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Le garde-manger - 18/03/35
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Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Mer 27 Avr - 1:03
Interprété par Koda Kaminaka et Kaitlin Cooper

Quelques minutes après son arrivée au camp Snatch, à l’arrière de la Yamaha de Ricky, Koda se tint enfin devant la porte d’entrée de la maison. Elle suivait la file de nouveaux venus qui s’étaient soustraits à la discussion houleuse entre Jena et Nelson et, suivant la proposition de Melody, était en chemin pour visiter leur nouveau lieu de résidence.

En considérant l’encadrement de la porte qui s’ouvrait devant la soeur Campbell, Koda eut ce frisson familier qui la prenait à chaque fois qu’elle se tenait sur le paillasson d’une maison, juste avant d’appuyer sur la sonnette. Des séquelles de son ancien métier de livreuse: La perspective de découvrir un nouvel intérieur la saisissait toujours autant. La dernière fois que cela s’était produit, c’était en entrant dans la cuisine de la ferme Wallace, accompagnée de Dakota. Son attirance pour les intérieurs inconnus était intacte. Ce constat rassura la jeune fille ; la morsure n’avait pas remis tous les compteurs à zéro.

Lorsque le dormant de la porte survola son front et que ses semelles foulèrent le sol de l’entrée, un frisson de satisfaction galopa jusqu’à ses épaules. Elle ne pouvait expliquer totalement cette sensation mais la première chose que ses yeux recherchaient, c’était tous ces petits détails et objets qui dévoilent une pièce de puzzle dans l’existence de ceux qui habitent les lieux. Une enquête éclair que le cerveau s’emploie sans efforts à résoudre en partie. Si elle avait pu, elle aurait déménagé tous les jours.

Cependant, elle ne manqua pas de remarquer les taches brunâtres qu’arboraient les murs et les lattes de bois au sol. Avant la contamination, elle aurait eu des doutes quand a leur origine mais, après une semaine de cavale dans une Amérique tombant en lambeaux, Koda savait parfaitement qu’elles provenaient de sang coagulé. Elle n’avait jamais pris le temps de le remarquer jusqu’alors mais la moindre tache de sang n’était pas anodine et appelait à imaginer une histoire. A qui appartenait le sang, tout d’abord ? Datait-il d’avant l’arrivée des survivants dans la maison ?
Quand ce n’était pas une empreinte distincte de doigt, de main ou de pied qui s’imprimait sur une surface, il fallait deviner un geste, une action, une posture. Cette entrée prenait une dimension solennelle de par ces souillures, que le temps semblait avoir quelque peu délavées de leur aspect dramatique.

Suivant Melody, le groupe des nouveaux arrivants qu’elle avait côtoyé jusqu’alors à distance respectable s’était amassé dans le petit espace de l’entrée. Elle n’avait passé le seuil que depuis quelques secondes et Koda ressentait déjà l’envie de s’esquiver en vitesse. Parmi les premières informations que leur guide délivra au sujet de la maison, la jeune femme retint la porte de l’autre côté du salon qui donnait sur le garde manger. Sous couvert d’aller ranger les affaires qu’elle tenait toujours calées sous son bras, à savoir une ration, un kit de crochetage et un tournevis, elle se dirigea vers ladite pièce. Elle s’écarta du groupe, traversant l’espace entre la cuisine et le salon. Ses mimiques de bouche, travaillant son éternel chewing-gum fictif, accompagnaient sa démarche appesantie et lugubre, ses yeux noirs trainant aux alentours, cartografiant en quelque sorte les lieux, pour la première fois. Ils ne s’attardèrent pas sur la perspective qu’offrait la baie vitrée qui donnait sur le jardin. Elle se retourna brièvement pour voir où se trouvait Kaitlin.
C’était la seule qui ne s’était pas écartée d’elle après sa petite remarque, par peur d’un improbable coup de fusil rageur de la part de Jena Higgins.

Elle avait apprécié le geste et se devait de considérer sa force de caractère. Elles pouvaient s'entendre, qui sait. Koda poussa la porte de la remise et la referma légèrement derrière elle sans la claquer. Elle se retrouva dans une pièce sans fenêtres, toute en longueur. De hautes étagères de rangement s’alignaient tout du long des parois, exposant des rangées d’équipements disparates. Fascinée par ce bazar hétéroclite, Koda posait son regard sur chaque objet, l’un après l’autre. Cela allait d’une série de sacs à dos au gilet pare balle en passant par des médicaments, des pièces détachées non identifiées et du matériel électronique  complexe. Pour elle qui appréciait le bricolage, il y avait du potentiel pour s’amuser dans cette pièce. La jeune femme s’attela à déterminer où elle comptait ranger ses propres affaires.

