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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Chambre 2 - 25/03/35
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Camp Hope :: Vie de camp

James Everett

Anonymous
Invité
Mer 24 Aoû - 19:57
Interprété par James Everett et Cassandra Johnson.


Le retour au camp fut une véritable épreuve, aussi quand James et Elizabeth arrivèrent par le sud, contraints de faire le grand tour par la plaine pour éviter les dangers du Quartier 2 du Secteur A qui abritait leur camp - plus pour longtemps,  ils étaient épuisés. La caisse sur l'épaule, le bouclier à l'autre bras et un phare d'extérieur ficelé à son gilet sur le buste, James posa le premier le pied dans le jardin, remarquant qu'il y avait étrangement peu d'activité. Il était fréquent que le soir, tout soit calme pour éviter l'attention, mais cette fois ça semblait trop calme justement, désertique même. Pour cause et comme depuis leur arrivée dans cette maison, il n'y avait pas un seul membre du groupe pour monter la garde, toute organisation au guet avait été totalement ignorée et en preuve de l'inconscience que cela entraînait, ils auraient eux-même pu être des bandits arrivant par l'arrière pour prendre le groupe par surprise et faire un carnage, et dans ce cas personne ne verrait venir le drame par la faute d'un ex-chef je-m'en-foutiste.

Encore une chose qu'il faudrait rectifier très vite avec le camp à venir, car s'ils avaient eu beaucoup de chance de ne pas avoir déjà été annihilés par une horde, des pillards ou les hommes du Marchand, ça ne durera certainement pas, viendra fatalement le moment où ils seront confrontés à un véritable danger dans les murs même censés les sécuriser et il sera trop tard pour pleurer. Pour le moment, le couple fila vers le garage et James s'employa à poser ce qu'il portait pour l'ouvrir, gagnant ensuite la caravane qu'il ouvrit en grand à son tour. L'un comme l'autre, ils purent ranger les lance-roquettes M136 AT-4 CS et leurs munitions à l'intérieur avec les stocks, ainsi que le phare, la nourriture périmée, le poste-radio et le stock de flèches et carreaux.

Non-content de s'être débarrassé de tout ça, il vida également entièrement les deux sacs pour y déposer la hache d'incendie, les Heckler & Koch MO5/40 et VP70, sa boite de munitions gros calibre et sa boussole. Pour finir, il défit son gilet pare-balle et laissa le reste de son équipement à part près de la porte, ne gardant sur lui que le Desert eagle qui ne le quittait à vrai dire jamais. Qu'il neige ou qu'il pleuve, par vent ou grand soleil, de nuit comme de jour, cette arme trouvée à l'occasion d'une terrible nuit qui avait été suivie de quatre jours d'enfermement était sur lui ou à ses cotés en permanence, le protégeant en cas de besoin et le rassurant, bien qu'elle ai été faite pour tuer, elle avait une signification spéciale pour lui. Malgré tout, il n'en était pas arrivé à lui donner un petit nom et ne le ferait pas, voilà une limite psychologique qu'il n'avait pas l'intention de franchir, au risque de tourner cinglé. Cette légèreté nouvelle le soulagea infiniment, aussi prit-il avec Elizabeth quelques minutes sur le pas de la caravane pour souffler et échanger quelques mots, même deux ou trois petites plaisanteries timides, changeant radicalement le ton de cette laborieuse journée et de la morosité quotidienne.

Le repos ne fut que de très courte durée : ils finirent par entendre un bruit, ce qui les alerta aussitôt étant donné le calme ambiant et dans tous les cas, tout bruit pouvait avoir n'importe quelle signification, ils devaient être prêts à tout. Alors Elizabeth sortie la première, James se dépêchait de refermer à clé la caravane avant de ranger les clés et sortir à son tour en dégainant son revolver. C'est là qu'il découvrit Jena, Adam et Cassandra qui arrivaient en trombe et dans l'urgence avec à charge une Ivy et un Kyle tous deux inconscients. Surpris et inquiet instantanément de les voir ainsi, il frôla presque la panique quand il se rendit compte que les deux inconscients étaient pleins de sang. Ne restait qu'à rouvrir la caravane en vitesse pour récupérer la première chose qui lui vint à l'esprit : le kit de chirurgie avancé, ainsi que la lampe torche qu'il récupère et glisse dans sa poche. Il ne savait pas encore ce qui avait bien pu se passer, mais il savait d'instinct que c'était grave et prendre ce qu'ils avaient de mieux coulait de source...

