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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Spécial, A, 2] Doux rayons venus du ciel - 20/03/35
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Thomas Lefebvre

Anonymous
Invité
Ven 10 Juin - 13:34
Je n'ai aucune volonté d'y aller. À la dernière minute, la peur prend le dessus sur mon courage et je décide de me recoller sur le mur sans rentrer dans le couloir. Ça me permet de voir une arche, une porte sans battant, que je n'avais qu’aperçue jusque-la. De ce que je vois, il s'agit de la cuisine et ce devrait être mon premier arrêt pour fouiller la maison. Le carrelage est typique mais le plan de travail, le robinet et surtout les étagères que je vois en hauteur semblent me tendre les bras. Je me concentre en me disant que la maison est vide et que j'aurai toujours l'occasion de revenir par cette pièce avant de repartir. Je vais d'abord tenter le couloir...

Un dernier coup d'oeil, qui me confirme qu'il n'y a que trois portes avant l'escalier qui mène à l’étage supérieur, puis je m'aventure dans cette pièce étriquée. J'essaye les portes, en commençant par celle de gauche, mais il ne me faut pas longtemps pour me rendre compte qu'elle est fermée. Je ne doute pas que ce soit pareil pour les autres mais par soucis de bien faire, je tente quand même les deux dernières tout en restant accolé au mur. Je ne souhaite pas me faire attaqué par derrière !
La lumière est mince dans cette partie de la maison. À se demander si derrière les portes fermées, les volets ont aussi été mis. Même à l’étage... Je ne sais pas pourquoi mais c'est une donnée qui me rassure. Si toutes les fenêtres et les portes sont fermées, cela empêche le danger de rentrer. Enfin sauf s'il s'agit de personnes comme moi. Mon cœur se ralentit, mon corps se détend. Mais pas mon esprit car après tout, si j'ai pu entrer, d'autres le peuvent.
Je ne souhaite pas traîner trop longtemps dans cet endroit, ni faire plus de bruit que j'en ai déjà fait. Alors si les portes dans le couloir sont fermés, peu importe ce qu'on trouvera derrière, une chambre ou un bureau, je pense que je trouverai les mêmes choses a l’étage. Je m'approche doucement et fait le moins de bruit possible. Je longe les murs et me rappelle de certains films d'horreur que j'ai pu voir dans le passé : ne jamais monter à l’étage quand tu penses être poursuivi par un tueur ! Cela me fait sourire car c'est totalement illogique de penser à ce genre de chose alors que je suis en train de « piller » une maison abandonnée. Dans ces mêmes films, ce serait moi l'agresseur ! Ou bien l'une des premières victimes du monstre...


Surtout vu qu'une des portes s'ouvre. Le crissement doux et long des gonds me crispe et me bloque. Les sueurs froides reviennent très vite. La maison n'est pas vide ! Ce crissement m'agresse les tympans et résonne dans tout le couloir ce qui ne fait rien pour calmer mes nerfs. Loin de là !
Je n'ose pas bouger et essaye d'abord d'identifier, sans me retourner, laquelle des salles est en train de s'ouvrir. Et, encore sous le coup des nombreux films d'horreur qui semblent remplir mon cerveau à la place de mes souvenirs, j'essaye de deviner s'il s'agit d'un homme ou d'autre chose. Le fait que ces scénarios débiles me reviennent en mémoire avant d'autres souvenirs commence à m'interpeller et je me demanderai même si mon subconscient n'essaye pas de me dire quelque chose si je n’étais pas apeuré par ce qui pourrait passer cette porte.
En entendant le bruit de bottes, des pas réguliers qui confirme qu'il s'agit d'un être humain, je me détend un peu et décide de me retourner pour faire face à la personne qui s'avance dans le couloir. La porte qui était à gauche de l’entrée est ouverte vers l’intérieur.

Au début, je ne peux que discerner une silhouette dans cette lumière. Une silhouette qui s’arrête au pas de la porte et me jauge, je peux le sentir, avant de venir jusqu'au centre du couloir. Je ne sais pas si c'est l’obscurité mais je la trouve très imposante. Je n'ai pas spécialement envie de la mettre en colère. Vu la corpulence et la taille de celle-ci, je suppose que c'est un homme. Un homme qui me transperce de son regard et qui prend son temps pour me parler, ce qui a le don de m’énerver. La situation est assez stressante sans qu'il ne reste planté là sans parler.
Ce que je peux dire pour l'instant, c'est que cet homme semble plus grand que moi. A peine, mais suffisamment pour que je m'en rende compte. Un coup d'oeil plus précis me redonne des frissons car cet homme n'est pas que grand, il est aussi très baraqué. Un exemple même de l’américain qui fait de la muscu au moins tous les deux jours. Et vraiment, ce n'est pas le genre de personne que j'aurai eu envie de cambrioler. J'aurai préféré que la maison soit vide évidemment mais tant qu'à croiser quelqu'un, qu'il soit de taille normale, avec des bras qui ne fassent pas trois fois mes jambes...
Mais mes yeux s'habituent de plus en plus à la pénombre et je comprend que ce que j'ai pris pour des muscles disproportionnés n'est autre qu'une armure. Son manteau très large laisse deviner des bosses caractéristiques de protections aux coudes et aux épaules. Je ne m'y connais pas trop dans ce genre de truc mais je me dis que ce pourrait être l'armure d'un joueur de football américain ou des protections de baseball, réflexe purement français devant un comportement américain qui devrait lui sembler totalement atypique. Cela m’étonnerait qu'il s'agisse d'un gilet pare-balle mais après tout, je ne suis pas un connaisseur donc autant rester ouvert à toutes les possibilités.
En tout cas, deux choses sont sûres malgré le manque de lumière : il a des cheveux longs et entretenus dont je ne peux deviner la couleur et il y a un tube cylindrique qui dépasse derrière l'une de ses épaules. Je ne peux pas deviner les origines de cet homme mais vu la nature de ses cheveux qui restent relativement lisses, juste ondulés, je doute qu'il soit autre chose qu'un WASP. Et il doit vivre ici puisqu'il a le temps de se laver les cheveux. Pour ce qui est du cylindre... J'ai un mauvais pressentiment. Le pressentiment que ce soit le canon d'un gros calibre et ce n'est vraiment pas un bon point pour moi.

