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[Spécial, ZdC 2] Le vice aime l'obscurité - 30/03/35
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Evènements

Anonymous
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Dim 12 Juin - 17:25







Le vice aime l'obscurité
Interprété par Angela Lawson et Dave Bernier.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 12 Juin - 17:26
Il faisait nuit.

Une obscurité lourde, pesante, pénible. Pas un bruit, pas un son ne venait perturber l’écho harmonieux de deux respirations qui  instinctivement venaient se calquer l’une sur l’autre. Dans cet environnement clos, fait de poutres de bois et de murs de brique, deux corps gisaient, inerte.

Le premier, une femme, de taille moyenne et de très fine corpulence, les cheveux sombres et la peau halée, pendait par ses mains liées au-dessus de sa tête, tendue du fait de son poids, les pieds ne touchant pas le sol de quelques centimètres. Il était impossible de savoir depuis combien de temps elle se trouvait ainsi, mais son poids et la rudesse de ses liens n'avaient pas encore abîmés sa peau. Elle est suspendue par les mains grâce à une corde grossière, enroulée au-dessus de sa tête sur une grosse poutre de bois vermoulu.
A ses pieds gisaient un second corps, celui d’un homme aux traits bien plus âgés que ceux de la première. Dans la quarantaine, sans doute, les cheveux courts et bruns, bien que parsemés de quelques cheveux blancs, attestant de sa maturité. Recroquevillé sur lui-même, dans une posture rappelant celui d’un fœtus, le corps reposant sur un tapis poussiéreux, il semblait également dormir, tout comme la femme, à moins que leur léthargie ne soit le fruit d’une inconscience mystérieuse.
Ces deux êtres, plus liés qu’ils ne pourraient alors le penser à leur réveil, plongé dans ce coma où surgissent les échos d’un rêve commun, c’était vous, Angela et Dave.

Vous vous réveillez, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il vous faudra le temps de reprendre vos esprits, d'identifier l'environnement qui vous entoure et de comprendre que vous êtes en vie. Elle vous tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où vous ne savez ni où vous êtes, ni qui vous êtes et jusqu'à en avoir oublié votre nom, statufié par un flot d'informations à votre cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Pourtant, ce n’est pas le néant qui s’offre à vos yeux ouverts. A deux mètres, tout au plus, de votre position, à la droite d’Angela, s’éteint un feu dans son âtre, doucement, calmement. Le rougeoiement de ses braises offre encore assez de lumière pour constater le décor : vous êtes dans une maison atypique, peut-être un refuge de chasse comme le constate quelques trophées disposés çà et là, ornant les murs. Des têtes de cochons sauvages, renard empaillé grossièrement, ou encore cornes de Longhorn. Des fenêtres, vous n’en tirerez aucune information, les rideaux épais sont tirés pour masquer à votre regard l’extérieur, mais vous en êtes certains, aucune lumière ne s'en extrait.
Juste derrière Dave, se trouve un vieux canapé en cuir tout usé, pas très grand, il offre le confort de deux assises. Face à lui, un autre fauteuil du même acabit pour compléter la collection grossière, privé toutefois d’une table basse, qui avait sans doute auparavant dû se trouver en lieu et place de votre position comme l’atteste les marques laissés sur le tapis rouge et gris. Le reste du décors ne sera composé que d'un porte-revue, sur le côté de l'un des deux gros mobiliers, offrant le loisir de la lecture de quelques journaux, ou vieux dépliants publicitaires.
La seule issue de cette pièce est une arche, face à la cheminée, mais il est encore impossible de voir au-delà de cette dernière, l’obscurité régnant en maître.

Si votre premier réflexe est de regarder vos blessures, vous aurez le constat qu'elles ont, à votre grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de votre crâne alors que vous sentez votre corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement, déposé à coté de chacun de vous, aligné et nettoyé. Vous ne reconnaissez pas cet équipement étrangement flambant neuf. Ainsi vous voilà vivant, votre peau propre, comme neuve, alors que vos vêtements sont demeurés dans le même état que dans vos derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Vos cicatrices ayant disparues si vous en aviez, vos imperfections gommées si nettement que votre chair semblent avoir été remplacée dans votre sommeil, et ce n'est que le début. Car vous n'avez pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en vous.


Éléments scénaristiques:
 

Dave Bernier

Anonymous
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Lun 13 Juin - 23:51
L’obscurité qui m’habitait semblait se dissiper peu à peu et mon esprit sembla reprendre tranquillement conscience, comme si je m’éveillais d’un trop long sommeil. Et avec cet éveil de conscience, vint aussi l’éveil d’une douleur que je n’avais jusqu’à présent pas soupçonnée. Mes yeux n’étaient même pas ouvert encore qu’un mal de crâne incroyable me pris. Comme si un maçon détruisait un mur de béton à coup de masse d’acier.  Je tentais de me souvenir de la dernière fois d’un mal de tête aussi intense. Je m’entendis grogner sous la soudaine douleur qui semblait empirer suite à mes tentatives de vaines réflexions. Mais grogner était un grand mot, c’était à peine plus qu’un râle, un souffle qui se perdait dans le tourbillon d’une tornade, ma gorge aussi sèche que le désert pour l’être.

Le tout suivit de violentes douleurs musculaires comme si j’avais fait un triathlon alors que je ne fais pas plus de sport depuis la fin de mon secondaire. Mes muscles étaient tendus à l’extrême et mes os semblait sur le point de cédés. Tranquillement, comme si cela me demandait toute ma maigre énergie, je commençais par bouger un doigt et puis deux, tout en faisant bouger doucement mon corps afin de m’assurer qu’il n’y avait rien de brisé en plus de ces atroces douleurs, j’ouvris peu à peu mes yeux, tout en gardant ma tête immobile.