La porte de la chambre qu'occupaient normalement Samuel et Ivy s'ouvrit à la volée et percuta le mur violemment, voyant entrer dans l'instant James portant la jeune femme, suivi de Cassandra et Elizabeth qui amenaient Kyle à bout de bras - une carrure loin d'être aisée à traîner. Courant comme un buffle, ses pas lourds martelant le plancher, le chirurgien gagna immédiatement le lit et seulement à son niveau freina son empressement pour allonger précautionneusement la blessée dessus.

« Mettez Kyle à coté et allez chercher quelqu'un ici qui a des compétences en médecine ! Désolé mon coeur mais des bases ne suffiront pas. » Enchaînait-il à un débit rapide à l'adresse d'Elizabeth, se décalant au pied du lit pour poser le kit et le déballer sèchement en dévoilant les produits, compresses, outils de chirurgie, masques, gants et autres accessoires, il n'avait d'yeux que pour ce qu'il faisait, très concentré dans l'urgence. « Mieux vaut que tu ne restes pas là, tu pourrais trouver quelque chose à boire et à manger, on va en avoir besoin. Tu attendras en bas je te préviendrais dès que je peux, fais-moi confiance. »

Il courut vers l'armoire dont il tira les portes en grand, s'il avait eu plus de force, il les aurait presque arrachées tant il ne ménageait rien, son regard parcourant hâtivement les étagères jusqu'à tomber sur ce qu'il voudrait : des draps, il en prit quelques-uns, ainsi que des tee-shirts et un pull en laine, tout ça à l'abandon des anciens propriétaires dont il ne restait que des affaires aujourd'hui. Elizabeth était sortie entre-temps, se tempérant pour ne pas céder à la crainte vis à vis de son amie. Il ne restait qu'à savoir s'il pourrait avoir de l'assistance, car seul, gérer deux patients s'avérait un défi particulièrement complexe et dangereux.

D'autant plus qu'il n'avait pas eu le temps de souffler, il était très fatigué et devrait rassembler les forces qu'il lui restait pour ne pas laisser tomber et aller au bout de cette urgence. Il avait bien conscience qu'il était le seul médecin et chirurgien suffisamment compétent ici pour affronter le pire ou presque, du moins n'avait-il pas eu vent de quiconque dans le groupe ayant ces aptitudes à disposition, il n'avait pas vraiment le choix s'il voulait éviter le pire justement, pour Ivy qui restait son amie proche et aimée, et pour Kyle dont il avait maintenant l'entière responsabilité. Il n'était pas acceptable de les perdre maintenant, pas avec tout ce qui les attendaient, ils devront survivre ce soir encore.

Cassandra Johnson

Anonymous
Invité
Ven 26 Aoû - 14:59
J'avais fini par rejoindre les autres dehors au moment où Jena arrivait vers nous, découvrant presque en même temps qu'elle les deux autres inconscients sur le sol. Ivy et Kyle avaient l'air gravement touché mais ce n'est pas avec le peu de luminosité ambiante et dans cet environnement que j'aurai pu y faire quoi que se soit. La première chose à faire était de les ramener au campement, chose dont on se chargeait comme on pouvait.

Une fois au campement les choses s'enchaînent ne me laissant que le temps de regarder Adam pour constater sa légère coupure à la joue, lui promettant de m'occuper de lui dès que l'état des deux autres sera stabilisé. S'ils ne meurent pas avant. Je me retrouve à supporter Kyle d'un côté tandis que la brune le soutient de l'autre côté, chacune ayant un des bras de l'homme autour du cou, pour le porter comme on le peut. La montée d'escaliers n'est pas de tout repos mais on parvient à l'étage, laissant James ouvrir la porte d'une des chambre à la volée pour aller déposer Ivy sur le lit. Un peu à la traîne avec le poids de Kyle, cela laisse le temps à l'autre homme de nous dire quoi faire, ce qu'il dit étant d'une logique imparable, je me demande l'espace d'une seconde pour qui il nous prend. En tout premier lieu déposer Kyle sur le lit avant que je ne me redresse pour regarder vers Elizabeth, m'adressant à elle en hochant la tête pour confirmer les dire de James.