Le silence s’éternise et bien que cela ne calme pas mon stress, ça a quelques avantages. Si je me rappelle bien, je parle très bien anglais mais je garde toujours un fort accent « frenchy ». Il ne manquerait plus que je finisse ma vie en prison, surtout une américaine ! Je ne pense pas qu'ils seront conciliants parce que je suis français. Je ne pense pas que les criminels apprécient beaucoup les français. Je pourrai toujours demander une extradition mais...
Et il se met enfin à m'adresser la parole. Il a la voix d'un homme qui a du faire l’armée, ou qui a été flic. Pour moi, sa voix sonne comme celle de l'homme qui « fait toujours ce qui est juste » et blablabla. Mais ses cheveux contredisent cette analyse alors je me tais, écoute et continue de l'observer. Alors qu'il parle, il fait le moins de mouvements possibles, c'est quelqu'un de réfléchi et de posé. Je ne doute pas qu'il sache se servir de cette arme, je n'ai pas spécialement envie qu'il me le prouve. Mais ses postures ne sont pas activement agressives et ses mains semblent vides. Il est armé mais il n'a pas d'arme dans sa main. Je pourrai tenter de m'enfuir s'il ne bloquait pas le seul accès vers la sortie.
Au début je ne prête pas attention à ce qu'il me dit mais j'entend le mot charognard et « dégraisser les cuisses » et il a toute mon attention ! Il parle de charognards, mais je doute que ce terme soit pour les coyotes et autres animaux du même genre qui vivent dans le coin. Non, ses mots font écho à des souvenirs très particuliers qui grattent l'intérieur de mon crâne pour essayer de sortir. Je n'ai pas le temps de faire une crise alors que ce monsieur finit son discours par une menace !
Je ne pense pas pouvoir le battre, même si j'ai un couteau de cuisine et que lui est désarmé. J'aurai le temps de lui foncer dessus mais mon corps est encore faible par ce qu'il vient de traverser donc il aura facilement le dessus, que son « armure » cache de gros muscles ou non. Je me rassure comme je peux en me disant qu'il a attendu que je sois ici pour venir me parler. Il savait que j’étais la, soit parce qu'il m'a vu depuis sa fenêtre, soit parce qu'il m'a entendu casser la vitre, et il m'a attendu sans arme (si ce n'est dans son dos) donc je pense qu'il ne souhaite pas m'abattre. Ou pas encore.
Seulement je n'ai aucunement envie qu'il sache que je suis un étranger. Partout dans le monde, on sait ce qu'un Texan fait à un étranger qui s'introduit chez lui. Sauf que le silence se prolonge de mon fait et mon « hôte » ne semble pas perdre patience. Je me résigne donc et lui répond :
- Bonjour. Désolé pour la fenêtre... J'ai vu tellement de sang dans le salon que j'ai cru que la maison était vide.

Comme on dit chez moi « foutu pour foutu » alors je continue. Je sais qu'il se demande d'où peut venir cet accent et je sais aussi qu'il va trouver son origine très vite. Mon cerveau ne marche pas assez bien pour inventer un mensonge alors je dis simplement la vérité. Autant continuer dans ma lancée et lui parler de ma « résurrection » :
- Je crois que j’étais endormi un très bon moment dans votre cabanon et... J'ai... faim... ?

Je tente un petit sourire gêné pour essayer de réduire la tension qui monte mais je me doute bien que ça ne marchera pas. Je cale mon couteau entre ma ceinture et mon jean, je lui indique que je sais que je ne suis pas une menace pour lui. Il peut faire ce qu'il veut. D'autres souvenirs me reviennent et je me dis que je suis en train de faire un coup de bluff monstrueux. Je commence enfin à me rappeler ce que sont ces charognards dont il parle ! Je me réveille en pleine apocalypse de zombie ! Tout de suite me viennent à l'esprit tous les classiques du genre : le mec qui se réveille après un long coma pour voir que la civilisation humaine est finie car les quelques survivants se battent contre des non-morts... Je suis devenu un cliché vivant. Youpi...
Mais il y a une différence et c'est que j’étais réveillé au début de l'apocalypse, que j'ai survécu quelques semaines avant de recevoir du sang infecté dans ma bouche... Une mort stupide dont je me suis vengé. Mais les chances de survies pour un étranger pendant une crise comme celle-ci sont vraiment très faibles et ça me serre l'estomac.
- Les zombies n’étaient donc pas un mauvais rêve...
Autant rester concis car...
- Je n'ai pas de bonne histoire à vous raconter. Faites ce que vous voulez.

Haussement d’épaules et qu'advienne que pourra. Je me sens triste à l’idée de risquer la mort si vite après avoir eu une « seconde chance ». Ah, un autre cliché... Je pourrai rajouter des « je m'en remet à votre bonté » ou « ayez pitié de moi » mais cela demanderait trop d'effort et surtout, ce serait bien trop théâtral. Deux-trois clichés par jour suffisent.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Lun 13 Juin - 23:52
L'homme, qui qu'il puisse être, ne bouge pas de sa position et reste de marbre et de silence en écoutant tes maigres réponses, qui n'attisent vraisemblablement pas plus son agacement que son empathie, il paraît froid, comme une porte de prison pour ainsi dire. Jusqu'après que tu ais fait entendre tes "arguments", il continuera de rester temporairement statique et ses yeux persévéreront à te fixer dans la pénombre, ce que tu peux deviner sans le voir car il reste très ombrageux et tu ne distingues pratiquement rien de son visage. Finalement, il brise à nouveau le silence de la même intonation grave mais un poil moins autoritaire, davantage blasée.

« Je ne sais pas ce qui est le pire. Que tu te dises qu'une baraque pleine de sang soit évidemment vide et non pas occupée par ceux qui l'ont répandu, que tu me parles de ta faim en croyant peut-être que je vais te sortir une boite de raviolis comme ça par charité ou que tu essaies de me faire gober que t'avais des doutes sur l'existence des charognards. Tu veux que je te dise ?

Je commence à en avoir marre des rencontres et je me fous de tes sentiments et tes ressentiments, que tu me sortes le faites ce que vous voulez des mauviettes qui ont pas le cran de survivre et qui attendent de se faire trouer pour arrêter de respirer ça me met déjà pas en bonne disposition mais pour le reste, soit tu te fous de ma gueule et t'essaies de m'embobiner avec des bobards à peine crédibles, soit c'est la vérité mais t'en dis presque rien pour me cacher des choses et dans les deux cas, tu n'es pas quelqu'un d'honnête. Alors... »


Il posa vivement la main au niveau de sa hanche et tira de son attirail une arme de poing à l'origine attachée à un étui, qu'il brandit rapidement dans ta direction tout en avançant de plusieurs pas d'une hâte surprenante pour sortir pratiquement de la pénombre et devenir presque entièrement visible, autant que le canon de son arme presque au niveau de ton front. A ce moment-là, tu peux avoir une description physique détaillée de l'homme qui te fait face :

Il est un homme d'assez grande taille, 1m88 pour 85 kg de visu, ses cheveux bruns et longs tombant presque sur les épaules. Sa peau blanche très loin du pâle ajoute à l'aspect sauvage de son physique, autant que son visage aux traits stricts et à la mâchoire solide. Ses yeux bruns portent un regard perçant et profond qui laisse entrevoir son lourd vécu, croisant le dessus d'un nez à l'aspect de pierre. Une pilosité non entretenue recouvre son visage avec un style à la fois très bad boy et sage. Il n'est pas du genre à prendre soin de son corps en terme d'hygiène et cela se voit, car son physique entier se résume à un terme : survivant. Il porte un solide et envahissant gilet tactique qui couvre une bonne partie de son corps dont son cou, son torse, l'ensemble son dos, ses épaules et ses bras jusqu'aux coudes, sa taille et plus bas, son équipement anatomique et ses flancs. Le gilet est truffé de poches et de petites sacoches intégrées qui paraissent bien remplies, mais par-dessus tout, c'est les accroches occupées par d'énormes balles de sniper partants de son épaule gauche et descendant en diagonale le long de son buste qui attirent l'attention.

Dans son dos, un fusil à canon long s'y trouve en bandoulière passant sur son torse de même, un modèle FR-F2 pour accompagner les munitions. Dans sa main, c'est un FN Five-seveN qu'il tient sorti de son étui, un autre étui à l'opposé accueille un poignard de chasse, ainsi qu'une paire de poings américains à l'avant accrochés au gilet par des attaches. Il porte accessoirement un treillis militaire en guise de pantalon, des rangers et des gants de cuir complets, déjà cités noirs, comme l'ensemble de ce qu'il porte. Tout chez lui, de ses vêtements à ses armes - jusqu'à la garde de son poignard, est alors noir comme la nuit et pas un centimètre de peau ne dépasse si ce n'est son visage à découvert en ce moment.

