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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CS, G, EXP] Envisageons l'avenir - 25/03/35
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James F. Everett

Anonymous
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Sam 20 Aoû - 0:00
En croisant le regard d'Elizabeth, il constatait bien vite qu'elle était inquiète et que ce n'était pas juste ce symbole sur ce vieux camion accidenté et crasseux, il y avait autre chose qui semblait la perturber. Elle essayait de lui faire comprendre que ce n'était pas ce qu'il avait entendu craindre, pas tout à fait, bien qu'elle paraissait prendre des pincettes sur ce qu'elle en pensait vraiment. Il s'apprêtait à lui répondre quand un bruit sourd survint tout près d'eux, faisant presque faire à James un bon en arrière par réflexe. Il se contenta de reculer d'un pas en empoignant la crosse de son arme, mais ne la retira tout de même pas de son étui.

Et voilà qu'Elizabeth évoquait le vrai fond de sa pensée, à savoir qu'il y aurait des bêtes à l'intérieur, pleinement toxiques et surtout agressives et meurtrières, mais aussi des trouvailles potentiellement très intéressantes étant donné l'origine de ce véhicule. A cela, James posa le regard sur elle avec une mine se crispant, soufflant du nez tout en relâchant ses épaules, il n'était vraiment pas emballé à l'idée d'ouvrir cette boite de pandore. Pour ne rien faciliter, les coups étaient de nouveau portés à l'intérieur, minimisés, étouffés, mais bien présents, pas de doute : il y avait quelqu'un.

« C'était pas vraiment ce que j'avais imaginé faire aujourd'hui, je voyais plutôt ça... sans ou avec peu d'accrocs pour changer. »

Il revint au camion en se montrant hésitant, se demandait si ça valait vraiment le coup de tenter le diable pour espérer trouver quelque chose d'utile, dans le sens destructeur du terme, au sein de ce camion. Un tel engin ne devait sûrement pas abriter un stock de nourriture ou des outils, non, il ne pourrait y avoir que des armes, des munitions, des explosifs, tout ce qui leur était tant essentiel aujourd'hui alors qu'il s'agissait de choses fort condamnables, mais tout était condamnable de toute façon à cette époque. Triste constat. Il s'apprêtait à lui dire de se raviser et de laisser le risque à une prochaine fois, mais elle eut des mots qui le frappèrent comme les pointes d'un taser projeté à bout portant : l'aéroport, ce à quoi il avait pensé et avait ressassé il y a encore quelques minutes lui était lancé en plein visage avec un goût de reproche, bien que pour Elizabeth cela n'avait rien à voir puisqu'elle ne se doutait certainement pas à quel point ça pourrait le blesser d'entendre cette référence.

Était-ce leur étrange lien qui faisait qu'elle avait extirpé ça de son esprit ? Il est vrai que dernièrement, il avait eu l'impression instinctive de ressentir assez facilement ce qu'elle ressentait, de tomber juste et leurs relations... charnelles, avaient une allure plus fusionnelle. Comme à l'aéroport disait-elle donc... quand il s'était dédouané du danger en la laissant tout assumer et prendre tous les risques ? Quand il lui avait avoué d'une tête misérable être faible ? Non, il ne pouvait pas la laisser y faire ainsi référence comme un moment clé de leur vécu, normaliser ce souvenir comme si le comportement qu'il avait eu ce jour-là avait été normal car représentatif de ce qu'il était.

Il ne pouvait pas admettre qu'elle ai de tels souvenirs de lui et ne soit pas gênée par eux, il ne pouvait pas être que ce type peureux qu'il lui avait montré par erreur, il devait être plus que cela pour elle. Ses yeux tombèrent vers le sol en entendant sa dulcinée, puis il les redressa sur elle en demeurant figé quelques instants de cette réflexion noyant le reste de ses pensées. Un vif sentiment de révolte, de colère l'empoigna en silence et en secret, sans qu'il n'en montre l'existence, même s'il ne pourrait assurément pas lui cacher, le principe se valait. Il se contenta de dire ceci :

« Non. » Il inspira par le nez, pressa sa langue contre ses dents puis expira par la bouche plus comme un soupir, son ton et son regard s'étaient tout de même raffermis de cet élan de conviction qui vint balayer ses réflexions précédentes. « Pas comme l'aéroport. Plus jamais, comme l'aéroport, je peux te le jurer. »

La prudence ? La mesure de cette sortie ? Tant pis, pour prouver à sa bien aimée qu'il était un homme de valeur capable de force et de courage, il était prêt à agir comme un idiot, tel un jeune homme qui se jetait dans la fosse aux serpents pour impressionner la fille de ses rêves, pour la simple bêtise de lui montrer qu'il était un homme un vrai. Il lâcha la crosse de son arme et posa la main sur un des poings américains qu'il avait restitué à son attache plus tôt, le défit de son lien puis le glissa à ses phalanges droites, se préparant à en faire l'usage, après quoi il pressa la poignée de son bouclier pour idéologiquement la joindre à sa peau comme s'il fusionnait l'outil à son bras.

