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[CS, A, 2] Un accord profitable - 23/03/35
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Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mer 13 Juil - 12:01
Plus le type parlait et plus l’index d’Eileen sur la gâchette de son arme d’assaut la démangeait. Elle aurait pu lui tirer dans le bras, là, tout de suite, juste pour lui prouver que se foutre ouvertement de la gueule des gens sans même les connaître était, par les temps qui courrait, de loin une très mauvaise idée, et ce serait le meilleur moyen de faire justement les présentations. L’œil rivé sur sa mire, elle détaillait avec précision l’homme qu’elle ciblait, déplaçant le bout de son canon très sensiblement. Elle inspectait dans les moindres détail sa composition, allant de sa tenue vestimentaire aux tics de son visage, retenant avec minutie chaque précieuses informations que cette étude lui fournissait.
Non, elle ne retirerait aucun plaisir à lui tirer dessus à cette distance, à le laisser gémir au sol de douleur en priant qu’on l’achève avant que les mordeurs ne lui donne la pire des morts imaginable. Il n’y aura pas assez d’implication, pas assez d’emprise, pas assez d’ascendance sur sa douleur. Lorsqu’elle prenait les commandes, elle voulait en maitriser tous les aspects dans les moindre détails.

Son inspiration profonde trahissait sans doute ses pensées, faisant surgir toute la frustration ressentie à l’idée de devoir en finir, là, maintenant, comme cela. Mais elle n’ouvrit pas le feu, restant concentré, et fixement résolu à faire ce qui devait être fait si la situation l’exigeait, qu’importait son désir enivrant de divertissement.

La porte du camping-car s’ouvrit sous l’impulsion et la volonté de son époux tandis qu’il prenait le risque de se mettre à découvert, engageant la conversation avec le type qu’elle suivit sans intervenir. Il gérait la situation, son ange déchu sur terre, avec un certain brio très excitant. C’était ça qu’elle aimait chez lui. Son côté leader, son autorité, son éloquence, son intelligence, et surtout, sa prestance. Il fallait être honnête, niveau charisme, il en imposait. Et encore, il fallait le voir à l’action, toute situation confondue. De quoi en faire rougir la nonne la plus pieuse.
Ce guignol n’avait pas intérêt à retarder leur plan, pour son propre bien et l’ensemble de sa communauté. Elle en serait capable, de péter un boulon pour moins que ça encore, à en tomber dans la vengeance injuste et violente. Après tout, elle n’avait de limite que celles que Duncan lui avaient imposé avec toute la finesse qui était requise à cette exploit, mais il savait à quel point également un molosse affamé ne reconnaissait plus ses maitres, sachant quand il devenait nécessaire de lâcher la bride.  

A son appel, Eileen se redressa avec lenteur, faisant glisser le bout de son canon de l’extérieur vers l’intérieur, n’attendant que le dernier instant pour briser la ligne invisible entre son arme et le crâne de leur invité. Elle n’eut pas cependant à parcourir une longue distance avant de lui refaire face, dans un premier temps pile dans l’angle de la porte du véhicule, puis ensuite, légèrement décalé vers l’avant de celui-ci, avec la même froideur dans son regard qu’elle accordait à tous les étrangers de son petit monde restreint, les yeux cerclés de noir qui relevait un saisissant bleu glacé.

« Donne-moi une seule raison de tirer. Je m’en languis depuis tout à l’heure. » Ponctua-t-elle après l’ordre de son pairs, histoire de passer le message sur ses capacités, sur ses convictions, sur ses propensions. Elle n'était pas une simple femme perdu dans un monde qui la dépassait. Elle était une femme qui nageait dans un monde qu'elle chérissait.

Oh oui, elle tirerait. Elle liquiderait le chien s’il montrait ne serait-ce que les crocs, elle viserait les bras ou les jambes pour son maitre. Elle le garderait en vie pour son propre plaisir, elle en ferait son jouet et le jetterait dès qu’elle s’en serait lassé. Elle lui ferait découvrir son humanité, dans toute sa délicieuse splendeur, et dans ses plus profondes noirceurs. Cependant la pensée de pouvoir mettre la main sur un groupe supplémentaire sur lequel l’ensemble de ces perspectives ne serait plus imposées, mais un choix délibéré, ressemblait à une friandise délicieusement offerte.

Elle patienterait autant de temps qu’il faudrait, laissant l’homme et son chien s’engager dans le couloir en direction de l’arrière du véhicule. Les morts ne tarderaient pas à arriver, mais ce ne serait que pour le confort de l’homme de ne pas flemmarder dans sa décision. Ni l’un, ni l’autre n’aurait de remord à le laisser se faire dévorer vivant.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 18 Juil - 17:55
Lorsque la porte s'ouvrit à la volée, moins que la surprise, moins que l'indifférence, le duo eut un léger mouvement, Samuel sautillant doucement pour reprendre son équilibre parfait sur sa seule jambe d'appui alors que Snatch l'y avait aidé sans le savoir en redressant le museau si haut qu'il en appuya le crane sur la main apaisante de son maitre.

Et malgré l'attitude pour le moins agressive de l'homme qui s'avançaient, ils demeurèrent tous deux bien stoïque, même si du côté de l'animal, tout dépendant ostensiblement de l'attitude de son maitre qui se voulait calme, confiant, voir amical, car si il montrait le moindre signe de recul ou d'énervement, le canidé aurait tôt fait de réagir et essayer de menacer l'autre duo qui, hélas, avait des arguments bien trop explosifs à lui contrer.

