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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CS, A, 2] Acharnement tragique - 20/03/35
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James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 11 Juil - 23:49
C'est finalement dans la salle de bain où il la trouva, se nettoyer si l'on pouvait dire ça sa blessure au visage avec un bout de serviette trempé. Elle n'avait vraiment pas bonne mine, nul doute qu'elle avait tout autant souffert de l'accident. Maintenant que la pression était un peu retombée et surtout maintenant qu'Elizabeth était sauve, ses pensées les plus enflammées s'estompaient un peu pour que la raison reprenne sa place dans son esprit. Toutes ses réflexions n'étaient pas disparues, mais celles consistant à la dépeindre comme une éventuelle meurtrière ou une menace concrète se voyaient tout de même remises en question, laissaient le bénéfice au doute plus qu'auparavant. Cette journée était affreuse, il ne savait pas ce qu'il s'était vraiment passé avec Jordan, mais il se souvenait de ses impressions vis à vis du jeune homme oui, si Melody avait provoqué sa mort, ou tout du moins ses blessures, il avait de plus en plus de mal à se convaincre que c'était par agression volontaire, plutôt qu'en victime. Et puis, lorsqu'il l'avait trouvée en pleurs et agenouillée dans la cour, il n'avait pas douté un seul instant de sa sincérité. Il n'était certes pas un expert en jeu d'acteur, mais il avait quelques aptitudes pour ce qui est était de voir la vérité ou le mensonge chez autrui.

Elle lui rétorquait, au plus court, commençant par Elizabeth. Était-ce par politesse ou craignait-elle vraiment le cas de sa douce, quoi qu'il en soit, le médecin s'appuya de l'épaule contre la porte et lâcha un long soupire, laissant son regard parcourir les dalles blanches du sol de la salle de bain en lui répondant avec toute la fatigue et la peine qui pouvait s'entendre dans sa voix, contrastant avec ses mots.

« Quelques bleus, quelques contusions, le pire était sa jambe cassée, elle n'est pas passée loin... » Il ne terminait pas sa phrase, cependant elle était assez explicite pour qu'il n'ait pas à utiliser ces mots qu'il réprouvait. Ses yeux clairs remontèrent finalement pour rejoindre ceux de Melody, peu expressifs pour un tas de raisons très justifiées, comme le choc encore palpable, la lassitude, l'accablement. « J'ai minimisé les dégâts grâce à mon pouvoir. Je ne sais toujours pas à quoi c'est du, ni d'où il vient, mais c'est un jour où je suis reconnaissant de l'avoir. J'ai pansé ses plaies avec du cicatrisant, mit de la pommade sur ses bleus. Pour l'instant elle est encore inconsciente, je la laisse se reposer tant que l'on est tranquilles. J'ai faillis la perdre aujourd'hui. »

Il finit par se pousser de l'épaule pour se mettre debout et se déplacer vers le lavabo à deux pas afin d'y poser son Desert eagle. Tout du long, Melody aura pu constater de ses yeux vus et de son ouïe à l'écoute qu'il paraissait particulièrement sincère. Après avoir déposé son arme et symboliquement enterré la hache de guerre, il montra à Melody le meuble de salle de bain derrière elle d'un geste de main, puis indiqua d'un léger signe du menton ses mains qui tenaient ses armes, illustrant ce qui suivi.

« Tu devrais les poser, je vais devoir t'ausculter et vérifier si tu n'as rien de grave avant de nettoyer et panser. Tu pourras t'asseoir sur le rebord de la baignoire le temps que je vois tout ça. Et... il va aussi falloir que tu, enfin, enlève tes vêtements. J'aurais du mal à voir et passer au travers. »

Il terminait sur une petite touche d'ironie, qui n'était pas vraiment volée dans cette situation, détournant le regard pour poser le kit en bonne partie usé sur le lavabo, l'ouvrit et jeta les déchets qui s'y trouvaient, dans le socle pour ne pas être gêné, puis prépara d'abord des compresses qu'il imbiba de désinfectant, récupéra les quelques pansements restant et déroula quelques bandages, appliquant sur tout cela ce qu'il restait des tubes de produits cicatrisants. Il poursuivit ses préparations avec des médicaments, entre autre, ce qui laissait pour tout cela le temps à Melody de poser ses armes et retirer ses vêtements. Une fois qu'elle en aura finit, sans que le médecin ne l'ai regardée une seule fois durant ce temps, là seulement il se sera approché d'elle, la laissant au choix s'installer sur le rebord de baignoire ou sur la cuvette des toilettes - moins gracieux mais on ne pouvait faire qu'avec ce que l'on avait.

