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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Le Perchoir] Récits Quotidiens
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Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Mar 6 Sep - 2:10


Récits Quotidiens des Survivants


Eléments scénaristiques:
 
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 13 Sep - 12:27
Journée du 1er Avril - Après l'installation du groupe.

La matinée avait été chargée, la venue du groupe conduit par Elizabeth et Kyle, tandis que James avait attendu au camp, impliqua pas mal de boulot pour que tout le monde s'installe, que les gens prennent leurs marques, soient informés des règles de fonctionnement établies d'office avec minutie et que les à coté soit fignolés.

Après ça, James laissa quartier libre à tout le monde et informa le groupe que les tours au guet et d'opérateur radio ne démarreraient que le lendemain, mardi, afin que cette journée ne soit pas trop éprouvante. Il tablait sur le fait qu'ils venaient tout juste de s'installer, il n'y avait pas de raison qu'un contingent de bandits ou une horde en furie ne débarque à ce moment-là, ou alors le destin serait une belle saloperie. Heureusement, il vit juste, et la journée fut très calme. C'est pourquoi, profitant d'un début d'après-midi ensoleillé, il gagna l'armurerie avec Kyle, un garçon qu'il appréciait déjà du fait de son sérieux, son investissement dans le groupe qui n'était plus à prouver après les événements de la semaine passée et son rôle dans la découverte et la sécurisation de ce nouveau camp, mais aussi et surtout pour son caractère posé et professionnel.

Tous deux s'équipèrent avec les Haches d'incendie stockées et partirent vers la Zone de Chasse 3, ainsi que le chirurgien l'avait définie. Là-bas, James commença par regarder le ciel avec une certaine satisfaction : il se sentait moins mal qu'à l'habitude, un peu plus serein, même si ça ne durerait certainement pas, il allait en profiter. Se mettant à l'aise en retirant sa chemise, il garda précautionneusement son revolver dans le dos puis récupéra l'arme, ou en l'occurrence, l'outil à bûcher, dans le coffre avec son compagnon du jour.

Ils passèrent ainsi l'après-midi à taper et scier manuellement des arbres à l'orée de la forêt, James suggérant de se charger en même temps de la même bête de bois afin de faciliter leur tombée, ils frappèrent ainsi tour à tour dans un bal incessant, jusqu'à ce que l'arbre tombe, prenant soin de ne pas se retrouver en dessous. Ensuite, ils s'attaquèrent à un autre arbre, puis un autre, puis un autre encore... à la fin, ils firent une pause, James s'installant sur le capot de la voiture en laissant la hache plus loin, plantée dans la terre près du dernier arbre tombé et profita un peu de l'air assez frais mine de rien car qu'il transpirait, la bouteille d'eau à la main.

Il en profita pour parler un peu de son passé militaire en tant que médecin-chirurgien, prenant l'initiative avant de chercher à en apprendre plus sur ce qu'avait fait Kyle, échanger - si l'autre ancien soldat l'acceptait - comme des vieux de la vieille qui se retrouvaient ici, avec la trentaine passée physiquement et l'impression d'avoir vingt ans de plus dans la tête, sur leur vie précédente. James aborda d'ailleurs les choses avec une certaine nostalgie, non qu'il ai aimé toutes les choses qu'il avait vu ou vécu là-bas, en Afrique surtout, mais il se demandait souvent s'il ne préférait pas cette époque à ce qu'ils vivaient maintenant. C'était perturbant et triste, de se demander laquelle de ses vies avait été la moins pire.

La pause terminée, il fallut retourner au charbon et débiter les arbres un par un, cette fois, chacun prit sa bête de bois et lorsqu'ils eurent fini ce long et fastidieux boulot, il commençait déjà à faire nuit. Une heure plus tard, ils avaient terminé de charger tout ça dans la voiture, à tel point que le coffre et les portes arrières restaient ouvertes pour contenir les grands rondins entassés et serrés, de quoi mettre à mal la pauvre carcasse métallique qui n'était pas faite pour une telle charge. Ceci accompli, ils purent enfin rentrer avec le sentiment d'un beau travail accompli, roulant à une allure modeste pour ne rien perdre de leur chargement, de toute façon ils n'étaient heureusement pas loin.

Tout ce bois, il y aura l'occasion de le travailler pour en faire quelque chose d'utile et il ne manquerait pas d'aller voir Ivy pour discuter aménagement avec elle, principalement des idées de barricades et renforts au guet. Mais ça ce serait pour plus tard, dans l'absolu, les deux garçons déchargeront tout le bois dans un coin du fond du rez-de-chaussée, où se trouvait l'atelier. Au terme de cette ultime tâche, James mettra de nouveau sous clé les haches d'incendie dans l'armurerie, prendra de quoi manger derrière la cuisine et ira se reposer dans les bras de sa douce Elizabeth au sein de leur petit dortoir-chambre privilégiée, achevant le tableau de cette journée revigorante dans leur nouveau chez eux prometteur.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Mar 13 Sep - 15:21
~ 1er Avril 2035 ~

C’était une semaine semblable à une descente aux enfers que je venais de passer. La douleur, la fatigue, entrecoupé de rêve plus cauchemardesque les uns que les autres dans un état pseudo léthargique, shooté aux médicaments. Les rares moments de conscience et aussi de souvenir que je gardais de cette semaine était de vague réveil pour réclamer à boire ou pour qu’on m’aider à me lever pour aller pisser. Je ne faisais plus vraiment attention aux autres, aux visages, aux personnes. Je n’accordais que de bref murmure aux visites accordés, davantage à celui qui venait me soigner, mais rien de plus.
J’avais beau essayé de me souvenir clairement de ce qu’il s’était passé, tout restait lointain, comme un écho qui refusait de remonter à la surface. Il y avait bien cet homme, arme à la main, qui nous avait tiré dans le dos comme de vulgaire animaux et le bruit détonnant de mon arme à feu qui vidait son chargeur balle après balle, mais je ne parvenais pas à me donner de cohérence dans ma blessure à la jambe, ou mon visage défiguré et tuméfié. Un coup de couteau, venu de nulle part après avoir laissé partir les deux autres. Ça c’était déroulé à une vitesse telle que je ne me souvenais plus ce qui en était advenu d’eux.
 
