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[CS, A, 2] Acharnement tragique - 20/03/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Sam 21 Mai - 12:58







Acharnement tragique
Interprété par James Everett, Elizabeth Evans et Melody Campbell

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 21 Mai - 20:23
L'enclume, cette pièce d'acier incroyablement lourde allant parfois jusqu'à quatre cent kilos, si écrasante que sa pression mettrait à mal le plus solide des dos de bodybuildeur cultivant l'excellence de la musculature, c'était ce qui représentait le mieux ce qu'il ressentait, alors qu'il émergeait de ténèbres si profonds qu'il eut à la fois l'impression de s'être évanoui la seconde d'avant et celle d'être resté inerte des heures. Combien de temps était passé, il n'en avait aucune idée, il savait simplement que son crâne du front à l'arrière lui faisait un mal de chien. Tout son corps était endolori et son visage était pressé contre une forme blanche inégalement solide, ses jambes étaient presque aussi lourdes que sa tête et ses bras avachis de chaque coté, l'une la main mollement posée d'une façon peu confortable, l'autre pendant presque près du siège.

Il avait l'effet d'avoir servi de mannequin désarticulé pour une expérience trop violente et à mesure qu'il revenait à lui sa vue un peu floue se reconstitua progressivement, si bien qu'il commença à discerner une silhouette qui bougeait non loin de son visage. Était-ce les secours ? Les gens du camp les avaient-ils entendu se planter dans le décor pour accourir les tirer de leur misère ? Elizabeth, sa beauté blanche, comment allait-elle ? Comment était-elle ? Était-elle blessée ? Était-elle... il sentit son esprit se raisonner et ses sens s'éveiller avec une grande nervosité en percevant des bruits étranges. Des dizaines de pensées défilaient à une vitesse folle et si l'état de son corps laissait à désirer dans son ensemble, il ressentait l'envie, le besoin de bouger et de faire quelque chose là, tout de suite, de prendre état de sa douce et de Melody. Elle était avec eux, la chasseresse, les dernières images de la brune en train de se débattre lui revenaient et son crâne fut plus lourd encore à ce moment, nécessitant plusieurs instants à essayer de faire le vide en fermant les yeux pour que l'oppression de son cerveau ne s'atténue.

Il essaya de bouger la tête, sentant son visage glisser laborieusement contre cette chose à la fois solide et pleine de vide qu'il voyait blanche, avant de comprendre qu'il s'agissait de l'airbag qui avait du dégonfler, ou péter et s'était retrouvé coincé entre le visage de l'homme et le volant. Douloureusement, difficilement, il hissa ses mains qui lui donnèrent la sensation de peser une tonne mais finit par tirer dessus suffisamment pour les amener contre le volant et pousser de ses maigres forces pour soulever son corps. Il cligna des yeux, plusieurs fois en soupirant des pénibles efforts qu'il fournissait pour accomplir quelques gestes, ses traits particulièrement marqués par la grimace qu'il ne cessait de faire malgré lui. Si tous ses membres lui faisaient savoir, de la moins agréable des façons, qu'ils vivaient, sa vue, son ouïe et son toucher ne tardèrent pas à revenir pleinement à leur tour, lui laissant l'ardu loisir de voir qu'il était toujours dans la Cadillac, et elle s'était encastrée dans le mur d'enceinte d'une propriété jusqu'à donner sur la maison que le mur planquait, ou ce que l'on pouvait en voir, les lourdes briques du mur brisé pesant sur le pare-brise enfoncé vers l'intérieur de la voiture. Il laissait d'importants trous à divers endroits, le reste tellement fissuré que l'on ne pouvait plus rien distinguer d'autre.

Il voulut tourner la tête vers Melody pour voir comment elle allait et dans quel état elle était avant de poursuivre dans le mouvement vers Elizabeth derrière lui, mais les bruits étranges qu'il avait approximativement perçu devinrent si nets qu'il fut immédiatement glacé d'effroi, moins glacé pour autant que la silhouette qui l'incita à braquer le regard si soudainement sur sa gauche que ses cervicales lui firent payer cher le mouvement : un visage affreux, des lèvres déchirées pour ne plus laisser voir qu'un ensemble de dents loin d'être blanches mais toujours entières et sans qu'une ne manque. Quant à la peau, elle était en lambeaux et continuait de se détacher dans un amas de sang gélatineux et de pus car la bête avait la tête à moitié dans la voiture par la vitre dans un aussi sale état que le pare-brise et largement brisée au milieu. Un rôdeur, qui forçait stupidement mais sûrement sur son propre visage pour pousser sa tête à travers la cassure sans rien ressentir de ce qui aurait du être une horrible et insoutenable douleur à se déchiqueter ainsi par le verre, plus encore qu'il était insoutenable de l'observer sans avoir une envie marquée de vomir ses tripes. Ses mains étaient agrippées près de son visage et laissait le verre en ouvrir les paumes et les doigts avec tout autant d'indifférence, recouvrant la vitre morcelée d'un rouge carmin.

La peur, si tôt partie lors du choc et si tôt revenue au réveil, saisit le chirurgien et prit le pas sur ses douleurs, encouragé par l'adrénaline qui montait rapidement en faisant galoper son coeur et dilater ses pupilles plus que de raison. D'un appui grondeur de par sa difficulté il se poussa contre le siège et sursauterait, s'il n'était pas encore passablement endolori, au choc des mains d'un autre mort contre une vitre derrière lui. Il y en avait d'autres, ils les avaient trouvé et ils venaient les prendre. Elizabeth, il devait l'aider.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
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Mer 25 Mai - 17:16
Un cri, perçant, avait retentit dans ses oreilles. Si aiguë, si fort, empreint d’une terreur innommable, peut-être même mêlé à une rage indescriptible. Plongée dans la limbe d’une mémoire éteinte, la conscience d’Elizabeth flottait à mi-chemin entre deux réalités, jouant d’un équilibre si parfait qu’il en devenait difficile de savoir où commençait le rêve, et où finissait la réalité.
Une réalité qui s’était interrompu brusquement, brutalement, la ramenant des dizaines d’années en arrière, au commencement. C’était dans un petit cagibi, sous les marches d’un escalier, parmi la poussière et la saleté, que ses yeux juvéniles cherchaient à percevoir le moindre éclat de clarté. Les ombres et la lumières dansaient dans un chaos combattif entre les interstices obliques d’une porte à l’image de stores vénitiens pas tout à fait clos. Elle s’était réfugié, les talons repliés sous ses fesses et les genoux pressés contre son petit buste, dans ce clos et exiguë refuge pour se protéger de cette tempête qui ravageait l’appartement, sous les traits d’une mère biologique dont elle ne connaissait ni l’odeur, ni le rire, encore moins la colère, la peine, ou la rancoeur. Une mère qui n'en a porté que le titre durant une année entière.
Et puis les cris se muèrent en pleurs et sanglots, pour finir dans un silence plus que glaçant. Un silence qui poussa l’enfant, baigné dans une terreur qui l'avait accompagné depuis ses premières respirations, à sortir de son cocon protecteur avec cette boule au ventre non pas pour l’instant présent et ce qui se dessinerait sous ses yeux, mais sur l’instant futur et le néant qui s’y profilait. Un avenir blanc, rose ou bleu, ovale ou rond, pas plus grand que quelques centimètres qu’on auraient pu prendre pour des bonbons, dont les restes s’échappaient d’une main convulsant.
Il n’y avait eu qu’à attendre que supplice se fasse, sans avoir à se battre, en perdant tout espoir, les yeux rivés sur le plafond, mouillés et gonflés de larmes qui avaient creusés de large sillons sur une peau craquelée de fond de teint, et ruisselant de mascara noir.