Kaitlin Cooper

Anonymous
Invité
Mer 27 Avr - 19:41
Après cette phrase vindicative qui me permet un peu de montrer ce que je ressentais au groupe par rapport aux actions de Nelson, je continue mon chemin et je rattrape le groupe en bon petit mouton.

Koda est juste devant moi et suit aussi le groupe dont la tête est menée par la sœur de Matt. J’arrive à la porte d’entrée quand Koda s’arrête d’un coup, je manque de lui rentrer dedans mais j’arrive à m’arrêter à temps. On dirait qu’elle est fascinée par l’idée de rentrer dans un nouvel endroit, ça me fait plutôt sourire.

Personnellement, je déteste être comme enfermée dans une maison, ou ailleurs. C’est d’ailleurs ce qui me déplaisait le plus dans mon ancien job. L’idée d’être dans un lieu clos ne me plait pas du tout mais c’est plus rassurant que de dormir à la belle étoile je suppose, surtout avec un voisinage aussi peu accueillant qu’une bande d’infectés. Mais si j’ai bien appris une chose de ma stupide mort c’est qu’un lieu clos comme une cale de bateau n’est pas une meilleure planque que l’extérieur.

Je commence à en avoir assez d’être ballotée de maison en maison et d’être une citoyenne de 2nde zone, on ne veut pas encore me faire confiance et ce n’est pas quelque chose de naturel pour moi. D’habitude je mène la danse ou j’y participe grandement, mais là je suis juste la dernière « nouvelle » qui ne connait rien à rien.

J’entre enfin et Melody nous présente la maison et ses différentes pièces. Cette maison semble assez sympathique pour une fin du monde. Koda commence à s’éloigner vers le garde-manger, elle ne semble pas non plus apprécier d’être ballotée, on dirait. Elle m’adresse un regard comme pour savoir où je suis, je décide de la suivre après tout je ne la connais pas vraiment et mes affaires m’encombrent.

En réalité, je suis aussi un peu curieuse de découvrir les autres pièces qui s’avèrent banales même si le jardin m’attire beaucoup. Lorsque j’étais enfant, ma mère m’avait appris à faire pousser des légumes mais ça remonte à tellement longtemps que je crois que je n’arriverai à rien aujourd’hui. Le ficus de mon ancien appartement était d’ailleurs décédé peu avant moi. Et j’avais tellement peu la main verte que ma dernière copine m’appelait Roundup comme le fameux herbicide de Monsanto.

De plus, j’aimerais bien apprendre à connaitre la jeune asiatique ça parait être la seule personne un peu critique ici, et même si elle ne semblait pas choquée par les dernières révélations, je sens que nous pourrions peut-être nous entendre. J’arrive près du garde-manger dont la porte est close, j’hésite à y entrer, après tout elle souhaite peut-être, être un peu tranquille. Il n’empêche que je dois tout de même poser mes affaires, je décide donc d’entrer pour au moins les poser.

J’ouvre la porte et je commence à examiner la pièce, c’est un garde-manger peu banal qui regroupe diverses affaires qui vont du simple gilet pare-balles, aux médicaments ainsi qu’au matériel électronique. Je commence à les détailler et je trouve une étagère peu remplie où je peux poser mon petit sac à dos qui contient mes jumelles et ma ration de nourriture. Je décide ensuite de m’adresser à Koda.

- Je suis désolée, si je te dérange, tu voulais peut-être, être seule mais je voulais juste te dire que je te trouve plutôt courageuse d’avoir tenu tête à Jena. Et c’était mérité après tout, nous n’étions mêmes pas hostiles qu’elle nous visait déjà avec son flingue, même si je comprends bien pourquoi elle pourrait vouloir viser Nelson maintenant.

