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[CS, CFJ] Un peu de Clarté dans le Chaos - 25/03/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Mar 12 Juil - 0:23







Un peu de Clarté dans le Chaos
Interprété par James Everett, Elizabeth Evans, Ivy Lockhart, Melody Campbell et Kyle Collins.

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 12 Juil - 0:39
Un jour, classique pour certains, plus spécial pour d'autres.

Une semaine était passée, jour pour jour, depuis la visite surprise et houleuse du Vagabond, qui avait terminé sur un bras de fer amer entre celui-ci et Samuel, puis entre le groupe et les morts-vivants. La plupart n'avaient pas été mis au courant de ces événements, pourtant un marché avait été passé.

Le nomade délierait sa langue pour leur dire tout ce qu'il prétendait savoir, à leur propos, à propos du Marchand, à propos... du reste. En échange, la réserve d'alcool, les clés du camion-porteur Mercedes et ce qu'il fallait pour le remettre en état. Ivy s'était personnellement engagée à cela, mais allait-elle aller au bout de son engagement ?

La matinée avait atteint sa moitié, dix heures sonnaient en silence et le rendez-vous avait été fixé à midi. Le nomade serait-il présent, à l'abri du camion-porteur comme promis ? Était-ce un piège pour les survivants ? Ou une entourloupe pour se jouer d'eux ? Pouvait-il être sincère et avait-il autant de savoir à la hauteur de sa prétention ? Les concernés ne pourraient en avoir le cœur net qu'en y allant, mais déjà fallait-il décider du moment pour s'y rendre et de la manière, pour s'y prendre.



Eléments scénaristiques:
 

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 14 Juil - 1:56
Aux alentours de dix heures, j’avais fini par me retrouver dans la pièce salon/cuisine de la baraque, debout devant la table, le sac de voyage trouvé dans le débarras posé sur le plateau de celle-ci. A son côté, les deux bouteilles d’alcool issues de nos provisions, une des nombreuses boîtes à outils également et un bel étalage de pièces détachées dont j’avais tâché de faire l’inventaire et le nettoyage méthodique - dans la mesure des moyens que nous possédions - tout au long de la semaine précédente. Il m’avait fallu de sacrés efforts de réflexion pour me remémorer ce que j’avais d’ores et déjà démonté du camion, et ce qu’il fallait changer. Je n’étais pas certaine de l’utilité de toutes les pièces que j’emportais, en prenant de trop ; et bien que je n’avais pas encore retrouvé toute l’étendue de mes connaissances en ingénierie et en mécanique, d’autant que la mécanique poids lourd remontait bien plus loin dans ma jeunesse et mes souvenirs que mes dernières années à étudier et penser des prototypes aérospatiaux.

Et pourtant, toutes ces heures, ce temps passé à crapahuter sur les cabines, le dos et la tête penchés sur un moteur dont je triturais les organes, les câblages, de mes mains noircies de graisse et de cambouis. D’excellents souvenirs que la mort ne m’avait pas enlevés à mon grand soulagement, emplis des sourires et de plaisanteries douteuses propres à cet univers majoritairement masculin, les bordées de jurons qui quittaient mes lèvres lorsqu’une réparation ou un remontage me donnait du fil à retordre, et encore la sueur que j’appréciais épongeais d’un revers de manche et d’une bière fraîche. Des souvenirs qui paraissaient bien loin désormais, appartenant à un passé aussi collapsé que ce monde agonisant, qui ne laissait de place à ces petits plaisirs nulle part ailleurs que dans nos mémoires.

Mais il ne s’agissait plus de passé aujourd’hui, mais bel et bien d’avenir. Une avenir qui se voulait aussi trouble que ne l’était l’essentiel du monde à mes yeux. Un avenir qui se délitait en de multiples ramifications, qui elles-mêmes serpentaient et se perdaient dans un opaque brouillard de doutes et d’incertitudes, qui menaçaient en majorité nos existences. Tout cela n’avait fait que me dépasser depuis le départ, malgré les fausses impressions de contrôle sur les évènements que j’avais cru avoir fut un temps ; il n’en était rien. Raison pour laquelle j’avais pris la décision d’offrir beaucoup au Vagabond, beaucoup trop diraient certains, ceux qui ne savaient pas tout, ceux qui n’étaient pas là quand les morts venaient, rameutés par les coups de feu de Samuel et du sniper. J’étais persuadée d’avoir fait le bon choix, le meilleur même si ce n’était pas là quelque chose d’aisé à cerner.

J’avais joué avec le Vagabond la seule carte que je possédais, un atout non négligeable qu’aucune arme ni aucune bouteille d’alcool ne pouvait prétendre acheter ou remplacer : des connaissances, des aptitudes dont il aurait eu besoin pour ne pas simplement se retrouver avec une épave de camion et le sentiment de s’être fait berner. Quoique ? Avait-il eu la moindre idée de tout cela, avait-il réellement un intérêt ou une convoitise, un objectif à atteindre avec la possession de ce camion ; ou cela n’avait-il été qu’une de ses lubies du moment comme il semblait en avoir de nombreuses ? A dire vrai, je n’en savais foutrement rien. Ce type était un mystère complet pour moi, comme pour d’autres sûrement. Mais il prétendait détenir des informations capitales, des informations que je convoitais probablement plus que n’importe qui, et quelque part, étant apparemment la seule apte à remettre ce foutu camion en état, il me semblait presque normal d’en disposer finalement comme je l’entendais, fut-ce pour le troquer contre des informations et une aide capitale dans la protection du campement. Et si certains y trouvaient à redire, ils n’auraient qu’à aller se plaindre auprès de Samuel de nous obliger à payer le prix fort des informations qui nous étaient acquises dès le départ. Mais l’heure tournait, et je sentais que la journée serait bien assez longue comme ça pour me permettre en prime de ressasser mes doutes et mes souvenirs.