Lorsque l'arme s'abaissa enfin, le jeune canadien ne manqua pas de l'observer, faisant fi de l'autre arme qui demeurait pointée sur lui. Le canon de celui qui s'adressait maintenant à lui était baissé, et ça, cela voulait dire bien des choses, à commencer par le fait qu'il était sans aucun doute plus ouvert au dialogue que ce que ses mots et son ton laissait entendre.

Et en parlant des mots de Duncan, ces derniers ne manquèrent pas de tirer un léger sourire à l'homme menacé. Effectivement, c'était la première fois qu'il devait convaincre quelqu'un de faits aussi étonnant tout en étant en position de faiblesse et, franchement, c'est vrai qu'il ressemblait juste à un dingue prêt à dire n'importe quoi pour sauver sa peau, mais cela ne l'empêchait pas de préserver son assurance, sa confiance. Peu importe l'issue, il disait la vérité et peu lui importait d'être cru, ou de mourir, puisque si ce n'était pas le cas, ses bourreaux ne profiteraient pas bien longtemps de leur mauvaise action, qu'ils tombent entre les bonnes ou les mauvaises mains.

C'est à peine si cette volonté de fer sembla se pincer lorsque le plus proche des morts fit savoir son approche. Combien de temps pouvait-il bien vivre entre les mains des charognards, une minute ? Plus ? Moins ? Un bien faible prix à payer en comparaison des heures de fièvre délirante, de fatigue et de douleur qu'occasionnait une simple morsure... Et la possibilité de se relever, la possibilité de revenir encore, car Ivy avait prouvé cela possible... Mais ça, mieux valait encore le cacher à ses nouveaux "amis".

Lorsque l'un d'eux lui offrit finalement l'abri contre sa AK, un autre tic le démasqua un peu, mais plus que de la peur, cela ressemblait en fait plus à de l'embêtement, un bref air de mioche qui n'a pas envie de prêter ses jouets. Le revolver avait été pris à la caravane, le fusil, en revanche, c'était un butin de guerre, son butin de guerre qu'il avait bien payé dans la cuisse. Mais malgré toutes ces pensées qui ne furent au mieux perceptible qu'une fraction de seconde, il se mit en branle sans même faire montre de la moindre réflexion, à priori en tout cas.

Ainsi, ôtant enfin sa main du sommet du crâne de son chien, toujours aussi attentif et calme que son maitre, il le courba avec une légère difficulté et saisit la sangle du fusil à l'aide de son pouce afin de le faire glisser de son épaule et pendre en douceur avant de le tendre à bout de bras à Duncan, tremblant ostensiblement à cause de l'importante fatigue qui lui travaillait tous les membres. Bien sur, compte tenu des menaces de Duncan et de son refus évident de jeter la précieuse pétoire au sol, il se donnerait même le mal de claudiquer vers lui afin de mettre l'arme à sa portée sans être suffisamment proche pour avoir l'air menaçant.

Pendant son petit manège, bien sur, la petite réplique d'Eileen trancha le silence que Duncan avait finalement fait, mais Samuel ne sembla pas tellement y réagir et se contenta d'un simple regard sur la jeune femme. Parler pour ne rien dire, il aimait lui-même faire cela lorsqu'il était en position de force, aussi savait-il pertinemment que cela ne valait rien, à part faire cool sur une bande-annonce de film.

Quoi qu'il en soit, une fois le précieux fusil d'assaut transmis, il ne manquera pas de faire signe à Snatch de rester au pied et de l'avoir autant que possible près de sa main gauche tout en avançant vers le camping-car à mesure qu'on lui ouvrait le passage. Ironiquement, le calme de Samuel ayant totalement gagné le canidé qui comprenait qu'il allait enfin fuir la Horde, ce dernier, malgré son guet constant vis à vis des deux inconnus, semblait bel et bien content de pouvoir entrer dans l'abri du véhicule, même si il se trouva alors doucement saisit au cou par la main du canadien afin de le guider vers le lieu désigné par Duncan, ce qui ne fut pas mince affaire et laissa l'occasion au jeune homme de grincer des dents lorsqu'il lui fallut bien utiliser ses deux jambes.


"Ne bouge pas, pas de grattement, on rentre à la maison."

C'était tout ce qu'il avait daigné lui dire avant de refermer la porte de la salle de bain. Ce faisant, il s'en écarta ensuite en douceur en gardant sa seule main à priori valide bien en vue. Ainsi, tout le long de cette étrange scène, son poing droit était bel et bien resté collé contre son pare-balle, lui-même intact si l'on exceptait l'importante saleté qui le recouvrait de toute façon de la tête aux pieds. Enfin, il allait parler à ses "sauveurs".

"Je vous conseille de continuer au Sud jusqu'au croisement. Ne vous y arrêtez pas, les habitations pullulent de morts, si vous prenez à l'Ouest, vous trouverez un bout de civilisation amicale, à l'Est, je ne garantie rien mais une fois les habitations passées, le coin doit être assez vide pour prendre le temps de parler.

Et si vous m'y autorisez, Moïse, Sephora, puis-je déposer mon sac et m'asseoir ? Je crois bien que j'ai réussi à me fouler la cheville et le poignet en même temps."