« Mets-toi sur un flanc et en retrait, dès que j'aurais ouvert, ce qui se trouve dans ce camion va venir sur moi, tu pourras les abattre en silence, on règle ça en vitesse. »

Il n'avait plus l'intention de revenir en arrière, sûr et certain de cette tentative audacieuse quand bien même elle n'était pas nécessaire, il y aurait eu d'autres moyens de se charger de ce qui était enfermé dans cette boite blindée d'où des bruits de coups avaient continué de se faire entendre, plus nombreux et plus forts. Mais dans l'ordre de ses priorités, affronter ces choses passait après le besoin de prouver à Elizabeth qu'il pouvait être l'homme de la situation en facilitant le combat en contrepartie de plus de risques pour lui, et pas juste le bon médecin soucieux et dépressif qu'il avait montré jusqu'ici. Il exagérait certainement toute cette histoire, et il y avait bien eu cette escapade en pleine nuit et en pleine ville le soir de l'attaque du camp Jefferson, les quatre jours d'enfermement qui avaient suivi, une aventure suffisamment folle et même suicidaire, pour elle, mais il n'avait fait que la raconter, ça ne suffisait pas, elle devait voir ça de ses yeux.

Il se déplaça de quelques pas pour venir se poster face aux portes et patienta qu'Elizabeth soit en place. Si elle aurait tenté de contester sa démarche, à raison du point de vue de la logique, il aura fait la sourde oreille et sans répondre, hors de question de bouger d'ici tant que ce ne serait pas fait. James n'était pas orgueilleux, mais la façon dont cette femme le voyait et ce qu'elle pensait de lui l'importait au plus haut point. Dès qu'elle fut en place, le barbu se lança : sa main armée du poing métallique saisit à peu près la poignée de la porte du camion et fit pression dessus, jusqu'à ce qu'un bruit sourd - projetant une vague de poussière - signifie que la serrure était libérée. Il n'y eut qu'une seconde de flottement, puis il tira sur la porte et ces bruits étouffés par l'épais blindage furent libérés à leur tour.

Instantanément, James eu la vision d'un visage à demi dévoré et mâchoire apparente sur lequel quelques vers répugnants se baladaient. Le râle qui suivi cette libération fut rustre, lourd et emporté, différent de ceux qu'il avait déjà entendu, ou bien était-ce parce qu'il était si près et cette chose si énervée d'être renvoyée de nouveau au monde. Aussitôt, le chirurgien lourdement équipé recula de plusieurs pas après avoir lâché la porte et la première de ces créateurs tendait le bras vers l'air renouvelé et l'extérieur de cette prison de métal, première car elle n'était pas la seule, trois autres monstres avaient été confinés également et quand le visage semi-dévoré sorti du camion en se cassant la figure au sol, les trois autres se jetèrent à leur tour  et l'un après l'autre vers l'extérieur. Maladroits, se cognant contre les portes, basculant de coté, ils se fichaient pas mal d'être prudents, de faire attention à leurs muscles trop longtemps inactifs ou à retrouver avant-tout leur équilibre.

Ils s'extirpaient comme ce qu'ils étaient, des bêtes sans intelligence et surtout sans conscience et James avait encore reculé de trois pas avant de s'arrêter, brandissant le bouclier vers l'avant dans une posture de défense tel un spartiate prêt à encaisser une charge indisciplinée des esclaves perses, son poing armé laissé en réserve se resserrait sur lui-même, n'attendant que le signal pour frapper l'ennemi lorsqu'il viendrait au contact.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Sam 20 Aoû - 20:27
Elle jeta un coup d’œil vers James lorsqu’il semblait décliner sa proposition, ou du moins émettre la possibilité de ne pas chercher les embrouilles, pour une fois. Si la prudence semblait également être de cet avis, sa curiosité était un peu plus forte que cela. Il fallait l’avouer, c’était un choix difficile, mais ne disait-on pas sans risque pas de gloire ? Quelle reconnaissance auraient-ils des leurs s’ils se contentaient de ramener quelques crayons, et quelques morceaux de papier ?

Pourtant, lorsqu’il changea d’avis, les traits de son visage et les mots employés firent assez de peine à la jeune femme pour qu’elle s’en inquiète. Avait-elle dit quelque chose de mal, qui l’aurait vexé ? A son souvenir, et au regard du résultat, elle estimait qu’ils ne s’en étaient pas sorti trop mal. Sans comprendre, et sans vraiment chercher à le faire, gardant malgré tout le silence, elle l’observa faire puis se mettre en place.

« Attend, on devrait prendre… un peu plus de distance, tu ne penses pas ? »

Il resta immobile, et surtout, sans lui adresser le moindre mot pour la contester. Il restait sourd à ses recommandations, et visiblement convaincu de ce qu’il s’apprêtait à faire. Elle n’insista qu’une seule fois, en l’appelant par son prénom, mais à son absence de réponse, elle finit par se résoudre à se mettre en place à son tour sans vraiment comprendre pourquoi il réagissait d’un seul coup de cette manière. Reculant de quelques pas, encochant la crosse du fusil au creux de son épaule, elle se tient prête à l’ouverture des portes. Elle aurait préféré qu'il recule, se tienne à son niveau, mais il restait sourd et têtu.