Il s'accroupit quoi qu'il en soit devant elle, les compresses de désinfectant dans une main et commençait à observer son corps, de son visage à son menton, son cou, sa nuque, ses épaules puis ses bras, tout du long en s'aidant de sa main libre pour l'inciter à opérer un mouvement ou un autre afin qu'il puisse mieux voir, se contentant de l'effleurer du bout des doigts pour se faire comprendre, puis sa poitrine sans qu'il n'y touche, bien contraint de regarder de plus près en revanche, avant de fureter sur son ventre, ses hanches, ses jambes et terminer par ses chevilles et ses pieds. Les divers bleus et coupures dus aux chocs localisés, il aura commencé par appliquer une compresse de désinfectant après l'autre sur les petites plaies qu'elle pouvait avoir. Il n'eut pas à lui dire que ça allait piquer, qu'elle ne soit pas surprise, il avait déjà eu l'occasion de lui soigner une plaie, elle savait à quoi s'attendre et ce n'était pas ce qu'il voulait lui dire, bien loin de ce détail si léger.

« Jordan est mort. Ne dis rien, écoute moi d'abord, c'est important. » Il avait enchaîné aussitôt pour couper à toute réponse impulsive de sa part, et l'aura dit même si elle n'avait pas eu l'intention de répondre. Son regard s'était brièvement dressé sur le sien dans cette proximité, il avait dit cela avec brutalité et froideur, une vérité bien réelle. « Je ne l'ai pas vu, je n'ai pas pu, je ne sais même pas s'il était bien dans cette maison, si tu m'as tout dit, mais ça ne change rien au fait que nous n'avons pas d'autre choix que de le considérer parti. Peut-être qu'il reviendra, comme Ivy, mais peut-être qu'il ne reviendra pas, comme Doug. On ne sait pas, on ne peut pas savoir, seulement... faire avec. Mais s'il était bien dans cette maison, alors je l'ai abandonné, j'ai trahis ce en quoi je croyais, parce que si nous étions allé dans cette maison, nous aurions été tués avec lui, c'est un fait il y avait trop de rôdeurs et ce que tu as fait dans la voiture, c'était fou et inconscient. J'ai fait un choix, choisir Elizabeth, te choisir toi, ici et maintenant encore, sauves toutes les deux malgré cet accident idiot, plutôt qu'un jeune homme à l'agonie qui avait besoin d'aide, d'être sauvé lui aussi. »

Au fur et à mesure, il avait nettoyé ses différentes plaies, ainsi que ses mains qui avaient le plus souffert et au terme, après avoir laissé planer un temps de silence extrêmement lourd et pénible, aussi bien pour lui que pour elle certainement, il se redressa et revint de quelques pas rapides devant le lavabo, y jetant les compresses avant de marquer un temps, ne pouvant empêcher le reniflement qui venait titiller ses narines, alors qu'il sentait l'humidité gagner ses yeux, déborder sur leurs coins et de quelques larmes, s'écouler sur ses joues. Il posa ses mains sur le rebord du lavabo, prenant appui pour essayer sans succès d'atténuer le poids qu'il ressentait, puis reprit d'une voix accablée de tristesse et de lassitude, tellement de lassitude, bien qu'il ne perdait ni son calme et son intelligibilité à l'égard de la chasseresse.

« Ce choix que je n'aurais jamais du avoir à faire, subir, je l'ai fait et il va rester en moi, pour le restant de mes jours. Tout ce qui nous est arrivé, tout ce qui nous pèse déjà, devient insupportable. Ça ne peut plus continuer comme ça, j'en ai marre, de devoir subir. De me demander chaque jour, quel choix nous allons devoir faire, ce qui va nous tomber dessus, ce que nous devrons subir, en sachant pertinemment que l'on pourrait y remédier, si on se décidait à faire des choix, les nôtres.

