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[Spécial, A, 2] Doux rayons venus du ciel - 20/03/35
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Evènements

Anonymous
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Dim 1 Mai - 23:50







Doux rayons venus du ciel
Interprété par Thomas Lefebvre

Evènements

Anonymous
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Dim 1 Mai - 23:53
Tu avais pensé, dans tes derniers instants, avoir atteint le bout du chemin, une route s'achevant dans la douleur et l'agonie préalables à un repos éternel. Mais comme tous les repos que tu as pu connaître auparavant, celui-ci se voit peuplé de rêves insondables et étranges, lourds de sens qui pourtant t'échappent. Ces voix incantatoires se mélangent et torturent ton esprit qui n’appelait pourtant qu'à être oublié, alors que ton corps tout entier te semble être assailli d'innombrables lames acérées et glaciales, frappant jusqu'à la moelle même de tes os. Ton crâne te semble bien trop étroit pour contenir la masse d'informations que l'on t'offre à digérer, et menace d'exploser sous la pression d'une migraine violente.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

La première chose que tu percevras sera la dureté du béton nu sous ton dos, celui-ci se trouvant recouvert d'une fine couche de sable et de poussière où s’amoncellent ça-et-là quelques détritus sans intérêt. Baigné de pénombre, il faudra à tes yeux de longues minutes pour s'habituer à l'obscurité qui t'entoure, à peine percée par la présence d'une petit lucarne laissant filtrer une mince raie de lumière. En détaillant ton environnement, tu pourras distinguer trois murs de ciment, aux surfaces nues, monotones et rugueuses, sur lesquelles sont disposées en rangées parallèles quelques étagères en bois, vraisemblablement des planches de récupération, garnis de déchets également. Quelques bidons en plastique vides de tout contenu y reposent, droits ou renversés, ainsi que de nombreux chiffons souillés de cambouis.

Quelques toiles d'araignées brunies de poussière, et donc abandonnées de leurs tisseuses s'étirent sous la charpente de cette pièce, tendues tels des voiles de tentures, à peine frémissantes de quelques courants d'air. Tu pourras également apercevoir l'encadrement d'une porte métallique ornée de cette petit lucarne qui laisse filtrer et se découper la lumière du jour dans le quatrième mur. La pièce, ne devant pas mesurer plus de quinze mètres carrés t'apparaît comme un probable atelier ou un abri de stockage fait pour le jardinage, comme peuvent en témoigner les quelques sacs de terreau éventrés qui traînent, entassés dans un coin de la pièce. Autour de toi, l'atmosphère se veut sèche, lourde et étouffante. La poussière qui règne en ces lieux te prend à la gorge et rend ta bouche plus pâteuse encore.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement déposé à coté de toi, aligné et nettoyé. Tu ne reconnais pas cet équipement étrangement flambant neuf. Ainsi te voilà vivant, ta peau propre, comme neuve, alors que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.



Éléments scénaristiques:
 

Thomas Lefebvre

Anonymous
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Lun 2 Mai - 3:12
Le calvaire. C'est donc cela qu'a ressenti le Christ sur sa croix ? Je ne me serai jamais cru croyant mais ce trip prend des allures des plus mystiques. Des voix résonnent dans mon crâne et assaillent mon esprit de propos allant du macabre aux citations de passages bibliques. Il faut croire que l'éducation religieuse fournie par ma mère n'attendait que cette overdose pour ressurgir. Ce n'est pas comme cela que j'imaginais ma fin mais l'on ne choisit pas tout ce que l'on veut. Et certainement pas comment l'on quitte ce monde. Des visions de crucifixion et de damnations accompagnent ces murmures, ces implorations.
Je me rappelle encore de certaines bribes :
Et elle pondit trois oeufs par la bouche, une énième insulte à la Trinité
Et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu'un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes.
Tu porteras les péchés des hommes pour leur salut
Mephisto, aide-moi à sauver l'âme de Marguerite !
Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout Puissant.
Et le ciel se déchira, pleurant la mort du Fils.
Et pour couronner le tout, la voix d'une mère s'élève, impérieuse.
Lève-toi, mon fils. Ton heure n'est pas venue.

Et mon heure n'était pas encore venue. Une nouvelle sensation se rajoute à cette symphonie de révélations, la douleur. Non je ne suis pas mort car la douleur était partie, elle avait été la première à déserter. Et c'est la première à revenir, voyant que ma cause n'était pas perdue, qu'il y avait encore une chance pour me torturer. C'était comme si l'on me scalpait sans anesthésie, le principe étant de voir mes réactions. La douleur du manque n'est rien à côté. Je suis le jeu Dr Maboul et l'enfant qui contrôle les manettes est un des rares cas de parkinson juvénile. Tout ceci lié à ma récente expérience mystique me donne l'impression d'être possédé et qu'un démon réarrange à sa guise les organes et muscles pour me transformer en oeuvre d'art. Cette douleur est une performance et finalement, je suis bien mort. Je subis les supplices de l'Enfer et ma damnation n'aura pas de fin.


Mais finalement, tout a une fin. Pour le meilleur ou pour le pire, ma souffrance s'atténue et une sensation étrange me fait sortir peu à peu de ma léthargie. Je reviens à la vie mais est-ce seulement la vie ? Quelque chose, une petite voix, me dit que je suis bien vivant mais rien de ce que je ressens ne semble aller dans ce sens. Et peu importe si c'est vrai car je ne sais plus ce que cela veut dire que de vivre.
Tout ce que je ressens, c'est le froid. Et la douleur qui n'est pas complètement partie, traversant mes nerfs comme du fer en fusion. Alors que le néant règne, quelque chose change soudainement. Il me faut une éternité pour comprendre ce qui vient de se passer. Ce sont mes yeux qui s'entrouvrent lentement. Tous mes muscles sont comme tétanisés et il leur faut le temps de se détendre avant de se remettre en marche. C'est donc à cela que servent les paupières. Paupières, un mot qui me permet de me raccrocher à quelque chose comme un malheureux suspendu dans le vide attrapant la première branche qui peut soutenir son poids. Qui dit paupières dit oeil. Et avec un oeil, on peut voir mais avec deux c'est encore mieux. L'ironie de mon raisonnement m'échappe. Tout ce qui me vient à l'esprit est que je devrai voir quelque chose puisque mes paupières se sont ouvertes. Mais il n'y a rien.
Suis-je devenu aveugle ? C'est la deuxième question qui me permet de m'agripper fermement à ma conscience, à mon éveil. Je ne veux plus chuter. Plus jamais ! Peu importe ce que je viens de traverser, peu importe ce que je viens de vivre... Je ferai tout pour que cela n'arrive plus jamais. Ce voeux me rend plus fort mais ce n'est toujours pas suffisant. Ce voeux m'offre juste de développer mon toucher et je sens que je suis allongé sur une surface dure, inconfortable. Et surtout glacée. C'est donc de là que vient le froid ? Oh mon dieu, que j'ai froid ! J'aimerai dire que je grelottais mais je n'ai toujours pas pleinement conscience de mon corps et, pour être honnête, j'étais à des années lumières de m'inquiéter de cela. Le monde n'est que ténèbres et c'est un monde qui m'accepte pour ce que je suis.
Tout à coup, je panique. Quelque chose se passe mal. Une fonction de mon corps ne répond pas correctement ! Mes voies respiratoires sont bouchées. Heureusement, mes réflexes sont plus rapides que mon cerveau car je me met à tousser, tousser et tousser encore. Je tousse comme pour recracher une créature qui a essayé de se loger dans ma gorge mais tout ce que j'expulse, c'est de la poussière. Poussière dont je suis recouvert mais je ne m'en rend pas encore compte car pour l'instant, ma vision devient trouble. Oui ! Finalement le monde n'est pas que ténèbres mais juste obscurité. Tandis que je reprend mon souffle et récupère de mon vertige, mes yeux s'habituent enfin à la très faible luminosité de la pièce.

