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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CH, ZdC 4] Feed back - 02/04/2035
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Evènements

Anonymous
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Sam 24 Sep - 16:47







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Interprété par Melody Campbell et Matt Campbell.

Matt Campbell

Anonymous
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Dim 25 Sep - 12:58
Peu de choses s’étaient déroulées au cours de la semaine écoulée, et pourtant, de ce peu de choses, de grands changements avaient été opérés. La veille, la moitié des occupants de la maison avaient fini par lever les voiles, après une longue semaine passée à panser les plaies de certains. Matt avait pris le temps de discuter avec sa sœur de certaines choses portant sur l’organisation du campement, mais sans réellement les approfondir dans le détail. Il s’était avant tout agi de palier au plus pressé : la nourriture et la sécurité des occupants. Ainsi, l’ancien archéologue était-il resté plutôt inactif, comme à son habitude depuis son retour, à passer le plus clair de son temps le nez plongé dans quelques livres dénichés dans la maison, sans grand intérêt, ou à se questionner sur son devenir et sa place ; lui qui n’avait pas grand chose à offrir au groupe en matière de compétences utiles.

Néanmoins, s’il avait toujours redouté et appréhendé les sorties “chasses” de sa cadette, il dut se résigner à prendre sur lui de la laisser partir en solitaire, ou parfois accompagnée au-dehors du campement, et cela pour le bien du plus grand nombre. Sa Mel’ avait de nombreuses idées à mettre en pratique pour améliorer la vie quotidienne, le confort comme les fonctionnalités du campement qui devait faire honneur à son nom envers l’avenir : espoir. Et pour cela, l’aîné Campbell devait lui aussi apprendre à devenir ce qu’il n’avait jamais été jusqu’à lors : un véritable survivant.

Au diable l’archéologie et l’histoire pour le moment, il s’agissait avant tout d’assumer sa place. Mieux encore, la mériter autrement que par son patronyme et sa filiation avantageuse, et c’est pourquoi il prit la décision d’apprendre à chasser aux côtés de sa sœur. C’était là pour Matthew un moyen de partager son quotidien, l’aider dans ses charges quotidiennes, mais aussi de la retrouver en tête à tête en dehors des limites du campement. D’autant qu’il avait de nombreuses choses à lui dire, et que ces choses ne devaient pas, estimait-il, tomber dans des oreilles indiscrètes et traînantes.

Matt se leva donc ainsi de bon matin, malgré une courte nuit après avoir confié la tenue du poste-radio pour la nuit à l’insolent et difficilement supportable Adam. Jaillissant hors du camping-car, l’estomac dans les talons, il commença néanmoins par se mettre en quête de sa frangine, probablement en train de patrouiller autour du campement et désirant lui faire part de son envie de l’accompagner chasser. L’occasion pour l’archéologue de faire d’une pierre deux coups, ayant autant de choses à apprendre qu’à dire. Une sortie dont le départ serait donné une fois sa sœur libérée de son poste et le frangin convenablement équipé.

Matt se contenta donc d’un petit déjeuner des plus frugal, juste de quoi faire cesser les gargouillis communicatifs et révélateurs de son estomac, avant d’aller s’équiper d’un petit sac-à-dos dans lequel il enfouit un kit de secours basique, afin de pouvoir palier au plus urgent si quelque chose venait à mal tourner. Par ailleurs, il récupéra un talkie-walkie dont il s’assura de caler la fréquence sur celle du campement avant de le glisser à sa ceinture, puis récupéra dans l’armurerie un arc et une dague de chasse. Le premier pour l’apprentissage, la seconde parce qu’on ne savait jamais sur quoi ils risquaient de tomber. Une mesure de précaution bien moindre comparée au fait de partir en compagnie de sa Mel’ en qui il avait une confiance aveugle et absolue pour assurer sa protection. Une situation qui d’ailleurs n’enchantait guère l’aîné Campbell, jusqu’à lors habitué depuis sa plus tendre enfance à assumer ce rôle. Mais ce nouveau monde changeait radicalement la donne et avait tendance à inverser toute chose. L’homme, grande espèce dominante de la planète, n’en était-il pas devenu la plus grande proie ?

Fin prêt, Matt tâcha d’aller retrouver sa sœur au moment et à l’endroit convenu. L’arc et l’unique flèche qui semblait l’accompagner tenus dans sa main gauche, la dague de chasse également glissée à sa ceinture, côté droit, il ne tarda pas à désigner son arme de jet à Melody, lui demandant de lui apprendre à s’en servir une fois qu’ils se trouveraient non loin de la zone de chasse.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 27 Sep - 11:08
Les rondes de nuit avait débutées pour la chasseresse et elle n'était pas loin de terminer celle-ci, le ciel donnait déjà des signes du jour approchant et avec lui son cortège de bruits permanents auxquels on ne prête plus attention. Mais qui sont bel et bien présents contrairement à la nuit où tout est calme et tranquille, oh il y a bien les bruits des animaux nocturnes comme il peut y avoir des râles provenant de zombies. Mais oui la nuit est tranquille et Melody aime cela, cette tranquillité, cette solitude qui lui fait du bien l'air de rien et puis n'est-elle pas la mieux placée pour se charger des rondes de nuit maintenant qu'elle a la vision nocturne intégrée ? Pas besoin d'artefact pour qu'elle puisse y voir clair et même mieux qu'avec un quelconque objet, oui elle y voit aussi clair qu'en plein jour bien que les coloris et autres reliefs sont différents comme si elle était propulsé dans un autre monde pendant quelques heures. Solitude nocturne qui lui permet également de réfléchir à certaines choses mais aussi qui lui permet de se laisser aller, personne pour la voir craquer, pour voir la vraie détresse qu'elle ressent.