La question était simple, restait à voir quels étaient les plans des deux zozos dont il était à la merci. En tout cas, ni Dieu, ni Satan, ni la Mort elle-même ne saurait lui reprocher son manque de coopération. D'ailleurs, après une vie de criminel, être tué injustement comptait-il comme une remise de peine dans l'autre monde ? En tout cas, il se serait amusé l'espace d'un instant à s'être souvenu de ses foutus lectures bibliques en espagnol.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Jeu 21 Juil - 23:29
Le fusil avait finalement été récupéré sans résistance et Duncan monta le premier pour envoyer négligemment le fusil d'assaut sur le siège passager à l'avant, hors de portée de ce type où qu'il puisse se placer à l'arrière. Le Glock fermement tenu avait accueilli la montée du type et son chien, aux cotés du pistolet-mitrailleur de sa vicieusement douce femme qu'il frôlait en étant très proche d'elle. Là encore, il consentait à aller ranger son clébard où cette sale bête ne pourrait pas être une menace, ni leur casser les pieds. Il se pouvait qu'elle fasse un barouf et décide d'aboyer comme un forcené, à ce moment-là, il se pourrait bien que ses nerfs mis à rude épreuve par cette espèce d'animal qu'il ne pouvait pas voir en peinture le pousse à oublier leur accord pour lui coller une balle à travers la porte. A voir sur le tas.

Durant la manoeuvre, il se rapprocha de la porte d'entrée pour la fermer avant de ranger son arme de poing dans son holster sous l'aisselle gauche. Vu les blessures de ce type, il ne serait pas une menace et vu sa carrure de banquier passé à tabac, il le serait encore moins. Duncan se rendit ainsi à l'avant pour s'installer sur le siège conducteur, il faisait toute confiance à son épouse pour le flinguer au moindre élan suicidaire, aussi bien physique que verbal et ils n'avaient de toute façon pas intérêt à rester là plus longtemps à cause de la perte de temps que ce zigoto avait engendré. En prenant place, il pouvait d'ailleurs voir par-delà le pare-brise les corps décharnés des morts qui arrivaient de parts et d'autres, c'était un vrai guêpier ici. Il prit appui sur les pédales et démarra l'engin, entamant une marche arrière pour se replacer sur la route pendant que leur invité prenait la parole. A ses dires, sa rétorque fut on ne peut plus directe :

« Par expérience, j'ai appris à faire le contraire de ce qu'un type louche et jouant la carte du mystère me conseillait, car quiconque se donne un genre a une idée derrière la tête. Et quiconque a une idée derrière la tête, n'a que ses intérêts en dedans. Donc, Jésus, tant que tu continueras à te donner un genre, nous ne nous occuperons pas de tes conseils.

Mais dans tous les cas il vaut mieux pour toi que tu ne tires pas trop sur la corde, mon épouse ici présente, comme elle l'a dit, n'attend qu'une raison et après des jours à bouger sans arrêt, poursuivis par toutes ces hordes de rôdeurs vraiment insistantes et bornées, tu comprendras que nous n'avons pas envie d'être patients. Mais je sais aussi qu'il y a des chances que ce que l'on dit n'ai aucun effet... »


Il s'était engagé sur la route et vers le sud comme prévu, traversant le brouillard au rythme régulier de chocs rustres sur des morts-vivants qui avaient eu la mauvaise idée de se retrouver sur le chemin et il ne semblait guère être perturbé par le fait de les écraser, c'était comme écraser des insectes à la marche, il restait au contraire concentré sur la route tout en jetant brièvement un regard dans le rétroviseur pour scruter ce type qui prétendait avoir des choses à dire, mais n'était pas pressé de les dire. Rien de mieux pour s'attirer l'antipathie de gens qui n'avaient pas de scrupule à prendre ce dont ils avaient besoin, parfois même s'ils n'en avaient pas besoin.

« On a fait un petit tour dans ce quartier et une chose est sûre, il grouille de rôdeurs. Vu ton petit minois tout rouge, tes cheveux manquants, la façon dont tu te tiens l'estomac et ta jambe et le fait qu'une légère griffure suffit, pas besoin de se donner le moindre doute, tu as été infecté. Ca veut dire que ton temps est compté, donc, si tu nous dit des choses utiles, on se montrera conciliants et on te fera sauter la cervelle avant que tu ne vomisse tes tripes. Ensuite, peut-être même que nous pourrions ramener ton corps et ton chien sain et sauf à tes amis.

Si tu n'as rien d'utile à nous dire, on te fait sortir et on te laisse te faire bouffer ou agoniser sur le bitume, quant à ta bête ça nous fera un peu de viande pour quelques repas bien mérités. C'est toi qui voit mais ne te fais pas d'illusion : la raison pour laquelle on ne t'a pas abandonné là dehors c'est parce que tu as du matériel et possiblement des informations profitables, utilise donc ce qu'il te reste à vivre à bon escient. On doit tous y passer à un moment ou un autre, autant en finir avec dignité. »


Les deux mains emprisonnant le volant, il laissait défiler la route qu'il observait attentivement malgré le manque de visibilité et les chocs d'avec des corps non-morts avaient cessé. Durant sa prise de parole, il n'avait entendu ni ton menaçant, ni montré d'agressivité ou de nervosité quelconque, il avait été parfaitement serein et neutre, comme si la perspective de la mort sous les formes évoquées et toutes les autres, les enjeux et les perspectives à venir, le laissaient indifférent.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mar 26 Juil - 11:09
Laissant Duncan prendre place côté conducteur pour remettre leur nouveau jouet motorisé en route, et juste avant qu’il ne démarre, Eileen s’était fixée sur ses appuis dans l’éventualité d’un choc ou d’un sursaut quelconque contre une créature venue des enfers qui avaient fini par les encercler.
Le canon de son arme toujours pointé droit sur l’étranger, son index droit ne cillant même pas à venir frôler la gâchette, son corps, aussi frêle qu’il pouvait paraître, faisait barrage entre la cabine et le reste de la caravane. Une carrure à première vue chétive, mais bel et bien menaçante. Elle avait laissé son époux continuer à prendre les devants sur cet inconnu qu’elle préférait ni négliger ni sous-estimer, restant d'un parfait stoïcisme à l'instar d'un chien de garde à qui on aurait demandé l'arrêt.
 