- Vas y, pas besoin de chercher qui que se soit je ferais l'affaire.

Enfin peut-être, tout dépendra de l'étendue des blessures des deux inconscients alors que mes connaissances sont loin d'être revenues et que de toute manière il y a un point sur lequel j'ai de grosses lacunes. Voyant ensuite le comportement de James, je me demande s'il a entendu ma réponse, il suffit de le voir courir jusqu'à l'armoire pour en douter. Lui semble nerveux alors que bizarrement de mon côté un grand calme m'a envahie, je ne dis pas que j'ai quelques craintes et doutes bien sûr j'en ai mais dans une situation d'urgence comme celle-ci j'ai toujours eu cette réaction. Bien que me remémorant la réunion du matin, je comprend pourquoi l'homme réagit ainsi alors qu'il avait dit qu'Ivy est son amie et Kyle ayant décidé de partir avec lui aussi il doit se sentir responsable d'eux. Un poids que je n'ai pas sur les épaules et qui facilite les choses.

Laissant James fouiller l'armoire, j'ôte mon cardigan que je noue à ma taille avant de remonter les manches de ma chemise puis je cale mes cheveux derrière mes oreilles afin de pouvoir regarder de plus près mais sans les toucher pour le moment les deux inconscients, notant les blessures présentes. Sans savoir pour le moment les réels dégâts que leur corps a subit bien que si je devais le dire, je dirais que l'état d'Ivy est le pire et que pour Kyle seule l'épaule me préoccupe vraiment. Pour enfin approcher du kit de chirurgie que l'homme a apporté, en matière d'hygiène les choses se posent là alors qu'il n'y a quasiment rien à porter de main pour se désinfecter les mains, je suppose qu'on a pas le choix. Attrapant une des paires de gants stériles disposés dans le kit, je le garde en main sans ouvrir l'emballage directement, préférant dans un premier temps reporter mon attention sur James.

- Je sais qu'Ivy est ton amie mais ça n'aidera pas si tu t'affoles...elle a une sale blessure sans doute par balle à l'estomac quant à Kyle une blessure à la cuisse, une à l'épaule une balle là encore et le nez cassé. Je te laisse confirmer le diagnostic et te charger des blessures les plus graves, je ne saurais pas extraire les balles si elles y sont encore pour le reste tu peux compter sur moi.

Ma voix étant d'un calme tout aussi surprenant que mon attitude cela va sans doute le faire réagir, reste à savoir de quelle manière. Et comme il n'y a de toute manière pas de temps à perdre en palabre, j'ouvre enfin l'emballage stérile des gants pour les enfiler, cela laissera le temps à James de confirmer ou non ce que je lui ai dit.

James Everett

Anonymous
Invité
Lun 29 Aoû - 23:05
Le linge récupéré, il revint à pas rapides jusqu'à Ivy, posant le linge sur la table de nuit près d'elle et saisissant un drap qu'il plia plusieurs fois sans chercher à avoir un résultat au carré, puis il redressa le haut de la jeune femme et inspecta la blessure du bout des doigts, approchant son visage en se penchant beaucoup pour scruter en détail le trou fait par une balle assurément. Ça démarrait très mal c'est certain, une blessure par balle à l'estomac, il était difficile de faire pire, au moins le fait qu'elle soit toujours vivante indiquait que la balle n'avait pas fait de dégâts sur le foie, mais il se pouvait qu'elle se soit fragmentée à l'intérieur et si c'était le cas, la suite serait extrêmement pénible pour le soigneur comme la soignée. Cependant il avait son pouvoir et ça allait faire la différence, il n'y avait pas de doute, c'est bien pour elle qu'il s'en servirait.

