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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Spécial - ???] Une proie de plus pour le tombeau - 06/04/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Dim 21 Aoû - 20:34







Une proie de plus pour le tombeau
Interprété par Angela Lawson.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 21 Aoû - 20:34
Tu dormais, inconsciente, en proie à un néant fait d'ombres invisibles et de vide infini. Tes derniers instants avaient fait résonner la gifle qui t'avais été infligée, sans savoir que le coup avait été trop fort pour ton corps trop fragile à ce moment, tu échappais momentanément à ton calvaire dont tu ne pouvais savoir jusqu'où il pousserait la torture et le vice, et quand il prendrait fin... s'il prendrait fin. T'effondrant sur un sol boisé, c'est un tout autre toucher qui t'attendra à ton réveil. Car tu t'éveilleras à nouveau, très durement et laborieusement, pour découvrir autour de toi un voile ténébreux que tu pourrais alors savoir, n'est pas le fait de tes yeux ou de ton imagination, car l'endroit où tu te trouves n'est atteint de presque aucune lumière.

Affalée sur le côté, tu prendras conscience de tes jambes, collées l'une à l'autre par la force de liens qui resserrent tes mollets l'un contre l'autre. Cette entrave subie ne sera pas la seule, car il en sera de même de tes mains, attachées dans ton dos par tes poignets, avec une telle brutalité qu'un simple mouvement te fera prendre conscience d'à quel point ta peau est compressée par la corde, qui te fait un mal de chien. Liens des poignets et des mollets sont reliés également avec trop peu de longueur pour te permettre d'étendre ton corps, tu le perçois, tout comme une boule de tissu qui obstrue ta bouche sans laisser le moindre interstice, poussant même sur tes lèvres et venant rejoindre une attache qui plaque ta chevelure sur ta tête.

Te voilà à nouveau attachée, retour au point de départ, mais dans un décor bien pire encore. Tes premières pensées iront à la souffrance infligée par ces odieux liens plus cruels que la première fois, mais aussi la douleur de ta pommette sur laquelle, tu ne le vois pas mais le ressent, trône un bleu qui a maintenant une teinte violacée. Le sol sur lequel tu te retrouves est pierreux, humide, poussiéreux, crasseux et irrégulier. Dire qu'être allongée dessus est désagréable s'en trouve être un euphémisme, tant c'est détestable et propice à accroître ton inévitable mal être du moment.

Une odeur nauséabonde domine pleinement l'endroit, un mélange de senteurs de cadavres et de renfermé, de moisi, une véritable affliction à respirer. Lorsque tu parviendras à bouger, quand la force, l'irritation de ce sol déplaisant ou peut-être la panique viendront semer les graines de l'effort à contrecœur afin de te retourner, tu pourras distinguer d'où provient cette faible luminosité : une arche, grande et dénuée de toute porte pour isoler cette pièce dont tu ne vois presque rien, donne sur un étroit couloir seulement occupé par un escalier. Des hauteurs de cet escalier provient la lumière, qui ricoche et éclaire bien trop peu ce qui te sert de mausolée, tombe, cache, cave, ou quoi que cela puisse te sembler être.

Il n'y a rien, ni présence ni autre accès, pas un signe de Benny ton agresseur, tu sembles profondément seule. L'arche représentait la seule et faible source de lumière, si bien qu'aux alentours de ton propre corps, tu ne distingues quasiment rien qu'une affreuse épaisseur de poussière sur le sol. Quels nouveaux tourments pouvaient donc t'attendre dans ce lieu plus inquiétant et bien plus effrayant que le précédent ? Pourrais-tu seulement espérer être libre de tes mouvements et de ta vie ou avais-tu été envoyée en enfer où ton jugement s'apprêtait à être rendu ?

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Lun 22 Aoû - 19:18
Angela s'extirpait lentement de cette profonde léthargie qui avait très bien pu durer une seule et unique seconde, ou bien une interminable éternité. Sa conscience nageait en eaux troubles, des eaux  bien trop profondes et bien trop traîtres pour son esprit qui semblait être pris au dépourvu face à n'importe quelle situation, un esprit qui aurait pu être neuf, mais qui était, surtout, maladroit, inexpérimenté. Elle se rappelait avec certaines difficultés les derniers événements de sa seconde vie, mais aussi de sa première, contrairement aux souvenirs bien plus anciens comme ceux de ses origines ou encore de son identité. Elle avait mis quelques instants avant d'être sûre de son nom, et même si cela avait pris moins d'une simple seconde, le fait qu'elle se soit posée cette question, qu'elle ait hésité, qu'elle ait douté d'elle même, était, en soi, quelque chose de particulièrement effrayant.

Elle retrouvait progressivement l'usage de ses différents sens alors que sons esprit tentait de sortir de cet éternel endolorissement. Elle ressentait une certaine douleur à la joue, à l'endroit où elle avait pris un coup, ça, elle s'en souvenait très bien, elle n'oublierait pas le visage de cet homme qui l'avait frappé, elle ne laisserait jamais s'éteindre cette haine qui fulminait en elle. Aussi forte était cette haine, elle commençait à se faire surpasser par la peur. Angela savait que la douleur qu'elle subissait au niveau de sa joue venait du coup donné par cet homme, mais elle paniquait en sentant quelque chose d'autre sur son autre joue.

Un contact rude avec ce qui semblait être de la pierre, un sol inégal et rugueux qui égratignait l'autre côté de son visage. Mais elle ne restait pas bien longtemps à s’apitoyer sur le sort de son visage et encore moins de son apparence, surtout lorsqu'elle sentit la morsure des liens qui la retenait prisonnière. Des liens qui n'avaient pas pour but d'être sectionnés, bien au contraire. La personne qui l'avait attachée ici n'avait aucune intention de la libérer, que ce soit maintenant, ou prochainement. Elle ressentait la force dans ses liens, la position de ses poignets et de ses pieds liés dans son dos l'empêchait de faire le moindre mouvement sans serrer la mâchoire de douleur face à ces liens qui entaillaient sa peau.