Son visage est fermé, son regard noir démontre soit une férocité avérée et contenue, soit une forme de colère contrôlée puisqu'il semble si calme, peut-être les deux à la fois. Ses yeux maintenant bien visibles et plongés dans les tiens, il reprend de sa voix si proche à présent.

« Si je dois décider de ton sort, mets-toi en tête que j'ai déjà décidé il y a un moment que je ne traînerais plus ni les lâches, ni les types louches, ni les ados rebelles ou ceux qui veulent jouer avec moi pour se donner un genre. Je te laisse une seconde et dernière chance, voilà toute la portée de ma charité. Tu m'expliques ce que tu faisais à pioncer dans le cabanon seul et ce que veut dire le reste de ton blabla. Je veux tout savoir et au cas où tu te poses la question : pourquoi je devrais tout lui dire ? Pense au fait que mon canon est pointé sur ton crâne et que tu m'as donné le droit de choisir. Tu comprends ce qui est en jeu ? J'espère pour toi. Si tu préfères aller au ciel, ça peut se régler tout de suite. Un peu plus de sang sur mes mains, qu'est-ce que ça change ? »

Pour appuyer la fin de son propos, il retira la sécurité de l'arme d'une pression du pouce.


Eléments scénaristiques:
 

Thomas Lefebvre

Anonymous
Invité
Lun 15 Aoû - 21:19
L'homme se remet à parler et sa réponse ne me plait pas du tout en dehors des raviolis qui me font rêver. À tel point que mon ventre gargouille. Je savais que j'étais affamé mais cette fausse proposition me met l'eau à la bouche tel un réflexe de Pavlov. S'il avait la dite conserve dans sa main et s'il ne semblait pas armé, je me serais sans doute déjà jeté sur lui. Mais je n'oublie pas que je reste faible. Mes sens sont encore brouillés et la faim et l'inactivité prolongée de ce que je pense avoir été un comas font que je n'arriverais même pas à lui arracher une feuille de sa main s'il me la tendait. Je dois me rappeler de tous ces facteurs pour prendre ma décision. Quel comportement aborder devant le sien ?
Cependant, je pensais aller mieux que cela car écouter son long plaidoyer sur les faibles et les lâches me demande toute ma concentration. J'essaye de discerner le ton de sa voix mais je ne saurai dire s'il est déçu de mes précédentes réponses ou s'il est juste ennuyé que je ne fasse pas plus d'effort pour sauver ma peau. Mais je n'y peux rien, l'ironie de la situation m'a frappé de plein fouet et j'ai un peu autre chose à faire que de penser à faire bonne figure. Heureusement, des mécanismes ancrés dans mes gènes se mettent immédiatement en place pour que je fasse tout pour m'en sortir. Oui, je pensais être mort. Oui, il semble que j'ai dormi pendant plusieurs jours, voire semaine. Oui, je suis en relativement bonne santé quand on regarde les circonstances. Et oui, je me réveille en armageddon et les zombies sont la nouvelle race dominante au moins au Texas. Mais surtout, oui ! Oui oui oui ! Après tous ces coups du sorts consécutifs en ma faveur, je pourrai mourir car je prononce les mauvais mots... Il y a de quoi se demander si l'effort en vaut la peine.
Seulement, chaque fibre de mon corps me crie que je veux encore vivre donc je dois essayer d'émerger de ce brouillard mental et très vite. Peu importe si l'homme en face de moi me prend la tête car je dois certainement être en train de lui prendre la sienne. Et dans des scénarios comme ceux-là, la vie est déjà assez compliquée sans en rajouter. C'est en gros ce que cet homme me dit : les ennuis s'amoncellent et il en a marre de devoir se taper des idiots qui cherchent une protection mais surtout à échapper aux responsabilités. Je suis moi-même un peu de cette sorte, je n'ai jamais eu envie de m'encombrer l'esprit avec toutes les petites choses de la vie de tous les jours. En gros, je ne pense pas être lâche quoique l'avenir nous le dira mais je préférerai que quelqu'un risque sa peau à ma place. Vu son discours, nos chances de devenir amis sont très minces. Je ferai mieux de calquer mon comportement en conséquence. Je ne parle pas de changer de personnalité ou de jouer au faux-jeton, il le sentirait j'en suis persuadé, mais bien d'arrêter de faire mon petit merdeux et d'agir comme quelqu'un qui risque de mourir par simple caprice d'un texan. Autant dire que j'ai très peu de chance de m'en sortir.


Il s'avance dans la lumière et je me rend compte que j'avais faux à son sujet. Ça m'apprendra à jouer au con. Il n'est pas aussi soigné que je le croyais au départ, sans doute un énième coup de mes sens déformés par une longue inactivité. Il a du charisme dans un sens et si je n'avais pas un flingue braqué sur mon crâne, j'en profiterai peut-être pour l'étudier un peu plus. Tout ce que je peux affirmer maintenant c'est que même si j'étais assez doué de mon couteau pour le lui planter, son gilet de protection ne rendrait pas la chose facile. Mes muscles atrophiés ne me permettraient sans doute que de traverser ce gilet mais cela ne provoquerait en rien une blessure assez profonde pour que je récupère l'ascendant sur lui. Non, avec son look de bad boy, que je trouve bien trop pensé, je sens bien qu'il est dangereux mais c'est sans doute parce qu'il est pragmatique à l'excès : gants et gilet servent à protéger le plus possible de son corps, j'imagine surtout contre des morsures de mort-vivant, mais aussi à ne pas lui entraver ses mouvements. Il est aussi couvert d'armes dont je ne pourrai citer le nom si ce n'est pour les poings américains et peut-être le poignard. C'est fou comme ce genre d'analyse peut venir sans qu'on n'ai jamais cru que cela se produirait un jour.
De ce que j'en sais, j'ai fini dans le comas pendant plusieurs mois... Et lui, il a du survivre à une putain d'apocalypse. De zombies. Autant ma version semble plus plausible que la sienne dans un monde normal, autant je sens que la sienne s'est vraiment passée alors que la mienne n'est que supposition. Mais bon, nous ne sommes pas en train de comparer nos vies. Nous sommes en train de voir si je mérite de vivre. Et je pense que son argument le plus frappant est un canon pointé sur moi. Oui, cet œil m'hypnotise. Instinctivement, mes mains se lèvent plus haut et mes paumes se font plus visible. Je ne sais plus ce que j'ai fait de mon couteau mais je l'ai sans doute lâché instinctivement. Je ne sais comment mais je sais qu'il ne me reste plus beaucoup de temps pour m'exprimer.

Et justement, sa deuxième tirade allait dans ce sens donc il faut vite que je trouve mes mots. Ses yeux semblent plus intenses d'un coup, alors qu'il me donne une dernière chance de raconter ma vie, mon histoire, mon œuvre. Je serai dans un film, je me dirai qu'il me tuera de toute façon car ce regard me semble antipathique. Enfin, ce qu'il me dit et la manière dont il me le dit ne m'encourage pas trop à espérer mais je pense que c'est quelqu'un qui n'aime pas perdre du temps donc il m'aurait déjà tué. Ce ne sont que des suppositions car j'ai beaucoup de mal à lire son visage, chose que j'ai toujours considéré comme facile dans ma première vie. Pour moi, il pourrait aussi bien être énervé ou excité à l'idée de me tuer.
Bon c'est l'heure de vérité. Il va falloir détailler mais je n'ai pas grand chose à offrir...