La poignée grinça très fortement, et pendant un instant, elle eut craint que l’ensemble soit verrouillé, ou si grippé qu’il soit impossible d’en commander l’ouverture, mais finalement, les portes furent ouvertes, libérant ainsi son contenu. Petit à petit, de la pénombre, les corps sans vie s’avancèrent vers la lumière, dévoilant leur carcasse si décharnée qu’il ne semblait rien rester de chair sur leur peau. Ceux-là semblaient différents de ceux qu’ils avaient croisé un peu plus tôt, plus chétif, le pas incertain, la démarche plus bancale. Etait-ce l’effet de la faim et la privatisation qui les rendaient ainsi ? Avaient-ils commencés à se dévorer mutuellement à force ? Malgré tout, il en paressait plus féroce.
Basculant par-dessus la porte inférieure restée close, les créatures s’écrasèrent au sol l’un après l’autre, et en dépit de leur état – et surtout de l’odeur immonde qui s’échappaient du conteneur maintenant ouvert – ces derniers restaient très dangereux. Armée de son fusil, elle se concentra pour espérer ne pas rater ses cibles, pour James, pour qu'il n'ai pas à les affronter si proche, qu'importait qu'il l'ai déjà fait auparavant.

Comme James l’avait prévu, c’est vers lui qu’ils commencèrent à ramper ou à se relever pour s’y jeter. Le premier coup de feu retentit, l’arme basculée sur le sélecteur du coup par coup, et la première balle passa à travers la carcasse de l’immonde créature, ne perçant qu’un trou supplémentaire dans les lambeaux qui tombaient de part et d’autre de son buste, mais à aucun moment il ne se sentit gêné, continuant son irrémédiable chemin.

Les sourcils froncés par le résultat donné, elle s’employa à appuyer à nouveau sur la gâchette, se concentrant davantage. La première cible finit enfin par tomber sur le côté, poussée par l’ogive qui percutait sa boite crânienne pour la réduire à néant. Le second suivit son confrère dans sa chute, puni du même châtiment, mais la dernière balle qui s’échappa du silencieux de son canon se logea quant à elle sur la carcasse métallique du véhicule, sans en laisser la moindre trace cependant hormis l’envolée de grain de poussière. Elle avait raté sa cible à plusieurs centimètre d'elle, surpris par un sursaut, un mouvement incontrôlé.

Ce dernier se jetait droit sur le bouclier de son compagnon et tirer à nouveau sur lui devenait trop dangereux pour la sécurité de James. Le quatrième monstre était encore au sol, se traînant lamentablement à la force seule de ses bras, plus lent mais plus déterminé.
Le champ de vision gêné par les deux corps privés de l'étincelle de survie, Elizabeth baissa son arme et s’avança vers eux, espérant se dégager une vue suffisante pour lui tirer dessus avant qu'il n'atteigne sa cible. Elle avait pensé pouvoir faire mouche pour que James n’ai à en affronter aucun au corps à corps… mais entre vouloir et pouvoir, les choses n’avaient pas bien changé de ce côté-là.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 20 Aoû - 22:06
Ces choses s'étaient aussi vite écroulées au sol hors du camion renversé qu'elles se relevèrent pour se lancer sur leur proie, lui-même. James n'avait pas bougé de son emplacement, gardant sa défense solide, il prit à l'inverse le temps de jeter un regard en arrière, craignant qu'à se concentrer sur ces monstres, d'autres alertés par le bruit sourd des portes du camion ne viennent les prendre à revers. A la raison des circonstances ou de la chance, les deux peut-être, il n'en était rien, c'était eux face à ces créatures. Reportant son attention aux rôdeurs, il vit le premier coup tiré par Elizabeth et étouffé par le silencieux de son fusil, frapper l'un des monstres sans l'abattre. Trois d'entre eux étaient debout et s'avançaient à pleines jambes maintenant, bien qu'ils étaient loin d'être stables, un second tir perça la boite crânienne et la créature s’effondra sur le coté.

Un troisième coup fit mouche à nouveau et eu le même résultat du corps s'effondrant près de son camarade définitivement achevé, le quatrième comme le premier, n'atteignant par contre pas sa cible. En détournant ses yeux vers sa douce, il la vit irritée d'avoir loupé la moitié de ses frappes et tandis que le dernier monstre debout venait grogner de tout son visage rongé par la pourriture en tendant ses bras non moins vigoureux. Ses mains décharnées agrippèrent le bouclier que le chirurgien redressait plus haut pour faire barrage et l'empêcher de porter ses bras plus en avant vers son propre visage. Cette saleté avait de la force, une sacrée force même, luttant pour tirer sur la plaque de défense dans le but de la dégager de son chemin, sans avoir conscience que c'était la proie dissimulée qui tenait le bouclier en réalité. James vint se coller au bouclier, la tête contre la plaque légèrement penchée vers l'arrière, de manière à ce qu'elle le protège tout du haut tout en lui laissant loisir d'observer les jambes du mort qui tirait encore plus fort.

Sa poigne ferme sur son outil allié, il ne se laissa pas dominer, il avait récupéré assez de sa musculature pour que ses forces soient en mesure de dominer son adversaire, c'était d'ailleurs le propre de ces ennemis : pas tant dangereux seul et à court terme, mais sur la longueur, ils finissaient toujours par l'emporter, aussi fallait-il les détruire au plus vite. La mâchoire crispée, il fit résistance quelques instants en gardant le bouclier serré et attendit de verrouiller son coup à venir, mais fut surpris quand la créature bascula sur le coté pour saisir la bretelle de son sac à dos à même son gilet. Il eut le réflexe de basculer la tête sur la droite et vit avec horreur le rôdeur le contourner par sa gauche, s'efforçant de suivre son déplacement pour le garder contre bouclier alors qu'il était mit à mal par cette main accrochée à son sac.