Les muscles de mon corps reprennent vie tour à tour et je me met sur le dos. Je sors de ma position foetale pour regarder vers le ciel. Aussi poétique que cela puisse paraître, la réalité ne me renvoie qu'un plafond sombre et sale, une lucarne qui trône sur un des murs et diffuse difficilement de la lumière, des étagères de fortune et une ville-fantôme de toiles d'araignée. Tous ces détails m'apparaissent tour à tour avec une lenteur digne d'un Kubrick. Peu importe où je suis, peu importe d'où je viens, je pourrai m'habituer à ce genre de luxe. La douleur continue de s'atténuer pour ne plus être petit à petit qu'une rengaine dans mon crâne et dans mon coeur. Ce n'est pas grave, j'ai tout le temps du monde pour que cela passe. Il n'y a personne qui m'attend. C'est étrange mais c'est la seule vérité qui frappe encore mon cerveau de sa marque étoilée : personne ne m'attendra plus jamais. Et cela me fait un bien fou. Je ne suis pas tenté de revivre cette expérience mais ce qui me paraît en être la conséquence me plaît plus que de raison.
J'observe les motifs formés par les artisanes à huit pattes. C'est un chef d'oeuvre architectural, chaque pièce étant unique et impossible à recopier. Si les hommes pouvaient réaliser ce genre de choses, ils ne perdraient pas leurs temps en futilité. Un homme... C'est donc ce que je suis ? Au moins une réponse à une question inutile que je ne me posais même pas. L'odorat et la sensation de faim me reviennent à leur tour. J'ai faim et soif, un appétit énorme digne du réveil d'un mort. L'odeur de cambouis commence à me venir au travers d'un voile odorant que je met du temps à analyser. Ce voile provient de moi, c'est une odeur de rance. On dirait que quelqu'un aurait bien besoin de se laver. Se laver... Encore une activité chronophage, seulement utile en société. Or, ici je n'ai pour société que des bidons vides et les restes d'une civilisation arachnide. Au moins, il n'y aura pas de conflit pour savoir qui gouvernera.

Une douleur violente traverse ce que j'arrive à nommer mon visage. Cela induit mon premier mouvement brusque : mes mains se portent sur ma face pour comprendre cette sensation. Je souris, tout bêtement. Mes muscles faciaux ne sont plus habitués au cynisme. Les concepts humains commencent à me revenir et cela ne me plaît pas du tout. Ou alors, il s'agit peut-être des fourmillements qui traversent mon corps. Il faut que je me lève, aussi frustrante cette idée puisse être, ne serait-ce que pour voir si je peux encore tenir sur ce que j'appelais autrefois mes jambes.
Je prend mon temps, autant par dégoût de devoir me lever que pour éviter tout nouveau vertige. Je m'accroupis d'abord puis me lève tout doucement. Se faisant, un nuage de poussière et de sable se soulève. J'en étais bien recouvert. Une fois debout, je me met à taper sur mes vêtements, par réflexe, pour enlever les vestiges de mon sommeil et de la saleté omniprésente de cette pièce.
Cela me permet d'apercevoir une porte. C'est le genre d'objet qui permet de séparer une pièce d'une autre, et il suffit de l'ouvrir pour atteindre l'extérieur. J'essaye de savoir si c'est une bonne idée, surtout que la lumière qui émane de sous son battant est beaucoup plus vive que celle qui s'échappe faiblement de la lucarne placée dessus. Pour l'instant, cela ne me dit rien. Je suis bien dans cette pièce vide. Il n'y a personne pour gâcher mon réveil.
Je pose mon regard sur le sol, pour la première fois, et aperçois trois objets disposés de manière ordonnée à quelques centimètres de là où je me suis réveillé. Ils sont comme immaculés de poussière, ce que mon cerveau analyse immédiatement comme étrange. Quelqu'un les aurait posé pour moi volontairement ? Au bout d'un moment, je reconnais l'utilité ou au moins la fonction de chacun de ces objets. Il y a un couteau de cuisine, un talkie et un kit de secours. Immédiatement, je me demande si ce n'est pas parce que je suis blessé et je me met à palper mon corps sous toutes ses coutures sans rien trouver si ce n'est encore plus de poils, sur mon visage comme sur mon torse, que dans mon souvenir.

Car les souvenirs me reviennent. Au moins un, pour être tout à fait franc. J'étais sur le point de mourir et ai préféré partir à ma manière... Je regarde dans le creux de mon coude droit et ne voit aucune trace de piqûre. Peut-être que je suis droitier finalement ? Alors, je cherche des cicatrices infimes de marques de piqûre sur mon autre coude et ne trouve toujours rien. Absolument rien ! Pourtant quelque chose me dit que je ne lésinais pas sur les seringues... Mais il n'y a rien de visible ou de palpable à trouver, si ce n'est des veines fermes que l'on peut deviner sans soucis sous ma peau. Peu importe ce que je viens de traverser, cela m'a changé. Ma langue passe nerveusement sur mes dents et un nouveau déclic se fait. Je n'ai plus de dents pourries par la drogue, plus de dents cassées après être tombé de vélo à mes huit ans. Et la peau de mes doigts semble plus sensible. Ne les avais-je pas abimer en jouant d'un instrument ? Il devrait y avoir de la corne sur quasiment chacun de mes doigts. Mais non, il n'y a rien... Et pourquoi je ne me rappelle pas de quel instrument je jouais ? Pas de cicatrices non plus, même si je n'ai pas souvenir d'en avoir jamais eu.
Mes vêtements n'ont pas cette chance, cependant. Mon jean est déchiré en plusieurs endroits sur les jambes et une de mes chaussures commence à se détacher de sa semelle. Autant dire que la qualité américaine des converses n'est plus ce qu'elle était. Ah, un nouveau souvenir fait surface et je suis français. Un français perdu au milieu des cow-boys. Quelque chose que j'aurai préféré éviter, si ma mémoire est bonne. Mais pourquoi perdu ? La sensation d'être coincé en pays étranger fait surface mais je ne vois pas par rapport à quel évènement.
Et pourquoi est-ce que je porte un manteau d'hiver ? Je me rend compte maintenant que je crève de chaud, ce qui n'arrange pas ma soif. En tout cas, ce vêtement et mon T-shirt ont moins souffert que le reste. En dehors de l'odeur de moisissure qui s'en dégage, rien qu'un peu d'air et de soleil ne puisse arranger, toutes les coutures ont tenu. Tout comme le rembourrage et les nombreuses poches qui sont encore unies. Et vides. Mais qu'à cela ne tienne car je vais tout de suite y remédier. Je dispatche donc le kit de survie en plusieurs morceaux dans plusieurs poches et installe le talkie dans la plus grande d'entre elles. Pour ce qui est du couteau de cuisine, je me pose des questions car je n'ai plus de ceinture et ce serait stupide de le garder dans une des poches du manteau. La lame est relativement grande mais elle est surtout très affûtée. Elle percerait très rapidement la poche qui devrait la contenir.

Tout en y réfléchissant, je m'assois par terre. Je suis encore fatigué et je n'ai pas envie de perdre mon énergie inutilement. Surtout que même si cette porte est ma voie de sortie, elle pourrait être la voie d'entrée de tout ce que je pouvais bien fuir avant mon amnésie.
Mais ma faim et ma bouche pâteuse me ramènent à la réalité et je dois sortir d'ici pour trouver de quoi me sustenter. Je prend donc le couteau dans ma main gauche et le tiens de manière à pouvoir planter quiconque me voudrait du mal. Il est temps de passer cette porte et de voir ce qu'il y a de l'autre côté. En espérant qu'elle ne soit pas verrouillée.
Je me dresse doucement et pose ma main sur la poignée. Je fais le vide dans mon esprit, tout du moins j'essaye de rester le plus calme possible, et actionne le mécanisme du battant pour l'ouvrir.

