Haut de page
Bas de page



 

Les blondes ne comptent pas pour des prunes - 25/03/35
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Camp Hope :: Périmètre

Aller à la page : Précédent  1, 2

Cassandra Johnson

Anonymous
Invité
Mer 3 Aoû - 1:58
Jena ne semble toujours pas d'accord avec moi et je ne saurai dire si mes paroles ont fait un tant soit peu écho en elle mais au moins aurai-je tenté de la rassurer, de lui montrer que nous ne sommes pas différentes elle et moi, du moins pas sur ce point là. Ne réagissant qu'à peine lorsque je termine de parler, me rappelant que je n'ai pas le matériel adéquat ce qui est vrai au final mais je ne désespère pas cela viendra bien un jour. Encore faut-il que je reste en vie pour cela et ça n'est pas gagné vu tout ce qu'il peut bien se passer. Je ne sais pas si elle tente à son tour de me rassurer en me parlant de son arme et en me le montrant surtout sinon j'aurais bien été capable de ne pas comprendre où elle voulait en venir en employant le mot seringue. Bien que cela ne soit pas vraiment amusant, un fin et rapide sourire apparaît sur mes lèvres avant de disparaître aussitôt.

Mon attention bien vite accaparée par l'arrivée de cet homme, de Kyle et les présentations faites quand je remarque ce qu'il fait avec ses mains, bien entendu que je ne peux pas me retenir de lui demander comment il va et si je peux regarder. Sa réponse me laisse songeuse, les mots employés n'ont que peu de sens pour moi et je ne saisis pas pourquoi il ne me répond pas simplement oui ou non et quand enfin il m'offre des mots normaux en refusant mon aide, je hausse simplement les épaules. Accompagnant ce mouvement d'un simple.

- D'accord mais fait quand même attention aux risques d'infections.


Avec nos conditions de vie et donc le peu d'hygiène qu'on arrive à maintenir n'importe quelle égratignure peut mal tourner et empirer plus vit qu'on ne peut s'en rendre compte. Mes azurs passant ensuite sur Jena lorsqu'elle explique en deux mots les choses à Kyle, lui demandant son avis sur tout ce que nous sommes censés avoir vécu d'après les mots des autres. Agrémentant sa phrase concernant James d'un "Je le ferais." même si dans le fond j'ai encore beaucoup de choses à voir seule. Et puis il faut dire que je m'intéresse grandement à la réponse que va pouvoir fournir Kyle, un franc sourire venant sur mon visage alors qu'il parle d'une vaste blague et de guérison miraculeuse, me permettant alors de lui répondre.

- Guérison miraculeuse peut-être pas mais justement j'expliquais à Jena que tout peut s'expliquer par la science, qu'il n'y a rien d'irrationnel là dessous.

Mon intervention risquant sans doute de tomber à l'eau puisque l'homme s'adresse à Jena pour avoir son opinion sur tout cela, ce qui me laisse un peu surprise, j'ai pourtant bien compris le sous-entendu de la blonde un peu plus tôt. À savoir qu'il y a quelque chose entre elle et Kyle, je me suis encore plantée ? Ou c'est tellement récent qu'ils n'ont pas encore parlé de tout cela ? Je me rends compte que finalement je n'en ai aucune idée, que je ne sais pas non plus quand Kyle est arrivé ici, lui aussi largué par Nelson ou pas du tout ? Donc oui soit je me suis plantée, soit c'est encore trop récent et puis de ce que me disaient certaines collègues, j'ai pu remarquer que certaines femmes s'emballent vite lorsqu'il s'agit de relation. Et du coup je me retrouve un peu mal à l'aise à l'idée de rester entre eux deux surtout s'ils ont des choses à se dire si bien que je les regarde tour à tour puis :

- Je vais vous laisser discuter entre vous, je vais essayer d'aller retrouver mes acquis d'avant. Cela m'a fait plaisir Jena de pouvoir parler un peu avec toi et avec toi aussi Kyle. À plus tard

Simple et rapide petit phrase avant de m'éclipser de la cour, les laissant parler entre eux autour de la voiture je regagne la maison avant de partir dans la chambre que j'occupe avec Adam.