Ils pouvaient donc contourner consciemment un problème pour trouver une solution ? Il avait sous-estimé cette chose, en la pensant trop stupide au point de simplement se presser contre l'obstacle, mais force est de constater que la bête n'était pas si bête justement, il y avait bien un instinct de prédateur qui la poussait à avoir des actes inattendus. James balaya la surprise d'une pensée, il devait absolument s'en défaire et régler le problème, un seul rôdeur ne pouvait pas le mettre en danger à ce point, plus maintenant, plus dans un tel contexte, il avait ce qu'il fallait pour prendre le dessus, il allait s'en servir. Son poing arrière serré avec l'arme d'acier, il rabattit son bouclier contre le bras adverse qui le tenait pour le percuter et renouvela le coup une deuxième fois, le voyant perdre de sa poigne, puis une troisième fois d'un élan rageur qui fit lâcher prise et lança le bras décharné vers l'arrière, ouvrant lui-même complètement sa garde mais ce ne fut pas déstabilisé qu'il croisa son regard, car à peine permit-il un instant de flottement à entrevoir la vide infernal du regard de la créature qu'il projetait son poing droit entre ses yeux. Le choc fit entendre un craquement signifiant qu'il lui avait cassé le nez, rien de plus utile en soi que de l'étourdir et le repousser en arrière, ce qui arriva en voyant le monstre forcé de plusieurs pas maladroits dans cette direction.

Il profita aussitôt de l'avantage pour se lancer vers l'avant et grogner entre ses dents d'un coup de bouclier qu'il ramenait vers l'intérieur et contre la tête du monstre qui fit un demi-tour sur lui-même, puis s'effondra sur le ventre. Pour cette chose, s'en était fini et sans plus de cérémonie, il passa au-dessus d'elle, une jambe de chaque coté avant de prendre appui de sa seconde main sur le bouclier, le relever et l'abattre de ses quinze kilos sur son crâne. Frappant à plusieurs reprises et avec férocité jusqu'à ce que les broiements ne s'amplifient pour annoncer la destruction du cerveau, il poursuivit tout de même et en y mettant toute sa force afin de le réduire en bouilli, projetant sur son pantalon, ses chaussures et le sol l'hémoglobine semi-noirâtre et gluante qui constituait la matière organique de cette partie du rôdeur. Quand ce fut terminé, il se redressa droit en gonflant le torse et en inspirant à pleins poumons, reprenant son souffle.

Il se dégagea du monstre et se tourna vers Elizabeth pour constater qu'elle n'avait eu qu'à achever la bête qui s'était évertuée à ramper au sol, à bout portant. La menace avait été écartée et aussi superflu que cela avait pu paraître, il avait démontré qu'il était prêt à combattre et battre les morts qui marchent sans hésitation, lui qui avait dépassé ce stade et même tué un être humain par deux fois, il en tirait à cela de lourds remords quel-qu’aient été leurs actes, pleins de leçons à retenir. Il n'avait pas pour autant franchit la frontière de sa morale, car si ces monstres étaient damnés et que les abattre les libéraient en mémoire des êtres humains qu'ils avaient été - c'était sa façon de voir les choses, il n'avait pas pour autant accepté l'idée que tuer des vivants était tout aussi monnaie courante. Il y avait un fossé entre les morts, dangereux et nécessitant d'être sauvés d'eux-même, et les vivants qui malgré tous leurs défauts - ses propres défauts, n'étaient pas perdus, pas encore. Il ne voulait pas se perdre lui-même dans de telles infamies, quoi qu'on en dise. Quant à savoir s'il s'y tiendrait quoi qu'il en coûte, il n'était honnêtement sûr de rien mais craignait d'y être confronté, il espérait l'éviter tant que faire se peut.

« Ça va, on s'en est bien sorti. Allez, voyons voir si ça en valait la peine. »

James revint vers le camion et son regard s'attardait sur les créatures qu'Elizabeth venait d'abattre, les enjambant avec précaution en tenant son bouclier à deux mains afin de ne pas être déstabilisé, il gagna la porte du bas, du point de vue du véhicule allongé, et sans perdre plus de temps la déverrouilla pour la laisser tomber lourdement et à son grand damn de manière audible sur le sol, atténué tout de même par les jambes du premier mort mais accentuée par l'écho du magasin. Le barbu grimaça lorsque la porte tomba puis ses traits s'étirèrent davantage en percevant à pleines narines l'infecte et presque insupportable odeur de mort provenant de l'intérieur, à cause de ces choses restées confinées trop longtemps. Il porta sa main armée à son bas visage, couvrant son nez et sa bouche et laissa échapper d'un ton étouffé :

« Bon sang, c'est une horreur... » Ses yeux légèrement rougis se tournèrent vers Elizabeth puis il reprit. « Pas besoin de s'empoisonner à deux, je vais voir, fais attention à nous, d'autres ont pu entendre tout ce bruit et seraient entrain de rappliquer. »

Vraiment dégoûté par une telle pestilence, il recula d'un pas, se tourna presque entièrement et libéra ses narines en prenant un grand souffle, avant de couvrir à nouveau son bas-visage et venir entrer à l'intérieur du camion, baissant la tête pour ne pas se prendre le toit, ou ce qui était en l'occurrence le toit, puis alla scruter de plus près son contenu.