Et puis les jours avaient défilé, j’avais pu retrouver un semblant de contenance, et une alimentation plus équilibré qu’une aiguille plantée dans le bras, une plus grande autonomie aussi, bien qu’on me forçait littéralement à me clouer dans un lit double en compagnie d’une autre blessée. Je n’avais plus vraiment souvenir de son implication dans l’histoire, du moins pour la partie finale, mais au regard de sa blessure, c’était un miracle qu’elle soit encore en vie. Au terme de la semaine, tandis que je reprenais un peu plus du poil de la bête et que mon impatience à sortir de cette chambre sordide se faisait grandissante, tournant en rond à côté de la porte ou de la fenêtre, James avait fini par céder et venir me demander de l’accompagner à la recherche de notre nouveau nid, à la seule et unique condition que je l’autorise à me soigner avec l’aide de ses pouvoirs étranges.
 
D’ailleurs, à ce propos, je gardais une étrange impression d’avoir fait la découverte d’une chose bien étrange la nuit de ma blessure, comme si j’avais été capable de ressentir, ou plutôt sentir, des présences à travers les cloisons de la maison. Toujours était-il que j’avais accepté, non sans une certaine appréhension à l’usage de ce don particulier, mais si c’était là la seule alternative à mon échappatoire, je pouvais bien toléré cet usage qui me laissait perplexe, préférant ne pas connaitre le prix à payer en retour.
 
C’était donc dans ce Perchoir que nous avions atterrit. Une espèce de bâtiment ultra design dont j’appréciais assez le choix du nom. Il y avait tellement de potentiel dans cette structure que je m’imaginais déjà arpentant le toit en quête d’une cible ou deux à abattre. J’avais posé assez rapidement mes affaires dans le recoin du dortoir homme, et réserver le premier casier des vestiaires, préférant me concentrer sur l’opérationnel le plus rapidement possible, essayant d’éviter un maximum n’importe quelle proximité, Higgins la première. J’avais besoin de récupérer un peu de ma fierté, mais surtout, j’avais de plus en plus de mal à rester focaliser sur les relations humaines. Mon corps entier réclamait de l’action, et si je ne pouvais l’y satisfaire, je préférais m’enfermer dans mon coin à tenter de rassembler mes idées et me concentrer. Je ne pouvais pas me permettre de m’accorder quelconques distractions alors que l’ennemi rôdait, là, juste dehors. Qu’il nous guettait comme un rapace tournant en cercle au-dessus de sa proie.
Rien à voir avec les monstres qui étaient de simple arme comme chair à canon. Non, je parlais du véritable danger : la menace avéré humaine. La semaine dernière, j’avais failli y laisser ma peau, j’avais failli y laisser celle de la petite Ivy, et il était hors de question que je laisse ce genre de chose se reproduire. Il n’y avait plus de place, ni au doute, ni à l’hésitation. Si un danger était supposé, alors il fallait le traiter comme tel, sans préavis, sans sommation.
 
J’avais minutieusement entretenue mon arme, en plus du premier passage qui semblait avoir été déjà effectué, passé une bonne heure dans le nouveau gymnase à dépoussiérer quelques bancs et m’essayer à soulever quelques poids. Je constatais avec regret que j’étais bien loin de mon maximum et que, outre la convalescence que j’avais passé, ma condition n’avait pas été entièrement retrouvée. C’est dans cette situation que James vint me trouver à nouveau. J’ignorais s’il avait compris que m’aérer l’esprit me ferait du bien, mais j’avais accepté très rapidement, me parant à cette petite promenade plus sportive que détendue.
 
Le soleil avait retrouvé la position haute dans le ciel, dépourvu de la moindre forme de nuage tandis que, hache à la main, nous mettions ensemble le cœur à l’ouvrage de quelques abattages. Je n’avais rien d’un fin expert en la matière, mais j’avais déjà débité quelques buches et quelques troncs, moins grands, pour la cheminée en hiver avec mon père. Ça me permis de m’éviter quelques ampoules aux mains, qui étaient déjà assez rudes et calleuses. Nous en avions pour un moment si on souhaitait remplir ce coffre de bois mais cela m’allait réellement. Ca n’avait rien des missions de reconnaissance ou de contrôle de position auquel j’aspirais, mais ça me permettait un tant soit peu d’évacuer cette pression qui ne cessait de croitre à m’en donner le vertige.
Quelques heures étaient passées avant qu’on ne décide de s’accorder une brève pause, le cul assis sur le capot de la voiture, à partager quelques mesures d’eau tandis que je rêvais d’une bonne bière bien fraîche.
Savoir qu’un ruisseau coulait également non loin m’accordait le droit d’en déverser une partie sur le haut de ma tête, sur mon visage et ma nuque. Les grandes chaleurs d’été n’étaient pas encore là, mais les efforts m’avaient rendu rouge et transpirant.
 
Entre deux gorgées, mon comparse se mit à parler, de lui, de son vécu, et j’avais rapidement répondu par un discours tout aussi intéressé. Nous échangions nos expériences sur deux théâtres d’opérations bien différents, évoquant nos souvenirs à la fois différents et proches du combat qu’on avait livré pour la défense de notre pays. Je n’avais pas attendu bien longtemps pour lui révéler mon passif, celui de tireur d’élite au sein des prestigieux et orgueilleux SEAL. Equipe 5 avais-je également précisé, le visage figé dans les souvenirs. La guerre continuait, et en deux soldats américains, il était de notre devoir de ne jamais lâcher, jamais abandonner. On avait fini par trinquer, à l’eau, en promettant de ne plus jamais recommencer sans alcool, avant de reprendre notre labeur.
 