Petit-à-petit, je rassemblais les différentes affaires à l’intérieur du sac de voyage, essayant de les agencer de la meilleure façon possible afin d’éviter que les éléments les plus fragiles ne se retrouvent écrasés par les plus lourds une fois le sac passé sur mon dos. Puis, je m’attaquais à dresser l’inventaire des différents outils que contenait la caisse, alignant ces derniers selon leurs fonctions et leurs tailles dans un ordre qui pourrait relever de la maniaquerie la plus superficielle. Et si je savais bien moi-même qu’il s’agissait-là plus d’une sorte de toc que d’une réelle organisation, j’avais fini par prendre cette habitude au point de ressentir une étrange gêne ou frustration quand quelque chose ne se trouvait plus à la place que je lui avais attribuée, celle qu’il était sensé occuper. Une inspection qui me prit un certain temps, durant lequel je me trouvais presque totalement hermétique à ce qui m’entourait, les gens qui passaient, à la maison qui vivait. Je n’avais plus qu’une idée en tête, me mettre en route le plus rapidement possible, honorer ma part du marché et obtenir les réponses que je désirais tant pour faire cesser la torture mentale qu’étaient toutes ces questions, et taire les doutes qui m’habitaient.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 15 Juil - 10:25
Un peu plus tard, près de l'ancien camp Jefferson...


En ce vingt-cinq Mars, la matinée avait été bien chargée pour James et il en avait le pressentiment avec cette sortie prévue sur le papier mais incertaine sur sa réalité, était loin d'être terminée. Il devait être à peine onze heures passées et déjà, le groupe conduit par Ivy en tête, bien que physiquement James soit presque devant elle bouclier en main, s'approchait par la plaine de leur ancien campement qui était droit devant eux, dressant pour ainsi dire ses ruines, celles du motel d'un coté, totalement détruit et n'étant plus qu'un amas de pierre, de plâtre et de métal, et de l'autre les ruines semblables et à la fois pas mal plus étendues et moins hautes, des anciens commerces qui avaient occupé le terrain proche du motel en question. Ces amas formaient une grande partie de mur improvisé et terriblement efficace, laissant une large entrée à l'arrière et une autre au devant bien qu'aux dernières nouvelles de nombreuses voitures avaient été ajoutées par le groupe initial de Matthew pour finir le barrage coté route.

Il n'avait aucune idée de ce qu'il trouverait, car il ne connaissait pas celui qu'ils devaient rencontrer. Un "Vagabond", type étrange et éloquent prétendant posséder des informations capitales sur le Marchand, leur ennemi imposé par la force des choses, son acolyte, leurs forces et sur eux-même, les ressuscités. Était-ce un tissu de mensonges ou tout ça serait concret ? Juger cela était encore plus dur et impossible qu'à l’accoutumé mais le peu qu'ils en savaient, en dépit de l'absence totale de confiance, n'allait pas dans le mauvais sens c'est certain. Après tout, s'il était avec l'ennemi depuis le début, il avait déjà informé ceux-ci de l'emplacement du camp et de tout ce qu'il y avait à savoir sur eux, tout comme il n'aurait pas - sauf plan tordu et tiré par les cheveux - sauvé Ivy durant l'attaque, un acte qui avait eu un impact indiscutable et significatif sur leur survie, James ne le nierait sûrement pas. De fait, pourquoi les attirer ici si c'était pour leur tomber dessus ? Les diviser peut-être ? Le conflit d'avec Samuel aurait donc été tout désigné pour aider à cela en amenant à ce que seule une partie du groupe soit présent aujourd'hui. C'était tout de même possible à vrai dire, qui sait ce que ce type et tous les autres cinglés des environs de la ville pouvaient avoir en tête.

Mais cette fois, pour une et bonne fois, ils ne seraient pas la proie du hasard et de l'incertitude, condamnés à découvrir et subir ce qui pourrait arriver sans moyen de défense ni de contestation. Cette fois ils s'étaient organisés proprement et intelligemment, ce qui semblait tristement pour James, être une première. Il s'était équipé bien avant l'heure du rendez-vous, prévu pour midi, avait enfilé au réveil son polo, son jean et ses bottes, avait prit un café pour se secouer les neurones avant d'installer son imposant gilet tactique sur son buste, venant le protéger jusqu'à la taille et aux épaules, ainsi qu'aux parties intimes et au fessier, ne laissant que les jambes, les pieds, les bras presque à partir des coudes jusqu'aux mains et la partie cou-tête évidemment. Un tel gilet n'arrêterait pas les tirs d'armes concrètement lourdes ou des puissants snipers et ne l'empêcherait pas de subir les dégâts de roquettes et autre explosifs de guerre, mais saurait le protéger efficacement de la plupart des armes moins puissantes, des armes blanches et d'un large panel de dégâts en tout genre encore bien mieux qu'un gilet pare-balles moyennant un poids plus important et plus de gêne de mouvement, cela dit James était un boxeur et usait davantage de ses poings dans un assaut agressif et brutal que de techniques d'arts martiaux nécessitant d'être très libre, ce qui lui permettait de porter cette protection à la perfection.