Elle inspira légèrement par le nez quand elle senti cette odeur infâme, l'odeur d'un cercueil occupé depuis bien des années, l'odeur de ce qui était censé être son ultime demeure, son tombeau. L'odeur que laissait la Faucheuse derrière elle soulevait le cœur d'Angela, la forçant à ouvrir la bouche pour ne plus avoir à subir cette profonde envie de mélanger sa bile à la poussière qui jonchait ce sol imparfait. Mais alors qu'elle essayait de respirer, elle fut surprise par cette autre entrave, un chiffon, ou bien quelque chose de fort ressemblant obstruait sa bouche, l'empêchait de remplir ses poumons de l'air qui se trouvait dans cette pièce, aussi infâme était-il.

Angela commençait à céder à la panique alors qu'elle commençait à manquer d'air en refusant d'inspirer par le nez pour ne pas avoir à subir cette agression olfactive, elle se tortillait du peu qu'elle pouvait alors que ses liens entaillaient plus profondément sa chair, alors qu'elle sentait ses quatre membres liés entre eux, l'empêchant de se mouvoir comme elle le désirait. La panique s'emparait d'elle, elle qui auparavant pouvait conserver son calme dans des situations tout aussi périlleuses, voire plus si l'on restait objectif. Mais elle ne pouvait penser à rien d'autre qu'à l'instant présent, qu'à ce moment où elle parviendrait à se libérer de ses entraves, au moment où elle pourrait enfin respirer un air pur et sain tout en pouvait prendre la fuite à toutes jambes.

Au prix d'intenses efforts, et d'une grande montée d'adrénaline, elle s'était retournée, l'arrière de son crâne touchait ce sol inégal et crasseux, tout comme ses épaules et le haut de son dos. Elle sentait cette poussière grasse imprégner ses cheveux alors ses bras restaient collés au sol, ses avants-bras tendaient vers le bas de son dos qui, se détachait du sol. En effet, ses mains et pieds liés ne lui permettaient pas de s'allonger convenablement sur toute la longueur de son dos. Les bas de ses tibias venaient à entrer en contact avec le sol, tout comme le haut de ses pieds. Tout son être semblait entravé ici bas alors qu'elle découvrit une faible lueur émanant de ce qu'il semblait être un escalier. Peut-être trouverait-elle un semblant d'espoir dans cette enfer terrestre ?

Elle manquait d'air, le bâillon dans sa bouche l'obligea à respirer par le nez. Elle eut un haut le cœur, alors que sa bouche s'ouvrit par réflexe, comme si elle était obligée de déverser le contenu de son estomac sur le sol, mais il n'en était rien. Ce n'était qu'une des nombreuses réactions qu'elle pouvait avoir face au dégoût qui l'envahissait. Cette odeur de mort qui enivrait la pièce, mais aussi ses narines alors qu'elle venait de respirer à nouveau. Cette scène était surréaliste, inimaginable, et elle aurait souhaité revivre ses derniers instants d'agonie avant de mourir une dizaine de fois plutôt que subir une seule et unique fois ce qu'elle subissait et subirait aujourd'hui, dans ce tombeau qui avait pour but d'être le sien.

Elle savait ce qu'il allait se passer, ses tortionnaires allaient venir pour se venger de ce qu'elle avait fait, de cette marque de résistance, aussi infime était-elle. Angela n'avait aucune envie que cela arrive, elle allait sortir de là et s'enfuir le plus loin possible pour survivre comme elle l'avait fait pendant tout ce temps, en toute solitude. Elle paniquait, mais une seule pensée subsistait, elle devait sortir d'ici, et le plus vite possible. La panique et l'adrénaline la faisait respirer bien plus rapidement, elle sentait encore et toujours cette odeur nauséabonde, mais elle avait besoin d'air, et de plus en plus d'air car les battements de son cœur s'étaient grandement accélérés, frappant sa poitrine avec ardeur. Elle était une survivante, elle était restée tout ce temps en vie, toute seule. Elle n'allait pas mourir encore une fois, et certainement pas juste après s'être réveillée.

Angela était une femme fière, elle avait de la volonté, et rester allongée plus bas que terre, attachée comme un animal que l'on souhaiterait lâcher pour une battue n'était en aucun cas une chose qu'elle accepterait. Peu importait la douleur, son mal-être ou encore ses craintes, si elle avait encore une once de souplesse, elle se cambrerait du mieux qu'elle le pouvait, abaissant sa tête jusqu'à ce que le sommet de son crâne soit en contact avec ce sol couvert de poussière, rabattant ses jambes pour que ses talons touchent ses fesses et que ses genoux touchent le sol. Si jamais elle y arrivait, elle tenterait de défaire les liens qui entravent ses pieds.

Soulstrange

Anonymous
Invité
Sam 27 Aoû - 0:57
Angela découvrait l'escalier, la lueur dans la pénombre, fine lumière timide et apeurée face aux ténèbres, l'odeur pestilentielle et le sable noir qui recouvrait le sol à différents endroits, cendres à l’origine inconnue mais inquiétante. Ses liens la faisaient souffrir et elle tenta de s'en défaire, mais bien vite, elle constatait que sa souplesse, toute relative, voir inexistante du fait de ses muscles engourdis et tendus au-delà de la sensation de rudesse - comme si son corps avait retrouvé une condition tout sauf sportive, l'en empêchait autant que les liens eux-même noués avec expertise et force. Elle ne parvint pas à se défaire et s'étala de nouveau sur le sol pierreux, contrainte de comprendre, quand bien même elle retenterait l'expérience, que tout espoir de se défaire était vain dans l'absolu.