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Ven 29 Avr - 1:44
Koda avait la main plongée dans une boîte à outils quand la porte du garde manger s’ouvrit. Elle tourna la tête et un sourire se glissa sur ses lèvres quand elle vit qu’il s’agissait de Kaitlin. Allez savoir pourquoi, c’était le seul visage qui lui revenait vraiment parmi la bande des autres nouveaux. Sa démarche ? Son regard peut être ? Quoi qu’il en soit, il fallait qu’elle en apprenne plus, creuser sa facette intérieure.
La japonaise tenait maintenant dans sa main une poignée de limes dont elle examinait les formes attentivement. Elle les faisait pivoter une à une sur elles mêmes et semblait s’essayer à l’analyse de leurs différentes utilités. Quand Kaitlin se mit à lui parler, elle arqua un sourcil pour figurer son intérêt et reversa les outils en vrac dans l’ouverture de la mallette. La voyant poser ses affaires, elle s’approcha et, par mimétisme, glissa ses maigres effets au côté des siens.

Ses excuses touchantes la firent sourire, elle qui s’était résolue en arrivant au camp à se faire bousculer, malmener et déménager de toutes les manières à cause de sa fainéantise.

- « Héhéhé… Je ne voulais rien du tout, t’inquiète pas. Je sens que les gens d’ici ne vont pas tarder à trouver plein de bonnes raisons de me déranger. D’ailleurs, sympa comme endroit pour faire une sieste… » dit-elle en plaçant ses mains sur ses hanches, le nez en l’air avec une mine enthousiaste.

De même lorsqu’elle mentionna son « courage ».

- « C’est gentil, mais tu sais, je me suis contentée de lâcher à voix basse une remarque mesquine digne d’une petite p… » Le mot resta en suspension sur ses lèvres mais elle illustra son propos en faisant aller et venir bruyamment son majeur entre son pouce et son index, simulant sur son visage un air grotesque proche de l’orgasme. Depuis son enfance, elle était incapable de prononcer le moindre gros mot, mais cela ne l'empêchait pas de se faire comprendre, au contraire...

- « Ce n’était pas si évident que nous venions en paix. Ces types là ont survécu et luttent tous les jours pour rester en vie. Ils s’attendent à rencontrer des gens comme eux qui sont capable de suffisamment de jugeote pour masquer leurs réelles intentions, ils ne s’imaginent pas des pistonnées comme nous deux qui ont passé leur trois dernières semaines à boire de la bonne soupe fait maison. »

Mentionnant les repas de la ferme Wallace, Koda se rendit compte que c’était quelque chose qui se trouvait derrière eux, à présent.

- « Ouais. Elle va nous manquer, celle là d’ailleurs… » marmonna-elle en hochant la tête d’un air funèbre.

- « Enfin tu vois ce que je veux dire ; la Jena, elle fait son boulot. Et contre Nelson, pas besoin de gros calibre, elle a la tchatche d’un avocat du barreau. Alors elle n’ira pas gaspiller une cartouche de .12 pour lui, et encore moins pour moi. »

Malgré le fait qu’elle soit à l’aise avec Kaitlin, Koda évitait son regard inexplicablement. Même elle, ne comprenait pas. Les grands yeux noisette de la fille la perturbaient.

- « Mais je suis d’accord pour le vieux Wallace. Je parie qu’il n’est pas que le bon Samaritain qu’il veut nous laisser croire qu’il est. Si ça se trouve, c’est un agent dormant de la NSA chargé de surveiller les faits et gestes des survivants, piloté depuis les abris secrets du gouvernement américain, souhaitant garder contact avec la surface. »

Elle avait formé un rectangle avec ses doigts, les bras droits devant elle comme avec un écran de cinéma pour augmenter l’accent complotiste et absurde qu’elle avait pris pour échafauder sa théorie.

Kaitlin Cooper

Anonymous
Invité
Lun 2 Mai - 22:56
Suite à mes propos, je vois Koda sourire et bizarrement ça me remue un peu, parce que ce sourire s’adresse à moi. Je dois me reprendre ! Elle évoque l’idée de faire une sieste dans le garde-manger, visiblement on n’a pas la même définition d’un bon endroit pour faire une sieste car celui-ci serait plutôt approprié pour autre chose. Je m’égare encore et j’ai le rose qui me monte aux joues, j’en suis sûre.