Sur ce même gilet, il avait fixé sur attache son talkie-walkie au niveau de l'épaule, donnant un accès facile à la communication. Pour le reste, son Desert eagle dans un étui sur le flanc du gilet, ses poings américains mis sur accroches du gilet au niveau du ventre, la lampe-torche dynamo sur attaches du gilet toujours, à l'arrière droit niveau ceinture et son grand sac bien resserré dans son dos d'où sortait le manche de la hache d'incendie qu'il y avait rangé avec un fusil-mitrailleur Heckler & Koch MO5/40, un pistolet Heckler & Koch VP70, un monoculaire de vision nocturne, un stock de munitions gros calibre dont un certain nombre déjà en chargeurs pour son eagle et au cas où, une boussole simple et pratique. Tout était rangé, organisé, facile d'accès outre l'équipement en sac, de façon à pouvoir agir et réagir efficacement selon l'évolution des événements. Mais le plus important, il le tenait en main : son nouveau bouclier ambidextre qui décuplait ses capacités de protection à merveille d'avec son gilet tactique, complétant quasiment la panoplie d'agent du S.W.A.T post-apocalyptique - le casque manquant.

Avec ce bouclier, le rôle de protecteur qu'il recherchait depuis longtemps semblait trouver son chemin et il avait désormais à coeur de faire barrage aux agresseurs ennemis en protégeant ces derniers de son corps, lui-même protégé par son bouclier. Après sa préparation, il avait rejoint Melody et Ivy, eux trois rejoints finalement par Kyle, Kaitlin et Armstrong, qu'il ne connaissait pas non plus, à peine avait-il davantage interagit avec Kyle et cela méritait qu'il y remède, à force d'être prit par des tâches trop nombreuses sans prendre le temps d'apprendre à connaître ses compagnons de camp, il finira par vivre avec toute une bande de parfaits inconnus. Mais aujourd'hui encore, leurs divers échanges n'avaient eu pour but que le camp, les nécessités, le devenir, pas de discussion tranquille au coin du feu pour le moment, il fallait remettre ça à plus tard. Ils s'étaient plutôt répartis pour approcher l'ancien camp Jefferson de deux points différents afin de maximiser le contrôle du terrain. Pour se faire, Ivy, la plus informée avec Melody, dirigeait le groupe composé de James à coté d'elle, d'Elizabeth près de lui et de Armstrong et Kaitlin.

En parallèle, Melody passait par son environnement de prédilection, la forêt où sauf surprise nul ne devrait pouvoir la surprendre et la dominer, accompagnée de Kyle qui avait vraisemblablement quelques compétences dans le domaine, bien moindres sûrement étant donné qu'il était arrivé parmi eux depuis quelques semaines à peine, mais comme tout le monde il devrait finir par recouvrer une bonne part de ses compétences dans quelques temps. Les voilà donc qui resserraient l'approximatif mais honorable étau avec les moyens à leur disposition, prêts à investir les ruines sous quelques minutes.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Ven 15 Juil - 14:59
La matinée a passé et l'heure d'aller retrouver le Vagabond est arrivée enfin presque puisqu'il est hors de question d'arriver pile à l'heure mais bien d'être en avance pour parer à tout. Bien que Melody soit clairement partagée entre deux idées, celle que le Vagabond pourrait leur faire une couille en douce de Matthew et celle que cela ne risque rien du tout et qu'en partant du principe que le sniper de la dernière fois était bien Matthew, il sera encore présent aujourd'hui quelque part à tout suivre même de loin. Son chasseur présent quelque part avec son fusil de sniper près à mettre une balle dans la tête ou le corps du premier qui fera un mouvement de travers, sauf elle bien entendu. Elle a tellement confiance en lui que l'idée qu'il puisse lui faire du mal ne l'a jamais effleuré et ne l'effleure pas plus maintenant sans parler qu'il lui a dit qu'il avait confiance en elle même si pour lui cela ne doit pas être totalement. Ou peut-être bien que si, tout comme il y a autre chose entre eux deux et cela elle en est plus que convaincue.

La chasseresse se prépare en fixant son gilet pare-balles qui lui laisse suffisamment d’amplitude de mouvement pour qu'elle ne soit pas dérangée en le portant. Son sac à dos dans lequel se trouve ses couteaux de lancés, son poignard de chasse, les cordes de rechange pour son arbalète, sa pelote de ficelle et les objets de son tout nouveau kit d'armement hormis le silencieux qui lui est fixé à son Sig Sauer glissé dans son dos. Son arbalète chargée qu'elle met à son épaule avant de vérifier qu'elle n'a pas oublié le paquet de tabac dans la poche de son pantalon cargo, oui sait-on jamais si elle voit Matthew aujourd'hui elle pourra le lui donner comme ça. Même s'il n'y a qu'une chance sur un million que cela se produise elle doit être prête. Jouant quelques instants avec la balle gravée d'une croix se trouvant dans la même poche, voulant se donner du courage car même si elle veut plus que tout les réponses du Vagabond, elle n'a aucune envie d'aller l'affronter. Car oui cela tournera forcément à l'affrontement verbal le connaissant, tout le monde va en prendre pour son grade avec lui, il n'y a pas de raisons pour qu'il soit différent des autres fois.

Et dire qu'Ivy et elle ont passé un pacte avec lui, Melody acceptant de lui donner ce qu'il veut à savoir l'alcool et les clés du porteur Mercedes et Ivy qui avait surenchéri en proposant de le réparer. Si le Vagabond a accepté le tout cela rajoute à une note déjà salée de base alors qu'ils n'auraient rien dû marchander pour avoir les informations, mais non Samuel a fait le con en agissant comme il l'a fait. Melody comprenant mieux pourquoi depuis, Samuel ne voulait pas que le Vagabond donne les fameuses informations, cela l'aurait démasqué. Les deux femmes ayant fait ce qu'elles ont pu pour rattraper le truc à devoir maintenant sacrifier de l'essence et des pièces détachées pour le camion, pour respecter l'accord. Oui c'est très cher payé mais normalement elles auront leurs informations aujourd'hui et surtout ce jour là tous le camp n'a pas eu a affronter la petite horde attirée jusqu'au campement à cause des agissements de Samuel.