Les minutes passèrent, silencieuses, se moquant de la jeune femme solitaire contre qui un destin déjà très sournois s'acharnait d'autant plus et quelque part, il semblait lui promettre que rien ne s'arrangerait. Pouvait-on tomber plus bas encore ? Sûrement, mais difficile d'imaginer ce qui pourrait être pire que tout ce qu'elle avait déjà vécu et tout ce qu'elle semblait vivre maintenant, elle qui aurait du être morte et à défaut d'être enterrée, peut-être errante en cadavre ambulant. Rien de tout cela pour elle à première vue, mais si c'était le cas ? Si elle était bien morte ce jour-là et se retrouvait dans un autre monde tandis que son corps ne lui appartenait plus ? Qu'était-ce donc que cette chair qui l'emprisonnait alors ? N'avait-elle pas droit à la lévitation et à la transparence comme tout esprit défait de la terre ?

Au bout de ces quelques minutes, un bruit strident survint, métallique et grinçant avec abus, à la manière d'une porte loin d'être de première vie elle aussi, que l'on ouvrait, ou bien que l'on fermait, impossible à dire. Il y eut un nouveau silence ponctué par un indescriptible bruit de fond qu'Angela ne pouvait identifier, faible et étrange, mais dans ce caveau aux murs pleins de résonances, perceptible. Puis, il y eut un lourd et intense bruit bien différent : celui d'une botte, qui venait de prendre appui sèchement sur la première marche de l'escalier à l'étage, ce son encore plus particulier se répercutait à travers les escaliers, le couloir et au-delà. Il y avait quelqu'un qui approchait et ce quelqu'un n'était pas seul.

La silhouette tirait quelque chose dans son dos. Cette chose, un corps, relié à une corde qui liait ses mollets l'un à l'autre et remontait à ses poignets, placés dans son dos, pour les lier également de la même façon qu'Angela - bien qu'elle ne pouvait encore le voir, comme du bétail ramené d'une chasse fructueuse. De l'autre coté, la corde s'étendait dans le vide, jusqu'à la main gantée de la silhouette, qui tirait donc le corps inanimé qu'elle détenait. D'un nouvel écho à un autre, la silhouette descendit les marches, une à une, lentement, traînant ce corps qui en atteignant les escaliers à son tour, les affrontait au lieu de les épouser, surplombant l'écho par des bruits beaucoup plus lourds encore et décousus, ceux de son dos, ses épaules, sa tête et ses mains liées cognant chaque marche une partie après l'autre.

Angela pouvait le sentir, le voir, l'entendre, ainsi coupée de tout autre son, de toute autre image que la lumière provenant d'un étage qu'elle ne connaissait pas, de ces escaliers lointains. La silhouette était grande, imposante, couverte d'une épaisse et longue veste de cuir brun qui en cachait ses pieds de profil, son col plus épais encore d'une fourrure grisâtre. Son crâne, son visage, étaient imperceptibles, car ni cheveux ni peau ne s'observait par la maigre lumière. Son visage semblait affreusement déformé, son crâne lisse comme le verre, ses pieds grands et toujours plus épais, mais c'était là des bottes plus massives que de vulgaires rangers, aussi brunes que son accoutrement.

Quand il descendit les dernières marches de face, l'on aurait cru voir le visage d'un monstre, plus terrifiant que celui qu'un enfant croit percevoir la nuit dans le fond de sa chambre, frappé d'une imagination sans limite. La personne qu'il traînait, inconsciente ou morte, semblait masculine, grande de taille cependant Angela n'en voyait pas assez. Le monstre disparu dans le noir en s'approchant dangereusement de la jeune femme gisant au sol, mais ses pas étaient plus clairs, plus résonnants, plus inquiétants. Elle lâcha sa proie en chemin, laissant le corps affalé au sol à son tour, avant de finir par venir jusqu'au dessus d'Angela.

Celle-ci ne pouvait encore le décrire de près car la lumière ici n'était plus, seulement les ténèbres. Mais ses yeux sans lumière dessinaient sans peine la silhouette haute et corpulente, qui la fixait en silence, si bien qu'elle aurait pu la tuer par la peur si elle avait encore été une véritable enfant.

« Il est l'heure de ton jugement. Es-tu prête ? »

La voix qui s'était extirpée de la silhouette à l'allure inhumaine se faisait grave, très grave, étouffée et rocailleuse, résonnant d'un écho lourd et puissant dans la plus pure neutralité et froideur, comme si elle était... déformée par son inhumanité, ou autre chose de plus pénible. Quoi que ce soit, cet homme assurément, tout du moins dans l'idéologie de la chose, paraissait incarner le néant sous une forme démoniaque.

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Dim 28 Aoû - 21:09
Ce n'était qu'une vaine tentative de s'enfuir, de sortir de cet Enfer qui était le sien. Son corps avait perdu toute sa flexibilité, son agilité, il ne lui restait qu'un corps totalement raide alors que son esprit semblait lui aussi endolori. Ses souvenirs les plus anciens s'en étaient allés, ne laissant dans sa mémoire que les images et les pensées les plus fraîches. Elle avait basculé sur son flanc droit, sa volonté, qui était, autrefois de fer, s'était vue brisée en éclats. Elle ne pourrait se défaire de ses liens, tout comme la dernière fois, et cette fois, personne ne l'aiderait. Elle en était convaincue. Le simple fait de penser que son destin était déjà tracé, et que la suite de son existence connaîtrait la même finalité que n'importe qu'elle tragédie grecque la faisait haïr ce qu'elle était devenue. Une faible. De part son corps qui avait tout perdu, sa force, son agilité, sa robustesse, son endurance... Mais aussi son esprit, qui se faisait malmener aussi aisément, sa volonté qui se voyait brisée en mille éclats alors qu'elle ne savait pas encore ce que lui réservait l'avenir, même si elle s'en doutait bien assez pour savoir qu'elle aurait mille fois préférait partir se perdre en pleine forêt plutôt que de rester à la merci de ces hommes.