Les lueurs du feu étaient basses et ainsi mes yeux ne souffrirent pas trop d’une trop forte luminosité, bien que je n’y voie pas encore grand-chose. Cependant, il ne fallait pas un 10/10 au niveau de la vue pour comprendre que j’étais étendu sur un tapis au sol. La poussière avait pratiquement bouché mes narines et j’éprouvais une certaine difficulté à respirer. Doucement, je bougeais mon bras libres. Bien que courbaturer, il n’avait rien. Je tâtais mes côtes, tout semblait aussi parfait de ce côté. J’approchais mon bras afin de me frotter les yeux et envisager de me redressé tranquillement lorsque quelque chose chatouilla mon coude. Je tournais légèrement la tête vers le haut et cette fois fois-ci, je ne pus retenir un cri de surprise. Mon cœur me menaçait de cesser de battre tandis que mon corps, dans un réflexe que je ne pensais pas avoir me repoussa à l’opposé du corps suspendu, me percutant le dos contre ce qui semblait être un vieux canapé. L’adrénaline parcourait mon corps et mes yeux, maintenant grand ouvert observait avec panique ce qui, soudainement, m’entourait.

Des trophées de chasse, des objets bien disposés et un mobilier spartiate. Mais ce n’était définitivement pas ce qui retenait mon attention pour l’instant. La respiration haletante, j’observais le corps de la femme. Était-ce moi qui avais fait ça ? Mais… n’étais-je pas en ville ? Suis-je devenu fou ? Non ! Impossible ! Je ne pouvais pas avoir fait ça !

Douloureusement, je me redressais tant bien que mal avec l’aide du canapé. La tête me tournait,  et il s’écoula quelques secondes avant que tout se stabilise. Je ne pouvais pas laisser cette femme se réveiller dans cet état ! Je n’ai pas le moindre envie qu’elle me prenne pour son agresseur alors que je n’ai rien à voir là-dedans. Je ne sais même pas où nous sommes d’ailleurs ! La respiration un peu plus maitrisée je m’approchai de la femme encore inconsciente, sa poitrine se soulevait délicatement. Pointe de soulagement.

C’est donc sur la pointe des pieds que j’entrepris de défaire le lien qui la maintenait ainsi dans cette position, malgré les protestations de mon corps et mes doigts maladroits, malgré le mal de tête qui m’embrouille toujours un peu l’esprit. La circulation sanguine quittait rapidement mes bras et la douleur à mes épaules se firent encore plus violente, malgré tout, je persévérais à défaire ce noeud.

Angela Lawson

Anonymous
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Mar 14 Juin - 1:44
Elle émergeait de ce sommeil bien trop pesant, un sommeil qui n'avait pas laissé Angela indemne. L'incompréhension la gagnait telle les eaux troubles de son trou de mémoire, montant jusqu'à ses genoux, son ventre, ses épaules pour venir finalement s'inviter à remplir sa bouche et à l'étouffer de cette peur de l'inconnu auquel elle faisait face en cet instant alors que ses yeux s'ouvraient lentement lui laissant le loisir d'observer le panorama de la pièce dans laquelle elle se trouvait en ce moment. Ses paupières se levèrent, dévoilant à ses yeux cette faible luminosité qui se mourait. Ses yeux n'envoyaient à son cerveau qu'une image floue de ce qu'il se trouvait dans la pièce malgré le fait que sa vision s'était arrêté et fixait en cet instant le braiser qui rendait l'âme.

Puis il arriva. Cet instant où Angela reprit conscience, où son corps n'était plus qu'une coquille vide, où son âme rentra à nouveau dans son corps, cet instant où elle dépassa le stade de loque humaine. Ses yeux s'ouvrirent en découvrant les alentours qui lui étaient totalement inconnus, créant en elle un vent de panique qui l'étouffait. Elle ouvrit la bouche, se forçant à respirer de plus en plus vite, de plus en plus fort, de plus en plus bruyamment. Ses sens commençaient tout juste à se remettre en marche, par réflexe, elle tenta de passer sa main gauche sur son visage, mais elle ne put rien en faire. Ses mains étaient attachées au dessus de sa tête, et si elle ne l'avait pas senti, c'était en posant son regard sur ses poignets qu'elle s'accommoda de cette sensation, celle d'être prisonnière et pendue sans même pouvoir toucher le sol.

Elle paniquait, tentait de bouger les différentes parties de son corps dans l'espoir de pouvoir s'échapper de cette étreinte forcée. Mais le chaos de ses mouvements ne changeait rien à sa situation, elle restait fermement accrochée à cette corde qu'elle fixait de ses yeux rougis, donnant de légers coups de pieds dans les airs, chose qu'elle essayait de faire de ses mains, malgré ses poignets liés. Mais ces différents mouvements bien inutiles n'avaient réussis qu'à faire souffrir Angela au niveau de ses poignets, et à lui donner le vertige. Elle se sentait si faible en cet instant, où elle était pendue et attachée à cette poutre comme un vulgaire morceau de viande.

Les quelques braises présentes dans ce qui restait du foyer lui permettaient d'observer plus minutieusement la pièce. Des cadavres d'animaux, entiers ou non se trouvaient ici. Un renard, des têtes de porcs... Quel genre de personne conserve chez lui des cadavres ou des têtes d'animaux en guise de trophée comme décoration ? Sans doute le genre de personne à attacher une femme à sa poutre. En observant les alentours, Angela remarqua les rideaux qui lui bloquaient la vue à ce qu'il se trouvait à l'extérieur de cette maison, du moins, si c'était bel et bien une maison. Elle ne s'attarda pas bien longtemps sur les canapés et fauteuils ou encore les rares meubles qui se trouvaient dans la pièce.