Pourtant il y a bien quelqu'un dans ce campement à qui elle tient et qui par sa simple présence la réconforte et lui permet d'avancer encore et encore : son frère aîné. À vrai dire depuis une bonne semaine maintenant Matt est le seul qui arrive à la faire sourire par moment, à faire en sorte qu'elle s'ouvre légèrement au lieu d'arborer un visage fermé. Oh nul doute que la connaissant, il sait que quelque chose ne va pas et peut facilement le mettre sur le dos du départ des autres et de comment ils en sont arrivés là. Et s'ils ont réussi à discuter un peu ensemble cela est toujours resté autour du campement et de l'avenir, rien d'extraordinaire en gros. Son frère qu'elle cherche à protéger autant que lui peut le faire avec elle, en le laissant s'enfermer dans son monde à lui comme il sait si bien le faire, loin de bien des choses.

Imaginez sa surprise quand dans la fin de sa ronde, elle voit Matt arriver à sa hauteur et lui annoncer qu'il compte partir à la chasse avec elle et aujourd'hui même ! Surprise partagée par Croc-Blanc qui alterne les phases où il galope à ses côtés et celles où il va se rouler en boule dans un coin de la cour pour dormir un peu. Le louveteau a vite compris que l'humaine brune était proche de l'humain brun sans savoir quoi exactement, toujours est-il qu'il est content de le voir arriver près d'eux. Des détails sont échangés sur le quand et comment partir, Melody devant terminer sa ronde avant de passer le relais Johann pour la matinée.

Dès qu'elle est libérée de cela, la brune part récupérer ses affaires, son arbalète elle l'a déjà, tout comme son Sig sauer dans le holster en haut de sa cuisse avec le silencieux dessus. Mais elle doit récupérer son sac à dos où se trouve ses couteaux de lancers, son couteau de chasse mais aussi le reste de ce qu'elle embarque toujours avec elle. Sans parler des autres objets qui ne la quitte pas comme ce paquet de tabac ou cette balle gravée. La chasseresse hésite sur le reste, garder son gilet pare-balles ou ne pas le garder, garder sa veste ou ne pas la garder, le jour pointe et elle a pu constater que la journée allait être ensoleillée et comme elle sait le genre de température que peut connaître le Texas à cette époque de l'année son hésitation et finalement de courte durée. Elle garde son gilet pare-balles par dessus son débardeur mais laisse sa veste dans le camping-car, entre le fait qu'ils vont marcher, que les sous bois n'ont jamais les mêmes températures qu'en plaine elle aura bien trop chaud avec.

Melody part ensuite attraper de quoi manger quelque chose, piochant dans les stocks présent et qui s'amenuisent, la chasse est vraiment une excellente option pour cette journée ! Retournant au camping-car, elle prend le soin de vérifier que son louveteau a de quoi boire avant de le mettre dedans et de l'enfermer dans le véhicule, véhicule qu'elle ferme à clé puisque son frère sera avec elle du coup. Et elle est fin prête à partir dès que son aîné la rejoint, sa bouche s'entrouvrant de surprise en le voyant avec un arc et cerise sur le gâteau, il veut qu'elle lui apprenne les rudiments du maniement d'une arme de jet. Alors là elle n'en revient pas et bien évidemment elle accepte avec joie de lui apprendre cela. Ils n'ont plus qu'à prendre la route et marcher une bonne dizaine de minutes avant d'arriver à la lisière de la forêt pour qu'elle puisse jouer les professeurs avec Matt.

Matt Campbell

Anonymous
Invité
Mer 28 Sep - 19:01
Le chemin jusqu’à la lisière de la forêt bordant la 350 à l’ouest du campement s’était déroulé sans encombre ni mauvaise rencontre. Il fallait dire que cette vaste et aride plaine, si elle ne réjouissait pas l’oeil par sa monotonie, présentait l’agréable avantage de laisser voir venir de loin toute menace. Cela fit d’ailleurs penser à l’aîné Campbell que celui-ci n’avait jamais vraiment mis le nez à l’extérieur du campement depuis son arrivée de chez le vieux Nelson ; fait qu’il lui avait été reproché sans détour une semaine jour pour jour auparavant. Matt aurait bien haussé les épaules en manifestant un certain flegme vis-à-vis de ces reproches, maintenant qu’il y repensait ; mais préféra s’en retenir pour ne pas trop se laisser happer par ses seules pensées. Après tout, il n’était plus à l’abri une fois au-dehors du campement, malgré la présence de sa cadette et les réserves que l’on pouvait émettre quand à la sécurité dudit campement.

Mais finalement, il parvint assez rapidement à une dizaine de mètres de l’orée des bois se découpant sous un ciel azur et vierge du moindre cumulus, et choisit cet instant pour tourner son attention vers sa soeur après s’être stoppé peu avant la route. Lentement, il redressa l’arc comme sa main gauche pour le porter au regard de sa Mel’, saisissant l’unique flèche de sa main droite sans l’encocher.


« Bien. Je pense qu’il est temps pour moi d’apprendre à devenir un véritable Robin des Bois. Alors, par quoi je commence ? » avait-il demandé au terme d’une plaisanterie d’autodérision douteuse qui ne lui avait même pas arraché le moindre sourire.

Car en réalité, le frangin Campbell n’avait pas vraiment le coeur à plaisanter, ni même à dérider un visage qu’il avait maintenu fermé, comme ses lèvres, durant le trajet. Pourtant, il n’était pas encore tout à fait enclin à aborder le sujet qui occupait son esprit, parmi d’autres, avec sa soeur. C’est pourquoi il préféra poser une toute autre question une fois que Melody aurait terminé de lui expliquer et/ou montrer les premiers gestes à avoir et savoir pour manier un arc.