Une simple gifle l'avait couchée à terre, une simple corde avait détruit tout esprit de combativité chez elle. Elle ne se reconnaissait plus, comment pouvait-elle être aussi effrayée et aussi faible par des choses aussi futiles ? Alors qu'elle en avait combattu des biens pires par le passé ? Son regard fixait la faible lueur qui empêchait le cœur d'Angela de sombrer dans les plus profondes ténèbres. Puis vint enfin ce moment qu'elle attendait tant, quelque chose, peu importait quoi ou qui, elle n'était pas condamnée à rester moisir ici, à mourir de faim ou de soif. Mais était-ce réellement mieux que ce qu'il l'attendait ? Est-ce qu'elle préférait réellement voir quelqu'un d'autre en cet instant ?

Peut-être, peut-être pas. Cependant, une chose restait certaine, elle venait d'entendre quelque chose, et ce son strident, métallique. Quelqu'un venait à elle, elle en était certaine. Les battements de son cœur s’intensifiaient, sa respiration devenait de plus en plus rapide malgré l'atrocité de l'air ambiant, elle paniquait. Elle était effrayée parce qu'en cet instant, elle ne pouvait rien faire pour elle, pour sa vie, pour quoi que ce soit d'ailleurs. Puis un autre son bien moins reconnaissable venait se faire entendre, assez faible, mais assez bruyant pour laisser croître les craintes de la jeune femme. Mais cette panique ne cessait de s’accroître, surtout lorsqu'elle entendit le bruit d'un pas sur l'une des marches de cet escalier qu'elle fixait anxieusement.

Ces bruits de pas résonnaient dans ce tombeau avec ardeur, tout comme dans l'esprit d'Angela. Le son de ces pas brisait le silence de ce monde tout en harcelant la conscience de la jeune femme. Elle était totalement paniquée, elle aurait pu mourir de terreur en cet instant, mais étrangement, elle en pleurait pas comme précédemment, ses yeux restaient grands ouverts, fixant la faible lueur, attendant patiemment de voir ce qu'il en sortait. Ce n'était pas un soulagement de voir cette silhouette, elle qui pensait préférer n'importe qui d'autre à ses tortionnaires, elle regrettait presque Benny. Peut-être que cet homme n'avait rien dit, rien fait, l'aura qu'il dégageait venait d'instaurer le désespoir dans l'esprit d'Angela. Désespoir accru lorsqu'elle vit ce qu'il traînait par une corde, un homme inanimé.

Elle ne bougeait pas, fixant cet homme qui faisait naître en elle un profond malaise, en voyant sa tenue, elle avait instinctivement pensé à la tenue que portaient les inquisiteurs européens lors des grandes chasses aux sorcières. Et elle était celle qu'ils allaient jeter au milieu du lac pour vérifier si elle flottait bel et bien. L'Inquisiteur venait de finir sa descente aux enfers, il était arrivé au même niveau qu'Angela. Elle avait eu le loisir de l'observer bien plus attentivement, ne sachant point si son esprit malmené lui jouait un tour ou non alors qu'elle découvrait cet hideux visage qui ne ressemblait à rien d'humain. Cette horreur humaine arrivait à enlaidir l'Enfer lui-même.

L'Inquisiteur avait relâché cet homme qu'il traînait depuis le haut de l'escalier, un homme bien plus grand qu'Angela à première vue, même si elle n'arrivait pas à voir si c'était l'un de ses tortionnaires, et même si cela avait été le cas, cela n'aurait pas pu rassurer la pauvre jeune femme. Il s'était dangereusement approché d'elle, et bien qu'il ne représentait aucune menace dans l'immédiat, l'aura qu'il dégageait aurait très bien pu être une vision de la mort elle-même tant Angela se sentait oppressée en cet instant alors que les premiers mots de cet Inquisiteur vinrent à son esprit. Était-elle prête à être jugée ? Se trouvait-elle au Purgatoire ?

De part son antithéisme profond, elle aurait rejeté cette idée du seul trait, même si elle se rappelait de sa mort, de sa morsure, mais surtout, de son dernier cauchemar. Elle avait rejeté l'idée d'aller au paradis ou en enfer depuis de nombreuses années, mais depuis peu, elle reconsidérait la possibilité qu'elle venait de tomber au premier niveau des enfers. Alors que l'espoir la gagnait, elle se retrouvait prisonnière d'une situation bien pire encore, mais à présent, elle savait qu'elle n'avait plus aucune raison d'espérer. Elle était prête à accepter son jugement pour avoir causé la mort de tant de personnes, que ce soit ceux contre qui elle s'était défendue, ou bien les autres, qu'elle avait abandonné pour pouvoir vivre encore plus longtemps. C'était après une simple seconde de réflexion qu'elle baissa légèrement le regard, hochant lentement de la tête en signe d'accord.

Soulstrange

Anonymous
Invité
Dim 4 Sep - 14:22
La silhouette scruta Angela quelques instants, puis sa voix rocailleuse fit écho de nouveau.

« Oui... tu es prête. Tu ne crains pas le néant, tu lui tends les bras. » La silhouette se mouva sur la droite de la jeune femme et disparue dans l'ombre insidieuse, poursuivant sans que l'écho ne puisse permettre, tant il était virulent, de percevoir d'où venait la voix à présent.

« Peu d'hommes et de femmes dont le corps est encore vigoureux sont prêts à affronter la fin sans se débattre, la plupart s'indigneraient, supplieraient, pleureraient ou se mettraient en colère. Ainsi la vie s'exprime, par la plus pure émotion, sans influence ni édit sociétaire, une âme seulement face à elle-même et son destin prenant la forme d'un bourreau cruel et tout puissant.