En réponse à son imitation d’un mot ordurier je ne peux m’empêcher d’éclater de rire, cette jeune femme est vraiment spéciale. Mais mine de rien ça change un peu des personnes qui m’entourent, tout le monde est si sinistre bien sûr c’est la fin de notre confort mais nous sommes tous en vie et ce n’est pas rien d’avoir survécu à la mort ! Alors pourquoi laisser tomber l’humour, la légèreté c’est la seule chose qui nous reste de notre vie confortable et c’est gratuit et infini.

Lorsque Koda évoque la ferme je ne peux m’empêcher d’éprouver une sorte de pincement car ici c’est sûr que l’on va beaucoup plus en baver. C’est d’ailleurs ce qui explique le comportement extrêmement méfiant de ce groupe.
Je fixe Koda pendant tout son monologue mais elle ne me renvoie pas une fois mon regard, c’est vraiment perturbant d’ailleurs.

Elle semble d’accord avec moi sur Nelson, et elle fait des mimiques dignes de la meilleure théorie du complot. Cette fille est un vrai phénomène.

J’éclate de rire et je peux pas m’empêcher de me demander si je ne la gave pas à rester là. Elle m’a peut-être dit que je ne l’embêtais pas pour être polie et moi qui me fais comme toujours des idées. Je sais bien en plus qu’il ne faut rien attendre de la plupart des femmes et puis ce n’est pas le moment idéal pour entamer quelque chose.

Je décide donc de lui tendre une perche pour voir si je lui déplais et si c’est juste une certaine forme de politesse de sa part.

- Si tu veux je peux t’aider à faire le tour des objets qui sont ici mais peut être que tu seras aussi rapide seule.

- Attends, ne bouge pas je veux juste voir ce qu’il y a dans ce sac !


Je me rapproche donc de Koda pour tester sa réaction, j’attrape le sac à dos juste au-dessus d’elle pour « voir » ce qu’il y a dedans. Je la frôle tout à fait, le meilleur moyen de savoir à quoi s’en tenir. Personnellement, je déteste qu’on m’applique cette technique mais c’est la plus efficace, non ? Plus vite, je saurais à quoi m’attendre, plus vite je penserais à autre chose.

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Mer 4 Mai - 0:15
Koda fut agréablement surprise que ses petits délires puissent faire rire qui que ce soit, à commencer par Kaitlin. D’habitude, sans vouloir se lamenter, ses élucubrations étaient souvent accueillies par un lever de sourcil indifférent ou un petit sourire compatissant. Alors que quelqu’un en rigole avec franchise, c’était plutôt amusant.

Kaitlin sembla proposer de passer en revue l’équipement entreposé dans la remise. Au premier abord, ça ressemblait à une tâche barbante de magasinier dans une supérette. Du travail donc, quelle horreur. Mais à bien y réfléchir, il devait y avoir moyen de trouver des trucs sympas pour bricoler à l’avenir. Koda bricolait beaucoup pendant son temps libre dans sa chambre à la clinique. Le plus beau cadeau que ses parents avaient pu lui offrir, c'était sans doute sa première boîte à outils. Ils avaient du juger qu'avec cet achat, ils seraient débarrassés de leur fille internée pour un bon moment. Et ils avaient eu raison. Koda avait bricolé tout ce qui était bricolable lorsqu'on est dans une chambre d'hôpital psy. La jeune japonaise s'était résolue à ne rien inventer qui puisse ressembler à une tentative d'évasion. Les médecins étaient des malins.  Elle avait alors développé une certaine adresse de ses mains avec toutes sortes d’outils. Et puis, si Kaitlin avait demandé ça, peut être qu’elle aimait bien bidouiller, elle aussi ?

« Tu veux faire l’inventaire de toute la pièce ? T’as une idée en tête ? »

A ce moment, la jeune femme aux yeux noisettes se glissa juste devant elle pour atteindre un sac qui avait attiré son attention. Alors cette fille ne porte aucune considération à ce qu’on appelle espace vital, se dit Koda en cillant une paire de fois d’un air surpris, à quelques centimètres de ses cheveux bruns. C’était… rafraîchissant, comme comportement. Rien a voir avec ces filles fourrées de pudibonderie qui semblaient croire qu’on pouvait les faire tomber enceinte rien qu’en leur soufflant dessus. Elle appréciait cette façon de faire. Eh bien soit. Elle se prendrait au jeu.

Quand Kaitlin pris le sac entre ses mains, Koda pencha sa tête juste au dessus de son épaule droite, affectant d’observer l’ouverture, les mains dans les poches. Elle eut un sourire en coin.