« Je réfléchissais l’autre jour, et venir chasser est un bon moyen de soulever le problème d’ailleurs, que notre alimentation allait finir par manquer de variété. Je me demandais si tu ne pensais pas possible d’étendre un petit peu le périmètre autour de la maison, surtout côté plaine, pour commencer à aménager un coin de potager et faire pousser quelques légumes. Je suis bien conscient que ça va demander quelques aménagements, et surtout de la protection, mais si on a pour perspective de s’établir plus longuement dans cette maison, il faut dès à présent commencer à penser à moyen terme pour la gestion de nos ressources. Sinon, on risque sûrement de connaître quelques déboires de santé liés à des carences, et également d’impacter la population animale des environs. Qu’en penses-tu ? »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Jeu 29 Sep - 15:56
La route jusqu'à ce morceau de forêt, elle commence à le connaître par coeur à force d'y aller, empruntant toujours le même sentier imaginaire qui à force va bien finir par devenir réel sur le sol mais elle n'en est pas encore là et heureusement. Par le contre le silence qui s'installe entre Matt et elle pendant cette marche ne lui plait pas du tout, ce n'est pas la première fois pourtant que la fratrie est réunie sans qu'un seul mot soit prononcé mais aujourd'hui elle a l'impression que c'est un silence lourd et pesant. Un regard vers son aîné lui apprend qu'il est dans ses pensées et son propre esprit se met à dériver vers les siennes, un autre monde, des jours meilleurs, des choix différents. Ne revenant vraiment à la réalité qu'en abordant la route goudronnée, son regard se perd du côté de l'ancien campement et un soupir franchit ses lèvres avant qu'elle ne reporte son attention sur son frère. Un sourire sans joie apparaît sur ses lèvres à la remarque de son frère, la brune glisse son arbalète à son épaule tout en lui répondant.

- Je vais te montrer dans un premier temps.

Doucement elle prend l'arc et la flèche des mains de Matt, lui montrant alors par des mouvements lents pour qu'il assimile les choses, le comment il doit placer ses mains et ses doigts sur l'arc. Lui expliquant que sa main directrice doit toujours être celle qui tient la corde, le lui montrant en même temps et comme elle est gauchère elle tient la corde de sa main gauche, la main droite posée sur le bois de l'arc. L'arc pointant vers le sol, elle encoche la flèche, redressant l'arc Matt peut la voir bander l'arc en même temps et arriver à une tension maximum quand elle aligne l'arc, la flèche, son regard avec une cible invisible. Lui disant alors que même avec l’expérience et même avec un arc à poulie plus perfectionné, il y aura toujours ce mouvement de bas en haut en le rechargeant que la seule chose qui change vraiment et la vitesse d'exécution des mouvements et la facilité des enchaînements. Ne voulant pas tirer la flèche elle ne garde l'arc bander que deux ou trois secondes avant de relâcher la tension et dans la corde et dans ses bras. Repassant l'arc à son frère pour qu'il essaye à son tour, le guidant en même temps avec les mains posées sur le corps de son frère pour modifier la position qu'il prend par de simples pressions et de brèves explications allant avec. Le pourquoi il doit rester stable en écartant légèrement ses jambes, oui de cette façon là et non pas d'une autre, le pourquoi il ne doit pas se tendre comme ça et rester souple dans ses mouvements. Lui expliquant que l'arc doit devenir un prolongement de son corps et que Matt ne doit pas lutter contre mais ne faire qu'un avec l'arme de jet.

En totale objectivité bien entendu -ou pas du tout- et à sa surprise, son frère se montre être un excellent élève et les minutes filent ainsi avant qu'il ne prenne la parole pour lui expliquer qu'il avait songer à quelque chose. Melody l'écoute attentivement, son regard émeraude fixé sur celui de son frère, analysant ce qu'il est entrain de lui dire. Elle reste silencieuse une bonne minute pendant laquelle Matt peut clairement voir qu'elle réfléchit à ce qu'il vient de dire puis au terme de cette minute.

- J'en pense que la population animale est déjà bien impactée de toute manière, je ne suis pas sûre que chasser moins y fera quoi que se soit mais oui si on peut varier notre nourriture ça évitera quelques soucis à venir. Pour le périmètre en effet il faudrait l'agrandir si tu veux faire cela, avoir au minimum une clôture en bois pour éviter que n'importe quoi ou qui ne puisse y entrer. On demandera à Johann ou Mark ce qu'ils en pensent en rentrant, eux devraient pouvoir dire ce qu'il nous faudra comme ressources pour ça.

Un nouveau bref sourire arrive sur son visage, là pour encourager son frère et faire taire les doutes qu'elle pourrait émettre. Même si elle croit en l'avenir, son fol espoir que tout s'arrange un jour en a prit un sacré coup pendant la semaine qui vient de s'écouler. Elle aurait pu lui dire que c'est déjà bien qu'ils puissent tous manger à peu près à leur fin vu les événements, que de toute manière penser au futur même à moyen terme ne sert à rien. Mais en même temps si elle peut encore croire en quelque chose c'est en son frère comme elle l'a toujours fait d'ailleurs et comme elle le fera toujours quoi qu'il arrive.