Voilà tout ce qu’avait symbolisé cette femme qui s’éteignait juste devant elle, tandis que le bout de ses souliers vernis taille 26 marchaient sur les éclats de porcelaine d’un bol de chocolat et de son contenu, d’une tasse de café froid, du verre d’un bocal à poisson rouge que l’occupant avait déjà déserté depuis quelques jours à travers la cuvette d’un WC, d’une ampoule grillée, d’un pot de fleur artificiel en terre cuite rempli de mousse, et de plastique, le combiné tintant d'un téléphone portable noyé dans le désordre. La lâcheté.

Enfant du silence, voilé et contrefait, aucune épreuve ne serait plus difficile que celle de sa propre naissance, alors si elle pouvait encore se battre, elle le ferait, corps et âme.

C’est dans la douleur que le réveil se fit, une douleur sourde, atténuée par le choc et l’état plus que demi-conscient d’une Elizabeth dans une condition alarmante. Sa tête reposait lourdement sur la vitre à sa gauche, des bouts de verres enfoncés dans sa joue, sa tempe et le côté de crane qui baignait dans un flot de sang important. Ses deux jambes étaient paralysés, même si l’effort qu’elle avait tenté d’imposer à son corps pour connaitre sa propre situation n’avait été aussi soutenu qu’elle l’aurait souhaité, elle arriva à comprendre qu’il lui était impossible de bouger. Ni ses jambes, ni son corps, alors que ses mains tremblantes, crispées, cherchaient désespérément à s’accrocher à quelque chose de tangible. Il était impossible pour elle d’identifier toutes les douleurs qui parcouraient son corps tant elles étaient multiples, mais la plus marquante se manifestait à chaque respiration, à l’intérieur même de son corps, et juste à sa surface, sur son thorax. Une brûlure traversante de part en part.

Elle se rappelait alors de ce qu’il s’était passé. James avait perdu le contrôle de son véhicule en tentant de raisonner Melody, installée à ses côtés, alors qu’il roulait à une vitesse assez excessive. Dans un geste réflexe, galvanisé par l’expérience précédente qui lui avait rappelé combien il était sans doute nécessaire d’attacher sa ceinture de sécurité, elle avait lutté hâtivement contre l’inertie de quelques virages soudains jusqu’à parvenir au dernier moment, juste avant l’impact, à clipser l’attache dans son logement.
Le reste n’avait été qu’un hargneux désordre où quelques images issus de son plus lointain passé lui revinrent à l’esprit. Un choc, une souffrance, plus rien.

En ouvrant les yeux, sa vue trouble ne l’informa guère plus de la situation dans laquelle elle se trouvait, mais pu remettre quelques mouvements qui la forçaient à reprendre plus rapidement ses esprits. C’était toutefois peine perdue. Le choc avait été si important que sa tête avait percuté la vitre se fissurant largement, et quelques éclats s’étaient même délogés de la paroi de verre. Elle se faisait pourtant violence, une certaine lucidité l’ayant retrouvé, cherchant à savoir dans quelle situation était James.
Elle avait du mal à croire ce qu’ils venaient de vivre, et que malgré tout ce qu’ils avaient traversé, ils pouvaient perdre la vie à cause d’un accident de voiture. C’était aussi tragique que risible.
Les larmes montèrent à ses yeux, puisant dans les dernières forces qui lui restait pour essayer de crier son nom. Mais ce ne fut qu’un murmure, à peine audible, qui parvint à franchir les portes de ses lèvres. Elle avait sans doute quelques côtes fêlées, voir cassées, des contusions et des hématomes sur l’ensemble du corps dû à des corps étrangers qui avait traversés l’habitacle, un traumatisme crânien, et surtout les jambes complètements immobilisées, écrasées contre le siège conducteur qui avait reculé jusqu’à elle.
Un puissant sanglot la fit tressaillir, attisé par la peur, lorsqu’elle sentit derrière la vitre contre laquelle elle reposait un nouveau choc escorté d'un grondement.

Ils étaient là, les morts, venus s’emparer d’eux alors qu’ils tanguaient vers le précipice des enfers. L’odeur puante du kérosène qui se rependait partout là-dehors, et celle des cadavres en décomposition qui cherchaient à lécher le moindre liquide carmin qui parviendrait à filtrer à travers les fissures.
Elle ignorait si elle allait s’en sortir, mais elle lutterait. Chaque respiration, chaque mouvements de doigts ou de mains, étaient un combat acharné. Il fallait qu’elle bouge, qu’elle sache. James. Elle n’arrivait, ni à l’entendre, ni à le voir, mais elle suppliait qu’il vienne la sortir de là.
Sa vision se précisa alors qu’elle observait dans la diagonale du véhicule, vers l’emplacement où devait se trouver l’autre femme non loin du spectacle horrifique d’un mort cherchant à se frayer un passage à l’intérieur, la peau déchirée en lambeau.

Melody Campbell

Anonymous
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Ven 10 Juin - 17:10
Le néant, le vide absolu est un concept insaisissable pour beaucoup de personne, une sensation fugace dès que l'on émerge plus ou moins de la torpeur dans laquelle on est plongé que cela soit volontaire ou le résultat d'un choc. Une odeur, un bruit ou le temps écoulé, Gaïa seule sait ce qui peut déclencher la reprise de conscience de la brune. Les yeux clos son ouïe est assaillie par des sonorités diverses et variées pour lesquels elle ne peut mettre un nom dessus, son crâne se réveille également lui donnant l'impression d'être prit dans un étau. Lentement ses terminaisons nerveuses l'informent que l’entièreté de son corps semble présent mais incroyablement lourd voir lié par quelque chose. Le sentiment d'être prise dans un piège mortel s'impose à son esprit alors qu'elle sent contre sa joue la toile d'un airbag dégonflé.

Les souvenirs affluent dans son esprit, sa sortie avec Jordan qui a tournée au cauchemar quand il a été attaqué par deux femmes, son échappée pour aller chercher de l'aide, James qui accepte de venir l'aider puis Elizabeth qui se joint à eux. Tout s’accélère ensuite en une avalanche douloureuse James qui repart à vive allure, qui fait demi-tour, qui abandonne le jeune homme à son sort, elle se souvient qu'elle a littéralement craqué, la voiture qui échappe au contrôle du médecin et l'accident. Elle suffoque d'un seul coup et cherche à se redresser sur son siège la tête prise dans cet étau et ce brouillard chaque geste en est difficile, son corps perclus de douleurs qui ne lui obéit qu'à moitié. Alors qu'elle cherche à reprendre son souffle, elle porte la main à son visage quelque chose la gênant quand elle ouvre les yeux avant qu'elle ne regarde ses doigts pour y découvrir du sang. Une blessure sur le front ou la tête maybe, elle ne sait pas le dire.

La chasseresse perçoit un grognement sur sa droite, ce qui n'a pas lieu d'être son raisonnement reste décousu mais James était à sa gauche et Elizabeth derrière. Clignant des yeux et les plissant, elle cherche à récupérer sa vision normale avant de regarder sur sa droite pour y voir le visage d'un zombie cherchant à pénétrer l'habitacle de la voiture par la vitre qui menace de céder à chaque seconde qui passe et qui n'est plus qu'une surface étoilée d'impacts. Elle sursaute en entendant un nouveau coup sur une autre vitre, la peur venant se loger confortablement en elle, de nouveau elle se met à trembler déjà bien ébranlée avant l'accident, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle soit vraiment cohérente ou en mesure de se contrôler. Et si son premier réflexe est de vouloir mettre de la distance entre elle et ce zombie qui va finir par avoir gain de cause, force est de constater que ses mouvements sont plus que limités. Son arbalète ! Elle se doit de mettre la main dessus avant qu'il ne soit trop tard, c'est à tâtons sans quitter le zombie des yeux qu'elle cherche son arme qui devrait être techniquement à ses pieds ou pas loin du moins.