J'entends un cliquetis que je suppose être la sécurité de l'arme. Les secondes passent très lentement alors que je cherche les bons mots et les bonnes tournures de phrases. Mais rien ne me vient. Et l'heure tourne. Et pour chaque seconde qui défile, il m'est encore plus dur de réfléchir. Il faut que je commence à parler maintenant sinon il me tirera dessus avant ma première phrase.
- Je n'ai pas grand chose d'autre à dire...
Très bon départ ! Thomas, tu es sur la bonne voie ! Il faudrait peut-être développer assez vite sinon je vais vraiment me faire trouer.
- Je peux vous dire ce dont je me rappelle car... Ça ira vite. Ma mémoire est floue pour le peu qu'il me reste. Mes derniers souvenirs... J'étais à Houston quand les zombies sont enfin arrivés. J'ai été infecté et j'ai préféré ne pas me transformer en l'un d'eux... Je pensais avoir plutôt réussi mon coup mais je me suis réveillé dans votre cabanon il y a quelques heures... Croyant que tout le reste était un rêve.
J'ai le pressentiment que je n'ai pas besoin de lui en dire plus sur ma tentative de suicide, cela ferait des points en moins. Mais s'il me pose la question... Je lui répondrai.
- Enfin bref, je pensais rejoindre un bateau avant d'être infecté mais je ne sais pas si ça vaut encore le coup...
Après tout, je ne sais même pas si je suis près de la côte ou non. Et j'imagine que dans le laps de temps que j'ai passé endormi, tous les bons navires ont été récupéré.
J'essaye en tout cas de faire preuve d'un dernier élan d'honnêteté et je détaille un peu plus les situations de mon réveil. Ce sera facile à prouver, je pense... Il n'aura qu'à me fouiller.
- ... Donc je me suis réveillé dans votre cabane-là avec ces vêtements que j'avais à Houston, qui puent maintenant le renfermé et la poussière. Comme moi. Pas beaucoup de souvenirs à part ce que je viens de vous dire... Mais il y avait trois objets qui m'attendaient au sol : un talkie, un kit de soin et ce couteau... C'est vous qui les y avait placé ?
Je me doute de la réponse mais je souhaite quand même poser cette question. On ne sait jamais ce que cela provoquera en lui.
Je réfléchis encore très vite et essaye de voir ce que je pourrai rajouter mais pour le meilleur ou pour le pire, je ne me sens pas de dire que je déteste Houston et que c'est un cauchemar d'être prisonnier d'une apocalypse de zombie au Texas... Je pense qu'il a compris très vite avec mon accent que j'étais français donc je ne vois pas l'intérêt de le préciser.
- Par contre, je n'ai pas spécialement envie de mourir ni de rester seul alors que j'ai l'impression de sortir d'un comas de plusieurs mois... L'ironie de la situation me faisait réagir. Vous savez, se réveiller alors qu'on pensait être mort et avoir un flingue sur la gueule après quelques heures...
Lui exprimer le fil de ma pensée, je pense que je peux. Il s'en moque, j'en suis sûr, mais ça ne fait pas de mal.
- Mais si vous le voulez, je peux vous donner mon matériel et vous ne me reverrez plus !

J'ai l'air pathétique en disant ces derniers mots et c'est une chose que je déteste. Mais je préfère encore sortir de cette maison sans équipement et en vie que d'être buté des le réveil. J'aimerai bien un cigarette aussi, avant qu'il ne me tire dessus. Le dernier vœu du condamné... Mais je ne me sens pas de lui en demander une. Pas tout de suite.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Ven 26 Aoû - 0:06
Derrière les mèches qui voilaient son visage, les yeux de l'homme trop équipé à l'allure sauvage n'exprimaient que la froideur et la noirceur, aussi rigide qu'une enclume et immobile qu'un mur, il se contentait de garder levée son arme et il semblait suffisamment entraîné pour tenir un moment dans cette posture et le bras dressé, écoutant les unes après les autres les phrases explicatives du français dont on ne pouvait vraiment dire s'il en avait entendu l'accent ou non, puisqu'il ne disait rien et ne laissait entrevoir aucune réaction définie.

On aurait dit qu'il était défait de toute émotion, de toute portée empathique, paraissant reclus sur un mental bétonné et une volonté de fer forgée dans un bloc d'acier, il en était presque effrayant d'une telle indifférence potentielle, à moins qu'au contraire, il jouait bien son rôle de bougre rustre à la menace de mort facile. Quand Thomas eut fini de faire entendre ce qu'il avait à dire, l'homme ne cilla pas et ne fit aucun geste, laissant le silence courir autour d'eux durant quelques longs instants, peut-être réfléchissait-il à ce que son vis à vis venait de dire, ou peut-être pensait-il plutôt à sa décision, il se pouvait qu'en fait il ai déjà décidé et prolongeait ces instants volontairement pour mettre la pression à cet inconnu. Beaucoup de suppositions pouvaient être faites, aucune ne s'affirmait. Tout du moins, jusqu'à ce qu'il relâche la pression de ses épaules et sa posture en baissant lentement son arme, replaçant la sécurité d'un nouveau mouvement de pouce.

« Je te crois, presque. Si tu t'étais réveillé il y a plusieurs heures, je t'aurais repéré depuis un moment vu ta discrétion de buffle donc c'est tout récent, et si tu étais resté dans le coma plusieurs mois, tes os seraient déjà desséchés. Cela dit si tu étais mort sur un lit d'hôpital entouré de jolies infirmières bien équipées en tous points et motivées à te garder en vie je ne dis pas, mais j'en doute. Alors ne t'emballe pas trop sur les théories, surtout si tu émerges tout juste mais... oui, tu es revenu à la vie et tu n'es pas le premier. » Il rangea son arme dans son étui de gilet à la taille, prit une inspiration et expira aussitôt en laissant son regard parcourir l'individu de la tête aux pieds. « Pas besoin de me céder le peu que tu as, je n'ai pas l'intention de te détrousser. Allez viens, avant que je ne change d'avis. »

Il lui fit un signe de tête à le suivre tandis qu'il reculait de trois pas, précautionneusement, avant de faire volte-face, allant en direction de l'escalier en fond de couloir vers lequel Thomas avait eu plus tôt l'objectif de se rendre, interrompu par un homme qui finalement l'y guidait. Il lui donnait de dos et jetait un regard de coté en chemin, vérifiant s'il le suivait. Ses bottes martelaient le plancher, lourdes et il avait une démarche presque aussi pesante, fatiguée peut-être, lassée sans doute, il gagnait les premières marches et se serait stoppé si Thomas avait décidé de rester sur place afin d'en connaître les raisons. Dans tous les cas il avait reprit entre-temps.

« Etant donné que tu es le trentième, sans trop exagérer, à qui je fais le topo, je vais aller droit au but et de toute façon aujourd'hui je n'ai pas le temps de traîner, j'ai du travail. Tu es vivant, ce n'est pas le paradis et c'est sûrement l'enfer mais tu apprendras vite que l'enfer est sur terre. Tu es mort et tu as disparu depuis des mois, il se peut même que cela fasse pratiquement une année. Tu réapparais ici, à Snyder dans le Texas et à l'ouest de Dallas, tu n'as plus de morsure, plus la moindre cicatrice, tu as été refait à neuf et tout ce que tu savais faire ou presque, c'est du passé.