Ce camp, ce groupe, tel qu'il est, il n'a pas d'avenir et tu le sais aussi bien que moi. Nous allons devoir parler, tous les deux et décider avec le groupe de ce que nous allons faire, Samuel n'existe plus en tant que chef, il n'a jamais vraiment existé, mais quoi qu'il arrive ça doit changer dans le bon sens. Nous ne pouvons pas le faire tout de suite, pas dans notre état, ça finira mal, il faut nous laisser quelques jours, à toi, à moi, à Elizabeth, aux autres, ensuite il faudra le faire. »


Il attrapa les pansements et les bandes humides de cicatrisant, puis revint jusqu'au-dessus d'elle pour s'accroupir, achevant dans la foulée ce qu'il avait à l'esprit et sur le coeur. Cette fois pas de bref croisement de regard, il plongeait ses yeux clairement et directement dans les siens, puisque Melody était attentive à lui et qu'ils se retrouvaient là, à fleur de peau et dans le vif des événements, elle pouvait d'autant plus voir qu'il était parfaitement sincère. Il n'y avait plus d'animosité, il retenait ses larmes mais ses yeux étaient rougis, celles qu'il n'avait pu retenir, perlaient sur ses joues, son visage était tiraillé par le chagrin, plissant ses lèvres pour ne pas céder. Les soins étaient, fatalement, interrompus, il devait savoir ce qu'elle lui répondrait, ce qu'elle ferait, l'expression de son visage et de sa vérité que lui-même recherchait à travers son aptitude à la déceler, avant de terminer.

« Pour ça, tant que nous n'aurons pas fait ce qui doit être fait, nous ne parlerons pas de Jordan, ni ensemble, ni à personne. On décide, on agit, ensuite on en parlera aux autres si on le souhaite et on mettra peut-être ça au clair tous les deux. Mais pas avant, sinon ça pourrait tout détruire et même si ce n'était pas le cas, nous ne pourrons pas empêcher les choses d'aller trop loin, entre nous deux et avec les autres, ils ne comprendront pas et il y a des chances qu'ils ne l'acceptent pas. Tous les deux nous sommes là depuis le début, et de ce début il ne reste presque personne. James, Melody, Elizabeth, Samuel, Ivy, à peine de quoi faire une main. Tous les autres sont morts ou ont disparus, par dizaines. On a tout fait ensemble, tout vécu en quelques mois, on ne peut pas se déchirer, on doit survivre malgré nous. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 12 Juil - 14:39
Melody écoute attentivement la réponse de James tout en le lâchant pas du regard, le fixant même dans le moindre mouvement, guettant le moindre tic facial qu'il pourrait avoir et qui serait contradictoire avec les paroles qu'il prononce. La brune ne décèle rien qui lui montrerait que James lui ment mais ce n'est pas pour autant que ce n'est pas le cas et en même temps cela est un peu rassurant. Si bien qu'elle hoche la tête aux dernières paroles qu'il prononce en déposant son arme, elle voit très bien ce qu'il veut dire, elle même a bien cru que Liz n'allait pas s'en sortir. Et à vrai dire elle n'en est toujours pas certaine, pas tant qu'elle ne l'aura pas vu de ses propres yeux, disons qu'elle daigne accorder le bénéfice du doute au toubib. Assez pour daigner cette fois-ci poser son Sig Sauer sur l'étagère au dessus de la baignoire puis pour déposer son arbalète ainsi que son sac à dos dans la dite baignoire. Et puis ce qui l'aide à le faire c'est qu'il a parlé de son pouvoir, rappelant à la chasseresse qu'elle a le sien et que son pouvoir à elle est offensif, qu'il lui suffira d'une simple pensée pour envoyer valdinguer ce qu'elle veut ou elle veut à savoir dans la tête de James. Oui elle n'est pas démunie de tout même sans ses armes et même si elle doit se déshabiller comme il le lui demande.

Laissant James préparer ce qu'il doit à partir des restes du kit de soin, la brune défait son gilet pare-balles tout juste trouvé avant d'ôter ses vêtements pour ne garder que le strict minimum, les laissant tomber sur le carrelage de la salle de bain. Faisant cela par automatisme pendant que son regard émeraude suit chaque mouvement de James. Se posant ensuite sur le rebord de la baignoire pour le laisser l'ausculter, une part de son esprit focalisé sur la possible nécessité d'user de son pouvoir à tout instant du moins au début. Répondant ensuite à ses demandes silencieuses de mouvement pendant que petit à petit son esprit lâche la rampe et part vagabonder loin, très loin de là, ne se rendant même pas compte que son corps se remet à trembler à mesure que James applique les produits sur ses coupures.