- « En fait, vous n’êtes qu’une petite fouineuse, miss Cooper… » lâcha elle avec malice.

A cet instant, la jeune femme perçu l’odeur subtile de Kaitlin. C’était cette espèce de parfum indéfinissable qui émanait des gens lorsqu’on en était proche et que chacun interprétait à sa façon. Une subtile alchimie sensorielle, une combinaison complexe des vêtements, de la peau, du maquillage, du shampoing, des cheveux… C’était une odeur inexplicable et chaleureuse qui lui rappelait un mélange entre le beurre et le goût du pain chaud. Koda pensa à inspirer un grand coup contre la manche de Kaitlin mais elle aurait eu l’air complètement stupide.

Kaitlin Cooper

Anonymous
Invité
Mer 4 Mai - 22:29
Je m’attèle donc à attraper le sac en frôlant la jeune femme, et je me sens toute remuée de ce contact furtif. La jeune asiatique avait un air surpris mais pas comme si elle était choquée de cette intrusion dans son périmètre vital. Plutôt comme si elle ne s’y attendait pas, ce qui est certain.

Une fois le sac attrapé Koda me fit une remarque plutôt taquine. Signe qu’elle n’avait pas l’air de trop déprécier ma démarche, un quasi bon-point en soit. Elle avait un petit air rigolo avec sa tête penchée de côté, comme un air enfantin même si on peut sentir une certaine gravité quand on regarde dans le fond de ses yeux.

Un peu comme moi je pense, une armure de cynisme pour se protéger des autres et en éloigner la plupart, quelque chose de dur à pénétrer et ce volontairement. La mienne s’est tellement durcie d’ailleurs que je ne crois pas avoir jamais été amoureuse, je pense avoir aimé l’idée d’être amoureuse mais ne jamais l’avoir vraiment été. Comment faire confiance à quelqu’un et lui donner tout son amour quand la personne qu’on n’imaginerait jamais nous blesser, est celle qui nous fait le plus de mal. Depuis cela je ne l’ai jamais enlevée, c’est notamment ce qui a causé la fin de nombreuses relations, mais je n’ai jamais vraiment pu m’investir, aucune de ces femmes ne pouvaient me comprendre. Elles étaient toutes à l’opposé de moi, c’était des vrais mannequins pour celles dont je me souviens mais qui n’avaient pas de conversations, qui rigolaient peu et surtout qui avaient une vie de vraie princesse. Moi j’étais la princesse privée de mon père pendant qu’elles jouaient tranquillement aux poupées barbies.

En fait, je pense que je savais dès que j’ai croisé son regard que je m’entendrais avec Koda parce que j’ai reconnu ce regard perdu, loin derrière tous les mots qui servent de bouclier. Un regard qui appartient à des yeux qui ne veulent plus pleurer et plus avoir mal et dont la malice cache la douleur. Je ne pense pas me tromper, mais je l’espère car je connais cette boule au cœur qui reste et emmagasine toute la douleur de telles exactions.

Je décide donc de lui exposer mon idée après tout, je pense pouvoir lui faire confiance un minimum et à part ma vie je n’ai rien à perdre comme d’habitude et pour le moment elle ne me pointe pas avec un gun.

Pour se faire je me mets en face d’elle et j’appuie ma main droite sur son épaule, je murmure mon idée :

- Je ne pense pas inventorier entièrement la pièce, mais je souhaiterai savoir ce qui est dedans comme ça on aura déjà certains éléments en main, quand le groupe parlera. Et les objets qui sont entreposés ici peuvent nous apprendre beaucoup de nos hôtes je pense. Par exemple, s’il y a plus de flingues que de conserves, on peut en déduire qu’on fera peut-être bientôt face à une pénurie de nourriture mais qu’on aura de quoi en chercher. Et peut-être qu’il y a des choses intéressantes à trouver qu’on peut modifier pour aider le groupe, je n’étais pas si mauvaise en bricolage mais ça fait longtemps je dois bien l’avouer.