Dans un silence lourd et pesant, elle laissa le type prendre toute la mesure des paroles qui venaient d’être prononcées, sans doute pour lui laisser temps à la réflexion maintenant qu’il en avait, tanguant elle-même parfois à droite et à gauche lorsque le chemin emprunté par leur moyen de transport l’y obligeait. Jusqu’à ce que finalement, ayant laissé un instant la dernière question de l'homme en suspens, Eileen reprit d’une voix monocorde et sans intérêt autre que le contenu même du message qu’elle délivrait :
 
« Tu vas pouvoir poser ton sac oui… et ton Talkie, tes jumelles, ton pare-balle et ton haut. J’veux voir tes blessures, et je ne veux pas avoir à approcher pour le faire. Ton cul, tu pourras le poser qu’après. »
 
Si Duncan était par supposition persuadé que leur cordial invité était déjà contaminé, elle voulait, pour sa part, en être sûre et certaine. Il y avait des choses sur lesquelles elle ne pouvait pas se permettre de laisser une once de doute. Elle ne croyait que ce qu'elle voyait, ne confiait sa foi et ses choix que lorsque les faits avaient été avérés, de la même manière qu’elle était croyante envers Dieu le père et Lucifer que parce qu’elle avait vu et été témoin de ses propres yeux de l’incarnation divine et satanique.
 
Elle n’aurait pas bronché, ni levé un sourcil, à peine une respiration perceptible aurait attesté que la femme était bien en vie et non pas une simple statue de cire plutôt réaliste, posée là, une arme greffée en main. Elle attendrait que son vis-à-vis obtempère ou non, avec une patience exemplaire. Ni coup d’œil en arrière, ni regard posé sur l’une ou l’autre des fenêtres pour connaitre leur destination, leur route, leur chemin. Il n'y avait pas de doute et c’était assez flagrant qu’elle avait une confiance aveugle envers son époux.

Elle l’aurait simplement laissé faire, dans son obtempération ou sa désobéissance, tant qu’il ne montrait l’intention d’aucun geste hostile. Le choix laissé par Duncan était également valable pour ses propres ordres, mais il n’était pas question de céder à une quelconque colère si ce qu’elle ou il demandait n’était pas respecté. Elle saurait parfaitement continuer à maîtriser la situation sans avoir à s’emporter. Elle en avait et les moyens, et l'imagination assez débordante pour cela.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Dim 31 Juil - 22:08
Aux réponses des deux protagonistes, il se sentit repousser une pointe d'amusement qu'il ne manqua pas de masquer étant donné la tension ambiante. L'homme qui parlait trop ET faisait trop de mystères, cela lui avait longtemps collé à la peau et couté beaucoup de choses, mais aujourd'hui, il fallait bien l'admettre, il avait tiré sur la corde par amusement, ces deux-là méritaient un peu de considération. Au fond, si il s'était échiné à les sauver du siège total dans leur masure, ce n'était pas pour les laisser repartir vagabonder.

Aussi, on ne peut plus coopératif, le jeune canadien se délesta en douceur de son sac à dos quasiment vide, défaisant carrément la sangle droite pour ne pas avoir à bouger son bras avant de le laisser glisser en douceur de son bras gauche. La sacoche contenant les jumelles allèrent rejoindre le sac au sol, suivi du talkie qu'il fit émerger de sa poche, pincé par l'antenne entre son index et son majeur, pour finir par ses gants eux-même, peu pratiques dans la situation actuelle.

Vint ensuite le long moment de défaire son pare-balle, l'occasion de reprendre la parole et les inonder des informations qu'ils désiraient tant, et avec le ton monocorde qui va bien, histoire qu'ils ne s'imaginent pas "trop" qu'il continue d'essayer de les enfumer :


"Je reste friand des pseudonymes bibliques, mais dans les faits, j'm'appelle Samuel, à la base, j'suis de Harlingen, tout au Sud. J'ai atterri ici il y a peu et rencontré quelques personnes de confiance au milieu des monstres habituels. On avaient un camp au motel à l'Ouest d'ici mais suite à quelques... Désaccord avec le seigneur de guerre local et pas mal de décès des deux côtés de la ligne, il nous a envoyés une Horde sur la route et nous a forcés à nous barrer.

C'est ce pourquoi nous nous sommes établi dans ce quartier, au lieu dit "bout de civilisation amicale". Pas spécialement bon comme endroit mais j'avais de bons projets pour fortifier et sécuriser la zone. Hélas... C'est difficile d'avoir de bons hommes de mains quand on joue la carte de la démocratie..."


Enfin, il parvint à se défaire du pare-balle, non sans peine ni léger serrement de dent lorsqu'il dut mettre à profit sa main droite, mais rien qui ne semble insurmontable, surtout fort incommodant. Quoi qu'il en soit, l'imposant bout de kevlar tombant au sommet de son bric-à-brac, il révéla sa superbe chemise crasseuse, reflet des stigmates d'un passé récent, mais rien d'aussi récent qui corresponde aux trente dernières minutes. Rien ne laissait transparaitre la moindre blessure de ce côté. Cependant, obéissant et désireux de continuer à parler tant que son audimat avait l'attention fixée sur lui, il commença à défaire la dites chemise, de sa seule main gauche, évidemment.

"Malgré tout, les plus anciens sont des gens plutôt bien. Il y en a bien certains qui m'ont l'air d'être dans la zone grise, mais ils n'ont rien à voir le Marchand, le fameux seigneur de guerre. Il assassine, harcèle, massacre, et malgré les milliers de mort se promenant à Snyder, c'est quand même lui la plus grosse menace de la zone, pour la simple et bonne raison qu'on ne connait qu'un autre type civilisé et vivant dans le coin... Et il est à l'extérieur de la zone, autant vous dire qu'à deux, vous ne tarderiez pas à tomber sur ses crétins de sous-fifres et... Je craint que même selon vos standards de survie, leurs propositions ne soient pas à votre gout."