Matt Campbell

Anonymous
Invité
Ven 30 Sep - 14:32
Sous les observations, puis les instructions et conseils avisés de sa cadette, Matt avait repris en main le simplissime arc en bois muni de sa seule et unique flèche. Tout d’abord, il révisa sa posture, les pieds légèrement écartés, de profil avec la jambe gauche en avant. Une position initiale que Mel’ ajusta avec l’œil et l’expertise d’une véritable connaisseuse. L’homme ne cessait de s’étonner de la jeune femme qu’il redécouvrait un peu plus chaque jour sous le prisme déformant d’un quotidien devenu aussi dangereux qu’incertain. D’aucun aurait pu dire que l’apocalypse avait changé les hommes de manière radicale ; pourtant l’aîné Campbell était plutôt convaincu de l’inverse. La fin du monde ne rendait les gens que plus propres à eux-mêmes ; s’affranchissant ainsi des nombreux codes et carcans imposés par une société aujourd’hui reliquaire.

Puis Matt s’exerça ensuite à appréhender l’arc, l’objet, selon les conseils de Melody, à savoir chercher à le considérer comme une prolongation naturelle de ses membres. Une chose difficile à concevoir, à faire, que de chercher à s’approprier l’étranger. Au sein de ses mains plutôt fines, il ne pouvait s’empêcher de considérer cet arc comme un morceau de bois particulier, quelque chose d’inhabituel qui ne répondait pas de la manière qu’il avait imaginée, ou envisagée dans son esprit. Tout comme la corde de cet arc qui, au fur et à mesure de la tension de plus en plus grande, semblait lui scier la pulpe des doigts ; ravivant chez l’homme le désagréable souvenir des cordes de guitare pincées qui le martyrisaient de la même manière. Un instrument dont il avait bien rapidement abandonné l’apprentissage. L’aîné Campbell n’avait jamais eu grand intérêt pour la musique, et de tous les environnements sonores, il appréciait les plus silencieux.

Quoi qu’il en était, l’homme un bien du mal au début à s’adapter, s’assouplir suffisamment pour ne pas simplement lutter contre la tension de l’arme de jet. Lui qui avait crispé son corps et ses muscles à la première tentative put constater la fatigue musculaire qui le gagnait assez rapidement. Tétanie et ankylose dans les bras et le bas du dos à trop vouloir maîtriser la chose, il fallut encore quelques interventions de sa frangine avant qu’il ne se sente enfin plus à l’aise dans le maniement de l’engin. Il fallait bien avouer que l’homme n’était pas un praticien de la première heure, lui qui préférait longuement théoriser et ordonner ses pensées avant de les concrétiser factuellement, il se retrouvait là bien penaud. Néanmoins, et cela l’étonna plus grandement encore, il remarquait malgré tout qu’il possédait une certaine faculté d’apprentissage presque fraîche, lui qui avait bien remarqué au cours de son doctorat que plus il vieillissait, et plus il lui était difficile d’apprendre avec aisance. Un constat bien étrange pour quelqu’un qui avait presque tout perdu, et n’avait pourtant pas rajeuni.

Aussi se concentrait-il sur son entraînement somme toute très basique, écoutant malgré tout la réponse de sa sœur face à la suggestion qu’il avait proposée. Il resta attentif à son léger développement, considérant l’idée de la clôture avec un léger intérêt, avant de légèrement grimacer.


« Une clôture ? »

Il avait répété l’idée à voix haute, laissant le doute se manifester dans son ton.

« Je serai plus d’avis de recourir à une tranchée, assez profonde pour contenir un homme ou un infecté se tenant debout. Et ça aurait l’avantage d’être plus facile à camoufler. Ça attirerait moins l’attention qu’une clôture ou un mur, même simpliste. Enfin… Je dis ça ; mais tu as raison, on devra demander leurs opinions à des personnes un peu plus qualifiées. »


Il avait fini de parler en ramenant l’arc détendu à son côté, se tournant de nouveau vers la lisière de la forêt.

« On devrait y aller. Je n’oublie pas que tu as passé la nuit à veiller. Faisons en sorte que tu puisses avoir quelques heures de repos par la suite. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 2 Oct - 15:00
Son frère lui a exposé son point de vue et la brune y répond faisant taire les doutes qu'elle aurait pu exprimer et c'est en toute logique qu'elle a pensé et lui a parlé d'une clôture. Sauf que visiblement son aîné n'est pas du même avis alors qu'il lui pose une question sommes toute rhétorique et au son de sa voix, elle sent qu'il doute de ce qu'elle vient de lui dire.  Avant de développer plus avant ses doutes et lui expliquer qu'il voyait les choses autrement, c'est à dire par une tranchée assez profonde pour qu'un homme se tienne debout dedans. Et c'est à son tour d'avoir un doute, se manifestant par une moue dubitative.

- Pas faux, ça attirerait moins l'attention mais ça demande une grosse quantité d'efforts pour qu'elle soit assez profonde et je ne suis pas sûre que ça puisse se faire facilement et sans épuiser ceux qui devront creuser et auront la force pour cela. On verra avec eux ce qu'ils en pensent, ce qui sera le plus efficace et rapide.

La chasseresse n'a strictement aucune envie d'en épuiser un seul pour une tache qui lui semble, de son point de vue à elle, colossale. Améliorer le campement et penser à l'avenir à court terme c'est une chose, une bonne chose mais elle ne doit pas oublier qu'ils doivent tous en permanence pouvoir réagir à une attaque des hommes de Soulstrange et du Marchand. Difficile dès lors d'imaginer pour elle, les laisser agir librement sans craindre un retour de bâton à un moment ou à un autre. Matt coupant sa pensée en disant qu'ils doivent y aller et qu'elle doit être fatiguée et donc qu'il faut qu'ils se dépêchent pour qu'elle puisse dormir un peu. Ce qui n'est pas totalement faux bien que.

- Ne t'en fait pas pour moi, ça va.