Evènements

Anonymous
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Dim 8 Mai - 12:08
Le calme. Un étrangement vaste calme s'impose à ton ouïe tout juste remise en marche et tandis que tu bouges, te mouve et use de ta réflexion pour penser et de tes mains pour toucher et récupérer ce qui te sert d'équipement de départ, pour quoi et provenant de qui tu ne le sais pas, tu sens que la douleur de ton crâne revient et persiste, clamant sa volonté de te miner encore un peu à défaut de pouvoir disparaître. Pas le moindre mouvement n'est perceptible à l'extérieur, pas le moindre chuchotis hormis celui du vent s'immisçant sous les tuiles de la charpente. Lorsque tu te décides, après un certain temps suivant ton réveil, à mouvoir la poignée de la porte pour sortir de cette pièce qui n'a manifestement rien de plus à t'offrir, poussé par ta curiosité ou ton désir de prendre l'air, tu pourras observer droit devant toi un jardin s'étendre. Visiblement privatif, le manque d'entretien de celui-ci l'a rendu à son état sauvage, où de grande herbes folles et jaunies s'étendent sur une vingtaine de mètres, ponctuées ça et là de quelques plantes vivaces et autres mauvaises herbes.

Sur ta gauche, tu pourras apercevoir un haut mur bétonné clôturant l'ensemble, coupant à ta vue toute vision de l'horizon proche comme lointain. La peinture blanche, virant le blanc cassé, t'obligera à détourner le regard de par son éclat, réverbérant les rayons du soleil déjà assez haut dans le ciel et ton impression d'être resté dans l'ombre trop longtemps, qui plus est avec le mal de crâne qui peine à se dissiper - il faudra quelques minutes de plus pour qu'il s'estompe complètement. La température à l'extérieur ne doit cependant pas dépasser les vingt-cinq degrés environ, moins lourde que celle, plus contenue et étouffante qui t'accueillit à ton réveil quelques instants plus tôt, la sensation du vent revigorant ta peau. Sur ta droite enfin se dresse une maison de banlieue, isolée et imposante dans cet océan de verdure jaunie. Construite sur un étage, sa façade lambrissée révèle les assauts des intempéries et du manque d'entretien que la demeure a subi.

De nombreuses plantes grimpantes ont envahi le mur de la maison qui te fait face, une large et haute fenêtre pouvant offrir à ta curiosité une vue sur l'intérieur de celle-ci. Tu pourras par ailleurs apercevoir, logée non loin de l'angle de la maison, un véhicule de type pick-up à la peinture anciennement rutilante encastré dans le mur, un morceau de la clôture bétonnée effondré juste derrière lui et offrant ainsi une ouverture sur la route bordant la propriété. Offrant à ta vue son côté passager dont la vitre a été brisée et des morceaux de verre étalés dans l'herbe, tu pourras observer à l'intérieur la présence d'un corps cadavérique qui semble inerte, peut-être mort dans l'accident et demeuré pourrissant dans cette carcasse métallique, affalé au dossier. Des traces de sang largement séché, noirci, se distinguent sur les reste de vitre, rattachés à la portière, et sur la portière elle-même. Quoi qu'il se soit passé ici, sans savoir depuis combien de temps, nul doute que ce fut dramatique.

Thomas Lefebvre

Anonymous
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Mar 10 Mai - 15:32
Je serre la poignée mais mes muscles ne fonctionnent plus. La douleur qui était restée en sourdine jusqu'alors resurgit telle la marée haute un jour de tempête. Le bourdonnement de mes oreilles reprend tel un orchestre jouant une symphonie dodécaphonique, la musique contemporaine dans tout ce qu'elle a de détestable et d'abject, jusqu'au point de rupture qui fait fondre en une seule fréquence tous les sons dans une explosion intense qui me fait perdre l'équilibre.
Le calme règne maintenant, un calme synonyme de douleur qui me rappelle des vieux films. Pour exprimer la compression des oreilles internes après la déflagration d'une bombe, un silence lourd règne et les personnages a l'écran n'entendent plus rien. C'est a peu près de cela que se rapproche le plus cette dernière expérience. Je n'ai toujours pas pu ouvrir la porte et l'envie m'en a quittée. Je souhaite seulement que tout ne soit qu'un mauvais rêve et que, finalement, je sois bien mort. Ce serait l'explication la plus logique à ce que je suis en train de traverser. J'arrive à me rassoir au bout d'un moment et a coller mon dos sur les étagères qui manquent de s'écrouler au moindre coup de vent. J'essaye de reprendre possession de mon corps mais quel est l'intérêt de perdre mon temps si je suis déjà mort ?

Sauf que la sensation de faim revient, ainsi que mon ouïe, et j'essaye de capter le moindre signe de vie provenant de l'extérieur. Mon cerveau travaille au point de rajouter a mon mal de crâne et je commence à comprendre que la source de lumière qui provient de sous la porte est provoquée par celle du soleil. Il fait donc jour. Mais pourquoi l'Outremonde, ou plus exactement l'Enfer puisque c'est là que j'ai du atterrir, s'ennuierait à mimiquer la présence de l'astre diurne ? Comme si la question m'intéressait après tout.
Une chose devient claire dans mon esprit, si je suis bien mort alors je ne pourrai pas satisfaire ma faim. Je me remet donc en mouvement, la migraine étant retournée en bruit de fond avec celui de tuiles qui bougent. Mes sens semblent s'être aiguisés, comme ceux d'un prédateur recherchant désespérément une proie pour ne pas mourir de faim. J'entend le parcours du vent. Rien d'exceptionnel, seulement ce qui s'en trouve dérangé. Et ma grande peine, autant que ma propre satisfaction, est que rien d'autre ne semble bouger à l'horizon si ce n'est le toit de cette espèce de cabane qui m'abrite. J'essaye donc de concentrer toute mon énergie, déjà amenuisée, à ouvrir la foutue porte qui me sépare de l'extérieur. Une petite voix dans ma tête me dit que je dois en profiter avant que les autres n'arrivent. Mais quels autres ? Cette petite voix semble insinuer que je n'ai pas envie de le savoir ou de m'en rappeler. Et je veux bien la croire. Pourquoi se forcerait-elle à s'exprimer si ce n'était pas important ? L'oubli est autant une malédiction qu'une bénédiction et je crains que très rapidement, il ne penche que du mauvais côté.
Je suis donc pour la deuxième fois en train de serrer la poignée d'une porte que je n'ai jamais franchie jusque là. Je me croirais dans un jeu vidéo, devant attendre que le compte à rebours ait fini pour pouvoir commencer ma partie. Et la voilà bien commencée car cette fois-ci, aucune douleur ne m'empêche d'enclencher le mécanisme de la serrure et de pousser le battant de la porte pour me baigner dans le jour. Un jardin m'apparaît et je marche précautionneusement jusqu'à cette frontière invisible et inconsciente qu'est devenue la fin cette cabane de jardin, ce lieu qui est devenu synonyme de protection. Mes yeux me font vite très rapidement et je dois les détourner le temps qu'ils s'habituent à cette source intense de lumière. Malheureusement, je tourne mon regard vers la droite et tombe sur un mur blanc-beige qui absorbe et amplifie l'éclat du jour. La migraine reprend sans surprise et me voilà à nouveau à me tenir la tête entre les mains, priant tous les dieux et démons pour qu'elle cesse. Sans doute sont-ils morts eux-aussi pendant le "cataclysme" car je dois attendre que le vrombissement dans mon crâne s'arrête de lui-même.
Avec chaque pic de douleur semble me revenir des éléments de mon passé. Peut-être est-ce seulement mes neurones qui refont chacun leur tour les connexions nécessaires pour un fonctionnement optimal. Toujours est-il qu'avant que je fasse mon overdose volontaire, quelque chose d'abominable s’était déjà passé. De là à savoir de quoi il peut bien s'agir... L'abysse reste colossale. Pléonasme.