Elle venait de baisser le regard, observant ce qu'il se trouvait juste au-delà de ses pieds, à quelques centimètres d'elle, il y avait cet homme, avachi sur le sol. Il semblait dormir, était-ce lui qui avait fait cela ? Était-ce lui qui l'avait attaché ici ? Quel genre de pervers dormirait aux pieds de sa victime comme cela ? Il y avait tant de questions sans réponses, tant de temps manquant à Angela pour se sauver, pour se libérer, pour tenter de survivre, encore et encore.

A côté de l'homme se trouvaient divers objets comme un sac, des pièces mécaniques ou encore de la nourriture. C'était en voyant cela qu'elle se rappelait de la faim, insatiable, infinie, jamais inassouvie, qui l'avait piégée un trop grands nombre de fois. Oui, ses souvenirs lui revenaient, désordonnés, coupés et rassemblés dans un chaos presque aussi grand que celui qui était venu asséner le monde.

Elle avait détourné les yeux de quelques centimètres, observant les divers objets qui se trouvaient juste là, des objets qui semblaient bien plus intéressants et qui se trouvaient bien plus proche d'elle que les autres. Des couteaux qui semblaient en assez bon état pour pouvoir la libérer de ses liens, de la nourriture pour plusieurs jours ainsi qu'une boussole. Son regard s'était arrêté sur ces lames, rutilantes, elles donnaient l'impression d'être neuves. Ce ne serait pas du luxe si jamais elle avait la possibilité d'en attraper une pour se dégager de là.

Sa respiration ne s'était toujours pas calmée malgré la peur de réveiller cet homme, son potentiel kidnappeur qui semblait plus âgé qu'elle. Étrangement, c'était à ce moment qu'elle avait choisi d'observer plus cet homme, à cet instant où elle essayait de tout faire pour ne pas le sortir de sa torpeur alors qu'elle élançait son pied droit en direction des lames qui jonchaient le sol dans un ordre qui entachait ce décor au plus au point anarchique. Sa respiration s'accélérait de plus belle alors qu'elle n'arrivait pas à atteindre ce qu'elle convoitait. Elle était bien trop loin et elle ne pouvait en aucun cas compter sur ça pour sortir de cette situation.

Malgré le fait que sa tête tournait, malgré les vertiges, malgré la douleur qui l'empoignait, malgré le fourmillement qui s'invitait dans ses jambes, elle leva la tête et tenta de se hisser grâce à la force de ses bras pour tenter de mordre les liens qui la retenaient captive. Mais elle n'arrivait même pas à plier un seul bras. Endoloris, engourdis, ils ne pouvaient rien faire d'autre qu'empêcher que ses mains s'arrachent de leurs poignets. Elle ne pouvait que baisser la tête, honteusement. Elle avait échoué.

Alors qu'elle baissa le regard sur l'homme qui se trouvait encore et toujours ici-bas, elle passa ses yeux sur ses pieds chaussés encore de sa paire de chaussures de trekking noires pour ensuite remonter sur son pantalon, une paire de jeans bleues, qui étaient tout sauf bleus. Noirs, sales, poussiéreux... Tout comme son sweat-shirt qui avait fini incrusté par la crasse et la saleté, qui restait malgré tout, toujours et encore gris. Un gris foncé dû au mélange de crasse, mais toujours et encore gris. Mais ses yeux se posaient sur la fermeture éclair qui se trouvait légèrement ouverte juste au dessus du niveau de sa poitrine, laissant apercevoir à la jeune Angela son soutien-gorge. Pas de t-shirt, ou encore de chemisier pour cacher ce sous-vêtement.

Son visage devint blême en voyant qu'il lui manquait son t-shirt. Les larmes commençaient à couler, les deux yeux laissèrent leurs larmes rouler sur les deux joues en même temps. Sa respiration s'était ralentie alors que ce liquide lacrymal se déversait en une bien maigre quantité pour une douleur si grande. Elle se souvenait de ce qu'il s'était passé, d'où était passé son t-shirt, de comment elle l'avait perdu, mais ce qui l'inquiétait bien plus, c'était ce qu'il avait bien pu se passer après qu'elle se soit faite mordre.

Mordre ? Comment pouvait-elle être encore vivante après s'être faite mordre ? Elle releva légèrement sa tête qui n'avait cessé de tourner en direction de son bras droit pour avoir l'opportunité d'observer sa blessure. Le trou se trouvait encore et toujours ici, au niveau de l'avant-bras, même si la manche de son sweat-shirt tombait légèrement, elle n'avait aucune difficulté à trouver la tâche de sang qui s'était formée à proximité du trou causée par la morsure de cette monstruosité qu'était ce cadavre décérébré. Mais la manche de ce qui lui servait de ce vêtement était tombée, dévoilant un bras nu, sans blessure aucune ni même saleté. Une peau neuve, totalement. La morsure, la douleur, l'agonie, elle ne s'en souvenait que trop bien. Elle se souvenait de la mort, de son froid toucher, de son odeur âcre, de ce cauchemar qui était le souvenir le plus frais dans son esprit.

Elle était morte, elle en était sûre, elle s'en souvenait, elle le savait. Elle méritait l'Enfer, les sombres fournaises du Diable, les séances de tortures interminables... C'était sa place, le mal qu'elle avait fait à ces gens, à ses parents, à sa foi abandonnée et rejetée, elle qui avait mis tant de temps à se délester de toute ces croyances, voilà qu'elle allait en souffrir pour l'éternité. C'était pour cela qu'elle la seule à être pendue ici, pour subir le divin châtiment qui s'abattait sur le monde en terrassant les faibles, en punissant les infidèles, c'était donc cela la volonté du dieu qui envoyait son seul enfant mourir torturé en ce bas monde. Il venait déverser de l'arsenic dans notre seul et unique Éden.