Que tu ais été balayeur, boulanger, soldat, courtier, agent secret ou tueur à gage, ça n'a plus aucune importance, tu es redevenu un bébé qui a tout à apprendre et réapprendre, ça va sans doute te mettre en rogne mais tu vas l'accepter parce que c'est comme ça. Et avant que tu ne me poses cette fameuse question : je sais des choses mais je n'ai aucune fichue idée du pourquoi et du comment. Tu existes, tu n'as pas la chair qui pend, tu n'es pas désarticulé et tu ne grognes pas à tout bout de champ, c'est le principal dans l'absolu, le reste vient après. »

Thomas Lefebvre

Anonymous
Invité
Dim 28 Aoû - 15:40
Le silence s'éternisa. Je commence à détester cet homme. Mais c'est sans doute un effet secondaire du fait d'être à sa merci. Plusieurs fois mon esprit mît en scène ma mort. J'étais mort. Il avait tiré. Puis finalement, j'entendis le cliquetis de la sûreté. J'avais tout imaginé. Il n'avait pas tiré. Je suis encore vivant. Un soupir s'échappe de ma bouche mais le poids qui sert mon cœur n'a toujours pas disparu. Il peut encore changer d'avis. Son corps se détend mais pas son visage, ou alors je suis vraiment encore plus mauvais à deviner les expressions que je ne le pensais.
Je suis incapable de discerner ses arrières-pensées, encore moins depuis qu'il a baissé son arme et qu'il s'est remit à parler.
Il me dit qu'il sait ce qui m'est arrivé, que je suis bien revenu à la vie. J'étais donc bien mort... Mais quoi alors ? J'étais un zombie et j'ai guéri ? Comme si mon corps avait expulsé un corps étranger ? Ses explications restent très vagues et elles rajoutent plus de questions qu'elles n'apportent de réponse... Et je ne serais pas le premier ??? Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Que les zombies redeviennent des hommes au bout d'un moment ? Il n'y a pas de soucis à se faire, juste à attendre que cela passe ?
Il a l'air d'avoir encore plus de soucis que moi. Ou alors, il n'a pas eu la "chance" de mourir et tout ce sang, toute cette mort, ça l'a blasé. Mais en y pensant, "blasé" est un mot qui lui correspond très bien. J'analyse toute notre entrevue, surtout les derniers moments, et j'ai envie de dire que c'est un gros blasé. Ok les gens que t'aimais sont mort, et alors ? C'est pareil pour tout le monde. Ou alors il aimerait être un "ressuscité" comme moi... Je n'en sais rien et vraiment... Je m'en fous. Au moins il me laisse en vie et c'est suffisant pour que je recommence à l'aimer. Il a l'air d'un chic type finalement ! Un peu bourru peut-être... Mais s'il me donne à manger, je lui ferai (ou laisserai faire) tout ce qu'il veut. Enfin bref, je m'emballe et je ne sortirai le grand jeu que s'il me cuisine un menu entrée-plat-dessert. Et s'il a du fromage, du vin et du pain..., oh mon dieu, je me met à fantasmer.

Il se dirige vers les escaliers et m'offre son dos. Je ne suis pas une menace pour lui. Je ramasse quand même mon couteau car après tout c'est la règle dans les films d'horreur, les attaques ont lieu n'importe quand, mais je le tiens par la garde de manière désinvolte. Une tape de sa main sur la mienne et il tomberait tout seul. Je tiens à me protéger de toute attaque de zombie mais je ne lui veux aucun mal. Pas besoin d'en faire des tonnes, je suis sûr qu'il n'a aucun scrupule quant au danger que je pourrai représenter.
Il continue à parler alors qu'il s'approche des marches et j'essaye de me concentrer sur ce qu'il me dit, non pas sur ses pas lourds qui sont comme un bercement hypnotique. Ses nouvelles explications sont encore plus sommaires que les précédentes mais au moins, je sais une chose : je ne suis pas le seul dans ce cas. Au moins, je n'ai pas à tirer de fierté de mon nouvel état. Tout le reste est du blabla pour moi car il dit avoir du travail et qu'il n'a pas le temps de m'expliquer. Il a du travail... Mais quel genre de travail ? Et est-ce que je veux vraiment savoir ?
Enfin bref, il me dit que je suis comme un enfant, voire un nourrisson, j'ai tout à apprendre... Autant dire que je suis un poids mort et qu'il ferait mieux de me descendre. Ça ne me donne pas beaucoup d'espoir sur mes chances de réussite. Mais il veut que l'on monte et tout ce que je sais est qu'il n'avait pas besoin de me faire monter s'il voulait me tuer. À priori, je ne risque rien donc autant le suivre.
L'histoire du paradis et de l'enfer, je m'en tamponne. La vie est pourrie donc peu importe qu'elle épice le tout d'une apocalypse ou non. Mais il me dit quelque chose d'autre d'intéressant... Le nom de la ville. Je peux situer où je suis. Enfin presque. Dallas, je vois. Snyder, pas du tout. Mais c'est un nom de merde. On dirait le méchant des tortues ninjas. J'aurai pas pu choisir de me réveiller dans une ville plus originale ? Enfin... C'est le Texas donc c'aurait pu être pire.

On arriver vers les escaliers et son discours se termine. C'est à mon tour de poser des questions ou d'intervenir. Mais franchement rien ne me vient à part :
- Et donc, tu es revenu à la vie toi aussi ?
On ne peut pas faire plus banal. Mais vraiment, tout ce que je veux, c'est croquer dans un bon gros steak. Et puisqu'on est lancé, autant rester dans les banalités jusqu'au bout.
- Je m'appelle Thomas.
La curiosité est un vilain défaut mais il semble que ce soit le seul dont je ne dispose pas. Alors je ne vois pas quoi rajouter. S'il a trop de travail, peut-être qu'il me répondra plus tard. Cependant il m'a dit de ne pas faire dans les théories à la va vite...
- Tu disais que je suis revenu à la vie... J'étais mort, pas seulement endormi ?
La magie de l'anglais, you veut dire vous et tu. Mais vraiment, si j'étais mort... Ça change plein de choses. L'histoire de ne plus avoir de cicatrice est par contre étrange mais inutile, je n'ai pas souvenir d'en avoir eu dans ma vie. À part les traces de piqure bien sûr...

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Mer 31 Aoû - 22:46
Restant dans un stoïcisme continu, l'homme poursuivit sa montée des escaliers, s'arrêtant à mi-chemin pour se retourner et surveiller Thomas qui le suivait. Son regard s'orienta assez vite vers le couteau que le jeune homme tenait mollement à la main, il ne reprit pas sa marche alors, passant le regard du bas vers le couteau puis aux yeux bien plus hauts de son vis à vis, il laissa filtrer une lueur de réflexion et de méfiance dans son propre regard. Après quelques instants où la situation se figeait à nouveau dans le temps, il recula d'un pas et d'un geste de main à peine soulevée, sans quitter Thomas de son attention, il indiquait l'étage supérieure dont le jeune homme apercevrait un bref espace donnant sur un mur en face et une porte à droite.

Thomas pouvait percevoir de légers bruits qui provenaient du haut, comme des gargouillements de bouche, ou des balbutiements, assez étranges et à peine perceptibles, octroyant le sentiment que ces sons parvenaient de loin.