« Je ne m'affole pas, j'agis dans l'urgence. Quand tu auras plus d'expérience, tu sauras faire la différence et tu apprendras que dans un cas comme celui-là, la vitesse d'action est au moins aussi importante que le reste. » Répliquait-il d'un ton sec à l'adresse de la jeune blonde, posant le drap plié sur le plaie ensuite en compressant cette dernière afin de ralentir l'hémorragie qui faisait affluer bien trop de sang à son goût. « Maintenant si tu n'as pas d'autre conseil à me donner et si tu as envie de travailler, examine donc correctement Kyle, mieux vaut éviter les suppositions hasardeuses et de préférence avec plus d'énergie, on doit faire vite. A toi de voir si tu peux traiter ses blessures et si il y a un objet étranger toujours présent dans le corps, on avisera. Je m'occupe d'Ivy. »

Il n'avait pas été très tendre avec Cassandra, mais il n'avait vraiment pas envie de recevoir des leçons de morale surannées ou de perdre du temps en discussion, d'autant plus que son excès de tranquillité et de lenteur l'horripilait quand ils avaient deux blessés dont au moins une était dans un état critique qui sautait aux yeux. Voilà la deuxième intervention à laquelle il avait droit de sa part, la première fois le matin même et maintenant ici, dans les deux cas, elle tombait à un moment tendu pour se faire un malin plaisir à lui taper sur les nerfs avec une prétention d'office déplacée et des propos totalement hors du sujet, qu'il s'agisse de la discussion passée ou de l'urgence présente, elle semblait aux yeux du médecin à coté de ses pompes pour ainsi dire. Oui, il n'était bel et bien pas d'humeur et ne souhaitait pas faire preuve de patience avec elle, pas sûr qu'il se serait montré moins irrité dans une situation de calme, qui sait ? En tout cas ce soir, c'était le mauvais moment pour lui faire des remarques d'ordre orgueilleuse.

Il continua de faire pression sur la blessure par le drap et d'une main, tandis que de l'autre il venait prendre son pouls au cou, constatant qu'il était faible, il compris que s'il devait réaliser une intervention, ce devait être fait sans tarder. Soupirant d'inquiétude, il retira sa main du cou de son amie et la glissa dans sa poche droite pour extraire la lampe torche dynamo, qu'il posa ensuite sur la table de nuit et l'activa en braquant la lumière vers le ventre d'Ivy. D'un coup, les choses furent différentes, quelques instants plus tôt ils n'y voyaient que peu, maintenant c'était déjà mieux. Il aurait largement préféré une infirmerie fournie en matériel et équipée en électricité pouvoir avoir une luminosité beaucoup plus poussée, mais c'était un luxe dont ils étaient privés. Un objectif à atteindre pour le futur camp là encore.

« Ok... on va y aller... » Soupirait-il encore en pressant davantage le drap sur la blessure avant de lâcher le tout, c'était le moment de s'équiper et de préparer son intervention, avec des moyens très limités, alors advienne que pourra.

...

Vingt minutes étaient passées,
de très longues minutes durant lesquelles il avait oeuvré sur la blessure de son amie avec grande peine. Les mains gantées en blanc à l'origine quasiment entièrement rouge sang maintenant, la lampe toujours braquée vers Ivy qu'il du relancer au moins une fois en plein travail - chose d'autant plus dangereuse qu'il n'aurait pu s'en passer. Il avait mit un masque - celui-ci bel et bien blanc - sur son visage pour protéger son nez et sa bouche des microbes, moins qu'il protégeait la blessure d'Ivy elle-même. Le drap avait été retiré depuis un moment, le scalpel encore en sang traînait sur un autre gant stérile usé comme repose-outil sur la table de nuit, il avait servi à ouvrir proprement et davantage le trou fait par la balle d'un coté et de l'autre, finalement, il avait usé de la paire de ciseaux à disposition du kit ainsi que de la petite pince associée pour travailler.