Cette divine fatalité ne pouvait pas cesser de faire couler ces larmes. La respiration d'Angela devenait de plus en plus calme, posée, presque tranquille malgré tout cela. Avait-elle abandonné l'idée de s'enfuir ou bien avait-elle perdu tout espoir ? Encore des questions sans réponse. Angela gardait ses yeux fermés tandis que des larmes continuaient de couler, tel un flot inarrêtable, son menton pointé vers le bas alors qu'elle entendit un bruit, un léger cri, ou du moins quelque chose qui y ressemblait.

Elle avait entrouvert légèrement les yeux, par peur de montrer qu'elle était consciente, par peur de ce que pouvait faire l'homme en face d'elle qui venait de se lever. Cet homme qui était peut-être son tortionnaire, peut-être l'un des hommes qui l'avait piégé avant qu'elle soit mordue, comment pouvait-elle le savoir ? Elle attendait, elle attendait patiemment que l'homme face quelque chose qui pourrait lui permettre de sortir de là, elle attendait de savoir si oui ou non il était seul, s'il était armé... Elle attendait tout et n'importe quoi, mais surtout, elle attendait un simple regain d'espoir.

Elle avait refermé ses paupières alors que l'homme la regardait, sa respiration s'était faite calme, mais son cœur, lui, s'emballait. Tout pouvait arriver. Elle devait attendre l'instant. Elle se préparait intérieurement malgré la peur panique qui l'abritait, une peur qu'elle sentait en elle, qu'elle sentait dans ses bras et ses jambes qui tremblaient alors qu'elle tentait malgré tout de le cacher, qu'elle tenait de paraître inconsciente alors que l'homme était proche, tellement proche qu'Angela pouvait sentir une paire de mains farfouiller dans le nœud de corde qui la maintenait attachée. La détachait-il ou resserrait-il le lien ?

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 15 Juin - 20:19
Les mains posées sur le nœud de corde, Dave tente de secourir la jeune femme en mauvaise posture, sans savoir ce qu’elle est, qui elle est, et si ce n'était pas pour une bonne raison qu'elle était attachée. Cependant, son altruisme ne semblait pas parvenir à mettre un terme à cette captivité car il fallait bien le reconnaître, l’inconfort de la position face à un récent réveil qui mettait à mal son cerveau par quelques douleurs, et surtout la solidité du lien ne permettaient pas une libération si aisée.

Et les quelques secondes que le Canadien avait prit pour s’en occuper avait suffit à un autre homme pour sortir de l’ombre, coinçant son épaule contre l’arcade de l’arche ouverte sur le salon à trois bonne enjambées du couple. Un homme à la haute stature bien qu’émacié sans doute par la faim et les difficultés du nouvel environnement dans lequel il avait survécu jusqu'ici, une barbe hirsute et graisseuse, se mêlant à une chevelure tout aussi inesthétique, poivre et sel, cachée partiellement sous un bonnet de laine plus ou moins marronnasse. Ses traits sont creusés et ses rides accentuées, le nez gonflé et marqué par une vie trop proche de l’alcool sans aucun doute. Il portait un trench usé sur un tee-shirt sale, tâché de trace noir, marron, verte ou encore rouge par endroit si bien qu'il était assez difficile d'identifier sa couleur d'origine, et un jean à l’aspect identique.

Cet homme ne prend pas le temps de vous laisser faire avant de se manifester. Il se racle la gorge, ostensiblement, grassement, pour attirer votre attention à lui si vous ne l’aviez pas encore relevé, car c’était bien dans un grand silence qu’il s’était démarqué de la pénombre. La pauvre luminosité ambiante ne vous permettait pas d’acquérir plus de détails à son propos, hormis toutefois une arme de poing maintenue dans sa main droite, dont le canon pointe directement sur le seul des deux autres protagonistes libre de ses mouvements, l'homme en l'occurrence. Il savait pertinemment qu'Angela ne présentait aucun danger immédiat et ne la considérait d’ailleurs d’aucune manière. Son regard, pas franchement amical, se pinça d’une ride d’ironie juste avant que sa voix ne porte, nasillarde, et accapare toute l’attention qui lui était dû :

« Le réveil a été plus rapide que je le pensais. Tu m’as presque surpris. »

Il s’humecta les lèvres d’un geste pas vraiment calculé, venant sans vraiment en prendre conscience, gratter de ses dents quelques lambeaux de peau morte qui s’en détachaient.

« T'as un nom ? Oui, bien sûr que t'as un nom. C'est quoi, hm ? T'as une tête à t'appeler Frank. J'connaissais un Frank avant. Putain, il est mort comme une merde. J'te jure, t'aurais vu sa tronche quand l'autre bâtard l'a mis à genoux. Il s'est pissé dessus mec. Va pas t'pisser dessus hein, parce que merde, j'serais obligé de te buter pour ça. Remarque, si tu t'appelles Frank aussi, juste pour le karma. Alors ? »

Il n’avait pas quitté Dave du regard et insistait d’ailleurs bien lourdement sur la présence de son arme de quelques mouvements circulaires pour inciter certainement l'homme face à lui à ne pas lui-même insisté sur sa tentative de secourir la jeune femme. Il y avait des chances qu’au moindre geste à son encontre, il n’hésiterait pas à tirer. C’était en tout cas bien l’intention qu’il donnait de par sa posture, son flegme et le côté dérangeant de son aspect physique, dû à fortiori à la luminosité basse et le reflet des braises rougeoyantes qui jouaient sur son visage.

Dave Bernier

Anonymous
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Jeu 16 Juin - 2:56
Mon esprit était bien trop absorbé par les liens de la jeune femme que pour percevoir quoi que ce soit d’autre. Le maçon martelait toujours les murs de mon crâne, faisant résonner le tout jusque dans mes oreilles. C’était plutôt les battements de mon cœur, mais tant qu’à souffrir, aussi bien se faire une mise en scène pour mieux en rire. Déjà mon corps souffrait, mes bras n’allaient bientôt plus tenir en hauteur de cette façon.