Ce n'est qu'au son de la voix du médecin qu'elle revient dans la réalité, entre ses paroles et le ton de sa voix elle ne peut que tourner la tête vers lui prise à part égale entre le chagrin et la colère qu'elle ressent. Ses mâchoires se crispent, ses mains serrent le rebord de la baignoire et ses larmes se remettent à couler. Il a osé mentionné Jordan, il ose ensuite l'accuser elle de ne pas tout avoir dit alors que c'est lui qui a fait cela, c'est lui le traître ! Et maintenant joue t-il la comédie en retournant au lavabo et qu'elle a l'impression qu'il pleure à son tour ? Est-il vraiment sincère ? Melody ne le sait pas et elle doit bien s'avouer qu'elle aimerait se tromper qu'elle aimerait qu'il ne soit pas mêlé à cette histoire de traîtrise mais comment en être sûre alors qu'elle sait pour Calvin ? Qu'elle sait le calvaire qu'à enduré Matthew à cause de lui, qu'ils ont tous endurés même puisque Matthew a dû se débarrasser de Calvin devant tout le monde exprès alors que personne jamais n'aurait pu soupçonner cela pas même son chasseur...

Son regard dérive sur le Desert Eagle posé bien trop près des mains de James, prête à envoyer l'arme au loin par son pouvoir jusqu'à ce que le toubib ne revienne vers elle et qu'elle ne reporte son regard émeraude sur lui, ne le lâchant plus. Il semble retenir ses larmes alors que celle de la brune coulent sur ses joues et quand James termine de parler, elle fini par desserrer les dents laissant échapper un bref rire amer avant de répliquer.

- Samuel...Tu fais bien d'en parler de celui là avec ce qu'il a fait hier à Ivy et même à moi...Si ce n'est pas toi le traître qui opère dans notre dos pour le Marchand ou l'autre cinglé qui a détenu Ivy alors c'est lui... Repense à la nuit où Matthew a disparu, qui était seul avec ? Samuel. Repense à l'attaque du campement, qui savait où était le second groupe où il y avait Liz ? Samuel. Et tu ne le savais peut-être pas mais ce soir là qui est resté bien à l'abri dans le campement loin des hommes du Marchand à ne rien faire ? Samuel. Et cela Jordan le savait, Jordan l'a vu faire, Jordan a tout suivi. Et comme par hasard aujourd'hui on tombe sur ces femmes qui attaquent Jordan...La coïncidence est énorme tu ne trouves pas ? Quant à hier, le Vagabond celui qui a secouru Ivy ce soir là est revenu pour nous délivrer des informations sur le Marchand, qui a tout fait pour que cela ne se fasse pas ? Samuel. Et je ne te parle même pas de comment il s'est comporté avec Ivy et moi, moi passe encore je me suis toujours méfiée de lui mais Ivy alors même qu'ils sont un couple...On est tous des employés pour lui qu'il peut virer quand il veut, dont il peut faire ce qu'il veut quand il veut, il l'a clairement dit. Pourquoi crois-tu qu'il n'a pas remit les registres de garde aussi et pourquoi crois-tu qu'il m'évite soigneusement alors que je veux lui parler, lui imposer de les remettre ?

Et après tu veux garder des choses pour nous ? Alors tu agis comme Samuel ! Comment veux-tu après que je ne pense pas que toi aussi tu fais parti des hommes du Marchand à agir de cette façon ?! On a privé...


Incapable de poursuivre alors que sa voix s'étrangle et que ce sont des sanglots qui remplacent ses larmes et quelque part heureusement sans doute. Cela lui évite d'aller trop loin dans ce qu'elle peut bien dire alors qu'elle allait reparlé de Jordan et qu'elle risquait de dériver sur la peur qu'elle a de perdre son frère et que cela aurait pu entrainer qu'elle parle involontairement de Matthew. Restant agrippée au rebord de la baignoire pendant deux bonnes minutes, le temps pour elle de reprendre un tant soit peu son souffle pour ensuite se remettre debout puisque James à terminé pour se rhabiller lui bredouillant un "Merci" malgré tout et quoi qu'il aura pu dire entre temps. Melody n'est plus en état d'écouter réellement quoi que se soit et d'y réagir un tant soit peu normalement et logiquement, déjà qu'elle va être à peine en état de pouvoir aller vérifier dehors ce qu'il se passe. À moins qu'elle ne finisse par réagir mais avec un énorme temps de retard.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 12 Juil - 23:00
Il resta à l'observer, écoutant sa réponse bien qu'emportée par l'émotion, pour cela il n'allait pas lui faire de reproche, mais bien vite il ne put s'empêcher de froncer les sourcils d'interrogation et d'inattendu, les paroles de la chasseresse résonnant étrangement dans son esprit, il finit par écarquiller les yeux en restant figé sur place, abasourdi d'entendre de pareilles choses. Le Vagabond ? Venu hier ? Et aucun d'eux ne l'a dit au reste du groupe ? Toutes ces élucubrations essentielles sur Samuel envers qui il avait déjà des doutes et que la chasseresse n'avait jamais évoqué ? James, terminant les soins en question, du lutter férocement pour ne pas se relever, tout jeter au sol et la gifler aussitôt.