[Sortie du jeu]

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mer 3 Aoû - 17:05
Si je devais bien admettre que le retour de manivelle me pendait au nez après avoir posé la “question qui fâche” à Kyle, je ne m’attendait certainement par contre pas à ce qu’il la pose réellement. Aucun des survivants présents jusqu’à aujourd’hui n’avait réellement pris la peine d’en discuter ouvertement. J’avais l’impression qu’un certain tabou régnait sur ce qui semblait pourtant être la raison de leur présence ici, sans que je ne puisse parvenir à comprendre pourquoi. Certes, il ne m’était pas difficile d’imaginer quelle pouvait être la réaction d’un individu “normal” face à une révélation aussi insensée - Samuel avait manqué de peu d’en faire les frais en s’y risquant de la plus malhabile des manières possibles avec moi - mais une fois le cap franchi et l’idée admise, je m’étonnais que le sujet ne soit pas plus abordé au sein même du campement ; et des manières de le présenter à d’autres survivants.

De la même façon, je me demandais comment le vieux Nelson avait pu lui-même finir par y croire. Sûrement de la même façon que moi en fait : en y faisant face, bien malgré lui. Une chose se voulait certaine en tout cas : ce monde ne tournait définitivement plus rond, et les hypothèses scientifiquement fondées proposées par Cassandra ne m’apportaient finalement pas plus de certitudes sur les raisons de ce phénomène que la simple excuse de la volonté Divine. Néanmoins, j’avais eu jusqu’à présent - entre les rondes de gardes, les moments de solitude ou les jours passés sur le toit d’un centre commercial - tout le loisir de m’entretenir avec moi-même à propos de ce que représentaient ces individus pour moi, et les ressentis que j’en avais.

J’avais gardé le silence durant de longues secondes suite à la question de Kyle, mon regard se perdant à son tour dans le vague de mes pensées tandis que je cherchais à formuler mes impressions, mes sentiments, de la plus juste des manières afin de ne laisser place à aucun doute dans la réponse que je fournirai à l’homme. Quelques secondes de flottement dont Cassandra profita pour manifester son intention de nous laisser converser en tête-à-tête. Je ne masquais pas ma légère surprise de la voir désirer s’éclipser alors que la discussion promettait pourtant de devenir plus intéressante encore, selon moi ; mais peut-être justement qu’aborder cet espèce de tabou et sa situation lui était encore difficile. Après tout, j’ignorais tout de ce que l’on pouvait vraiment ressentir à avoir vécu cette expérience, et peut-être appréhendait-elle d’entendre des mots qui pouvaient ne pas lui plaire. Je savais d’expérience que les sentiments d’impression et de rejet pouvaient être sources de nombreux conflits, aussi bien internes à la psyché qu’aux relations humaines ; et il était limpide qu’un gouffre naturel - surnaturel même - me séparait désormais de ces miraculés.

“C’était un plaisir aussi. A renouveler une autre fois peut-être,”
avais-je très simplement et poliment répondu à sa volonté de partir, accompagnant mes mots d’un mince sourire avant de reporter toute mon attention sur Kyle.

Des mes prunelles azurées, j’avais cherché à trouver les siennes plus orageuses pour lui faire part, de manière muette, de la sincérité et de la franchise qui allaient nimber ma réponse. D’ailleurs, l’homme pourrait également y lire qu’une certaine mélancolie accompagnait le fil de mes pensées.