Oui elle est fatiguée mais elle va bien physiquement du moins, elle tiendra le coup après tout elle a bien remarqué que son corps s'habitue à la privation de sommeil, à celle de nourriture. Des besoins vitaux certes mais elle se surprend à constater qu'elle a moins besoin de dormir qu'avant, son corps évoluant pour lui permettre de mieux tenir le choc dans ce nouveau monde, plus de résistance. Ou alors c'est un tour de son esprit qui veut faire croire cela. Toujours est-il que si elle sent la fatigue, pour le moment elle peut encore faire ce qu'elle a à faire même si en rentrant il est clair qu'elle ira s'affaler sur le lit dans le camping-car pour dormir quelques heures. Et puisque son aîné veut qu'ils avancent, la brune récupère son arbalète à son épaule avant de la prendre solidement à deux mains pour se diriger vers le sous-bois en ouvrant tout naturellement la marche. Ce n'est qu'une dizaine de mètres plus tard qu'elle s'adresse à Matt sans quitter des yeux la forêt devant elle.

- Le campement ne va pas pouvoir fonctionner vraiment correctement avec seulement moi pour ça, tu sais que moi et les relations sociales c'est pas mon fort. Je me disais que tu pourrais le faire avec moi, je veux diriger les choses, c'est tellement logique nous deux que je vois pas qui d'autres pourrait le faire.

Même si pendant un moment, Melody avait pensé à Jena, la blonde et la brune s'entendant bien mais même si Jena était resté avec elle, la brune se dit que ça ne l'aurait sans doute pas fait du tout. Aussi bien l'une que l'autre manquent de diplomatie, quand bien même Jena affirmait le contraire, que Matt lui par contre c'est autre chose. Sans parler du fait que frère et soeur s'entendent à merveille et se complètent l'air de rien. Si la chasseresse n'a pas réellement posé de question, c'est tout comme et elle attend la réponse de son frère tout en surveillant les lieux devant eux, ne tournant que brièvement son regard vers lui.

Matt Campbell

Anonymous
Invité
Ven 7 Oct - 16:18
Matt resta immobile le temps que sa sœur lui fasse part de ses pensées. Il devait bien admettre que sa cadette avait pour le coup raison, à considérer son avis, son idée comme une option, mais qu’il fallait replacer dans un contexte bien difficile au sein du campement. Celui-ci manquait furieusement de bras pour mettre en branle un projet tel que l’établissement d’une tranchée défensive. En réalité, le chantier n’était pas complexe, une pelle, une pioche, et tout aurait roulé assez rapidement ; mais il y avait malheureusement bien trop de variables à devoir prendre en compte à côté de cela. Les infectés, les pilleurs et cet étrange Marchand dont il ne savait rien hormis le nom bien plus louable que ses intentions.

Mais il ne put réellement s’éterniser à penser à ce sujet que déjà sa Mel' l’emmenait sur un autre chemin de pensées. Elle lui demandait son aide et son soutien sans réellement lui poser la question. Une réponse qui se voulait évidente pour Matt, l’aîné Campbell ne pouvant aucunement envisager de laisser sa frangine seule et démunie dans l’adversité. Cependant, puisque qu’il lui était demandé de la seconder en quelque sorte, l’ex archéologue y voyait là une parfaite transition pour aborder avec sa sœur un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur, d’autant plus que cela l’avait autant étonné que déçu sur l’instant et qu’il en traînait les stigmates dans ses pensées.


« Je t’aiderai, évidemment. Tu n’as pas à en douter. Cependant… »

Le ton de l’homme s’était très légèrement durci alors qu’il poursuivait son chemin en direction de la lisière de la forêt. Il n’y avait pas de colère filtrant dans sa voix, simplement quelques notes graves trahissant la rigueur de ses mots à venir.

« Que tu diriges et que je t’assiste dans tes responsabilités, je n’y vois aucun problème. Mais puisque tu me demandes de t’aider, autant te prévenir dès maintenant : je ne cautionne absolument pas ta décision d’avoir privé Armstrong de nourriture, pas plus que de refuser de venir en aide à ceux qui ont quitté le campement. Si nos réserves de nourriture n’avaient pas pu le permettre comme auparavant, j’aurai pu le comprendre aisément. En l'occurrence, ce n’était pas le cas et cette décision reste injustifiable.

Nous avons déjà perdu l’amitié et le soutien de ce brave Nelson pour un problème similaire en raison de l’ingratitude évidente de cette Jena, et je doute fort que James et les siens aient encore à cœur d’établir à terme une relation de soutien durable entre nos deux groupes comme cela avait été évoqué lors de la réunion.

Quels que soient nos objectifs à court, moyen ou long terme, nous ne pourrons pas en aucun cas les mener efficacement si nous restons seuls et isolés du reste du monde, à agir tel des tyrans avec ceux qui étaient jusque là nos alliés, à défaut d’être nos amis. »


Matt avait laissé le fond de sa pensée s’exprimer d’une seule traite, d’une voix sèche mais sans pour autant hausser le ton contre sa Mel’. Après tout, il ne faisait là que donner son avis et son ressenti, encore bien épargné de toutes les épreuves et les souffrances que semblaient avoir vécues les plus anciens de ce groupe.