La brune une fois prête part confié la garde de Croc-Blanc à son frère, hors de question que le louveteau puisse la suivre et puisque Matt ne vient pas autant le lui confier à lui plutôt qu'à Jena ou Johann d'autant plus que le louveteau le connaît bien maintenant. Partant ensuite trouver Ivy pour savoir si la brunette ne veut pas un coup de main pour tout transporter et bien entendu Ivy refuse, cela ne surprenant pas Melody au final, lui faisant à peine avoir un soupir. Déjà pas mal qu'elles ne se sautent pas à la gorge tout court les deux, bien que dans le fond la chasseresse n'a pas de vrais et profond griefs à l'égard d'Ivy.

Un peu plus tard.

James, Elizabeth, Kyle, Armstrong et Kaitlin ont rejoint les deux femmes depuis un moment et un chemin a été convenu. Laissant en route le gros de la troupe Melody accompagné de Kyle aura prit la direction de la route puis de la zone de chasse numéro une. La chasseresse voulant aborder l'ancien campement d'un autre angle et par son royaume à elle, celui ou seul Matthew pourrait arriver à la surprendre. Ne voulant entraîner personne d'autre avec elle pour la simple et unique raison que le jour de son arrivée Kyle lui avait confié avoir des notions de chasse, ce qui sous entend qu'il pourra faire preuve de discrétion et ne pas ameuter toute la forêt et puis il l'avait titillée en lui disant qu'elle aurait du mal à le suivre. Le moment de lui montrer ce qu'elle sait faire est donc venu, une légère compétition amicale sans qu'elle ne le dise à voix haute pour autant.

Une fois en forêt, la démarche et la posture de la brune se modifient légèrement, plus souple plus légère, ses pieds frôlant le sol plus qu'ils ne se posent dessus, aucun bruit ne provenant d'elle. Se mouvant en forêt comme une simple ombre de passage et encore une ombre qui peut se dissimuler dès qu'elle en a envie pendant que tous ses sens s'activent différemment également, la mettant à l’affût du moindre bruit, de la moindre odeur. Pour imager cela c'est comme si sa pleine perception de l'environnement ne s'activait réellement qu'en forêt, lui permettant même de pouvoir sentir un danger avant qu'il ne soit visible enfin normalement. Le bruit du moindre souffle d'air dans les feuilles, les pépiements des oiseaux, les mouvements de rongeurs dans les ronces et sous les buissons. Les bruits de pas de Kyle - du moins s'il est bel et bien avec elle - bien moins discret qu'elle selon son avis de chasseresse experte.

Remontant vers le campement par la lisière de la forêt, une bonne dizaine de mètres à l'intérieur, guettant et observant tout ce qu'il peut y avoir. Guettant aussi bien de potentiels zombies qu'un furtif mouvement qui pourrait lui suggérer que celui qu'elle attend de voir se trouve là quelque part. Si Matthew doit être présent aujourd'hui, il le sera en forêt avec son fusil de sniper de son point de vue à elle et en se basant sur les explications qu'il lui a donné quand il a tué Calvin. Remontant la forêt pour approcher toujours plus de l'ancien campement qu'ils devraient rejoindre d'ici quelques minutes.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Sam 16 Juil - 19:15
Ça faisait une semaine qu’ils étaient rentrés de cette virée catastrophe. Elle avait failli perdre la vie dans un stupide accident de voiture alors que le monde entier était devenu un risque. Quelle blague ça aurait été, une mort si risible, si banale. Avant, cela aurait pu être tragique, une mort injuste et brutale, tellement triste. Mais aujourd’hui, les prétentions d'accès au panthéon des ancêtres avaient été revues à la hausse. Désormais, il n’y avait plus aucun prestige dans un accident de la route, relégué au simple rang d’accident domestique. Limite une honte. Comment est-elle morte ? Dévorée par une horde de mort-vivants en se sacrifiant pour les siens ? Fusillé par un groupe de bandit décérébré pour la liberté ? Non, non, sa voiture est juste rentré dans un mur... . Elle mourrait un jour. Assurément, et même plus tôt que voulu, mais lorsque ce jour arriverait, elle préférerait que cette dernière soit un minimum utile.

Et cette vie sauve, cet honneur sauf au passage, elle la devait à James. Lorsqu’elle avait à nouveau ouvert les yeux, il s'était trouvé près d’elle, à la veiller, le visage marqué par ses angoisses, ses craintes, et les nombreux efforts qu’il avait fourni pour y arriver. Un médecin qui veillait sur elle plus qu’elle ne le ferait elle-même, et qui ne l’avait jamais lâché, jamais abandonné, jamais tourné le dos.

Plus de trois mois qu’ils se connaissaient, et deux qu’ils étaient ensemble, et pourtant, sa persévérance et son attachement qu’il montrait à son égard demeurait toujours un mystère pour elle.
Elle n’avait pas voulu brusquer ses mouvements et déplacements pour éviter de saper le travail de l’ex-chirurgien qu’il avait exercé sur elle ses incroyables talents. Il avait encore usé de son don, qu’elle avait pu ressentir même dans son sommeil et bien qu’elle lui en fût reconnaissante, ses angoisses à ce sujet grandissaient de jour en jour.
Et si ce fameux don n’était pas gratuit ? Et si un jour, il y avait une contrepartie à payer pour les nombreuses fois dont on en avait usé ? Et si chaque vie qu’il sauvait ne faisait que déchirer son âme plus encore ? Ne rien connaitre de soi, de ce qu’il y avait en soi, était réellement effrayant, et étrangement ce n'était pas pour elle qu'elle avait le plus peur.