Quand les rayons du soleil ne me brulent plus la rétine, j'en profite pour tenter d'observer le paysage et comprendre où j'ai bien pu immerger de mon sommeil. Je suis dans un jardin délaissé et aussi sensible que moi a l’étoile de notre système solaire. Les plantes sont rabougries, desséchées, et l'herbe est jaune. D'un jaune qui prouve que la société humaine n'a plus de temps a perdre à arroser sa pelouse. Si le Texas ne gaspille plus ni son temps, ni son eau, a ce genre de chose, c'est bien que le monde ne tourne plus rond. C'est amusant de voir comment l’amnésie fonctionne. Je n'ai plus de souvenirs précis de mon passé mais tout ce qui concerne les habitudes des hommes en société est accessible sans problème. J'ai bon espoir de me rappeler de tout. Il faut sans doute laisser le temps au temps.
J'ose reporter mon regard sur le mur blanc-beige de tout à l'heure et apprécie le fait que mon mal de tête ne s'amplifie plus, pour l'instant tout du moins. Il reste tapi dans un coin, comme un chien dans sa niche qui attend que son maitre l'appelle pour la prochaine ballade. Ca me laisse, en tout cas, tout loisir pour observer le mur de béton et me rendre compte qu'il n'y a rien a observer. Il est bien trop grand, m’empêchant de voir ce qui se trouve derrière. Peu importe, c'est au moins un endroit d'où les soucis ne viendront pas. Sauf que le mur semble s’étendre et entoure ce petit jardin qui m'habite pour le moment. Je ne vois pas de portes pour l'instant mais je sens que c'est un problème. Rien ne peut entrer, c'est sûr et tant mieux, mais je ne peux pas sortir et s'il n'y a rien a boire ou manger, je devrais trouver un moyen de quitter cette prison de bitume.
Mais j’aperçois aussi une maison dans cet enclos, une maison que je n'avais pas vue au début car je regardais du mauvais côté. Il y a donc une habitation, et qui dit habitation dit réserve de nourriture et sans doute eau courante. Sauf que quelque chose me dit que la tuyauterie ne marchera pas forcement. Je ne sais pas comment j'ai fait pour la rater car c'est une maison typique des banlieues américaines. Elle me fait même penser a celle que mon père avait louée sur place. Ah ! Je suis donc aux Etats-Unis car mon géniteur y avait élu domicile. Je me demande ou il peut bien être.
Toujours est-il qu'elle a beau ressemblé à toutes les autres, du haut de son étage supérieur, de ses grandes vitres et de sa largeur, elle semble avoir souffert tout comme moi. Elle est à l'image de son jardin, portant les cicatrices du temps qui passe et qui peut se montrer aussi cruel qu'un petit garçon avec des fourmis. Cette construction a du en voir passer des tempêtes, voire des tornades ? C'est la région idéale pour ce genre de désastres climatiques. Je me demande depuis combien de temps elle est laissée dans cet état. En tout cas, elle ne doit plus être habitée depuis longtemps, elle non plus. L'autre indice pour ce super raisonnement est le mur de plantes grimpantes qui en recouvre la façade. Un américain de base refuserait de voir sa maison dans cet état, cataclysme ou non. Cela réduit mes chances d'y trouver un repas mangeable. Un optimiste dirait que j'ai déjà de la chance d'être en vie et que je ne devrais pas faire mon difficile.
Dommage qu'il ne soit pas la car j'aurai bien voulu essayer ce couteau de cuisine.

Une des fenêtres attire mon attention cependant. Elle est dégagée des lianes grimpantes et reste assez basse pour que je puisse voir l'intérieur sans soucis. Et si ce que j'y vois m'intéresse, je pense que ce ne sera pas compliqué de la forcer. Une pierre peut faire des merveilles face à un bout de verre. Je m'y dirige donc, la faim et la douleur guidant mes pas. J'espère aussi y trouver une bonne armoire à pharmacie, bien remplie d'antidouleurs et de tout autre produit merveilleux. Je n'ai pas encore envie d'utiliser mon kit de secours offert par mon bon samaritain mystère. J'aimerai le garder pour une situation plus sérieuse qu'une migraine aux allures de gueule de bois carabinée après coma éthylique. S'il n'y a rien d'autre, je devrai sans doute m'y résoudre. Je ne suis plus si sûr mais il me semble avoir vu un sachet d'aspirine dans le tas.
Alors que je m'approche, je découvre une voiture encastrée dans l'un des coins de la maison et me tourne pour m'avancer jusqu'à elle. Je n'aimerai pas être à sa place. Ni a celle de la silhouette qui se dessine a l'intérieur. Je continue ma marche et commence à enregistrer de nouveaux détails grotesques, comme le mur de béton qui s'est effondré sur la carcasse mécanique. Je me demande ce qui a bien pu causer cet accident tout bête mais mortifère. Au moins, j'ai maintenant une porte de sortie. Merci au cadavre et son pick-up, encore une caractéristique détestable de l'américain moyen, de m'offrir un échappatoire. Il n'aura pas eu cette chance, lui. Les traces de sang qui ont séché et se sont répandu sur les vitres, pare-brise, et portière en atteste.
Le pick-up est évidemment inutilisable, je n'ai pas besoin de vérifier. Cela m'aurait éviter de marcher sur la route qui s'étend de l'autre côté de la barrière mais on ne peut pas tout avoir. Je tenterai ma chance sur cette route plus tard car je souhaite vraiment manger quelque chose. Je n'ai pas envie de fouiller la voiture. L'odeur qui émane du mort m'indique que tout ce qui pourrait se trouver à côté de lui me rendrait plus malade qu'autre chose. La présence d'un mort ne semble pas me perturber outre mesure et le pourquoi de sa situation est le cadet de mes soucis. Je me parais être quelqu'un de tout à fait fréquentable... Je m'éloigne donc de la voiture pour retourner vers cette fenêtre pleine de promesses. Il y aura bien quelque chose d'utile dans cette maison ! Mais d'abord, je veux m'assurer qu'il n'y a vraiment personne à l'intérieur. Fenêtre, petite fenêtre, montre-moi ce que tu caches !

Evènements

Anonymous
Invité
Sam 14 Mai - 0:13
L'inspection très sommaire de la voiture majoritairement détruite faite, tu constateras que le corps en large décomposition est bel et bien inerte et qu'en témoignage de ce fait, un énorme trou a été creusé dans son front, entendant que le pauvre bougre a été libéré de sa non-mort par une arme. La ceinture de sécurité était toujours attachée, ce qui a du faciliter la délivrance infligée et autre détail, la langue de nylon de la ceinture avait pénétrée et tranchée la chair de son épaule gauche, dévoilant le blanc osseux de sa clavicule sous le lambeau de peau ainsi décollé. Mais de ce triste spectacle tu te détournes et c'est finalement vers la maison que tu portes ton intérêt.

En jetant un oeil par la fenêtre qui s'offre à toi, tu pourras tout d'abord t'apercevoir que de longs rideaux brunâtres masque à ta vue une grande partie des carreaux et de l'intérieur de la demeure, un simple ajour te permettant cependant de visualiser une bonne partie de la pièce, à la condition de s'approcher suffisamment. Par cette mince ouverture dans le tissu, tu pourras apercevoir ce qui te semble être un salon tout ce qu'il y a de plus conventionnel dans son aménagement, à cette exception près que le mobilier se trouve être recouvert d'une très grosse couche de poussière comme abandonné depuis des années d'impression, et ce même mobilier renversé, donnant le sentiment qu'un cambriolage ou une rixe avait eu lieu dans celui-ci.