La chemise défaite, il la laissa se balancer en douceur par sa main gauche puis la fit tomber sur son côté, à l'écart du tas de ses possessions.

"A moins qu'en plus d’exécrer les paroles sucrées que je dispense, vous ayez un certain gout pour manger la merde que débite un psychopathe. Bref..."

Doucement, il leva ses deux bras à l'horizontale, exhibant l'absence de blessure au buste comme aux bras, puis, dans son mouvement, son bras gauche se recourba, sa main allant passer dans ses cheveux crasseux, et surtout sur les zones fraîchement dégarnies. Ramenant ensuite sa main devant ses yeux, il esquissa un léger sourire et la retourna la paume vers Eileen pour en exhiber les traces rougeâtres. Du sang, le sang qui perle de son cuir chevelu... Mais ce salopard de charognard n'est pas prêt de gouter quoi que ce soit, difficile de poursuivre quelqu'un avec les deux jambes cassées.

"Je ne mordrais personne avant quarante-huit heures. Il serait d'autant plus dommageable que ce soit vous deux, je ne me suis pas amusé à jouer du pan pan par plaisir, mais n'allez pas dire à d'autres que j'ai été griffé pour vous aider. Les plus énervés pourraient être les hommes du Marchands qui rêvent tous de me trancher la langue... Pour mes "amis", cela les laissera surtout indifférent, ce sont les aléas du quotidien.

Mais à présent, j'aimerais vous donner un instant pour éclaircir les points qui vous paraissent encore trop flous, si ce n'est ces quarante huit heures que je vous envoie avec assurance dans les oreilles. J'y viens, mais je ne veux pas monopoliser la conversation ni vous perdre, d'autant que c'est la partie que vous ne voudrez absolument pas croire, j'en sait quelque chose, une non-initiée a failli me tirer dessus d'incrédulité."


Et le voila, lui et son torse imberbe et maigre, loin de toute idée qu'on puisse se faire d'un baroudeur qui ne doit son destin funeste qu'à de malheureux coups de griffes, reculant en douceur vers une banquette pour poser son cul dessus et expirer un long soupire de soulagement. Quoi qu'il ait encore l'audace de forcer ses airs nihilistes et je m'en foutiste face à sa mort prochaine, cela ne l'empêchait pas d'avoir besoin de souffler et s'assurer de faire bonne figure, jusqu'au bout.

Et ainsi, dans cette nouvelle position, il porta son attention sur le duo, attentif, tout en essayant de trouver la meilleure posture possible pour soulager son pied droit.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Mer 3 Aoû - 18:03
La route était relativement tranquille malgré le brouillard. L'attroupement de morts-vivants passé, il croyait distinguer quelques silhouettes de parts et d'autres des terrains mais rien qui ne se confirmait ni ne se faisait vraiment menaçant en venant se pointer devant eux. Il y avait peu de véhicules dans le coin, les quelques voitures ou motos aperçues étaient contre ou sur le trottoir, garées pour la plupart. Ils avaient presque droit à un chemin des plus peinards pour changer. Pas d'embardée, pas de zigzague ou de coup de volant brusque, le chemin se faisait de lui-même malgré qu'ils soient dans une zone anciennement habitée et cela présageait un coin plus calme et facile à sécuriser que les dernières zones urbaines ou en périphérie de ville qu'ils avaient visité.

Les mains sur le volant, le regard de Duncan fixait globalement la route avec attention, ne se permettant que quelques coups d'oeil à l'occasion pour regarder l'invité de leur tout nouveau camping-car, à travers le rétroviseur. Pas de geste brusque, il se montrait coopératif, ce qui facilitait grandement les choses, pour lui bien davantage que pour eux car dans leur cas, le moindre accroc serait vite réglé, comme à chaque fois qu'ils eurent à faire à de fortes têtes bons ou mauvais acteurs, mais jamais vraiment à la hauteur de leurs prétentions quand la réalité faisait violence. Il laissait à Eileen, bien logiquement, le soin de veiller à constater et l'informer de toute infection, ce dont il était tout de même déjà quasi-persuadé, son fatalisme ne laissant que peu de doutes aux quelques faits qu'ils avaient établis. A coté de ça, il y avait les propos de cet homme.

Il donnait un nom, affirmait faire parti d'un groupe mais surtout entendait l'existence d'un "seigneur de guerre local". Que ce soit complètement inventé pour essayer de les convaincre, quelque soient ses intentions, ou que ce soit la réalité, l'idée d'un seigneur de guerre local ne pouvait laisser que deux possibilités assez tranchées : soit il s'agissait d'un petit rigolo qui se prenait pour un chef-caïd sous prétexte qu'il avait rassemblé douze abrutis capables de tenir une arme dans le bon sens, soit il s'agissait d'un groupement de pillards et autres salopards tout à fait sérieux et là, il serait question d'un type hautement dangereux. Le nouveau monde d'après apocalypse n'avait pas vraiment laissé de place aux demi-mesures, du point de vue de Duncan en tout cas, les choses étaient excessivement claires : soit il y avait danger, soit c'était un pétard mouillé, ou autrement du vent et rien d'autre.