Quant au sort de James et Elizabeth inutile de dire que pour le moment elle ne s'en soucie pas du tout et à vrai dire même si elle était en mesure d'y songer, il n'est pas dit qu'elle s'en occuperait vraiment alors qu'elle se souvient parfaitement des instants avant l'accident et de ce qu'ils ont fait ces deux là. Deux monstres ils sont.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mer 15 Juin - 0:22
Le choc à son crâne, quel qu'il soit, avait du mal à s'atténuer, si bien qu'en passant la main derrière sa nuque - quant bien même cela tirait douloureusement sur ses muscles - il sentit le toucher à la fois liquide et collant qu'il savait alors être du sang, son propre sang. Il avait prit un coup à la tête, ce qui n'allait rien arrangé mais il était en vie et maintenant, il devait s'assurer qu'Elizabeth le soit aussi. Le rôdeur qui se déchiquetait le visage de son propre chef à quelques centimètres de lui gagnait du terrain et ne tarderait pas à entrer, aussi le chirurgien s'évertuait-il à jeter un regard incertain du coté du siège passager pour voir que Melody bougeait, signe qu'elle était bel et bien vivante, il ne chercherait pas plus pour porter le regard dans le rétroviseur et y voir que sa dulcinée bougeait également, mais différemment.

Son visage était en sang et grimaçait de douleur, elle semblait dans une très mauvaise posture et cette vision, amplifiée par la vue de fond d'un mort-vivant plaqué contre la vitre arrière fit monter la pression et par là l'adrénaline de l'homme qui sentit une peur presque revigorante le pousser à l'action, ce qu'il entreprit en venant plaquer sa main avec hâte et maladresse dans son dos, venant se coincée entre celui-ci et le siège alors qu'il avait toujours du mal à bouger sur l'instant.

« Liz... » Tentait-il de lancer, sa voix moins forte qu'il ne l'aurait voulu et éraillée. « Liz tiens le coup... j'arrive... »

Ses traits furent tiraillés par une grimace d'effort pendant que sa main agrippait l'arme planquée dans son dos en tirant de toutes ses forces dessus, si bien qu'il se mit à gronder intelligiblement et employa toute son énergie jusqu'à défaire ce dont il avait le plus besoin maintenant de son entrave, lâchant un soupire de mal-être quand ce fut fini. Il n'avait pas le temps de traînasser, sa vie était en danger, pire encore celle de son aimée était en danger, il fallait agir maintenant, avant que d'autres morts ne viennent, avant que la voiture ne prenne feu peut-être, ou quelconque autre piège qui les condamneraient par surprise à une fin violente et pleine de souffrance. Son crâne lui faisait mal, son bras gauche lui faisait mal, tout son dos lui faisait mal et ses jambes étaient lourdes, pourtant il ne pouvait pas rester inactif. Il fallait faire vite, c'était l'un de ces moments où le sens des mots dépassement de soi se justifiait réellement. Un moment où il fallait s'oublier, endurer la douleur sans y prêter attention, marcher et se battre contre soi même pour pouvoir se battre contre ce qui nous entourait et qu'importe que ce soit encore plus douloureux par la suite. Il n'y avait pas d'autre option, il était temps de souffrir davantage, pour accomplir l'impossible : survivre.

Luttant contre ses maux de tête et le poids de son affliction, il saisit l'arme à deux mains, la gauche légèrement tremblante et rassembla tous ses esprits afin de défaire la sécurité et charger l'arme. Les râles du monstre presque à son oreille venaient accroître l’énervement et l'empressement de l'homme, il n'y avait plus de temps et trop de sang sur la vitre. James braqua un regard noir sur le monstre, serrant les dents pour se préparer à endurer encore plus que ce qu'il endurait à présent et vint presser sans hésitation ni dégoût le canon de l'arme sur le crâne presque à nu pour s'assurer un appui déterminant. Puis, il appuya sur la détente. La puissance du Desert eagle fit résonner l'assourdissant coup de feu qui provoqua d'intenses sifflements des oreilles du chirurgien le premier, le recul repoussant tout son bras qui alla s'écraser sur le coté et il sentit tous ses os vibrer sous le choc du tir. Pour endurer, il endura et resta étourdi plusieurs instants, plaquant sa main libre contre sa tempe pour soutenir le décuplement de la lourdeur et des douleurs de son crâne. Il lui faudra plusieurs instants avant que le choc ne tende à se dissiper doucement pour permettre au tireur de retrouver de nouveau sa pleine ou à peu près correcte conscience.

Sa vision se posa sur la cible qu'il venait d'abattre à bout portant et il put voir le nez pulvérisé et le trou béant provoqué par le .44 magnum qui avait fait voler en éclat la moitié de la boite crânienne à l'arrière, le monstre était resté encastré dans la fenêtre et était inerte. Un gémissement rauque de supplice s'échappa des lèvres de James qui poussa tant bien que mal la porte de tout son avant-bras pour la forcer à s'ouvrir, non totalement suicidaire mais bien lucide sur le fait qu'il ne toucherait personne d'autre de sa position étroite et engourdie. Il dut forcer de ses deux bras affaiblis et la porte céda finalement à son souhait pour s'ouvrir en grand, faisant basculer le cadavre du rôdeur dont la moitié du visage resta accroché à la vitre quand il glissa pour s'effondrer au sol. Elizabeth, elle était blessée, les rôdeurs l'encerclaient, il fallait se dépêcher ! Prenant appui contre l'encadrement de la porte ouverte d'un coté et sur le volant de l'autre, il poussa tout son corps vers la sortie et prit appui ensuite sur le siège tandis qu'il terminait à moitié dehors pour brandir son arme vers le rôdeur qui était littéralement collé à la vitre fissurée et cherchait à lécher, là encore sans aucune compassion pour sa propre langue qui s'ouvrait dans tous les sens à cause du verre cassée, ladite vitre, trahissant l'idée que du sang s'y trouvait pour générer une telle vigueur de la part du mort-vivant. Le sang de sa sirène d'ébène.

Un sentiment de colère le poussa à forcer sur ses phalanges empoignant l'arme jusqu'à la peine, son visage demeurant tiraillé par toutes sortes de grimaces marquant une noirceur plus prononcée des yeux et la sueur qui coulait de son front, témoin de l'épreuve conséquente que le chirurgien s'infligeait. Il aligna le crâne du monstre, prit un instant pour viser, puis appuya une seconde fois sur la détente, provoquant un nouveau hurlement du canon et l'explosion de la partie haute du crâne du charognard qui fut bousculé de quelques pas par le coup avant de s'effondrer. Il n'avait pu réussir son tir au centre du crâne comme souhaité mais ce qui importait était que la bête soit bel et bien morte pour de bon, voilà la seule chose qui comptait. Le recul de l'arme contre l'homme blessé et épuisé et la position loin d'être assurée qu'il tenait le firent basculer contre la portière à moitié tombant. Sa main libre chercha appui au sol et il sentit sous sa paume la présence d'un éclat de verre, la vitre probablement, qui venait l'ouvrir pour se frayer un chemin à travers sa peau plus que nécessaire, ce qui provoqua un grondement d'autant plus souffrant de James qui bascula complètement et finit au sol l'épaule la première.