Il fallut deux minutes, pendant lesquelles James était resté à l'intérieur, au-dehors Elizabeth pouvait entendre que son inspection était bruyante, il ouvrait et refermait des boites métalliques sans doute, vu le bruit, touchait d'autres caisses et ne s'embêtait pas à prendre soin de ce qu'il bousculait. A un moment, le faisceau blanc très intense de sa lampe torche dynamo illumina la carcasse presque plongée dans le noir. Au bout d'un moment, la silhouette du chirurgien finie par en ressortir en tirant dans un gros bruit de raclement une caisse, elle-même superposée à une autre caisse. La lampe torche était placée à son épaule droite sur attache, qui faisait office de maintien en éclairant devant lui, son poing américain était replacé sur attache et sa main libérée pour pouvoir tirer sa trouvaille qu'il hissa sur la porte jusqu'à coté du rôdeur qui servit involontairement d'appui transitoire pour amener les caisses au sol.

James se redressa en portant les yeux vers Elizabeth et elle put voir, aussi surprenant que cela puisse paraître, que sa mine inquiète et fermée des minutes précédentes avait totalement disparue, le laissant quasiment souriant et au moins content.

« Tu vas pas le croire. » Lui dit-il presque gaiement avant de revenir se pencher sur les caisses et saisir le couvercle de la première qu'il souleva, dévoilant son contenu.

A l'intérieur, un vrai trésor : un lance-roquette M136AT-4 CS, installé sur une mousse spéciale de protection qui couvrait tout le fond et creusée pour accueillir spécifiquement l'arme. A coté de celle-ci, une roquette calée dans un creusement également adapté. Laissant à Elizabeth l'occasion de contempler cette trouvaille quelques instants, il referma la caisse et se redressa à nouveau, indiquant ces deux boites en affirmant sur un ton fort convaincu :

« L'autre caisse est identique, j'ai déjà vu ces armes quand j'étais à l'armée. Des lance-roquettes anti-blindés lourds, très puissants et avancés technologiquement. Avec une arme comme ça, on pourrait faire sauter un char ou un bunker. Imagine ? De quoi dissuader n'importe quel agresseur pas trop stupide ni trop armé, ou si ça suffit pas, de quoi se défendre. On aura des armes lourdes pour défendre notre futur camp, avec le fusil-mitrailleur Bren que j'ai pu récupéré, nous aurons de quoi monter un vrai dispositif défensif, une tour de garde, notre propre bunker improvisé... quoi que l'on décide on aura de quoi faire. On sera prêt, quand les meurtriers du Marchand viendront.

J'ai vu aussi un poste-radio, une antenne de réception, une petite caméra abandonnée par un des soldats sûrement, un phare d'extérieur et une caisse qui contenait un petit stock de flèches et de carreaux, mais pas d'arc ni d'arbalète, ça pourrait quand même servir. On pourra pas tout prendre par contre, il faudra laisser certaines choses, comme l'antenne et la caméra, on en aura pas besoin pour le moment, le reste nous sera plus utile. Va falloir se partager tout ça, motivée ? »

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Dim 21 Aoû - 15:18
La dernière créature avait été abattue sans vraie difficulté. La femme brune s’était avancée vers elle, le canon rivé vers sa cible qui rampait avec une hargne aberrante. C’était un homme, du moins de ce qu’elle pouvait en deviner, les vêtements aussi déchirés que la peau, rongés, décomposés. Ses doigts crochus, finis par de simples bouts d’os, agrippaient le sol, les corps de ses confrères, pour pouvoir se hisser toujours plus loin, comme une victime cherchant la survie coûte que coûte. Car c’était bien cela que les créatures cherchaient, le moyen d’assurer leur survie, avec la même férocité que les vivants, mais sans les mêmes réflexions, états d’âmes.
Pourtant, après peut-être une année passée enfermés dans ce fourgon, les morts, bien que changés, continuaient d’être animé par cette étincelle dévorante. Combien de temps pouvaient-ils rester sans se nourrir ? Est-ce que la notion de nourriture avait un véritable sens pour eux ? Si oui, lequel ?

Il y avait encore beaucoup de chose qui échappait au bon sens, très terre à terre, d’Elizabeth, mais parmi toutes ses incertitudes, elle savait que sa propre survie dépendait maintenant du combat qu’elle livrait et livrerait. L’index sur la détente pressa cette dernière jusqu’à ce que la balle soit propulsée directement dans le crâne du condamné, réduisant définitivement son état à ce qu’il devait être.
Bien que leurs comptes fussent réglés, Elizabeth ne pouvait quitter cette dernière victime du regard. Autours de son cou où seuls les os étaient visibles, elle aperçut l’éclat terne et salit d’une chaîne en métal. D’un simple mouvement de tête, et d’un murmure entre ses lèvres, elle acquiesça aux paroles de son compagnon, tout en se penchant au-dessus de sa victime. Avec un geste lent, elle fit glisser la chaîne entre ses doigts jusqu’à découvrir deux plaques militaires solidarisées l’une à l’autre par un lien sécable. Elle pouvait à peine lire ce qui avait été gravé dessus, le sang couvrant une bonne partie des deux faces.

Jusqu’ici, elle n’avait jamais cherché à connaitre l’identité des personnes qui s’étaient attaqués à elle, se forçant à les voir comme des dégénérés et non plus des humains. Ceux-là avaient servi leur pays, avaient tenté d’œuvrer pour la protection de ses citoyens, et comme tous les autres, ils avaient échoué. Cependant, elle leur accordait un geste honorable : celui de s’être enfermé, ou d’avoir été enfermé par l’un des leurs, pour ne nuire à personne. Des victimes comme tous les autres d’une folie qui n’avait toujours pas de nom.