Assise sur le bord du lit, Elizabeth estimait lentement les douleurs aux appuis sur sa jambe. Elle ressentait encore un espèce de blocage désagréable lorsque cette dernière était dans une position particulière, mais dans l’ensemble, elle s’en sortait plutôt bien. Combien de temps aurait-elle mis à se remettre d’une blessure de ce genre autrefois, toute technologie confondue ? Six mois ? Un an ? Plus ? Et maintenant, en une semaine, il ne restait plus que quelques résidus du traumatisme, et à l’extérieur, à peine de quoi remarquer que quelque chose avait eu lieu à ce niveau. Époustouflant.

Elle avait suivi les événements qui en avait découlé durant cette semaine d’une manière assez distante, soutenant toutefois l’ensemble des décisions de son compagnon, et partageant ses idées. Il était en colère, et ça pouvait se comprendre. Il y avait eu trop de perte, trop de départ par les négligences de ceux qui avaient juré de veiller sur eux, et ceux qui avaient promis de ses serrer les coudes. Et en parallèle de tout cela, il y avait eu cette révélation du retour du fameux « Vagabond » et des renseignements qu’il avait à donner, si précieuses soit disant pour le groupe.
Elle n’avait jamais réellement croisé sa route, et le peu qu’ils avaient partagé ensemble avait simplement été le même toit durant quelques jours. Encore une personne qu’elle n’avait pas pris le temps d’y porter intérêt. Ça ne changeait pas de ses habitudes, mais c’était dans ces moments-là qu’elle se rendait compte de l’aspect important des relations sociales en temps de conflits.

Il était désormais temps de remettre les choses en ordre et surtout de prendre les choses en main. Elle avait rassuré James sur son état afin de ne pas l’inquiéter. Elle voulait participer à cette rencontre, c’était incontestable.

Maintenant certaine que sa jambe arriverait à la porter sans se fatiguer trop vite vu la distance qu’ils avaient à parcourir, elle vérifia une dernière fois son équipement. Elle avait fini par abandonner son pull gris, vieux et sale, et sa chemise à carreau dans le même état contre un sous-pull beige resté dans les quelques affaires qui avaient été rapportées un jour d’une excursion. L’hiver était définitivement partit, et les beaux jours se faisaient de plus en plus fréquent, c'était assez agréable d'ailleurs.
Son jeans était encore plus usé qu’avant et la large auréole carmin qui s’était dessiné dessus n’était pas partit malgré l’acharnement qu’elle y avait mis pour l'ôter. Elle s’était d’ailleurs surprise dans cet instant-là à regretter sa bonne vieille machine à laver et sa lessive. Pour le reste de son équipement, elle avait enfilé un gilet pare-balle, glissé son VP70 à l’arrière de son pantalon, passé la bandoulière de son fusil autour du cou, et fixé un Talkie à sa ceinture.
D’un léger mouvement de la main sur sa poche de pantalon, elle entendit d’ailleurs tinter les clés de la Chrysler récupéré par James une semaine plus tôt. Ça ne valait pas le potentiel de son ancienne Cadillac, surtout à sec, mais ça leur avait permis de mettre sous verrou le contenu de son coffre : un générateur à essence. Il était aussi utile de la voiture en ces temps d’absence de ressource première, mais il serait là le jour où ce manque serait comblé.

Partie en compagnie de son Inséparable, et du reste du groupe qui avait choisi de les accompagner, elle s’était retrouvé à parcourir le sol aride et sec de la campagne texane direction l’ex-campement Jefferson. Elle se demandait dans quel état les autres l’avaient laissé et si plus de mal lui avait été fait que ce qu’on avait bien voulu lui en dire, mais force était de constater que rien n’avait bougé. Les éternelles ruines de l’ancien motel se dessinaient peu à peu devant elle, comme le mur de véhicule, la barrière de bloc de béton des petites échoppes, là où Rani avait perdu la vie, non loin de l’endroit où Calvin avait perdu la sienne. Au final, et contrairement à ce qu’elle avait cru, la vue de cet emplacement lui rappela plus de mauvais souvenirs que de bons.
Instinctivement, elle se rapprocha d’Ivy, se glissant à ses côtés pour chercher sa proximité et attrapa du bout de ses doigts la main droite de son amie, quand bien même elle était occupée par le sac de voyage ou le bidon d'essence. Elle se rassura ainsi, comme elle l’avait souvent fait. Après tout, c’était dans ces ruines là qu’elle avait survécu à la perte de sa précieuse amie, leur affaire personnelle, ou du moins le peu qu’elles avaient eu, toujours sous l’une des toiles de tentes affaissées.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Sam 16 Juil - 21:29
Depuis le temps qu’on en avait parlé, j’étais particulièrement enthousiaste d’accompagner Melody pour une petite balade en forêt. Certes cette sortie n’était pas sous le symbole du romantisme, mais ça me faisait un bien assez impressionnant de fouler enfin la terre sauvage, la mousse et les souches d’arbres, de sentir le parfum de la sève et celui des champignons, que ça m’allégeait le cœur tout autant.
J’aurais dû y passer plus de temps au lieu de laisser le bitume prendre le pas sur mon état moral. Pour ma défense, l’occasion ne s’était pas présentée, et le danger omniprésent m’empêchait de faire comme je le souhaitais. Je rattrapais enfin les choses. La nature et moi, on formait un couple assez hors du commun.
Kat adorait aussi s’y promenait. Combien de jours, de nuits, on avait passé en randonnée à visiter les paysages les plus sauvages du continent Américain. D’Est en Ouest. Du Nord au Sud. Rien n’avait jamais pu remplacer ces moments qu’on s’offrait à deux et cette complicité qu’on avait partagée ensemble le long des sentiers. Ca n’avait pas grand-chose à voir avec ce que je partageais moi-même avec la forêt, mais j’appréciais vraiment qu’elle s’implique dans cette facette de ma propre nature.