Son estomac était dans un sale état et il pouvait l'affirmer avec une aussi proche vue de l'intérieur, sans la poche médicale qu'il avait rempli de liquides médicamenteux et qu'il avait accroché à la tête de lit, allant jusqu'à l’extrémité en seringue qu'il avait planté dans la veine du bras le plus proche, et surtout sans le masque à air équipé de sa pompe qu'il avait enfilé à Ivy et qu'il pressait régulièrement entre deux délicates incisions pour lui donner du souffle, nul doute qu'elle n'aurait pas tenu le choc, pourtant la morphine avait fait son effet et son inconscience la préservait de l'horrible douleur qu'elle aurait pu subir.  
A coté de la pince, l'autre gant avait servi à déposer trois des fragments qu'il avait déjà retiré. Comme il l'avait craint, la balle s'était brisée en morceaux à l'intérieur, cinq au total dont les deux derniers étaient affreusement mal placés. Les derniers étaient toujours les pires. Loin d'avoir fini, il s'efforçait de tenir le coup et s'interrompait de temps en temps en figeant ses outils à une main pour essuyer son front sur son avant-bras libéré, avant de reprendre.

Il devait tout gérer à la fois et s'arrêter plusieurs fois entre chaque fragment, pas d'assistance, une lumière misérable et des conditions que tout bon chirurgien aurait qualifié d'inacceptables et folles avant l'apocalypse. Il devait sa maîtrise à ses années d'expérience sur le front en tant que soldat. Là-bas il avait eu droit à des conditions très difficiles également, rarement autant que maintenant, mais il n'avait pas été épargné par d'intenses et trop pénibles labeurs. Le plus triste dans l'histoire, c'était d'avoir parfois passé des heures sur un patient qui finalement avait fini par quitter ce monde, s'éteignant sous ses yeux affligés et excédés. Comment espérer sauver tout le monde au milieu du chaos ? C'était déjà impossible dans les meilleures conditions hospitalières, alors en période de guerre et de fin du monde...

Silencieux, il l'avait été tout du long et si il y avait du positif à sortir de cette opération en cours, c'est qu'il assurait au niveau de la rapidité, un facteur essentiel qui serait décisif pour la survie de sa patiente et amie. Il devait terminer au plus vite pour pouvoir user de son pouvoir et stabiliser son état, chaque seconde comptait. Il engouffra un peu plus le ciseau à l'intérieur en faisant place entre les chairs, contraint d'ouvrir une parcelle de ses intestins pour extraire le quatrième fragment plié, rongé et si rouge de sang qu'il était incroyablement compliqué d'en distinguer les contours au milieu d'une marre de rouge identique.

Cassandra Johnson

Anonymous
Invité
Jeu 1 Sep - 11:33
Un soupir franchit mes lèvres à l'écoute des premières paroles de James, décidément entre ce matin et maintenant cet homme ne me fait pas bonne impression encore un qui doit avoir la grosse tête parce qu'il est médecin. Les médecins, les chirurgiens ont toujours eu cette fâcheuse manie de se penser au dessus de tous et de tout le monde et je suis bien placée pour le savoir étant donné que j'en ai fréquenté un ou deux. Bibliquement parlant je veux dire. Et même si je ne lui répond pas, je n'en pense pas moins son intervention résonnant en mois comme un "Blah blah blah", rien de plus, rien de moins surtout que j'ai passé l'âge de me soucier du qu'en dira t-on des soit disant bien pensant. Puisque le médecin veut se la jouer ainsi, je me détourne pratiquement directement de lui, reportant mon attention sur Kyle. Mes gants enfilés je peux maintenant l'examiner de plus près en commençant par son épaule et pour se faire je n'ai pas d'autres choix que de découper son haut pour mettre à nu la plaie.

Le peu de luminosité m'oblige à relancer régulièrement la lampe que j'ai emprunté plus tôt dans la soirée mais au moins je n'ai pas à tenter d'extraire une balle, celle qui a atteint Kyle a traversé l'épaule entraînant une forte hémorragie mais rien de vital de par son emplacement. Me demandant surtout du temps pour bien désinfecter la blessure avant de devoir le recoudre proprement, s'entraîner pendant des années à Oxford sur des cadavres puis plus tard aux quatre coins du monde ça aide grandement. Des gestes précis, délicats et justes, après tout les points de sutures sont la base de la base. Même si l'air de rien avec ce genres de conditions les choses prennent plus de temps que nécessaire. L'épaule de Kyle soignée, bien qu'il risque de passer de sales quarts d'heures d'ici à sa guérison complète, me permet de passer à la blessure sur sa cuisse. Là encore je dois découper les vêtements de l'homme, me contentant simplement d'agrandir le trou fait par une lame sans doute ou je ne sais quoi. Ni muscle, ni nerf de touché et sa blessure ne demande que quelques points de sutures et une bonne désinfection.