« Ci-gît les soldats inconnus… et Anton Lloyd Powell.»
Finit-elle par prononcer entre ses lèvres après avoir passé la pulpe de son pouce sur le plat de la plaque nominative, jusqu’à ce que le relent de l’odeur nauséabonde ne l’assaille plus violemment.

Lâchant la chaine tout en se redressant, son bras gauche vint rapidement se presser contre son nez et sa bouche en poussant un long gémissement de dégoût. Se détournant de l’intérieur, elle ne put qu’accepter non sans une once de gratitude la proposition de James, son haut le cœur ayant vrillé son estomac jusqu’à lui donner la nausée.

« J’te laisse faire. Mais si tu trouves de la bouffe là-dedans, par pitié, laisse là. »


Elle s’éloigna de plusieurs pas du fourgon, agrippant à nouveau son arme, scrutant l’extérieur par le trou béant fait dans la devanture. S’avançant jusqu’à la frontière entre l’intérieur et l’extérieur, avec une prudence mesurée, elle s’arrêta avant de réellement sortir des lieux, jetant dans un premier temps un coup d’œil aux abords direct pour ne pas être surpris avant de se concentrer sur les alentours.
D’un premier jet d’horizon, elle remarqua trois silhouettes qui stationnaient à l’intérieur du magasin voisin. Au-delà du parking qui les distançaient et séparés par une immense devanture de verre, l’obstacle avait sans doute eu la grâce d’épargner le bruit, car ils ne semblaient pas décidés à bouger.
Se repliant dans un recoin des décombres pour être le moins visible possible, elle finit par s’aider de la lunette de son fusil pour observer un peu plus loin. Ça n’avait pas l’avantage d’une paire de jumelle, et son champ de vision était plutôt réduit, mais ça lui permettait de vérifier certains contours qui lui avaient paru douteux.

Il ne fallut que peu de temps pour que James l’interpelle à nouveau. Quelques minutes seulement après être entré dans le monstre malodorant, son compagnon en sortit l’air plus enjoué qu’il n’aurait dû après un séjour dans l’antre des bêtes. Quittant son inspection, elle revint vers lui en se demandant ce qu’il avait bien pu trouver pour lui rendre à ce point le sourire. Après tout, c’était l’air morose et presque fâché qu’il l’avait quitté.

Baissant la tête vers le contenu de la caisse qu’il avait traîné hors du véhicule, ses yeux s’arrondirent et ses sourcils se haussèrent d’un air franchement ébahi.

« J’y crois pas. » S’exclama-t-elle en écho à l’affirmation précédente de James, en papillonnant des yeux comme pour s’éveiller d’un rêve bien trop beau pour être vrai.

Elle s’agenouilla pour poser la paume de sa main sur la carcasse de l’arme qui semblait presque flambante neuve et pour cause, elle n’avait jamais servie.

« Et tu sais t’en servir… ? » Avait-elle finit par demander, presque convaincue qu’il y avait anguille sous roche.

Cette chance soudaine et subite était totalement inespérée. Des moments sombres, des épreuves, ils en avaient connu de très nombreuses depuis des mois et des mois, mais une chance pareille, ça ne pouvait pas être gratuit. Sa main glissa le long de la coque de métal jusqu’à en attraper la sangle soigneusement pliée sur le côté, et d’un geste lent et précautionneux, elle le souleva pour estimer son poids. S’il fallait bien avouer qu’une certaine force était nécessaire pour porter le canon plus que balèze, elle s’était attendue à bien pire que cela.

« On va pas tenter le diable. On prend tout ça, et on rentre rapidement. Ce truc, c’est … c’est trop incroyable pour être sacrifié sur l’autel de la bonne fortune. » Un large sourire fleurit sur son visage tandis qu’elle levait son regard sur son amant. « L’avenir s’annonce bien meilleur qu’on ne l’avait espéré finalement… »

Elle se sentait heureuse de le voir si enthousiaste. La décision de départ qu’ils avaient pris, bien que convaincus de leur raison, avait laissé place à beaucoup de doute ou de crainte. James semblait avoir repris confiance en lui et c’était particulièrement une bonne chose à quelques jours du déménagement.
D’un pincement de lèvre, elle hocha la tête à plusieurs reprises puis enchaîna aussitôt.

« Alors, on ne traîne pas. » Affirma-t-elle sereinement en remettant l'arme dans la caisse pour la fermer, après quoi elle retira son arme de poing dans son dos pour ne pas être gênée par le transport à venir et la glissa dans l’une des poches de son sac à dos. « J’ai vu un escalier de secours sur le côté du magasin, à l’extérieur. Avec un peu de chance, on arrive à atteindre le toit pour repérer le chemin le plus court pour rentrer. Ça risque d’être compliqué de retourner sur nos pas. »

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 23 Aoû - 23:21
Elle était aux anges et il y avait de quoi. Quelle folle ironie d'imaginer que la découverte d'armes de destruction puisse rendre joyeux et donner du baume au coeur, alors que l'on parlait bien d'armes capables de faire un massacre, des armes que l'on employait en temps de guerre pour faire beaucoup de victimes ou dans le cadre d'attaques terroristes, des objets pour les pires salopards ou les plus enragés des soldats. Il y avait tellement de raisons, de circonstances qui justifiaient tout cela. D'un point de vue extérieur cela pourrait paraître surréaliste, mais dans leur situation malheureusement bien trop réaliste à leur goût, ils avaient déniché là des cadeaux tombés à point nommé. James était d'autant plus enjoué et heureux d'un coup de la voir reprendre de tels espoirs, c'était peut-être un signe du ciel, si tant est que le ciel soit prêt à prendre un tel parti prit.