Ce nouveau choc commençait à entamer l'élan de rage qu'il s'efforçait de maintenir vivace pour rester combatif, l'obligeant à rester au sol plus longtemps en prenant maladroitement appui pour se hisser hors de la voiture, parmi le reste des morceaux de verre dont son polo le protégeait à peine et pas les bras, d'un geste il usa de deux doigts de sa main armée pour tirer le morceau de verre dans sa paume, laissant une petite plaie non grave heureusement mais fort désagréable et une main qui tremblait d'autant plus. Une écorchure au triceps droit appuya la difficulté de l'épreuve et quand il finit par se sortir les jambes de la voiture, il vit et entendit une nouvelle créature aux allures féminines qui arrivait de derrière la portière, issue de l'avant du véhicule et qui venait contourner l'obstacle dans le but de lui tomber dessus.

Son visage meurtri et ses yeux injectés de sang, joints à son râle déchiré provoquèrent une vive réaction du chirurgien qui vint braquer son arme vers elle malgré qu'il soit allongé et qu'il vise derrière sa tête, le contraignant à attendre que la bête arrive au-dessus de lui pour assurer un tir correct. S'il essayait avant, il aurait de grandes chances de rater et serait happé avant de pouvoir tenter quoi que ce soit. S'il tirait trop tard, il aurait de grandes chances de rater et verrait les crocs du monstre s'enfoncer dans sa chair avant qu'il ne puisse retenter le tir. Son coeur battait si fort qu'il faisait vibrer tout son thorax, le moment était plus décisif que jamais, il n'aurait qu'un instant pour tirer avec un angle dégagé et à bout portant, advienne que pourra. Se protéger le visage, empêcher le monstre de l'agripper, agir... comment ? Quoi faire contre l'inévitable ?

Le coup de feu parti quand le visage du monstre se trouvait au-dessus de lui et la balle pulvérisa littéralement la mâchoire en remontant jusqu'au cerveau, détruisant tout sur son passage et libérant une vague de sang contaminé qui tomba sur l'homme, celui-ci après son tir tenta de tourner la tête et de brandir sa main libre pour se protéger. Foutu réflexe, le sang lui tomba sur la main et les cheveux, éclaboussant de nombreuses gouttes son visage, il avait fermé les yeux et la bouche. Mais il y avait sa main, sa fichue main et la plaie. Le corps du monstre s'effondra sur lui et il ressentit les quelques soixante-dix kilos de la bête s'étaler de sa hanche à ses pied, couvrant tout son bassin. Sous l'impact, il lâcha un long et pénible souffle. Son énergie se vidait rapidement, il avait de plus en plus de mal à forcer sur ses muscles et n'arrivait les instants suivants presque plus à bouger à cause du corps sans vie qui l'écrasait. Sa tête finit par s'appuyer au sol.

Mais voilà qu'un autre monstre arrivait, un mâle cette fois, grand et costaud pour sûr, depuis l'arrière de la voiture sans lui accorder de temps mort, encore un qui venait profiter d'un repas à priori tout frais servi et qui n'avait pas manqué de voir bouger l'homme à terre. Cette fois l'angle de tir était pleinement dégagé, mais son bras manquait de force et d'appui, il s'était épuisé les précédentes minutes à insister et tirer sur ses réserves, il eut un moment de doute où il se persuada que son tir serait un raté, sa prise n'était pas bonne et sa position trop désavantageuse, le moment dura et le monstre arriva à son tour presque à son niveau. Sa main se resserra sur l'arme, la pointa au niveau du visage du monstre et tira : le coup loupa cette fois, le dernier putain de coup ratait comme il l'avait ressenti et il se maudit, la balle perçant l'épaule et bousculant le monstre qui bascula de coté et s'effondra. Sur eux.

Il vint alourdir le poids qui écrasait le chirurgien de plus du double qu'il supportait déjà, surtout que lui se mouvait. Le monstre une fois sa chute terminée, ne resta étourdi qu'une seconde avant de basculer sur le coté et agripper le corps de sa défunte semblable pour se hisser jusqu'au torse et au visage de James, ne faisant guère attention au reste caché par le premier cadavre. Le moment était critique, les choses tournaient mal et Elizabeth, elle avait besoin de lui. Il fallait qu'il s'en sorte le temps de lui porter secours, de la sauver. Juste le temps de la sauver, il le fallait, ça ne pouvait pas finir comme ça.

Pas comme ça, ce serait plus qu'une injustice, ce serait insupportable.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Dim 19 Juin - 0:39
Ses yeux s’embuèrent davantage lorsqu’elle entendit sa voix jusqu’à ce qu’une larme ne vienne perler sur sa joue, se frayant un chemin sur son visage à la pommette gauche tuméfiée, et aux stries de sang du front jusqu’au menton déjà séché, amorçant un flot continuel qui ne s'arrêta d'aucune manière. C’était un soulagement et un réconfort immense que de l’entendre, aussi lointain que le son paraissait, elle savait qu’il était en vie et qu’il venait jusqu’à elle pour la sortir de cet enfer. Elle l'aurait presque supplié de continuer à parler si elle en avait eu la capacité. La promesse chaleureuse que tout irait bien.
Comme le signal tant attendu pour retrouver un semblant de force, elle finit par parvenir à lever sa main droite, la ramenant contre la portière sur laquelle elle était appuyée, la moindre petite blessure comme un millier d’épines s’enfonçant dans sa chaire lui rappelant à quel point sa situation ne tenait qu'à un fil si mince.

Elle ne survivrait pas bien longtemps si elle ne se battait pas à son tour, et elle ne souhaitait pas tester de sa chance, la même qui lui avait ramené une Ivy sauve et qui avait manqué à Doug. Tout ça pour quoi ? Ils étaient partit sans même réfléchir à la situation, se lançant comme des cowboys prêt à sauver la veuve et l’orphelin, et finissaient dans le fossé sans même avoir porté secours à quiconque. Un véritable fiasco.
Elle ne cherchait pas de fautif, ils l’étaient tous un peu quelque part. Ils avaient suivi un enchaînement d’erreur par leur manque de préparation, leur manque de sang-froid, leur manque d’expérience. Elle n’enviait pas spécialement les personnes qui pouvaient se vanter de cette juste expérience, car leur passif était sans aucun doute bien trop lourd à assumer, mais elle savait pertinemment que chaque erreur, chaque épreuve qu’ils parviendraient à surmonter serait un pas supplémentaire dans cette jungle de survie. Autant ne plus se mentir, ils avaient accompli et auraient encore à accomplir et à supporter des choses assez immonde, et la pensée que ces épreuves surmontées lui permettraient de rester et de jouir du bonheur auprès de ceux qu’elle avait désormais choisis, ne la dérangea plus autant qu’avant.
Les autres avaient assez profité de leur bonheur tandis qu’elle se noyait dans son océan néantique étouffant et oppressant pour que les rôles soient enfin échangés.

Mais pour cela, il fallait survivre à cette souffrance supplémentaire qu’ils traversaient. La main droite posée sur la portière, elle poussa dessus de toutes ses forces pour tenter de se redresser et surtout de s’écarter du carreau où un charognard s’acharnait à grignoter le verre fissuré, la faim galvanisée par l’odeur et le gout suave du sang de la femme filtrant à travers les minces interstices. L’idée que son propre fluide vital trouve chemin à travers la gorge d’une de ces ignobles créatures la révulsa profondément, mais l’heure n’était pas à s’attarder sur cet état de fait ; si elle ne bougeait pas, si elle ne réagissait pas, c’était sa chaire et ses os qui se feraient dévorer.