Aussi, quand j’entendis le raclement, je sursautais brusquement et cessait tout mouvement, sans pour autant descendre mes bras. D’une lenteur qui me surprit moi-même, je tournai légèrement la tête pour apercevoir un homme à l’allure de SDF. Un SFD qui a eu la vie très, très dure. Rien à voir avec ce qu’il y avait près de Fredericton. Ses vêtements me rassurèrent encore moins : tâché probablement de sang noirci par le temps.  Je ne pouvais m’empêcher d’espérer que ce pouvait être autre chose, comme de la boue ou du charbon. Mais l’espoir que ce n’était que ça était très faible. Puis, mon regard marron glissa sur sa main. Il avait une arme qui pointait dans notre direction. Plus précisément, l’arme me visait.

C’était une étrange sensation que d’être visé par une arme qui, à tout moment, peut nous arracher à la vie au moindre faux pas. Et si elle ne nous tue pas immédiatement, elle peut nous faire souffrir très longtemps.  Comment avais-je fais pour atterrir dans une situation aussi improbable ? D’un coup, je me souvins des espagnols, la tentative raté de fuite, la griffe…

Mes doigts lâchèrent finalement la corde, plus robuste que je ne le pensais et  baissais lentement mes bras endoloris contre mon corps. Ils étaient lourd et engourdi d’être resté si longtemps dans les airs. Toujours avec la même douceur, je me tournais vers l’homme, tandis qu’il parlait de sa voix nasillarde et m’éloignais d’un pas de la jeune femme.  S’il devait tirer, j’aimerais qu’il ne la touche pas par erreur. Mon cœur battait à une vitesse incroyable, de la sueur froide perlait au niveau de ma nuque. Que pouvais-je faire ?

Visiblement, il était verbomoteur et le temps qu’il déblatère sa diatribe, je pris le temps d’inspirer et d’expirer calmement afin de calmer les battements de mon cœur et de tenter de garder le contrôle de moi-même. Je ne pouvais rien tirer de bon en agissant à tête baissé.  Peut-être y avait-il d’autres gens avec lui, dans une autre pièce. Il y avait trop d’aléa pour tenter quoique ce soit dans l’immédiat. L’idéal pour l’instant était probablement de faire la conversation avec lui. Je n’avais absolument aucune envie de parler avec ce qui s’apparentait plus à un déchet qu’à un homme, mais il pourrait prendre en provocation mon silence.

J’ouvris la bouche, tentai de dire un truc, mais ma gorge était tellement sèche que je toussai comme un vieux fumeur. Une larme perla sur ma joue, je l’essuyais du revers de ma main et déclara finalement :

«Pô d’inquiétude, ch’û tell’ment déshydraté qu’y â aucun risque à c’que j’pisse su’ ton tapis.»

Mon accent était énorme. Mais le sien aussi. Nous ne venions définitivement pas de la même région du globe. Ma voix était légèrement plus grave que j’le pensais. La soif surement.

«Frank.»

Ce n’était ni une affirmation ni une négation. Il était libre de l’interprétation qu’il voulait bien y donner. J’avais tout simplement répété le nom.  Peut-être que je m’appelais Frank. Ma tête me faisait atrocement mal.  Et puis, pourquoi pas ? Ce nom semblait lui faire tellement plaisir. Et puis, vue l’âge que j’ai, ce n’est pas un nom si rare que ça. La concentration était de plus en plus difficile, mais je m’interdisais de paniquer. Il fallait que je tienne la conversation, que je reste présent et concentré.  J’osais lui poser une question, sur le même ton calme :

« Pouvez-vous m’donner que’qu’ explications quant à c’que nous f’sons ici ?»

Avec  un mouvement de tête circulaire j’indiquais la pièce ainsi que la femme suspendue.

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Jeu 16 Juin - 21:32
Elle avait senti les mains de l'homme triturant les nœuds formés par les cordes qui l'empoignaient et la retenaient prisonnière, ici, accrochée à cette poutre. Elle n'avait pas ouvert les yeux, le laissant libre de ses mouvements, elle ne préférait pas interrompre sa possible libération, ce qui était, à son sens, bien plus probable qu'un resserrage de liens. Malgré tout, des larmes continuaient de couler sur ses joues. Elle arrivait à retenir ses sanglots, à avoir une respiration calme, mais elle ne pouvait retenir ses larmes. Angela avait ouvert les yeux en entendant l'autre homme racler sa gorge. Ses battements de cœur se faisaient plus rapides tandis que l'inconfort de cette position lui faisait tourner la tête. Elle n'eût cependant aucun mal à poser son regard sur l'homme qui venait d'arriver dans la pièce, sortant de l'ombre et pointant son arme sur l'autre qui s'était trouvé endormi sur le sol quelques instants avant.

Son esprit n'avait fait qu'un tour. L'évolution de la situation était, à première vue, une très mauvaise chose. Cet autre homme était armé, et en aucun cas amical, et à la vue de ses vêtements, ou encore à l'écoute de sa voix, Angela ne pouvait penser qu'au pire. Les larmes n'avaient cessé de couler sur ses joues alors que les deux hommes parlaient. L'un armé, hostile sans le moindre doute, l'autre quant à lui, avait l'air plutôt neutre, non armé, et à priori, dans le même état cotonneux que la jeune femme. Mais elle savait qu'il fallait peu, vraiment peu pour que les convictions d'un homme qui souhaitait sauver une jeune femme séquestrée changent, surtout sous la menace d'une arme, et surtout s'il était encouragé par cet autre homme qui était aussi pitoyable qu'effrayant aux yeux de la pauvre jeune femme ligotée ici.