Quand tombe le dernier jugement, l'on ne peut se cacher ni tromper. L'être de chair et de sang devenu simplement conscience est mis à nu, présenté devant ce qui n'a pas de forme, pour voir être choisi s'il devra transcender son existence, ou brûler pour l'éternité là où l'existence est broyée par des flammes ardentes. Quel qu’en soit la sentence, ce dernier jugement porte l'être vers une issue inévitable : la fin, soit la paix. »


De nouveau s'imposait le silence, durant lequel plus un pas ni une intonation ne venait la perturber. Un total silence, immortel, véritable, invariable. Nulle autre perception ne pouvait soulager cet être à l'apparence inhumaine davantage que la sagesse du silence, berçant de son ouverture à la méditation, soulageant son cœur et aplanissant le poids des émotions, des pensées et de la peine. Il appréciait le silence plus que tout autre chose, c'était un sanctuaire, un havre où toute l'agressivité du monde s'envolait et ne lui offrait qu'une douce et chaleureuse paix. Chacun de ces moments l'emplissait d'une pleine sérénité, et dans le silence pouvait être découvertes les raisons de sa haine de la société.

Une société gaspillant les sons et les mots, imbibée de prétention, d'égoïsme, de soif de pouvoir, d'argent, de domination individualiste, de sexe, d'autosatisfaction... une société morbide, trop bruyante et infiniment discordante. L'illustration du capitalisme amené à son paroxysme pour ne plus encastrer la vie humaine que dans un chaînage hiérarchique entre de riches autorités bafouant les lois qu'elles imposaient à des petites gens dont l'existence ne se résumait plus qu'à l'état de leurs comptes en banque, profitant de la moindre occasion de s'en libérer, de renflouer ces même comptes et satisfaire leurs extrêmes quand bien même les moyens pouvaient être criminels et les pratiques repoussantes. Il exécrait cette société, longtemps coeur de la perversion moderne, qui par la force du destin inévitable aujourd'hui n'était en fait plus rien. Juste des cendres, un souvenir encore vivace, mais un souvenir. Ainsi que Sodome et Gomorrhe, Babylone, Rome et Londres, la vérité avait tranché pour ne plus laisser que le silence dont il se délectait, en cet instant où il n'y avait plus de haine. Juste la paix.

« Accepter son destin sans se battre ni se débattre, ne peut être signe que d'une existence de misère, ou résignée. Quelle est donc ta vérité ? Celle d'une chose qui n'a aucune foi en son existence ? Ou bien serais-tu cette chose qui a commis l'impardonnable et se sait condamnée d'avance, fataliste à ses pêchés. Quelle pensée inciterait un animal tel que toi à ne pas contester sa fin, à ne pas survivre ? Seule une âme de pureté, n'accepte pas son jugement. C'est pourquoi ton âme est souillée. »

L'écho disparu une fois de plus et les pas de ses bottes vinrent le remplacer, très vite proches, lourds et intenses à l'excès dans ce lieu néantique, puis sans crier gare, une poigne sévère saisit la corde reliant les poignets et les chevilles emprisonnés d'Angela, la redressant de force de quelques dizaines de centimètres éprouvants. Tout type de pensée pouvait traverser l'esprit de la personne soumise à cet instant. La douleur, la violence, l'humiliation, le viol de toute intimité. Pourtant rien de tout cela ne fut, au contraire, la corde céda brutalement et la jeune femme retomba durement au sol, le tiraillement de cette corde joignant ses liens disparaissant en un instant, car la corde venait d'être coupée. Ses poignets et ses chevilles étaient toujours liés, mais le tout n'était plus relié.

Angela n'eut guère le temps charitable d'encaisser le choc cumulé à ses autres maux d'être retombée aussi sèchement au sol, qu'elle sentit sa tête saisie à l'arrière sans aucun état d'âme ni douceur, ou plus particulièrement le tissu qui lui oppressait les tympans et gardait de force sa bouche obstruée. En quelques instants, l'oppression s'atténua et cette emprise fut cassée à son tour, le tissu défait retomba devant elle à même le sol et elle pouvait d'un mouvement de mâchoire se défaire de cette épaisse boule engouffrée entre ses lèvres. Elle était libérée de la moitié quantifiable de ses entraves, un adoucissement inespéré de sa souffrance, qui à présent lui offrait le don de la parole et de pouvoir bouger ne serait-ce qu'approximativement. Ses cheveux s'étaient humidifiés là où le tissu les avaient écrasé, de par la chaleur et sa peau suante.

« Parle. Dis-moi pourquoi ton âme est impure. » Avait repris la voix étouffée, grave et inhumaine, si proche que la jeune femme pourrait presque percevoir le souffle bruyant et inquiétant qui échappait de ses lèvres éventuelles, qui sait comment était vraiment fait ce monstre.

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Mar 6 Sep - 17:33
Cette chose, ou cet homme qu'Angela nommait l'Inquisiteur s'était remise à parler, de sa voix grave et rocailleuse. Cette voix pouvait sans aucun problème devenir celle de la fatalité de la mort elle-même, aucun son ne perturbait son discours, sa voix se répercutait contre les murs de ce tombeau qui serait peut-être celui d'Angela. Affrontait-elle réellement la fin ? Sa fin ? Encore une fois ? Elle qui était morte dans le coffre de ce voiture, sentant sa vie s'extirper lentement à chaque expiration qu'elle faisait dans une chaleur suffocante d'un mois d'été. Elle avait la certitude d'être morte là-bas. La douleur de sa cheville, celle de la morsure, son sang qui coulait hors de son corps, la fièvre qui grimpait bien plus vite que la température de son cercueil automobile... Tant de souvenirs désagréables qui faisaient d'elle ce qu'elle était aujourd'hui, une femme morte.