Comment avaient-ils pu garder un tel événement comme la venue du Vagabond et leur confrontation pour eux ? A croire que le Samuel si mal dépeint, certes à raison, n'était pas le seul à se jouer des autres et le pire, c'est qu'elle lui reprochait de vouloir garder pour eux ce qu'il s'était passé aujourd'hui temporairement, alors qu'elle n'hésitait pas à garder ce qui lui convenait, sans parler de cette histoire de traître qu'elle s'était mise en tête, qu'elle osait lui balancer à la figure en l'accusant directement après tout ce qu'il avait fait, et surtout tout ce qu'elle avait fait ou n'avait pas fait elle-même ? Cette fois s'en était trop, la raison vola en éclats et il n'aurait pas été possible de s'attendre à autre chose.  

Il se redressa rapidement et vint au lavabo où il lâcha d'un geste sec les déchets dedans avant de prendre son Desert eagle et rejoindre la porte, s'arrêtant à l'arche alors que Melody le remerciait. Elle le remerciait, et lui comment pouvait-il la remercier, pour aujourd'hui, pour hier, pour toutes les autres fois potentielles qu'elle veillait à garder pour elle ? Lui qui, quelques minutes plus tôt, s'était remit à s'auto-flageller pour le choix qu'il avait fait en essayant de toutes ses forces de relativiser, un effort draconien quand ils étaient encore dans la douleur et la pénibilité de ces moments d'incertitude, il finit par se retourner vers elle, le regard noir de rage et se mit à lui hurler dessus, ses traits et les muscles de sa mâchoire et de ses mains crispées alors qu'il dressait son index et son majeurs soudés et  libres vers elle, changeant du tout au tout son attitude des instants précédents.

« Pendant cinq minutes, pendant cinq foutues minutes, j'ai pris sur moi et j'ai essayé de faire l'impasse pour penser à notre avenir, mais tu n'es qu'une foutue garce et une cinglée. T'as le culot de me parler de traîtrise ? De m'affilier au Marchand ? C'est quoi ton délire ? Considérer que le monde entier est soit con soit mauvais hormis toi et tes quelques élus ? Comment on peut être aussi borné et stupide au point de porter des accusations pareilles contre moi, contre Samuel et qui sait qui d'autre tu as dans le collimateur à partir de rien, alors que tu viens de me dire sans pression que le type qui a sauvé Ivy et qui a des informations dont on a cruellement besoin est passé hier et reparti comme ça. Quand est-ce que vous aviez l'intention de nous le dire ? C'est pas ça, cacher des choses, aussi importantes en plus ?!

Tu veux que je te dise ce que je pense ? Je me demande si Jordan était bien dans cette maison, si toute cette histoire n'est pas une putain de comédie de ta part pour se jouer de moi, d'Elizabeth et des autres ensuite. Qui sait, peut-être que tu l'as tué ce garçon et que tu as essayé de maquiller ce que tu as fait. Où est la preuve que tu dis vrai ? Dans cette maison attaquée par des dizaines de monstres après que Jordan... quoi ? S'est fait attaqué sans raison par deux folles ? Toi qui prône le soit-disant registre de garde et les règles, dame consultante, à quel point tu considères que deux membres du groupe qui partent en sortie, sans rien dire, sans prévenir qui que ce soit et sans être vus, comme des voleurs, est aberrant dans une pareille situation.