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Sam 7 Mai - 1:15
Quand Kaitlin se plaça devant elle et posa la main sur son épaule, Koda put à nouveau se rendre compte à quel point c’était un vrai cas social. Le simple contact physique la bouscula d’émotions multiples et son rythme cardiaque s’accéléra. Elle n’avait pas l’habitude qu’on l’approche ni même qu’on la touche. Ca lui convenait pourtant très bien d’ailleurs. Elle avait étudié et fini par apprivoiser ces atours d’oiseau de malheur qui émanaient de sa longue silhouette sombre, son regard aiguisé et son sourire cynique. Elle aimait sa solitude et l’entretenait soigneusement car elle ne concevait pas la fainéantise comme un hobby très social.
Larvatus Prodeo comme disait l’autre là, Descartes. « J’avance cachée. » Encore une de ces phrases de circonstance qu’elle avait retenu à l’école parce que ça lui convenait bien.

Il semblait que la chaleur de sa paume se répandait profondément sous sa peau. C’était une sensation plutôt agréable, quoique très bizarre. Elle masquait son trouble en passant sa main devant sa bouche pour faire mine de réfléchir aux paroles de Kaitlin, dont elle n’arrivait pas à soutenir le regard plus de deux secondes d’affilée.

Au milieu de tout cela, l’air de connivence qu’avait adopté son interlocutrice amusa Koda

- « A peine arrivées, on a déjà des airs de conspiratrices endurcies ; la corneille et la belette. » dit-elle comme si elle citait le titre d’une fable.

Cependant, son trouble n’était pas flagrant ; dès lors que cela ne parut plus suspect, elle s’écarta subtilement de la jolie fille aux cheveux châtains pour commencer à examiner les étagères.

« On en parlait tout à l’heure. Au Texas, l’expression “Il y a plus de flingue que… “ est presque un présent de vérité générale. Même après l’apocalypse, il y aura toujours plus de flingues que de… » Avec un sourire, elle fit un geste circulaire de la pointe de son index “etc…“ pour figurer l’aspect facultatif de la fin de sa phrase. « Enfin, c’est vrai que les meubles ne croulent pas sous les conserves… Je me demande comment on va faire."

Koda commençait à étudier attentivement les étagères pour catégoriser les différents élements disponibles. Elle avait repéré tout ce qui pourrait servir à bricoler. Il y avait une batterie de pièces détachées pour véhicule mais Koda ne s’y connaissait pas vraiment en mécanique automobile. Le bidon d’essence pouvait lui aussi être intéressant mais ce qui retint le plus son attention, c’était les échantillons de pièces de cuir posées les unes sur les autres qui pourraient servir à des usages divers ainsi que les deux boîtes à outils.

Le discours que tint Kaitlin à propos du bricolage la fit réagir.

- « Ah toi aussi tu as cette impression bizarre d’être complètement rouillée ? Avant la fin du monde, j’aurais pu tailler Pinnochio dans une branche mouillée et avant hier, j’ai failli me couper en taillant un simple bâton en pointe… J’y comprend rien. » soupira-elle.

Kaitlin Cooper

Anonymous
Invité
Dim 8 Mai - 0:08
Koda semble réfléchir à mes propos à la manière du présentateur français de « qui veut gagner des millions » lorsqu’il ménageait le suspens, avec une main devant la bouche.

- C’est vrai qu’on peut sembler de vraies conspiratrices mais je préfère être un peu méfiante, enfin, juste ce qu’il faut.

Elle s’écarte de moi et commence à examiner les rayonnages pour en arriver à la même conclusion que moi. Et elle semble aussi partager l’impression d’être « rouillée » comme elle dit.

- Je n’aurai jamais réussi à faire des sculptures mais en général, je me sens moins en forme et moins réactive, c’est une sensation troublante.

Je décide donc de profiter de ce moment d’inventaire pour explorer les étagères et cerner un peu mieux Koda. Après tout ça pourrait être une nouvelle alliée, son humour me plait et sa personnalité un peu piquante aussi.

Je me sens pourtant très bizarre vis-à-vis d’elle par rapport à mon rapport avec d’autres femmes mais ça doit être la situation, peut être aurai-je du rester avec Armstrong et Matt. Cette sensation persiste sûrement parce que la jeune femme ne m’a pas clairement rejetée, elle semble assez neutre mais je ne suis pas douée pour interpréter les émotions. En amour, j’ai le syndrome d’Asperger et je suis une vraie cruche, je comprends souvent l’inverse de la réalité.