J’étais agréablement surpris d’avoir pu partager autant de point commun avec quelqu’un du camp, lui confiant par la même occasion ma volonté de partir rapidement à ratisser le coin, ou ailleurs, histoire de faire table rase sur de potentiel danger à proximité. Au retour, et une fois le tout rangé, j’avais fini par me jeter à corps perdu dans ce lit que je m’étais approprié. Douze heures de gardes m’attendaient dès minuit.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 24 Sep - 17:48
Matin du 2 Avril.

Soucieux de l'organisation du groupe, James vérifia que les premières gardes soient prises par ses camarades, il initia ensuite une fréquence radio au poste, dont il prit soin d'informer chaque membre du groupe, les incitant à se caler sur la même fréquence pour assurer les communications de groupe.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 25 Sep - 17:36
1er Avril 2035

Menée par ma Liz’ et Kyle, j’avais quitté le campement Snatch aux aurores. Malgré toute la rancœur et les tensions accumulées au cours des dernières semaines, je n’avais pu m’empêcher de ressentir un pincement au cœur, que je ne m’expliquais pas, de laisser cette baraque derrière moi ; et même une étrange inquiétude de n’avoir pas vu Samuel reparaître depuis plus d’une semaine maintenant. Une indescriptible tristesse doublée d’une amertume plus grande de le savoir très probablement parmi les véritables siens, auprès du Marchand et de ses hommes. Rien ne m’avait permis jusqu’à lors de remettre en doute les accusations de trahison que je portais contre mon ancien amant ; et pourtant, pourtant... au-delà de la colère et de l’incompréhension, je ne pouvais m’empêcher de ressentir encore des sentiments à l’égard du Canadien. Sentiments et affection qui ne faisaient que rendre la pilule encore plus difficile à avaler.

Par ailleurs, je m’étais bien gardée de taire mes soupçons à l’égard de Kyle, avec qui j’avais passé une majeure partie de la semaine écoulée, clouée au lit, la moitié du temps dans les vapes malgré les soins miraculeux de James. Il ne s’écoulait pas une journée sans que je ne porte mes doigts sur le pansement qui dissimulait la future nouvelle cicatrice à l’endroit où cette balle m’avait déchiré l’abdomen. A nouveau, j’avais échappé de peu à la mort ; et ça me foutait autant la trouille que ça me mettait dans une profonde et amère colère. Une nouvelle fois, sans l’aide des autres, j’y serais bel et bien restée ; et je n’en ressentais que plus de frustration d’être à ce point confrontée à la fatalité de mes faiblesses, malgré l’existence de mon pouvoir qui m’offrait pourtant de quoi largement me défendre et me protéger. Une situation d’échec que je ruminais âprement en mon for intérieur, me montrant peu avenante avec mes compagnons lorsqu’ils en venaient à évoquer ce sujet.

Pire encore, j’avais continué à me renfermer sur moi-même, muselant mes pensées et mes désirs, à ressasser sans cesse les derniers évènements, me montrant assez peu réceptives à d’éventuelles questions ou remontrances, aussi blessée à l’ego qu’en plein bide. Mais finalement, nous avions fini par atteindre ce qui serait notre nouvelle demeure. Déjà de loin, j’avais porté un regard subjugué par l’ampleur du bâtiment dont je ne pouvais deviner que la silhouette floue, mais massive. Bien rapidement, James était venu pour nous faire faire le tour du propriétaire, et je notais dans un recoin de ma tête, presque comme élément prioritaire, l’existence de cette massive zone qui pourrait accueillir de nombreux véhicules. De quoi m’offrir le luxe et l’occasion d’installer un véritable atelier digne de ce nom, dans le futur.

Je fis un rapide tour des lieux, laissant mes noisettes se porter aussi loin qu’il le pouvait, sifflotant même d’une manière assez audible, impressionnée par l’endroit. Puis j’avais emboîté le pas au chirurgien pour la suite de ce qui s’apparentait à une véritable visite guidée. La traversée du hall d’entrée fut une douloureuse épreuve, tant visuelle qu’olfactive, et je dus faire des efforts monstrueux pour retenir une remontée nauséeuse et le contenu de mon estomac déjà suffisamment mis à rude épreuve ces derniers temps pour en plus le gratifier d’une vidange involontaire.

Tout ce que j’avais voulu, c’était quitter ce hall le plus rapidement possible, aussi ai-je mis quelques instants à réellement prendre conscience du lieu que nous allions occuper, et du luxe, du confort qu’il contenait. James n’y alla guère par quatre chemin, nous menant bien rapidement vers une grande salle de réunion, uniquement meublée d’une longue et massive table, entourée de nombreuses chaises et qui suscita ma curiosité de savoir si nous étions réellement dans une caserne de pompier où dans le bureau du conseil d’administration d’une multinationale. Quoiqu’il en était, je m’installais à la demande du barbu, puis lui laissais la parole, longuement, très longuement. Il posait les règles, définissait le cadre de notre nouvelle survie, mettait les armes sous clés, sous sa responsabilité.

Au fur et à mesure de ses mots, j’avais le sentiment de sentir mon autonomie décroître, alors qu’il y a encore peu, je pouvais faire à peu près ce que bon me semblait. Une nouvelle fois, je portais ma main vers ma blessure pansée, comme un rappel que ça n’avait pas été que pour le meilleur jusqu’à présent, bien au contraire. Finalement, je m’étais enfoncée, silencieuse et légèrement amère, contre le dossier du fauteuil à terminer d’écouter James. Ce qu’il faisait était en réalité digne de louanges, assumant ainsi des responsabilités que j’aurais préféré fuir, mais je ne parvenais pas à me défaire d’un étrange sentiment de doute et de suspicion envers tout ça. Tout était soudainement trop beau, trop confortable et potentiellement sécuritaire pour être vrai. J’ignorais si c’était simplement l’habitude d’être rendue méfiante et vigilante à absolument tout ce qui nous entourait, ou simplement de savoir qu’il y avait des pièces qui nous seraient inaccessibles pour l’instant. Je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qu’il pouvait bien y avoir derrière ces portes qui ne méritait à ce point aucun intérêt.

Je concédais bien volontiers que mes réflexions n’avaient aucun sens en cet instant. Je voulais simplement sortir de cette pièce où nous nous trouvions tous, ne pouvant m’empêcher de glisser des œillades intriguées en direction de Kyle, me demandant s’il n’était pas là le nouveau Samuel qui ferait s’abattre un autre enfer sur nos trognes. J’avais réchappé de peu aux griffes de Soulstrange cette nuit-là, mais la présence de cet homme non loin de moi ne me faisait pas plus me sentir en sécurité dans ce bâtiment aisément défendable que si je m’étais trouvée au beau milieu d’une plaine découverte, à midi tapante un jour de soleil sans nuage.

Aussi, dès que nous fûmes libérée par James, bien qu’il avait déclaré vouloir s’entretenir avec chacun de nous en privé, je m’éclipsais aussi vite que possible de la salle de réunion. Avant même d’explorer les restes du bâtiment qui allait nous accueillir, je repartais en sens inverse pour gagner l’extérieur de la bâtisse, me couvrant le nez dans le tissu de ma manche en traversant de nouveau le hall. Putain, j’avais vraiment l’impression de suffoquer sans aucune espèce de raison. Mais malgré tout, j’espérais pouvoir discuter de tout cela avec James, voir ce qu’il pouvait bien avoir à me dire, alors qu’une certaine culpabilité me rongeait toujours à son égard. Lui et Liz’ d’ailleurs.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 27 Sep - 22:12
1er Avril


Conformément aux demandes de James au sujet du retour des personnes que comptait désormais son nouveau groupe, Elizabeth avait attendu l'aurore pour reprendre la route vers le Perchoir. Une dernière nuit passée dans cette maison bourgeoise sans la compagnie de celui dont elle avait pris l'habitude de partager la couche, avant le grand départ. Elle n'avait de ce fait, adressé la parole à aucun membre de l'ex camp snatch, et le matin même, elle avait rassemblé les troupes pour un départ des plus discret possible. Autant que faire se pouvait, il fallait éviter que quelqu'un se mette en tête de les suivre jusqu'à leur nouveau domicile. Une tâche qui s'avéra assez compliqué pour elle de partir sans même un au revoir à Johann qui avait finalement choisi Melody. Cette femme était vraiment aussi nocive qu'elle le pensait.
Une nouvelle semaine, un nouveau mois, une nouvelle vie. Elle avait la conviction que tout serait différent et plaçait de grand espoir dans ce qu'ils allaient bâtir ensemble.
Le chemin n'avait pas été de tout repos, mais le groupe qu'elle menait aux côtés de Kyle était assez armé pour surmonter les obstacles qui se dresseraient sur leur chemin.
Une fois sur place, et le discours de James passé dont elle connaissait déjà les tenants et aboutissants - hormis toutefois l'organisation qu'il avait jugé utile de faire, Elizabeth aurait rejoint sa chambre pour y déposer ses affaires puis préparé son casier, et mettre un peu d'ordre dans tout ce qui composait ses maigres possessions, une excuse pour souffler un petit peu après la fatigue de la marche du matin même et de la veille, mais aussi pour préparer sa prochaine mission.

Elle avait rassemblé les différents registres dans son sac à dos, les enfournant dans ce dernier en compagnie de son sempiternel crayon et bloc-note qu'elle avait trouvé plusieurs semaines plus tôt à bord de l'avion dans lequel elle s'était retrouvé coincé.

2 Avril


Il fallait qu'elle se dépêche si elle voulait être prête pour sa garde du poste radio en début de soirée. Aussi, elle se mit en route au plus tôt ce jour là après un dernier câlin auprès de son homme. Étrangement, depuis qu'ils avaient choisis de partir pour former leur propre groupe, elle n'avait jamais passé aussi peu de temps avec l'élu de son coeur, et bien qu'elle restait persuadé du bon sens de leurs actes, cet éloignement lui donnait le cafard. C'est donc pendant la garde de Kyle sur le toit du bâtiment que Elizabeth aura rejoins la Chrysler et sera partit du campement en direction du nord. Son objectif ? Rapporter le plus de nourriture possible, et pour cela, un seul homme pouvait les aider.

Kyles Collins

Anonymous
Invité
Lun 10 Oct - 17:17
~2 Avril ~

Malgré le fait que Higgins me relevait systématiquement dans chacune de mes gardes, je faisais en sorte de toujours m’esquiver en prétextant le devoir ou une fatigue si elle cherchait à faire la conversation. Garder le silence sur une chose aussi importante et grave qu’une possible contamination me rendait plus que dingue, mais m’arrangeait sur la forme. Je pouvais fuir sans autre forme de procès… sans doute était-ce la manière la plus douce pour elle pour qu’elle se détache de moi et lorsqu’elle sera finalement aux faits, je misais sur le fait qu’elle ait déjà commencé à me détester pour mieux encaisser la nouvelle.

Je lui avais fait une promesse, celle de rester à ces côtés dans l’espoir d’un potentiel remède, mais est-ce que cela avait vraiment du sens maintenant ? Pourtant, chaque fois que je la croisais, je bouillonnais d'envie de la prendre dans mes bras, voir de la prendre tout court, qu'importait les conséquences.
J’avais sérieusement envisagé de quitter le groupe pour me tenir le plus éloigné possible d’Higgins, rejoindre le campement de Melody … mais les événements vécu avec cette dernière me coinça dans ce choix. Je ne souhaitais pas rejoindre un groupe avec cette ironie de chef à leur tête. Je ne voulais pas trahir le Capt'ain et le reste du groupe.

J’avais planifié ma sortie à un moment potentiel où Higgins aurait pu venir me réclamer des comptes, soit en début de soirée, avisant le chef de mes intentions en précisant qu’il n’était pas nécessaire d’être accompagné connaissant le chemin pour l’avoir effectué la veille lors de notre sortie. J’avais repéré quelques terriers dans le secteur et la promesse d’un peu de viande fraîche.

Equipé de mon arc, j’avais passé le temps nécessaire à la chasse jusqu’à ce que la luminosité ne soit pas suffisante pour ma propre sécurité. Chance ou malchance, je n’avais rapporté dans mon sac que la promesse de quelques repas, sous la forme d’un lapin suffisamment dodu.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 28 Nov - 17:32
Jeudi 4 Avril

Alors qu'en début de semaine, Elizabeth revenait de la ferme Wallace le coffre plein et les bonnes nouvelles avec, le fermier sera venu jusqu'au Perchoir le surlendemain, soit le jeudi 4 du mois, à bord de la Ford F-150, accompagné d'Ana la vétérinaire que les membres du groupe avaient croisé - ou non - et de Clark, le blondinet intello. Armés de fusils Ruger 44 pour Nelson et Ana, le vieil homme et sa partenaire se seront garés sous la tour d'accès au lieu de vie du Perchoir, constatant ainsi de ses yeux la raison du nom du camp, ainsi qu'Elizabeth l'avait suggéré. Clark sera sorti un peu après eux, beaucoup plus réservé, l'air même de mauvaise humeur et se contentant d'un bonjour aimable.

Nelson ne lésina pas d'ailleurs sur la forte impression que lui faisait la caserne de pompiers, dont il avait entendu parler de la construction des années auparavant sans jamais la voir, ni se douter qu'ils s'étaient réellement logés ici. La rencontre avec James fut d'ailleurs très amicale et le fermier félicita le chirurgien pour ce projet prometteur. La raison de leur présence, outre les cordialités et la confirmation de leur partenariat nouveau, avec la volonté de Nelson d'inviter James à la ferme pour discuter plus longuement de tout cela, restait l'échange qui avait été convenu.

Le coffre de la Ford semblait chargé et ce n'était pas qu'une illusion : l'équivalent de huit semaines de nourriture était entreposé dans des caisses, comme la première fois, ainsi que deux bidons d'essence. Le fermier confia l'un des bidons à Clark, qui portait aussi une boite à outils et proposa d'indiquer au jeune homme le générateur, pendant qu'ils déchargeraient. James fit ainsi appel au groupe pour aider les invités à décharger les caisses, qu'ils déposeraient dans le garde-manger, pendant que James accompagnait Clark qui restait toujours majoritairement silencieux et se contentait de réponses courtes aux éventuelles questions de James à propos du générateur.

Muni de ses outils et de l'essence, Clark demanda une bonne demi-heure pour pouvoir travailler sur le générateur, ce que James autorisa en le laissant seul dans le local technique. Durant ce temps, c'était au tour des biens offerts à Nelson d'être chargés dans la voiture et au terme, la Ford fournie en matériel, les deux invités attendirent leur comparse qui avant la fin du temps imparti, signalait à James avoir terminé d'installer le générateur désormais relié au système électrique du bâtiment servant de lieu de vie.

D'après ses dires, ils devraient pouvoir avoir de la lumière dans le bâtiment et de quoi faire fonctionner le chauffe-eau pour pouvoir profiter du luxe d'avoir de l'eau chaude pour peu qu'ils remplissent eux-même le ballon d'eau. Le générateur était d'ailleurs dès à présent alimenté par le bidon apporté et en prime, le jeune technicien confia à James trois paquets de trois ampoules qu'il avait apporté dans sa boite à outils. C'est remercié plusieurs fois par le chef de camp, tout enthousiaste qu'il était, que Clark rejoignait la Ford sans regarder derrière lui.

Le temps d'un dernier échange afin de convenir de la venue de James - Nelson demandant d'ailleurs à récupérer les caisses vides dès que possible, et les voilà qui repartaient, laissant derrière eux un groupe qui ne tarderait pas à retrouver un peu de bonheur, avec de la nourriture, de la lumière et de l'eau chaude. Après tout, il en faut peu pour être heureux.


Dimanche 7 Avril


Ce bonheur, si il était, ne tardait malheureusement pas à être entaché par une fin de semaine macabre, incompréhensible et terrible à vivre. Kaitlin et Koda, le couple très discret cette semaine, finit par se faire voir, mais pas de la manière espérée. On remarqua dès les premiers jours que ces amoureuses très vites entichées, avait plus de mal à s'entendre qu'elles ne l'auraient voulu. Kaitlin semblait très agacée par la fainéantise affichée de Koda, qui ne s'investissait pas malgré les rappels à l'ordre de James, dans l'entretien et le développement du camp, passant une bonne partie de ses journées à se prélasser sur les canapés de la pièce commune, ou dans le dortoir des femmes, en lisant les revues trouvées sur place.

Bien que Kaitlin elle-même n'en faisait pas beaucoup pour le camp, elle ne se cachait rapidement plus de cette franche aversion, qui donna lieu à des disputes. Des disputes de moins en moins intimes, de plus en plus fortes et violentes, et en dépit des interventions de James d'abord en médiateur, puis en chef de camp qui ne manquait plus de les engueuler, excédé par ces exagérations inutiles, les disputes continuèrent, nourries par une incompréhension commune, mais aussi une difficulté évidente à supporter cette nouvelle vie et ce monde apocalyptique qui n'avait aucune pitié et les privaient de leur ancien confort.

Un soir de milieu de semaine, Kaitlin en vint à gifler Koda à plusieurs reprises, ce qui lui valu d'être emmenée par le bras d'une poigne ferme de James à l'écart, lui qui n'avait plus beaucoup de solution, la contraignant à rester à l'écart de Koda le temps que les choses se calment et qu'elles cessent de se rejeter la faute de leur nouvelle vie. Mais Kaitlin se montra incroyablement bornée et colérique, même, haineuse. La frustration monta encore d'un cran, atteignant un niveau critique, quand la séparation devint aussi physique, Koda bien qu'en faute tout autant ne supportant plus à son tour les humeurs explosives de Kaitlin, qui réagit très mal. Chacune persuadée d'avoir raison, inhibées par un chef de camp qui passait, sans aucun plaisir, de plus en plus de temps à les surveiller pour éviter que les choses n'empirent encore et ne dérapent, les jours qui suivirent furent glacials et silencieux.

Et vint le dernier après-midi de la semaine, quand Kaitlin et Koda, se croisant dans la cuisine alors qu'elles allaient chercher un en-cas et de l'eau, déballèrent leur sac dans une nouvelle dispute. Des propos cruels furent lancés sous la colère, des reproches, des insultes, la sensation que tout s'écroulait pour de bon, fit qu'en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, avant même que quiconque dans le camp ne s'en rende compte par les séparations des pièces aux murs épais - James et Kyle absents alors, Kaitlin s'emporta et projeta brutalement Koda.

Cette dernière, par un concours de circonstance désastreux et la force excessive mise par sa compagne, bascula en arrière et déséquilibrée, glissa en percutant violemment un angle de bord du bloc central sur une partie sensible de l'arrière-crâne. Du sang se mit à couler, laissant Koda évanouit et Kaitlin, prise de soudains remords en pensant l'avoir tué, sortie en courant du réfectoire et poursuivie dans le couloir, le hall d'entrée, les escaliers puis l'extérieur, prenant la fuite sous le regard d'Elizabeth à ce moment perchée sur le toit pour sa garde.

Les uns et les autres, pris par leurs occupations ou alors tournés vers la fuite inexplicable de Kaitlin qui disparu dans la forêt, ne trouvèrent pas Koda avant un moment. Le temps de la découvrir en sang sur le sol de la cuisine et d'intervenir, il était déjà trop tard, celle-ci avait succombé à sa grave blessure qui avait provoqué une hémorragie crânienne et après plusieurs longues minutes sans assistance. On ne revit plus Kaitlin.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 5 Déc - 21:20
6 au 7 Avril.

La venue de Léonard avait été l'occasion d'un certain remue-ménage, due au fait qu'il était le premier ressuscité - dégénéré - à arriver au Perchoir sans avoir rien connu de leur ancien campement, neuf de tout passif à leur égard. Après la brève discussion de l'homme d'avec Jena alors sentinelle, James revint des stocks avec sous les bras une tente tunnel pliée qu'il monta sur le toit, avant de lui apporter assez vite - probablement qu'il avait déjà fait quelques voyages jusqu'au local technique en-dessous, coussins, couvertures et un sac de couchage pour passer la nuit.

Mais surtout, ce qui devait être dans l'immédiat le plus nécessaire, il lui apporta également dans la tente, un quart d'heure plus tard, un repas fait d'une boite de conserve de boeuf et pommes de terre, une fourchette, ainsi qu'un sachet de biscuit et une bouteille d'eau. Sûrement plus qu'il n'en aurait trouvé dehors, bien que modeste, il n'empêchait que cela devrait largement suffire à le rassasier jusqu'au milieu de journée. Sur quelques mots de politesse, il le laissa se reposer, le tour de garde évoluant à 6h du matin avec la venue d'Ivy pour remplacer Jena, puis de Elizabeth à midi, qui sur demande de James, lui apportait un nouvel en-cas.

Durant la journée, comme convenu, il fut contraint de rester sur le toit avec la sentinelle du moment pour compagnie. Finalement, à 18h, James revint enfin à lui après une sortie mouvementée et discuta quelques minutes avec Léonard, de tout et de rien, n'évoquant pas vraiment leur rencontre ou les raisons de sa présence, ce que cela pouvait signifier, une discussion des plus banales, mais qui servit au chef de camp à jauger à nouveau l'homme d'un point de vue psychologique et comportemental, finissant par conclure qu'il n'était pas une menace.

C'est pourquoi il l'invita à le suivre et avec lui, descendit au local technique, puis traversa le hall d'entrée pour l'amener à l'intérieur, après une double-porte, dans un couloir de ce qui ressemblait à un bâtiment de bureaux ou peut-être un internat, et n'était autre que le lieu de vie des anciens pompiers de la ville dont ils disposaient aujourd'hui. Il ne fallut pas longtemps pour l'amener dans le dortoir hommes, qui n'avait comme occupant qu'un seul autre mâle : Kyle. James lui confia ainsi un lit, une armoire et lui indiqua un numéro de casier dans les vestiaires, lui affirmant alors qu'il considérait qu'il n'était pas dangereux pour le groupe et que s'il souhaitait s'investir, il aurait sa place parmi eux.

Pour terminer, il le laissa libre de ses mouvements, l'encourageant à visiter les lieux, à prendre état de son casier, profiter de son lit, son armoire et déposer ses affaires... faire comme chez lui pour faire simple. Pour ce lundi, le repos et la découverte étaient de rigueur mais comme il ne tardait pas à lui signifier, dès le lendemain, il lui faudrait prendre part au guet, à la garde du poste-radio et s'investir d'une façon ou d'une autre dans le camp, qu'il pourrait considérer comme le sien maintenant.

La tente sur le toit aura été repliée, les affaires rangées, effaçant bien rapidement cette nuit d'incertitude.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Jeu 15 Déc - 0:19
Dans la nuit 7 Avril au matin du 8 Avril.

On peut dire que le destin réservait de bien moroses surprises, outre de nouvelles têtes, d'autres disparaissaient. Personne n'a pu le voir venir, en dépit de sa grande attention, presque oppressante, à l'égard de Kaitlin et Koda, la découvert du corps de cette dernière fut un choc, qui acheva le moral du chirurgien après l'épisode du type de l'avion. La façon dont elle avait été tuée, si... stupide, si incompréhensible, si démesurée, de la faute de sa trop récente compagne avec qui elle n'avait pas assez prit de recul et qui révélait une claire folie que James n'avait même pas soupçonné, pour en venir à un acte aussi odieux.

Il s'en voulait, incroyablement fort, de s'être isolé dans son bureau pour plancher sur ses idées d'aménagement du campement en se disant que pour ce soir, il serait bon qu'on le laisse réfléchir en toute sérénité, et donc en toute solitude. Il n'avait pas entendu, de part l'épaisseur des murs et la distance d'avec la cuisine, ni la probable dispute, ni l'avérée agression. Voir cette femme encore fraîchement revenue à la vie, sujet à cette... malédiction-miracle, puisqu'il n'y avait pas d'autre façon de la qualifier, qui était ramenée à ce monde pour affronter sa déchéance, ses armées de morts, de vivants et les millions de danger qu'il réservait ; la voir ainsi étendue dans son propre sang à la suite d'un accident domestique, était et il s'en rendait compte, une mort bien plus cruelle dans un sens que de s'être faite dévorée, mais sans doute plus douce.

A peine le temps de découvrir la scène que Kaitlin était portée disparue, elle avait fuit, échappant au courroux des membres du groupe et à la justice qu'il lui aurait préféré, car au-dehors dans la nuit, une justice bien plus sauvage et douloureuse l'attendait avec trop peu de chances de survie. Il n'était pas question de braver les ténèbres pour la rattraper, il y avait assez d'un drame qui infligerait au chef de camp une nuit blanche, pour emmener la pauvre Koda hors des pièces de vie, dans le poste de sécurité dont il avait seul les clés, son crâne maintenu par un pull en éponge. Là, s'il aura été aidé, il sera conduit à demander de rester seul pour s'en occuper, ayant un besoin plus fort encore de solitude et de réflexion.

Son corps, il l'enfermera dans un drap blanc, au sein duquel il l'aura allongé d'une posture droite, les bras en croix sur sa poitrine à même le sol. Tout redevint pleinement silencieux et James ne prêta plus vraiment d'attention à ce qu'il se passait dans le camp, il avait besoin de faire face aux drames, qui s'enchaînaient sans s'essouffler. De réfléchir à tout ce que cela impliquait, un premier échec, de ne pas avoir été en mesure d'empêcher cette ignominie d'arriver. De constater que même entre les murs relativement propres et sécurisés de leur Perchoir, le mal et la peine trouvaient toujours un moyen de se frayer un chemin. La peur était plus présente, celle d'imaginer que cette fille dépravée aurait pu infliger cette fin à un autre membre du groupe, qu'il s'accusait de penser, étaient plus importants pour lui que la pauvre Koda. Ivy, Elizabeth, Jena, autant de femmes capables de se défendre, mais c'était là le problème : plus la résistance était grande, plus les choses dérapaient, l'escalade encore et toujours de surenchérir pour maintenir la pression.

C'était ce que leur avait promis le Vagabond, concernant le Marchand et ses sbires, la surenchère, l'escalade, l'absence de tout espoir d'avoir un jour la tranquillité, malgré que ces bandits n'aient pas donné signe de vie depuis quelques temps à présent, c'était un calme qui annonçait une terrible tempête. Il le savait au fond de lui. Il voulait garder la tête hors de l'eau, continuer de lutter pour ses idées, pour la seule idée d'espérance, mais on cherchait sans cesse à le tirer vers le fond. Quelle volonté supérieure pouvait être sadique au point de ne leur permettre aucun vrai répit ? Une question qui resterait sans réponse et ce n'était pas plus mal quelque part. Pour cette nuit, il continuerait de penser, à tout, à tous ceux qui étaient près de lui, à tout ce qui les attendaient. Demain, quand le soleil pointera le bout de son nez pour éclairer ces terres désolées, il serait temps d'enterrer Koda un peu plus loin dans la plaine afin de lui accorder le repos éternel.

Mais avant d'y arriver, il y avait un passage obligatoire, animé par un profond doute, une profonde crainte, qui n'avait qu'une façon, aussi horrible soit-elle, d'être écartée. James baissa le regard à son couteau, à sa ceinture et d'une main légèrement tremblante, le saisit pour le sortir de son fourreau. Il s'approcha du corps sous linge et fermant les yeux, posa une main sur la tête de la regrettée défunte pour la maintenir, et de l'autre, y enfonça la lame d'abord lentement, puis d'un coup sec pour abréger cette douleur. Pas celle de Koda, qui ne saurait ressentir cette souffrance, mais pour James, qui avait l'impression de s'enfoncer ce couteau dans son propre estomac noué à l'extrême et terriblement douloureux. Une larme, voilà ce qu'il offrait à cette fille qu'il n'avait pas eu le temps de connaître, mais dont il se sentait profondément intime maintenant qu'elle était inerte, d'une façon odieuse et dérangée, à se morfondre, mais sincère.


Mardi 9 Avril.

C'était jour de bûcheronnage pour Kyle et James, à un jour de retard mais avec les derniers événements, c'était un retard compréhensible. Suite à l'enterrement de Koda au précédent matin, il lui avait fallu un peu de temps pour se remettre de l'intense malaise qui l'avait pris toute la nuit et la matinée, mais après le passage du midi, il avait cherché Kyle et découvert que lui et Jena étaient partis vers la forêt pour chasser. Quelque part, il savait pertinemment qu'il ne s'agissait pas que de chasser le gibier, qu'il y avait autre chose, mais il ne voulait rien en savoir. Si Kaitlin n'avait pas déjà été tuée durant la nuit, ce qui était fortement probable, alors le duo ferait sans doute ce qu'il avait à faire, par vengeance. Plus le temps passait, plus James se confortait dans l'idée qu'il avait toujours cherché à rejeter, à cause de sa morale : que la justice, la vraie justice, était synonyme de vengeance, deux mots pour un même résultat, ce que l'on appelait la loi du Talion, grossièrement résumé comme "oeil pour oeil, dent pour dent".

C'est pourquoi en ce jour, il récupéra les haches à l'arrière du bureau, qui servait d'armurerie, et trouva Kyle pour l'embarquer à bord de la Chrysler 200 dont les clés avaient été subtilisées à Elizabeth. Ils gagnèrent le même coin que celui travaillé la semaine passée, à la lisière sud de la forêt, retrouvant les même troncs, pour mettre à terre de nouveaux arbres. Cette fois cependant, au-delà des efforts apportés à frapper chacun son tour la même cible définie par une longue coupe, avec synergie, il encouragea Kyle à l'aider à éparpiller quelques fruits d'arbre récupérés au passage, car si ça n'aurait sans doute pas d'impact sur leur propre quotidien, il se sentait coupable à l'idée de bousiller cette forêt petit à petit, aussi lui permettre de se renouveler était un bien qui ne coûtait qu'un peu de temps supplémentaire.

Ils ramassèrent assez de bois au cours de ce long après-midi à suer par tous les pores, de quoi leur donner un entraînement quotidien par le labeur qu'il appréciait partager avec Kyle et qu'il comptait bien convier chaque semaine, ce à quoi il fit référence au cours de leurs petites discussions entres hommes et anciens soldats, que ce soit sur leurs bons vieux souvenirs, sur les armes, ou sur ce qu'ils imaginaient du futur, toujours dans une ambiance positive et détendue à laquelle le chirurgien aurait bien ajouté quelques bières fraîches. Voilà quelque chose à rajouter sur la liste des priorités, pensait-il avec un certain petit amusement dont il s'était privé ces derniers jours difficiles émotionnellement.

Pour cette fois, ils rentreront plutôt avec un tas de bois qui se cumulait doucement, de quoi mettre sur pied quelques projets de construction dont Ivy serait le maître-charpentier attitré. D'ailleurs, James n'évoqua pas non plus les ébats entre ces deux-là, même s'il en avait été le témoin auditif malgré lui, tout le monde avait droit à un jardin secret, il suffisait de savoir faire semblant parfois.


Mercredi 10 Avril.

Ce jour fut particulier pour James. Il avait bossé ses idées toute la semaine passée et réfléchit encore à cela ces deux derniers jours. Mais avant cela, il avait autre chose à faire...

Figé devant le miroir de la salle de bain du dortoir des officiers, qu'il occupait avec Elizabeth, il se regardait dans la glace, observait longuement l'image qu'elle lui renvoyait et tout ce que cela impliquait. Lui, sa vie, son oeuvre, ses échecs, ses labeurs, ses quelques victoires parfois. Cette barbe l'irritait de plus en plus depuis quelques semaines, trop touffue, trop rustre, malgré l'avoir taillé à la tondeuse avant d'avoir rejoint leur précédent campement, ce fiasco. Quelque part, il voyait dans cette barbe épaisse tous les souvenirs, toutes les blessures et les coups durs qu'ils avaient vécu, lui et les siens, depuis son retour à la vie. Peut-être ressentait-il plus de démangeaisons aujourd'hui à cause de cela, sans doute, mais l'envie qu'il avait s'affirmait maintenant.

Il prit en main la tondeuse qu'il avait gardé jusqu'ici, au fin fond de ses affaires et la mis en route, profitant de ce qu'il restait de batterie et de la seule et unique brosse possédée à 6 mm, pour effacer ce passé laborieux, ces peines, transformer son visage et de cette façon, aller de l'avant. Il était drôle de constater que les plus grandes réflexions de l'homme, souvent, se faisaient dans les instants les plus banals qui soient.

Un peu plus tard...

Il n'avait pas tout enlevé, mais il ne restait plus grand chose, juste un petit tapis noirâtre le long de son menton et de ses joues, jusqu'aux oreilles, il en avait même profité pour couper une petite longueur de cheveux et rendre tout ça plus sympa. Propre sur lui grâce à une douche chaude incroyablement agréable qu'il devait au générateur - remerciant Clark chaque jour pour ce cadeau, et ayant troqué sa chemise grise contre un tee-shirt noir tout aussi classique, un cahier dans les mains et un stylo dans l'autre, il fit un tour motivé du camp à la rencontre de chacun de ses camarades. Son objectif ? Définir avec eux leurs talents, leurs forces, ce qu'ils pensaient pouvoir réaliser plus tard une fois leur mieux retrouvé, et le cas échéant, pour peu qu'ils en aient conscience, leurs pouvoirs - ce dont Jena était épargnée. Comment s'y était-il prit ? En leur posant des questions, sur eux, sur leurs expériences passées et celles présentes, sur leur ressenti, mais aussi en réalisant des tests par des méthodes d'évaluation psychologique et comportementale cachés, via discussion classique. Un récapitulatif intelligent et organisé de leurs savoirs-faire qui était devenu indispensable pour monter une organisation efficace et des projets en ce sens, le chef de camp en avait des tonnes.

Certains réalisables dans la journée, d'autres sur le long terme, mais il était fin prêt à assumer son rôle et se considérer comme un chef, maintenant que c'était plus nécessaire que jamais et qu'il avait eu sa révélation. Celle-ci, aussi dramatique soit-elle, lui donnait paradoxalement une nouvelle couche de volonté et d'assurance qu'il n'aurait pas soupçonnée un mois auparavant. Il savait exactement ce qu'il devait faire, quel leader il devait être et de quelle manière maximiser les chances de survie de son groupe - ce avant les siens. Il savait aussi quel homme il devait être, pour son bien, pour celui de sa belle, pour son avenir.

Ce faisant, il ajouta lors de chaque échange une demande particulière, qu'il abordait avec un certain engouement qui trahissait totalement son attitude des derniers jours, et même un sourire - une tape sur l'épaule ou encore une petite touche du poing sur le torse pour Kyle. Cette demande : qu'ils apportent tous leurs armes et équipements, sur eux comme dans les casiers et que tout soit déposé en tas individuel sur la table de la salle de réunion. Lorsqu'ils auront accompli cela, James les aura invité à aller vaquer à leurs tâches une petite heure et de tous revenir pour une réunion. C'était très formel et ombrageux comme démarche, cependant il confiait à qui en avait le besoin qu'il suffisait de lui faire confiance et qu'il savait quoi faire.
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