« On m'a appris autrefois, rien de bien perfectionné parce que ce n'était pas mon domaine, mais au moins comment ça fonctionne, je pense qu'avec encore un peu d'entraînement et de temps, j'y arriverais. J'ai bien l'intention de faire en sorte d'y arriver maintenant. » Affirmait-il avec une grande conviction nouvelle.

Il regardait alternativement Elizabeth et les caisses en acquiesçant légèrement, plusieurs fois tout en réfléchissant à ce que cette découverte impliquerait pour la suite. Il y aurait beaucoup à penser, à réglementer pour de telles armes, il ne pourrait prendre le risque qu'elles soient retournées contre le groupe de l'intérieur, qu'il y ai un accident ou encore la façon dont ils pourraient les utiliser en cas d'attaque et ce n'était pas le seul point en ce sens. Mais c'était s'emballer un peu trop, ils devaient déjà les ramener à bon port et sa beauté d'ébène ne tardait pas à le lui rappeler, aussi vint-il se frotter le front quelque peu suant en soufflant, renouvelant l'air dans ses poumons, avant d'opiner du chef et reprendre d'un ton plus sérieux au contentement mis de coté.

« Ok, on va s'organiser. On va déjà faire de la place dans nos sacs en y mettant de l'ordre, je te donne les miens et tu fais ça, je vais aller récupérer ce qui reste à prendre dans le camion. » Il porta le regard à l'intérieur en étirant une grimace, n'étant pas franchement enjoué par contre de devoir y retourner étant donné l’atroce puanteur qui avait failli le faire vomir plusieurs fois déjà. Pourtant il restait concentré. « On ramasse tout ça vite-fait, les sacs dans le dos, une caisse chacun et on fonce à l'escalier de secours. Avec ce qu'il s'est passé tout à l'heure, les charognards doivent encore être sur les nerfs, on restera donc à l'abri du toit le temps que ça se calme, ça me laissera aussi du temps pour prendre des notes plus complètes sur les alentours. Dès que l'on a une ouverture, on part et on s'arrête pas jusqu'à être rentrés au camp, mais si jamais on se fait attaquer ou que ça tourne mal, il ne faudra pas hésiter à lâcher ces caisses, ça ne vaut pas le coup de mourir pour ces armes, quand bien même elles sont précieuses. »

Tout était dit dans l'absolu, ils savaient ce qu'ils devaient faire et plus vite ce serait fait, mieux ils se porteraient, d'autant plus qu'au-dehors, des bruits étranges et pour l'instant assez lointains se faisaient entendre, mais autant partir du principe que cela annonçait du mauvais. James ne s'attarda qu'un instant sur l'origine extérieure du bruit puis posa son bouclier contre le camion, avant de retirer son grand sac à dos qu'il ouvrit et posa à coté d'Elizabeth. Dans son dos, le retrait de ce sac imposant dévoilait un autre sac, de petite taille, qui s'était retrouvé écrasé sous son confrère. Il avait pu porter les deux sachant que le petit était vide, il ne gênait pas et le gilet tactique facilitait l'ajustement des quatre bretelles sur ses épaules à la fois. Ce second sac posé près de sa compagne également pour servir de conteneur, il se redressa et retourna dans le camion, une main sur son bas-visage servant de la même manière que plus tôt à le protéger passablement de l'immondice qui y regorgeait, moyennant de bloquer temporairement sa respiration.

Sortir le poste-radio de son compartiment ne fut pas chose aisé, étant donné que la carcasse avait plié par endroits suite à l'accident, il dut abandonner sa maigre protection contre la pestilence et les efforts combinés à cela lui arrachèrent une très amère toux. Il finit par réussir, bien heureusement et récupéra ensuite le phare dans sa boite, typique du capitalisme disparu, gorgée d'informations et de phrases d'accroche pour attirer l'attention du client, ici il n'y avait pas de client, davantage un récupérateur pour ne pas parler de pillage. Il rapporta tout ça à Elizabeth pour qu'elle puisse les mettre sous sac et finit par prendre à bout de bras la caisse de munitions mêlant flèches et carreaux, l'apportant près des sacs et en y extirpant le contenu qu'il aida à mettre dans un des sacs finalement. En dépit de leurs efforts, ranger tout ça relevait du casse-tête et quelques compromis permirent au couple de finalement trouver une solution, qui impliquait donc d'abandonner comme imaginé l'antenne de réception et la caméra.