En face de toi, tu pourras remarquer un sofa de trois place, au tissu beige-crème, sur lequel dénotent quelques traînées rouge-brunâtre. Un petit meuble télé en bois, imitation Wengé, y fait face, l'écran plat trônant initialement sur celui-ci se trouvant renversé juste au pied du petit meuble, face contre terre et très clairement fêlé. Un tapis à poil long microfibres, de la même teinte que le sofa sous lequel il est glissé, offre un contraste agréable et bien agencé entre les tons sombres des lames de parquet et sa teinte naturelle. Mais ce n'est pas tant le bon goût du choix des couleurs, qui pourront subjectivement te déplaire par ailleurs, qui attirera ton attention dans un premier temps, mais les importantes traces de sang sur le tapis, dont l'état noirâtre donne signe qu'elles ont séché probablement depuis un moment. Près de ces traces, un morceau de tissu en très mauvais état, peut-être une découpe très grossière d'un jean - dans le cas présent, on pencherait surtout sur le fait que ça a été arraché.

Par delà le sofa, tu pourras deviner la présence de quelques chaises, dont les sommets des dossiers dépassent du canapé, et très probablement la présence d'une table de salon, derrière encore laquelle se trouve une bibliothèque largement garnie de livres aux couleurs et épaisseurs variées, mais dont les titres te sont invisibles depuis ton point de vue. A gauche de la bibliothèque, tu devineras la présence d'un couloir ou d'un hall semblant desservir les autres pièces de la maison, sans pour autant t'offrir la moindre information sur la dispositions de ces dernières. Au terme de ce premier examen oculaire et auditif, l'habitation te semblera inoccupée.

S'offre à toi la possibilité de poursuivre tes investigations à propos de cette demeure en tentant d'entrer, à moins que tu ne préfères quitter les lieux et chercher une aide ou des indices quelconques sur la zone où tu te trouves.

Thomas Lefebvre

Anonymous
Invité
Mer 18 Mai - 22:18
Le chemin jusqu'à la dite fenêtre me paraît d'une longueur et d'une lenteur qui m'enrage. Je n'ai pourtant que quelques mètres à parcourir mais mon corps, qui semble s’être remis en marche contre sa volonté, fait encore des siennes. Je sens que mes articulations sont encore nouées et mes muscles subissent de temps en temps des crampes qui disparaissent très vite mais qui m’empêchent d'avancer à mon propre rythme. La douleur cependant est devenant très supportable, notamment celle provoquée par mes migraines récurrentes. Cela me permet de continuer a réfléchir et d'analyser avec un peu plus de précision ce qui se passe autour de moi.
Il ne se passe rien, c'est un fait. Il n'y a que des vestiges de l'histoire moderne du lieu. Par contre, l'image du cadavre de la voiture me revient de temps en temps et un détail m'interpelle. Un trou ornait son crâne, la raison sans doute de sa mort. Mais quelque chose ne colle pas avec cette image. Pourquoi s'emmerder à tuer quelqu'un d'un trou dans la tête ? Oui c'est expéditif mais cela nécessite une bonne maitrise des armes a feu. En tout cas, c'est ce qui me vient logiquement. Je pense que ce qui m'intrigue le plus est la ceinture de sécurité qui avait tranchée dans la chair du pauvre bonhomme. Si la personne était saine d'esprit, elle n'aurait jamais tiré sur cette langue en nylon au point de se couper, découper, faire apparaitre l'os de la clavicule. Non toute cette histoire pue et je commence a me poser des questions. Qu'est-ce que j'ai pu oublier de si important ? Cela semble lié avec le sentiment de « cataclysme » que j'ai ressenti auparavant. Un souvenir essaye de remonter à la surface mais le chemin semble encore trop tortueux pour qu'il n'arrive jusqu'à ma pleine conscience...

De toute façon, je suis presque arrivé au niveau de la fenêtre et un cadavre, avec une balle dans le crâne, ne peut rien me faire. C'est étrange que j'ai besoin de préciser cette histoire de balle dans le crâne. J'ai vu l'aspect du corps et je sais qu'il est mort depuis plusieurs jours, voire semaines. Mais cette anecdote me rassure plus qu'elle ne devrait. Mon instinct essaye de me dire quelque chose mais il n'est pas encore en bon terme avec le reste de mon être. Il faut laisser le temps faire son œuvre. Et le temps n'est pour l'instant pas contre moi. L'espace, lui, peut-être. Car une fois à proximité de la grande baie vitrée qui aurait pu me donner un aperçu parfait sur l’intérieur de cette maison, je vois que le tout est caché par d'immenses rideaux d'un brun qui tire au jaune pisseux. Enfin, j’exagère car je me rend compte que les rideaux ne sont pas tirés jusqu'au bout. Je peux encore voir une partie de ce qui semble être un salon au travers de cet ajour improvisé.
Je me colle donc à cette surface de verre pour essayer de comprendre ce que cet interstice accepte de me montrer. Et le premier coup d'oeil ne m'est pas d'une grande aide. La maison semble effectivement abandonnée depuis des lustres, la poussière, et sans doute des araignées ici aussi, étant devenue la Reine de ce château du Mauvais goût. Les meubles tirent au gris-blanc tellement cette saleté couleur cendre s'est amassée sur eux. Je ne saurais vraiment les décrire car je ne me suis jamais intéressé à ce genre de choses, il faut déjà avoir une maison ou les mettre pour regarder quels meubles acheter. Un autre détail qui me revient sur mon passe s'immisce donc dans mon analyse de cette pièce et je découvre, ou plutôt me rappelle, que j'ai été dans la rue pendant plusieurs périodes de temps. Pourquoi ? je ne sais pas mais ce n'est sans doute pas la même raison qu'ici où la majorité des fauteuils est renversée. Les anciens occupant se seraient-ils battus avant de partir ? Ou quelqu'un aurait-il déjà fouillé cette maison ? Si c'est le cas, cela ne sert a rien d'y entrer car les étagères et placards ont sans doute déjà été fouillées. Mais ils peuvent très bien avoir oublié de regarder quelques recoins reculés donc je ne perd pas encore espoir.
Par contre, la scène qui se décrit dans la suite de la pièce me fait penser que le cambriolage est peu probable. Ou bien que les premiers occupants ont subit l'attaque de voleurs. La télévision est renversée sur le sol et son écran plat a sans doute été éclatée par l'impact. S'il s'agissait de simples cambrioleurs, ils seraient repartis avec plutôt que de la jeter. Le meuble en bois qui devait le soutenir initialement me fait penser au Mémorial d'un monde éteint. La civilisation telle que je la connais a sans doute disparu depuis longtemps de ces lieux. J'en suis de plus en plus sur. En regardant bien, j'arrive a discerner des taches rouges sur le sofa en face de ce meuble. La fin de cette rencontre ne s'est pas bien terminée. Et la flaque de sang séchées sur le tapis, que j'avais je ne sais comment ratée lors de mon premier coup d'oeil, étaye cette théorie de façon plus ou moins alarmante. Mais autant de sang indique que le ou la propriétaire de ce liquide n'est plus là pour me déranger si je me met à récupérer tous les derniers objets utiles de cette propriété. En tout cas, ce serait le cas dans un monde parfait.

Mon regard est absorbé par cette quantité d’hémoglobines et je me trouve comme hypnotisé par les variations de couleur que ce lac carmin a subit. Car carmin n'est certainement plus la bonne nuance pour la décrire. Le temps étant le plus grand des artisans et des destructeur, il a transformé ce chef-d'oeuvre en amas de noirceur en certains endroits. La moisissure et l’assèchement mélangés  ont changé par endroit le rouge en cinquante nuances de noir. Nuances qui me font petit a petit monter une sorte de pression. L’adrénaline monte, je ne sais pourquoi si ce n'est que la situation paraît bien trop vieille pour le peu de temps où je suis resté présumé mort. Ce que je vois me donne le sentiment d’être arrivé depuis déjà quelques années mais si c’était vraiment le cas, le tapis aurait déjà été retiré et le salon réparé. Les autorités n'auraient pas laissée une maison dans cet état. Je commence à douter du temps que j'ai passé dans ce que j'imagine être une sorte de coma.
Et alors que chaque fibre de mon corps me dit que ce que je vois ne colle pas avec ma temporalité, avec ce que je connais de la société occidentale, j'entrevois un nouveau bout de tissu déposé négligemment près de cette mare de sang. En me concentrant sur ses traits, je comprend qu'il s'agit d'un bout de jean. Un bout de pantalon qui aurait été arrachée au reste de son « corps ». En des temps plus normaux et cléments, je me serai dit que c'est simplement un pantalon en fin de vie qui a été recyclé pour devenir un bout de chiffon utile au nettoyage mais la tache de sang m’empêche de rester sur cette solution somme toute des plus logiques. Mon esprit s'accroche à ce bout de tissus et me harcèle de crainte que ce qui est arrivé au jeans m'arrive a moi-aussi.