« J’ai traversé la moitié du Texas seulement mû par la volonté de retrouver ma sœur. Et si dans mes souvenirs, ma sœur n’était effectivement pas très douée pour les relations humaines et sociales, elle n’en avait pas moins un cœur et une profonde humanité. Et grâce à Dieu, ou que sais-je, ç’a été le cas quand un fermier nommé Nelson a fait le choix désintéressé de m’accueillir sous son toit et à sa table ; tout comme j’ai été accueilli au sein de ce groupe dont tu faisais également parti avec James et tous les autres. Et c’est en tenant tout cela pour exemple et pour voie morale de conduite que je compte agir et t’aider. Pas autrement. Je refuse de faire souffrir sciemment mes semblables dans le besoin, qu’importe les griefs, et encore moins de laisser ce monde nous pervertir, toi la première. J’espère avoir été clair. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Ven 14 Oct - 15:44
La question a été posée sans l'être réellement et bien que la brune se doute de la réponse de son frère, elle la guette quelques longs instants avant qu'il ne prenne la parole. Donc non elle n'est pas surprise que Matt lui dise oui par contre elle aime beaucoup moins le cependant qui aurait très bien pu être un mais et qui en est un voilà d'ailleurs et le ton de son aîné ne lui dit rien qui vaille. Et elle ne se plante pas alors qu'il poursuit sur sa lancée, Melody a l'impression de revenir bien des années en arrière quand Matt prenait sa défense d'un côté avant de lui faire la morale de l'autre. Son frère a toujours eu bien plus de poids que leur parent dans ce genre de moments surtout qu'elle a toujours prit son frère pour modèle, fier de lui et voulant être comme lui. Forcément que les mots qu'il emploie lui vont droit au coeur et lui font mal, la déstabilisant bien plus qu'elle ne l'aurait cru et ne comprenant pas pourquoi il a attendu aussi longtemps pour lui en parler.

Des mots qu'elle ne supporte pas entendre et qui la font douter de ce qu'elle a fait et en même temps elle n'avait pas le choix, c'était obligé qu'elle agisse ainsi. Se rendant compte aussi à mesure que son aîné parle qu'en fait il ne sait vraiment pas dans quel merdier ils se trouvent tous, il n'a pas encore pu avoir un aperçu de leur enfer sur terre et qui est peut-être encore plus douloureux pour elle que pour d'autres. Ses propres pensées se tournant vers son chasseur, écoutant son frère parler de Nelson également, encore cela elle aurait pu gérer si Matt ne terminait pas en parlant d'humanité et de perversion.

- Humanité ? Perverti ? Mais on l'est déjà Matt ! On a plus rien d'humain en nous ! Des infectés ayant encore la capacité de réflexion c'est tout ce que l'on est maintenant ! Et ne parle surtout pas de Nelson et de sa soit disant bonté d'âme, il ne vaut pas mieux que les autres !

Le peu de barrière qu'elle a pu dresser depuis sa rencontre avec le Vagabond vient de céder et elle foudroie Matt du regard et à coup sûr si ses yeux pouvaient changer de couleur ils seraient flamboyant de colère, de rage, de tristesse et même pas tourné vers lui, il ne sait juste pas et comment pourrait-il le savoir alors qu'elle n'a encore rien dit ? Elle n'a pas encore réussi à trouver la force d'en parler aux autres jusque là.

- Ne me demande pas comment je le sais mais...

Et Melody se met à débiter toute l'histoire à son frère, arrivant encore à éviter de mentionner Matthew mais pour le reste, elle lui parle de ce jour à l'école, de comment Matthew a disparu, elle lui parle de ce qu'il s'est passé ensuite avec Calvin, Clark et Ricky. Elle lui parle de la ferme soit disant protégée de ce Marchand, elle lui parle du Marchand et avant même de s'en rendre compte, elle lui parle du reste de ce qu'elle est la seule à savoir. Calvin et ce qu'il a fait, le traître qu'il a été, elle lui parle de tous les doutes qu'elle a sur Nelson et Clark, du fait qu'ils gardent Ricky pour avoir la main mise sur Matthew. Oui elle ne fait même pas attention qu'elle parle de Matthew, que oui elle l'a revu, que oui elle sait qu'il est vivant et de tout ce qu'il a pu lui dire ce jour là. Elle raconte à Matt les rencontres avec le Vagabond et le pourquoi du comment Ivy a pu parler de ça, de ce que Samuel a fait également et que comme par hasard monsieur ne s'est plus pointé.

Et arrive le moment où elle lui parle du Vagabond de tout ce qu'il a pu leur raconter là bas dans l'ancien campement ce jour là. Le ou les Marchand, cette organisation, ce qu'ils ont fait, elle lui parle de Soulstrange aussi et de ce qu'il est. Elle lui explique pour les autres infectés comme eux et le pourquoi du comment ils sont infectés, qu'ils sont stériles, oui tout ce que le Vagabond a pu leur dire. Sa voix se brisant sur la fin quand elle a attaqué la partie concernant ce qu'ils sont eux et ce qu'ils peuvent faire aux personnes encore bien portantes comme Mark ou Jena ou....Matthew. Elle a parlé vite, très vite comme si tout les mots voulaient sortir de sa bouche en même temps et à son dernier mot elle se rend compte qu'elle a parlé de son chasseur, sa main vient se poser devant sa bouche comme si elle pouvait reprendre pour elle tout ce qu'elle vient de débiter à toute allure. Se rendant compte également qu'il n'y a plus de rage ni de colère dans sa voix juste cette tristesse infinie et les larmes qui vont avec.

Matt Campbell

Anonymous
Invité
Sam 15 Oct - 16:44
La première réaction de sa sœur à ses premiers mots n’étonna guère l’ancien archéologue qui avait pris le temps de livrer le fond de sa pensée. Matt savait dès le départ que sa frangine monterait dans les tours, pour la connaître presque aussi bien que lui-même. Du moins l’avait-il cru, en venant ainsi titiller sa fierté et se montrer peut-être trop moralisateur. Néanmoins, l’homme n’en était pas moins resté fidèle à ses principes, à ses pensées et à sa vision des choses, peu importait le contexte d’ailleurs. C’est pourquoi, si l'exubérant emportement de sa cadette n’avait rien de surprenant, il ne pouvait nier qu’il l’avait désiré quelque part en la mettant crûment au devant de ses responsabilités, il resta malgré tout étonné d’entendre le fond et la forme de la pensée de sa Mel’.