Elle était morte, et elle vivait son jugement, et à en voir ce qu'il s'était passé lorsqu'elle était pendue à cette poutre, il y avait de grandes chances pour qu'elle se retrouve sous terre, noyée dans la chaleur des enfers. Y croyait-elle vraiment ? Son antithéisme, aussi profondément ancré, ne pouvait lutter face à ce qu'elle avait vu et ce qu'elle avait senti. Ce cauchemar, cette morsure disparue, cet Inquisiteur... Elle doutait de tout ce qu'elle connaissait, de toute logique qu'elle aurait défendue en temps normal, à présent, elle ne savait plus rien, doutait de tout, de la fin comme du début. Et elle était à la fin, voire même, de ce qu'il y avait après.

Elle avait affronté la mort, elle était prête à affronter ce qu'elle devait. Que ce soit le jugement du Purgatoire, ou bien la punition des cieux. Son âme allait-elle disparaître dans l'infini néant des limbes, brûler dans les plus ardentes flammes des enfers, ou bien trouver la pénitence dans ce qu’elle serait tentée d'appeler le Paradis ? Mais elle doutait, elle ne pouvait pas s'en empêcher... Son âme avait-elle réellement quitté son corps ? Attendait-elle réellement le jugement du Purgatoire ? Lorsque l'on meurt, ne devrait-on pas ne plus rien sentir ? Plus de douleur, plus de peine, plus de haine ? Dans ce cas, pourquoi Angela souffrait tant physiquement ?

La jeune femme n'éprouvait plus de peur, mais un intense doute sur ce qui allait lui arriver, sur ce qu'il lui était arrivé auparavant. Mais l'Inquisiteur avait continué de parler alors qu'Angela peinait a respirer cet air si suffocant. Il lisait en Angela comme dans un livre ouvert, il avait eu juste, tout juste du premier coup. S'il savait tout cela sans aucune difficulté, la jeune femme ne pouvait pas se permettre de lui mentir, ni de lui cacher quoi que ce soit. Elle n'avait même pas pensé à à éviter sa question, ni-même à lui mentir, elle attendait juste qu'il termine son discours, ou bien qu'il fasse quelque chose, peu importait quoi d'ailleurs.

L'Inquisiteur s'était rapproché de la jeune femme, bien trop rapidement pour qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit, bien qu'elle en aurait sans doute incapable. Puis vint ce moment où Angela se perdit dans la terreur, celle que ce monstre ne soit pas issu de l'autre-monde, mais bel et bien du sien, et qu'il ne veuille pas juger la jeune femme, mais plutôt se défouler sur Angela, tout comme l'aurait fait l'autre homme, qui était, avec un peu de chance, mort à l'heure actuelle. Mais elle ne disait rien, ne bougeait pas, elle attendait, tétanisée alors qu'elle sentait la main de l'Inquisiteur venir chercher les liens qui retenaient ses bras et ses jambes.

Cette main qu'elle ne pouvait voir, hors de son champ de vision et plongée dans l'obscurité de cette tombe l'avait soulevée sans la moindre difficulté à une dizaine de centimètres du sol, elle était restée en l'air une simple et unique seconde, pour finalement sentir son corps tomber et heurter le sol sans aucun ménagement. Une légère plainte resta coincée dans sa gorge. Elle n'avait pas le temps de se rendre compte qu'elle était partiellement libérée de ses entraves quand elle senti sa tête se faire tirer vers l'arrière sans le moindre ménagement.

En faisant bien attention, c'était le tissu qui obstruait sa bouche qui était tiré en arrière, Angela n'avait pas eu le temps de paniquer que cette entrave lui était enlevée. Alors qu'elle reposait sa tête contre ce sol gras et poussiéreux, elle cracha le morceau de tissu qui était resté dans sa bouche avant de prendre une grande inspiration. Elle gonflait ses poumons d'oxygène alors que l'Inquisiteur s'était rapproché d'elle, il était proche, bien trop proche. Il aurait sans aucun doute toucher Angela avec sa tête d'un seul mouvement. Mais sa question empli Angela d'une grande inquiétude. Son âme était souillée, et ce qu'elle avait fait pour ça était sans aucun doute quelque chose qui l'enverrait en enfer s'il y en avait bel et bien un. Mais la jeune femme avait le sentiment qu'il savait déjà tout, et que lui cacher quelque chose empirerait la situation. Peut-être avait-elle peur, peut-être qu'elle ne comprenait strictement rien du tout de ce monde, mais elle ouvrit sa bouche et laissa les mots fuser sans aucune retenue, sans aucun calcul préalable, les mots vinrent directement trouver l'oreille de ce monstre humanisé.

 « J'ai tué deux hommes en les brûlant vifs. »

Soulstrange

Anonymous
Invité
Ven 9 Sep - 16:52
Un pesant silence s'installait après qu'Angela eut entendu les mots fatidiques, qui résonnèrent à ses propres oreilles par l'écho rebondissant de cette pièce caverneuse. Elle n'aurait pu dire si le démon difforme était resté proche d'elle ou s'il s'était déplacé avec discrétion, ses sens plus incertains que jamais, semblaient lui faire défaut. Cependant elle finit par avoir un morceau de réponse après une longue minute d'inaction, quand les bottes recommencèrent à marteler le sol avec fracas, faisant le tour d'Angela car il ne s'était finalement pas éloigné, il vint s'arrêter près de son épaule droite. De sa posture, la jeune femme ne pouvait pas voir grand chose, le monstre y remédia : de sa botte qu'il posait lourdement sur cette épaule qu'il avait frôlé, il repoussa lentement mais sûrement Angela qui fut contrainte de se mettre sur le coté, puis de retomber sur le dos.

« Tu n'as pas tué ces hommes, tu les as purifiés, par le feu. Et tu l'as fait pour une bonne raison. » Se décidait-il à rétorquer.

« Ton âme est souillée par un souvenir de mort et de destruction, celui-ci doit être changé. La plupart des hommes voient dans le feu le chaos sous sa forme la plus pure, l'expression du mal absolu, le symbole du terrible enfer, et la promesse d'une insoutenable souffrance qui terrifie les pires des monstres. Pourtant les hommes aiment souffrir, c'est ainsi qu'ils se forgent, qu'ils se confrontent à eux-même et au monde qui les entourent pour exister, ils la recherchent.