Elle écouta les dires des deux hommes, elle obtint néanmoins la conclusion que l'homme armé était soit drogué, soit complètement bourré et que ça pouvait jouer en la faveur de la jeune femme. Et de l'autre homme, s'il venait du bon côté bien entendu, de son côté à elle. L'autre homme, celui qui était à ses pieds, avait posé une question, une question dont elle souhaitait la réponse au plus haut point. Qu'est-ce qu'elle faisait ici ? Si cet homme armé était venu la chercher après sa chute dans cette voiture, il aurait dû ramener un cadavre. Elle s'était sentie partir, elle avait senti sa vie se terminer après cette morsure. Angela avait souffert et agonisé pendant des heures en attendant la mort. Elle était morte. C'était une certitude, elle avait été mordue, elle avait toujours ce trou dans son sweat-shirt, mais plus de blessure, plus de traces. Mais elle le savait, elle était morte dans cette voiture.

Finalement, cela aurait pu jouer en sa faveur. Si elle était infectée, elle pourrait sauver sa peau de sa plus grande crainte. Ou bien se faire tirer une balle entre les deux yeux sans sommation. Elle ne pouvait pas prendre ce risque, elle devait miser le tout sur l'inconnu. Sur cet homme-là qui avait tenté de la libérer, sur cet autre homme, ce fameux « bâtard » qui souillait des pantalons sans les toucher. Angela devait miser sur bien des choses qu'elle ne maîtrisait pas, et parmi ces choses, il y avait cet homme qui se trouvait à quelques dizaines de centimètres d'elle et qui semblait mourir sur place, crachant ses poumons et elle avait l'impression qu'il n'avait pas l'esprit clair, ou du moins, bien plus embrumé que celui d'Angela. Cet homme qui était sans doute l'une des seules chance pour Angela de s'enfuir avait répété le nom qui allait sans doute le faire tuer, avec les seuls espoirs de la jeune femme de sortir d'ici sans avoir à faire face à ce qu'elle redoutait plus que tout.

La respiration d'Angela commençait à devenir lourde, ses larmes embuaient sa vision tandis qu'elle conservait son regard sur l'arme de l'homme face à elle. Elle ne disait rien, cependant, une question émergea dans sa tête. Pourquoi c'était-elle qui se retrouvait là, attachée ? Un homme devait être une bien plus grande menace qu'une pauvre jeune femme endormie. Elle fût prise d'un vent de panique à la suite de cette pensée. Est-ce que cet alcoolique était réellement avec cet homme qui venait de se réveiller ? Si c'était le cas, pourquoi lui demandait-il son nom, pourquoi le pointait-il avec son arme ? Le doute s'installa, il trouva une place entre la peur et la colère. La peur d'être à la merci de ces hommes, la peur qu'il n'y ait pas de chevalier « bâtard » blanc, la peur de leur laisser l'emprise de son intimité, mais il y avait aussi la colère, la colère envers cet homme armé qui lui voulait sans le moindre doute du mal, la colère que cet autre homme soit là, à parler et à discuter avec un dément armé, la colère de cette situation, de cette incapacité à faire quoi que soit, ou encore la colère d'être entièrement dépendante des autres et de n'avoir aucun poids dans la balance de sa propre vie.

Elle ne parlait pas, ne souhaitant pas s’immiscer entre ces deux hommes qui avaient le loisir de faire ce qu'ils voulaient d'elle. Elle n'avait rien dit, mais sa respiration était devenue de plus en plus forte, de plus en plus lourde, mais surtout bien plus audible pour les autres. Son cœur ne cessait de battre à un rythme bien plus rapide, la soif et la faim avaient décidé de se mêler aux festivités, le doute, la peur et la colère faisaient partie intégrante de son esprit, mais elle venait de commencer à sangloter. Ses sanglots se faisaient entendre par les deux hommes, il n'y avait pas le moindre doute à cela, et s'ils observaient la jeune femme, ils auraient pu voir que les larmes continuaient de couler sur ses joues, et certaines avaient même terminé leur route et chutaient sur sa poitrine.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 19 Juin - 23:21
Un éclat de rire, brutal et poussé résonna dans toute la pièce tandis que le barbu grossissait sa bouche grande ouverte pour exagérer son geste, sans pour autant perdre du regard l’origine de son hilarité en la personne de Dave. Entre deux respirations grasses, accentuées parfois d’une quinte de toux, il reprit à la suite de son interlocuteur en faisant fi des inquiétudes du Canadien, et de ses interrogations par la même occasion.

« Oh putain. Un hippie. Non mais attend, refais le pour voir ? » Tonna t-il en prenant un air foutrement outrancier et complètement décalé, il imita au plus mal quelques mots de son invité. « Ch’û tell’ment déshydraté ! »

Il semblait avoir complètement oublié sa précédente menace, sans doute prit sur le vif par l’accent à couper au couteau qui s’était échappé des lèvres de l’homme.

« T’avais trop froid dans ton igloo alors t’es venu te perdre dans l’désert ? Merde, t’es tombé en panne de traîneau ? T’as ramené tes potes manchots au moins ? » Il riait de plus belle à chacune de ses blagues vaseuses, tout en se redressant et réalisant quelques gestes parasites de sa main libre pour escorter son badinage. « Nan, franchement, sérieusement, t’en es ou tu te fous juste de ma gueule ? T’es pas un putain de pacifiste si ? Les caribous sont tes amis, tout ça ? »

Il sera resté lucide face aux éventuelles tentatives de Dave pendant la durée de son esclaffe
, réajustant sa mire s'il venait à bouger un tant soit peu, le canon toujours aussi menaçant que les premiers instants voir davantage. Après tout, l’erreur était humaine et le risque qu’il presse la détente sans le faire exprès dans son exultation presque théâtrale assez grand. Finalement, il reprit son calme et son sérieux en déridant son visage, se décollant pleinement de l’arche de la porte pour se rapprocher un peu plus du duo de pas paisibles, sans pour autant dénigrer une espèce de distance de sécurité qu’il maintenait avec les deux inconnus, surtout l'homme.