« Je crois qu'il est inutile de t'en expliquer les raisons, mais je préférerais que tu passes devant. Tourne à gauche et va jusqu'à la deuxième porte, j'y ai planqué quelques affaires et une amie. Elle est un peu... étrange et ne parle pas beaucoup, je suis sûr que vous vous entendrez. J'imagine que tu as faim et soif non ? »

Il patienta que Thomas accède à sa requête et reprenne la marche, pour suivre le pas et grimper à son tour. A l'étage, le même plancher recouvrait le sol et un long tapis rouge et marronnasse aux motifs floraux, sur la gauche, prolongeait un couloir équivalent à celui de l'étage inférieur et qui donnait sur plusieurs portes. En bout, visible depuis les escaliers aux rambardes spacieuses, une fenêtre à battants grande ouverte. La porte tout de suite à droite en haut des escaliers était entrouverte, sans que l'on ne puisse y voir à l'intérieur à moins d'y aller concrètement.

A gauche, une autre porte - fermée - donnait en face de la première et le long du couloir, deux autres portes à droite et deux à gauche supplémentaires, toutes fermées et toutes donnant sur des pièces, probablement la salle de bain, des chambres, un bureau peut-être, des toilettes... tout ce que l'on est en droit d'attendre d'une maison en somme. On pouvait assez vite remarquer que le tapis était maculé de sang tout du long, une substance qui avait aspergé le plancher et les murs à différents endroits, laissant une scène inquiétante, bien que l'aspect rougeâtre avait terni et séché, preuve que cela devait dater déjà.

« Tu es mort... » Avait reprit l'homme à la voix toujours très grave dont des mèches de cheveux s'ajoutaient devant son visage à mesure qu'ils grimpaient les escaliers et rejoignaient l'étage, voilant encore un peu plus ses yeux inquisiteurs.

« ...et revenu à la vie. Ce n'est pas mon cas, mais je connais d'autres gens à qui c'est arrivé, ils ne sont pas loin d'ici, tu auras sans doute plus de réponses auprès d'eux, ou alors tu auras plus de chances d'en trouver. Ils sont quelques-uns et ils restent des survivants pour autant.

J'ai dit que tu étais le trentième à qui cela arrivait, il devait y en avoir plus probablement, beaucoup sont morts et pour de bon cette fois, alors ne t'attends pas à davantage de miracles, pour peu que s'en soit un. Si tu veux tout savoir, j'opterais pour la malédiction, d'avoir à revenir dans un monde comme celui-ci. Quoi qu'il y ai de l'autre coté, je doute que ce soit pire, sauf si tu es le genre d'homme qui mérite pire. »


Il avait appuyé ses derniers mots avec plus de lenteur, pour les détacher du reste de son discours de par un ton fort en sous-entendus. Nul doute qu'il s'interrogeait à savoir si Thomas était un homme qui méritait d'être puni pour des fautes difficilement ou certainement pas pardonnables, ou s'il était différent.

Thomas Lefebvre

Anonymous
Invité
Ven 2 Sep - 11:38
Dans les escaliers, on s'arrête à nouveau et il se retourne pour me fixer. Sans doute s'inquiétait-il de ce que je ferai une fois dans son dos car je n'eu aucun mal à voir son regard interrogatif, ou tout du moins en train de peser le pour et le contre, sur mon visage et mon couteau. Au moins, je pu m'assurer qu'il était bien capable d'émotion et d'expression faciale.
Ce court silence me permet en tout cas d'entendre qu'il ne s'étend pas partout. Des sons étranges, étouffés, me proviennent de là-haut. Je ne suis plus très sûr de vouloir y monter... Toujours se méfier de l'inconnu après tout. Et des inconnus, comme me le rappelait toujours ma mère.
Finalement, mon hôte me fait signe de passer devant. Lui non plus ne semble pas offrir facilement sa confiance aux gens qu'il ne connaît pas. Sa mère l'a bien élevé ! Donc je suis les ordres et marmonne assez vite :
- J'ai rien pour ranger mon couteau. Et on ne sait pas quand les morts vont venir... Pas envie qu'il se coince dans ma poche...
Mais j'obtempère assez vite et j'écoute attentivement les indications. J'en profite pour observer en haut et essayer de comprendre ces gazouillis, ces sons étouffés, mais tout ce que je vois, c'est un mur et une porte sur la droite. Donc ce n'est pas celle qu'il m'a indiqué. Il y a plusieurs portes à l'étage, plusieurs pièces. Les maisons américaines sont vraiment trop grandes, ce ne doit pas être pratique à barricader.
S'il tique à cause de ma remarque, je n'ai pas le temps de le voir ou de le savoir car il continue ses explications sur ce que je trouverai dans la-dite pièce : une jeune fille qui deviendra bientôt mon amie... J'ai beaucoup de doute à ce sujet. En premier lieu car je ne me rappelles pas avoir jamais eu d'ami un jour mais aussi et surtout car les bruits qui atteignent l'escalier n'ont rien d'encourageant sur sa santé mentale. Mais bon, je ne devrais pas me faire de première impression car on a vu ce que cela a donné avec le monsieur tout à l'heure. Donc j'arrive en haut des escaliers et je fais attention à chaque pas. On ne sait jamais s'il aurait pu piéger le couloir. Je regarde aussi mon interlocuteur du coin de l'œil. Il me parle de boire et manger mais ce pourrait être pour m'amadouer. Je reste détendu mais pas fou, tout peut arriver dans un monde post-apocalyptique (ou pile poil apocalyptique...). The Final Countdown passe en boucle dans ma tête. Surtout le riff d'intro. Cette chanson me semble totalement appropriée à la situation.

J'en profite aussi pour voir qu'une vitre termine le couloir de l'étage. Et elle me semble ouverte, ça n'a pas l'air très sécuritaire... Enfin je ne me permets pas encore de critiquer ce que je vois, ce serait mal venu. Et j'essaye d'éviter de regarder trop longtemps le tapis pour éviter d'avoir la nausée. On est loin du kitch mais aussi du bon goût. Ah vraiment, le Texas... Les Rednecks...
La porte qu'on voyait d'en bas semble entrouverte mais il m'a dit d'aller à gauche donc je ne vais pas commencer à lui désobéir. Je me demande s'il en surgira un autre "survivant" ? Scénario type "l'arroseur arrosé" et il se retrouve avec un flingue sur la tempe. Typique !
Je suis en haut et je vois plein de portes. À gauche comme à droite. Et je ne sais déjà plus vers laquelle je dois aller. La gauche, je m'en rappelle mais après... Ce serait vers celle du fond du coup ? Je commence à y aller et je fais semblant de ne pas voir qu'il y a encore plus de sang séché et bruni ici que dans le salon. Je ne sais pas combien de cochons ont été égorgés ici mais assez pour nourrir tout le monde pendant un Oktoberfest... Je m'avance lentement vers la porte du fond, à gauche, et je commence à réagir à ses dernières interventions. Je suis mort, tout du moins je l'étais, et on est plein dans ce cas. Amusant. On dirait la phrase d'intro pour un mauvais film de vampires : "tu viens d'être changé en un monstre contre ton gré. Tu pensais être seul jusqu'alors mais tu découvriras bien vite que cela aurait été préférable". La deuxième nouvelle est qu'ils se sont regroupés pas loin d'ici donc je pourrai les rejoindre (s'il ne change pas d'avis et qu'il ne me tue pas). Eux sauraient sans doute ce qui m'est arrivé mais je ne pense pas que cela m'apporterait grand chose de le savoir. Quoique cela pourrait peut-être m'aider pour ma survie. Pour une fois que je gagne au loto, il fallait que les bureaux de jeux aient mis la clé sous la porte. C'est un peu cette image que m'inspire toute cette histoire. Bravo Thomas. T'es revenu à la vie mais en fait, tu vas bientôt mourir alors profite des emmerdes tant que ça dure.
De ses maigres explications, je ne retiens au final pas grand chose même s'il se permet une petite réflexion pour savoir si je suis pécheur ou pas. C'est un peu déplacé alors je réponds du tac au tac, il en conclura ce qu'il veut :
- Dieu est seul juge.
C'est tellement hypocrite provenant d'un athée... Enfin la résurrection de ma chair pourrait changer mes convictions.