Qui foncent dans une maison alors que le coin est bourré de morts-vivants et qui se font attaquer par des cinglées que personne n'a vu venir, avant que tu ne reviennes après avoir abandonné Jordan sur place pour appeler à l'aide sachant qu'il n'y avait aucune chance que l'on y arrive avec tous ces monstres. Toi qui est prétendument si avisée, comment tu expliques cette crétinerie de ta part ? Ou tant qu'à faire, on parle de ce type qui est venu à notre secours pile au bon moment ? Qui t'as rejoint, visiblement bien amical ? C'était qui, ton collaborateur, ton plan cul ? Tu bosses pour d'autres en parallèle du groupe ? »


Il rabaissa sa main et d'un geste d'une hargne entière et portée par le poids des sentiments, balança son poing sur la gauche qui frappa de plein fouet le miroir, le brisant en dizaines de morceaux dont les éclats firent un vacarme aigu du verre s'écrasant sur la céramique et le carrelage. Il n'y prêta même pas attention, repartant de plus belle.

« Tu me prends pour un idiot et je commence à me demander sérieusement si ton coup de folie dans la voiture n'avait pas été volontaire pour nous faire tuer ! Tu vois, moi aussi je peux me monter la tête avec des théories bien graissées. Vas-y, parle de Jordan à qui tu voudras, prépare ta défense parce que je ne te laisserais pas baratiner tout le monde avec ton histoire qui ne tient pas la route et tu risques de payer cher ce coup-ci. Tu dis que j'agis comme Samuel, peut-être qu'il n'est pas clair, mais les rares fois où il a agit, c'était bien différent. Tu n'es pas comme Samuel, tu es pire que lui et pas plus nette, c'est bien ce que je disais, tu es dangereuse. »

Il plissa le nez, sa rage toujours palpable dans le regard et entièrement dirigée vers elle, sa voix pressant ses cordes vocales pour en accentuer la gravité et exprimer tout son ressenti à son égard. Son poing restait serré et quelques gouttes de sang tombèrent pour rougir le blanc du carrelage, le coup l'ayant légèrement coupé dans l'élan impulsif.

« Oublie ce que j'ai dis, je me suis égaré dans mes remords mais tu as éclairci tout ça en deux minutes, merci. Tu n'auras qu'à faire ce que tu veux, moi je sors trouver un moyen de quitter cet endroit et ensuite, on réglera nos affaires et on se décidera avec le groupe mais que ce soit clair, je ne ferais pas plus longtemps parti de ce camp avec toi ou Samuel aux commandes, et même sans les commandes je ne veux pas vivre sous le même toit qu'une fille dans ton genre. En attendant, si tu t'approche d'Elizabeth en profitant de mon absence, ici ou au camp, si tu tentes la moindre chose contre elle, je m'occuperais de ton cas, définitivement. Et crois-moi, ma vie m'importe bien moins que la sienne, après tout je suis déjà mort. »

Il avait vidé son sac et à partir de là, quoi qu'elle puisse répondre, il partira à terme, refusant catégoriquement de poursuivre un échange qui ne pourrait se terminer que par la violence et dans l'absolu, c'était toujours quelque chose qu'il préférait éviter.

Un peu plus tard...


Accroupi, James progressait dans le jardin jusqu'au muret, regardant de parts et d'autres dans la rue sans voir le moindre mort-vivant. Il ne prêtait guère attention à savoir si Melody viendrait à sortir également, il restait concentré sur ce qu'il faisait et en ne se redressant que jusqu'à rester courbé, il avança rapidement vers la Cadillac dont les portes étaient toujours ouvertes et s'empressa d'aller voir coté conducteur, cherchant quelques secondes la trousse qu'il avait laissé dans le feu de l'action avant de l'apercevoir sous le siège voisin. Le barbu entra à demi pour tendre le bras et l'attraper puis sorti aussitôt. En se retournant, il dressa son arme, prêt à recevoir n'importe quelle menace et pas question de laisser le bénéfice du doute et le doute au drame. Son bien récupéré et si précieux, il repartit vers les jardins comme il pouvait, sa jambe ne cessant de le faire boiter et un coup d'oeil à gauche attira son attention : dans l'allée, rasant une haie et sur le trottoir, il distinguait un véhicule identique à celui qui était garé dans le camp, une Chrysler 200.