Dans cet effort qui lui arracha un gémissement de douleur, un bruit puissant et surtout déchirant, meurtrit ses tympans, l’étourdissant momentanément dans ses gestes, et dans ses réflexions. Que s’était-il passé ? Elle n’avait ni idée ni conscience de ce qui se jouait dans l’habitacle avant et le temps qu’elle reprenne enfin ses esprits, son regard parcourant ce qui s'offrait à elle à la recherche de son sauveteur promis, elle aperçu la porte côté conducteur ouverte. Plusieurs coups de feu, tout aussi puissants que le premier, mais moins blessant, résonnèrent à nouveau, mais de sa position, et sa posture, elle ne pouvait voir où son homme se trouvait et si ces coups étaient de son fait.
Il y avait le grondement des morts, là au dehors, qui continuait de bouger, et certains même, de se rapprocher. Un vent de panique la saisit brutalement, ne la sortant qu’à moitié de son état léthargique, alors qu’elle cherchait à crier le prénom du médecin.
Si un simple sifflement s’extirpa de ses lèvres au premier essai, c’était finalement bien deux puissants appels qui finissent par en sortir, qu’importait la douleur au thorax et à la tête que cela lui procurait, faisant remonter le gout du sang à ses lèvres, il ne pouvait avoir disparu aussi brusquement.

Sa main droite, tremblante, presque tétanisé dans une étrange flexion, chercha la poignée de la portière, persuadée qu’il était sorti de l’habitacle pour la récupérer comme l'avait confessé les paroles perçues quelques minutes plus tôt. Mais était-elle réellement en état de sortir ? Bien que prisonnière de cette carcasse fracassée, elle tenait encore assez bon pour lui offrir un refuge. Elle n’était même pas sûre d’arriver à se tenir droite ou encore à marcher.
La sécurité enclenchée peu avant l’impact conclu l’issue de cette tentative. Le choc avait certainement cloué sa portière verrouillée fermée. Elle n’essaya pas d’insister, le temps bien trop court pour se poser des questions. Elle devait se libérer.

Elle finit par déverrouiller sa ceinture et chercha du bout des doigts la manette qui lui aurait permis d’avancer le siège avant pour la libérer. C’était hasardeux, et son état n’était pas pour l’aider, mais dans la manœuvre, elle tomba sur la sangle de son fusil d’assaut. Ce dernier avait glissé lors de l’accident à ses pieds et il gisait désormais entre ses doigts meurtri. Il serait sans aucun doute d’un secours bien utile au regard de la situation qui dégénérait de plus en plus.
Elle n’y avait pas spécialement prêté attention jusqu’ici, bien trop focalisé sur James, et ses propres blessures, qu’elle en avait oublié le reste de son environnement et ce dernier ne tarda pas à lui raviver la mémoire. La vitre arrière droite vola en éclat, se brisant en milliers de petits morceaux sous les assauts d’un mort plus qu’acharné. Dans sa quête de repas, il s’était jeté – ou plutôt laisser tomber – en avant, à travers la vitre maintenant ouverte, n'ayant que faire des débris de verre qui de plantait dans sa peau décharnée.

L’adrénaline la fit se ressaisir prestement, luttant contre ses jambes toujours aussi bloquée. A la vitesse de l’éclaire, le mort était presque sur elle. Son arme en main, le premier coup qu’elle lança pour sa survie était celui de la crosse de l’arme. Elle s’acharna autant que possible pour repousser son assaut, et si aucun mal ne lui était fait pour régler son affaire, elle était parvenu à le repousser assez pour que ses griffes ne l’atteignent pas.
Elle savait pertinemment qu’elle ne pouvait en rester là et que l’homme, ou plutôt, le monstre qui avait porté autrefois les traits d’un homme bien bâtit, lui-même n’en resterait pas là. La rage toujours en lui l'obligèrent à reprendre sa course. Elle bascula le fusil canon en avant, pressant la détente avant même d’avoir aligné son agresseur.
Une série d’impact perça le toit avant que l’une des ogives ne vienne se loger dans le crâne de son agresseur au bout du quatrième éclat, le tuant définitivement.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mer 22 Juin - 16:33
À mesure qu'elle reprend conscience et surtout qu'elle prend connaissance de la situation, elle perçoit les mouvements du zombie à sa droite qui est entrain de se frayer un chemin à travers la vitre du véhicule, mais aussi les bruits en provenance du reste de l'habitacle. Comprenant ainsi que James et Elizabeth sont tous les deux vivants et en mesure d'essayer de bouger, le résultat de leur effort lui est parfaitement inconnu par contre. Un léger grognement roule dans sa gorge alors qu'elle entend le médecin parler pour s'adresser à Liz, ignorante qu'il a regardé vers elle, Melody ne peut exprimer que de cette manière la pensée amère qui la traverse. À savoir que bien entendu le couple ne va se préoccuper que de lui même sans penser au reste, monstres et égoïstes, les deux font la paire. Encore une fois la chasseresse va devoir s'en sortir toute seule sans compter sur personne c'est ainsi que va le monde maintenant, déjà qu'avant il n'était pas forcément mieux. Bien qu'elle ne soit plus réellement toute seule maintenant que son frère est près d'elle, sans parler de Matthew qui est là dehors quelque part mais comme ni l'un, ni l'autre n'est physiquement présent, elle est seule en territoire hostile.

Des pensées fugaces dans son esprit alors que la brune essaye de mettre la main sur son arbalète tout en fixant le zombie, entendant avec horreur la vitre se fissurer et s'émietter toujours un peu plus à chaque seconde qui passe.  Elle sursaute violemment au premier tir en provenance de James et de son Desert eagle, la puissance de l'arme lui faisant siffler les oreilles et sans doute cela lui ferait venir les larmes aux yeux si ce n'était pas déjà fait de par la situation et ses pensées. Au moins l'espace de quelques secondes son rôdeur a arrêté d'harceler la vitre avec ce nouveau bruit avant de reprendre de plus belle. Melody délaisse quelques instants cette vision macabre pour s'aider de son regarde émeraude afin de localiser plus vite son arme chérie, mettant enfin la main dessus, elle ramène l'arme à elle en priant pour que cette dernière soit resté chargée malgré l'impact de l'accident. À croire qu'elle a potentiellement une bonne étoile qui veille sur elle de temps en temps le carreau est bien en place, la corde n'a pas lâchée et l'arme est prête à servir.

La chasseresse a beau avoir des mouvements hésitants, elle n'a pas d'autre choix que de se servir de son arme de jet, en espérant que cette dernière ne la lâche pas ou ne lui porte pas la poisse. C'est ridicule de penser ainsi mais Matthew n'a t-il pas été capturé alors qu'il se servait de cette même arbalète sur les hommes du Marchand ? Certes de manière non conventionnelle mais quand même. Quoi que Melody préfère encore finir dévorée par des zombies que de subir le même traitement que son chasseur d'autant plus qu'elle est une femme donc cela serait sans doute pire encore. La brune se redresse autant qu'elle le peut pour pouvoir manier la puissante arme de jet, contrôlant autant qu'elle le peut sa respiration et l'alignement entre son regard, l'arme et le zombie avant de déclencher le mécanisme. La carreau fusant, il traverse ce qu'il reste de la vitre pour aller se ficher dans l'oeil du zombie alors qu'elle visait entre les deux yeux. Mais peut-elle réellement se plaindre d'avoir loupé un tir ? Alors que rien ne jouait en sa faveur pour ce tir, son état physique et mental défaillant, la douleur dans son corps, le sifflement dans ses oreilles. Non à la place elle remercie sa bonne étoile, à moins que cela ne soit Gaïa qui ait guidé sa main ou encore l'esprit de Matthew.