Ce qui me frustre le plus sont les conditions dans lesquels je dois oeuvrer même au fin fond de l'Afrique j'ai eu de meilleurs environnements pour conserver les règles d'hygiène, de stérilisation du matériel et j'en passe. Alors que ce soir je dois me contenter de vieux draps récupérés dans l'armoire et de quelques compresses stériles, au moins ai-je ce qu'il faut pour lui administrer une première dose d'anti-biotique sous forme d'une piqûre en intraveineuse pour un effet plus rapide. Il faut absolument éviter la septicémie et compagnie et Kyle devra avoir ses pansements changés régulièrement mais au moins il vivra si l'infection est maîtrisée. Si tout du long je ne me suis pas préoccupée de ce que pouvait faire James, je termine par l'observer un bref instant alors qu'il ne me reste plus que le nez de Kyle à m'occuper.

Inspirant profondément j'en reviens à mon patient du jour, mes azurs se posant un instant sur le sang répandu sur le lit, sur les draps en morceaux et dire que cette soirée avait bien débutée. Mais il a fallu qu'il y ai cet accident, ces coups de feu et tout ce qui a suivi mais pour le moment impossible pour moi de ralentir alors que l'homme demande encore des soins.

James Everett

Anonymous
Invité
Jeu 8 Sep - 0:53
Le quatrième morceau avait été une vraie plaie à retirer, mais il y parvint finalement et vint extraire la pince tenant le maléfique bout de métal d'un regard grimaçant, de la sueur venant couler sur ses yeux. Il passait ensuite la manche sur son front pour l'essuyer une nouvelle fois et allait poser le morceau avec les autres en relâchant la pince au-dessus quand Ivy fut prise d'une terrible réaction : de véritables spasmes la firent trembler et sursauter de tout son corps, alarmant le chirurgien qui posa rapidement ses deux outils sur un gant avant de venir poster ses mains sur chaque épaule de la jeune femme, essayant de la maintenir quelque peu pour minimiser les risques que ses spasmes ne lui fassent encore plus de mal, sans forcer au risque que ce soit lui qui la blesse davantage.

Il devait rester précis dans sa gestuelle et patienter que cette réaction du corps en réponse à la mise à l'épreuve de ses nerfs passe. Et quelle difficulté c'était de voir son amie, pourtant inconsciente, se tordre et s'agiter telle une hystérique dans tous les sens, repoussant le drap sur ses jambes et cherchant à se tourner sur le coté, ce qu'il fut contraint de laisser faire, malgré qu'elle assénait des coups de pieds à Kyle, pauvre malheureux qu'il était, perturbant par la même le travail de Cassandra. Finalement, la jeune femme s'immobilisa à nouveau, replongeant dans l'inaction et le chirurgien souffla à travers son masque en lâchant entre ses lèvres :

« Saleté... »

C'était vraiment frustrant, de travailler avec autant de mal et dans des conditions aussi déplorables. Il ne pourrait pas se permettre la prochaine fois d'un tel manque d'organisation, de matériel et de confort, sur le coup, il rêvait d'une infirmerie. Pas forcément de l’électricité, du personnel et de machines de pointe, mais simplement d'un espace aménagé et propre, pour pouvoir soigner ses camarades. Trêve de rêveries, il récupéra ses outils, vint se rasseoir et ce fut temps de reprendre, le dernier morceau serait certainement le pire...