Néanmoins ce Samuel avait à parler de son groupe et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne donnait absolument pas envie de les rencontrer. Des gens plutôt "biens", un terme passablement péjoratif pour qualifier des personnes fleurs-bleues, pour peu qu'elles aient une quelconque aptitude utile, ou des adeptes de la pensée libre et de l'esprit civilisé où survivre était une tare et non une finalité et une nécessité. Quant au reste, ils n'avaient pas l'air de mériter d'être mis en valeur, cependant à l'entendre personne ne se souciait de lui d'aucune manière et même, il laisserait ses camarades indifférents de sa mort, alors soit son groupe n'était qu'un ramassis de pédants, soit l'indifférence qu'il laisserait ne viendrait que du fait qu'il était lui-même un tocard dont les siens seraient contents de se débarrasser.

Et ils s'en débarrasseront, puisqu'il admettait être condamné avant qu'Eileen ne lui ai dit quoi que ce soit, de quoi régler le problème, peu importe le problème donné. Dans l'immédiat, il ne dit rien pour laisser son épouse gérer la situation, ça lui ferait du bien d'avoir quelque chose d'humain à gérer justement et de toute façon, Duncan n'avait jamais été très intéressé à interagir avec des morts en devenir, il privilégiait un tir sûr pour couper court à l'intéressant comme à l'inintéressant, comme si ce qui était en passe de mourir revêtait déjà une apparence cadavérique.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Lun 8 Aoû - 17:40
Perchée sur le haut de son mètre cinquante à peine dépassé, le regard d’Eileen se relèva à peine vers l’étranger lorsque celui-ci dévoila enfin la fameuse blessure qu’elle espérait le voir mettre en relief lors de sa doléance, à la fois soulagé et contrarié par la chose. Ils venaient de faire embarquer dans leur cocon à peine trouvé une potentielle bombe à retardement, qui paraissait aux premiers abords au moins aussi chiant vivant que mort. Une griffure, une morsure de ce type, et s’en était fini, d’elle, d’eux tout court, se demandant au passage s'il était déjà contagieux. Tout le reste de son discours fut brièvement vaine parole face à cette découverte qui, si elle s’en était attendue, laissait toutefois un vent étrange sur son sillage : celui des derniers aveux d’un homme qui se savait condamné et qui avait plus rien à perdre. Quel sorte de crédit pouvait-elle donc bien lui prêter ?
L'on disait souvent qu'il s'agissait sans doute de vérité réelle, mais l'expérience lui avait démontré que ce n'était pas toujours vrais. Les seules réelles confidences auxquelles on pouvait prêter oreilles étaient celles confiée sur l'oreiller ou sur la fin d'un long et terrible supplice.

Néanmoins, et car cela avait toute son importance également, les pensées de la femme aux yeux de glace se recentrèrent sur l’essentiel et le reste de son discours, dans sa totalité. Elle ne prit pas le risque de jeter un coup d’œil en arrière et risquer de quitter un seul instant la vue de l'homme contaminé. Si Duncan aurait eu un mot à dire sur la situation, il l’aurait fait entendre, et par son silence, elle comprenait que le champs lui était libre, tant des paroles que des gestes, tout du moins pour le moment. Préférant ne pas abuser ni se montrer trop gourmande trop vite, toujours aussi immobile, n’approchant nullement de l’homme ainsi presque mis à nu, Eileen laissa planer de nombreuses secondes après la fin de son discours, étudiant les gestes et les grimaces de celui qui lui faisait face, se remémorant ses mots.

« Tu vas d’abord répondre point par point à mes questions, et ne cherche pas à détourner la conversation de babillage inutile et insignifiant comme tu le fais depuis tout à l’heure, ça m’insupporte réellement. Aussi contaminé que tu l’es, il ne serait pas agréable de passer les 48 heures que tu prétends avoir encore à vivre dans une souffrance qui ne pourrait avoir de fin que l’ultimatum. Ne soit pas vraiment étonné que même les tiens n’arrivent pas à te supporter au point d’en avoir rien à foutre de te savoir vivre ou mourir.

Pendant que tu réponds, tu vas me faire le plaisir immense de poser ton cul sur la banquette et de nouer tes pieds avec celui de la table avec ta ceinture, tes lacets, et tout ce que tu trouveras pour que ça tienne la route. T’as intérêt à faire un truc costaud pour les mêmes raisons que données juste avant.

Maintenant, les questions… ton prétendu groupe dont tu ne prends même pas la peine d’en habiller les mérites, vous êtes combien ? Votre stock de bouffe tient-il la route ? Vous avez une fréquence d’émission définie ? »
Demanda-t-elle dans un premier temps, le regard légèrement dérivant sur le Talkie-Walkie qui était en sa possession. « Ce Seigneur de guerre local, où est-ce qu’il est établi ? Une idée des effectifs ? » Finit-elle par reprendre, d’un ton tout aussi égal et sans aucun excès de forme.

Elle n’allait certainement pas lui permettre de se rhabiller. Rien à voir avec son alléchante apparence ironiquement très relative, mais une telle tenue pouvait bien faire sentir n’importe qui comme démuni. Privé d’habit, de protection, il en était ainsi rendu au stade d’asticot sous une semelle de botte épaisse. Une botte bien matérialisée par un fusil mitrailleur qui ne cessait de pointer droit sur son thorax et qui dans la situation et l’aspect étroit du couloir, ne pourrait rater sa cible si elle décidait qu’il n’était plus l’heure aux bavardages et commérages.