Mue par un réflexe ou encore un instinct de préservation, la chasseresse entreprend de recharger son arbalète, gênée dans ses mouvements par l'habitacle, par le sentiment d'urgence, par les bruits l'entourant en provenance d'autres zombies et de James et Elizabeth et par son propre état. Un autre puissant tir se fait entendre et cette fois elle tourne la tête pour voir que le médecin est sorti du véhicule et se débat avec un zombie. Son arme dans une main, elle met la main sur la poignée de la portière passager avant de forcer dessus autant qu'elle le peut, la portière grince mais ne bouge pas plus que de quelques centimètres. A t-elle prit un sale coup pendant l'accident ? Sans aucun doute mais sa résistance doit aussi venir du rôdeur qu'elle vient d'abattre et dont le corps pèse sur la dite portière. Elle insiste pourtant sur la portière avant qu'une idée ne s'impose à elle, bonne ou mauvaise elle n'en sait rien mais elle doit sortir de cette voiture.

Levant son arbalète en la tenant à l'envers, elle vient frapper aussi fort qu'elle le peut sur la vitre pour finir de la briser, sa voie de sortie est maintenant ouverte. Un regard vers le zombie collé à la portière pour s'assurer qu'il ne bougera plus jamais et elle lance son arbalète à l'extérieur sur le sol pour avoir les mains libres. Forçant sur ses bras, elle se hisse et s'extrait comme elle le peut de l'habitacle, finissant en se vautrant lamentablement sur le sol après un nouveau sursaut. Sursaut provoqué par les tirs d'Elizabeth dans la voiture. Affalé sur le sol, la brune essaye de se redresser précipitamment avant de retomber à terre alors qu'un râle ce fait entendre depuis l'avant de la voiture. La peur ne l'ayant pas quittée il serait idiot de dire qu'elle la prend à nouveau mais l'effet reste le même, affolée elle met la main sur son arbalète rechargée avant de localiser visuellement le zombie en approche.

Dans son extraction de l'habitacle, la brune s'est blessée les mains avec des morceaux de la vitre, elle peine à garder plus ou moins de la poigne sur son arme. Cette fois sa bonne étoile ou quoi que se soit n'est pas avec elle quand le carreau part sur le zombie, s'il se plante bien dans le rôdeur, il est fort loin de la cible de départ. Elle a visé entre les deux yeux, le carreau vient de se ficher dans le ventre du zombie qui approche inexorablement sans même être ralenti. Reculant sur les fesses, la chasseresse enchaîne ensuite les mouvements pour recharger son arbalète tout en ayant les mains qui tremblent et brûlent. Elle essaye une nouvelle fois de viser juste et n'obtient comme résultat qu'un carreau qui se plante dans la cuisse du zombie qui s'en fiche royalement et n'est plus qu'à quelques mètres d'elle.

Evènements

Anonymous
Invité
Jeu 23 Juin - 1:00
Pour le trio victime de l'accident, la situation devenait très périlleuse, car en plus des blessures occasionnées par le choc entre la Cadillac et le mur d'enceinte de la propriété, les rôdeurs n'avaient pas tardé à profiter de l'inconscience collective des survivants pour venir cercler le véhicule et commencer un forcing tantôt vain sur la carcasse tantôt donnant quelques résultats sur les vitres, avant qu'un réveil brutal ne ramène Melody, James & Elizabeth à la réalité pour mieux lutter contre la mort qui était prête à les accueillir.

Plusieurs rôdeurs tombèrent et malgré tout ce ne fut pas suffisant, James ne tardait pas à être débordé, même écrasé par deux monstres dont l'un était toujours semi-vivant et grimpait sur lui dans la quête d'un charcutage sanglant. Melody était à terre, en proie aux circonstances qui l'empêchèrent d'abattre un nouvel ennemi et même si Elizabeth était la plus en sûreté pour l'instant, son état avait de quoi inquiéter. Une situation pratiquement sans issue, ou une issue bien ardue à rejoindre, si bien que leur devenir semblait quasi-scellé.

Pourtant, le destin avait eu la bonne grâce de leur accorder sa faveur, n'en déplaise à la mort si près du but et c'est pourquoi un nouveau coup de feu, éloigné du médecin et provenant de l'Est à quelques mètres à peine de lui, retenti et joint d'un éclat de lumière, fut suivi de la perforation sauvage et catégorique de la tempe du mangeur de chair qui s'en prenait à James, faisant jaillir une traînée de sang avant qu'il ne s'effondre à son tour sur le corps du pauvre homme déjà bien encombré. Un regard ne lui aura permis que de distinguer une imposante silhouette ténébreuse l'espace de quelques très courts instants, courant très rapidement pour disparaître derrière la voiture encastrée sans montrer d'attention quelconque à la brune toujours enfermée dans la voiture, l'individu quel-qu’il soit bien décidé à s'occuper des assaillants à l'extérieur dans le chaos qui régnait alors, sans que rien ne se dévoile davantage que cette apparition éclaire.

Seule Elizabeth aurait mieux aperçue cette silhouette qui passait devant la vitre arrière à toute vitesse pour rejoindre la face droite du véhicule, ne ralentissant qu'au dernier moment pour accomplir ce qu'elle ne pouvait voir à cause du mort-vivant lui obstruant la vue coté vitre et l'angle du véhicule qui cachait tout ou presque.

Un second coup de feu, moins puissant que celui du Desert Eagle précédemment usé mais fort efficace pour autant, rugit cette fois derrière la tête de Melody et elle n'eut le temps que d'entrevoir la giclée d'hémoglobine qui devança la chute du cadavre face à elle, s'effondrant en arrière pour se fracturer le reste de crâne qui n'avait pas été troué sur le sol, chose sans importance puisque la bête avait été définitivement tuée avant de toucher le sol. Dans son dos, un râle et les bruits d'un accrochage se mêlèrent. Si elle, Melody, avait tenté de se tourner ou seulement basculer la tête, elle aura pu voir l'épais poignard de chasse brandit par l'homme de grande taille au visage caché par un foulard noir porté pour ne permettre que d'entrevoir ses yeux, tout comme la tenue de guerre mêlant un suréquipement à un épais et très couvrant gilet tactique, il ne lui faudra pas plus de deux secondes pour reconnaître cet homme. Il avait soumis le rôdeur qui s'était rapproché à moins de deux mètres de Melody à une véritable clé de bras l'immobilisant à moitié avant de lui planter le poignard dans le haut du crâne.

La créature cessa de gesticuler et l'homme retira d'un geste ferme la lame avant de pousser la défunte à s'étaler sur le bitume derrière la voiture. Le temps d'un coup d'oeil autour de lui en s'approchant de la chasseresse à terre, qu'elle l'ait vu faire ou non, il se sera empressé de venir s'accroupir derrière elle pour la soutenir sous les bras et l'aider à se relever, lui laissant quelques instants si nécessaire pour se ressaisir et profiter de l'appui qu'il lui offrait. A la seconde où elle se sera remise debout, il attrapera son visage d'une main gauche pour s'assurer qu'elle le regarde, l'autre conservant la prise du poignard de chasse et il vint plonger ses yeux sombres dans les siens, la scrutant avec intérêt dans le blanc des yeux puis dans son état général.

« Hey t'es avec moi ? Tu peux tenir debout ? » Lançait-il avec grande hâte, sa voix grave et tranchée marquant l'intensité du moment car le danger était loin d'être écarté, bien qu'il faisait en sorte de n'être entendu que d'elle.

Une bonne douzaine d'autres cadavres ambulants approchaient de parts et d'autres des propriétés d'en face et même de celles voisines, venant progressivement prendre le groupe en étau.