« Je vais t'laisser une seconde chance, Frank. » Marquait-il d’un sifflement de langue assez dégoûté. « Le boss dit toujours qu’il faut juger sur les actes, c’est là que se révèle la véritable nature des gens, un truc du genre tu vois. Alors avec les potes, on a l’habitude de lui ramener les traînards. Il fait son business avec, mais j’suis sûr qu’avec ta carrure, tu ferais un bon homme de main. Si tu fais tes preuves, je te ramène au camp pour que tu rencontres le chef, tu lui montres ce que tu sais faire, on te donne une arme et voilà ma poule, la belle vie pour toi. Crois-moi. »

Il chiqua d’un bref instant tout en reniflant avant de cracher le contenu au sol sans vraiment de considération pour son geste avant de reporter son regard sur la femme suspendue par les bras. Dans ses yeux se dessinaient une lueur lubrique, propre à celle du désir.

« Les femmes font en général le tour du campement. J’préfère les plus jeunes mais bon, on ne peut pas se permettre de faire les difficiles par les temps qui courent, y’a d’moins en moins de pucelles ! Mais celle-là, elle est encore toute fraîche. Alors avant de la ramener aux potes du campement, toi et moi, on va la consommer en privé. J’te laisse même passer en premier si tu veux, ok ? Si tu m’montre que t’en as dans le pantalon et que t’es pas une tafiole, putain tu deviendras le roi du pétrole ! »

Son regard s’était reporté sur son homologue masculin, espérant une réaction de sa part avant qu’il n’enchaine brièvement.

« Je t’assure mec, y’a pas plus verni que nos gars. On bouffe, on baise, on boit et on butte des cadavres. Avoue que tu ne peux pas rêver mieux ! »

Dave Bernier

Anonymous
Invité
Lun 20 Juin - 23:49
Mes sentiments sont toujours mitigés quand on se moque de notre accent. Certes, il est fort prononcé, mais n’en est-il pas ainsi pour toutes les régions du monde ? Moi-même quand j’ai été dans la province d’à côté, je souriais en entendant leur accent fort différent du mien. Pourtant, je ne vivais pas si loin d’eux. Et qu’en est-il des autres pays. Enfin. Tout ça pour dire qu’au final, ça ne m’affecte pas tant que ça. Les gens sortent toujours les mêmes clichés ringards comme s’ils étaient les premiers au monde à la faire. Oui bien sûr ! Nous vivons dans des cabanes en bois rond et nous chassons le caribou et l’orignal, comme s’il n’existait aucune autre forme d’animaux au Canada. Pathétique.

Et tandis qu’il partait toujours plus loin dans son délire miteux, j’entendis nettement plus la respiration saccadé de la femme à mes côtés. Je me maudis de ne pas avoir été assez dégourdit pour la détacher. Mais toute cette douleur et ce mal de tête, désormais  hanté par les rires putrides de cet homme, n’avait en rien aidé. Cependant, je n’osais pas encore lui jeté un regard. Je préférais nettement avoir le pouilleux en vue, l’arme qu’il maintenait toujours vers moi me tordait l’estomac de peur.

Puis, ses rires s’estompèrent et il s’avança lentement. Juste assez pour que toute tentative d’agression de ma part soit vaine. La suite me fit froid dans le dos. Ce n’était pas tant la première suggestion qui me dérangeait que la seconde. En effet, le premier choix, dans l’optique de vouloir rester en vie, ne m’aurait pas réellement déranger, même si leur mentalité n’est pas ce que je préfère, je crois que j’aurais pu me débrouillé pour rester avec eux, le temps de comprendre ce qui se passe et donner une chance à mon corps de se remettre de toute ces courbatures étranges qui me démangent. En outre, l’idée de profité de cette femme m’est absolument insupportable.

Lentement, je tournai la tête vers elle. Cette inconnue ligotée qu’on me propose de consommer. Des larmes perlaient sur ses joues et sa poitrine se soulevait avec la force de sa respiration bruyante. J’étais désemparé. Que pouvais-je bien faire ? Je n’ai pas envie qu’elle se méprenne sur mes intentions salvatrices. Je devais malgré tout tenter quelque chose. Aussi, lorsque mon regard quitta la femme pour se posé de nouveau sur l’homme, j’affichais un sourire triste :

«You know mon gars. À mon âge, s’pas toujours facile de réveillé l’rikiki comme çâ. Surtout avec toutes les courbatures dont ch’souffre. It’s a real pain in the ass.» J’en profitais pour me frotter le dos, toujours avec ce sourire triste. Une petite touche d’humour ne pouvait par ailleurs pas faire trop de mal. Et puis, je ne mentais pas lorsque j’disais que mon corps était courbaturé. Mes jambes semblaient devenir de plus en plus molle à force de tenir debout.  «Bien qu'elle me semble de bonne chair, ch’plus aussi fringant qu’à mes vingt ans t’sais.» Le ton de ma voix me surpris, il était convivial, enclin à la bonne discussion, comme avec un vieil ami.

Suite à ma dernière phrase, je levais les mains en signe d’impuissance. Je désirais rester prudent. Que pouvais-je faire bien d’autre ? Embarquer dans le jeu et simuler et que je veux cette femme histoire qu’il baisse sa garde ? Je vais attendre voir comment la situation va évoluer avant de tenter quoi que ce soit.