L'enfer, le paradis. Ça m'inspire pas trop. Je ne me rappelle pas de grand chose pendant ma mort, à part ce rêve totalement inspiré de mes meilleurs bad trips sous acide. Si l'enfer, c'est ça... Au moins j'aurai l'impression d'être emprisonné dans un David Lynch, ce réalisateur qui a marqué la génération de mes parents à tel point que ma mère m'a obligé à tous les regarder quand j'ai eu 20 ans. Ça aussi, c'est un souvenir qui vient de refaire surface. Et ce n'est vraiment pas un des plus utiles pour ma survie. Sauf si je trouve une bûche-prophète qui ne parle que dans ma tête.
Je suis presque arrivé au niveau de la dernière porte sur la gauche et je tend l'oreille pour voir si c'est bien de la que proviennent les bruits. Et quelque chose me dit que c'est aussi le moment de poser les bonnes questions alors je respire un grand coup et je me lance d'abord sur sa copine :
- Je ne veux pas faire la fine bouche mais, elle va bien ?
Je pointe mon pouce en direction des bruits. Est-ce qu'elle ne serait pas bâillonnée ?
- Si je dois devenir ami avec elle... Autant me prévenir.
Un présage fait place dans ma tête et il s'agit d'un autre cliché des zombies : le mec qui garde sa copine morte avec lui car il ne peut se résoudre à la trépaner.

Je n'ouvrirai pas la porte, on ne sait pas ce qui peut se trouver de l'autre côté.
- Ca fait un an depuis le début des zombies ? Vous en êtes déjà aux conserves et à la chasse ?
Les séries sur les zombies étaient légions quand j'étais ado et j'avais un petit côté boulimique. Il faut croire que résurrection ou non, mon cerveau a de toute façon absorbé tellement de merdes télévisuelles qu'il n'a pas la place pour grand chose d'autre.
- Que voudras-tu que je fasse en remerciements ? La bouffe n'est pas gratuite, j'imagine.
Autant poser les questions qui fâchent maintenant car j'ai beau avoir imaginé plein de choses s'il m'offrait à manger, je préférerai juste avoir à faire le ménage.

- Et donc, tu travailles tranquille et après, c'est quoi la suite des événements ? Je rejoins les autres ressuscités ? Ils ont monté une secte ? Je ne juge pas, faut se serrer les coudes...
Une dernière petite question pour la route mais j'essaye d'atténuer le côté "petit con" de mon ton. Après tout, il est en train de m'aider ou en donne l'impression donc je me dois de rester poli.
- Ma question serait plutôt : est-ce que j'ai envie de les rencontrer ? Je demande parce que vous n'êtes pas avec eux alors que vous semblez être sensé.
Sensé tant que la porte reste fermée. On verra bien si j'ai toujours cette impression quand il l'aura ouverte.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Mar 6 Sep - 23:02
L'homme suivit Thomas à travers le couloir, restant dans son dos et le fixant derrière ses mèches de ses yeux sauvages. Il s'interrogeait, c'était certain, l'analysait, cela pouvait se percevoir, mais surtout, le scrutait, observait chacun de ses gestes et se concentrait sur chacun de ses mots. A sa façon, il le dépoussiérait tel un livre laissé trop longtemps sur une étagère à l'odeur de moisi, tout comme ce jeune homme maintenant.

Lorsque Thomas s'arrêta en le couvrant de questions, indiquant au passage la porte vers laquelle il l'avait dirigé, il s'arrêta à son tour trois pas plus tard et d'un geste tranquille et volontairement lent, venait saisir la poignée de la porte. Derrière, on pouvait percevoir maintenant plus que des gargouillements, de légers râles, entrecoupés de moments de plein silence. Après que Thomas eut parlé, il y eu un nouveau silence soudain, qui dura plusieurs secondes. C'est alors qu'arrivant comme le diable bardé de surprises et de brutalité, la porte fut violemment frappée par ce qui se trouvait derrière. Les légers râles devenaient de véritablement grognements éraillés et pleins de rage, les coups portés à la porte s'enchaînaient avec tant de colère que l'on voyait cette dernière sursauter sur ses gonds, malmenée avec la plus grande sévérité.

Un retournement de situation presque instantané qui aurait eu de quoi fiche la frousse à Thomas, le faire sursauter, peut-être même le terrifier, alors que l'homme au gilet tactique équipé et parsemé d'armes, lui, restait d'un calme froid et au moins aussi perturbant que cette créature assurément qui agressait la porte. Il savait parfaitement ce qui se trouvait derrière. Son regard strict et noir vint percer celui du jeune homme et il gardait la main sur la poignée. Quand il répondit, sa voix grave mais assez légère se raffermissait encore davantage sans vraiment changer de son ton très serein.

« Elle ne va pas bien. » Tranchait-il durement. « Elle a connue ce que tu as connu, mais n'a pas eu ta chance, ou ta malchance, c'est toi qui voit. Alors voici le deal. »

Il n'y avait plus la moindre variation, incertitude dans sa façon de lui parler et lui répondre, contrairement à ses précédentes paroles d'après la mise en joug lorsqu'ils étaient au rez-de-chaussé. Ainsi comme lorsqu'il le pointait de son arme, il se montrait glacial.

« Je vais ouvrir cette porte et nous laisserons dieu juger, puisque c'est ce que tu veux, savoir ce que tu mérites vraiment ou non. Soit tu abrèges ses souffrances sans être blessé, et je te donnerais de quoi manger, boire, je répondrais à tes questions et je te dirais comment rejoindre le groupe dont je t'ai parlé.

Tu auras une chance de te faire accepter et donc de t'en sortir. Soit tu préfères que je laisse cette porte fermée et tu t'en vas sans tarder, tu te débrouilles seul, avec autant de chance de t'en sortir que j'ai de chance de siroter un coktail au bord d'une plage dans les mois qui viennent. Tu parles beaucoup, mais j'ai un doute, alors je te laisse le droit de choisir. »

Thomas Lefebvre

Anonymous
Invité
Ven 9 Sep - 0:46
Il m'a rejoint à la porte et, je suis sûr maintenant que cet homme est un pervers, il posa sa main sur la poignée de la porte pendant qu'il me répondait. Après quelques secondes de silence des plus appréciables, cette nouvelle amie s'est jetée avec violence et boucan sur cette porte sur le point de s'ouvrir. Autant dire que je ne faisais pas le fier car ce n'est pas une femme qui s'est jetée sur le bâtant mais un animal ! Les cris et les coups ! Si je n'étais pas encore bien réveillé, l'adrénaline a fait un grand bon et j'étais plus qu'alerte. Ce nouveau choc combiné à la fatigue me fit trembler. C'était involontaire mais je ne pouvais pas m'en empêcher. La suite de son discours, et surtout ses réponses, ne faisaient rien pour arranger mon état...
Il m'a fait une proposition et je suis à deux doigts de la refuser. Si je veux boire et manger, il faut d'abord que je prouve ma valeur. En tuant la demoiselle de l'autre côté. Il me dit que je ne dois pas être blessé mais je ne sais pas à quel point il est sérieux à ce sujet. Il m'a même fait une vanne sur Dieu qui décidera de mon sort... À force de jouer avec le feu, blablabla. Ça m'apprendra.