Dans la souffrance ils évoluent. Sur le moment ils supplient le ciel de les sauver et ensuite clament avec fierté leur histoire, la récitent, comme une expérience qui les a changé afin de devenir meilleurs, plus forts. Au fond d'eux-même, ces maux passés deviennent quelque chose de bénéfique, qui marque leur esprit tel un cadeau inavoué. C'est pour cela que je t'ai invité dans mon repaire... »


Le bruit du cuir se pliant s'entendit, car la silhouette pliait les jambes pour s'accroupir, devant elle, pour ne plus être qu'à très faible distance de son visage. Dans le noir sa main se leva, paume vers ce jeune, tuméfié et crasseux visage. Il fit tourner sa main, lentement et sereinement, lui opposant son dos, avant de l'abaisser près des yeux de la jeune femme.

Et sans crier gare, dans la violence la plus pure, sa main s'embrasa d'un feu d'une chaleur infernale, anéantissant les ténèbres par sa naissance grandiose. Sa main brûlait, de ce feu venu de nulle part, venu pour s'imposer à ces yeux bleus de celle qui était attachée. Le feu semblait dévorer la main bien humaine malgré qu'elle soit abîmée de ce monstre, mais il n'y avait aucune odeur de brûler, seulement la chaleur du feu. Sa main, en proie à la peur originelle des premiers hommes sur terre, demeurait impassible et insensible, tout comme son maître.

Là elle pu voir ce qui déformait son visage : un masque à gaz, de splendide manufacture, couvrant un visage dont il ne dépassait que des yeux noirs des verres du masque, des yeux sans vie, le néant. Sur son crâne, un casque, digne des fantassins de la seconde guerre mondiale d'il y a une décennie, sur lequel se dessinait quelque chose qu'elle ne pouvait encore comprendre. Son souffle se répercutait aux parois de son masque, d'un écho intense et broyé. Sa veste était boutonnée et cachait l'en-dessous.

Mais il y avait pire que l'homme si près d'Angela. Il y avait la pièce que le feu éclairait quelque peu. Il y avait sur le sol, plus pourri qu'imaginé, des cendres, des tas de cendres, un peu partout, des crânes sans aucun doute humains noirs, calcinés, des os noirs, des os brûlés, cassés et sans la moindre trace de chair ou de cartilage. Des ossements trônaient dans ce repaire du diable, parmi les cendres.

« Bienvenue en enfer. » Dit l'homme au masque et à la voix grave et rocailleuse. « Là où tu évolueras, où vous évoluerez tous, pour devenir la légion du nouvel ordre sur terre. Celui qui fera brûler le monde pour le purifier. »

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Dim 25 Sep - 17:01
Elle avait ressenti une pointe d'amertume une seconde à peine après avoir prononcé ces mots, et si malgré la haine qu'elle avait éprouvé envers ces hommes qu'elle avait brûlé vif, elle éprouvait ne serait-ce de la peine, pour une de ses victimes, elle-même. Angela avait le sentiment d'avoir changé, d'avoir perdu, ou bien, gagné quelque chose. Avait-elle perdu son humanité, ou bien avait-elle, au contraire, gagné une volonté incomparable de survivre ? A tel point qu'elle aurait pu tuer ces hommes aussi simplement ? C'était sans contestation une excellente question sur laquelle Angela aurait tout le loisir de réfléchir si elle pouvait accéder au repos éternel, ou bien à n'importe quoi de plus reposant que de rester dans cet enfer. Elle n'avait pas pu voir ce monstre humanisé se mouvoir dans cette obscurité, mais elle avait senti sa botte contre son épaule, qui vint la plaquer sur le dos sans la moindre difficulté, sans qu'Angela n'y oppose la moindre résistance, que ce soit par manque de volonté, ou tout simplement parce qu'Angela était bien trop faible pour s'opposer à lui. Elle écoutait ces mots, elle les entendait, et c'était de là que l'image de l'Inquisition se renforça d'un trait. Purifier par le feu. Était-ce un illuminé, ou bien un messie ? Le monde était tombé dans l'anarchie la plus totale, un labyrinthe de folie et de chaos où personne, y compris Angela ne pouvait s'en sortir indemne.

Mais la folie n'avait pas uniquement corrompu ce monde, elle avait aussi infecté le cœur des hommes, tout comme le laissait entendre l'Inquisiteur dans son discours. Après tout, peut-être fallait-il être victime de la folie pour survivre dans ce monde plongé dans l'anarchie la plus totale, où seule la règle du plus fort était effective. Mais ses mots et leur sens restaient incompréhensibles pour la jeune femme, ou du moins, peut-être qu'elle ne souhaitait pas comprendre le sens de son discours qui restait malgré tout, très clair. Malgré la fatigue physique et psychologique, elle était tout à fait capable d'entendre ces mots, de les clarifier pour que son esprit leur donne le sens qu'ils devaient avoir. Malheureusement, ou heureusement d'ailleurs, une partie de son être se refusait à comprendre l’innommable, l'incitait à rester dans cette confusion qui, à première vue, lui semblait bien plus confortable que la compréhension de cet être qui l'effrayait bien plus à chaque seconde qu'elle passait en sa compagnie.

Étrangement, elle n'éprouvait qu'une croissante terreur vis à vis de cet Inquisiteur, pas de colère, de rancune, de haine ou encore de mépris, uniquement de la peur. Effrayée par le discours qu'il tenait à Angela, mais surtout par le fait qu'elle avait l'impression qu'il la glorifiait pour avoir immolé vivant deux hommes. Elle était effrayée de voir à quel point l'homme avait pu tomber dans une telle déchéance. Ils ne se battaient plus pour leur survie, mais par pur plaisir, par pur sadisme. Elle entendit un léger mouvement, comme si l'Inquisiteur s'abaissait vers Angela, l'obscurité cachait à ses yeux tout ce qu'aurait pu faire ce monstre, mais l’obscurité se fit avaler en un instant par ce qu'il semblait être une flamme.