Six minutes, c'est le temps qu'il fallut pour le retirer. Durant ce laps de temps, sa méthode et ses manières avaient été les mêmes, en beaucoup plus compliqué. Il avait craint une nouvelle réaction d'Ivy qui aurait pu être fatale, mais à son très grand soulagement, il n'en fut rien. Aussi quand il ressortit la pince tenant le bout de métal qu'il avait du chercher en profondeur, il eut soudain une très grande hâte, comme si on lui avait donné un top départ inespéré. Il jeta presque ses outils sur la table de nuit, baissa d'un geste dénué de soucis pour l'hygiène son masque et retira ses gants qu'il arrachait presque, se dépêchant d'agir au plus vite. Il comptait chaque seconde et ses mains nues, il les posa directement sur le ventre de sa patiente, ouvert et manipulé jusqu'aux entrailles, c'était vraiment pas beau à voir et il voulait effacer au mieux cette terrible vision dans l'instant.

Il inspira et expira en grand et long par deux fois, le sang d'Ivy venant couvrir ses mains qui touchait le gouffre désagréable de sa chair mutilée, puis ferma les yeux en se concentrant tout de son esprit à cette tâche surnaturelle, jusqu'à ce qu'il ressente cette impulsion familière. Une décharge, une secousse électrique et force invisible, qui le frappait de plein fouet et parcourrait son corps d'un bout à l'autre jusqu'à trouver son paroxysme dans son crâne qu'il sentait s'enivrer, comme si l'énergie qui le touchait redonnait vie à son cerveau et ses connexions pour lui offrir l'accès à une source d'énergie supérieure et toute de doré vêtue, dont il ne comprenait pas l'origine mais qu'il avait appris à aimer, ce plan parallèle à la réalité tangible qui était le sien.

Cette extraordinaire secousse électrique parcourant son corps vint se concentrer dans ses mains, clairement visible pour lui à présent et entrait en contact avec la peau et la chair qu'il touchait. Pour Ivy en revanche, il n'y avait aucune douleur, ce n'était pas même irritant ou chatouillant, c'était au contraire intensément doux, une véritable injection de la plus pure morphine sans effet secondaire qui faisait disparaître la douleur et lui donnait l'impression qu'un baume divin était venu soulager sa jambe et son corps dans son ensemble d'une même et extrême bienveillance, allégeant le poids de son inconscience. Plus encore, une sorte de connexion énergétique et spirituelle forte s'était créée entre James et elle, l'espace de quelques instants.

Les mains de James se mirent à trembler, de plus en plus fort, ses poils se hérissant et une colonie de fourmis semblait traverser ses bras et chatouiller ses os. Puis, tout aussi brutalement, la connexion se brisa et l'énergie se dissipa, comme si elle avait implosé. Une même description, un même ressenti, un même pouvoir pour des effets sensiblement différents et il pouvait en constater le résultat. Durant le processus, il avait senti d'Ivy ses intestins, son estomac dans son ensemble et ses chair se reformer, du sang affluer à nouveau pour irriguer cette partie de son corps, la matière organique se régénérant en recréant ce qui lui manquait, du moins dans une certaine mesure.

La grande et profonde ouverture, devint moins profonde et moins grande, d'une différence très visible puisqu'elle réduit de moitié en quelques instants presque magiques. Son corps gravement blessé ne le devint plus que moyennement, si tant est que l'on puisse qualifier de telles blessures de "moyennes" ou "plus relatives". Quoi qu'il en soit, il perçut, bien que le sang ressortait encore pour rougir ses mains, que sa vie n'était plus en danger et que l'horreur s'était partiellement dissipée, suffisamment pour en calmer les craintes. Un soupir de soulagement, une fois de plus, franchit ses lèvres et c'est lentement qu'il retirait ses mains, constatant ce qu'il s'était passé. Il lui resterait à recoudre tout ça, nettoyer la blessure, la bander et laisser Ivy se reposer.