“C’est Samuel qui m’a mis au courant de votre situation, lors d’une excursion en tête-à-tête. Je ne pense pas qu’il soit utile de parler de l’incrédulité qui m’a gagné à ce moment-là. J’ai juste pensé être tombée sur un sacré cinglé et j’ai bien failli le tuer juste par crainte qu’il ne devienne menaçant face à mon déni et n’aille plus loin. Depuis que toute cette merde a commencé, je fais preuve d’une sacrée méfiance vis-à-vis des inconnus. Ce monde a laissé beaucoup de séquelles psychologiques chez des individus initialement sains d’esprit ; et il devient de plus en plus difficile de discerner la limite entre humanité et folie.

Toujours est-il que j’ai été blessée au cours de cette sortie, et que de retour au camp, c’est James qui s’est chargé de me soigner. On pourrait penser : normal, il est médecin. Ce qui s’est avéré beaucoup moins normal, ça été qu’il le fasse simplement du bout des doigts. Il a juste touché ma plaie, et celle-ci s’est entièrement résorbée, l’air de rien. C’était juste... Magique et indescriptible… et grisant… et effrayant à la fois… Si Samuel m’a informé, c’est bien James qui m’a convaincu, sûrement sans même le savoir, de votre nature, de ce qui vous est arrivé. Cependant, je n’ai pas connaissance que d’autres aient manifesté cet étrange don. La seule autre bizarrerie qui n’a fait que me convaincre un peu plus de la réalité de votre condition, c’est la soit-disante seconde résurrection d’Ivy ; même si pour le coup, je reste assez dubitative dans la mesure où personne ne semble savoir ce qu’il lui est réellement arrivé. Du moins, personne ne m’en a vraiment parlé plus en profondeur. Quand je suis arrivée dans ce campement, elle était morte ; et puis en fait plus tant que ça…”


J’avais conclu ma dernière phrase sur un ton assez détaché, qui laissait transparaître tout le doute qui m’habitait encore à ce sujet. Sûrement parce que quelque part, cela me rassurait et m’aidait à déculpabiliser du coup de grâce que j’avais rendu à Jian. Mais je poursuivais ensuite d’un ton plus intime et confident, mon regard se voulant fuyant, mon visage plus grave et ma sensibilité plus à découvert à l’égard de Kyle.

“Mais pour te répondre pour de bon… Non, ça ne m’effraie pas. Enfin, ça ne m’effraie plus. C’en est même devenu presque normal pour moi de voir un vieux fermier débarquer ici avec un plein convoi de miraculés. En réalité, quand je vous regarde, je ne vois ni aliens, ni mutants, ni monstres... Simplement des hommes et des femmes victimes d’un phénomène qui échappe à notre compréhension. Ce que je ressens en vous voyant ? De l’affection, sincère… l’étrange sentiment d’avoir le devoir de vous protéger aussi, à n’importe quel prix ; quitte à être injustement trop dure et trop exigeante avec certaines personnes, à trop vouloir leur ouvrir les yeux. De la jalousie aussi, de voir Melody retrouver son frère par exemple ; ou de ne pas me sentir à ma place parmi vous parce que justement, je ne suis pas comme vous…”


Je relevais mes yeux vers Kyle, cherchant à nouveau à trouver son regard tout en ressentant une certaine appréhension quant à ce que je pourrais y lire.  De la colère ? Du scepticisme ? De la moquerie ? Néanmoins, je me devais - je lui devais aussi - de finir.

“De l’espoir surtout, cette éventualité que peut-être ce monde finira par me rendre ma fille, ma famille ; l’espoir que vous représentez de peut-être offrir une solution contre cette épidémie ; et une certaine colère de vous voir ne pas en avoir conscience, de voir l’absence de solidarité et d’organisation qui nuit à ce groupe. De voir certains se déchirer et s’accabler plutôt que de profiter de cette seconde chance… Et si j’ai bien une crainte ; c’est bien celle de manquer à mon devoir et de vous perdre,” conclus-je finalement en prenant une longue inspiration, avant de relever le menton au bout de quelques secondes et me forcer à esquisser un sourire en coin nuancé de tristesse et d’un certain fatalisme cependant.