Ainsi non-content de porter son bouclier déjà, James aurait à porter une caisse de lance-roquette de plusieurs kilos mais aussi le phare, dont il récupéra les câbles pour les passer façon système D dans les dernières attaches de son gilet, s'encombrant complètement, avec tout ça et ses sacs pleins où étaient entreposés le stock de munitions, la ration périmée, ses poings américains et dans le petit, le poste-radio avait prit toute la place, il incarnait une vraie mule. C'est dans ces jours-là qu'il se félicitait d'avoir mit son entraînement physique parmi ses priorités, car il n'aurait jamais pu porter tout ça deux mois avant et même là, si un rôdeur lui tombait dessus au détour d'un immeuble ou d'une voiture, il serait incapable de se défendre ni d'avoir une vue idéale. Nul doute, ils n'auront pas le choix que de saisir le meilleur moment pour bouger et ce, en comptant l'un sur l'autre et avec toutes les précautions imaginables. Il y avait une faute au tableau : James était venu trop équipé pour une exploration-récupération, cela se révélait clairement une erreur et c'est l'une des premières choses qu'il comptait gommer dans son futur campement, parmi toutes les idées d'organisation et de fonctionnement qu'il avait en tête. Il dut tout de même confier au sac d'Elizabeth son pistolet Heckler & Koch VP70 et sa boussole, rien qui ne prenne beaucoup la place mais il était plein à craquer.

Le phare sur le buste approximativement attaché, le bouclier à un bras, l'autre prenant la caisse à l'épaule et dans le dos, deux sacs pleins qui ne tenaient que sur une bretelle, on ne pouvait pas faire pire en matière de surcharge physique et d'insécurité inévitablement liée. Sa douce elle avait à porter son petit sac à dos plein à ras-bord, son fusil FN FNC et une caisse de lance-roquette, ce qui était déjà beaucoup pour elle, pour les mêmes raisons comptant la différence de constitution d'elle à lui. Les voilà donc qui filèrent vers l'extérieur, s'orientant chacun vers un coté dans la manœuvre pour scruter les alentours et James put constater à son tour les silhouettes qui erraient plus au loin dans la rue et dans les magasins, il y en avait un peu partout et pour le coup, on pouvait mettre sur le dos de la chance de ne pas être tombé sur un groupe supplémentaire dans le supermarché. Il suivit rapidement Elizabeth vers l'escalier en ajustant la caisse qui l'obligeait à pencher la tête sur sa gauche, très désagréable pour l'équilibre, sans compter le barouf que tout son équipement générait. L'escalier vibrait sous leurs pas et il était loin d'être très stable, ce qui força le duo à s'arrêter à plusieurs reprises, surtout le barbu qui n'avait pas l'agilité de sa compagne malgré sa force, pour ne pas faire tomber leur caisse ou pire encore.

Finalement, ils arrivèrent au large toit qui englobait le bâtiment et sur lequel il n'y avait pas de mort, ce qui avait de quoi soulager le couple de ne pas devoir se battre en hauteur, James avait horreur de cela. Vu le bâtiment sur lequel ils étaient allés se percher, il n'y avait aucun doute : une telle chute les réduiraient en bouillie et on retrouverait des morceaux d'eux jusqu'à la rue voisine, de quoi coller le vertige à un vétéran. Pour autant, ils étaient à l'abri moyennant de surveiller discrètement l'escalier de secours et la trappe qui donnait sur l'intérieur du bâtiment. Tous deux déposèrent les caisses de l'autre coté du toit par rapport aux escaliers et leurs sacs - ainsi que le bouclier pour James - par la même occasion, de quoi les libérer d'un fardeau qui allait largement creuser sous peu sur leur forme et leur volonté pour le voyage de retour au camp. Le chirurgien retrouva une certaine légèreté bienvenue et ne perdit pas de temps à récupérer son monoculaire dans son grand sac, puis à faire le tour du toit qui faisait partie des plus hauts du quartier en observant jusqu'au plus loin possible ce qui définissait ce dernier.

Des commerces, beaucoup de maisons et de petits bâtiments constitués d'appartement, le supermarché sur lequel ils étaient et il remarquait une croix autrefois lumineuse indiquant une pharmacie ou une petite clinique privée, il ne pouvait dire à cette distance ce que cela pouvait être, mais puisque le Codgell Hospital n'était pas loin, pas de chance qu'il y en ai un autre aussi. Ce qui se voyait très bien en revanche, c'était les mouvements de foule des rôdeurs qui se déplaçaient à rythme variable dans le coin, particulièrement un grand groupe, soit une horde, qui semblait bouger plus vite et venait depuis le nord dans leur direction, ce qui incita James à montrer ce phénomène à Elizabeth, convenant tous deux de rester un moment sur le toit le temps que ça se calme.

Ses repères pris, puisqu'ils avaient trouvé de quoi noter, il ne restait plus qu'à attendre que les environs soient plus dégagés, pour ramasser tout cela et entamer une longue marche de retour parsemée de détours, de petites foulées, voir de sprints d'urgence et de râlements de la part de James qui ne serait pas le plus à l'aise à cet exercice, c'était peu dire. C'est épuisés qu'ils arriveront au camp après avoir fait un détour par la plaine, courant de la soirée, pour constater qu'il n'y avait pas grand monde sur place. En tout cas, ça aura été leur première observation jusqu'à voir Jena, Adam et Cassandra revenir en trombe avec une Ivy gravement blessée et un Kyle en mauvais état. Pour le coup, ils pourront dire en avoir fait plus en ce seul jour du vingt cinq Mars qu'ils avaient pu en faire en une semaine.


Fin du Jeu.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 24 Aoû - 0:14


Excursion Validée

Récompense(s) :

James et Elizabeth ont trouvé : un Phare d'extérieur, deux M136 AT-4 CS, un Poste-radio, un Stock de flèche et carreaux en bois & une Ration de nourriture périmée.

Conséquence(s) :

James & Elizabeth ont gagné 5 points de moral chacun.

Vous avez consommé : /



Les Scénaristes
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