« Il faut que tu tiennes le coup ! » Ordonna sèchement celui qui n'était autre que Matthew, pressé, anonyme et aux aguets, jetant un bref regard sur le coté avant d'imposer de nouvelles paroles autoritaires, se voulant surtout motivantes, à la jeune femme. « Va aider James et Elizabeth ! Mettez-vous à l'abri dans la maison de derrière ! Il ne faudra pas compter sur le camp pour l'instant ces saloperies arrivent de partout. Allez fonce ! Je vais vous couvrir. »

Son arrivée comme ses actions avaient été enchaînées à un rythme si soutenu qu'il ne laissait pas le temps ou presque à la brune de réagir, les deux autres survivants devant affronter leurs propres obstacles sur le moment, surtout vu son affaiblissement physique. S'il constatait qu'elle tenait debout et était en mesure de marcher, il la lâcherait aussitôt pour changer son arme blanche de main et tirer le FN Five-seveN replacé dans son étui une minute plus tôt. Si en revanche, elle ne lui semblait pas en mesure de s'assumer sur l'instant, il la soutiendrait en lui tenant le bras de sa seule main libre jusqu'à être sûr de son état véritable.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 24 Juin - 0:18
Il le sentait grimper sur lui par dessus le cadavre qui l'écrasait, le monstre toujours en "vie", pour le sens que ce terme avait vis à vis de cette chose. Il tirait sur ses muscles qui auraient du être atrophiés mais qui pourtant, parvenaient toujours à être utiles à son possesseur mort-vivant, jusqu'à atteindre son thorax. Ses mains vinrent agripper son polo et le médecin, se débattant avec le poids qui se trouvait sur lui, s'efforça de repousser la main la plus dangereuse du monstre avec celle qu'il avait de libre avant de porter son Desert eagle de façon à pouvoir l'abattre à bout portant. C'était malheureusement plus facile à penser qu'à faire, cette chose était trop près de lui et son bras subissant encore l'accident et les chocs, ne lui obéissait pas aussi bien qu'il l'aurait voulu et surtout imaginé.

Prit dans cet affrontement grotesque, il crut presque que la providence lui avait tourné le dos quand elle s'illustra d'une perfection fort surprenante : un coup de feu qui retentissait. L'espace d'une pensée, rapide pensée, il aurait pu déduire que Melody était à l'oeuvre et se défendait de ses propres ennemis à l'extérieur, mais la perforation sauvage et catégorique de la tempe du mangeur de chair sur lui effaça bien vite cette idée, cette balle le sauvant aussi bien qu'elle accentuait la charge qui lui pesait. Demeurant coincé, il eut à peine le temps d'avoir le réflexe de tourner la tête pour comprendre ce qu'il se passait et voir cette silhouette toute en noir passer derrière la voiture en courant. Tout était allé vite, très très vite, si bien qu'il resta statufié un instant à se demander d'où ce type, c'est la première déduction qui lui venait, sortait et surtout qu'est-ce qu'il fichait ici. Était-il venu les assister en les aidant à éliminer les rôdeurs ? Un survivant de passage témoin de l'accident ? Ou... bien au contraire, allait-il profiter de la situation pour s'en prendre à eux tant qu'ils étaient occupés ou dans son cas, bloqué.

James étant qui il était, la crainte d'un bandit profiteur prit rapidement l'avantage malgré le doute et il se mit à avoir vraiment la trouille à l'idée qu'en plus des rôdeurs qui venaient les assaillir de toutes parts, un salopard viendrait s'en prendre aux filles à proximité d'un James impuissant. Motivé par sa peur, il lâcha son arme qui tomba rapidement sur le sol et employa ses deux mains, ce qui était tout juste suffisant vu son état, pour pousser de toutes ses forces le plus haut des cadavres, bien conscient qu'il n'avait pas la force en l'état de se défaire des deux montres d'un coup, il lui faudrait les faire basculer l'un après l'autre. C'est ce qu'il fit, usant de sa plus rageuse grimace, veine de la tempe venant faire démonstration à l'appui de son effort, jusqu'à envoyer rouler le monstre sur le bitume à sa droite, puis reprit son souffle un instant avant de se relancer à l'assaut du dernier corps qui fut moins pénible à dégager, faisant basculer la créature à gauche.

Ceci accompli, il bascula lui-même sur la droite et vint saisir d'une main tremblante par tout un ensemble de facteurs forts justifiés, comme la peur et surtout l'adrénaline galvanisée par un stress intense, s'appuyant de l'autre pour se redresser tant bien que mal accroupi, manquant de tomber tandis qu'il s'élançait un peu trop vite vers la voiture, ce qui le força à poser par deux fois sa main blessée et douloureuse sur le sol en laissant les traces de son sang en mémoire du drame d'aujourd'hui. Ne sachant pas qui il devait le plus craindre entre les rôdeurs et cet inconnu armé, il s'approcha de la voiture sans s'exposer et tout en posant les mains sur elle, se pencha sur sa gauche pour voir par le coté conducteur ce qu'il en était de l'autre coté : la porte était ouverte et il put discerner une Melody face à cet homme en noir, emmitouflé dans un turban ou un foulard par dessus le marché qui, de manière plus surprenante qu'étrange, ne semblait pas l'agresser, ça ressemblait même au contraire, la situation paraissait si floue sur l'instant et il ne pouvait pas s'éterniser à chercher à comprendre.

Le tout était de savoir que l'inconnu ne se montrait pas d'office hostile et que la chasseresse ne subissait ni l'assaut des vivants, ni des morts pour l'instant, même s'il ne comprenait rien à ce qu'il se passait entre elle et ce type visiblement très baraqué, à moins que ce ne soit son attirail impossible à décrire de sa position qui donnait cette impression. Il choisit alors de se détourner de cette vision pour aller au plus essentiel : passer à l'arrière afin de venir au secours d'Elizabeth. Rejoignant la porte arrière, il saisit la poignée et tira dessus, mais celle-ci fit de la résistance, bien trop de résistance. Il tira dessus de plus belle en grognant de toutes ses dents mais rien n'y fit, cette saleté ne voulait pas entendre raison. Bien qu'il était resté accroupi par précaution et avait espéré la tirer de là sans faire trop de boucan, force est de constater qu'il n'avait ni le choix, ni le temps de réfléchir à une autre solution.

« Je vais casser la vitre ! » Lança James à Elizabeth à deux centimètres de la vitre, comptant sur l'état de cette dernière et la proximité pour qu'elle l'entende et soit prête.

Suivant son instinct et surtout son coeur, il se redressa et balança deux secondes après son coude avec le plus de hargne possible sur la vitre particulièrement fissurée et presque morcelée, et le choc ne se fit pas prier pour faire vibrer ses os jusqu'à l'épaule péniblement, mais le résultat fut là : fragile qu'elle était, la vitre se brisait en centaines de morceaux qui s’éparpillèrent sur le siège le plus proche et sous la portière, laissant accès au chirurgien à la sécurité qu'il vint tâter en essayant au mieux d'oublier ses diverses douleurs que le coup de coude n'avait fait qu'en rajouter et accentuer. Il fut contraint de forcer dessus mais cette fois, la bougresse lâcha prise et il réussit à déverrouiller cette foutue portière. Le temps d'un coup d'oeil en redressant le regard, bref mais de toute façon le véhicule était trop haut pour qu'il ait vue directement sur la chasseresse et l'inconnu, il ouvrit la portière d'un geste sec et pressé avant de se pencher une main sur l'arche pour venir regarder comment allait sa bien aimée à l'arrière.