“Je sais… Je parle trop… Déformation professionnelle dira-t-on,” avouai-je avec une certaine autodérision. “T’es bien le premier à qui je me confies autant ici. Si tu pouvais juste éviter de répéter ce que je viens de dire aux autres… Faudrait pas qu’ils se mettent à penser qu’il y a un vrai coeur qui bat là-dedans,” tentai-je ensuite de plaisanter assez maladroitement, accompagnant mes derniers mots d’un tapotement de mes doigts contre ma poitrine.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Jeu 4 Aoû - 23:02
Je gardais mes prunelles résolument fixées sur Higgins en attendant sa réponse qui semblait se réfléchir. Cassandra en profita pour déguerpir avec une excuse assez bidon pour être relevée et surtout incomprise. Finalement, je les avais bien dérangé dans leur échange, et la manière dont elle se défila appuyait sans doute que ma présence n’était pas tant désiré pour elle, voir gênante. Qu’importait au final puisque les raisons qui m’avaient poussé à venir converser avec elles se trouvaient là, devant moi.

« A plus tard. » Avais-je finalement ponctué d’un léger geste du menton avant de reporter toute mon attention sur l’autre blonde.  

Elle finit par se décider à prendre la parole, et si je m’attendais à une réponse assez vague, je fus assez surpris de son discours. Non pas sur le fond, qui dénotait un sens profondément réaliste et assez touchant, mais sur la forme, en plus d’être belle, cette femme savait parler, et bien. Je ne doutais pas un seul instant que, aussi déstabilisant que cela pouvait être pour moi, cela devait l'être encore plus pour des êtres qui ne l’avait pas vécu et devait se fier aux seules preuves qu'on voulait bien lui offrir. La première chose que j’appréhendais avant cela, la raison pour laquelle j’en étais venu à cette question, était qu’une certaine forme de peur ne se tisse à notre égard, à mon égard.
Mais, et c’est là que la jolie blonde me surpris, c’était bien le contraire qu’elle osa m’avouer, le visage irrésistiblement attendrissant dans sa vulnérabilité. Touchant et très dérangeant à l’évocation de sa famille, qui ne pouvait que me rappeler à quel point j’avais failli dans de nombreux domaine vis-à-vis de la mienne. A l’intérieur de mes poches, je sentais mes mains se crisper, se serrer, me rappelant de la même manière mes coupures qui tardaient à être soignés. La réalité, c’était que la douleur physique commençait à ne plus importer face à celle de l’esprit et du cœur. Le poids de la culpabilité s’alourdissait plus encore sur mes épaules, celui d'avoir faillit à mes promesses.

« On a tous perdu quelqu’un de proche, seconde chance ou non. Tu as perdu une fille, un mari, et tu as survécu malgré tout ou malgré toi. Nous ne sommes pas bien différent au final, juste moins doué pour s'être fait avoir au moins une fois. »

J’inspirais et soufflais des narines longuement, ne me sentant vraiment pas à l’aise. Et comme à mon habitude, je finis par agir en suivant mon instinct, tout simplement, lorsqu'elle me désigna son coeur. Je ne doutais nullement qu'elle en possédait un, il suffisait d'ouvrir les yeux pour le voir. J’étais un piètre orateur, meilleur soldat que chef de régiment, mais quand les mots me manquaient, plutôt qu’un silence gênant à offrir, je préférais donner acte à ce que je ressentais - si aucune blague foireuse ne me venait en tête.
Je glissais ma main gauche hors de ma poche et porta simplement mon bras autours des épaules d’Higgins en l’attirant contre moi, laissant reposer si elle le souhaitait, sa tête contre mon torse. Je crois que j’avais autant besoin de ce contact qu’elle du miens de ce que j’avais cru percevoir. Une présence, une chaleur, aussi rassurante que possible. Je finissais par me confier :