Seulement, ce n'est pas cette tache de sang d’antédiluvienne ni cet amas de poussière qui vont me faire empêcher d'entrer dans la maison. Je continue donc de scruter la maison a la recherche du moindre indice qui me dirait de partir loin et le plus vite possible. Mais ni les chaises, qui n'ont pas été renversées, ni la table que je devine derrière le sofa ne me donnent cette impression. Et encore moins la bibliothèque qui se dessine tout au fond. Les éléments semblent de mon cote pour l'instant et je ne voudrais pas les faire patienter trop longtemps donc je décide d'entrer par cette fenêtre. Autant ne pas perdre plus de temps que cela.
Je cherche une pierre qui me permettrait de casser le carreau. Pas le carreau en entier, juste de quoi passer ma main pour essayer d'ouvrir la fenêtre de l’intérieur. J'en trouve un qui semble faire l'affaire et m’apprête a le jeter quand un sentiment de mauvaise conscience m'envahit et je souhaite d'abord voir si la fenêtre est verrouillée avant d'essayer de la casser pour de bon. Si elle ne s'ouvre pas quand je la pousse, je n'aurai d'autre choix que de sacrifier ce caillou.

Evènements

Anonymous
Invité
Sam 21 Mai - 20:58
Si ton esprit ne parvient pas à se souvenir des raisons qui font que les choses sont ainsi, la présence de ce corps abattu et de tout ce sang dans la maison a de quoi être très perturbant pour un esprit sain, pour un homme qui ne soit pas psychopathe ou sociopathe de nature et qui n'éprouve ainsi pas d'espèce d'adoration pour la mort et le sang, il y avait même de quoi avoir envie de vomir. Ce qui est certain, c'est que la peur est présente, tu ne peux que la ressentir car rien ne t'en protège, que ce soit physique ou mental, renvoyé dans le monde comme un être alors fragile et perdu, tu es contraint de percevoir au fond de toi, même si tes souvenirs ne sont pas encore reconstitués suffisamment, que tu es une proie potentielle pour quelque chose. Un danger, intense, se rappelle à tes sens, le sentiment que quelqu'un ou quelque chose pouvant te vouloir du mal a des chances de se trouver dans le coin et tu en es frappé.

En testant la fenêtre, tu constates qu'elle est bel et bien fermée de l'intérieur, le verrou enclenché et ne permettant pas de le forcer furtivement sans quelques aptitudes et connaissances qui te sont étrangères. Optant pour la seule option viable, bien que risquée - tu ne sais pas pourquoi mais c'est une nouvelle impression qui te gagne lorsque tu entames ton geste, tu projettes à bout portant la pierre que tu venais de ramasser contre la vitre qui éclate dans un bruit fracassant et répand des dizaines et plus de morceaux de verre dans la pièce. La pierre frappe le plancher qui compose le sol et roule sur quelques centimètres. Le plancher en question est en bon état, certainement récent de quelques années tout au plus. Il te faudra prendre garde : des morceaux de verres tranchant ornes encore la fenêtre bien et surtout parce que la vitre a été brisée, il te faudra faire preuve de ruse pour passer cela sans te blesser ou faire en sorte de déverrouiller maintenant que le coté intérieur t'es accessible, c'est encore le plus simple.

Un bruit t'interpelle dans ton dos, bref et unique, une sorte de crissement quelque peu diffus et si tu te retournais, tu ne verrais rien d'autre que le mur bétonné. Le bruit ne s'entend plus, même en portant une oreille attentive et te laisse loisir de te demander si cela avait été un bruit anodin et parfaitement explicable ou si c'était simplement ton imagination qui, reprenant ses marques dans ton esprit, t'avait joué un modeste tour. A l'intérieur, il n'y a pas de manifestation quelconque, ni bruit ni mouvement qui aurait pu te laisser suspecter, même à tort, qu'il y avait une potentielle présence. Jusqu'ici, soit le tout début encore de ton projet d'inspection, la maison semblait désertée, tout comme le jardin et à priori la rue hors de ta vue car le calme qui y règne est entier et en même temps, à ta grande surprise peut-être, tu n'as pas le sentiment que ce soit une bonne chose. Ton mal de crâne continue de s'atténuer, tranquillement et assurément, tout comme ton corps est de moins en moins engourdi, tu gardes tout de même l'impression d'être maladroit, comme tu n'en avais pas souvenir. Les raisons continuent de t'échapper, peut-être te reviendront-elles rapidement, peut-être plus tard. Pour le moment, tu as le champs libre pour poursuivre ton effraction.


Eléments scénaristiques:
 

Thomas Lefebvre

Anonymous
Invité
Jeu 26 Mai - 17:55
Je pose donc ma main sur le battant et pousse une première fois, tout doucement. Rien ne se passe, il fallait bien s'en douter. Mais je ne souhaite pas abandonner encore tout de suite. Apres tout, le mécanisme peut très bien être rouillé. L'amoncellement de poussière dans la maison le prouve assez bien. Je tente donc deux autres fois de plus en plus fort mais je dois me rendre a l’évidence : la fenêtre est fermée de l’intérieur. Je regarde donc s'il n'y aurait pas un autre moyen de l'ouvrir mais la pierre que j'ai dans ma main reste pour moi la solution la plus simple et rapide. Aa priori, il n'y aura personne que cela puisse déranger donc je prend un peu de recul et lance mon caillou. Mais je m'arrête au dernier moment. Et si le bruit ramenait quelqu'un de très peu amical ? Et s'il y a encore quelqu'un ? Finalement, je jette mon éclat rocheux. Je me rassure en me disant que le pire qui puisse m'arriver est de réveiller des squatters. Le bout de roche brise le verre avec une simplicité qui me réjouit avant de toucher le plancher de bois et de se promener dans le salon.
Seulement, le bruit de glas résonne comme un tonnerre tonitruant dans ce silence de mort qui m'entoure et cela me crispe et tend d'une manière que je n'aurai pas soupçonnée. Mon corps réagit a ce court son comme s'il s'agissait d'un vacarme incroyable. J'essaye d'analyser la situation et n'entend, pour l'instant, rien qui ne bouge dans les environs. Je reste ainsi, crispé, pendant quelques minutes avant de me détendre et de glisser ma main dans les bris de verre pour actionner la poignée.