Pour l’occasion, j’avais récupéré mon arc. Enfin, mon arc. L’arc qui m’avait été assigné pour mon réveil à la ferme du vieux Wallace. Ca n’avait rien d’exceptionnel. Du matériel de semi-pro pourrait-on dire, mais c’était déjà bien. J’étais très jeune lorsque mon père me mis mon premier arc entre les mains. Depuis, j’avais parcouru du chemin. Mon père était mort. Et le monde tentait vainement de subsister.
Les pas filant sur les roches et les herbes grimpantes, je suivais la brune de près. Cette fille-là savait ce qu’elle faisait et où elle mettait les pieds. J’avais suivis son rythme, suivis ses pas, appréciant chaque mouvement qu’elle faisait comme une biche, souplement posée sur ses pattes agiles, qui gagnait la clairière voisine toujours aux aguets.

Je ne savais que peu de chose sur cette personne que nous allions rencontrer, et le plus qu’on ait pu me confier à ce sujet, lorsque je m’étais intéressé à leur histoire de sortie en territoire hostile, je n’avais pu réellement me faire une opinion. Ca parlait de rencontre qui c’était mal passé entre Samuel et ce type, et des informations qu’il nous devait et avait fini par marchander au regard de l’animosité à son égard.
Pour le coup, je n’appréciais pas vraiment la chose. Les personnes qui nous rendaient dépendante d’eux au point d’accepter leur caprice à tout prix m’horripilait particulièrement. Si je comprenais tout de cet échange qui allait se passait, on se privait de pièce mécanique qui aurait pu nous dépanner, d’un bidon d’essence plein, le dernier, une ressource qui se tarissait à la vitesse de l’éclaire, mais aussi un gros porteur qui aurait pu nous permettre que quitter cette ville et partir, tous ensemble, à l’autre bout du pays si on l’avait voulu – moyennant chance de tomber sur des stations essence non vide en chemin.  
Et tout ça pour quoi ? Des informations ? Rien que des mots ? Est-ce qu’il avait réellement quelque chose de crucial à nous dire ou c’était juste du pipeau ?  

Je gardais donc le silence en continuant de progresser aussi silencieusement et alerte possible, en espérant que le fin mot de l’histoire serait un gain et non une perte. J’évitais d’engager la conversation, l’heure n’y étant pas. J’aurais d’autre occasion je l’espère de croiser quelques mots avec la duchesse des bois.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 17 Juil - 11:20
Le groupe composé d'Ivy, James et Elizabeth arrivait par l'entrée arrière et n'était plus qu'à vingt mètres des ruines. Des ruines d'ailleurs, qui étaient restées les mêmes, entourant un lieu qui était resté le même et mieux encore, si on pouvait qualifier cela de mieux : pas une silhouette à l'horizon, ni d'un vivant, ni d'un mort. Un calme absolu et assez inquiétant régnait sur l'ancien campement qui il y a encore pas si longtemps, regorgeait de vie. A l'intérieur, ils pouvaient apercevoir même de leur distance le cercle de tentes affaissées au milieu du sable et de la terre sèche, parsemée de quelques petites plantes solitaires comme l'on en voyait dans toutes les plaines texanes.

Kaitlin et Armstrong
, censés suivre le groupe coté plaine, avaient vraisemblablement prit du retard et étaient restés en arrière.

Jusqu'à la route, ils ne trouveront pas une menace, pas un rôdeur, rien que le vide et le silence qui ne serait trahi que par l'apparition prévue de Kyle et Melody. Le camion-porteur sera resté à sa place et pas une ombre à proximité pour sous-entendre la présence du Vagabond. Même les corps des hommes qui avaient été abattus ici le soir du départ du groupe, coordonnant avec l'attaque desdits hommes, auront disparu sans qu'un os ne suggère qu'ils aient été dévorés sur place. Un vrai cimetière, d'une certaine façon.

Du coté de la forêt, pour Melody et Kyle, le constat sera à peine différent :
sur le chemin, ils n'auront rien rencontré que quelques bruissements d'animaux vagabondant dans les environs et seulement en arrivant près de la route qui donnait sur le camp, ils auront été alertés par la présence d'un corps en mouvement bien moins discret que les bêtes, en errance même, celle d'un rôdeur isolé non loin de la bordure. Il se déplace d'ailleurs dos au duo, vers le Nord et son bras droit pend à son épaule, désarticulé.




Eléments scénaristiques:
 

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 18 Juil - 16:37
Kyle sur ses talons puisque Melody seul connaît le chemin, elle progresse en silence écoutant les différents bruits environnant, reconnaissant les différents animaux qu'ils peuvent croiser de près ou de loin. Le silence, un silence bénéfique et pour cela elle ne peut que remercier Kyle de ne pas la harceler de questions tout du long, l'archer restant lui aussi silencieux et s'il n'avait pas malgré tout quelques bruits provenant de la semelle de ses chaussures, la brune aurait pu se croire seule dans la forêt. Oui elle s'attendait à ce qu'il la questionne pour en apprendre plus sur ce qu'ils vont faire et sur qui ils doivent rencontrer et lui dépeindre le Vagabond n'aurait pas été chose joyeuse. Mais non Kyle ne dit rien et donc elle le remercie intérieurement pour cela, lui accordant un sourire les quelques fois où elle se retourne pour vérifier visuellement qu'il se porte bien.