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Mar 21 Juin - 22:58
Aucun mot ne sortait de sa bouche. Elle ne souhaitait rien dire, bien trop apeurée pour tenter d'énerver ces deux hommes, surtout qu'elle était loin d'être en position de force. Pas un mot ne sortait de sa bouche, ce qui n'était pas les cas des larmes qui ne cessaient de couler de ses yeux, de tracer leur parcours sur ses joues, descendant aux coins de sa bouche pour chevaucher légèrement une lèvre, voire les deux, glissant sur son menton pour y venir terminer leur chemin en se jetant dans le vide pour s'écraser sur la poitrine de la jeune femme. La plupart d'entre elles venaient former quelques légères traces sur son sweat-shirt tandis que quelques-unes tombaient sur la peau de sa poitrine dénuée de t-shirt pour continuer leur route là où la vision de ces deux hommes ne pouvait accéder.

Ses sanglots s'étaient légèrement atténués, mais ils restaient sans le moindre doute parfaitement audibles pour les deux hommes qui se trouvaient dans la pièce avec elle. Une vague de panique la saisit alors qu'elle entendit un rire gras et moqueur, relevant légèrement le regard en direction de cet homme armé qu'elle arrivait à distinguer avec difficulté, difficulté causée par ses larmes qui n'avaient cessées de couler, mais aussi par l'obscurité omniprésente qui semblait grandir à chaque seconde. Était-ce une illusion d'optique causée par la fatigue et les vertiges qui assaillaient Angela ? Fort possible.

Est-ce que ce Frank venait de se sauver par le simple fait de son accent ? Angela allait subir la pire des souffrances tout simplement parce que c'était une femme, et cet homme, ce Frank, allait se sauver grâce à son accent ? Elle ne savait pas ce qui était le plus fou, cet homme ou ce monde ? A vue de nez, les deux se valaient aisément. Il s'était rapproché, encore une fois, lentement, pointant de son arme Frank, si c'était bel et bien son vrai nom d'ailleurs. Cette situation était complètement folle. Il avait l'air prêt à tirer, mais surtout, il n'était pas seul, et ce n'était pas le chef de son groupe. Un groupe qui kidnappait des gens et les torturait si c'était bien le sens de l'expression « faire son business ». A priori, ce n'était que les faibles, les hommes chétifs qui étaient capturés et tués ensuite, les autres, ceux qui avaient la chance d'être mieux bâtis gonflaient leurs rangs. Le monde était vraiment tombé bas, la loi du plus fort régnait dans cette anarchie, cela était devenu encore plus vrai depuis sa chute. Où était passés les militaires qui protégeait les civils ? Plus de gouvernement ? Elle se souvenait de la déchéance du pays, mais il y restait des militaires, des quarantaines... Tout était donc tombé ? En si peu de temps ?

Trop de questions qui restaient et qui resteraient sans réponse, trop peu de temps pour y penser, mais surtout un regard trop pesant pour être ignoré. C'était le regard de cet homme, effrayant, terrifiant, un regard qui en disait long sur ce qu'il souhaitait lui faire, les mots suivants, elle en avait eu la confirmation, même si au fond, elle n'en avait pas besoin. Elle savait d'instinct ce qu'il comptait lui faire. Un « il » au singulier si on était optimiste, un « ils » au pluriel si on était réalistes. Et Angela restait pragmatique après tout ce qu'elle avait vu ou vécu, mais surtout face à ce à quoi elle était confrontée en ce moment même. Elle espérait sincèrement que ce Frank n'accepte pas ce marché qui était sans aucun doute alléchant pour lui, il aurait une bande, il ne serait plus seul... Mais d'ailleurs, était-il vraiment seul ? N'avait-il pas d'amis ou d'alliés là dehors prêts à l'aider ? Ou au contraire, prêts à pire que cet homme armé ? Elle rejeta cette pensée aussi vite qu'elle était arrivée, il y avait autant de bons que de mauvais points dans le fait que Frank n'ait pas d'amis à l'extérieur.

Les larmes n'avaient cessées de couler et ses sanglots étaient devenus plus calmes même si Angela ne pouvait pas les contrôler, la haine et la terreur qui l'habitaient ne lui permettaient pas d'avoir le contrôle total de son corps mais surtout de ses émotions. D'ailleurs, avait-elle réellement le contrôle de son corps pendue ici ? Certainement pas. Malgré cette colère et cette peur, ce fût pour elle un réel soulagement d'entendre la réponse de Frank. Était-elle vraie ou bien était-ce une réponse pour briser la confiance de l'autre homme pour le désarmer ? Quel homme parlerait comme cela de lui-même ? Il était vrai que l'autodérision permettait sans aucun doute d'attirer un certain apitoiement de la part des autres, mais est-ce que cela marcherait ici ? Mais surtout, est-ce que ce Frank valait mieux que cet homme ? Il était toujours possible que ce ne soit que l’égoïsme, qu'il ait envie de prendre cette arme, de la prendre elle pour lui seule ? Une guerre de clan peut-être ? Tellement de possibilités et aucune ne se démarquait plus qu'une autre. La seule chose dont Angela avait besoin c'était d'être détachée et que cet homme armé soit à terre.

Comment faire pour que cela arrive ? Ce Frank allait-il le faire tout seul ? Et si oui allait-il réussir ? Sinon, elle devrait s'en occuper d'elle même, mais comment faire ? Pour la toucher il serait obligé de la détacher, et même si elle avait les mains attachées, elle aurait toujours un moyen de l'attaquer, de sauter sur les couteaux, ou sur son arme si par chance elle arrivait à la faire tomber. Et s'il la frappait avant ? Qu'elle tombait inconsciente ? Trop de questions qui se basaient sur des choses qui la dépassait, le destin. Le destin. Est-ce que toute chose était écrite et devait arriver telle une fatalité comme dans une tragédie grecque ? Certainement pas. Elle était dans la merde, et elle n'avait aucune intention d'y rester, la seule question qu'elle se posait en ce moment c'était celle-là. Survivrait-elle si cet homme, ou un autre, profitait d'elle ?
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