L'idée de pouvoir troquer leur perte contre une autre germa bien vite dans son esprit, ne serait-ce que s'il pouvait déplacer en sécurité Elizabeth jusqu'au camp. D'un pas pressé, il se rendit jusqu'à elle, sa paranoïa toujours très vivace, ses yeux volaient de parts et d'autres en appréhendant toute arrivée, aussi bien de rôdeurs encore dans le coin ou de ce type en noir proche de la chasseresse. Tout ici était danger, en extérieur comme en intérieur et plus longtemps il laissait Elizabeth, plus la peur le tiraillait mais il devait trouver une solution. En arrivant à la voiture, il testa une portière : elle demeura verrouillée. Il fit le tour et vint coté conducteur pour constater que ce n'était pas mieux. Au moment où il songeait à repartir en laissant tomber l'espoir d'un véhicule, il remarqua d'un regard assez hasardeux que le coffre semblait légèrement entrouvert. Il pencha la tête, l'observa un peu plus attentivement et s'y dirigea jusqu'à venir le contourner pour arriver en face. Et là il eut de quoi bénir sa paranoïa de lui avoir fait remarquer ce détail : le coffre était bien entrouvert et surtout, les clés se trouvaient encore dessus. Est-ce que cela pouvait expliquer le corps trouvé déchiqueté dans la maison ? Il l'avait fatalement aperçu en descendant, qui trônait dans le salon et dans une marre de sang terni et séché, mais n'avait pas eu la force de s'en approcher car il aurait eu bien du mal à encaisser de nouvelles horreurs aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit, il saisit le coffre par dessous et l'ouvrit, pouvait-on vraiment s'attendre à mieux que des clés sur une voiture ? Visiblement oui, contre toute attente. Il fut mouché de voir ce qu'il y trouvait, là, presque en plein milieu de la rue et n'attendant que d'être découvert, tout un équipement quasi-militaire que l'on se demanderait presque si ce n'était pas le ciel qui leur faisait une fleur : il y avait un taille-haie à essence, niché au fond à coté d'un générateur à essence et prenant déjà pas mal de place, une boite à outils calée à gauche, et au milieu, une boussole, un Heckler & Koch VP70 et un monoculaire de vision nocturne, le tout comme neuf, qui était d'ailleurs installé sur quelque chose d'étrange, dont le corps noir se démarquait du revêtement tout aussi sombre du coffre par son épaisseur : quelque chose de presque carré qui attira tout de suite l'oeil de l'ex-policier, et pour cause, en venant poser la main dessous pour le soulever, repoussant par association les trois objets précédemment cités, il identifiait un bouclier d'intervention ambidextre comme il avait pu en voir parmi les équipements d'intervention du S.W.A.T.

C'était vraiment, incroyable, toutes les fois où ils avaient péniblement rapporter quelques trouvailles en risquant leur vie, et voilà qu'il tombait sur de telles trouvailles là, quand il ne cherchait pas. Tout n'était peut-être pas si sombre finalement, même si ça ne suffisait pas à palier aux drames d'aujourd'hui. Il relâcha le bouclier et déposa rapidement le kit en main avant de refermer le coffre dont il tirait les clés. Il rangea son arme dans son dos et rejoignit le coté conducteur pour ouvrir la portière avant de s'engouffrer à l'intérieur et tester la clé, bénédiction : le moteur se mit à rugir. Il y était parvenu, sans trop y croire mais il y était parvenu, il avait maintenant de quoi transporter sa bien-aimée à l'abri du campement non loin, sans prendre de risque et s'il ne restait rien en essence, il y avait toujours assez de maigres réserves pour quelques centaines de mètres. C'était le moment de rentrer, pour se débarrasser de tout ça.


Fin du jeu.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 13 Juil - 1:06


Excursion Validée

Récompense(s) :

James, Melody & Elizabeth trouvent : Boussole, Ration de nourriture x2, Heckler & Koch VP70, Monoculaire vision nocturne, Tournevis x2, Boite à outils, Ration de nourriture périmée, Chrysler 200, Couteau de cuisine, Tabac et/ou Briquet, Sac de course, Taille-haie à essence, Kit de secours basique.

James a trouvé un Bouclier d'intervention ambidextre & un Générateur à essence (Elizabeth).
Melody a trouvée un Gilet pare-balles & un Kit de supplément armement.


Conséquence(s) :

Melody a subit quelques blessures légères soignées, qui cicatriseront/s'estomperont sous quelques jours.
James a subit quelques blessures légères soignées, qui cicatriseront/s'estomperont sous quelques jours.
Elizabeth a subit quelques blessures légères soignées, qui cicatriseront/s'estomperont sous quelques jours & une blessure moyenne devenue légère et soignée, qui sera guérie avant la fin de la semaine. Elle boitera et ne pourra pas courir d'ici là.

Vous avez consommé :

James a consommé un Kit de secours basique.

Les Scénaristes
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