Oui elle sait qu'il est là donc c'est vraiment pour savoir si Kyle ne peine pas à la suivre sur un sol inégal et peu facile et puis cela lui fait réellement plaisir d'être là et de pouvoir partager la forêt avec quelqu'un d'autre du campement. Car hormis Matthew jusque là, personne ne lui a montré la même envie d'être dans la forêt qu'elle. Et même si ce n'est pas la partie de chasse promise et même si le moment ne s'y prête pas, elle ressent une pointe de bonheur simple à être là. Tout du moins tant qu'ils seront en forêt et qu'ils n'ont pas à affronter le Vagabond. Bien qu'à mesure de leur avancée c'est une belle pointe de frustration qu'elle ressent en constatant qu'il n'y a aucune trace de Matthew dans les parages et non elle ne se dit pas qu'il n'est tout simplement pas là mais bien qu'elle n'arrive pas le repérer. Et si avec d'autres cela la blesserait dans son orgueil avec Matthew ce n'est pas le cas alors qu'elle sait pertinemment qu'il est encore meilleur chasseur qu'elle qui est déjà pourtant une experte. Cela lui montre juste qu'elle a encore des progrès à faire pour en arriver au stade de Matthew du moins si c'est possible un jour et qu'elle fierté cela serait pour elle que d'y parvenir.

Ce n'est qu'en arrivant à la hauteur de l'ancien campement que la chasseresse se stoppe faisant signe à Kyle de faire la même chose avant de lui désigner le zombie qu'elle vient de voir non loin de la bordure de la forêt et leur tournant le dos. Le faisant sans même penser que Kyle peut tout à fait l'avoir vu lui aussi mais vu qu'elle est en tête, c'est un réflexe qui lui fait prévenir Kyle par mouvements. Si en temps normal Melody aurait déjà levé son arbalète pour abattre le rôdeur présentement elle n'en fait rien du tout, il est trop proche de la route qu'ils vont devoir traverser pour atteindre le campement et pour le moment elle ne sait pas si le Vagabond est déjà là et s'il n'a pas tendu un piège.

Melody se tourne vers Kyle et s'approche de lui, ne pouvant lui expliquer les choses par mouvements, elle se hisse sur la pointe des pieds en prenant appui d'une main sur le torse de l'archer pour venir lui murmurer à l'oreille :

- On ne le tue pas maintenant, trop proche de la route et du découvert. On ne sait pas si l'autre est déjà là, s'il n'a pas tendu un piège. Pas prendre le risque de se faire repérer tout de suite. On attend soit il s'éloigne encore plus et on approche pour voir, soit il se tourne vers nous et on l'entraîne plus dans le sous bois pour le tuer. Qu'en dis-tu ?

Laissant à Kyle le loisir de lui répondre par des mots ou par un signe de tête avant de se remettre à plat sur ses pieds.

Bien sûr il se peut aussi que Kyle ait bandé son arc et tiré avant qu'elle ne lui parle, s'il l'a prise de vitesse et tiré ou s'il n'est pas d'accord pour attendre un peu et qu'il tire alors Melody attendra une quelconque réaction en provenance des alentours, étendant tous ses sens pour essayer de sentir un danger. Et si elle a eu le temps de parler à Kyle et qu'il est d'accord, elle attendra en restant là ou elle est de voir ce que fait le zombie.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 20 Juil - 1:00
Naïvement, j’avais pensé me retrouver seule ou presque pour aller honorer ma part du marché auprès du Vagabond, mais c’était sans compter sur Melody, James et Elizabeth, puis le bruit qui avait couru qu’il y avait une rencontre, un échange, un marché conclu qui se devait d’être tenu. Au plus profond de moi, ça ne m’avait clairement pas enchantée de me retrouver dans la position d’instigatrice de cet accord, et j’aurais clairement préféré conserver le camion pour moi, mon plaisir et comme preuve de l’utilité que je pouvais avoir au sein du groupe. Moi qui n’étais ni chasseresse, ni médecin, ni combattante, cet engin - comme d’autres - aurait pu se faire l’ambassadeur de ma valeur toute relative. Enfin, j’osais espérer qu’avec le temps, nous puissions acquérir plus de confort, d’autonomie et d’indépendance pour que je trouve la place qui était la mienne parmi tous ces gens.

Mais finalement, je me retrouvais accompagnée par pas moins de six autres personnes s’étant portées volontaires pour m’accompagner à notre ancien campement ; et quelque part, cela me rassurait de ne pas devoir faire face au Vagabond en solitaire, bien que je ne pourrais fatalement pas lui poser toutes les questions qui me passeraient par la tête face à tant de gens que je ne connaissais absolument pas, ou seulement très peu.

Depuis le départ du campement, j’avais embarqué tous mes préparatifs tant bien que mal. L’imposant et très chargé sac de voyage une bretelle passée en travers d’une de mes épaules, le bidon d’essence dans la main gauche, je peinais à mettre un pied devant l’autre et bien rapidement, mon front ne tarda pas à perler de sueur, la température relativement douce n’arrangeant en rien mon état. Néanmoins, j’avais et aurais continué d’insister pour me charger de ma besogne moi-même, puisque tout cela m’incombait quelque part, je trouvais normal de m’en charger. Seule ma main droite était restée libre de ses mouvements, bien qu’il s’agissait la plupart de remettre le sac de voyage d’aplomb au rythme de notre progression.