Souvent, dès que je ressens une certaine complicité ça me suffit pour vouloir « être » avec la personne, ça doit être ce qui se passe en ce moment. Même si une sensation étrange m’envahit depuis que je suis entrée dans ce fichu garde-manger, je suis vraiment douée pour me faire des idées et de quel droit j’entre dans cette pièce et je donne des ordres à cette femme…

Je me souviens tout à coup du fameux sac à dos et pour ne pas lui faire croire à une tentative d’approche. Je l’ouvre, dedans il y a un mp3, avec une paire de jumelles. Je me décide à consulter les musiques et je mets les écouteurs dans mes oreilles, j’en propose un à Koda, elle a peut-être envie d’écouter aussi un peu de musique. La musique qui passe est assez triste et elle parle de rédemption et de mort, ça me fait penser à ma fin.
Chanson du mp3

Pour Koda comme pour moi ça doit faire longtemps que s’est arrivé mais je l’ignore, encore une preuve que je ne pense qu’à moi je ne sais rien d’elle à part son prénom.

- Ça fait longtemps que tu es morte, toi ? Si tu ne veux pas en parler c’est pas grave, j’y pensais juste avec cette chanson.
Je me mets à me mordre la lèvre, et à triturer ma frange, après tout je suis peut-être allée un peu loin avec cette question. Je préfère éviter son regard en attendant sa réponse.

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Mar 10 Mai - 1:20
Koda se tenait face à une étagère, le regard dans le vide, écoutant Kaitlin délivrer sa perception de la perte de ses facultés. Elle caressa furtivement son épaule.
Je suis vraiment un cas social, se répéta-elle avec réprobation. Cette satanée chaleur qu’avait répandu la main de cette fille en elle… C’était pourtant un geste banal ! Pourquoi est ce que ça persistait encore ? La jeune femme se détestait d’être autant retournée par un simple contact de la paume. Elle qui mettait un point d’honneur à ne se faire atteindre de personne, ni par quoi que ce soit, la voilà qui se mettait à tergiverser pour une raison aussi insignifiante.

Elle décida de se changer les idées en faisant le point sur le tour du garde-manger. Elle vint à conclure qu’il n’y avait plus tant de nourriture à garder que ça dans cette pièce, surtout lorsqu’elle tomba sur une rangée de boîtes de conserves en fer blanc aux parois gonflées et parsemées de micros perforations qui n’auguraient rien de bon sur leur état de conservation. Ils en étaient toujours à récupérer des produits périmés ; leur problème de famine était loin d’être réglé. Et la nouvelle vague d’arrivants n’était peut être pas une solution, au contraire.

Koda imaginait un système où les vétérans du camp laissaient les bleus partir en expédition pour écrémer un peu et distinguer la valeur de chacun. Ca devait être plus compliqué que ça mais c’était une logique qui se tenait. Elle devrait sans doute aller au casse-pipe, elle aussi. Cette idée ne dérangeait presque pas la jeune femme. Presque pas.
Koda adorait tirer au flanc, mais elle restait tout de même pragmatique. On profite moins de son
inactivité bénie lorsque tout le monde meurt de faim, y compris soit même. En partant de ce principe, elle serait presque partante pour battre la campagne à la recherche de ressources.

Kaitlin avait plongé sa main dans le sac et en avait sorti un baladeur. La main qu’elle tendit vers Koda, tenant le second écouteur, fit se retourner la jeune asiatique. Elle prit le petit appareil entre ses doigts, comme piquée par la curiosité. Elle le considéra avec hésitation, semblant presque avoir oublié comment ça fonctionnait ou ne plus avoir l’habitude de s’en servir. Elle l’appliqua contre son oreille et écouta.

C’était une musique vibrante et émouvante. Ouais, Koda n’avait visiblement pas l’habitude de ce style. Les sons résonnaient dans son corps de toute leur charge mélancolique.
Kaitlin lui demanda alors si elle avait des souvenirs de sa morsure. Comment elle était morte. La formulation accentua sa sensation de tristesse. Toutes les images affluèrent de sa mémoire. Dans son souvenir, il n’y avait rien qui n’ai été pénible.. A ce moment là, elle était épuisée mentalement et physiquement, sale, affamée, assoiffée mais surtout mortellement blessée. Eliminer ce rôdeur, le responsable de sa morsure, lui semblait maintenant avoir pris plusieurs minutes tant elle était rincée.
Elle était morte. La jeune femme ne s’habituait pas à la formule. Elle pensa soudain au néant, le néant absolu qui aurait dû suivre ses longs instants d’agonie, et cela plongea son coeur dans un bain de mélancolie noir et glacé. Additionné à la musique, Koda se pincait elle aussi la lèvre inférieure pour ne pas pleurer.
D’une voix étouffée de sanglots refoulés, elle répondit avec un accent asiatique exagérément prononcé pour masquer sa gêne.