« Peut-être que ce n’est pas une grande nouvelle ni une grande surprise, mais je ne suis pas à l’aise avec les mots. Juste, continue de garder espoir. Tant que tu le feras, je te protégerais. Peut-être que ça t’aidera à retrouver les tiens. »

J’embrassais sa tempe, puis son front, si tant est qu’elle ne s’était pas dérobée à mon approche, en geste de protection à son égard et du symbole de mon affection, plus ou moins malgré moi. Mon regard aurait dérivé sur le reste de l’environnement, le bâtiment, les véhicules, la maison, le jardin. Tout ça me paraissait complètement déphasé, comme si j’observais un monde qui n’était plus le miens. Je tenais tout contre moi cette femme qui avait eu l’audace de me suivre malgré mes défauts, et de me dire oui envers et contre tout, juste parce qu’elle croyait en moi avec une solide conviction. Une femme extraordinaire que je ne devais plus faillir à sauvegarder, que je ne voulais plus voir mourir.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 14 Aoû - 15:28
Aux premier mots de Kyle, je n’avais pu m’empêcher d’être éprise d’une certaine crainte de lui laisser penser, de par mes aveux, que je minimisais les propres drames qui avaient touché les autres. Ce qui était bien évidemment faux. Mais je fus bien vite rassurée sur ce point de ne pas le voir me repousser, bien au contraire. Je n’eus aucune hésitation ni geste de recul à le laisser m’enlacer, pas plus que je n’eus de retenue à venir me blottir contre lui et caler ma tête contre sa poitrine. Instinctivement, j’amenais mon bras autour de sa taille, lui rendant son étreinte et son carcan rassurant.

Toute fière que je pouvais me prétendre, dure et exigeante, et malgré que je me savais apte à me défendre par moi-même, je ne pouvais renier le soulagement qui me gagnait à l’évocation des quelques mots du militaire. J’avais au moins une épaule sur laquelle m’appuyer, quelqu’un pour veiller sur mes arrières et dans le même temps, se tenir debout en incarnation physique de l’espoir qui me tenait aujourd’hui, des raisons qui me poussaient à continuer de me battre. Kyle ne pouvait que l’ignorer, mais le désir de protection, l’espoir qui m’animaient désormais avaient bel et bien fini par prendre le pas sur mon seul désir de vengeance toute personnelle sur ce monde et tout ce qui l’habitait ; morts comme vivants.

Et c’était bien là quelque chose auquel j’avais cru ne plus jamais avoir droit, il y avait encore quelques semaines de cela, avant de faire la rencontre de Melody, puis de ce groupe, et d’enfin apprendre leur incroyable histoire à chacun ; tout comme découvrir l’incroyable merde dans laquelle ils étaient tous plongés, à leur façon, à leur dépends. Des jours durant, je m’étais questionnée sur la place que j’occupais parmi eux, sur les raisons qui m’avaient retenu quand l’envie était restée très forte de juste repartir m’enliser dans mon quotidien solitaire et monotone, à simplement buter de l’infecté, fuir du pillard ou troquer avec de l’anonyme.

Mais désormais, je me tenais entre les bras d’une autre vision, d’un autre but qui, sans me dépasser ou se prétendre plus grand que ma simple personne, me ramenait de pied ferme et pourtant tendre vers un avenir plus serein, tout chaotique pouvait-il sembler. Peut-être un peu à l’image de mes pensées alors que je décollais légèrement mon visage de contre son torse pour laisser mes azurs trouver le regard d’acier de Kyle, laissant ma main gauche remonter le long de son dos.

“Comment dire non à un peu de protection rapprochée ?” avais-je glissé d’un ton nuancé de taquinerie et d’une certaine forme de séduction mal déguisée.