Elle avait eu un léger mouvement de recul avant de s'apercevoir que ce feu n'allait pas l'immoler. Les battements de son cœur s'étaient grandement accélérés, elle qui était sous tension depuis son réveil, elle ne pouvait retenir son cœur de faire vibrer tout son corps entier sous la peur et la surprise  qui l'assaillaient. Les ténèbres s'atténuaient, et elle pouvait enfin voir le visage de l'Inquisiteur, un visage qui était intégralement couvert par un masque à gaz, mais le regard d'Angela se détourna rapidement du masque pour observer cette flamme qui sortait de la main de cet homme. Son esprit ne chercha pas à comprendre ce qu'elle voyait, elle ne cherchait ni ne trouvait aucune raison à ce qu'elle voyait. Cette situation lui semblait si irréaliste qu'elle s'interrogeait sur la réalité de ce qu'elle voyait. Cela ne l'avait pas empêché d'avoir un autre mouvement de recul lorsque ses yeux se posèrent sur le sol. Des ossements, dévorés par les flammes, des crânes noircis de cendres, tout cela recouvrait le sol, ce n'était pas la tombe d'Angela, c'était la fosse commune.

Puis vint le moment où il laissa Angela entendre ces quelques mots. Elle se trouvait en enfer, mais un enfer bien réel car ils étaient apparemment encore vivants et sur terre. Elle n'avait plus aucun doute sur l'Inquisiteur, c'était bel et bien un illuminé, et certainement un qu'elle détesterait de par son fanatisme. Elle n'était pas seule, mais était-ce réellement un soulagement ? Et surtout, qu'entendait-il lorsqu'il parlait des autres ? Elle savait au fond d'elle ce que l'Inquisiteur pensait d'Angela, ses lointains souvenirs revenaient par bribes, sans aucune logique, mais elle se souvenait de bien des citations, et parmi les quelques unes dont elle se souvenait, elle ne pouvait cesser de penser qu'elle était l'esprit impur, et qu'elle devait être purifiée, elle espérait au plus profond d'elle que ce ne serait en aucun cas par le feu.

Soulstrange

Anonymous
Invité
Mar 27 Sep - 19:33
L'homme tout d'inhumanité vêtu n'avait pas relâché ses yeux, parsemés de glace derrière des verres aussi secs et froids que la mort, d'Angela qui reculait en découvrant l'enfer véritable qui l'entourait, quel-qu’en soit le sens et les croyances. Alors il se releva et d'un geste aussi brutal que la première fois, sa main se referma et la puissante flamme disparue, replongeant la pièce dans un noir affreux.

Tout était redevenu invisible ou presque, le corps de l'homme que celui qu'elle appelait L'Inquisiteur avait tiré jusqu'à ce caveau, homme qu'elle pouvait toujours quelque peu distinguer grâce aux miettes de lumière provenant des escaliers, se mit à bouger légèrement et après quelques longs instants, un gémissement étouffé, d'abord presque imperceptible puis très intelligible, arriva jusqu'aux oreilles d'Angela en provenance de cette autre proie.

« Tu ne pourras pas y échapper, tu n'as pas de raison de le faire. »

La voix autrement plus puissante trancha les ridicules gémissements tout de suite terrifiés que le pauvre homme s'efforçait de répéter - comme si ce dernier savait ce qui l'attendait. La voix faite d'un écho qui se répercutait avec presque autant de lourdeur que le vacarme assourdissant d'un marteau-piqueur, conséquence à la fois de cette pièce à l'acoustique exceptionnelle mais également des douleurs crâniennes de la jeune femme. Pendant que son inconnu camarade séquestré tentait en vain de se mouver, probablement aussi épuisé qu'Angela avait pu l'être à son réveil, la voix l'ignorait et reprenait à l'adresse de la seule personne vers qui l'intérêt du bourreau semblait être porté.

« L'évolution est naturelle et inévitable, toujours incomprise, toujours crainte. Tu es destinée à la connaître, c'est pourquoi tu ne seras pas punie dans cet antre aujourd'hui. A la place, tu auras une mission à accomplir pour moi. Cette mission tu n'en auras pas conscience, tu l'accompliras indépendamment de ta volonté et pour eux, tu seras un cadeau empoisonné.

Lorsque tu les trouveras, dis leur que je ne les ai pas oubliés, fais leur savoir, que je suis présent auprès d'eux, à chaque instant et que ce qu'ils ont vécu, n'était que le préquel d'un avenir fait de flammes bien plus grandioses que celles passées. Quoi qu'il puisse arriver, la légion sera levée. »


Le silence s'abattit une nouvelle fois sur les épaules fragilisées d'Angela, qui ne pouvait savoir d'où venait la voix, ni l'origine des bruits de pas caractéristiques des bottes de son porteur, puis, jaillissant du néant, une douleur aiguë lui transperça l'épaule, tel le dard d'une énorme guêpe, apparaissant et disparaissant sauvagement l'espace de si courts instants que toute réaction de sa part n'aura rien pu changer à ce qui suivra fatalement.

Le crâne qui s'alourdit, la sensation de pesanteur, comme si le monde autour d'elle s'allégeait, puis le peu de visibilité devenant floue, tout comme les bruits et les sons des bottes et de la voix rocailleuse devenant si lointains qu'elle n'en percevait rapidement plus les mots ni les détails. Son esprit était altéré et elle se sentait repartir vers le néant une troisième fois. La dernière vision de sa nébuleuse conscience, sera un grand éclat jaune-orangé, éclatant et envahissant ses rétines, ainsi que des cris, des cris horribles et déchirés, des hurlements de souffrance.


Fin du Jeu.
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