Mais je ne peux m’empêcher de repenser au malaise qui m'a traversé quelques secondes plus tôt, ainsi qu'au cadavre de la voiture. Cela me paraît tellement étrange d'y repenser. Je n'ai ressenti aucun choc en voyant ce corps, comme si tout était normal. Comme si ce n’était pas la première fois que j'en voyais. Mais la blessure au crâne qui m'avait tant interpellée réveille en moi d'autres sentiments qui tentent de refaire surface. Je ne pense pas faire parti de ces gens qui sont insensibles face a une catastrophe et qui la subissent plus tard de plein fouet, au moment où on s'y attend le moins. La voiture tâchée de sang et le cadavre en décomposition, doté d'un troisième œil, me rappellent juste que la vie est éphémère. Je pense que c'est le bon terme. La vie est éphémère et le nombre de choses qui peuvent nous tuer est vertigineux.
Mais encore une fois, ce n'est pas cela qui a provoqué mon malaise. On pourrait dire que je me voile la face et que je veux m'imaginer comme quelqu'un de plus courageux que ce que je pourrai espérer être, mais ce serait une explication a des années-lumière de ce que je ressens. Non, mon impression est nourrie par un souvenir de fuite qui remonte a la surface. Je ne sais plus qui ou ce que je fuyais mais la sensation de courir pour sauver sa vie reste présente. Oui, je suis faible et sans doute lâche. Je ne me fais pas d'illusion sur cela, ma mémoire me fait peut-être défaut mais mon corps se rappelle pour moi de tous les automatismes de mon ancienne vie. Et ces automatismes me disent de courir, de quitter cette zone car je suis trop a découvert. Ils me disent de prendre un bâton ou un couteau pour me défendre car la personne qui a formé ce trou dans le crâne du conducteur pourrait très bien tenter de faire la même chose avec moi. Et peu importe ce qui a fait cette mare de sang dans le salon aussi. Finalement, c'est bien la sensation que cela pourrait m'arriver a moi aussi qui me dérange. La sensation que le danger rode, qu'il est toujours la et qu'il n'attend qu'un seul de mes faux pas pour me faucher telle une mauvaise herbe. Autant dire que tremblements et sueurs froides faisaient partie des symptômes que je pouvais noter aisément.
La peur m’étreint donc, on pourrait même dire qu'elle m’étripe. Mais il ne s'agit pas de la mort d'un cadavre. Je n'aurai aucune raison d’être effrayé par un cadavre a moins qu'il ne soit un zombie. Cette dernière pensée me fait rire nerveusement, d'un rire qui sonne faux. Un rire qui me surprit et me noua les muscles plutôt que de me les détendre. Ma réflexion commençait a devenir de plus en plus irréelle et imaginative. J'essayais de me reprendre, me disant que la situation était bien assez compliquée sans tomber dans la science-fiction. Pas la peine d'imaginer des monstres quand des gens suffisent pour te tuer. Cette idée semblait me calmer, surtout que j'avais le sentiment que je pouvais aussi tuer. Aucun dégoût a cette idée, comme si je l'avais déjà fait avant...


Apres toutes ces pensées qui voyagent dans mon cerveau, se percutent et s’entremêlent en un congloméras de déchets intellectuels, je me concentre et me force a faire le moins de bruit possible pour débloquer la fenêtre et l'ouvrir tout en évitant les derniers morceaux de verre qui sont restés dans le pourtour. Elle grince un peu mais rien de comparable au fracas de tout a l'heure. J'attend encore quelques secondes, craignant que ce petit bruit suffise a réveiller quelqu'un ou quelque chose qui se terre dans le salon mais je ne perçois rien. Il est temps de m'aventurer dans cette pièce du mauvais goût. Personnellement, j'aurai pu tuer son propriétaire à cause de ses choix en décoration plus que douteux si quelqu'un ne m'avait pas devancé. Enfin, j'imagine.
Je prend ma respiration et resserre la poignée de mon couteau de boucher, comme pour me rassurer. Le poids de la lame est une sensation qui occupe une part de mon esprit et oblige mon corps a concentrer tout son stress en un point. Je tiens mon couteau la lame vers l'avant, mon bras replié, prêt a se planter dans ce qui pourrait essayer d'atteindre a mes jours.
Je fais un pas vers l'intérieur et alors que je m'apprête a faire le second, un bruit lancinant se fait entendre dans mon dos. Je pose rapidement mon pied pour ne pas perdre l'équilibre et je me retourne pour trouver le son strident, quoiqu’atténué par une probable distance, et rapide qui m'a remit tous mes nerfs à vif. Il y a quelqu'un, j'en suis sûr, mais mes yeux ne veulent rien trouver d'anormal. On aurait dit le bruissement provoqué par des pas dans l'herbe. Mais si mon intuition ne me trompe pas, il n'y a aucune raison que l'espace entre les murs de béton soit vide. Le silence règne a nouveau alors soit j'ai imaginé ce bruit soit la chose qui l'a fait est dans la cabane que j'ai quitté ou derrière la voiture que je n'ai pas voulu fouiller consciencieusement. Inconsciemment, mon corps se met sur le côté, de profil, pour ne pas faire pleinement face a la fenêtre ni pour ne pas être une cible trop importante et trop visible. J'ai vu des gens le faire dans les films et j'espère que cela marche vraiment... Stupidement, un murmure s'échappe de ma bouche : "Il y a quelqu'un ?". Mais il se meurt avant la fin de la phrase. Est-ce que je souhaite ma mort aussi vite après ce que je nomme ma "renaissance" ? Ou alors une partie de moi espère que c'est quelqu'un d'aussi apeuré et sur les nerfs que moi ? Car un rien me ferait réagir, j'en suis sur. Je me dis donc que c'est juste une brise plus forte que les autres qui a fait chanter l'herbe du jardin. N'importe quoi pourvu que la pression retombe.

Je n'entends que le silence, comme auparavant. Un silence qui ne fait rien pour calmer mon malaise ou mes inquiétudes. Je devrais entendre des sons synonymes de vie et je ne suis même pas sûr d'entendre ne serait-ce qu'un oiseau dans ce silence oppressant aux harmoniques jouées par le vent. Aucun bruit dans ce carré de béton. Aucun bruit dans cette maison abandonnée. Et aucun bruit me provenant de l'extérieur, de la route que j'ai aperçu en venant. Aucune raison de s'inquiéter donc mais un silence aussi pénétrant n'est jamais normal, chaque fibre de mon corps me le dit. Alors je me précipite dans le salon, poussé par le sentiment très primitif que s'enfermer dans une caverne ou un terrier est la meilleure façon de se protéger des ennemis qui rodent dehors.
Mais un souvenir remonte, me confirmant que c'est une idée aussi fausse que celle de croire que les volcans en éruption sont des dieux énervées par le comportement des petites gens. Il fut un temps où je regardais de nombreux films d'horreur et je me moquais toujours des personnages qui se réfugiaient dans des maisons abandonnées, pire encore qui montaient dans les étages supérieurs pour essayer de fuir leur agresseur. Tout ça pour dire que je ne me sentais pas si protégé que cela et que je ne souhaitais pas m'attardais tant que ça dans cette maison.
Maintenant que le vent n'est plus là pour me distraire, je tend une dernière fois l'oreille pour essayer de noter la présence de quoi que ce soit, même d'un chat. Mais rien. Le silence est encore plus pesant que ce que j'aurai cru et l'air semble ranci. La dernière fois que ce salon a été aéré remonte sans doute à ma première mort. Première mort dont les souvenirs remontent. J'avais organisé un banquet d'adieu prestigieux avec toutes les drogues bon marché trouvable en pharmacie. Il y en avait pour tout le monde car j'étais le seul invité. J'avais envie de mourir vite et sans douleur. Mais pourquoi ? J'aurai le temps de me poser la question une fois que j'aurai fini mon inspection. Je commence donc par faire le tour du salon, contournant les bris de verre qui jonchent le sol mais pas la tâche de sang séchées sur le tapis. Je prend d'ailleurs quelques secondes pour vérifier la fraîcheur de cette flaque qui est déjà devenue une énorme croute incrustée dans les fils de celui-ci. Je suis content de voir que j'ai bien compris que ce sang était vieux mais ce n'est pas cela qui va me nourrir ou apaiser ma soif alors je me dirige vers la porte qui, je suppose, amènera dans le couloir et, je l'espère, jusqu'à une cuisine bien garnie. Je passe devant la bibliothèque sans regarder les livres qui y sont entreposés, ce serait une perte de temps et je n'ai aucun intérêt à savoir quel genre de personne habitait ici avant.
Je m'avance avec l'esprit de plus en plus clair et avec des raisonnements logiques qui se font de plus en plus vite mais je me meus avec une lenteur qui m'exaspère. J'ai l'impression d'être d'une lourdeur qui fait craquer le bois sous mes pieds à chaque mouvement. Je me cogne même dans l'écran renversé ce qui me fait penser au meuble Wengé. Je ne pense pas que je trouverai quoi que ce soit d'intéressant dedans mais je me retourne pour le voir. À priori, ce que j'y vois ne vaut pas la peine de faire le chemin jusque là-bas alors je m'en détourne et avance jusqu'à la porte mais je ne regarde pas où je marche et je me cogne une nouvelle fois. Mais cette fois-ci contre le sofa. La collision provoque un petit bruit sourd qui me crispe une énième fois et m'oblige à dresser l'oreille en attente de tout bruit suspect. Mais rien ne me parvient, pour changer. Alors je reprend mon souffle et essaye de me détendre.
Mes bras et mes doigts sont toujours lourds et cela accentue mon sentiment d'être pataud, d'être une proie facile car je serai trop maladroit pour planter mon couteau dans n'importe quel prédateur. Je me dis même que je serai la cible idéale pour qu'un chaton s'entraîne à la chasse. Je suis affaibli, autant qu'on puisse l'imaginer pour quelqu'un qui sort d'un long comas, seule explication logique à ce grand trou noir qu'est ma mémoire. Au point que je repasse ma main sur mes joues pour voir à quel point ma barbe a poussée. Je n'arrive pas à me rendre compte du temps qu'il a fallu pour qu'elle grandisse à ce point, surtout parce que je ne me rappelle pas à quoi elle ressemblait avant ma mort. Quelque chose me dit que je ne devais sans doute pas me raser souvent, en grande partie par paresse.