« Ca y est, toi y en a réussi faire chialer Kodak. Moi y en a pas mener très large… » dit-elle en reniflant.

Elle reprit sur un ton plus sérieux.

« C’était il y a plus de six mois. Je ne sais même pas le nom du patelin où tout s’est arrêté. C’était dans une sorte de jardin public. Après une semaine de fuite, j’étais une loque. Une vraie loque. Je l’ai même pas vu tomber sur moi. A ce moment là, je me défendait avec le sabre familial qui était accroché au dessus de la cheminée, mais la garde était soudée. Du coup j’ai utilisé toutes les forces qui me restaient pour lui fracasser le crâne et puis je me suis écroulée. En vrai, ça m’a fait trop mal. C’était vraiment atroce. Un mélange entre une maladie bien vicieuse et une blessure ouverte à l’avant bras. Uuuugh... Si c’était à refaire, je me tuerais avant… »

Kaitlin Cooper

Anonymous
Invité
Jeu 12 Mai - 22:30
Je guette cependant sa réaction, elle arbore une expression sombre et assez triste. Je me sens misérable de lui avoir rappelé de mauvais souvenirs pour satisfaire ma curiosité… Elle pince sa lèvre inférieure comme moi mais je pense que c’est pour éviter d’éclater en sanglots, ses yeux sont tout humides.

Elle renifle et répond avec un accent chinois comique qui montre sa gêne extrême, elle se sert de l’humour pour masquer sa tristesse flagrante. Je me sens encore plus mal et j’attrape une mèche de cheveux pour jouer avec. Sa mort ressemble à la mienne quelque part une blessure qui fait un mal de chien puis le néant, je tente de lui exprimer ma compassion pour lui montrer quelque part que je n’ai pas un cœur de pierre.

- Je te remercie d’avoir bien voulu partager cela avec moi, tu sais ma mort aussi a été douloureuse. Armstrong et moi avons été pris au piège dans la cale d’un bateau amarré et on a sprinté jusqu’à une maison proche après avoir été attaqués. J’ai vu Armstrong s’évanouir et j’avais une importante blessure à la cuisse qui m’a torturé jusqu’à la fin. Et je pense comme toi, que j’aurai mieux fait de mourir avant plutôt que de souffrir comme cela.

Emue par ce souvenir, et par la jeune asiatique qui me semble si fragile, je décide de lui faire un câlin. C’est une action qui me vient spontanément, sans arrière-pensée comme un espèce d’instinct de protection.

J’enfouis mon nez dans son cou et je renifle un peu car évoquer ces évènements me bouleverse. Après tout depuis mon réveil je ne l’ai jamais fait aussi clairement. En plus, cette musique me donne envie de sangloter, et ça me fait du bien de faire un câlin à quelqu’un. Ça fait longtemps que je n’en ai plus eu et pourtant c’était bien ma spécialité avec mes proches.

Je ne peux m’empêcher de remarquer cependant son odeur rassurante et en même temps étrangement attirante, c'est une sorte de mélange étrangement exquis entre la sueur, le shampoing et la soupe du diner d’hier. Je commence à rougir car je me rends compte que je lui « saute » dessus quelque part mais je me sens vraiment en confiance avec cette femme et je n’ai pas l’impression qu’elle me rejette.

J’éloigne mon visage, un peu de son cou et tout en gardant mes bras autour d’elle, avec mon visage à quelques millimètres du sien comme pour l’embrasser, je me mets à lui sourire avant de lui dire un peu mon ressenti.

- Tu sais, je pense qu’on pourrait vraiment être de bonnes amies toutes les deux, je trouve qu’on s’entend bien et j’espère que ça ne te dérange pas trop que je te fasse des câlins parce que j’en fais beaucoup à mes amis.

Je la fixe droit dans les yeux en attendant sa réponse, je suis pleine d’espoir, car j’avoue que si elle me rejette je serai vraiment déçue.
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