Pour le reste, elle aviserait suivant les réponses que le gaillard allaient donner. Dans son esprit cependant, une espèce d’idée commençait à germer sur son devenir, et cela lui laissait bien présager de très bons moments futur. Jamais encore elle n’avait eu l’occasion de s’amuser à ce genre de jeu. Un jeu qui, rien qu’à l’idée, commençait déjà à lui plaire et à faire germer sur le coin de ses lèvres un subtile sourire, à cheval entre la perversion sexuelle et le plaisir enfantin.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 9 Aoû - 17:14
Toujours en train de se tortiller mollement sur la banquette, bougeant ça et là ses jambes, surtout la droite, pour apaiser sa cheville enflée et douloureuse, il n'en demeura pas moins attentif à la réponse d'Eileen, tout autant qu'à l'absence de réponse de son compagnon de route.

Malgré l'attention qu'il portait donc au duo, une certaine indifférence commença à surmonter le nihilisme bien cynique qu'il avait laissé filtrer jusque là, ce qui n'était que la suite logique des choses, une digne résignation qui commençait à naitre sur ses traits mais n'allait pas défaire l'assurance de son ton. Peu importe sa situation, ce qu'il disait n'en restait pas moins vrai... En tout cas, il semblait drôlement certain de son coup et bien trop calme pour avoir l'air d'inventer dans l'urgence.


"Nous sommes une quinzaine, à moins que je ne soit pas le seul à être sorti le mauvais jour. On a également des hommes à l'extérieur de la ville, mais j'ignore combien. Le stock de vivre est tout aussi variable que l'envoi des piques-assiettes et de leur volonté de remplir ces mêmes stocks... Et c'est bien pourquoi je ne manquerais pas à une partie de tout ce beau monde, qui aime celui qui prend des décisions difficiles ?

Mais je m'égare un peu là, n'est ce pas ? Allumez ce talkie, avec un peu de chance, vous aurez quelqu'un au bout de l'onde, mais prenez garde, nous ne sommes pas les seuls à écouter. Par ce que ce grand méchant loup, vu comment ils sacrifie sa pitoyable meute sans dents, il doit au moins avoir des centaines d'hommes, possiblement répartis dans plusieurs camp tout alentours afin de guetter toute entrée ou sortie de la région. Et quand je dis des centaines, c'est une question d'optimisme, mon pessimisme serait plus précis, disons... "


Il sembla méditatif, l'espace d'une demi-seconde, comme si il revérifiait ses propres calculs, aussi ésotériques qu'ils soient pour deviner une telle information à partir du peu de données en sa possession.

"Sans doute mille à mille cinq cents personnes, lourdement équipées. Et si il ne se contente pas d'envoyer son armée nous balayer, et ce pourquoi je n'ai aucune envie d'attacher ma jambe, c'est ça.

Relevant sa jambe gauche pour poser son pied sur la banquette, il se tourna un peu sur le côté, pouvant de ce fait tirer la grande ouverture de son pantalon exhibant sa cuisse, afin d'en dévoiler un ancien trou de balle sans doute pas si distinguable que cela, mais surtout, d'exhiber la nette absence d'autre blessure là son pantalon, lui, porte encore les stigmates de sa vieille morsure.

"Navré, je ne suis pas Jésus, mais croyez moi, je ne suis pas le seul dans le coin qui vit sa seconde contamination. Quant à mon petit manège pour ouvrir les rangs des morts, meh, disons que j'ai vu plus impressionnant ces dernières semaines... Comme celui qui m'a résorbé cette blessure par balle en un instant."

Il reposa ensuite son pied au sol, calmement, et hausse les épaules avant de reposer ses mains sur cuisses.

"Vivre ou mourir, à vous de voir. Moi j'ai fait les deux et je ne suis pas le seul. Vous pouvez retourner vagabonder et vous faire choper par de foutus bandits guidés par un psychopathe qui les envoi régulièrement en mission suicide... Ou bien rejoindre les trompe-la-mort qui rendent leurs missions suicidaires.

Par ce que quitte à mourir, j'imagine que vous n'aimeriez pas que le quelqu'un qui le fera ait le temps de vous regarder comme vous me regardez actuellement, n'est ce pas ?"


Il leva un sourcil, tentant, avec décontraction, de gentiment rappeler à Eileen qu'il existe bien pire qu'elle dans le coin, et surtout, qu'elle ferrait une cible bien alléchante pour les "bien pire" en question.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Dim 21 Aoû - 0:01
La poursuite de la route fut encore plus peinarde, le coin davantage dégagé, il finit par arriver à un angle avec en face, une propriété à trois bâtiments : maison, annexe et garage sans doute, il remarquait d'ailleurs une Chrysler traînant devant. Il tourna alors à gauche et s'engagea sur la route perpendiculaire, continuant sur quelques dizaines de mètres quand il aperçu une voiture type Cadillac qui était enfoncée dans un mur d'une autre propriété, vu l'état de la bagnole et les corps des rôdeurs qui trônaient au sol, ça avait du être sacrément costaud pour les occupants.

Il se dirigeait à l'opposé des indications de cet homme pour le moment, et pour une raison, c'est qu'à mesure qu'il l'écoutait, il se demandait si ce type n'était pas vraiment devenu fou, à moins que ce ne soit l'infection qui lui fasse perdre les pédales. Il prétendait avoir une quinzaine de copains sans compter les extérieurs, que le grand chef bandit du coin comptait des milliers d'hommes et qu'il ne les avaient pas déjà écrasés parce qu'ils possédaient des... pouvoirs magiques ? Il revenait sur tout ça, sans ciller. C'était franchement illuminé, il l'avait déjà pensé et le pensait à nouveau, le genre de discours insistant de cinglé comme on avait pu en entendre des alcooliques et autres miséreux de la vie avant l'apocalypse.