Matt écarquilla des yeux agrandis de surprise, clairement emplie d’incompréhension en même temps que sa colère des instants précédents se laissait submerger par la curiosité de tout savoir, tout comprendre des arguments que sa sœur lui livrerait pour se justifier de ses décisions. Des infectés pourvu de réflexion… Voilà une expression qu’il n’oublierait pas de sitôt tant elle se voulait abrupte et assommante. Et ce n’était là que le début d’un plus long discours, partiellement décousu dans un premier temps, comme si sa frangine en retenait toujours une partie, choisissait ses mots, ses informations malgré la colère qu’il pouvait aisément ressentir de sa part.

Matt n’était resté statique qu’une poignée de minutes, d’abord choqué sur place par la stupéfaction d’entendre la bonté et l’humanité de Nelson être remises en cause par sa propre sœur, cette dernière comme lui devant leurs heureuses retrouvailles au vieil homme. L’ancien archéologue avait par la suite dû se résoudre à aller s’installer et s’asseoir sur une large pierre bordant la plaine, non loin de la route 350. Il avait déposé son arc à ses côtés, de même que son sac à dos, puis s’était tenu là, concentré et silencieux à propos du déballage auquel se livrait sa sœur. Si les faits rapportés, les évènements et les implications de tous et de chacun n’avaient pas nécessité toute l’attention de l’aîné Campbell, il se serait peut-être amusé de se voir remisé à la place de l’étudiant, lui qui fut habitué au cours des dernières années à tenir le rôle de professeur débitant ses cours et ses réflexions.

Mais même tout le sérieux, l’application et la concentration de Matthew à cet instant ne lui permirent de réellement prendre toute la mesure de ce qui lui était raconté. Beaucoup trop d’informations, de personnes totalement inconnues ou à peine énoncées auparavant comme ayant existées, ayant été côtoyées par et pour certains. L’homme ne pouvait se permettre de n’en retenir que les grandes lignes, les informations les plus frappantes sans même réussir à déterminer lesquelles valaient d’être qualifiées de capitales de celles qui n’étaient que futiles ; néanmoins, il parvenait à tracer un grand schéma, une chronologie grossière sur laquelle replacer les évènements présentés comme le plus déterminants par sa sœur.

A de nombreuses reprises, il avait eu des questions, des remarques, ou des éclaircissements à faire savoir, à connaître ; mais il préféra garder le silence, pensif et concentré sur les histoires de sa Mel’, les rôles de chacun, les doutes. Il n’avait pas pour désir de lui couper la parole ni d’imposer la sienne, de peur de lui faire perdre le fil de son récit alors qu’il la voyait se livrer pleinement, s’abandonner et se soulager du poids de ses démons, de ses doutes, des évènements qui lui pesaient très clairement sur les épaules. Il en nota par ailleurs une complète et absolue aberration lorsqu’elle finit par aborder l’existence et le rôle d’un Matthew autre que lui-même. Il avait toujours en tête le souvenir, marquant et éprouvant, de la réunion de lundi dernier, celle qui avait mené à la scission du groupe, où de très, trop, nombreuses informations et accusations avaient volées. Et il avait fallu attendre cet instant pour que certaines d’entre elles ne se voient replacées dans un contexte concordants.

Un constat qui laissait Matt affreusement perplexe, et qui par ailleurs ne faisait qu’alimenter ses certitudes à propos de leur conditions de ‘dégénérés’ comme elle l’avait si bien dit. Une condition certes nouvelle, à laquelle il avait toujours un certain mal à se faire, d’autant plus en ayant obtenu de trop nombreux et horriblement inhumains détails sur les expérimentations dont d’autres comme lui, comme eux, avaient eu à faire les frais. Des réponses acquises dans le sang, la souffrance, l’horreur la plus abjecte mais qui ne faisait, dans le fond, que renforcer d’autant plus sa détermination, ainsi que la profonde colère qu’il se mettait à ressentir. Des émotions parfaitement contradictoires entre l’amour fraternel et absolu qu’il éprouvait pour Melody, et la déception d’avoir été tenu à l’écart de ses confessions aussi longtemps. Il abhorrait l’idée d’avoir eu besoin d’adresser les reproches, les mots durs et pourtant justes qu’il avait tenus pour qu’elle daigne enfin le mettre dans la confidence et la vérité.

L’homme se félicita silencieusement de s’être assis dès le début de ce long monologue, presque réduit à l’état de spectateur impuissant et pourtant captivé par un long discours affirmatif, comme se revoyant désormais sur les bancs de l’université à s’imprégner de savoirs et de connaissances. Il regretta seulement de ne pas avoir pris le cahier de notes qu’il avait commencé à remplir ces dernières semaines et qui était demeuré dans le camping-car ce jour, car il avait là matière à compléter de nombreuses réponses, et répondre à de plus nombreuses questions. La tête lui tournait presque tant la masse d’informations était importante, même pour un esprit qui avait tant eu, par le passé, propension à ingurgiter puis délivrer de la connaissance purement théorique ; et il espérait que quelque part dans le campement se trouvait une boîte de paracétamol à s’enfiler dès son retour de chasse.