Cassandra Johnson

Anonymous
Invité
Mer 14 Sep - 14:25
Heureusement que je n'ai pas le temps de poser mes doigts à nouveau sur Kyle, évitant par la même d'avoir un mouvement involontaire quand Ivy est prise de spasmes. Les dents serrées, mes azurs se posent immédiatement sur elle et sur James qui vient la tenir, la jeune femme a le temps de donner quelques coups de pieds à mon patient avant que je réagisse en venant protéger comme je le peux la blessure qu'il porte à la cuisse. Et si l'homme inconscient n'a jusque là eu que quelques sursauts lorsque que je m'occupais de son épaule, il semble réagir et bouge lui aussi mais légèrement et non de manière à se blesser ou blesser quelqu'un. Forcément je ne peux prendre le temps de vérifier si Ivy se stabilise plus qu'en la regardant du coin de l'oeil ou voir si James n'a pas besoin d'aide me focalisant uniquement sur Kyle. De toute manière si le médecin a besoin d'un coup de main, je suis sûre et certaine qu'il saura m'aboyer dessus.

Le calme revient me permettant de m'occuper du nez de cassé de l'homme, l'inspectant de mes doigts en douceur et délicatesse autant que possible, ayant le droit à un nouveau sursaut de sa part alors que je dois appuyer un peu plus fort. Soulagée de constater que s'il a bien le nez cassé, sa cloison nasale n'a pas déviée, il aura là encore très mal à son réveil mais les séquelles seront minimes et ne laisseront aucun trace au final. Un peu de crème anesthésique, des anti-inflammatoires quelques jours et tout ira bien pour lui de ce côté là. Kyle est stable, soigné et hormis un bon suivi, du repos, des médicaments et des repas rien ne devrait empirer les choses si ce n'est que je ne peux m'empêcher de songer une nouvelle fois à nos conditions de travail et espérer qu'une infection ne vienne pas se loger par là. Il ne me reste plus qu'à tout ranger et d'ailleurs je me retrouve un peu bête sur ce coup là, avant on avait les bacs pour les ustensiles à emmener à la stérilisation, les poubelles pour les déchets médicaux mais maintenant ? Et si je décidais que ce n'est pas mon problème ? Après tout le kit de chirurgie c'est James qui l'a ramené à lui de se démerder surtout vu que monsieur a la grosse tête.

D'ailleurs il est un peu trop silencieux à mon goût, depuis combien de temps ne bouge t-il plus ? Ne râle t-il plus dans sa barbe ? De nouveau je l'observe et à vrai dire, de surprise, je lâche tout ce que j'ai dans les mains en le voyant faire mais qu'est-ce qui lui prend ? Sans m'en rendre compte ma tête se penche sur le côté en l'observant faire je ne sais quoi, mon regard passant alors de ses mains au ventre de la jeune femme puis à ses mains. M'approchant d'un pas je regarde d'un poil plus près ce qu'il fait et ma bouche s'ouvre sous le choc sans qu'un seul son ne sorte de ma gorge. Stupéfaite par ce que je vois, les paroles de Jena me revenant en tête " va voir James il saura te convaincre par des mots" alors que nous parlions pouvoirs. Je recule et titube en même temps, tout cela est juste impossible ! Pourtant je n'ai pas rêvé la plaie d'Ivy est moins profonde, moins tout quoi ! Je secoue la tête, me pince la peau sur l'avant-bras pour m'assurer que je ne rêve pas mais non je suis on ne peut plus réveillée. Mon esprit faisant le lien entre ces histoires de pouvoirs, ce qu'il s'est passé plus tôt dans la soirée pour moi et ce que je viens de voir mais pour autant je me refuse à y croire ! C'est impossible !

Et paradoxalement une bouffée de jalousie m'envahie lui a quelque chose d'utile pour aider les autres contrairement à moi et cette gelée. Pourquoi faut-il que cela tombe sur cet homme, comme s'il n'avait pas déjà assez la grosse tête comme ça. Oui je l'envie sur ce coup là et je n'arrive pas à contrôler cela, pestant entre mes lèvres avant de tourner les talons. Je n'ai de toute manière plus rien à faire dans cette pièce, lui et son super-pouvoir peuvent se démerder sans une pauvre scientifique ! Pas besoin de moi pour surveiller Kyle et Ivy, pas besoin de moi pour leur donner leurs médicaments quand le moment sera venu et je suis sûre qu'il n'avait pas besoin de moi tout court ! Mais je suis dans le déni, rien n'est possible...Alors je fuis cette chambre et je me réfugie dans la mienne sur mon lit et je n'en bougerai plus !

[Fin du jeu]
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