Pourtant, quelque part, il put constater par des regards au rétroviseur que l'homme était tout à fait calme, sûr de ce qu'il racontait, et d'un autre point de vue, il y avait bien des morts-vivants qui existaient par milliers, millions, milliers de millions, alors était-ce à ce point consternant ou étonnant d'entendre de telles histoires ? Ce pouvait être le résultat d'une survie trop dur, qui faisait croire toute sorte de choses à toute sorte de personnes, ou bien était-ce pour d'autres raisons.

Quoi qu'il en soit, Duncan finit par braquer légèrement le volant sur la droite pour aller se ranger contre le trottoir, très libre sur cette parcelle, constatant qu'aucune meute de morts ne les attendaient aux alentours, ceux visibles tout du moins, avant de tourner la clé pour faire taire le moteur et éviter de gaspiller le peu d'essence qu'il restait à ce camping-car dont ils ne profiteront sans doute pas longtemps.

« Mettons, que tu ne sois pas juste un mec sur le point de claqué qui raconte des histoires afin de faire bonne impression avant la fin, ou un fou qui a reniflé l'air contaminé trop longtemps. » Dit-il alors avec une grande sérénité et un ton très terre à terre, se redressant de son siège d'un appui pour se mettre de nouveau debout en descendant la marche de la cabine conducteur, s'approchant de son épouse en fixant l'homme droit dans les yeux.

« Mettons qu'il y ai des types qui peuvent soigner les plaies ouvertes en un claquement de doigt, que les morts volent et qu'un millier d'hommes énervés nous entourent. Il va falloir t'étaler plus que ça, donne-nous des noms, ceux de tes potes, ce qu'ils projettent, leurs buts, leurs moyens de se protéger du psychopathe, pourquoi tu essaies de nous recruter alors que tu es sur le point d'aller embrasser le petit Jésus et de vrais raisons de les rejoindre tes fameux potes.

Et tant qu'à faire, même si ça n'a plus d'importance, pourquoi ton groupe se fiche vraiment de toi ? Et ne nous baratine pas avec tes décisions difficiles. On veut tous faire croire que l'on est capable de faire ce qui est difficile, mais c'est un mot que l'on peut tourner et retourner dans le sens qui nous plait. Allez, joues cartes sur table, complètement, si tu veux tirer quelque chose de moi, et surtout d'elle. »


Cette dernière référence ne pouvait être attribuée qu'à Eileen, qui se révélait beaucoup moins malléable et abordable qu'il ne l'était, et il ne l'était pas vraiment. Cet homme sur le point de mourir voulait quelque chose, malgré son état, il attendait un intérêt, aussi songeait-il à ce qu'il se mette à table et ne pas juste se contenter de leur donner du discours général-tordu-biaisé. S'il voulait arriver à ses fins, avant sa fin, il devait faire tomber ses barrières, c'était la seule possibilité d'attiser leur intérêt.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mer 24 Aoû - 14:01
Un claquement de langue plutôt agacée s’échappa des lèvres de la toute petite brune, l’air profondément lassée par les simagrées et les mises en scènes du contaminé. Elle aurait appuyé sur la détente, là, immédiatement, si Duncan n’avait pas décidé de s’arrêter sur le bas-côté, pour prêter plus d’attention à la conversion et y participer plus activement.
Ce type était infecté, la blessure à la tête, le sang, il n’y avait aucun doute, et ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne se transforme en monstre. Pourtant, il semblait essayer d’en gagner, ce qui n’avait, aux yeux d’Eileen, aucun sens sinon celui de la folie, et c’était bien là tout ce dont elle lui prêtait.

« Ça sert à rien de discuter avec lui, y’a rien à en tirer. » Confia-t-elle à son époux lorsqu’il finit par la rejoindre dans l’allée centrale comme contestation à des discussions supplémentaires.

C’était là l’ultime chance que le couple lui accorderait sans doute. Se retenir à ce point relevait du miracle, et les miracles n’avaient plus leur place dans ce monde. Rien avançait, le déluré se perdait dans des explications toujours aussi farfelue les unes que les autres, et si lui, essayait de gagner du temps pour des raisons plus que mystérieuse, eux en perdaient. Ils avaient épuisé leur réserve de nourriture et n’avaient pas mis la main sur la moindre conserve, ils avaient perdu une bonne partie de leur barda avant d’arriver dans cette ville du comté de Scurry, et la journée commençait à s’avancer un peu trop à son goût, surtout qu’à cause de ce satané bonhomme, elle avait dû remettre sa sauterie à bien plus tard, une partie de jambe en l'air qui s'était pourtant annoncée bien délicieuse.

« Dernière chance. Ni homme, ni ange, ni dieu ne pourra te venir en aide après cela. »

Par homme, ange et dieu, elle visualisait explicitement la présence de son époux, Elle avait déjà du remballer ses mots et ses gestes pour laisser un temps supplémentaire à Duncan de l’inciter à parler, une frustration accumulée qu’elle saurait lui faire payer lorsqu’il serait temps de régler leur compte. Habituellement, elle agissait et parlait peu, et faire mentir quelques promesses à ce sujet-là n’était pas pour arranger les choses. Il n’y aurait plus de menace, plus d’ultimatum lancé en l’air, il parlerait ou il en payerait le prix.

Son regard se détourna de leur cible pour se poser sur la fenêtre juste à sa gauche, se décalant brièvement pour laisser à son mari assez de place pour que sa présence et sa stature aient un impact sur le malheureux. Le brouillard ne s’était qu’à peine dissipé, annonçant sans doute un après-midi plutôt bien ensoleillé mais pour le moment, rien ne venait agiter les environs, aucune présence, ni morte ni vivante. Il n’y avait plus qu’eux trois, et le chien coincé dans la petite salle de bain du camping-car, qui ne composait aucun danger, tout comme son maitre, désarmé et presque nu.
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