Un autre souvenir me revient, celui d'un appartement abandonné dans lequel j'avais séjourné pendant quelques temps à Paris. Enfin, il n'était pas abandonné mais sa propriétaire y était morte et personne ne s'en était rendu compte. Je m'étais fait passer pour son petit-fils et le pot au rose n'a été découvert qu'au bout de deux ou trois mois. En grande partie parce que je n'avais pas jeté le corps par flemme et que l'immeuble entier commençait à empester. Je ne sais pourquoi mais cette expédition m'y faisait grandement penser car il n'y avait rien de bien dans ce salon, rien qui ne m'intéresse, si ce n'est le fait qu'il protégeait du soleil, du vent et de la pluie. Et qu'il contenait potentiellement, de la nourriture.
Il était d'ailleurs temps que je confirme ou révoque cette théorie. Et le plus vite possible car le bruit que j'avais entendu au dehors, que je l'ai inventé ou non, continuait à me tarauder l'esprit, me faisant imaginer le pire comme le meilleur. Une fois à hauteur de la porte qui mène vers ce que je comprend comme un couloir, je me colle contre le mur. Comme dans un film policier, je me penche doucement et lentement pour voir si la voie est libre. C'est amusant de voir que je me rappelle de films et références que j'ai vu dans mon ancienne vie mais que je bataille pour retrouver mes souvenirs réels comme le nom de mon père ou le visage de ma mère. Peut-être que tout me reviendra comme dans un flashback alors que j'affronterai la mort une seconde fois, sans doute dans ce couloir que mon oeil droit peut commencer à observer... ?

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 8 Juin - 21:44
A l'intérieur, sans qu'un nouveau bruit ne vienne perturber ta solitude, tu auras pu constater en faisant le tour du salon que si la gauche donnait bien sur un couloir, à droite se trouvait une petite arche sans porte qui donnait sur une pièce facilement reconnaissable comme la cuisine à son carrelage fait de dalles blanches et d'autres noires, ses meubles hauts de rangement, son évier à moitié visible et un très modeste plan de travail à proximité de l'entrée.

Tu t'engages donc dans le fameux couloir, pas très grand à vrai dire, présentant en son fond un escalier boisé menant vers l'étage et tout du long au total trois porte, une à gauche et deux à droites à correcte distance l'une de l'autre, assurément des pièces annexes et peut-être même une chambre qui sait. En t'avançant progressivement et lentement, accolé au mur dans cet endroit bien mal éclairé et sans fenêtre, soit ne bénéficiant que d'un très maigre éclairage naturel depuis le salon et l'étage en bout de couloir, tu finiras par percevoir que les portes sont vraisemblablement fermées, ce qui, d'une façon ou d'une autre te paraîtra une bonne chose, comme si une porte fermée était une promesse de relative mais toujours utile sécurité. Du moins c'est ce que tu pouvais croire...

Car il y eu un faible bruit de métal crissant contre du métal. Faible sur le principe mais dans ce calme olympien, il paraissait strident. Un bruit qui n'était autre que le crissement identifiable des gonds d'une porte, celle solitaire située sur la gauche qui s'ouvrait ni trop vite ni trop lentement, juste de quoi faire monter la tension et également la peur, elle n'était apparemment pas tout à fait fermée en réalité. Quand la porte s'était ouverte presque en grand, de nouveaux sons succédèrent à celle-ci, ceux de bottes frappant au rythme de quelques pas le plancher massif fait de chêne jusqu'à ce qu'une silhouette vienne se dévoiler dans le couloir. Elle prenait son temps, s'imposait dans cet accès étroit et seulement une fois au centre se décida à se tourner vers toi en s'immobilisant dans le plus grand des silences et à première vue, le plus grand des calmes.

Tu n'avais pas une très bonne vue à cause du manque de lumière mais pouvait décrire approximativement cette fameuse silhouette : un homme d'assez grande taille, un bon mètre quatre vingt huit et d'une silhouette extrêmement musclée par les formes distinguées, une véritable armoire à glace. Difficile de spécifier ses couleurs mais il semble blanc de peau avec une chevelure assez foncée et longue tombant à peu près à ses épaules. A bien y réfléchir, tu comprends que l'excès de carrure est peut-être du à un vêtement fort imposant, si imposant qu'il est truffé de bosses de parts et d'autres, comme une sorte d'armure très équipée. Autre détail qui te saute aux yeux : la présence d'un tube cylindrique qui sort de son dos sur le coté droit, potentiellement le canon d'une arme de gros calibre, c'est ce qui te paraît le plus évident.

L'individu - un homme cela ne fait aucun doute, resta silencieux quelques instants en t'observant certainement de sa distance, soit à environ six ou sept mètres. Tu as l'impression qu'il a les mains libres, rien qui ne ressemble à une arme ou à un quelconque objet n'a l'air tenu en main. Le silence ne dure pas longtemps, car c'est une voix rauque et grave assez autoritaire qui s'extirpe de la silhouette pour se répercuter dans les murs du couloir.

« A quoi ça te sert de raser les murs ? Tous les charognards à quinze mètres à la ronde t'ont entendu casser cette fichue fenêtre avec ta pierre, s'il y en avait eu ici ils seraient déjà en train de te dégraisser les cuisses. Soit tu es un idiot qui a une bande de potes qui attendent pas loin, soit tu es stupide et seul, soit tu es paumé et seul. Peu importe dans quelle case tu te trouves, si tu ne veux pas rejoindre le bon dieu dans la minute, je te souhaites d'avoir une bonne histoire à raconter pour expliquer ça. »

La première certitude ne traîne pas : l'homme t'attendait, probablement alerté par le bruit de la fenêtre brisée qu'il vient de citer, ou peut-être t'avait-il déjà repéré avant, ce qui est sûr c'est qu'il s'était déjà trouvé à l'intérieur avant que tu ne te réveilles et qu'il n'avait pas laissé cette porte entrouverte pas hasard. Il savait quand te tomber dessus ; pas d'effet de surprise aujourd'hui, mais une décision à prendre maintenant. Convaincre, menacer, attaquer, fuir, ou autre chose... il fallait se décider.
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