Et progression il y avait, peu importe la difficulté que j’éprouvais ou la lenteur de mes pas laborieux. Au fil des minutes, la plaine aride se dessinait en un horizon à peine plus sombre, révélateur de la présence de la forêt au loin et les mauvais souvenirs dont elle était chargée à mes yeux. Une mince ligne floue qui se prenait de plus en plus d’ampleur dans mon champ de vision, jusqu’à ce que les ruines du motel ne finissent par s’en détacher, de plus en plus reconnaissables. Je me demandais, non sans appréhension, si la population d’infectée au camp Jefferson serait la même que quelques semaines auparavant. Je le redoutais, mais d’un autre côté, si le Vagabond désirait réellement nous retrouver là-bas, j’étais intimement persuadée qu’il aurait pris les devants pour dégager la place de ces éventuels indésirables.

De longues minutes s’écoulèrent encore avant que nous n’abordions enfin les abords du campement par l’entrée arrière. Je ne distinguais que peu de chose de ce qu’il en restait. C’est à peine si je pouvais discerner les restes du cercle de tentes écrasées et affaissées dans des nuances verdâtres un peu plus clair que le sol sur lequel elles reposaient. Cela faisait des mois maintenant, depuis le jour de ma seconde morsure, que je n’avais pas revu notre ancien campement en proie à un calme fantomatique. C’en était presque glauque, et ce fut à cet instant que je sentis un contact doux et chaud se saisir de ma main droite. Légèrement surprise, j’avais fini par découvrir la proximité d’Elizabeth juste à mes côtés, et je ne pus m’empêcher de lui rendre son contact en refermant mes doigts sur les siens et esquissant un petit sourire révélant un léger optimisme.

“Ça va bien se passer,” lui confiai-je, comme une promesse que je me prétendais capable de tenir, bien que j’en étais encore loin en vérité. Une sorte d’encouragement qui pouvait aussi bien s’adresser à la jeune femme qu’à moi-même, tant les doutes et les inquiétudes se voulaient nombreux.

Mais bien rapidement, je laissais mon regard se porter vers le Nord-Est et le mur d’épaves qui avait constitué notre seul et unique rempart, bien maigre, contre les dangers extérieurs. A ce souvenir, et d’ailleurs en regard de l’endroit où nous vivions actuellement et qui n’était guère plus fameux, la question s’imposait à moi de savoir comment nous avions pu tenir aussi longuement. Certes les pertes, les disparitions avaient été nombreuses, et de tous les visages que j’avais vu naviguer entre ces tentes, seule une poignée était toujours présente, mais je me demandais au plus profond de moi si quelque part, subtilement, la chance ne nous souriait malgré tout pas quelque peu.

Et d’ailleurs, s’agissait-il réellement de chance quand j’avais eu le privilège de me soustraire à l’éternel sommeil par deux fois ; ou pouvait-on parler de destinée, ou d’acharnement ? Autant de question qui ne trouveraient probablement jamais de réponse, à moins de pousser le vice à aller défier la mort tant de fois qu’elle ne concède à me foutre la paix ? Était-ce seulement possible ? Le Libérateur disait-il vrai ? L’avait-il vécu comme il l’avait laissé sous-entendre ? Le Vagabond aurait-il une réponse à cette question qui n’avait de simple que l’apparente et fondée innocence ?

C’était juste au-delà du mur de véhicules abandonnés que se trouvait la clé pour délier la langue de cet inconnu. La silhouette rectangulaire et massive du camion-porteur, visiblement resté au même endroit, bien qu’avec la distance, j’étais incapable de juger s’il en était de même pour l’état. Et je fus pris d’un nouveau doute, plus malsain encore. Et si je n’en étais pas capable ? Si la mort m’avait privé de mes connaissances, mes aptitudes à nouveau, comme la première fois ? Et si je me retrouvais le nez collé devant une machine qui se révélerait être un épais mystère une fois le capot ouvert. D’un léger signe de tête,  je chassais bien vite cette stupide idée. J’avais confiance en moi, au moins sur ça. Si je n’étais pas capable de démontrer mon savoir-faire au reste du groupe, alors oui, cela risquait de remettre en cause mon utilité, ma place, mon rôle au milieu d’entre eux. Déjà qu’ils se retrouvaient là par ma faute… Je ne pouvais risquer de les décevoir deux fois de suite dans la même matinée.

Alors oui, tout devait bien se passer, d’une manière ou d’une autre. De nouveau, je reportais mon attention sur Liz’, son joli minois que je ne pouvais qu’envier quelque part et qui avait su s’offrir le cœur de James, là où j’avais succombé au charme d’un homme qui n’avait apparemment jamais existé qu’en façade. Et pourtant, je n’arrivais pas à être jalouse de l’idylle vécue par mes plus proches compagnons car ils s’étaient trouvés dans la douleur, la peine et l’incompréhension, et quelque part, je leur en avait indirectement trop fait baver pour ne pas me réjouir de leur complicité et de leur bonheur. Certains combats valaient la peine d’être menés, et c’était bien pour eux que je comptais réussir aujourd’hui.

Ragaillardie par cette tenace conviction, je désignais le camion-porteur d’un geste du menton alors que tout me paraissait calme dans les environs. Et si ce n’était pas le cas, je comptais bien sur la présence d’esprit - et la bien meilleure vue - de mes compagnons pour m’en informer ou me retenir.

“Bon ben… au boulot non ?”
avais-je fini par demander à haute voix dans une pure rhétorique, accompagnant ma question d’un haussement d’épaules confiant, presque routinier. Plus l’heure approchait, et plus je me sentais reprendre confiance en moi, à l’approche de mon élément.
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