Plusieurs minutes passèrent d’ailleurs après que Melody en eut terminé de son long monologue. L’enchaînement des histoires et des faits avait laissé au Soleil le temps de bien avancer sa course diurne que l’aîné Campbell en était toujours à digérer les informations acquises. Nombre d’entre elles étaient d’ailleurs d’ores et déjà passées à la trappe, ensevelies par d’autres plus importantes, du moins à ses yeux. Aussi, mit-il un certain temps avant de se relever, réagir à nouveau à tout cela et reprendre pied dans la réalité, sentant son arrière-train comme ses jambes ankylosées par le statisme presque immuable qu’il avait alors maintenu sur la pierre. Et sa première chose fut de s’approcher de sœur, la démarche légèrement mal assurée, avant de saisir l’une de ses mains entre les siennes et la serrer avec une certaine force, tout comme son regard émeraude trouva son homologue fraternel.

Il lui adressa un regard empli d’empathie quant à la tristesse qu’il découvrait dans son vis-à-vis, bien que les traits de son visage n’en demeuraient pas moins durs et particulièrement fermés. Puis, il libéra une de ses mains pour la porter contre le visage de sa Mel’, chassant d’une caresse du pouce les larmes qui coulaient de part et d’autres de ses joues avant de lui adresser un sourire quelque peu forcé, mais qui n’en restait pas moins bienveillant dans le fond, l’observant longuement et silencieusement, pesant ses mots et arrangeant ses idées avant de prendre la parole.


« Shhhhhh… Je comprends. »

L’homme avait soufflé ces premiers mots d’un ton plus doux, cherchant en premier lieu à rassurer sa petite sœur plus qu’à l’accabler, même s’il savait que la suite de ses mots se voudraient bien moins agréable à entendre. Mais il savait avant tout que c’était là son rôle, presque un automatisme acquis au cours de nombreuses années à se présenter comme le grand frère protecteur qu’il était et resterait alors.

« Mais je n’en reste pas moins persuadé et affirmatif quant à ce que j’ai dit. Tu as souffert, c’est indéniable, mais j’estime que depuis le début, malgré tout ce que tu m’as raconté, que tu as tort de t’engager dans cette voie, et encore plus de te résigner à penser que nous sommes pervertis ou condamnés à être inhumains. »

Matthew relâcha son étreinte de sa cadette pour se reculer et récupérer son matériel, endossant son sac-à-dos et reprenant son arc en main.

« Nous sommes stériles, d’accord. Nous sommes visiblement infectieux pour les hommes qui ne sont pas miraculés comme nous, d’accord. Nous possédons des pouvoirs défiant toute logique et toutes les lois de la physique, pourquoi pas. Nous remettons en cause les fondements de la mort et de la biologie, toujours d’accord. »


Il marqua une pause de quelques secondes à la suite de son énumération factuelle, se retournant et cherchant à capter une nouvelle fois le regard de sa petite sœur ; qui pourra d’ailleurs y lire une flamboyante détermination si elle croisait son regard.

« Et alors !? » demanda-t-il plus durement de manière parfaitement rhétorique. « Est-ce que nous devons pour cela abandonner toute humanité, toute volonté d’aider notre prochain, affamer ceux avec qui nous sommes en désaccord ou qui ne partagent l’aisance et les principes de notre condition, de notre survie ? Nous sommes infectés, clairement pathogènes, et ça ne change pourtant rien. Est-ce que les séropositifs atteint du SIDA, quand nous ne savions pas le soigner, se sont mis à se comporter comme des monstres cruels d’inhumanité ? A aucun moment. Ils se sont adaptés, ils se sont battus pour être reconnus et intégrés dans une société qui les stigmatisait, qui désignait les homosexuels et les toxicomanes comme responsables de ce mal alors que ces pauvres types n’avaient rien demandé, et certainement pas cette maladie.

Aujourd’hui, c’est notre tour, notre condition ; et ce n’est certainement pas à nous de nous laisser dicter notre conduite, nos mœurs ni même de renoncer à nos principes d’humanité parce que des hommes autrement plus inhumains que nous nous affublent de l'épithète de dégénérés ou de monstres. Peu importe que ce Marchand soit une ordure de la pire espèce, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Que tu ais des peurs et des doutes, je le conçois, j’en ai autant que toi, mais quoi qu’ait pu faire Nelson, quelles que soient les torts que tu lui prêtes, il n’en reste pas moins qu’il s’est jusqu’à présenté comporté plus décemment avec moi et avec Armstrong que tu ne l’as fait. Il ne m’a pas affamé, il ne m’a pas laissé livré à moi-même et surtout, lui et les siens ne m’ont pas laissé dans le doute et l’ignorance. »


Matt s’était laissé emporter par la colère et la frustration qui étaient lentement montés en lui au cours des histoires racontées par sa cadette. Un fait qui se voulait certainement d’autant plus surprenant et marquant qu’il n’était pas homme à hausser le ton de la sorte, ses accès de franche et ouverte colère pouvant certainement se compter sur les doigts d’une main au cours des dix dernières années.

« Bon sang Mel’ ! Te rends-tu seulement compte des conséquences que tes dissimulations ont eues sur le groupe ? La responsabilité que tu endosses dans l’éclatement de celui-ci, tout ça parce que cet énergumène de Matthew t’as demandé de garder le secret ? C’est complètement insensé de laisser tout le monde courir de tels risques pour couvrir les soupçons d’un seul. Regarde donc où ça nous a mené… À traiter nos semblables avec moins de considérations que des animaux. »

Matt s’était mis à faire les cent pas en laissant libre cours à sa colère, plus que justifiée, puis s’arrêta, pointant un index prévenant en direction de sa sœur, et concluant d’un ton parfaitement affirmatif, presque autoritaire bien que redescendu dans les décibels.


« Ça doit cesser ; et cela dès maintenant, avant que la situation ne dégénère un peu plus encore et que nous nous retrouvions livrés à nous-même. »
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