« Je suis là mon coeur, je vais te sortir d'ici ! » Il se dépêcha de s'accroupir en tournant la tête pour voir qu'au moins deux morts arrivaient depuis les propriétés d'en face, ayant déjà entamé la rue pour s'approcher d'eux dangereusement, leurs pas rapides pour des charognards, motivés par la promesse d'un repas chaud. « Allez, faut faire vite ! Parle-moi, comment tu te sens ? Tu crois que tu vas pouvoir te déplacer ? »

Le Desert eagle se retrouva déposé au sol une nouvelle fois et le barbu vint attraper les jambes d'Elizabeth pour faire son possible afin de les dégager. Il ne forçait pas trop au risque de n'avoir de résultat que lui faire mal si elle avait été blessée dans cette zone, ce qu'il redoutait car le temps leur était compté, mais y allait tout de même avec vigueur, il devait la sortir de là dans les secondes à venir où ils pourraient être coincés par les morts-vivants contre la voiture dans la minute à venir, sans assurance que James puisse la protéger de ces choses.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 24 Juin - 22:12
Reprenant son souffle, cours et saccadé, tout en contemplant le cadavre qui gisait désormais bien trop proche d’elle, un vent de panique l’assaillit. Et si elle ne l’avait pas touché ? Et s’il se relevait malgré ce tir qu’elle pensait l'avoir neutralisé ? Ce corps, décharné, écorché, si proche d’elle la terrorisait littéralement, si bien qu’il lui fallut un temps certain avant qu’elle ne parvienne à détacher son regard de lui. Ce fut le nouveau coup de feu qui la fit sortir de sa contemplation macabre alors qu’elle voyait là, juste au dehors une silhouette sombre, arme en main, qui venait de tirer. De tirer où d’ailleurs ? Bon sang, ne venait-il pas de tirer dans la direction de James ? Pourquoi n’entendait-elle plus rien ? Où était passé James ?
Oubliant subitement le mort qui se déchargeait de sa cervelle sur la banquette arrière, elle chercha dans un premier temps à voir ce qu’il s’était passé et où se trouvait son amant, les yeux grands ouverts, paniquée. Mais rien n’y faisait, ses jambes bloquées et une douleur certaine montant brusquement à la tête la cloua dans l’effort. Elle se souvenait, sa tête avait frappé si durement contre la vitre, et les vertiges étaient escortés d’un mal si puissant qu’elle craignait vraiment un diagnostic trop sévère.
 
Elle luttait contre ses propres blessures pour ne pas rester ainsi à la merci de la moindre menace. Une menace qui prenait maintenant les airs d’un homme bel et bien vivant. Bataillant toujours comme elle pouvait avec ce foutu siège avant pour libérer ses jambes et donc le reste de ses mouvements, elle suivit la trajectoire de cet homme jusqu’à ce qu’il disparaisse de son angle de vu, mais craignant pour la vie de la seconde femme qui était avec eux à bord du véhicule, elle chercha à l’interpeller aussi puissamment que possible. C'était toutefois trop tard… un autre coup de feu était partit à l’opposé de la voiture. Était-ce ainsi qu’elle allait mourir ? Qu'ils allaient tous mourir ? Abattue par un type pour tout ce qui avait de plus gratuit ? Ils n’avaient rien, plus rien, plus de voiture, presque aucun équipement, et pas un gramme de nourriture avec eux. Alors pourquoi ?
 
Un mouvement suivit d’un bruit sourd à sa gauche attira rapidement son attention, et aussitôt, elle put reconnaître la silhouette si familière de son bien-aimé, accroupi derrière sa fenêtre. Il était là, bien vivant, pour elle. Reprenant ses esprits après le cri de soulagement, évacuant toutes les angoisses et effaçant toutes les théories qu’elle venait de se faire, elle chercha à l’aider en forçant sur le loquet pour ouvrir la portière quand elle compris sa tentative, mais rien y faisait, elle était définitivement bloquée.
 
« Je n’y arrive pas, elle est bloquée. » Articula-t-elle, comptant sur la portière avant ouverte pour lui porter sa voix.
 
Aux mots de James, elle poussa son buste autant que possible sur sa droite, couvrant sa tête de ses bras pour s’abriter des éclats de verre, qu'importait la présence répugnante du cadavre juste à proximité. Dès que la vitre se brisa, projetant une série d'éclat de glace sur ses jambes et ses épaules, elle baissa ses bras pour le contempler, lui. Elle ne pouvait plus le quitter du regard. Il était là, il était venu pour elle, pour la libérer de ce cauchemar qui lui avait paru ne jamais finir. Et c’était sans doute pour cela, qu’en dépit des douleurs qui assiégeait son thorax, son épaule gauche, ses jambes ou encore sa tête, elle l’attrapa de ses bras dès que la portière fut ouverte, autours de son cou pour se serrer contre lui, délesté de toutes les horreurs qui avaient assailli son esprit. Elle sentait son odeur, malgré tout ce qui les entourait, celle bien familière dont elle avait pris habitude, la même qui était resté gravée dans sa mémoire.
Mais elle fut rapidement rappelé à la réalité de la situation. Ils n’avaient pas le temps de s’accorder ces attentions émotionnelles sans avoir à risquer plus encore leur vie. L’enjeu était bien trop grand, et même si son coeur se serrait à l'idée de se séparer de lui, elle saurait le supporter avec l'espoir de le retrouver dès qu'ils seraient en sécurité.
 
« James ! Bon sang je... je croyais que tu... » Elle se tut, préférant ne pas finir sa phrase, avant de reprendre, plus apaisée. « Mes jambes…. J’ai les jambes coincées. »
 
Les mains sur le siège, elle finit par repartir à l’exploration, jusque lors avortée, de la fameuse manette qui servait à déplacer le siège conducteur sur son rail, et mit enfin la main dessus tout en l’enclenchant.
 
« Je l’ai. »

Elle n’eut rien de plus à rajouter pour qu'il l'aide à dégager ses jambes, provoquant une montée de douleur si puissante qu’elle en cria brusquement, le corps tremblant de douleurs, dépassant la limite du supportable. L'expression de son visage devait suffit à connaitre son état. C'était si horrible qu'elle dû lutter pour rester éveillé. Il fallait qu'elle tienne bon, qu'elle ne se laisse pas aller et surtout qu'elle donne tout ce qu'elle pouvait pour qu'ensemble ils arrivent à se sortir de là.
Brusquement dans son esprit, l'intrus refit surface, et le potentiel danger qu'il représentait. Entre lui et les morts qui arrivaient, toujours plus nombreux, elle ne pouvait se permettre de se laisser porter par James, surtout qu'il n'était potentiellement pas en état de le faire. Elle le savait, car il l'avait déjà fait, qu'il serait capable de tout affronter pour elle et elle s'interdisait de connaitre ses limites, car il était fort possible qu'il n'en ai pas. Aussi flattée qu'elle aurait pu être si telle fait était avéré, son appréhension et ses angoisses en seraient décuplés. Il n'était pas question qu'il se mette en péril pour son confort et elle se savait capable de continuer, tout était dans la tête.

Elle puisa dans ses dernières forces pour sortir du véhicule accidenté, usant de son bras opposé qui s'appuyait sur le fusil comme d'une béquille, et de sa jambe valide en laissant celle qui lui provoquait le plus de douleur totalement immobile. De son autre main, elle restait accroché au médecin comme un naufragé à une bouée. Avec un peu de chance, il lui resterait à lui aussi suffisamment de force pour la soutenir un peu et l'emmener le plus loin possible du danger.
Derrière son homme se dessinait les deux créatures venues de la maison d'en face, ne leur laissant plus beaucoup de temps pour décamper vite fait. Elle doutait quelques secondes auparavant que son corps arriverait à supporter un déplacement, alors penser à gérer des créatures, c'était tout à fait impensable. Si c'était pour mourir ici, elle aurait cent fois préféré ne jamais se réveiller à la suite de son accident, alors maintenant qu'elle avait son propre destin entre ses mains, il fallait qu'elle se batte.

D'un mouvement de tête, elle montra à James qu'elle était capable de le suivre, avant qu'elle ne rajoute.

« Ils arrivent. »
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