Le deal est simple mais il ne m'enchante pas. Je viens de "renaître" et j'en sens encore les contrecoups. Je ne pense pas avoir la force suffisante pour achever une hystérique. Mais je pense que j'aurai encore moins de force pour essayer de trouver tout seul le campement des "miraculeux".
Inconsciemment, je ressers la prise de mon couteau. C'est une maigre consolation, une manière de me rassurer comme je peux. Il faut déjà que je tues quelqu'un, à quelques heures de ma nouvelle chance. Si j'étais croyant, je n'aurai pas d'autres choix que de me dire que je suis bien arrivé en Enfer et que ma résurrection est un mensonge des démons. Bon, l'idée m'effleure quand même mais je me dis surtout que c'est une question de survie. La vraie question c'est pourquoi il n'a pas voulu la tuer lui-même ? Mais c'est une question que je ne lui poserai pas. En tout cas, pas tout de suite. Et certainement jamais si je refuse cette proposition.

Les secondes passent et mon stress ne diminue pas. Les coups de la folle non plus. Je n'arrive toujours pas à dire oui ou non car je n'ai pas envie de risquer ma vie contre cette bête mais si je ne mange pas ou ne bois pas, on ne sait pas ce qui risque d'arriver dehors. Je pourrai mourir de déshydratation avant même de faire face à un mort.
Quand cette idée traverse mon esprit, la décision est d'un coup plus facile à prendre. Il semble évident que le seul choix qui me reste est celui de la façon de mourir. Mourir comme un chien errant n'a rien de plaisant. Mourir tuer par une hystérique promet d'être sans doute plus rapide. Et puis, la perspective de la récompense immédiate si je tue l'autre reste alléchante.  Je suis donc tiraillé entre l'envie de survivre à tout prix et celle de ne pas faire plus d'efforts que nécessaire. Traîner seul dans le coin, c'est être une proie facile et surtout c'est ne pas savoir quand on trouvera à manger ou à boire.

Je tremble toujours mais ma décision est prise :
- Sans être blessé ou trop blessé ?
Le pari est dans cette simple question. Elle était comme moi mais ça s'est mal passé, qu'il a dit. Elle est toujours infectée ? À moitié zombie ? Si elle me mord ou me griffe, je retourne à la case départ ? Je le regarde en coin et je me dis qu'il ne vaut mieux pas que je lui pose la question. La réponse ne changerait rien pour moi. Un pervers va me regarder tuer une femme et c'est tout. Enfin... Je ne me permettrai aucune réflexion, il ne manquerait plus que ce soit sa femme qui ai raté la "transformation" et que je dois la tuer pour lui.
- Ok. Je n'ai pas vraiment le choix.
Maintenant, je peux lui demander :
- T'aurais pas une cigarette, s'il te plait ? Au cas où "Dieu" choisirait que je meurs.

En tout cas, je me prépare et je ressers encore plus ma prise sur le couteau. Il faut que je sois prêt ! Comme les scouts...
J'espère quand même avoir droit à une cigarette avant le massacre. Celui de la fille ou le mien.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Mer 14 Sep - 0:45
La créature non-vivante, sans plus aucun questionnement sur ce fait, tambourinait comme une diablesse sur la porte, souhaitant plus que tout sortir pour découvrir ces proies potentielles qui attendaient là, à deux pas, et ainsi fondre dessus dans le but de satisfaire ses besoins cannibales. Elle ne s'arrêtait pas, ne cessait de grogner, râler, frapper, s'enrager... il n'y avait aucun moyen de la calmer ou de l'en empêcher, aucun si ce n'était d'endommager son cerveau suffisamment pour qu'elle s'effondre et ne se relève jamais. L'apocalypse avait apporté son lot d'incertitudes et de craintes sur ce qui pouvait arriver, comment, sur la nature des gens et ce qu'ils étaient capables de faire, souvent sans que l'on ne puisse les voir venir. Mais dans le cas des rôdeurs, les choses étaient d'une limpidité affligeante : ils voulaient se nourrir, tuer et ceux qui vivaient toujours, pleinement conscients, n'avaient qu'une option.

Malgré les terrifiants éclats de rage du monstre, l'homme à l'aspect sauvage et à la chevelure envahissante pour son regard, ne bougea pas d'un millimètre ni ne relâchait la poignée. Il restait là, à fixer le jeune homme originaire du vieux continent, observant ses faits et gestes avec toujours autant d'attention, même plus, qu'auparavant. La main qui se resserrait sur le couteau, le stress, l'hésitation, la crainte, les tremblements... Thomas transpirait l'humanité et le chasseur aux ultimatums aussi directs que cruels n'en perdait pas une miette. Quand il lui posa une simple et pourtant étrange question, la première, il ne répondit rien, continuant de disséquer ses expressions, émotions apparentes et réactions, sans faire le moindre écart dans son imperturbable rigidité. Puis vint la résignation, ensuite, le dernier vœux du condamné comme on pouvait l'en qualifier.

C'est seulement là que l'homme, après quelques instants d'un prolongement qui frôlait l'insupportable, dans ce moment de grande intensité, se décida à lâcher la poignée et tout en plissant légèrement les yeux de suspicion, s'approcha de lents et calculés pas du jeune homme, s'arrêtant devant lui, sans avoir de vraisemblable retenue quant à la distance de sécurité, celle qui le séparait du bras armé de Thomas. De la même manière que dix minutes plus tôt, il était évident que ce type ne considérait pas le français comme une menace pour lui. Excès de confiance ou assurance quant à ses facultés ? Difficile à dire, mais il paraissait - sans l'avoir encore prouvé - dangereux avec une allure très charismatique.

Il prit une grande inspiration, le regardant droit dans les yeux, à la suite de quoi, relâchait enfin sa fixation pour porter le regard à une poche de son gilet tactique - au niveau de son torse, vers laquelle il porta une main, s'en servit pour l'ouvrir et la glissa en dedans. Quelques courts instants après, il en sortait non pas un paquet de cigarette, ni une arme, ni un briquet... mais deux barres chocolatées en sachets, le genre de mélange de céréales, chocolats et autres machins bourrés d'énergie, qu'il vint tendre à son vis à vis, aussi surprenant que cela puisse être après la scène qu'il venait de lui faire subir.

« Prends ça, Thomas. C'est tout ce que j'ai sur moi alors faudra t'en contenter. Je vais probablement faire une connerie mais... range donc ton couteau dans une poche, dans ton dos, dans ton caleçon, où tu veux. Tu ne t'en serviras pas aujourd'hui. On va redescendre, sortir de la maison, je vais te donner ma gourde d'eau et t'indiquer où se trouve le campement des gens comme toi. T'es bien tombé, il te reste plus qu'à saisir ta chance, prendre ces barres chocolatées et ensuite ton avenir en mains. Mon job va s'arrêter à ça. »  

Il laissa le temps à Thomas de se décider à prendre ou non ce qu'il lui proposait, sans faire montre de plus de sympathie qu'avant, ou même de l'ombre de la moindre sympathie puisqu'il avait agi de manière parfaitement antipathique jusqu'ici. Malgré tout, il semblait sincère, aussi bizarre, effrayant, incompréhensible ou spécial que cela pouvait être, le choix du terme le plus proche ou d'un autre appartenait à Thomas. Derrière, le raffut du cadavre continuait inlassablement.
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