasser ce qu'il avait pour se tirer ailleurs, c'est d'ailleurs ce qui aurait été le plus simple et le plus évident, mais il n'avait pas manqué le détail de la fin au-delà des sottises qu'il avait l'air de débiter : un travail d'équipe. Ce type n'était pas seul et comme il l'avait dit à Eileen quelques minutes plus tôt, la raison pour laquelle il parlementait plutôt que de tirer à vue ou de laisser les rôdeurs faire leur job, était qu'il avait peut-être des informations sur cette ville dans laquelle ils étaient récemment arrivés mais qui avait déjà servi son lot d'oppression avec tous ces morts qui ne les avaient pas lâché. Il continuait de réfléchir, faisant volontairement durer le moment, quand il aperçu dans le dos du type une silhouette, lente et traînant sa guibolle, qui se dessinait dans le brouillard. Le premier parmi d'autres qui ne tarderaient pas à les repérer, surtout s'ils suivaient ce type, ça ne faisait pas de doute. Il ne montra aucune expression à la vue du rôdeur, se contentant d'un furtif coup d'oeil.

« Bon. » Il expira en portant le regard au sol puis de coté, marquant sa totale insensibilité à ce que l'homme semblait vouloir apporter et reprit ensuite avec une plus grande force afin qu'Eileen puisse l'entendre, ne se souciant guère que des rôdeurs les entendent aussi, ce qui arrivera sûrement. « Chérie ? Rejoins l'avant et garde ton arme bien en main, notre ami Jésus de Nazareth va m'envoyer son fusil, tenir son clebs et va gentiment monter sans faire de vague pour aller enfermer sa bestiole dans la salle de bain, après on verra ce qu'il a à nous dire. »

Il avait moyen d'enfoncer le clou, ou de provoquer l'inconnu, mais il n'en fit rien car il n'avait ni le temps pour ça, ni l'envie et l'intérêt. Il préféra plutôt ployer les genoux pour s'accroupir et saisir le revolver de sa main libre au sol, avant de se remettre debout en braquant les deux armes, une dans chaque main, vers eux. Pas sûr qu'il puisse faire un carton des deux à la fois, mais l'inconnu ne le savait pas et à dire vrai, seule son arme droite pointée sur le chien avait une bonne prise, l'autre servant plus à tenir en respect l'homme qu'autre chose. Sans parler du rôdeur qui arrivait, et au fond, si ce type se faisait tuer, est-ce que ce serait tragique ? Sans doute pas, ils finiront bien par trouver quelqu'un d'autre.

A partir de là, soit l'inconnu refusait de donner son fusil et essayait de faire durer le moment, et il ne bougerait pas d'un centimètre, soit il répondait à son exigence, qui n'avait pas vraiment la forme d'une demande en lui lançant son fusil et il attraperait celui-ci au sol de la main tenant le revolver - dont il ne pourrait plus se servir, avant de reculer sans tourner le dos à l'inconnu jusqu'à atteindre la marche du camping-car. Là seulement, il se tournerait pour grimper et viendrait se poster rapidement coté conducteur avec sa compagne si celle-ci avait accédé à sa demande - qui là en était bien une, pour avoir le champs ouvert afin de neutraliser le type ou son chien s'il y avait tentative malheureuse, ou veiller à ce qu'il enferme bien sa bête dans la salle de bain coté arrière.
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