Puis, j’aurais cherché à pousser le contact jusqu’à retrouver ses lèvres contre les miennes, de la même manière que plusieurs jours auparavant. Une étreinte que j’aurais voulu plus sensuelle et légèrement plus appuyée alors que le stress d’un environnement hostile, comme ma détresse de l’instant dans ce couloir, ce salon, s’était effacé au sein du périmètre du campement, et celui plus restreint encore de ses bras au creux desquelles je laissais mes défenses s’abaisser avec bien plus de facilité.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Lun 22 Aoû - 10:28
Je fixais mon regard dans ceux de ma belle, me plongeant dans l’océan de ses iris, hypnotiques et fascinants, irrésistiblement attiré par elle, son odeur, le parfum de sa peau. Il était heureux qu’elle m’ai donné par un croustillant sous-entendu, son accord pour partir à la chasse de ses lèvres pulpeuse car je n’aurais su m’empêcher de revendiquer ce droit qui semblait m’appartenir. Je sortais la main de ma poche, un moyen assez décontracté de cacher cette blessure qui continuait de piquer et démanger, mais dont je me fichais désormais pour venir déposer l’index et le majeur juste sous son menton, me donnant le rôle du commanditaire impérieux de cette capture.

J’inspirais profondément à l’instant même où le baiser fut scellé, resserrant l’étreinte de mon bras protecteur autour de ses épaules et de son dos, la pressant tout contre moi. Chaque seconde passée me permettait accroître mon emprise, la main blessée agrippant sa nuque pour la porter un peu plus jusqu’à moi, jusqu’à ce que l’envie soit bien trop douloureuse pour y céder immédiatement. J’ignorais à quelle force surhumaine j’avais fait appel pour ne pas aller la renverser là, sur le capot de la voiture, mais la lutte fut si intense que lorsque je parvins enfin à me séparer de son visage, j’en fus tout étourdis. J’avais besoin d’un bac d’eau glacé à me renverser sur la tête tant je me sentais bouillir de l’intérieur, mais ça ne saurait être correct pour la prudence. L’entourage m’importait guère, aussi indiscret qu’aurait pu se jeter quelques paires d’yeux aux alentours, mais nous étions bien loin d’être au confort d’un lieu totalement sécurisé. Pour quelqu’un qui venait de promettre une protection certaine, je ne pouvais déjà rompre mes vœux.

Je lui accordais une dernière pression de lèvres, agrippant au passage la pulpe de la sienne entre mes dents, sans violence ni frénésie, comme un au revoir plein de promesses quant aux retrouvailles avant de venir susurrer à son oreille quelques mots d’une voix légèrement plus grave qu’habituellement, et sans doute au reflet de la faim qui m’avait vrillé l’estomac… et pas que.

« Que diriez-vous d’étudier ce contrat de protection rapprochée plus en détail, ce soir par exemple ? Nous pourrions définir ensemble toutes les clauses, les chapitres et même les sous-chapitres. »

Je relevais mon visage pour l’observer, un sourire plutôt satisfait de ma tirade étirant mes traits, avant de poser mon index sur ses lèvres si elle voulait y répondre immédiatement.

« Réfléchissez-y le temps qu’il faudra… » Je finis par me détacher, à contre cœur il fallait bien l’avouer, d’elle en levant ma main droite blessée à hauteur de son visage avant de reprendre sur un ton bien plus habituel, et moins confidentiel. « Entre les monstres, les bêtes et les hommes, j’aurais l’air stupide si je me fais avoir par une simple infection… »

Je lui adressais un clin d’œil après avoir fait quelques pas en arrière, la laissant dans cet état que j’espérais fort frustrant, avec la conviction que cela saurait galvaniser ses ardeurs plus encore. Ma propre frustration m’assiégeait comme un coup de batte de base balle en pleine face, ou plutôt en plein bas-ventre, me détournant finalement d’elle pour me diriger droit vers la maison, et sa salle de bain. Aussi fier de ce coup de maître que je pouvais être, je me sentais également tout à fait con d’avoir osé un truc pareil.

Fin du jeu.
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: