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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Spécial ; ZDC 3] Un battement de vie - 07/04/35
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Evènements

Anonymous
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Lun 12 Sep - 0:13







Un battement de vie
Interprété par Léonard Butler.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 12 Sep - 0:14
Ce rêve, brutal, cette sensation, atroce et oppressante. Prisonnier de ton propre esprit, tu subis ces incompréhensibles flashs accompagnés de paroles insensées, poétiques et prophétiques. Le temps n'existe plus, l'espace devenu une substance fictive et la réalité n'ayant plus que l'attribution que ton subconscient peut lui donner, et pourtant...

Cela fini par cesser et les sensations insupportables, s'arrêtent. Après quelques instants ayant l'air d'une éternité chacun, perdu dans une trame temporelle dont tu ne peux saisir les fondements les plus élémentaires, tu finis par la ressentir. La morsure froide, vivifiante bouffée d'air après une journée chaude que tu n'as pas vécu et dont tu n'as pas encore conscience qu'elle ai existé. Tu peux les percevoir, les sensations de ton corps, l'étreinte de la douleur dans tes muscles jusqu'aux os les mieux cachés, la migraine intense, comme après une soirée bien trop arrosée, en plus assommante.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

L'humidité moelleuse t'enveloppe dans une sensation qui apparaît assez familière sur la forme. La fraîcheur tranche nettement par moments lorsque le froid insidieux se mêle à la chaleur retrouvée d'un corps pourtant censé être perdu, et rappelle à tes os et à ta chair que tu es en vie. Il fait nuit, les ombres grossies par d’immenses présences serrées côtes à côte et couvrant les reflets à peine perceptibles de la lune, ne laissant que peu de lumière apparaître à tes yeux. Tes poumons aspirent une odeur d'humus, d'écorce, de sève et de terre. Un parfum particulier que même celui qui n'y est pas habitué, saura identifier grossièrement à la nature. Le temps de réaliser et tu pourras distinguer le décor : l'aspect sauvage d'une forêt. Les arbres te dominent tout autour de toi, voilant dans leurs feuillages l'éclat lointain et pur des étoiles se discernant par milliers au travers des immenses créatures de bois et de feuilles, même si le doux froid te saisit. Pour l'instant, il ne semble y avoir rien d'autre que toi et la nature.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement déposé à coté de toi, aligné et nettoyé. Tu ne reconnais pas cet équipement étrangement flambant neuf. Ainsi te voilà vivant, ta peau propre, comme neuve, alors que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.


Éléments scénaristiques:
 

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Mer 14 Sep - 21:56
Léonard était calme. Il profitait de cet instant de répit qui faisait suite à un tumulte qu'il avait l'impression d'avoir toujours connu. La vision et la conscience par à-coup, les sons et les mouvements qui le chahutaient comme par échos, le temps et l'espace qui semblaient ne plus répondre à une logique connue : tout cela avait enfin cessé pour laisser place à un vide. Était-ce ça le repos éternel ? Léonard prit une grande inspiration. Il sentit la fraicheur de l'air effleurer ses narines, s'engouffrer dans ses poumons et gonfler sa poitrine. Il entendit le bruit profond de son aspiration, le frottement de ses vêtements causé par le soulèvement de son buste, et le murmure du sol qui crépitait sous ce mouvement. Léonard expira longuement par le nez. Et à mesure que ses poumons se vidaient, la douleur l'envahit. Et elle ne pouvait signifier qu'une chose.

Léonard ouvrit grand les yeux. Sous le coup de l'effroi qui venait de le saisir par la nuque, il se mit à haleter d'un souffle rauque. Il se redressa à moitié, en restant les jambes allongées, et avec des mouvements paniqués se traina en arrière en poussant le sol avec ses pieds. Sa tête s'agitait dans tout les sens avec une expression de terreur figée dessus. Dans sa fuite en marche arrière, Léonard s'appuyait sur ses coudes, qui s'enfonçaient dans le sol tendre, pour se jeter toujours plus en arrière. Le dos de Léonard vint finalement percuter un obstacle qui l'arrêta dans sa débandade. Il donna encore quelques coups de talons dans la terre fraiche, mais sentit rapidement que ce qu'il avait dans le dos n'allait pas reculer. Les mains de Léonard étaient crispées dans le sol et ses yeux suivaient une trajectoire folle à la recherche d'un danger qui semblait omniprésent.

Peu à peu, l'éveillé s'apaisa. Léonard ferma les yeux un instant, prit une nouvelle longue aspiration pour calmer son cœur qui tapait jusqu'à ses tempes, et détendit ses épaules, ses mains puis ses jambes. Une fois calmée, Léonard rouvrit les yeux. Il fixa l'obscurité devant lui le temps de laisser ses yeux s'habituer à la faible luminosité. Il retint son souffle pour saisir les bruits qui lui parvenaient.

Le murmure du vent vint à ses oreilles. Il avait les accents caractéristiques du souffle des forêts qui fait bruisser les feuilles à la manière de l'écume. Il était porteur d'un parfum léger exalté par l'humidité de la nuit, dont les reflets célestes tombaient parfois jusqu'aux racines des sombres silhouettes qui peuplaient les environs. Mais une fois l'adrénaline dissipée, la douleur – qui lui avait fait comprendre qu'il était en vie – revint. Il avait du mal à en définir l'origine. L'ensemble de son corps semblait être une masse de souffrance, omniprésente au point qu'il ne pouvait que s'y accommoder en grimaçant.

Léonard se releva en restant adossé à l'arbre qui avait bloqué sa fuite. Il expira une dernière fois avec profondeur, comme pour s'assurer que son moment de panique était bien parti. Mais son souffle s'arrêta en cours de route lorsqu'il pensa à sa blessure. Léonard examina aussitôt sa main. Mais rien. Pas de morceau manquant ou même de cicatrice. Incrédule, il regarda son autre main pour être sûr, mais elle non plus ne portait aucun stigmate. En fait, ses mains ne portaient plus aucune trace d'une quelconque blessure. Plus de micro-cicatrices, ni même de cors. On aurait dit qu'on en avait changé la peau. Et quand Léonard prit conscience de ça, cette sensation s'étendit à l'ensemble de son corps. Sa peau lui semblait comme étrangère. Comme un vêtement neuf, ou qu'on vient de laver, et qui a besoin de s'habituer à la carrure de son porteur.

Mais peut-être était-ce simplement le fait d'être propre ? Car pas de doute : il avait été lavé. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu une hygiène dermique aussi irréprochable, alors peut-être était-cela qui lui donnait l'impression d'une peau nouvelle. Léonard était confus. Et il le fut encore plus quand il se mit à chercher les causes d'une telle situation.

Le regard de Léonard se posa sur l'équipement posé à côté de là où il s'était réveillé, à peine deux mètres devant lui. On l'avait donc sauvé, nettoyé, soigné, puis déposé ici avec de l'équipement. Était-ce un genre de jeu ? Léonard passa sa main devant son visage. Il fallait chasser ce genre d'idée. Penser à la survie pour ne pas s'encombrer d'énigmes qu'il ne voyait pas comment résoudre. Léonard s'approcha des trois objets alignés proches de lui, et dont il distinguait les formes après s'être habitué à la pénombre.

Endolori, Léonard posa un genoux un terre avec un gémissement pour observer le tout. Il saisit d'abord un tube en plastique, avec une goupille à l'une des extrémités, et des indications écrits le long du cylindre. En se mettant à lire les inscriptions, Léonard ne put s'empêcher de se demander si son ptosis était toujours là. Il ne voyait pas de changement et avait toujours en peu de mal à lire, mais il tint à vérifier. Après avoir un peu tâté sa paupière supérieure gauche, il réalisa que sa condition n'avait pas changé. Léonard rangea le tube goupillé, qui s'avéra être une torche éclairante d'après les inscriptions, dans une poche intérieur de sa veste imperméable kaki à capuche.
Celle-ci ci était particulièrement sec et un donc peu raide. Tout comme son pantalon de travail beige sombre avec des renforts kaki – eux aussi. Sur ses vêtements, il y avait toujours un peu de poudre de plâtre dû au l'excursion dans le chantier... qui avait mal tourné et l'avait conduit ici. Sous sa veste, son ample t-shirt noir était toujours sale et contrastait avec la propreté de sa peau et la sensation d'étrangeté qui s'y mêlait.

Léonard ramassa ensuite une petite pochette en faux-cuir noir et l'ouvrit. À l'intérieur se trouvait un ensemble de crochets et autres instruments, de quoi faire céder des serrures même sans la clé. Léonard resta de marbre en extérieur et dû se retenir de commencer à penser qu'il s'agissait d'un « don » qui lui était étrangement adapté. Léonard avait une certaine maîtrise du hacking qu'il soit mécanique ou informatique... et dans cet univers : l'art du crochetage n'était jamais loin. Sans plus y penser, il plaça la petite pochette dans l'une des poches larges de son pantalon.

Le dernier objet était un sac à dos de petite taille. Léonard l'ouvrit pour vérifier s'il contenait quelque chose. Ce n'était pas le cas. Il l'enfila avant de se redresser avec un nouveau gémissement de douleur et d'inconfort. Il fit un tour sur lui même pour avoir une idée de ce qui l'entourait.

Léonard jeta bref coup d'œil au sol pour chercher des traces, mais se rendit à l'évidence : il faisait nuit et le milieu forestier n'était pas vraiment son fort. Le ciel noir et ses étoiles blanches ne semblaient pas non plus pouvoir lui donner des indications. Peut-être aurait-il fallut monter à un arbre un peu haut pour avoir une vision plus lointaine : mais de nuit, seul et avec son peu d'agilité, Léonard se ravisa aussitôt.

Il entreprit alors de faire un nouveau tour sur lui même, lentement et en respirant le plus bas possible. L'objectif était de tendre l'oreille pour entendre un son qui pourrait attirer son attention. Ou sur voir une lumière qui aurait pu percer, au loin, entre les arbres. Ou même un mouvement.

À défaut de quelque chose de ce genre, Léonard n'aurait plus qu'à se mettre à marcher dans une direction au hasard. Il restait attentif, et discret, afin de déceler un signe quelconque ou simplement un endroit qui lui permettrait d'attendre le jour en sécurité : un cabanon abandonné - qu'il imaginait pouvoir trouver dans un tel endroit, ou même un arbre facile à escalader pour y attendre le jour.

Evènements

Anonymous
Invité
Ven 16 Sep - 22:48
Léonard s'était lentement réhabitué à son corps et ses vêtements, plus que sales, portaient une odeur comme entendu repoussante, un moisi atroce au point que, bien qu'il s'agissait en grande partie de sa propre odeur, c'était difficile à supporter. Tandis qu'il entamait sa marche dans la forêt, ainsi en pleine nuit, sa forte migraine revint à la charge brutalement et le fit immanquablement tituber pendant quelques instants le temps qu'il se reprenne, chose qui avait de quoi le désorienter mais pouvait-il l'être davantage encore dans un environnement comme celui-ci ? Il y avait des tas d'arbres et de buissons qui encombraient tout autour de lui, les branches étaient envahissantes, certaines n'hésitaient pas à s'accrocher à sa veste ou a le provoquer en touchant et en percutant légèrement son visage.

C'était certainement très perturbant, il marchait on ne peut plus au hasard, il n'y avait pas le moindre sentier, le moindre relief différent qui aurait pu le guider un tant soit peu, c'était l'inconnu le plus ténébreux qui puisse être imaginé. Si un chasseur expérimenté aurait pu sans difficulté trouver ses repères, il était clair que même une telle personne aurait eut du fil à retordre en pleine nuit avec une visibilité très réduite, il y avait de quoi être effrayé et dans un monde comme celui qui accueillait Léonard de nouveau, de quoi être terrifié. A chaque instant, un mort-vivant pouvait surprendre l’afro-américain en débarquant de derrière un arbre ou en lui tombant dessus de dos. S'il y avait quelques bruits à peine perceptibles, lui ne pouvait absolument pas parvenir à en définir la nature.

A tel point qu'après une minute, lorsqu'il entendit un soudain et horrifique cri strident qui éclata en pleine nature, il fut prit aux entrailles, inévitablement. L'expression la plus humaine qui soit, répondit immédiatement à cet éclat dont il ne pouvait en définir l'origine ou la nature, c'était très étrange. Le même cri, plus proche cette fois, se répercuta en écho et d'arbre en arbre, petit cri court et ne rappelant rien d'humain, mais si incroyablement intense que Léonard aurait pu croire que le responsable se trouvait à deux pas à peine. Qu'il se soit arrêté pour tendre l'oreille ou qu'il ai continué en cherchant à ignorer ce bruit alarmant, il sera confronté au même résultat : surgissant des buissons sans crier gare, un marcassin se retrouvera pratiquement nez à nez avec Léonard.

La bestiole lâchera à nouveau ce cri horrifique, qui était un nasillement, de quoi transpercer les tympans fragilisés de l'homme de grande taille, et en se plantant à deux pas de lui avec une attitude nerveuse : il faisait des pas sur place, comme s'il voulait à la fois s'enfuir et était apeuré à l'idée de s'aventurer dans ces bois. Nul doute que ce bébé sanglier était perdu. Au moins n'était-il pas confronté à un adversaire menaçant et plus soulageant encore, à un cadavre ambulant qui n'aurait pas hésité un instant à se jeter sur lui pour lui déchiqueter la gorge.

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Sam 17 Sep - 20:05
Avec un main tendue devant lui pour écarter les branchages, et l'autre au niveau de son visage pour se protéger, Léonard avançait péniblement. Son équilibre était perturbé par son manque d'aisance dans un tel milieu - de nuit, et par sa migraine qui lui donnait l'impression qu'un bélier venait frapper régulièrement les parois intérieures de son crâne. L'odeur de ses vêtements n'arrangeait rien à ce mal de tête et lui donnait un peu la nausée. La douleur qui étreignait ses os ne le quittait pas non plus. C'est donc avec ce malaise généralisé que Léonard se frayait un chemin : confrontant sa large silhouette à la végétation dense et agressive.

Mais sa migraine et ses douleurs osseuses s'évanouirent immédiatement quand un hurlement strident perça la nuit. Un frisson parcourut l'échine de Léonard qui se figea. Il ne pouvait définir l'origine d'un tel son qui lui sembla être une plainte. Des dizaines de scénarios, plus horrible les uns que les autres, se mirent à défiler dans l'esprit de Léonard : une femme qui se faisait déchiqueter, un mort-vivant qui hurlait après l'avoir aperçu... Mais le cri revint et semblait se rapprocher. Léonard reprit sa marche hasardeuse d'un pas rapide et mal assuré, jetant des coups d'œils furtifs par dessus son épaule et autour de lui. Mais il ne vit pas venir la bête.

Quand le marcassin déboula devant lui - accompagné d'un nouveau hurlement, Léonard manqua de tomber en arrière. L'homme se figea de nouveau, mais était rassuré qu'il ne s'agisse que de ça. C'était la première fois que Léonard voyait une telle bestiole en vrai. Léonard se détendit doucement, se mettant en posture pour pouvoir réagir rapidement : que ce soit pour se défendre du marcassin ou partir en courant. Il ne savait pas quoi faire. Un raisonnement rapide parcouru l'esprit de Léonard.

Il connaissait le comportement des ourses quand quelqu'un était en présence de leurs petits. Extrêmement agressives, prêt à tuer quiconque se serait approché trop près de leur progéniture... même si c'était les oursons que s'étaient approchés. Léonard ne put s'empêcher de penser qu'une laie devait avoir le même comportement. Et il n'avait nulle envie d'avoir affaire à une version géante de ce qu'il avait en face de lui. S'approcher du marcassin ne pouvait qu'aggraver la situation, les animaux ayant généralement du mal à différencier une agression, d'une assistance - surtout quand ils sont guidés par l'instinct de maternel.

Mais le marcassin semblait agité et il devait y avoir une raison à ça. Les nasillements stridents risquaient de toute façon d'attirer des cadavres ambulants. Léonard voulu s'éloigner prudemment du marcassin, sans le quitter des yeux et sans geste brusque. Cette fois il avait une idée d'où aller : à l'opposé de la direction d'où le marcassin avait surgit. Quoi que la bête avait à fuir, Léonard pensa qu'il valait mieux pour lui faire de même.

L'hypothèse que ce soit des humains qui ait fait fuir l'animal traversa l'esprit du citadin. Léonard dû également faire un effort pour chasser les nombreux scénarios qui se bousculaient dans sa tête : comme celui de rester coincer indéfiniment dans cette forêt et regretter ne pas avoir tuer et dévorer le marcassin... ou que son réveil ici était un jeu pour un groupe de pervers qui s'amusait peut-être en ce moment même à le chasser. Léonard était soumis beaucoup de stress et s'efforçait d'éloigner ce genre de considération.

Léonard réalisa également que, au fond, si la présence du marcassin était un danger à cause d'une éventuelle mère... la bête le rassurait. Le bébé était probablement trop apeuré par la situation et par la carrure de Léonard pour l'attaquer. Et même dans cette hypothèse, il ne représentait qu'un risque faible. Mais le marcassin avait surtout un meilleur odorat et une meilleure vue de nuit que Léonard. C'était un peu une alarme ambulante et poilue.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 26 Sep - 14:57
La bête se mit à nasiller à nouveau tandis que Léonard, poussé par ses instincts, filait à l'opposé en affrontant sans changement les branchages et les buissons piégeurs. Progressant tant bien que mal, malmené par le manque de visibilité mais surtout par tant de végétations, il avança dans le silence plusieurs minutes, sans vraiment trouver d’échappatoire à ces ténèbres boisés, jusqu'à ce qu'il soit interpellé par un ultime nasillement d'une puissance et d'une intonation déchirante, comme un appel au désespoir : le marcassin avait été happé par un prédateur. Des frissons parcoururent inévitablement le corps fraîchement ramené à la vie de Léonard en réponse.

Mais ce qui suivi aurait probablement de quoi lui glacer le sang d'autant plus : des hurlements firent écho par-delà les arbres, transperçant tout ce qui était pour s'étendre jusqu'à l'homme en fuite et plus loin encore, des hurlements de loups, qui se multiplièrent, communiquant les uns avec les autres, appelant à mener une nouvelle chasse qui devait leur permettre d'obtenir ce qu'ils attendaient le plus, de quoi se nourrir. Maintenant, il n'y avait plus de doute sur le devenir du marcassin, car si les morts ne s'étaient pas employés à mettre un terme à sa vie, c'était sans doute l'oeuvre de la meute, un danger qui, dans ces bois et pour un homme désarmé, dominait largement celui des morts-vivants.

En poursuivant sur sa lancée, les hurlements venant d'une indéfinie distance dans son dos, Léonard finira par déboucher sur une clairière. Cette clairière, large espace libéré de l'envahissante végétation, cerclée d'arbres, semblait à première vue vide de toute construction quelconque, bien qu'en réalité le grand gaillard n'y voyait pas à plus de deux mètres, ce qui laissait à penser que tout était possible. Quoi qu'il en soit, c'était l'occasion de souffler ou de réfléchir, à moins que, alerté par la chasse de la meute, il ne se mette en tête de fuir cet endroit encore davantage.

Son choix pourrait s'avérer décisif, d'autant plus si la meute avait déjà reniflé sa piste et si le loup n'était pas le monstre sanguinaire décrit dans les contes, il était fort possible qu'en meute, dans un environnement maîtrisé et soumis à la faim, ils puissent s'adonner sans peur à chasser l'ancien super-prédateur réduit à l'état de proie : l'homme. La présence de cette clairière pouvait ausi impliquer l'existence d'un sentier quelque part, ou d'une direction quelconque, quoi qu'il en soit Léonard retrouvait un peu d'espace après avoir été perdu et aveuglé par la forêt étouffante.

Léonard Butler

Anonymous
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Mer 28 Sep - 12:54
Quand l'ultime plainte du marcassin déchira la nuit, Léonard se figea. Il resta un instant aux abois dans l'espoir de saisir un autre cri. Mais le silence qui suivit ne put qu'alimenter les thèses les plus folles dans l'esprit de l'égaré. Toutes, ou la plupart, furent balayées quand une série de nouveaux hurlements parcoururent les bois. Cette fois leur origine ne faisait aucun doute et le scénario en cours commença à être plus clair dans l'esprit de Léonard. Des loups venaient de saisir le marcassin et ils devaient probablement être la cause de la course éperdue du jeune suidé. Le citadin connaissait peu de choses sur la forêt ou les animaux. L'imaginaire collectif présentait le loup comme une bête sanguinaire qui terrorise l'Homme depuis sa plus jeune existence. Léonard avait plutôt tendance à penser qu'il s'agissait d'exagération et que le loup, comme la plupart des animaux aussi féroces soient-ils, ne s'attaquait que rarement à l'Homme. Mais quand les hurlements longs et mélancoliques s'élevèrent vers le ciel noir, l'instinct prit le dessus. Il fallait fuir.

Léonard poursuivit sa route plus rapidement encore. Si les branchages et l'obscurité ne l'avaient pas retenu, il aurait probablement couru aussi longtemps que sa faible endurance lui aurait permis. Rapidement et sans le voir venir, il déboucha sur un large espace dégagé : du moins c'est ce qu'il déduit en apercevant plus largement le ciel. Celui-ci était d'une teinte de noir à peine différente de la masse sombre que constituait la forêt. Léonard s'engagea de quelques mètres dans la clairière, fit un tour sur lui même pour prendre bonne mesure de l'espace, avant de faire face à l'endroit dont il venait d'émerger. Léonard profita de cet instant pour calmer sa respiration. Il restait droit, la bouche entrouverte pour respirer et le regard hagard. Pendant un instant, au milieu de ce trou dans la végétation, Léonard se sentit comme dans l'œil du cyclone. Un moment de calme après la tempête... et où le pire reste à venir. Et il fallait s'y préparer.

Léonard porta sa main à la poche intérieure de sa large veste kaki. Il en sortit l'un des trois tubes goupillés qu'il y avait rangé. Imaginaire collectif ou réalité scientifique ? Qu'importe. Il avait toujours entendu que le feu éloignait les animaux. Cette torche éclairante pourrait donc s'avérer utile et Léonard décida de la garder en main, prêt à la dégoupiller au moindre bruit ou mouvement suspect. Pour le reste, Léonard avait deux options : se dépêcher de continuer à fuir, peu importe la direction tant qu'on ne perdait pas de temps, ou définir une vraie direction. Plus tôt, c'est la seconde option qui avait fait la différence entre où il était maintenant et où le marcassin était maintenant. De plus, le festin auquel les loups étaient probablement entrain de s'adonner devrait lui donner un peu d'avance s'ils décidaient finalement de le traquer.

Le citadin s'avança un peu plus dans la clairière pour mieux scruter les alentours. Faute de trouver un détail pertinent dans l'obscurité, Léonard entreprit  de longer l'orée de la clairière, dans l'espoir d'apercevoir un sentier ou quoi que ce soit susceptible d'indiquer une présence humaine, aussi ancienne soit-elle. D'une lumière au loin,  aux restes d'un ancien sentier pédestres, en passant par des traces de pneus. Au point où il en était, un simple bruit de cours d'eau lui aurait suffit pour choisir une direction. Léonard n'avait vraiment pas envie d'allumer sa torche, susceptible d'attirer le moindre mort-vivant qui hanterait la forêt. Il comptait à la place sur la luminosité accrue par l'absence de végétation. À défaut de trouver un passage ou un quelconque signe décisif, Léonard reprendrait sa course en direction de l'opposé de l'endroit d'où il venait.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 28 Sep - 23:29
Muni de sa torche éclairante, Léonard longea donc la clairière, s'efforçant de progresser malgré ce manque pénible et terrifiant de visibilité à quelques mètres à peine devant lui. Plusieurs fois, tandis qu'il restait près des troncs, il trébucha, que ce soit à cause d'un trou dans la terre, d'une bosse, d'une branche humide ou parce qu'il tapait dans une pierre. On aurait dit que quelqu'un au ciel s'amusait à semer des embûches par simple amusement à le voir s'empêtrer dans sa galère.

Il lui fallut une longue, longue marche de plusieurs minutes, avançant à pas d'escargots ou presque et dans la forêt, les hurlements des loups reprenaient à nouveau, mais cette fois, on aurait dit qu'ils étaient plus forts, plus intenses... plus près. Même en accélérant le pas, il lui faudra un certain temps, au point de se demander s'il ne marchait pas pour rien, avant qu'il ne parvienne à distinguer dans l'angle de quelques arbres, un espacement.

En s'approchant, il découvrira ce qui s'avère être un chemin de terre, ou sentier dans le beau langage, qui tranchait la forêt avec droiture vers l'horizon et sous cet angle, il gagnait un peu plus de lumière, prenant la lune face au sentier. Enfin, un signe de civilisation même minime. Un battement de silence et de vie s'imposa, quelques instants, puis hérissant tous les poils de Léonard et transperçant la nuit, une voix d'homme, douce, grave et tranquille, apparue à l'en faire sursauter presque dans son dos.

« Bonsoir Léonard. »

Lorsqu'il aurait le réflexe, sans doute évident, de se retourner, il verrait près des arbres de l'autre coté du petit sentier, soit à cinq mètres à peine, une silhouette dont il ne distinguait pas grand chose, si ce n'est qu'elle semblait grande, bien bâtie, aux cheveux courts et très important, non-menaçante de prime abord.

Il jurerait même que cette personne avait les mains dans les poches, car on ne les distinguaient pas. C'est seulement quand le grand homme à la peau d'ébène se sera retourné, lui laissant quelques instants pour se rendre compte de ce à quoi il avait à faire, que cette voix s'entendra à nouveau pour lui parler, bel et bien depuis cette silhouette qui était à la fois si proche et dans la nuit, assez loin pour ne pas voir de visage.

« Je suis fier de toi. Il fallait du cran pour courir à travers cette forêt sans complètement céder à la panique, surtout après ce que tu viens de vivre. Il fallait de la présence d'esprit pour fuir le marcassin. D'autres n'auraient pas songé au danger, entre une créature non-morte et un pauvre petit animal, pourquoi avoir l'instinct de craindre ?

Et il fallait de la réflexion pour penser à se munir de cette torche et ne pas se risquer dans la clairière. Tu as fait les bons choix, qui d'extérieur peuvent paraître dérisoires, mais pour tout te dire, tu as depuis ton récent réveil affronté autant de dangers qu'un autre homme qui se serait réveillé au milieu des morts-vivants. Oui, tu as de quoi être fier. »

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Sam 1 Oct - 3:31
Ce n'était qu'un dégagement dans la végétation avec un sol clairsemé de terre à vif. Pourtant le sentier lui apparut comme la voie royale vers Rome. Au loin, Léonard était persuadé d'apercevoir déjà la fin de la forêt. Il était soulagé mais, très vite, les hurlements qui semblaient le cerner progressivement et un énième trébuchement contre une motte de terre le ramenèrent à sa situation. Il n'était pas sortie d'affaire. Léonard décida se s'engager sur le sentier avec toujours la torche bien maintenue dans la moiteur de sa main droite. Il fit un pas en avant, bien décider à accélérer la cadence maintenant que le sol devait être davantage dégagé. Léonard ne put s'empêcher de songer à l'éventualité que les loups l'aient pris en chasse. Cesseraient-ils de le poursuivre s'il sortait de la forêt ? Peut-être que la meute ne s'aventurait pas au delà ? Ou que la forêt constituait la limite de leur territoire, et qu'une fois en dehors il ne représenterait plus une cible ? Autant de pensées qui s'évaporèrent subitement.

« Bonsoir Léonard. »

Ce ne fut finalement pas un canidé mais une voix qui surgit de la nuit. Léonard tressaillit. En se retournant d'un mouvement brusque en direction de la salutation, Léonard tomba à la renverse. Il n'avait pas l'habitude d'être d'une telle maladresse mais le choc, la pression, l'environnement, l'obscurité, et la migraine étaient autant de facteurs qui mettaient son équilibre à rude épreuve. Léonard se releva prestement après avoir rampé en arrière dans un instant de panique. Il repéra rapidement la silhouette qui se tenait plus loin et lui fit face - en glissant son index à l'intérieur de la goupille de la torche. Ses yeux étaient aussi ouverts que sa morphologie faciale le lui permettait. Sa bouche était entrouverte pour respirer plus amplement - mais aussi parce que c'était une habitude qu'il avait. Si la clarté lunaire permettait d'apercevoir ses traits, il donnait l'impression de hausser un sourcil avec un air abasourdi.

La silhouette ne fit qu'inquiéter Léonard plus profondément. Viscéralement. Il y avait bien sûr cette apparition comme magique. Et surtout son prénom lui avait été lancé telle une formule maudite. À cela s'ajoutait cette manière ne pas afficher son visage, ou sa forme, en demeurant dans la pénombre mystificatrice. Ce qui le prit au tripe fut aussi ce ton paternaliste avec lequel la silhouette révéla l'avoir observé, analysé, et, surtout, compris. La silhouette lui donnait l'impression d'avoir affaire à un génie omniscient. Et omnipotent puisque Léonard le jugeait déjà responsable de son réveil avec de l'équipement et de ce qu'il s'était passé pendant ce qu'il considérait être son coma.

C'est quand la voix fit son éloge que Léonard revint sur terre, où les génies et les apparitions magiques n'existaient pas. Léonard n'avait besoin de personne pour flatter son égo. Ce n'était pas un génie qui lui faisait face. C'était un homme. Avec un sens un peu trop poussé de la mise en scène. Il y avait bien sûr des choses que Léonard ne pouvait expliquer : et principalement le fait qu'il connaisse son prénom. Peut-être avait-il parlé aux personnes qu'il avait rencontré ? Peut-être même à Marcus qui était son dernier partenaire de survie en date.

Léonard se mit à scruter le moindre détail de la silhouette. Il y avait t-il quelque chose de distinguable ? L'informaticien écouta attentivement la voix qui était grave et douce à la manière d'un prophète. Se forçait-il à prendre cette intonation ? Léonard cherchait les imperfections, les failles, ce qui se cachait derrière le personnage qu'on voulait lui imposer. Les compliments en étaient-ils ? Ou étaient-ils un test ? Léonard ne put s'empêcher de regarder brièvement aux alentours pendant le discours de l'homme. Était-il vraiment seul ?

Son interlocuteur ne pouvait ignorer la confusion dans laquelle Léonard se trouvait, mais n'avait rien fait pour l'en tirer. Et cela ne le rassurait pas non plus. Léonard restait la bouche bée jusqu'à ce que l'homme finisse de parler. Il fallait répondre quelque chose. Léonard ne voyait rien de pertinent à répondre mais bafouilla tout de même :

- Qui... qui êtes vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ?


Léonard se tenait prêt à dégoupiller la torche. La lumière lui permettrait de mieux voir les choses et la flamme pourrait toujours être utilisée comme une arme si besoin. L'égaré avait surtout l'impression que la silhouette pourrait se volatiliser aussi vite qu'elle était apparue, si cela devait avoir lieu : Léonard tenait à voir le visage de la personne qui se jouait de lui.


Evènements

Anonymous
Invité
Dim 2 Oct - 23:04
Visiblement bien assurée de ses appuis, la silhouette, toujours nichée près d'un arbre en bord de sentier ne bougea pas d'où elle se trouvait, ne se faisant pas plus visible qu'elle ne disparaissait pas non plus pour autant. Au lieu de cela, Léonard sentit sans se l'expliquer, en provenance de cet inconnu, un sourire qui s'étirait doucement sur son visage. Sa voix était toujours aussi tranquille et rassurante, même si l'ex-ingénieur ne distinguait pas ses traits et son corps, il en percevait comme une aura amicale.

« Je suis un ami, venu t'aider. Tu n'auras pas besoin de gaspiller ta torche, tu en auras l'utilité plus tard et les loups se sont éloignés maintenant. Ils ne te feront aucun mal, la meute a senti la piste d'autres proies, une famille de lapins qui a traversé les bois sur tes pas avant de partir se cacher plus à l'Est. Ces pauvres bêtes ne parviendront pas à fuir, j'en suis triste. »

Il marqua un temps, le dessin de sa silhouette trahissant d'avoir porté le regard vers la clairière et le ciel, avant de revenir à son vis à vis qui espérait toujours comprendre à qui il avait affaire.

« Je ne peux t'en dire plus sur moi aujourd'hui Léonard, ni te montrer mon visage. Pas encore. Mais je peux soutenir tes chances de te sortir de cette épreuve indemne. Tu n'es pas contraint de me croire, néanmoins j'espère que tu m'écouteras.

Au bout de ce sentier, tu déboucheras sur une grande plaine. Avec la nuit, tu ne verras pas grand chose mais ainsi sorti de la forêt, tu auras assez de luminosité pour distinguer que la plaine est en grande partie vide de toute construction. Pourtant, tu apercevras au loin, très loin devant toi, la forme d'un grand et puissant bâtiment. Tu ne comprendras pas ce que c'est, malgré tout tu iras là-bas, car dans cet endroit tu trouveras l'aide que tu espères.

Si tu t'en détournes et tente de traverser la plaine vers une autre direction, tu ne passeras pas la nuit car, tu seras la proie des démons. Je veux que tu vives Léonard et que tu dises à celui qui peut guérir par le toucher que lui et les siens ne sont pas seuls. Vous n'êtes pas seuls. Vous pouvez survivre à la nuit. Il veille sur vous.

Va, avant qu'une autre créature ne te prenne en chasse. »


L'homme qui semblait tout savoir de l'ex-ingénieur, ne se volatilisa pas contrairement à ce que l'on aurait pu instinctivement croire, mais resta encore et toujours, près de l'arbre en bordure de sentier. Ce sentier, filait vers l'horizon, s'éloignant loin, très loin de la clairière et de la sombre forêt. Il ne restait plus à Léonard, que de décider s'il resterait pour s'efforcer d'en savoir plus, ou s'il partirait et dans quelle direction. Une décision qui là encore, trompait des apparences trop calmes et trop incompréhensibles.
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